diff --git "a/data/fra/test.tsv" "b/data/fra/test.tsv" new file mode 100644--- /dev/null +++ "b/data/fra/test.tsv" @@ -0,0 +1,423 @@ +category headline text url +business Malick Diouf: incubateurs, startups et entreprenariat Fondateur de L'africamobile à Dakar, Malick Diouf explique de manière très concrète pourquoi il a choisi d’incuber sa startup, ce que ça lui a apporté, et comment ça lui a permis de développer son business. https://www.bbc.com/afrique/region-53099443 +business Pourquoi de nombreuses entreprises américaines font face à une pénurie d'employés "Un McDonald's à Tampa, en Floride, offre 50 dollars (27 004 FCFA) juste pour se présenter à un entretien d'embauche. Pendant ce temps, Delta Air Lines a dû annuler une centaine de vols en raison du manque de personnel. Les affiches d'offres d'emploi prolifèrent dans de nombreux endroits aux États-Unis, mais il se passe quelque chose d'étrange. Après que le choc initial de la pandémie de coronavirus et les restrictions qu'elle a obligées à imposer ont fait grimper le chômage à des niveaux historiques, maintenant que la situation s'est améliorée et que la vaccination progresse, de nombreuses entreprises se heurtent à un problème inattendu : elles ne trouvent pas de candidats pour occuper leurs postes vacants. A ne pas surtout manquer sur BBC Afrique : Selon la National Federation of Independent Business, 40 % des employeurs interrogés en février ont indiqué qu'ils n'avaient pas trouvé de travailleurs pour occuper les nouveaux emplois. Bill Dunkelberg, économiste en chef de l'association des entreprises, explique que ""trouver des travailleurs qualifiés est devenu un problème crucial pour les petites entreprises du pays. Carlos Gazitua, président de la chaîne de restaurants Sergio's en Floride, est l'un de ceux qui disent souffrir de ce problème. ""En ce moment, tous mes employés travaillent six ou sept jours par semaine parce que nous manquons de personnel"",confie-t-il à BBC Mundo. ""Les choses en sont arrivées à un point où, lorsqu'une candidature arrive, les managers sautent de joie, mais il s'avère ensuite que les candidats ne se présentent pas à l'entretien."" Il dit avoir besoin de 80 employés pour compléter son personnel actuel de 400 personnes et que le manque de personnel l'a obligé à fermer occasionnellement certains de ses restaurants ou à les laisser en service de livraison uniquement. ""Nous avons cessé de gagner 20 ou 25 % de ce que nous pourrions gagner parce qu'il y a une demande que nous ne pouvons pas satisfaire"", dit-il. Depuis que le problème est apparu, les associations professionnelles ont désigné un coupable. Dans le sillage de la crise du covid, l'administration de Joe Biden a élargi les prestations de chômage, et ceux qui y ont droit peuvent recevoir 300 dollars (162 030 FCFA) par semaine, ce qui s'ajoute aux prestations déjà en place dans chaque État. M. Dunkelberg estime que ""l'augmentation des allocations de chômage empêche certains travailleurs d'entrer dans la vie active"". Katharine G. Abraham, professeur d'économie à l'Université du Maryland et commissaire du Bureau des statistiques du travail du gouvernement américain de 1993 à 2001, estime, en revanche, que les avantages ""ont joué un rôle mineur, car tout le monde sait qu'ils ne dureront pas éternellement"". ""Les gens ne vont pas refuser un emploi maintenant et risquer de ne pas en trouver un autre plus tard"". Saru Jayaraman, fondateur de ""A Fair Wage"", une organisation qui réclame de meilleurs salaires pour les travailleurs les moins bien payés, affirme qu'ils ""avertissent depuis des années le secteur de l'hôtellerie et de la restauration que les travailleurs quitteront le pays si les salaires ne sont pas augmentés"". ""Il est ridicule de prétendre que le problème est l'aide. L'année dernière, nous avons parlé à 240 000 travailleurs qui n'ont pas pu bénéficier de cette prestation parce que, dans de nombreux États, on leur a dit que leur salaire, qui se situe entre 2 et 4 dollars (1 080 et 2 160 FCFA) de l'heure, était trop bas pour y avoir droit"", explique M. Jayaraman à BBC Mundo. Il est l'une des voix qui réclament une augmentation du salaire minimum aux États-Unis, une mesure que M. Biden a incluse dans son nouveau plan de relance économique qu'il tente de faire adopter par le Congrès. L'objectif de M. Biden est d'atteindre un salaire minimum fédéral de 15 dollars (8 101 FCFA) de l'heure d'ici 2025, et plusieurs États ont déjà revu à la hausse leur salaire minimum. Le problème du sous-effectif a un impact négatif sur la vie des personnes qui travaillent et de celles qui ne travaillent pas. Mary Miranda travaille toujours. Responsable d'un magasin de vêtements à Sunrise, en Floride, elle déplore que, lorsque l'entreprise a pu rouvrir après les restrictions liées à la pandémie, nombre de ses subordonnés n'ont pas voulu réintégrer l'entreprise. ""Ceux d'entre nous qui restent doivent maintenant faire toutes les corvées, même les plus physiques. Je suis toujours fatigué et dernièrement, j'ai commencé à avoir des douleurs au poignet"". Carissa Shade est l'une de celles qui ne travaillent pas. Résidente de Fletcher, en Caroline du Nord, elle a perdu son emploi en mars à cause des restrictions. ""Tout ce qui s'est passé depuis lors a été un cauchemar"", dit-elle. En juin, ils ont été levés, mais elle a dû prendre un congé médical pour accoucher et lorsqu'elle a voulu revenir, elle a découvert que l'entreprise avait décidé de la licencier. Depuis lors, sa famille est soutenue par le salaire de son partenaire et quelques subventions publiques pour nourrir ses quatre enfants. À l'âge de 18 ans, elle a commencé à travailler comme serveuse et ce n'est pas la première fois qu'elle se sent vulnérable en tant que femme. ""Dans ce métier, on dépend des pourboires et j'ai souvent dû apprendre à gérer des situations d'excès de confiance ou de harcèlement de la part des clients"". ""S'ils me proposaient un travail décent, je le prendrais, mais le dernier m'a payé moins de 4 dollars (2 160 FCFA) de l'heure. Je ne vais pas aller travailler pour un salaire inférieur à ce qu'il me coûte de payer quelqu'un pour s'occuper de mes enfants pendant mon absence. L'argent n'est pas le seul facteur qui empêche Carissa Shade de retourner sur le marché du travail. ""Dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration, on est toujours exposé à de nombreux virus"", dit-elle, faisant allusion à une crainte peut-être partagée par beaucoup de ceux qui refusent maintenant des emplois de première ligne. L'économiste Katharine G. Abraham est ""sceptique"" quant aux plaintes des employeurs qui disent ne pas pouvoir trouver d'employés. ""Nous avons vu lors des précédentes récessions que lorsque les choses commencent à s'améliorer, il y a toujours une période où les entreprises disent avoir des difficultés à embaucher"", a-t-elle rappelé. ""Ils vont probablement devoir accepter d'augmenter les salaires ou d'embaucher des travailleurs ayant un profil différent de celui qu'ils souhaitaient"", a-t-elle ajouté. Gazitua dit qu'il est déjà en train de le faire. Il affirme que les personnes s'occuppant de la plonge qu'il est en mesure d'embaucher pour les cuisines de ses restaurants sont payés 19 dollars (10 262 FCFA) de l'heure, alors qu'avant la pandémie, ils ne gagnaient généralement pas plus de 12 dollars (6 481 FCFA). Mais de nombreux propriétaires d'entreprises affirment que la solution ne viendra pas tant que les subventions gouvernementales ne seront pas modérées ou supprimées. ""Le gouvernement doit inciter les gens à retourner au travail"", déclare M. Gazitua, qui estime que ""le problème n'est pas seulement une question d'argent, mais aussi de volonté des gens de servir leur communauté"". Cet homme d'affaires est conscient que les mois difficiles de la pandémie ont modifié l'échelle des priorités. ""Après cette période, de nombreuses personnes, notamment des jeunes, ont réalisé qu'elles préféraient avoir un emploi qui leur permet de passer du temps avec leur famille plutôt qu'un emploi qui rapporte beaucoup d'argent mais qui exige de longues heures de travail"", dit-il. ""Il y a déjà des restaurants qui utilisent des robots à la place des serveurs et j'y pense"", conclut-il. Vous pourriez aussi être intéressés par :" https://www.bbc.com/afrique/monde-57127699 +business Bronzes du Bénin : 'mon arrière-grand-père a sculpté les trésors pillés' "Dans les rues animées de Benin City, au Nigéria, les habitants sont impatients de récupérer leurs bronzes. Pour eux, leur retour symbolise la réparation de certains des torts commis par les troupes britanniques à l'époque coloniale. La statue d'un coq est l'un des objets inestimables qui sera bientôt accueilli chez lui, après avoir été remis par le Jesus College à une délégation du Nigeria lors d'une cérémonie à l'université de Cambridge mercredi. A lire sur BBC Afrique : Cette statue fait partie des milliers de sculptures en métal et en ivoire réalisées entre le 15e et le 19e siècle et pillées par les troupes britanniques en 1897 dans le royaume ouest-africain du Bénin, dans l'actuel État d'Edo au Nigeria. ""Je suis heureux que l'œuvre de mon arrière-grand-père revienne au Bénin"", déclare Monday Aigbe, qui, comme son ancêtre, est sculpteur. Il dirige une fonderie à Benin City, la capitale de l'État d'Edo, où ses artisans travaillent tranquillement sur des statues en laiton. Les ouvriers qualifiés façonnent une myriade de formes dans le métal, notamment des bustes de l'Oba - le titre du roi traditionnel de Bénin - ainsi que des statues d'animaux et des portes sculptées. Ils fabriquent des bronzes ici depuis six générations. Au milieu de la fonderie se trouve une grande statue de l'arrière-grand-père de M. Aigbe. Il travaillait pour Oba Ovonramwen Nogbaisi lorsque le raid a eu lieu sur le palais royal, il y a plus de 120 ans. ""Cela me met en colère parce qu'ils sont venus, ils ont détruit le palais, ils ont fait fuir mon arrière-grand-père de la ville au village"", dit M. Aigbe. Le butin, qui figure parmi les œuvres d'art africaines les plus précieuses jamais réalisées, a été vendu ou offert à des collectionneurs privés et à des musées du monde entier. Alors que de plus en plus d'objets volés sont attendus au Nigeria - jeudi, l'université d'Aberdeen, en Écosse, rendra également l'un de ses bronzes - M. Aigbe prévoit d'emmener ses enfants les voir lorsqu'ils seront exposés. Ce sera au musée d'art ouest-africain d'Edo, une grande initiative du gouverneur de l'État d'Edo pour accueillir tous les bronzes du Bénin restitués. Les autorités affirment qu'il ne sera pas achevé avant au moins cinq ans - la construction du bâtiment, qui devrait être conçu par le célèbre architecte britannico-ghanéen David Adjaye, n'a pas encore commencé. Mais pour Theophilus Umogbai, directeur adjoint et conservateur du Musée national du Bénin, ce n'est pas une excuse pour retarder le retour des bronzes. Les artefacts sont comparables à une bibliothèque car ils racontent l'histoire du royaume du Bénin, dit-il. ""Vous avez maintenant des étagères vides. Le retour de ces objets reviendra à remplir ces étagères. Il y a une lacune dans notre histoire parce que ces objets ont été emportés."" Le gouvernement britannique a fait valoir que les bronzes du Bénin ""résident à juste titre"" au British Museum, qui en possède la plus grande collection au monde - avec plus de 900 pièces. Selon les autorités britanniques, le fait d'héberger les objets anciens à Londres garantit également leur accessibilité au monde entier. Mais c'est un argument que M. Umogbai conteste, affirmant que la plupart des Nigérians n'auront jamais l'occasion de les voir là-bas, compte tenu des frais de visa et de voyage. ""Je suis allé au British Museum parce que mon voyage était sponsorisé. Je n'aurais pas pu y aller autrement, même en tant que fonctionnaire. ""Il est plus facile pour les étrangers de nous rendre visite, en raison du dynamisme économique de l'Europe, par rapport à l'Afrique."" Pour lui, les Bronzes n'ont tout simplement pas leur place dans les musées occidentaux. ""Lorsque j'ai vu les Bronzes au British Museum, j'ai d'abord été heureux. Puis cette pensée a été remplacée par le sentiment que ces objets étaient assis de manière incongrue là où ils ne devraient pas être. Ils devraient être chez eux."" Joe Obamina, artiste de 28 ans, est d'accord, car il pense que c'est le passé qui inspire l'avenir. Dans son studio ensoleillé de Benin City, il réalise des peintures pixellisées, inspirées de son enfance passée à jouer à Tetris. De loin, les peintures ressemblent à une collection de boîtes multicolores, avec de petits symboles dans chaque carré. Mais si vous plissez les yeux, ou mieux encore, si vous regardez les peintures à travers la caméra de votre téléphone, l'image globale devient claire. ""Chaque pixel est une histoire continue. Outre l'image globale, je raconte d'autres histoires à l'intérieur de chaque cube"", explique M. Obamina. Malgré l'utilisation d'une imagerie moderne, certaines de ses œuvres reflètent l'histoire et la culture de l'État d'Edo. Une peinture représente le masque Idia, l'un des plus célèbres bronzes du Bénin. Il s'agirait d'une sculpture du visage de la mère d'un oba datant de la première moitié du XVIe siècle. ""Ma peinture du masque Idia a été inspirée par la restitution en cours des bronzes du Bénin"", explique M. Obamina. ""Nous avons grandi sans voir le véritable masque, seulement les répliques. Notre patrimoine a été dispersé, il fallait donc que je peigne quelque chose pour représenter cela : le patrimoine dispersé qui se trouve à l'étranger"", dit-il. ""Mais nous avons néanmoins toujours notre propre identité et nos pratiques culturelles. C'est pourquoi, lorsque vous prenez une photo avec votre téléphone, vous pouvez encore voir le masque dans son intégralité"", poursuit-il. L'arrière-grand-père paternel de M. Obamina était sculpteur. Bien qu'il ne sache pas s'il a travaillé sur l'un des bronzes anciens, il pense que les voir l'aidera à se connecter à son passé. ""Je suis un Nigérian, je suis un citoyen d'Edo - je ne peux donc pas vraiment m'en détacher, c'est enraciné en moi"", affirme-t-il. ""Le retour de ces artefacts va signifier beaucoup, car cela va m'aider à me connecter avec mes ancêtres"", ajoute-t-il." https://www.bbc.com/afrique/region-59077317 +business Archives géologiques : un milliard d'années ont disparu "Par Zaria Gorvett * ""FEARFUL DISASTER"", titrait le Chicago Tribune, le 3 juillet 1869, sur sa première page. Le journal faisait référence à un incident impliquant une équipe hétéroclite d'explorateurs dirigée par le géologue manchot et autodidacte John Wesley Powell. Leur mission était simple, mais pas facile : parcourir 1 609 km en aval des rives de la Green River, dans le Wyoming, en cataloguant leurs découvertes au fur et à mesure. Cela faisait plusieurs semaines que personne n'avait eu de nouvelles du groupe, et l'inquiétude du public augmentait. Aujourd'hui, un homme qui prétend être le seul survivant s'adresse à la presse. La dernière fois qu'il les avait vus, disait-il, Powell se tenait sur son bateau, agitant son chapeau en signe d'adieu joyeux... Quelques heures plus tard, le narrateur avait trouvé un seul sac à dos flottant sur la rivière. Il contenait les carnets de notes de Powell. Dans la semaine qui suivit, la tragique nouvelle fut largement diffusée. Mais la propre femme de Powell n'était pas convaincue - et il s'est avéré qu'elle avait raison. Il devint rapidement évident que la source n'avait probablement jamais rencontré Powell, et encore moins accompagné l'expédition. Son histoire était entièrement inventée. Pendant ce temps, les explorateurs continuaient leur voyage, ignorant totalement l'étrange scandale qui se déroulait chez eux. Et peu de temps après, Powell, bien vivant, découvrait une disparition d'un tout autre genre - une disparition qui allait déconcerter les géologues pendant le siècle et demi suivant. Deux mois plus tôt, l'équipe de Powell - un assortiment inhabituel de trappeurs, de fugitifs présumés, d'éclaireurs amérindiens, d'anciens rédacteurs en chef et d'anciens détenus - avait chargé quatre bateaux à rames en bois de tout ce dont ils avaient besoin pour leur voyage, y compris un certain nombre d'instruments scientifiques sophistiqués. Entourés d'une foule de sympathisants, ils hissent leur petit drapeau américain et s'élancent dans le flot de l'eau. Le voyage durera dix mois et nécessitera une bonne dose de courage pour le terminer. Il y a eu des rencontres presque quotidiennes avec des rapides tourbillonnants, des chutes d'eau et des rochers menaçants, et à un moment donné, Powell a dû sprinter pour éviter une inondation soudaine de boue rouge de 6 mètres de large. L'équipe a perdu une rame quelques heures à peine après le départ et, en un peu plus de deux semaines, l'un de leurs bateaux a été emporté par les eaux. Au total, seuls six des dix membres de l'équipe initiale sont rentrés chez eux. L'équipe a atteint le Grand Canyon pour la première fois le 13 août 1869. À cette date, il ne leur restait plus qu'un mois de rations - quelques pommes détrempées, du bacon putride, de la farine moisie et un sac de café - et de nombreux dangers inconnus les attendaient encore. Les hommes plaisantent comme d'habitude, mais Powell écrit que pour lui ""la joie est sombre et les plaisanteries sont affreuses"". Même en ces temps désespérés, l'équipe était impressionnée par un carrousel constant de merveilles. Tout autour, il y avait de grandes flèches, des contreforts sculptés et d'étranges pinacles anguleux - un paysage imposant à l'échelle des géants. De tout cela, Powell était particulièrement frappé par les falaises, qu'il décrivit plus tard comme une ""bibliothèque des dieux"" - un endroit où les couches de roches colorées formaient les ""feuilles de pierre d'un grand livre"", dans lequel ils pouvaient lire, ligne par ligne, comment l'univers avait été créé. Du moins, c'est ce qu'il semblait au début. Mais Powell a ensuite découvert quelque chose d'étrange dans la hauteur déconcertante des parois du canyon. Debout aux pieds des falaises et en regardant vers le haut, il pouvait voir une épaisse section de roches dures et cristallines - principalement du granit et du schiste (ardoise ou schiste argileux soumis à une pression intense) - disposées en couches verticales inhabituelles. Au-dessus, il y avait une bande de grès rougeâtre de 305 m de haut, disposée selon les lignes horizontales bien définies auxquelles on s'attend. Mais c'est là que le bât blesse : en comptant les couches verticales de roche cristalline, Powell a estimé que cette section devait avoir une épaisseur de 3 050 mètres. En réalité, elle ne mesurait que 152 m. Il manquait des milliers de pieds de roche - elle avait tout simplement disparu. Il a baptisé cette caractéristique ""la grande discordance"" et s'est demandé ""comment cela était possible"". Aujourd'hui, les géologues savent que les plus jeunes des roches dures et cristallines ont 1,7 milliard d'années, alors que les plus anciennes de la couche de grès se sont formées il y a cinq cent cinquante millions d'années. Cela signifie qu'il y a un trou de plus d'un milliard d'années dans les archives géologiques. À ce jour, personne ne sait ce qui est arrivé aux roches situées entre les deux. Si la roche manquante est particulièrement visible dans le Grand Canyon, le phénomène est omniprésent. ""C'est une de ces caractéristiques qui se produisent sous les pieds de beaucoup de gens, alors qu'ils ne s'en rendent même pas compte"", explique Stephen Marshak, professeur émérite au département de géologie de l'Université de l'Illinois. Il explique qu'au centre de n'importe quel continent, qu'il s'agisse des États-Unis, de la Sibérie ou de l'Europe, si l'on fore suffisamment loin, on rencontre les deux couches de roche impliquées dans cette mystérieuse anomalie géologique. ""Parfois, elle est proche de la surface et vous pouvez la voir, parfois elle se trouve à des kilomètres sous la surface, mais elle est toujours là, sauf dans les chaînes de montagnes où elle a été complètement effacée"", explique M. Marshak. ""Elle est donc très répandue, et elle nous raconte une histoire très, très importante sur l'histoire de la Terre."" Comme Marshak y fait allusion, découvrir ce qui s'est passé pendant le milliard d'années manquant, et ce qui y a conduit, n'est pas une affaire banale. Il y a deux raisons à cela. La première est qu'il s'est produit immédiatement avant un autre événement inexplicable - la prolifération soudaine de la diversité de la vie sur Terre il y a 541 millions d'années. L'explosion cambrienne fait référence à une époque où les océans sont soudainement passés d'un éparpillement de créatures étranges et inconnues - comme des animaux en forme de feuilles ressemblant à des triffides et des ovales géants en forme de rouleau à vapeur qui continuent de défier tous les efforts de catégorisation - à une abondance de vie, avec un grand nombre des principaux groupes taxonomiques actuels. Tout cela s'est produit en l'espace de 13 à 25 millions d'années seulement, en un clin d'œil de l'évolution. Le problème a été identifié pour la première fois dans les années 1840 et s'est avéré particulièrement difficile pour Charles Darwin. Il l'a qualifié d'""inexplicable"" et a déploré, dans On the Origin of Species, que ""la difficulté d'attribuer une bonne raison à l'absence de vastes piles de strates riches en fossiles sous le système cambrien est très grande"". La deuxième raison est que l'on pense que la Terre a subi un changement climatique radical au cours de ces années perdues, se transformant peut-être en une gigantesque boule de glace dont la surface était presque entièrement gelée. On sait actuellement très peu de choses sur la formation de cette ""Terre boule de neige"" et sur la façon dont la vie a pu y avoir lieu. Cependant, si nous savions ce qui s'est passé pendant cette période sombre de la préhistoire, nous trouverions peut-être des réponses à ces épineuses énigmes scientifiques. ""C'est un intervalle de l'histoire de la Terre où beaucoup de choses se passent"", explique Rebecca Flowers, professeur associé au département des sciences géologiques de l'Université du Colorado. ""Tous ces événements sont clairement liés d'une manière ou d'une autre, et je pense qu'il est fondamental d'essayer de démêler les relations entre ces différents processus, dans cet intervalle clé de l'histoire de la Terre"", ajoute-t-elle. L'une des idées sur la cause du temps perdu repose sur ce qui se passe aujourd'hui sur les glaciers de la Terre. Prenez le deuxième plus grand corps de glace de la planète, l'inlandsis groenlandais, qui couvre environ 80 % de la surface du pays, soit quelque 1,7 million de kilomètres carrés. Tout comme les rivières, les glaciers peuvent aussi se déplacer, mais très lentement. Au fur et à mesure, ils érodent la croûte terrestre sur laquelle ils reposent. Si ce processus se poursuit pendant des dizaines de milliers, voire des millions d'années, cette érosion peut finir par emporter d'importantes quantités de roche. En conséquence, le Groenland porte les cicatrices de son histoire glaciaire : des vallées profondes et des fjords spectaculaires. Mais si certaines parties du Groenland ont été sculptées par la glace, d'autres ont été protégées par des glaciers si durs et si froids qu'ils n'ont pas bougé du tout - et ont gardé la terre en dessous dans un cocon sûr, à l'abri de toute érosion. Ces zones sont restées en grande partie inchangées et forment les plateaux du pays. Le premier est ce que les scientifiques appellent un glacier ""humide"", tandis que le second est ""froid"", explique C. Brenhin Keller, professeur adjoint au département des sciences de la Terre du Dartmouth College, dans le New Hampshire. La théorie veut que les mêmes processus se soient appliqués à toute la surface de la planète, à l'époque où la Terre était une boule de neige géante. La seule question qui se pose est donc de savoir si les glaciers étaient ""humides"" ou ""froids"" - et si une quantité quelconque de glace aurait pu éroder un milliard d'années de roche ? En 2018, avec des collègues de plusieurs autres universités, Keller a tenté de répondre à cette question. En se basant sur un modèle développé par un autre groupe plusieurs années auparavant, ils ont supposé que la Terre boule de neige aurait effectivement eu un glacier ""humide"" à sa surface, et qu'il aurait été étonnamment mobile. En effet, la calotte glaciaire mondiale aurait collectivement emprisonné tant d'eau que le niveau de la mer, vu de la Terre, aurait chuté de façon spectaculaire. Cela aurait créé une pente plus raide entre la terre et la mer, ce qui signifie que les glaciers à la surface de la terre se seraient déplacés plus rapidement - tout comme les rivières accélèrent lorsqu'elles descendent une pente. Au total, entre sept cent dix-sept millions d'années et cinq cent quatre-vingt millions d'années, l'équipe a prédit que la phase de gel aurait éliminé environ 3 à 5 km verticaux de roche, ce qui est plus que suffisant pour expliquer la Grande discordance. ""Je pense qu'il y a toutes les raisons de croire que cette phase a été assez érosive"", déclare Keller, tout en soulignant que la quantité de roche perdue n'aurait pas été la même partout ""parce que la glace est un facteur d'érosion très aléatoire"". Cela pourrait expliquer pourquoi il y a plus de roches manquantes dans certaines parties du monde que dans d'autres. Cependant, il ne peut s'agir de la totalité de l'histoire, car il faudrait encore quarante millions d'années avant que de nouvelles roches ne soient déposées. ""Je pense que ce qui se passe ici, c'est qu'on a rendu la croûte plus chaude en enlevant la partie la plus froide. Cela la rend plus flottante"", explique Keller. Cela a poussé la terre vers le haut et a ouvert la voie à une érosion encore plus importante. Plus la terre est haute, plus elle est érodée rapidement par les phénomènes météorologiques ordinaires tels que la pluie et le vent. Une autre possibilité est que le coupable soit le supercontinent Rodinia - une masse terrestre oubliée qui concentrait en un seul endroit l'Antarctique oriental, l'Inde, la Sibérie, la Chine, une grande partie de l'Amérique du Sud, l'Amérique du Nord et divers morceaux d'Afrique. Il s'est assemblé pour la première fois il y a environ un milliard d'années et s'est disloqué progressivement, jusqu'à il y a sept cent cinquante millions d'années. ""Il a essentiellement fusionné toute la croûte terrestre en un seul continent géant"", explique Michael DeLucia, doctorant au département de géologie de l'Université de l'Illinois et auteur d'un article sur le sujet. Il explique que la majeure partie de la chaleur provenant du centre de la Terre est normalement libérée par les chaînes de montagnes situées au fond de la mer - les dorsales océaniques - qui se produisent aux frontières des plaques tectoniques. Mais lorsque toutes les terres ont été regroupées, elles n'étaient pas aussi nombreuses, et le Rodinia a donc eu très chaud. ""Et bien sûr, quand les choses se réchauffent, elles se dilatent, explique DeLucia. C'est donc essentiellement l'expansion sous le supercontinent qui, à notre avis, a favorisé cet événement qui a provoqué un soulèvement vertical d'environ six à huit km."" Cela a non seulement accéléré la dislocation du Rodinia, mais pourrait avoir effacé les traces de tout ce qui s'est passé au cours du milliard d'années précédent - encore une fois, la terre était plus haute et donc plus facilement érodée. Selon cette théorie, le Rodinia aurait ressemblé à un gigantesque plateau vallonné pendant 200 millions d'années - dépourvu de toute vie, qui était encore confinée dans le vaste océan qui l'entourait. Ce plateau a fini par s'éroder jusqu'à presque rien. ""Et nous observons ce phénomène d'érosion sur tous les continents actuels"", explique M. DeLucia. Mais ce n'est pas tout à fait la fin de l'histoire. L'ampleur de l'érosion aurait modifié la chimie de l'atmosphère et des océans, entraînant un changement climatique majeur. L'inverse de ce qui se passe aujourd'hui se serait produit : l'eau de pluie, en raclant la surface du supercontinent, aurait libéré des ions de calcium, qui auraient ensuite été rejetés dans l'océan pour former du carbonate de calcium (le principal ingrédient de la craie). En fait, l'érosion a piégé le dioxyde de carbone dans l'océan, l'empêchant d'entrer dans l'atmosphère et refroidissant la Terre. Dans ce scénario, la planète se serait transformée en boule de neige après la disparition du milliard d'années, plutôt qu'avant. ""Cela a alors peut-être même raclé davantage de sédiments, ce qui a renforcé et amplifié la grande discordance"", explique Marshak, qui a également participé aux recherches. Au final, les couches de roches plus anciennes situées sous le Rodinia fragmenté auraient été exposées, prêtes à se joindre directement aux nouvelles roches sédimentaires déposées une fois le climat à nouveau stabilisé. Quelle que soit la manière dont cela s'est produit, l'érosion de quantités insondables de roches et le transfert de ces sédiments dans les océans expliqueraient la prolifération de la vie qui s'est produite immédiatement après, au Cambrien. Il est particulièrement frappant de constater qu'à une époque où il n'y avait jamais eu autant de minéraux dissous dans l'océan, bon nombre des nouvelles formes de vie apparues avaient un squelette et une coquille nécessitant du calcium. Toutefois, M. Marshak tient à souligner que le débat se poursuit. ""Il y a quelques questions qui restent controversées et qui font encore l'objet de recherches"", dit-il. Cela nous amène à l'idée la plus récente. Il n'y a que deux possibilités pour qu'un milliard d'années disparaisse : soit aucune roche n'a été déposée, soit tout a été enlevé. Bien que la Grande discordance soit surtout visible dans le Grand Canyon, elle est également accessible dans un certain nombre d'autres endroits, dont le Bouclier canadien, une vaste zone de roches anciennes exposées qui entoure la baie d'Hudson, dans le nord-est du pays. Et c'est là que des recherches récentes ont révélé un rebondissement. ""Il semble que l'érosion majeure du Grand Canyon se soit produite avant la glaciation en boule de neige"", explique Flowers, qui a participé aux recherches, ""alors que dans le bouclier canadien, elle s'est produite plus tard, pendant ou peut-être après, les glaciations terrestres en boule de neige."" Cela suggère que l'interruption épique dans le dossier géologique n'était pas un phénomène unique et discret - mais plutôt au moins deux mini-trous, qui ressemblent à un seul grand parce qu'ils se sont produits à peu près en même temps. Puis, au début de cette année, une autre surprise est apparue. Un peu plus de cent cinquante ans après l'expédition fatidique de Powell, Flowers et ses collègues sont retournés au Grand Canyon pour faire leurs propres recherches. Ce qu'ils ont découvert était frappant : même le milliard d'années perdu au Grand Canyon n'a peut-être pas disparu en même temps, mais plutôt en plusieurs événements distincts sur une période de plusieurs centaines de millions d'années. ""Sur ces échelles de temps, nous ne sommes pas vraiment doués pour affiner un âge pour le temps manquant exactement"", explique Francis Macdonald, professeur de géologie à l'Université de Californie, qui a également participé à la recherche. ""Et donc la théorie précédente suggérait que tout se forme en une seule fois, avec la glaciation - mais nous disons 'non, cela s'est formé sur des centaines de millions d'années'... quand on obtient de meilleures données, elles (les discordances) ne sont pas exactement corrélatives."" Si les deux ensembles de roches effacées sont réellement indépendants l'un de l'autre, cela suggère qu'ils n'ont pas été causés par un événement extraordinaire comme la terre en boule de neige après tout. Dans ce cas, Flowers suggère qu'ils pourraient avoir été formés par des processus tectoniques qui ont poussé vers le haut de vastes quantités de la croûte terrestre. Il se peut qu'il n'y ait pas eu d'érosion non plus - il est possible que l'altitude élevée ait simplement rendu difficile le dépôt de sédiments et que, par conséquent, peu de roches se soient formées à cette époque. Mais ce n'est pas tout à fait la fin. Le débat se poursuit. Tous les experts auxquels j'ai parlé ont souligné la nécessité de disposer de davantage de données. Et heureusement, elles ne devraient pas tarder à arriver. ""Je pense qu'il y a eu une renaissance de l'intérêt [pour cette énigme géologique], déclare M. Macdonald. Il y a dix ans, il y avait relativement peu de recherches sur la grande discordance et ses causes. Mais une vague de nouvelles théories farfelues - et l'émergence de technologies capables de les tester - a transformé le domaine."" L'un des principaux changements est une technique connue sous le nom de thermochronologie, qui consiste à extrapoler l'histoire des roches en mesurant l'évolution de leur température depuis leur formation. ""Par exemple, [avec les anciennes méthodes], si quelqu'un dit qu'il a daté un granite et qu'il a cent millions d'années, il se réfère généralement au moment où le magma s'est refroidi pour devenir solide"", explique M. Marshak. Avec la thermochronologie, on ne cherche pas à savoir quand la roche s'est formée, mais à peu près quand elle a été poussée vers la surface de la Terre, ce qui peut en dire long sur ce qui s'est passé dans le passé lointain de notre planète. ""Cette technique nous a donné la possibilité d'extraire les enregistrements du temps perdu"", explique M. Macdonald. Qui sait quels secrets ils pourraient révéler. * Zaria Gorvett est journaliste senior à BBC Future." https://www.bbc.com/afrique/monde-58448245 +business Des survivants décrivent l'embuscade mortelle d'un convoi minier au Burkina Faso "Les survivants d'une attaque meurtrière contre un convoi d'une compagnie minière au Burkina Faso ont parlé de cette épreuve à l'agence de presse Reuters. Cinq autobus transportant le personnel de l'entreprise canadienne Semafo ont été pris en embuscade mercredi à environ 40 km de la ville de Boungou, dans l'est du pays. Les autorités affirment qu'au moins 38 personnes ont été tuées et plus de 60 blessées dans cet attentat. De nombreuses familles sont toujours à la recherche de parents disparus. Le survivant Abel Kabore a déclaré que certains des attaquants ont crié ""Allahu Akbar"" (en arabe pour dire ""Dieu est grand"") avant d'ouvrir le feu sur les bus après qu'un véhicule de sécurité qui escortait le convoi ait touché une mine terrestre. Il estime que le nombre de morts dans l'embuscade dépasse de loin le bilan officiel. Lire aussi: ""Les trois bus qui ont été abattus... il y avait beaucoup de morts. C'était plus de 100. Nous étions à terre. Nous avons tout vu "", a-t-il dit à Reuters depuis un hôpital de la capitale, Ouagadougou. Un autre survivant blessé, Bakary Sanou, a décrit la panique alors que les gens fuyaient les bus et remontaient désespérément à bord pour tenter d'échapper aux hommes armés dans la brousse. ""Les gens essayaient de remonter dans les bus. J'ai essayé de m'enfuir dans la brousse, et j'ai vu qu'ils(les attaquants) sont retournés dans les bus, ont ouvert les portes et ont essayé de tuer tout le monde,"" dit-il. Que se passe-t-il au Burkina Faso ? Les attaques djihadistes se sont multipliées au Burkina Faso depuis 2015. Le conflit s'est étendu au-delà de la frontière depuis le Mali voisin, où des militants islamistes ont pris le nord du pays en 2012 avant que l'armée, soutenue par les troupes françaises, ne les chasse. Mais les autorités n'ont pas établi un contrôle total sur la région. Le mois dernier, 20 personnes ont été tuées lors d'une attaque contre un site aurifère dans le nord du Burkina Faso. Quelques jours plus tard, des milliers de personnes ont protesté dans la capitale Ouagadougou pour dénoncer la violence dans leur pays et la présence de forces militaires étrangères dans la région." https://www.bbc.com/afrique/region-50359708 +business Bernard Arnault: l'histoire du milliardaire Français qui est devenu plus riche que Jeff Bezos et Elon Musk "Le magnat français de la mode Bernard Arnault est devenu la personne la plus riche du monde avec une fortune estimée à 186,3 milliards de dollars. Ce qui le rend 300 millions de dollars plus riche que Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, qui a une fortune de 186 milliards de dollars, et Elon Musk, fondateur de SpaceX, qui a une fortune de 147,3 milliards de dollars. Selon le site internet de Forbes. La fortune d'Arnault est passée de 76 milliards de dollars en mars 2020 à 186,3 milliards de dollars, soit une augmentation massive de plus de 110 milliards de dollars au cours des 14 derniers mois, grâce aux performances de son groupe de luxe Louis Vuitton Moi-Hensi (LVM). H). Lire aussi sur BBC Afrique : La valeur du groupe, qui possède également des marques connues comme Fendi et Christian Dior Givenchy, a augmenté de 0,4 % durant les premières heures de cotation lundi, portant sa valeur boursière à 320 milliards de dollars. La participation personnelle d'Arnault a augmenté de plus de 600 millions de dollars. Bernard Jean-Etienne Arnault est né le 5 mars 1949 à Roubaix, en France. Son père est l'industriel Jean-Léon Arnaud et sa mère est Marie-Joseph Savinel, fille d'Etienne Savinel, qui a confié à son mari la direction de sa société de génie civil Ferret Savinel, et sa mère aimait beaucoup Dior. Arnault a rejoint l'entreprise de son père après avoir obtenu son diplôme universitaire et a commencé à élaborer des plans pour développer et faire croître l'entreprise en 1976 et a pris son envol dans le monde des affaires. En 2017, Arnault acquiert entièrement la marque Christian Dior par le biais de sa société de luxe LVMH dans le cadre d'une transaction de 13 milliards de dollars. Il réunit ainsi une marque vieille de 70 ans qui a séduit des stars du cinéma comme Grace Kelly, Elizabeth Taylor, Jennifer Lawrence et Natalie Portman, avec la société de parfums et de cosmétiques Christian Dior qui possédait déjà sa propre collection. Arnault a été marié deux fois, et a un fils et une fille de sa première épouse, Anne Dewafrin, et de sa seconde épouse, Helen Mercier, qui est pianiste, et ils ont 3 enfants Arnault et son groupe représentent la remarquable ascension des maisons de mode de luxe en Europe pendant le confinement. Flavio Creeda, analyste chez Jeffreys, affirme que cette poussée était à l'origine du ""dynamisme"" des acheteurs en Chine, où LVMH a enregistré un chiffre d'affaires de 17 milliards de dollars pour le premier trimestre de 2021, soit une augmentation de 32 % par rapport à la même période en 2020. Du 18 mars 2020 à lundi dernier, la valeur nette du rival François Pinault, dont le groupe Kering possède les marques de luxe Yves Saint Laurent, Alexander McCain et Gucci, est passée de 27 milliards de dollars à 55,1 milliards de dollars. Au fil des ans, les Américains ont largement dominé le haut de la liste des milliardaires de Forbes. Les citoyens américains Bezos, Musk, Gates et Buffett ont occupé la première place la plupart du temps pendant deux décennies, à l'exception d'une courte période pendant laquelle le Mexicain Carlos Slim a dominé la première place. Theo et Karl Albrecht, les fondateurs de la chaîne de supermarchés Aldi, ont été les Européens les plus riches pendant plusieurs années au début du siècle ; ils ont atteint le top 10 mais n'ont pas obtenu la première place. Arnault a fait son entrée dans le top 10 à la mi-2005 avec une fortune de 13 milliards de dollars. Arnault a été dans le top cinq depuis 2018, devenant la troisième personne la plus riche en 2019 avec une richesse estimée à 76 milliards de dollars qui a même dépassé Bezos pour devenir brièvement la personne la plus riche du monde le 16 décembre de 2019, quand il a dépassé Bezos. Amazon a finalement fini par pousser le milliardaire français à la deuxième place. La valeur nette des plus riches du monde a fluctué de manière spectaculaire depuis le début de l'épidémie, puisque Elon Musk, fondateur de SpaceX, est brièvement devenu la personne la plus riche du monde en janvier 2021, lorsque sa fortune nette a atteint 189,7 milliards de dollars. Cela représente une hausse stupéfiante de 165 milliards de dollars depuis mars 2020, date à laquelle il valait 24,6 milliards de dollars." https://www.bbc.com/afrique/monde-57285412 +business La SADC appelle à la levée des sanctions contre le Zimbabwe "Les sanctions portent préjudice, pas seulement à l'économie du pays visé, mais à celles de ses voisins, a déclaré le chef de l'Etat tanzanien, John Magufuli, président en exercice de la SADC, qui regroupe 16 Etats de la région. ""Ces sanctions n'ont pas seulement affecté le peuple zimbabwéen et son gouvernement, mais l'ensemble de la région. C'est comme un corps humain. Quand vous coupez une de ses parties, cela affecte tout le corps"", a-t-il dit lors d'un sommet de la SADC à Dar es-Salaam, en Tanzanie. Lire aussi : Les employées de maison "" traitées comme des esclaves "" au Zimbabwe ""C'est pourquoi je voudrais saisir cette occasion pour exhorter la communauté internationale à lever les sanctions qu'elle impose au Zimbabwe. Après tout, ce pays frère a ouvert un nouveau chapitre, et il est prêt à [coopérer] avec le reste du monde. Il est donc, je crois, dans l'intérêt de toutes les parties concernées de voir ces sanctions levées"", a insisté John Magufuli. Des sanctions économiques sont imposées au Zimbabwe depuis 2002. Emmerson Mnangagwa, qui dirige le pays depuis fin 2017, accuse les Etats-Unis et l'Union européenne d'entraver le développement du Zimbabwe. Il affirme que la levée des sanctions devrait permettre d'attirer les investisseurs occidentaux au Zimbabwe, après près de deux décennies d'isolement économique. Le Zimbabwe est en proie à une forte inflation et à des pénuries de produits de base tels que le carburant, l'électricité et l'eau. Lire aussi : Pourquoi le Zimbabwe recourt à une nouvelle monnaie L'inflation est actuellement à son plus haut niveau depuis 10 ans. Les salaires et les pensions sont en baisse, tandis que le prix du pain a quintuplé depuis avril. Environ cinq millions de Zimbabwéens ont actuellement besoin d'une aide alimentaire, selon les Nations unies. En mars, les Etats-Unis ont prolongé d'un an les sanctions économiques visant le Zimbabwe. Washington prévoit de les lever seulement lorsque le pays décidera de mener des réformes politiques. Quelque 141 sociétés et hauts responsables du Zimbabwe sont visés par les sanctions américaines, a précisé l'agence de presse Reuters en février dernier, citant un responsable américain. Plusieurs hauts responsables de la Zanu-PF, le parti au pouvoir au Zimbabwe, des chefs militaires et des sociétés d'État continuent de faire l'objet d'un embargo de la part des Etats-Unis. Washington interdit les personnes visées d'entrer en territoire américain. L'Union européenne maintient un embargo sur les armes, en plus des sanctions imposées à l'ancien président Robert Mugabe, son épouse, Grace Mugabe, et à la société Zimbabwe Defence Industries. Ses adversaires politiques estiment que la vie des Zimbabwéens est aujourd'hui plus chère qu'elle ne l'était sous M. Mugabe, qui a dirigé le pays pendant 37 ans. Le gouvernement défend sa politique économique, affirmant que celle-ci est ""douloureuses mais nécessaire"". Lire aussi : Le Zimbabwe veut vendre ses réserves d'ivoire Mugabe à l'hôpital de Singapour depuis avril Les autorités américaines accusent leurs homologues américaines d'avoir commis des violations des droits de l'homme. Au début des années 2000, des blancs vivant au Zimbabwe ont été victimes d'expropriations de terres. Ils détenaient une bonne partie du patrimoine foncier du pays." https://www.bbc.com/afrique/region-49388894 +business Qatar : La vie d'une femme de chambre pour les riches "La situation des droits humains au Qatar fait l'objet d'un examen minutieux alors que la Coupe du monde se déroule à Doha. On a beaucoup écrit sur le traitement des travailleurs migrants qui ont construit les stades et les hôtels, mais qu'en est-il des femmes de chambre étrangères qui travaillent pour les classes dirigeantes du Qatar ? Megha Mohan, correspondante de la BBC pour les questions de genre et d'identité, parle à deux d'une vie faite de longues heures sans jours de repos. J'entre en contact avec Gladys (ce n'est pas son vrai nom) tard dans la nuit, après que ses employeurs de l'élite qatarie soient allés se coucher. Au cours d'une brève conversation en ligne, elle me dit qu'elle travaille tous les jours de 8 heures à 23 heures. Elle nettoie, aide à préparer les repas et s'occupe des enfants. Elle mange ce qui reste des repas de la famille et dit qu'elle n'a pas eu un seul jour de congé depuis qu'elle a commencé il y a 18 mois. Articles recommandés : ""Madame est folle"", dit Gladys, une Philippine d'une quarantaine d'années, à propos de son employeur. ""Elle me crie dessus tous les jours"". Avant que le Qatar ne soit désigné pour accueillir la Coupe du monde 2022, les travailleurs étrangers ne pouvaient pas changer d'emploi ou quitter le pays sans l'autorisation de leur employeur. C'est toujours le cas dans la plupart des États du Golfe. Sous la surveillance, le Qatar a commencé à introduire des réformes, mais elles ne sont pas toujours appliquées dans la pratique. Par exemple, l'employeur de Gladys a conservé son passeport. Si elle demandait à le récupérer pour partir, elle ne serait pas sûre de l'obtenir. Mais Gladys se sent quand même chanceuse. Au moins, elle a été autorisée à garder son téléphone, dit-elle, contrairement à d'autres domestiques étrangères. De plus, elle n'est pas maltraitée physiquement. Au Qatar, cela arrive trop souvent aux domestiques, dit-elle. Il y a une autre raison pour laquelle elle veut rester dans son emploi actuel : elle pense qu'à son âge, il est peu probable qu'elle en obtienne un meilleur. Elle gagne 1 500 rials par mois (un peu moins de 265 934 F CFA) et peut envoyer tout l'argent à la maison pour subvenir aux besoins de sa famille. Joanna Concepcion, de Migrante International, une organisation de base qui soutient les travailleurs philippins à l'étranger, explique que nombre d'entre eux se taisent sur les mauvaises conditions de travail parce que leur priorité absolue est de gagner de l'argent pour leur famille. Mais lorsque les travailleurs des pays du Golfe se sentent suffisamment en confiance pour parler librement, ils mentionnent souvent de graves abus. Une femme a raconté que son employeur lui enfonçait la tête dans une cuvette de toilettes et la privait de nourriture et d'eau lorsqu'il était en colère. Althea (ce n'est pas non plus son vrai nom) brosse un tableau très différent de sa vie de domestique au Qatar. Employée par la famille royale Al Thani, elle appelle la BBC par vidéo depuis le sous-sol d'une résidence royale. Souriante et animée, elle explique qu'ils lui ont donné un iPhone, des vêtements, des bijoux et des chaussures qu'elle ne pouvait pas s'offrir chez elle, aux Philippines. Comme dans le cas de Gladys, c'est la difficulté de gagner un salaire décent chez elle qui l'a amenée ici. Pendant que nous parlons, d'autres travailleurs domestiques philippins, qui partagent une grande pièce dans les quartiers d'Althea, nous saluent et se joignent à nous. Ils ont leurs propres chambres et une cuisine privée. C'est important. Les domestiques qu'Althea voit sur TikTok et Facebook en train de mendier de la nourriture et d'implorer quelqu'un pour les sauver n'ont pas cette chance. ""Je vois ces vidéos en ligne tout le temps, c'est pourquoi je me sens si chanceuse"", dit-elle. ""Pour moi, chaque jour ressemble à un conte de fées"". Néanmoins, c'est un travail difficile dans ces ""palais de Cendrillon"", comme elle les appelle, avec leurs hauts plafonds et leurs lustres, leurs antiquités incrustées d'or, leurs plateaux de table en nacre et leurs fleurs fraîchement coupées. Une journée de travail commence généralement à 6h30, lorsque le personnel prépare le petit-déjeuner pour la famille. Althéa mange une fois que la famille a terminé. Après avoir débarrassé les lieux, ils nettoient les chambres et préparent le repas de midi. ""C'est un travail léger car nous sommes nombreux"", explique Althea. Les femmes de chambre se reposent dans leurs appartements entre 15h et 18h, puis se préparent pour le dîner. Une fois le dîner terminé, Althéa a terminé son travail et est libre de quitter l'enceinte si elle le souhaite. La famille royale ne conserve pas son passeport. Mais Althéa travaille tous les jours, y compris le week-end. Elle ne bénéficie pas du jour de congé que la loi qatarie est désormais censée garantir, à moins qu'un employé ne choisisse d'y renoncer. C'est le prix qu'elle paie pour apporter à sa famille un soutien financier vital. Mary Grace Morales, une recruteuse de Manille qui met en relation le personnel philippin et les VIP du Golfe, affirme que travailler pour le palais est un emploi ""enviable"". ""Il y a de nombreux avantages. La famille est généreuse"", dit-elle. Et, dans un commentaire reflétant les difficultés que les servantes ont pu rencontrer chez elles, elle ajoute : ""Les filles grossissent lorsqu'elles sont au palais. La famille les nourrit bien."" Mais les membres de la famille royale ont des exigences très spécifiques, révèle-t-elle. ""Les filles envoyées travailler pour la famille royale qatarie ont entre 24 et 35 ans et sont très jolies"", explique Mme Morales. Elle fait une pause pour regarder l'écran où je la fixe depuis le siège de la BBC à Londres. ""Plus jolies que vous"", dit-elle en souriant. Elle envoie ensuite un message WhatsApp pour s'excuser, car ses enfants l'ont entendue et ont dit qu'elle avait été impolie. Je lui assure que je n'ai pas été offensé - et je ne lui dis pas que le fait d'embaucher des gens sur la base de leur apparence serait illégal dans de nombreux pays. ""Les candidats doivent être jeunes, car la famille royale qatarie a besoin de personnes très énergiques et en bonne santé, capables de gérer l'environnement mouvementé du palais. ""Et les candidats doivent être beaux - très beaux"", répète-t-elle. Joanna Concepcion, de Migrante International, espère que le récit d'Althea sur le travail de domestique royal est vrai, mais ajoute : ""Il est peu probable que nous puissions le savoir avec certitude tant qu'elle est encore au Qatar et qu'elle travaille pour une famille aussi puissante."" Certains employés royaux se sont plaints après avoir quitté le pays. En 2019, trois travailleurs britanniques et américains - un garde du corps, un entraîneur personnel et un tuteur privé - ont poursuivi la sœur de l'émir, Sheikha al Mayassa bint Hamad bin Khalifa Al Thani et son mari, alléguant qu'ils avaient été amenés à travailler de longues heures sans heures supplémentaires. La famille a nié ces allégations et a invoqué l'immunité diplomatique, les documents ayant été signifiés à New York. ""Signaler et traiter les cas de violence et de harcèlement, de manque de sécurité et de santé au travail, et de manque de logement décent peut être difficile"", déclare Ruba Jaradat, directrice régionale de l'Organisation internationale du travail (OIT) pour les États arabes. L'OIT dit travailler avec le Qatar pour mettre en œuvre les nouvelles règles garantissant un salaire minimum, un jour de congé par semaine, des congés maladie et le paiement des heures supplémentaires, même si cela reste ""un défi"". Althea, dans son palais royal, se dit heureuse malgré les longues heures de travail. Lorsqu'elle va se coucher, elle envoie un message à l'un de ses frères et sœurs ou à l'un de ses parents aux Philippines. Elle a souvent le mal du pays : un palais de conte de fées n'est pas un foyer. Cependant, elle reste une source de revenus cruciale. ""Je ne pourrais jamais faire vivre ma famille sans ce travail"", dit-elle. La BBC a demandé à la famille royale qatarie et à l'ambassade du Qatar à Londres de commenter, mais n'a reçu aucune réponse. Illustrations de Marta Klawe Rzeczy" https://www.bbc.com/afrique/monde-63858255 +business Pourquoi l'atmosphère autour de la Kaaba est devenue rouge le 13 mars dernier? "Une vidéo qui circule depuis mi-mars montre l'atmosphère de la mosquée de la Kaaba en Arabie saoudite devenant rouge. BBC Hausa nous en donne les explications. La vidéo, qui s'est répandue comme une traînée de poudre, en particulier sur WhatsApp, a amené beaucoup à croire qu'elle est ""un signe de l'Heure"", un avertissement annonçant la fin du monde. Le message dans la vidéo se lit comme suit : ""c'est ce qui s'est passé en Arabie saoudite aujourd'hui. Le vent et le désert de sable rouge ont couvert l'espace de la Grande Mosquée et ses environs."" Le fait que tant de personnes qui continuent de diffuser le message croient que c'est ""un signe divin"" a incité la BBC à enquêter. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Nous avons contacté l'autorité en charge des deux grandes mosquées d'Arabie saoudite, Haramain Sharifain, sur Twitter, et elle a clarifié la situation. L'organisation signale que des incidents similaires se sont produits non seulement dans la mosquée de la Kaaba, mais également dans d'autres régions du pays. Cela se produit chaque fois que le vent provenant du désert poussiéreux du Sahara souffle. Chaque fois qu'un tel vent souffle, il enveloppe l'espace aérien du pays au point qu'on ne peut même pas voir la paume de sa main. Haram Sharifain explique que dans de tels cas, les gens prennent des vidéos et les diffusent. ""Nous avons essayé de trouver la vidéo originale qui circule mais nous n'avons pas pu la trouver, mais il y a eu des cas où de tels incidents se sont produits en Arabie saoudite"", indique l'autorité chargé de la gestion de la Kaaba. Il poursuit : ""cela se produit généralement lorsqu'un ouragan du Sahara couvre la région et que le ciel devient rouge ou brun."" L'événement le plus récent a eu lieu le 13 mars, lorsque la plupart des régions du pays, y compris la mosquée de la Kaaba, ont été témoins de l'événement. Deux tempêtes similaires avaient balayé le pays l'année dernière, selon Haramin Sharifain. Une vidéo également publiée sur les réseaux sociaux montre le vent qui souffle sur les lampadaires. Un résident de Damam a confié à BBC Hausa que le jour de l'incident, qu'il ne pouvait même pas voir ses paumes et que tout le trafic devait être arrêté. Vous pourriez être intéressés par :" https://www.bbc.com/afrique/monde-56590543 +business "Changement climatique : pourquoi cette ""ruée vers l'or"" des combustibles fossiles dans le monde" "Les promesses de lutte contre le changement climatique prises en novembre 2021 lors du sommet mondial sur le changement climatique COP26 pourraient s'étioler avec la guerre que mène actuellement la Russie en Ukraine. Au cours de la réunion, qui s'est tenue à Glasgow, près de deux cents gouvernements ont signé un document qui fixe le programme de lutte contre ce problème mondial pour la prochaine décennie. Ils y ont convenu de mettre à jour d'ici à 2022 leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et se sont engagés à supprimer progressivement les subventions qui réduisent artificiellement - et facilitent ainsi la consommation des combustibles fossiles tels que le charbon, le pétrole et le gaz naturel. A lire aussi sur BBC Afrique : Malgré ces promesses, quelques mois plus tard, la production et la consommation de ces carburants ont reçu un coup de fouet grâce à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Un rapport publié cette semaine sur l'impact de cette guerre sur la lutte contre le changement climatique affirme qu'il y a maintenant une sorte de ""ruée vers l'or"" mondiale pour la construction d'infrastructures de production, de transport ou de traitement des combustibles fossiles, en particulier le gaz naturel liquéfié (GNL). Le document a été produit par Climate Action Tracker (CAT), un projet scientifique indépendant qui suit les mesures prises par les gouvernements pour lutter contre le changement climatique et les confronte aux objectifs de l'accord de Paris, à savoir ""maintenir le réchauffement bien en deçà de 2°C et s'efforcer de le limiter à 1,5°C"". Le rapport souligne, entre autres, les projets de construction de nouvelles usines de GNL en Allemagne, en Italie, en Grèce et aux Pays-Bas, tandis que des pays comme les États-Unis, le Canada, le Qatar, l'Égypte et l'Algérie prévoient d'augmenter leurs exportations de GNL. Dans le même temps, il note que de nombreux producteurs de combustibles fossiles ont augmenté leur production, tandis que les gouvernements de plus d'une douzaine de pays développés réduisent les taxes sur la consommation de carburant ou d'énergie, encourageant ainsi leur consommation. L'idée d'augmenter la consommation de combustibles fossiles pour répondre à la crise énergétique actuelle a été remise en question mardi par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a déclaré qu'il était ""illusoire"" d'investir de l'argent dans le charbon, le pétrole ou le gaz pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine. Il a ajouté que la formule de la consommation énergétique mondiale ne fonctionne pas et qu'utiliser davantage de charbon ne fera que renforcer le ""fléau de la guerre, de la pollution et de la catastrophe climatique"". BBC Mundo s'est entretenu avec Niklas Höhne, un expert du NewClimate Institute, une ONG berlinoise qui fait partie du consortium CAT, au sujet des conclusions de l'étude et des défis que la situation actuelle pose pour la lutte contre le changement climatique. Climate Action Tracker a réalisé une étude sur la réponse mondiale à la guerre en Ukraine du point de vue du changement climatique. Qu'ont-ils trouvé ? En ce moment, il y a des gouvernements qui essaient de faire les choses différemment à cause de la crise énergétique. Ils doivent maintenant faire face à cette situation où ils n'importeront plus de combustibles fossiles de Russie. Ils peuvent donc faire deux choses : essayer d'obtenir des ressources fossiles d'ailleurs ; ou travailler à plus d'efficacité et à des énergies renouvelables. Malheureusement, nous constatons que la plupart des pays connaissent une sorte de ""ruée vers l'or"" vers de nouvelles infrastructures de combustibles fossiles, de nouveaux pipelines de gaz naturel liquéfié (GNL), de nouveaux ports GNL et de nouveaux champs pétroliers et gaziers. C'est très contre-productif pour la politique climatique car une fois cette infrastructure construite, elle sera utilisée pendant plusieurs décennies et nous liera à un avenir à très forte teneur en carbone. Pourquoi s'attendent-ils à ce que cette nouvelle infrastructure soit utilisée pendant plusieurs décennies ? Le problème avec les nouvelles infrastructures, c'est que la construction d'un pipeline est coûteuse et qu'une fois qu'il est construit, les investisseurs veulent l'utiliser pendant des décennies. Le problème est que nous voulons réduire la consommation de gaz à zéro au niveau mondial d'ici le milieu du siècle et si nous construisons de nouvelles infrastructures maintenant, cette réduction sera très difficile. Ces investissements nous lieront donc à des émissions élevées de gaz à effet de serre ou finiront en actifs échoués. On s'inquiète de la construction de ces nouvelles infrastructures. Mais de quelles autres manières les gouvernements travaillent-ils contre les objectifs climatiques dans la crise actuelle ? Le principal problème est l'infrastructure, mais il y a un autre problème : actuellement, presque tous les gouvernements que nous avons évalués ont soutenu leurs consommateurs avec des réductions de taxes sur les combustibles fossiles. Ce n'est pas une bonne idée. Je peux comprendre que les gouvernements veuillent aider leurs consommateurs et leurs industries, mais ils ne devraient soutenir que ceux qui en ont vraiment besoin. Plus à la population pauvre ou à l'industrie qui est vraiment en danger, mais au lieu de cela, ce qu'ils font est de réduire les taxes sur les combustibles fossiles et cela signifie qu'ils réduiront la pression sur tous les citoyens et les compagnies pétrolières, même ceux qui peuvent se le permettre et qui peuvent s'éloigner des combustibles fossiles. Ce n'est pas non plus une bonne idée. Mais dans le contexte actuel, où l'inflation et les prix de l'énergie sont si élevés, quelles sont les alternatives pour les gouvernements, car beaucoup de gens ont du mal à faire le plein de leur voiture pour se rendre au travail. Y a-t-il des solutions viables que vous recommanderiez ? Oui, s'il s'agit d'une compensation pour la hausse des prix de l'énergie, alors il faut compenser les ménages les plus pauvres et non les ménages les plus riches. Certaines personnes ont proposé de le faire sur une base, de sorte que chaque personne reçoive le même montant. D'autres disent qu'il est préférable de passer par le système fiscal pour que les pauvres bénéficient d'un allégement fiscal supplémentaire ou d'un supplément d'argent dans leur poche, ce qui serait certainement possible et constituerait une meilleure option. Mais la véritable solution à long terme est d'économiser l'énergie et de recourir davantage aux énergies renouvelables. Les économies d'énergie sont toujours une option rentable. Par exemple, rouler moins vite grâce à des limitations de vitesse, baisser un peu le chauffage en hiver, limiter l'accès des voitures aux villes pour que les gens utilisent les transports publics. Subventionner davantage les transports publics pour que les gens n'utilisent pas la voiture, mais les transports en commun, les gouvernements disposent de nombreuses options pour aider leurs citoyens et leurs entreprises dans cette crise. Dans le rapport, vous soulignez que la plupart des pays occidentaux ont essayé de réduire ou d'arrêter complètement l'achat de combustibles fossiles russes et que beaucoup ont annoncé des objectifs ambitieux pour la transition vers des sources d'énergie renouvelables telles que l'éolien et le solaire. N'est-ce pas une bonne chose pour la lutte contre le changement climatique ? Oui, il y a des choses que certains pays font bien. Plusieurs ont augmenté leurs objectifs en matière d'énergies renouvelables et certains ont également introduit des subventions pour les transports publics. C'est bien, mais nous sommes tellement en retard sur la politique climatique et nous devons réduire les émissions de manière si radicale que nous n'avons pas le temps de faire des erreurs. L'Agence internationale de l'énergie affirme qu'à partir de maintenant, nous ne devrions plus investir dans de nouvelles infrastructures de combustibles fossiles. Et si nous assistons maintenant à une ""ruée vers l'or"" vers les investissements dans les infrastructures énergétiques à base de combustibles fossiles, ce serait un grave problème car nous ne pouvons pas nous permettre de faire cette erreur. À l'heure actuelle, nous devrions utiliser le même argent, les mêmes efforts et le même temps pour promouvoir l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, et non pour développer les infrastructures de combustibles fossiles. Mais à court terme, est-il vraiment possible d'exploiter les sources renouvelables pour résoudre la crise actuelle ? L'expansion des énergies renouvelables n'est pas rapide, mais la construction d'un nouveau gazoduc ou d'un nouveau terminal GNL ne l'est pas non plus. Vous avez donc le même problème. La chose la plus rapide à faire est de réduire la consommation d'énergie en conduisant moins vite ou en baissant le chauffage. Ce serait très rapide, mais malheureusement, de nombreux gouvernements n'utilisent pas cette option. Le rapport du CAT ne mentionne pas la Chine, le plus grand consommateur d'énergie au monde. Quelle est votre opinion sur la réponse de Pékin à cette crise ? Je pense que la Chine est un peu moins touchée par la crise. Ils ont un certain commerce énergétique avec la Russie, mais ils ne sont pas aussi dépendants que l'Europe. La Chine envisage également d'augmenter ses objectifs en matière d'énergies renouvelables. Ce serait bien. Mais dans le même temps, la Chine envisage d'acheter du pétrole et du gaz moins chers à la Russie. Dans les conditions du marché, elle pourrait le faire, mais pour d'autres raisons, ce ne serait pas un bon signe. La Chine est très importante du point de vue du climat. Elle est responsable d'un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre et ce qui s'y passe est très important pour les émissions mondiales et le climat mondial. En outre, on pourrait s'attendre à ce que la crise conduise à une plus grande poussée vers l'efficacité et les énergies renouvelables. Avez-vous d'autres recommandations ou des solutions alternatives à cette crise ? Il y a un autre élément. De nombreuses entreprises de combustibles fossiles réalisent des bénéfices record parce que les prix de l'énergie sont très élevés et que leurs prix de production sont les mêmes. Certains gouvernements ont commencé à taxer ces bénéfices supplémentaires et à les réinvestir dans les énergies renouvelables, mais seuls quelques gouvernements l'ont fait et ce serait une autre chose que les gouvernements pourraient faire maintenant." https://www.bbc.com/afrique/monde-61813726 +business "Les djihadistes du Mozambique et la ""malédiction"" du gaz et des rubis" "Les troupes mozambicaines ne parviennent pas à reprendre aux militants islamistes une ville portuaire importante pour l'exploitation de l'une des plus grandes réserves de gaz naturel d'Afrique. Le pays - trois ans après le début de l'insurrection islamiste - devient un autre État sous la malédiction de ses ressources naturelles écrit l'analyste mozambicain Joseph Hanlon. Le président Filipe Nyusi est confronté à la réalité de la ""malédiction des ressources"". Les insurgés recrutent davantage de membres en exploitant la pauvreté des jeunes dans le nord du Mozambique, a-t-il expliqué dans un récent discours à Pemba, la capitale de la province de Cabo Delgado. Et il a admis que malgré le fait que les trois provinces du nord - Cabo Delgado, Niassa et Nampula - possèdent une grande richesse naturelle et un énorme potentiel agricole, elles ont les niveaux de pauvreté les plus élevés du pays. Pendant 15 ans, le PIB du Mozambique a augmenté de plus de 6% par an, en grande partie grâce au charbon, au titane, à l'hydroélectricité et à d'autres ressources naturelles. Pourtant, la majorité de la population n'en a pas bénéficié ; la pauvreté et les inégalités ont toutes deux augmenté. La découverte d'un énorme gisement de rubis et d'un champ de gaz géant à Cabo Delgado en 2009-2010 a fait naître l'espoir d'emplois et d'une vie meilleure pour de nombreuses personnes locales, mais ces espoirs ont rapidement été déçus. Il a été allégué que tous les bénéfices étaient pris par une petite élite du parti Frelimo, qui gouverne le Mozambique depuis l'indépendance en 1975. Une guerre a commencé le 5 octobre 2017 lorsqu'un groupe d'insurgés a occupé pendant deux jours la ville du district et le port de Mocimboa da Praia. La ville est située à 60 km seulement au sud de la principale base de développement gazier de Palma et le port était important pour approvisionner le projet gazier. Les insurgés ont été reconnus comme des hommes de la région. Depuis lors, la guerre s'est rapidement étendue ; au moins 1 500 personnes ont été tuées et on estime que 250 000 ont fui leurs foyers. Le gouvernement a perdu le contrôle de trois districts côtiers. Les insurgés ont occupé Mocimboa da Praia deux fois de plus, et après l'occupation du 12 août, ils y sont restés ; malgré de lourds combats, les forces gouvernementales ne les ont pas délogés. Au cours des trois dernières décennies, Cabo Delgado a connu un afflux de fondamentalistes chrétiens et musulmans et d'agences d'aide internationale religieuses qui ont tenté de convertir la population locale. Cabo Delgado est majoritairement musulmane et les nouveaux prédicateurs islamistes, tant des Africains de l'Est que des Mozambicains formés à l'étranger, ont établi des mosquées et ont fait valoir que les imams locaux étaient alliés au Frelimo et à son accaparement des richesses. Certaines de ces nouvelles mosquées ont fourni de l'argent pour aider la population locale à lancer des entreprises et à créer des emplois - et les islamistes ont fait valoir que la société serait plus juste en vertu de la charia. Comme l'admet aujourd'hui le président Nyusi, cela s'est avéré intéressant. Il y a eu de violents affrontements en 2015 lorsque la police et les chefs traditionnels musulmans ont tenté de bloquer les fondamentalistes, qui se sont alors mis à former des milices, qui ont lancé la première attaque contre Mocimboa da Praia. Au départ, les insurgés ont été formés au Mozambique par d'anciens policiers et soldats mozambicains. Puis la guerre interne a attiré un soutien extérieur. Le gouvernement a engagé des mercenaires étrangers, tandis que les insurgés reçoivent un entraînement - en études militaires et religieuses en Afrique de l'Est - de djihadistes étrangers et ont noué des liens informels avec le groupe d'État islamique. Il est ironique que la guerre d'indépendance du Frelimo ait commencé le 25 septembre 1964 à Chai, à seulement 60 km à l'ouest de Mocimboa da Praia. Le Frelimo a recruté de jeunes combattants avec une rhétorique très similaire - les autorités coloniales portugaises s'appropriaient toutes les richesses et l'indépendance serait plus équitable. Deux leaders de la guerre d'indépendance, Alberto Chipande et Raimundo Pachinuapa, ont tous deux 81 ans et sont les hommes les plus puissants de Cabo Delgado. Ils sont également tous deux membres de la Commission politique du Frelimo, l'organe décisionnel clé du parti. Mais ils sont confrontés à une insurrection qui les étiquette de la même façon qu'elle a étiqueté les colonisateurs il y a 55 ans. Les origines de la nouvelle guerre remontent à une décennie. En 2009, l'un des plus grands gisements de rubis du monde a été découvert à Montepuez et, au départ, les mineurs artisanaux et les agriculteurs et commerçants locaux en ont profité. Mais la concession a été attribuée à M. Pachinuapa en partenariat avec une grande société minière. Des milliers de petits mineurs et d'agriculteurs dans l'immense zone de la concession ont été touchés. L'année dernière, Gemfields a accepté de payer 5,8 millions de livres (7,5 millions de dollars) pour régler une affaire portée devant le tribunal de Londres par 273 personnes alléguant des violations des droits de l'homme dans le cadre du défrichement des terres. Sa filiale, qui affirme s'être conformée aux lois mozambicaines sur la réinstallation, a annoncé en août que 105 maisons résidentielles avaient été achevées pour un village en cours de réinstallation. Puis, en 2010, l'un des plus grands gisements de gaz naturel d'Afrique a été découvert au large des côtes de Cabo Delgado. Une fois de plus, des membres de l'élite ont profité de l'entretien des compagnies de gaz, tandis que la population locale a été perdante. Les groupes de campagne environnementale comme Justica Ambiental affirment que les compensations offertes ont été insuffisantes. Les agriculteurs locaux qui cultivent des aliments sans autre outil qu'une houe ont perdu leurs terres ; les pêcheurs avec de minuscules bateaux ou seulement des filets sur la plage ont été chassés. Les jeunes ayant reçu une certaine éducation et qui espéraient une vie meilleure que celle de leurs parents illettrés ont perdu ces espoirs. Mais les racines de cette approche remontent bien plus loin. Au moment de l'indépendance, le Mozambique a tenté de suivre une voie socialiste qui a contrarié l'Occident et a conduit à une guerre par procuration de 1982 à 1992, au cours de laquelle un million de personnes sont mortes. Avec la fin de la guerre froide en 1992, l'Occident a imposé au Mozambique le type de thérapie de choc utilisé en Europe de l'Est, pour convertir rapidement les communistes en capitalistes. Mais il s'agissait d'un capitalisme fondé sur l'accès aux ressources de l'État - entreprises, contrats, terres, commissions - qui a créé des oligarques plutôt que des hommes d'affaires. Il y a eu une privatisation forcée de centaines de sociétés d'État, de préférence aux militaires et aux dirigeants du parti Frelimo. La Banque mondiale a admis plus tard avoir accordé des prêts qu'elle savait ne pas pouvoir être remboursés à ces entreprises privatisées. Au début des années 2000, deux militants anti-corruption qui dénonçaient le pillage des banques privatisées ont été assassinés. Peu de temps après, le Mozambique a reçu 122 millions de dollars (94 millions de livres sterling) de plus que ce qu'il avait demandé lors d'une conférence de donateurs. En 2013-14, de hauts fonctionnaires ont arrangé un prêt de 2 milliards de dollars extrêmement corrompu - une vingtaine de personnes au Mozambique ont été inculpées pour ce qui est maintenant connu sous le nom de scandale des ""prêts secrets"". Au début, les donateurs ont refusé. Mais lorsque l'ampleur de la découverte de gaz est devenue évidente, les donateurs ont cessé de parler de bonne gouvernance et de réduction de la pauvreté, et ont plutôt insisté sur l'ouverture aux investissements étrangers. Il n'y a eu qu'une objection pro-forma de la part de la communauté internationale lorsque le Frelimo a été accusé de truquage généralisé lors de l'élection de 2019. Le 17 juillet 2020, un accord de prêt de 14,9 milliards de dollars a été signé pour financer le projet gazier : UK Export Finance garantira 1 milliard de dollars, ce qui, selon ses propres termes, soutiendra 2 000 emplois au Royaume-Uni. La Banque américaine d'import-export a approuvé un prêt de 4,7 milliards de dollars, qui permettra de soutenir 16 700 emplois américains. Le projet de construction lui-même n'emploiera que 2 500 Mozambicains. Ainsi, plus de sept fois plus d'emplois sont créés aux États-Unis et au Royaume-Uni qu'au Mozambique. La plupart des emplois mozambicains ne seront pas occupés par des personnes originaires de Cabo Delgado. Cela ne mettra donc pas fin au sentiment de marginalisation et de désespoir de nombreux jeunes hommes de Cabo Delgado, qui continueront à rejoindre les insurgés. Le résultat est un État défaillant, maudit en termes de ressources, avec une pauvreté et des inégalités croissantes, mais avec des profits et des emplois pour les entreprises étrangères et de l'argent pour les personnes clés du gouvernement et du Frelimo. Le Mozambique est toujours à la recherche d'une solution militaire. Des mercenaires sud-africains pilotent déjà des hélicoptères et le pays discute avec l'Afrique du Sud, la France, les États-Unis et d'autres pays d'un éventuel soutien militaire, notamment de patrouilles navales. Mais cela ne résout pas le problème des jeunes hommes appauvris et sans espoir. Si les griefs ne sont pas redressés et si de nombreux emplois ne sont pas créés, la guerre se poursuivra - et les profits aussi. Joseph Hanlon a été le reporter de la BBC au Mozambique entre 1979 et 1985 et a continué à écrire sur le pays. Il est chercheur invité en développement international à la London School of Economics (LSE) et il est co-auteur de Civil War, Civil Peace." https://www.bbc.com/afrique/region-54205199 +business "Afrique Avenir : Sank-Pay,"" un produit burkinabè et moins cher""" Afrique Avenir reçoit Jules Kadher Kaboré et Dramane Kiendrebeogo, fondateurs de la Start-up Burkinabè Sank Business qui a développé l'application de paiement mobile Sank Pay. La plateforme promet à ses utilisateurs des transferts gratuits, des données sécurisées et promeut un label made in Burkina Faso. Lancé en Janvier 2021, Sank-Pay est déjà adopté par plus de 70 mille usagers. Notre objectif c'est d'aller partout au Burkina Faso et être plus proche de nos utilisateurs, affirme Dramane Kiendrebeogo. Ce qui fait en réalité la particularité de Sank, c'est l'idée autour de la plateforme. Sank ne vient pas pour concurrencer mais vient avec une idéologie de développement local, ajoute-t-il. Les deux jeunes chefs d'entreprise comptent sur le soutien de leurs compatriotes pour porter l'initiative. Ils reviennent dans cet entretien sur la genèse de Sank et leurs projets à venir. (Ré) Ecoutez Afrique Avenir avec Alexandrine Holognon https://www.bbc.com/afrique/region-59418081 +business Questions d'Argent : Agro-entrepreneur en devenir Malgré son fort potentiel économique, le secteur agricole n’a pas toujours eu bonne presse. Longues heures, dur labeur et tâches salissantes... rien de vraiment glamour. Aujourd’hui pourtant, les métiers agricoles attirent de plus en plus de jeunes désireux d’apprendre un métier rapidement. Mais peut-on devenir agriculteur en sept jours? Les experts du camp d’entrainement intensif de la commune de Tori Bossito au Bénin affirment que c’est possible. Reportage : François Wibaux D'autres épisodes de Questions d'Argent : https://www.bbc.com/afrique/region-51804055 +business L'histoire des esclaves ouest-africaines qui ont apporté la culture du riz en Amérique "Par Michael W Twitty Juste avant la Révolution américaine, une femme dont je ne connaîtrai peut-être jamais le nom a débarqué d'un navire dans le port de Charleston, en Caroline du Sud, à destination d'une rizière. Elle était membre du peuple Mende de Sierra Leone. Son dos portait les lettres ""R.A.C.E."". - Royal African Company of England - gravées dans sa chair à l'aide d'une marque. Le navire sur lequel elle a été amenée a commencé son voyage à Liverpool ou à Londres et s'est dirigé vers le sud, le long de la côte supérieure de la Guinée. Il attendait sur l'île de Bunce, dans l'estuaire de la Sierra Leone, flottant sur l'eau, dans l'attente de ravitaillements et d'une cargaison d'""esclaves sains de choix"" qui seraient vendus aux enchères en se bousculant sur le pont ou sur le quai lorsqu'il débarquerait à sa destination finale : la basse côte marécageuse et moussue de la Caroline. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Le voyage jusqu'aux États-Unis est le voyage des personnes dont le travail et les connaissances ont permis la réussite de la culture du riz. Entre 1750 et 1775, la majeure partie des plus de 50 000 Africains réduits en esclavage ont été enlevés de la bien nommée ""Côte du riz"", la région rizicole traditionnelle située entre la Guinée et la Guinée-Bissau et l'ouest de la Côte d'Ivoire, d'où sont originaires une partie de mes ancêtres africains, et dont le cœur se trouve dans les actuelles Sierra Leone et Liberia. Étant donné que le riz n'était pas indigène aux Amériques et que les propriétaires de plantations ne savaient pas comment le cultiver, des Africains réduits en esclavage ont été amenés pour alimenter sa culture, ce qui a permis de nourrir la côte est des États-Unis, la Grande-Bretagne et d'approvisionner de nombreuses régions des Caraïbes britanniques. Dans le Sud d'avant la guerre de Sécession, si le coton était le roi des produits de base, le riz en était la reine. Et la reine a apporté un pouvoir économique incomparable, transformant Charleston, et plus tard Savannah, en ports cosmopolites prospères. Les femmes qui ont apporté ce savoir-faire étaient une cargaison précieuse. Dans leurs têtes reposaient plus de quatre millénaires d'expérience, depuis l'époque où le riz était récolté à l'état sauvage jusqu'à sa domestication il y a environ 3 000 ans. Et dans leur ventre reposait le potentiel de plusieurs siècles de richesse pour leurs esclavagistes, au détriment de la dignité humaine et de l'""expérience démocratique"" des États-Unis dont leurs descendants allaient ironiquement jeter les bases économiques. Bien avant leur arrivée, il existait probablement l'Oryza glaberrima, ou ""riz africain"" - l'une des deux principales espèces de riz cultivé dans le monde avec l'Oryza sativa, ou ""riz asiatique"". Originaire d'Afrique subsaharienne et apporté par les esclavagistes lors du passage du milieu, le riz africain était utilisé pour nourrir les esclaves de Sénégambie à la fin des années 1600, tout comme la célèbre ""graine de Madagascar"", une variété de riz asiatique. Au 18e siècle, sous l'impulsion des Européens, les variétés de riz asiatiques se sont répandues en Afrique de l'Ouest dans les plantations côtières, permettant aux esclavagistes d'approvisionner les navires négriers avec les deux types de riz afin de nourrir leurs colonies du Nouveau Monde. La différence entre le riz chez soi, en Afrique de l'Ouest, et le riz dans le Sud américain ne se résumait pas à la liberté ou à l'esclavage. Il y avait de nouveaux dangers, des agents pathogènes et des parasites aux crocodiles et aux serpents, en passant par les rythmes de travail du lever au coucher du soleil qui ajoutaient des heures à la journée équatoriale de 12 heures. Autour de ces douleurs, il y avait les menaces de punition, de torture, de vente et de séparation d'avec les êtres chers. Il était déjà difficile d'être en exil, mais les ruptures sociales et spirituelles qui affectaient constamment cette nouvelle existence créaient un aspect de terreur presque constante. Alors que le travail de production du riz rendait les autres extrêmement riches, la persistance de ces hommes et de ces femmes était sous-tendue par une immense joie privée. Dans leur monde, le partage des tâches permettait aux travailleurs asservis les plus expérimentés et les plus rapides de cultiver leurs propres parcelles de riz et leurs jardins, de chasser et de pêcher lorsqu'ils étaient absents de leur ""tâche"" ou de la parcelle de riz qui leur était assignée. Ils utilisaient leurs mortiers et leurs pilons qui pilaient le riz de la même manière musicale et communicative que leurs ancêtres africains. Ils tressaient des paniers, sculptaient des pilons, tricotaient des filets pour attraper les poissons, les crevettes et les crabes, et construisaient des cages avec des tiges de palmier pour élever les poulets et les pintades (également arrivés d'Afrique de l'Ouest) qui picoraient dans leurs cours. Ces animaux étaient servis avec le riz - des recettes ouest-africaines qui se sont transformées pour s'adapter au monde de la plantation. Tout cela constituait un affront peu subtil à l'exploitation et à l'assimilation. C'était une résistance facilement ignorée mais omniprésente. Peu de temps après l'arrivée de cette femme sans nom, des milliers et des milliers d'Africains de Caroline du Sud réduits en esclavage se sont enfuis vers la ligne britannique pendant la guerre d'indépendance (1775-1783). Elle n'était probablement pas l'une d'entre eux, probablement avec un ou deux enfants qui l'empêcheraient de s'échapper facilement. Beaucoup d'entre eux ont fini en Nouvelle-Écosse, au Canada, ou sont retournés dans leur pays natal, la Sierra Leone. Alors que les planteurs reprenaient le contrôle après la révolution, une nouvelle variété de riz apparaissait, garantissant que l'esclavage n'irait nulle part jusqu'à la capitulation de la Confédération : le Carolina Gold. Les origines du Carolina Gold restent mystérieuses, mais des recherches génétiques menées en 2007 suggèrent qu'il pourrait provenir d'une variété ghanéenne appelée Bankoram, l'une des 20 variétés locales avec lesquelles le Carolina Gold partage des gènes. Depuis les cuisines de la vallée, le Carolina Gold a fini par séduire les convives avec des influences provenant des peuples indigènes du sud-est des États-Unis, ainsi que des traditions du sud de l'Angleterre, des Huguenots français, des Allemands du Palatinat, des Espagnols et des Juifs sépharades, ces deux derniers apportant des influences culinaires de l'Espagne mauresque et des contributions plus anciennes du Moyen-Orient. Cependant, les cultures les plus importantes de la cuisine du riz en Caroline étaient celles des personnes qui faisaient le plus de cuisine : les Mende, Temne, Fula, Limba, Loma, Bassari, Sherbro, Kru, Balanta et autres peuples d'Afrique de l'Ouest, ainsi que les Afri-Créoles de la Barbade, la colonie mère de la Caroline. Parallèlement à une tradition rizicole similaire dans le sud de la Louisiane et la vallée du Mississippi - également établie par les puissances coloniales, en l'occurrence les Français - c'est l'expérience culinaire acquise pendant des siècles en Afrique qui a façonné une cuisine qui allait définir le Sud américain. Dans les cuisines à riz du Sud américain, les Africains ont introduit la préférence selon laquelle, une fois le riz cuit à la vapeur, chaque grain était destiné à être cuit séparément des autres, chacun de son côté. Le seul riz qui était cuit jusqu'à ce qu'il devienne collant était utilisé pour faire des beignets comme les calas, vendus chauds et frais dans les rues de la Nouvelle-Orléans, ou pour faire du pudding ou un certain nombre de pains ou de sucreries. Le riz utilisé à des fins salées était presque toujours associé à la ""trinité"" afri-créole que sont les tomates, les oignons et les poivrons ou les piments, ou servait de lit à des aliments de base traditionnels d'Afrique de l'Ouest tels que le gombo, les cacahuètes, les pois à œil noir, les légumes verts ou les ragoûts préparés à partir d'une combinaison de ces aliments ou de fruits de mer ou de poulet. Ma grand-mère et ma mère, mes meilleurs professeurs de cuisine, m'ont transmis des recettes comme le Country Captain (une réponse du Sud aux plats à base de curry apportés par les commerçants britanniques via l'Inde), le riz cuit à la vapeur avec la trinité et les plats uniques de poulet étouffé et de riz. Aujourd'hui encore, lorsque je fais cuire mon riz, chaque grain est séparé et distinct. Lorsque j'ai fait mon pèlerinage en Sierra Leone en 2020, d'où venaient mes ancêtres, j'ai observé le processus minutieux utilisé pour traiter le riz. Les gens étaient extrêmement fiers de leur relation avec cette culture. Du pilonnage et du battage dans le mortier avec de grands et longs pilons à la confiance qu'ils utilisaient pour vanner le grain avec les magnifiques paniers en herbe qui reflètent ceux vendus à Charleston et Savannah, j'ai ressenti les liens profonds avec le Lowcountry. À chaque fois, on obtenait des grains parfumés, dodus, séparés, doux, avec un corps que l'on pouvait sentir sur les dents. Après 20 ans passés à faire ce travail, à faire des recherches, à voyager et à cuisiner, je me suis rendu compte qu'il est possible de manger et d'apprécier la nourriture tout en comprenant la chaîne des expériences humaines qui ont mené à votre assiette. Il ne s'agit pas de dire que les traumatismes subis l'emportent sur l'envie de manger ou la faim de texture ou de saveur. Outre la survie et le désir d'une nourriture qui nous satisfasse, le prochain besoin que nous avons est de donner un sens à notre culture matérielle. Un ingrédient peut ne pas avoir la même signification pour quelqu'un d'autre, ou raconter une histoire très différente. Mon histoire est racontée par de nombreux ingrédients, pas seulement par le riz. Mais lorsque nous évoquons le riz, nous parlons non seulement de l'Afrique de l'Ouest, mais aussi de Madagascar, où d'autres de mes ancêtres ont dérivé ; de l'Asie de l'Est, où ils avaient des racines ; mais aussi de l'Inde et du Moyen-Orient, où d'autres de mes lointains ancêtres ont vécu ; de l'Italie et de l'Espagne, où d'autres encore sur mon arbre généalogique apprécieraient également ce grain. Être un descendant du peuple du riz, c'est être lié à d'immenses pans du globe, de la Chine au Mali, en passant par l'Amérique latine et le sud des États-Unis. Je ne connaîtrai peut-être jamais le nom de cette femme de Mende, mais maintenant je l'appelle Mama Wovei, la ""Mère aînée"" en Mende, sa langue ancestrale. Elle a eu une fille vers 1770-1780, dont le nom a été perdu, et elle a eu une fille nommée Nora vers 1800. Nora a eu une fille née à Charleston en 1828 nommée Hester, vendue à des esclavagistes en Alabama à l'âge de 12 ans. Hester a eu une fille nommée Joséphine juste après la guerre civile américaine, et elle a eu une fille en 1890 nommée Mary, qui a mis au monde Clintonia Hazel. Clintonia a donné naissance à Patricia en 1948. Un an avant que Patricia ne rejoigne ses ancêtres et que j'hérite des casseroles et des poêles qui ont servi à préparer ces plats de riz qui ont béni nos tables, j'ai eu le plaisir de lui présenter la femme qui a débarqué de ce bateau il y a si longtemps. Sur un atlas montrant son voyage, elle a rencontré Mama Wovei, son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère. Alors que nous tracions son chemin avec nos doigts sur la page, traversant l'Atlantique en quelques secondes sur ce qui lui avait pris des mois, j'ai demandé à maman quelle était la meilleure chose qu'elle ait jamais faite. Elle m'a répondu : ""Un petit garçon nommé Michael, je l'ai fait cuire lentement."" Michael W. Twitty est un écrivain et historien de l'alimentation, lauréat du James Beard Award. Son dernier livre, Rice, est désormais disponible. Ecouter :" https://www.bbc.com/afrique/monde-56359373 +business "Les 10 ""méga-menaces"" pour l'humanité, selon l'un des économistes qui a vu venir la crise de 2008" "La rédaction\nBBC News Mundo L'économiste Nouriel Roubini a été surnommé ""Dr. Catastrophe"" pour ses avertissements pessimistes sur l'avenir de l'humanité. Dans son dernier livre, ""Mega Threats"", il identifie les principaux dangers qui, selon lui, menacent notre espèce. Sa liste de dix menaces comprend la faible croissance économique et l'inflation, la dette et le changement climatique. Bien qu'il soit parfois critiqué pour son catastrophisme, cet économiste né à Istanbul, en Turquie, affirme qu'il propose également des solutions. Dans le passé, il a réussi certaines de ses prévisions, voyant les nuages noirs à l'horizon plus tôt que la plupart des économistes. Ce fut le cas en 2006, lorsqu'il a mis en garde contre l'imminence de la crise des subprimes lors d'une conférence du Fonds monétaire international. En 2008, le monde a plongé dans l'une des pires crises financières de l'histoire récente. Plus récemment, ce professeur de l'université de New York a averti que le bitcoin était ""surévalué"" et l'a comparé à un ""cloaque"", un présage qui s'est avéré exact puisque le prix du bitcoin et des autres principales crypto-monnaies a chuté. James Menendez, animateur du Newshour de la BBC, l'a interviewé. ----------------------------------------------------------------------------------------------- Le monde qui a suivi la Seconde Guerre mondiale a été marqué par une paix relative, une hausse des revenus et une amélioration de la santé pour une grande partie de la planète. Cette situation est-elle sur le point de prendre fin ? Je le crois. Il existe de nouvelles menaces qui n'existaient pas dans les décennies entre les années 1960 et les années 1980. À cette époque, personne ne s'inquiétait d'une éventuelle guerre nucléaire entre les superpuissances, en raison de la détente entre les États-Unis et l'Union soviétique. On ne parlait même pas de changement climatique et, après la grande pandémie de 1918, il n'y en a pas eu d'autre avant les années 1980. Nous n'avions aucune idée que l'intelligence artificielle, la robotique et l'automatisation allaient remplacer la plupart des emplois, et nous avions des démocraties stables, pas les populismes de gauche et de droite qui arrivent au pouvoir maintenant. Et les engagements qui découlent du vieillissement, pour lesquels il n'y a pas de financement, comme les pensions et les soins de santé, n'existaient pas, car nous avions alors une population encore jeune et en croissance. Le monde actuel est donc très différent de ce qu'il était entre 1945 et le milieu des années 80. Il existe de nouvelles menaces qui sont des méga-menaces et qui peuvent détruire non seulement l'économie mondiale, mais le monde en général. Je vais vous interroger sur l'une d'entre elles, la dette mondiale. Pourquoi pensez-vous qu'elle peut modifier radicalement l'économie mondiale ? Dans les années 1970, le rapport entre la dette privée et la dette publique et le PIB était d'environ 100 %. Aujourd'hui, dans les économies avancées, il atteint 420 % et ne cesse d'augmenter. Ce ratio était élevé, mais le coût du service de cette dette était faible jusqu'à récemment, grâce à des taux d'intérêt nuls ou négatifs et à des politiques expansionnistes. Même les ménages zombies, les entreprises zombies, les sociétés zombies et même les gouvernements zombies ont pu survivre parce que les taux d'intérêt étaient si bas. Aujourd'hui, ils sont élevés et augmentent parce que nous devons lutter contre l'inflation, et regardez ce qui se passe avec la dette hypothécaire au Royaume-Uni, ou avec la dette des consommateurs, ou avec la dette des entreprises qui sont maintenant au bord de la crise. Les mesures de relance budgétaire ont presque conduit à une crise budgétaire au cours des dernières semaines. ---------------------------------------------------------------------------------------------- Les 10 méga-menaces de Roubini Le livre de Roubini présente dix ""méga-menaces"", qu'il aborde dans chacun des chapitres de son livre. Ce sont celles-ci : ------------------------------------------------------------------------------------------------ Que signifie tout cela pour les populations du monde entier ? Serons-nous plus pauvres dans les décennies à venir ? Si nous devons avoir une dette qui n'est pas viable, il ne nous reste que quelques options. Soit nous faisons faillite et faisons défaut, soit, comme je le prévois, les gouvernements utiliseront des poussées d'inflation inattendues pour réduire la valeur réelle de la dette nominale. Je pense que les banques centrales vont céder et ne pas agir, car lorsque les gouvernements ne peuvent pas réduire la dette publique et les impôts en raison de déficits importants et de guerres contre le changement climatique ou les pandémies ou contre d'autres pays, nous empruntons trop et finissons par gonfler la vague, comme cela s'est produit dans les années 1970. Vous parlez du changement climatique dans une partie avancée de votre livre. Est-ce la plus grande menace à laquelle nous, les humains, sommes confrontés ? Il s'agit de la dixième menace de ma liste, mais dans un certain sens, elle est très importante. Mais c'est une menace qui évolue lentement, alors que la stagflation est un risque à très court terme, tout comme le risque d'un effondrement financier ou le risque que ce qui se passe entre la Russie et l'Ukraine ne dégénère en une confrontation avec l'OTAN ou en une guerre non conventionnelle avec l'Iran d'un côté et les États-Unis et Israël de l'autre, ou entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taïwan. Le changement climatique nous détruira, mais, bien que les dommages qu'il cause soient déjà graves aujourd'hui, avec des sécheresses aux États-Unis, en Asie et en Amérique centrale, et la flambée des prix des denrées alimentaires à cause de lui, il nous détruira dans les décennies à venir. C'est une menace qui se déplace plus lentement que les autres.\n\nPensez-vous que les gouvernements du monde entier sont à la hauteur du défi ? Non. Les pays démocratiques comme les pays autoritaires évitent de faire face à l'avenir, faisant l'autruche. Les dirigeants ne prennent pas de décisions difficiles parce qu'ils veulent être réélus. Les autoritaires ont également besoin de soutien. En ce qui concerne le changement climatique, on parle beaucoup de l'investissement socialement responsable dans le monde des affaires et de la finance, mais en réalité, il y a beaucoup plus de paroles que d'actions. Parce que ni les acteurs publics ni les acteurs privés ne veulent faire les sacrifices immédiats nécessaires pour l'avenir. C'est pourquoi il y a une paralysie politique. Il y a quelques années, vous avez été baptisé le ""médecin des catastrophes"". Comment faites-vous pour vous lever tous les jours en sachant à quel point vous voyez l'avenir en noir ? Je suis le médecin réaliste, pas le médecin catastrophe. À la fin de chaque chapitre de mon livre, je propose une solution pour chaque méga-menace et j'avance deux scénarios : un scénario dystopique dans lequel nous ne faisons rien et ces menaces détruisent le monde, et un scénario moins dystopique et plus utopique dans lequel des politiques sont mises en œuvre à tous les niveaux, y compris au niveau individuel, pour nous amener sur une meilleure voie. J'espère que nous allons dans la bonne direction, mais pour l'instant, je crains que les incitations à faire ce qu'il faut ne soient pas présentes. C'est ce que je fais. J'essaie de changer le monde pour le mieux." https://www.bbc.com/afrique/articles/cmjxv2yd0ggo +business Diversité : comment donner leur chance aux diplômés noirs qui ont du mal à trouver un travail en Angleterre "Gold Oyelade, 22 ans, vient d'être diplômé de l'université de Warwick et a déjà décroché un poste dans la banque d'investissement. Gold a obtenu un stage chez Evercore, une entreprise de la Ville de Londres, grâce à un programme appelé 10 000 Black Interns (10 000 Stagiaires noirs). Ce programme, qui vise à aider à créer de futurs chefs d'entreprise noirs, vient d'annoncer que 2 000 places dans des entreprises de premier plan étaient à pourvoir. Les Noirs, qui sont sous-représentés dans les postes de direction des entreprises, ""ont juste besoin d'une chance"", plaide Mme Gold. A surtout lire sur BBC Afrique : Bien que Gold affirme qu'Evercore ""se soucie beaucoup de ses employés"", avant de faire partie de 10 000 Black Interns, elle a constaté que des obstacles l'empêchaient d'entrer dans les entreprises. Gold est née et a grandi à Brixton, et bien qu'elle ait fréquenté une université du Russell Group, elle et ses amis noirs ont eu du mal à obtenir des stages que leurs homologues blancs obtenaient plus facilement. ""J'ai dû faire mes preuves"", dit-elle. ""Là où il semble que nous soyons tout aussi qualifiés sur le papier, pour une raison ou une autre, cela n'a pas joué en notre faveur pour obtenir des stages."" Cela était en partie dû à leur manque de réseau - elles ne connaissaient pas les bonnes personnes, dit-elle. L'idée selon laquelle ""votre réseau est votre valeur nette"" est bien vivante et peut constituer un désavantage pour les personnes qui n'ont pas eu d'opportunités ou qui ne connaissent pas quelqu'un qui occupe une position de leader dans l'entreprise"", dit-elle. Le manque de dirigeants noirs dans les entreprises peut ébranler la confiance des gens qui essaient d'y entrer, dit-elle. ""Nous ne voyons pas de gens comme nous dans ces entreprises qui nous donnent l'impression d'être les bienvenus ou d'être assez bons pour occuper ces postes"", dit-elle. Certaines entreprises doivent également revoir leur attitude à l'égard des stagiaires noirs, en particulier ceux issus de la classe ouvrière, dit-elle. ""Il y a peut-être une hypothèse selon laquelle les jeunes noirs ne sont pas aussi intelligents ou ne sont pas aussi préparés pour ces rôles"", dit-elle. ""L'hypothèse selon laquelle nous ne sommes pas assez bons doit être éradiquée"". ""Ce n'est pas la norme pour les Noirs d'être dans des endroits très performants, mais nous avons la capacité d'être dans ces endroits"", dit-elle. ""Les Noirs sont capables - vous devez juste littéralement leur donner une chance"". Selon Mme Gold, l'initiative 10 000 stagiaires noirs ""fera la différence"" dans la façon dont les Noirs perçoivent leurs chances dans le monde des affaires, et dans la façon dont ils sont perçus. ""C'est maintenant à nous de rester dans ces rôles, de grandir, donc nous créons l'opportunité et l'avenue pour que les gens suivent"", dit-elle. ""Il y a un devoir pour nous de persister, de travailler dur, et de savoir que oui, c'est possible"". Le programme 10 000 Black Interns vise à placer 2 000 stagiaires par an dans des entreprises pendant cinq ans. L'initiative est née de 100 stagiaires noirs et s'est développée en raison de l'intérêt manifesté par les entreprises qui souhaitaient s'impliquer, selon la directrice du programme, Esther Odejimi-Uzokwe. Des organisations telles que Goldman Sachs et HSBC aux géants de la technologie Amazon, Facebook et Google, en passant par des géants du sport comme Manchester United, sont à bord. Selon Mme Odejimi-Uzokwe, le programme est nécessaire pour aider à créer de futurs leaders noirs dans la Ville de Londres et au-delà. Selon elle, le meurtre de George Floyd et l'impulsion donnée au mouvement ""Black Lives Matter"" ont eu pour conséquence que dans de nombreuses entreprises ""une ampoule s'allume"" et que la diversité devienne une priorité pour les entreprises. Mme Odejimi-Uzokwe est née et a grandi dans l'est de Londres, avec un héritage nigérian. ""Nous n'avions pas d'argent"" en grandissant, dit-elle. Elle a néanmoins obtenu une place à l'université d'Oxford pour suivre sa passion pour l'étude de la théologie et de la religion, et a ensuite travaillé chez Goldman Sachs. C'est là qu'elle a constaté que les Noirs étaient sous-représentés dans la finance et qu'elle a décidé d'essayer de changer cette situation. ""Dans le monde dans lequel nous vivons, la façon dont le système est configuré, vous pouvez traverser une salle des marchés sans voir un visage noir"", dit-elle. Mais certaines personnes noires parviennent à atteindre des postes à responsabilité dans le monde de la finance. Justin Onuekwusi, responsable des fonds multi-actifs de détail chez Legal & General Investment Management (LGIM), s'efforce également d'améliorer la diversité et l'inclusion dans les entreprises britanniques. Il est né dans un quartier défavorisé de Manchester et a grandi dans une famille monoparentale. ""En grandissant, les temps étaient durs"", dit-il. Mais comme sa mère était enseignante, l'éducation a toujours été au centre de ses préoccupations. ""J'étais bon en maths, bon à l'école, et j'ai fait de l'économie à l'université de Warwick"", dit-il. Pour ce qui est de sa réussite à gravir les échelons de l'entreprise, M. Onuekwusi explique : ""j'invoque la chance ainsi que le travail acharné"". Il a ""toujours bénéficié d'un parrainage très solide"" au cours de sa carrière, qui l'a mené à la Bank of America et à Aviva, ainsi qu'à LGIM. Mais malgré cela, il dit avoir ""rencontré des obstacles"" dans la Ville, notamment le sentiment d'être un étranger. ""J'ai dû sortir de ma zone de confort pour nouer des relations"", dit-il. En outre, il y a des défis quotidiens dans la ville. ""Il y a beaucoup de micro-agressions auxquelles il faut faire face"", dit-il. ""On me prend encore pour un agent de sécurité"". Une fois, il s'est rendu dans une entreprise où il faisait une présentation à d'autres gestionnaires de fonds, et s'est servi un café pour lui et une dame. Quand il s'est retourné, il y avait une file d'attente derrière lui, attendant d'être servis, ""pensant que je suis le serveur de café"". Ces types d'incidents s'accumulent. Pour lui, en tant que gestionnaire de fonds senior, c'est ""plus facile à balayer"". ""Quand les gens sont plus jeunes, c'est beaucoup plus difficile"", dit-il. Beaucoup de femmes noires dans le monde des affaires ne se sentent pas à l'aise avec leurs cheveux, dit-il, et reçoivent des commentaires à ce sujet : ""Est-ce que c'est vrai ?"" ""C'est épuisant"", dit-il, ajoutant que dans les groupes de mentorat, les gens ont craqué en discutant des micro-agressions. Bien que les entreprises et la société aient encore beaucoup à faire pour remédier au manque de diversité, M. Onuekwusi estime que la représentation équitable ne sera peut-être pas atteinte de son vivant - la plateforme offerte aux espoirs noirs dans le monde des affaires par 10 000 stagiaires noirs est ""énorme"", dit-il. Vous pourriez aussi être intéressés par :" https://www.bbc.com/afrique/monde-58475423 +business Guerre Ukraine - Russie : qui sont les oligarques russes confrontés aux sanctions mondiales ? "Les gouvernements britannique, européen et américain ont réagi à l'invasion de l'Ukraine par la Russie par des sanctions dévastatrices contre les hommes d'affaires milliardaires perçus comme faisant partie du cercle restreint du président Vladimir Poutine. M. Poutine a averti ses alliés pendant de nombreuses années qu'ils devraient se protéger contre de telles mesures, d'autant plus que les relations avec les États-Unis et les pays de l'UE se sont détériorées après l'annexion de la Crimée. Mais alors que certains de ses proches ont suivi ses conseils et sont restés investir en Russie, d'autres ont conservé leur argent dans des propriétés somptueuses à l'étranger et dans des clubs de football, et leurs sociétés sont rest��es cotées sur les bourses étrangères. Ils se retrouvent maintenant à se démener pour conserver leurs actifs au milieu des sanctions économiques les plus complètes imposées à l'ère moderne. Voici ce que nous savons de certains d'entre eux. SANCTIONNÉ PAR : ÉTATS-UNIS, L'UE, LE ROYAUME-UNI Considéré comme l'un des oligarques préférés de M. Poutine, Alisher Usmanov est également l'un des plus riches, avec une fortune estimée à 17,6 milliards de dollars, selon Forbes . Ancien escrimeur professionnel, l'UE le décrit comme un ""homme d'affaires-officiel"" qui aide le président à résoudre ses problèmes commerciaux. Né en Ouzbékistan alors qu'il faisait encore partie de l'Union soviétique, il dirige USM Holdings, un énorme conglomérat qui implique l'exploitation minière et les télécommunications, y compris le deuxième plus grand réseau mobile de Russie, MegaFon. L' UE a annoncé des sanctions à son encontre le 28 février, et les États- Unis et le Royaume- Uni ont emboîté le pas. Il a qualifié les sanctions d'injustes et a déclaré que toutes les allégations portées contre lui étaient fausses. USM Holdings semble espérer éviter les sanctions de l'UE car il détient un peu moins de 50% des actions. Son superyacht Dilbar, du nom de sa mère, est en cours de rénovation à Hambourg et risque désormais d'être saisi. Au Royaume-Uni, ses principaux investissements visibles sont dans l'immobilier. À Londres, il possède Beechwood House, une maison de campagne de 65 millions de livres sterling avec un terrain au cœur de la ville, et juste à l'extérieur de Londres, dans le Surrey, il possède un manoir Tudor, Sutton Place. Les deux ont été gelés par les autorités britanniques. Son partenaire commercial Farhad Moshiri est propriétaire d'Everton, et les sociétés de M. Usmanov, USM, MegaFon et Yota, ont été les principaux sponsors du club, avec des suggestions selon lesquelles son implication était encore plus proche. Everton a suspendu l'accord de parrainage mercredi et M. Moshiri a démissionné en tant que membre du conseil d'administration de l'USM. SANCTIONNÉ PAR : AUCUN L'un des milliardaires russes les plus en vue en raison du succès phénoménal de son club de football Chelsea FC, Roman Abramovich n'a pas encore été sanctionné, peut-être parce qu'il est manifestement moins influent que les autres alliés de Poutine. Son influence au Kremlin est très débattue. Certains suggèrent qu'il est simplement toléré par le président Poutine, d'autres disent que la relation est beaucoup plus étroite que cela. M. Abramovich nie fermement avoir des liens étroits avec M. Poutine ou le Kremlin, mais sa fortune estimée à 12,4 milliards de dollars est vulnérable si des sanctions devaient être imposées. Mercredi, il a annoncé qu'il cherchait à vendre Chelsea pour 3 milliards de livres sterling, et sa maison de 150 millions de livres sterling dans les jardins du palais de Kensington à Londres serait à vendre. M. Abramovich a gagné son argent dans les années 1990 et a été l'un des premiers oligarques sous la présidence de Boris Eltsine. Sa plus grande chance a été d'acheter la compagnie pétrolière Sibneft à un prix défiant toute concurrence. Ses actifs comprennent le troisième yacht le plus long du monde, Eclipse, qui naviguait vendredi au large des îles Vierges britanniques, et un autre méga-yacht, Solaris, amarré à Barcelone. Il a commencé à se retirer du Royaume-Uni ces dernières années. En 2018, il a décidé de ne pas demander le renouvellement de son visa britannique et a plutôt utilisé son passeport israélien nouvellement acquis pour se rendre à Londres. Et alors qu'il avait l'habitude d'assister à tous les matchs à domicile de Chelsea, il est maintenant rarement vu à Stamford Bridge. SANCTIONNÉ PAR : LES ÉTATS-UNIS Lorsque le président Poutine est arrivé au pouvoir, Oleg Deripaksa était immensément riche, sa richesse culminant à environ 28 milliards de dollars - mais on pense maintenant qu'il ne vaut que 3 milliards de dollars . Il s'est frayé un chemin vers la fortune dans les années 1990, s'imposant dans une bataille féroce pour l'industrie de l'aluminium. Les États-Unis ont déclaré qu'il était impliqué dans le blanchiment d'argent, la corruption, l'extorsion et le racket, et ont rapporté des allégations selon lesquelles il avait ""ordonné le meurtre d'un homme d'affaires et avait des liens avec un groupe criminel organisé russe"". Il nie les allégations. Il a beaucoup souffert de la crise financière de 2008 et avait besoin de M. Poutine pour le renflouer. En 2009, le président Poutine l'a humilié en laissant entendre publiquement qu'il avait volé un stylo. Depuis lors, il semble s'être remis en grâce et a été décrit dans le rapport Mueller - une enquête américaine sur les tentatives russes d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine de 2016 - comme étant ""étroitement aligné"" avec le président. Il a fondé une entreprise d'énergie verte et de métaux, En+ Group, qui est cotée à la Bourse de Londres, mais il a réduit sa participation à moins de 50 % lorsqu'il a été soumis à des sanctions américaines en 2018 . À l'époque, l'une des sociétés de M. Deripaska, Basic Element, avait publié un communiqué qualifiant les sanctions de ""sans fondement, ridicules et absurdes"". Il possède une vaste propriété art déco, Hamstone House à Weybridge, Surrey, qu'il tente de vendre pour 18 millions de livres sterling depuis que les relations anglo-russes se sont détériorées après les empoisonnements de Skripal. Il possède également un yacht, Clio, qui était aux Maldives mercredi. Contrairement à de nombreux oligarques sanctionnés, M. Deripaska a exprimé sa vision de la guerre, s'adressant aux médias sociaux pour appeler à la paix. ""Les négociations doivent commencer dès que possible !"" il a écrit. SANCTIONNÉ PAR : LES ÉTATS-UNIS ET L'UE Les liens d'Igor Sechin avec Vladimir Poutine sont longs et profonds, selon l'UE qui a annoncé des sanctions à son encontre le 28 février . Il serait l'un des conseillers les plus fiables et les plus proches de M. Poutine, ainsi qu'un ami personnel, et les deux seraient en contact quotidien. Ses progrès ont été réalisés en repoussant impitoyablement ses adversaires - son surnom dans la presse russe est Dark Vador. Un câble de l'ambassade américaine qui a fui en 2008 l'a décrit comme ""si ténébreux qu'il a été plaisanté qu'il n'existait peut-être pas réellement mais qu'il s'agissait plutôt d'une sorte de mythe urbain, un croque-mitaine, inventé par le Kremlin pour semer la peur"". Les États-Unis lui ont imposé des sanctions en 2014, qu'il a qualifiées de ""totalement injustifiées et illégales"". Ils ont annoncé de nouvelles sanctions à son encontre le 24 février . M. Sechin a passé sa carrière à alterner entre des emplois dans la politique et dans les affaires, occupant parfois des postes de direction dans les deux en même temps. Lorsque Poutine était Premier ministre, il était vice-Premier ministre et dirige maintenant le géant pétrolier d'État Rosneft. M. Sechin a travaillé avec M. Poutine au bureau du maire de Saint-Pétersbourg dans les années 1990, et on pense généralement qu'il a fait partie du service de renseignement très redouté, le KGB, bien qu'il ne l'ait jamais ouvertement admis. Basé en Russie, personne ne sait combien d'argent M. Sechin possède, mais les Français ont saisi un yacht appelé Amore Vero qui lui était lié après que sa deuxième épouse Olga Sechina ait continué à publier des photos d'elle-même à bord. Ils ont depuis divorcé. Au-delà de cela, il y a peu de signes qu'il possède une richesse substantielle à l'étranger qui pourrait être facilement découverte, et il peut être difficile de retrouver et de geler davantage de ses avoirs. SANCTIONNÉ PAR : LES ÉTATS-UNIS Alexey Miller est un autre vieil ami de Vladimir Poutine. Quelque chose d'un homme gris, lui aussi a construit sa carrière sur la loyauté envers le président, en commençant quand il était l'adjoint de M. Poutine à la commission des relations extérieures du bureau du maire de Saint-Pétersbourg dans les années 1990. Il dirige depuis 2001 la société gazière publique extrêmement puissante Gazprom, mais il s'agissait d'une nomination surprise et il est largement admis qu'il ne fait qu'exécuter les ordres de son ancien patron. L'ambassadeur américain à Moscou en 2009 a décrit Gazprom comme ""inefficace, politiquement motivé et corrompu"". M. Miller n'a pas été sanctionné après l'annexion de la Crimée en 2014, mais lorsqu'il a été ajouté à la liste aux États-Unis en 2018 , il s'est dit fier. ""Ne pas être inclus dans la première liste. J'ai même eu quelques doutes - peut-être que quelque chose ne va pas ? Mais je suis finalement inclus. Cela signifie que nous faisons tout correctement"", a-t-il déclaré. Il ne semble pas avoir d'actifs facilement traçables en dehors de la Russie et il n'y a aucune information sur sa valeur nette. SANCTIONNÉ PAR : L'UE L'UE décrit Pyotr Aven (photo de gauche) comme l'un des oligarques les plus proches du président Poutine, et MIkhail Fridman comme un facilitateur du cercle restreint de Poutine. Ensemble, les deux hommes créent Alfa-Bank, la plus grande banque privée de Russie. Le rapport Mueller a déclaré que M. Aven rencontrait Poutine au Kremlin environ quatre fois par an, affirmant qu'il ""avait compris que toutes les suggestions ou critiques faites par Poutine lors de ces réunions étaient des directives implicites, et qu'il y aurait des conséquences pour Aven s'il ne suivait pas"". Ils ont été avertis par M. Poutine en 2016 de protéger leurs intérêts contre de futures sanctions. Cette semaine, la paire s'est retirée du groupe d'investissement LetterOne, dont le siège est à Londres, qu'elle a fondé il y a près de 10 ans, car ses actions ont été gelées par les sanctions de l'UE le 28 février . M. Aven a également démissionné de son poste d'administrateur de la Royal Academy of Arts de Londres. Les deux hommes d'affaires ont déclaré qu'ils ""contesteraient la base fallacieuse et infondée de l'imposition de ces sanctions - vigoureusement et par tous les moyens à leur disposition"". M. Fridman, dont la valeur est estimée à environ 12 milliards de dollars , vit à Londres dans une maison à côté de Lord's Cricket Ground et possède également une immense propriété, Athlone House, dans le nord de Londres, pour laquelle il a payé 65 millions de livres sterling en 2016. Lors d'une conférence de presse à Londres mardi, il a déclaré que la guerre en Ukraine était une ""énorme tragédie"" mais ne critiquerait pas directement le Kremlin en disant que cela pourrait mettre en danger les emplois de centaines de milliers d'employés." https://www.bbc.com/afrique/monde-60638785 +business Ejiro Otarigho : le héros qui a conduit une citerne en feu remplie de carburant loin de la foule """Je viens d'avoir un témoignage dans mon église avec des membres de ma communauté"", explique l'homme qui a conduit un camion-citerne en feu quelques jours après avoir sauvé les résidents pour éviter une catastrophe majeure. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux nigérians, Ejiro Otarigho a conduit le camion en feu hors d'une zone densément peuplée de la ville d'Agbarho, Ughelli North, dans l'État du Delta, afin de réduire les dégâts en cas d'explosion. A surtout lire sur BBC Afrique : Il a conduit un camion enflammé jusqu'à un espace libre, sans maison ni magasin en vue, et s'en est sorti indemne. M. Ejiro, qui vient de célébrer son mariage traditionnel, a déclaré à la BBC qu'il réside dans la communauté où l'incident s'est produit. ""Je vis ici et nous remercions Dieu d'avoir enlevé ce problème de nos vies"", dit M. Ejiro ""L'incident s'est déroulé le 10 juin, vers 19 heures. Je conduisais le camion-citerne rempli de carburant"", dit-il. ""J'étais en train de décharger certains produits chez des clients et je sortais de l'un des endroits où j'étais allé livrer certains produits lorsque mon compagnon m'a alerté en criant ""Mec, il y a du feu"". ""La zone est densément peuplée. Et quand j'ai vu qu'il s'agissait d'un très grand incendie, j'ai dit à mon compagnon de descendre, que j'allais gérer ça seul"", raconte-t-il. ""Il a sauté du camion et j'ai conduit pendant environ 15 minutes loin de l'endroit où le feu a pris"", poursuit-il. Ejiro ajoute qu'il a conduit jusqu'à un espace ouvert près d'une rivière. ""Mon intention était de conduire le camion directement dans la rivière mais quand je suis arrivé. J'ai vu que c'était un parking avec beaucoup de voitures"", dit-il. ""Je me suis dit que si je conduisais tout droit, le camion pourrait tomber et exploser et causer une autre catastrophe. Alors j'ai conduit le camion vers un espace ouvert."" C'est comme cela qu'Ejiro Otarigho a sauvé des centaines de personnes d'un probable incendie. Dans son entretien avec la BBC, M. Ejiro a indiqué que sa femme était enceinte de neuf mois et qu'elle était sur le point d'accoucher, et ce, quatre mois seulement après son mariage traditionnel. Il a affirmé qu'il était allé avec les membres de sa communauté remercier Dieu à l'église pour lui avoir sauvé la vie. De nombreux Nigérians ont salué le conducteur du camion-citerne pour son courage et ont loué son acte de bravoure. Les Nigérians ont pris la parole sur les médias sociaux pour célébrer Ejiro et le qualifier de ""héros"". Ils estiment que ce qu'il a fait était risqué et que seul un héros pouvait le faire. Le gouverneur Ifeanyi Okowa de l'État du Delta, dans le sud du Nigeria, a félicité Ejiro Otarigho pour ""sa bravoure et son héroïsme en évitant une catastrophe majeure qui aurait pu entraîner la mort de nombreuses personnes dans la région"". Le gouvernement de l'État du Delta lui a remis un chèque de 2 millions de nairas (3 020 687 FCFA), une plaque et une lettre d'éloge ""pour son acte d'héroïsme"". Le gouverneur a noté que l'acte d'héroïsme peu commun de M. Otarigho a permis d'éviter une catastrophe majeure. Dans un communiqué publié par son attaché de presse en chef, Olisa Ifeajika, M. Okowa déclare : ""nous sommes fiers de vous et nous exhortons les autres habitants du Delta et les Nigérians à imiter et à surpasser cet acte héroïque dans toutes leurs activités""." https://www.bbc.com/afrique/region-61843392 +business Guinée - Bauxite : le pays est-il prêt à se lancer dans la transformation locale ? "En Guinée, le Colonel Mamady Doumbouya, chef de la transition, a instruit les sociétés minières de construire des usines de raffinage pour traiter la bauxite localement. Il leur a donné jusqu'au 31 mai pour soumettre leurs plans. La bauxite est un minerai essentiel dans la fabrication de l'aluminium, bien qu'elle doive d'abord être transformée en alumine. A surtout lire sur BBC Afrique : La Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite, avec jusqu'à 87 millions de tonnes par an. A Conakry, cette décision des autorités de la transition est diversement appréciée. ""Il en est aussi du processus de transformation de nos matières que vous exploitez. Désormais, leur transformation sur place devient incontournable. C'est un impératif et sans délai. Et ce, avant la fin du mois de mai"", a déclaré le Colonel Mamady Doumbouya, selon les médias locaux. Le président par intérim s'exprimait la semaine dernière, lors d'une réunion avec les patrons des sociétés minières. ""Vous et nous ne pouvons plus continuer ce jeu de dupes qui perpétuer une grande inégalité dans nos relations. Il faut la corriger, et c'est maintenant"", a-t-il dit. Cette mise en garde du chef de l'Etat concerne une dizaine de sociétés minières. Les modalités de son exécution font encore l'objet de discussions entre les sociétés minières et les autorités guinéennes. Le ministère des mines a clarifié mercredi certains points clés notamment la possibilité pour les sociétés minières de choisir leurs sites d'implantation, la transformation de la bauxite en solo ou en coopérative, ainsi de suite. Bien que cette mesure soit inscrite dans le cahier des charges des sociétés minières, l'annonce du président de la transition a pris plusieurs Guinéens par surprise. Pour Akoumba Diallo, consultant des questions de mine, la Guinée peut bel et bien transformer ses minerais sur place. ""La Guinée dispose de grandes ressources minières en termes de bauxite, près de 40 milliards de tonnes. Donc, ceci peut justifier la disponibilité de la matière première pour construire des raffineries dans les mines"", dit-il. ""Mais également la Guinée dispose d'un certain nombre d'infrastructures et de ressources humaines pour faire opérer une raffinerie"", poursuit-il. Cependant, implanter des raffineries implique aussi des défis tels que la formation et la mise à jour de ressources humaines. A cela s'ajoutent des problèmes d'électricité, explique Amadou Bah de l'ONG Initiative de Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). ""La Guinée n'a pas une capacité de production énergétique excédentaire permettant d'alimenter les raffineries ou encore les fonderies d'aluminium"", affirme-t-il. Selon lui, il est donc ""urgent pour l'Etat guinéen de jeter les bases d'une réflexion stratégique allant dans le sens de mobiliser suffisamment de fonds pour pouvoir mettre en place des sources d'énergie, à travers les centrales, capables de soutenir la production de l'alumine ou encore de l'aluminium sur place"". La Guinée exporte jusqu'à 87 millions de tonnes de bauxite par an, ce qui rapporte environ 500 millions de dollars à l'État guinéen, selon les chiffres de l'ITIE. Des experts estiment qu'installer des raffineries dans le pays pourrait multiplier ce revenu par cinq. Pour l'instant, les discussions se poursuivent entre les sociétés minières et les autorités guinéennes pour matérialiser ce projet de transformation locale de la bauxite." https://www.bbc.com/afrique/region-61106498 +business Le franc CFA est-il l'ennemi de l’Eco? "Les pays utilisant le franc CFA sont-ils le vrai obstacle à la monnaie unique de la CEDEAO ? Le projet de monnaie unique au sein de la CEDEAO est une initiative économique et financière vieille comme l'organisation elle-même. Depuis 1983, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'ouest qui souhaite passer de la ""CEDEAO des Etats à la CEDEAO des peuples"", a commencé à réfléchir à un outil monétaire commun qui permettra d'intégrer d'avantage leurs économies. A plusieurs reprises, des dates de mise en circulation de la monnaie ont été avancées au terme des différentes rencontres au siège de l'organisation à Abuja (Nigeria). Initialement prévu pour entrer en circulation en décembre 2009, le projet de l'Eco - la monnaie unique CEDEAO - a été reporté à janvier 2015 puis à 2020. L'échéance de 2020 a été confirmée le 29 juin dernier lors du 55ème sommet de l'organisation. A lire aussi La Cédéao adopte le nom d'""Eco"" pour sa monnaie unique Macron: 'On peut discuter du CFA sans tabou, ni totem' Zinsou défend le CFA et critique Kémi Seba Le franc CFA, une monnaie ""désuète"" ""Depuis quelques années une task force présidentielle composée de la Côte d'Ivoire, du Nigeria, du Ghana et du Niger a été mise en place ainsi que plusieurs commissions techniques pour accélérer le processus de création de la monnaie unique. ""Les décideurs politiques et économiques de la région doivent avoir mis tous les moyens à leur disposition pour respecter cette date"" indique Demba Moussa Dembélé, économiste et co-auteur de l'ouvrage ""Sortir l'Afrique de la servitude monétaire : à qui profite le franc CFA ?"". Si la marche vers la monnaie unique est pour certaines voix un acquis, nombreux sont ceux qui dans les milieux financiers s'inquiètent d'un projet qui risque d'être plombé par les défenseurs du franc CFA. Sachant que tous les pays ne pourront pas satisfaire aux critères de convergence à la lecture des rapports internationaux sur la santé économique des pays d'Afrique de l'ouest, il est plus plausible que l'entrée en vigueur de l'Eco se fasse en deux étapes. La première vague se fera avec les pays respectant les critères de convergence économique (majoritairement ceux de l'espace UEMOA) et une seconde phase avec les autres pays qui rejoindront le projet au fil du temps. Un schéma qui semble bien calquer sur celui de l'Euro et qui fait fi du ""principe de solidarité économique devrait être le sous-bassement de cette monnaie unique"" s'inquiète l'économiste du développement Ndongo Samba Sylla. Autre constat encore plus inquiétant, la sortie du président ivoirien Alassane Ouattara qui depuis Paris a indiqué le 9 juillet qu'à ""terme le franc CFA s'appellera l'Eco"". ""Les déclarations du président ivoirien ne constituent pas une surprise parce que les pays de l'UEMOA ne veulent pas visiblement couper le lien monétaire avec le trésor français et cela va rejaillir sur l'Eco"" explique M. Ndongo Samba. Ce ""refus de divorcer"" d'avec le franc CFA avait déjà suscité en 2017 une mise en garde du président Muhammadu Buhari qui a précisé que son pays n'avait pas l'intention de se mettre derrière un autre pays par le canal de l'utilisation d'une monnaie sous tutelle. ""Le Nigeria demande le divorce entre les pays CFA et le trésor français dans la marche vers la monnaie unique"", rappelle Demba Moussa Dembélé. Avant même sa mise en circulation, l'Eco risque d'être une pomme de discorde entre les pays CFA et les autre Etats de la CEDEAO ayant leur souveraineté monétaire. Une cristallisation des positions qui risque de ralentir le projet de monnaie unique voir le faire échouer pour les plus pessimistes. ""Le président Ouattara nous a rassuré qu'en 2020 nous n'aurons pas de monnaie commune CEDEAO. Les pays CFA vont rester CFA et les autres pays vont rester tels qu'ils sont"". ""Parce que je ne vois pas comment, les pays qui sont hors CFA aujourd'hui en 2020 vont accepter de sortir de la liberté monétaire pour venir s'engoncer dans la servitude monétaire"" avance le professeur Mamadou Koulibaly. Selon l'économiste et homme politique ivoirien d'importants préalables politiques et économiques n'ont pas encore été atteints. Dans le réalisme de la création d'une monnaie, au-delà de la volonté politique, plusieurs autres étapes sont à franchir. ""Il faut penser à la création des institutions en charge de la gestion de cette monnaie, penser à sa forme, l'appellation (cycle et signe monétaires), la création de l'union monétaire (CEDEAO), les statuts de la banque centrale et par la suite on travaille au statut de la monnaie pour la ratification, la campagne autour de l'Eco puis la mise en circulation de la monnaie"" précise M. Koulibaly. Autant d'étapes qui sont loin d'avoir été franchies et qui fait dire à Ndongo Samba Sylla que ""l'échéance de 2020 pour l'Eco ne sera pas respectée bien que les pays CFA semblent presser d'y aller"". ""Il y a anguille sous roche car selon les rapports ministériels de la CEDEAO elle-même, aucun pays ne respectait tous les critères de convergence en 2018"" précise l'économiste sénégalais indiquant que ""les projections actuelles permettent de constater que de nombreux pays ne pourront pas respecter tous les critères de convergence d'ici 2020"". M. Ndongo Samba reste convaincu que la logique des pro-CFA est de saper la dynamique vers l'Eco en faisant en sorte que les pays CFA ""habitent le pays Eco et que les autres les rejoignent après"" pour utiliser le franc CFA rebaptisé Eco. Il s'agit juste d'une manière de faire ""taire la critique envers la France et le franc CFA mais de maintenir derrière le mécanisme de la monnaie"" précise M. Ndongo Samba. L'économiste Demba Moussa Dembélé ""soupçonne que les pays CFA ne veulent pas couper le cordon ombilical tout de suite"" avec la France ""et vont sans doute trainer les pieds"". Le projet visant à changer le franc CFA en Eco et à maintenir les mêmes relations institutionnelles avec la France est un échec avant l'heure reste convaincu M. Demélé qui précise que ""si les autres pays ne réagissent pas le franc CFA risque de casser la dynamique monétaire au sein de la CEDEAO""." https://www.bbc.com/afrique/region-49074392 +business """J'ai tenu secret ma start-up de plusieurs millions de dollars""" """Si tu es à l'université maintenant, au lieu de sortir et de te saouler avec tes amis, prends une soirée par semaine juste pour voir s'il y a quelque chose sur quoi tu veux travailler personnellement"", conseil de Marcin Kleczynski, jeune entrepreneur. Beaucoup d'entrepreneurs ont ""un moment"" qui leur fait réaliser qu'ils sont sur ""quelque chose"". Pour Marcin Kleczynski, cela a eu lieu alors qu'il travaillait discrètement sur son entreprise de logiciels antivirus à partir de ses recherches d'étudiants. La série hebdomadaire The Boss de la BBC présente différents chefs d'entreprise du monde entier. Cette semaine, nous nous entretenons avec Marcin Kleczynski, directeur général et co-fondateur de la société américaine de logiciels antivirus Malwarebytes. Lire aussi: Sa jeune entreprise Malwarebytes avait moins d'un an à la fin de 2008, elle déjà jouissait déjà d'une bonne réputation dans le monde de la cybersécurité. Marcin, alors âgé d'à peine 18 ans, était sur le point de réussir à allier la gestion de sa start-up à sa vie étudiante à l'Université de l'Illinois lorsqu'il a rencontré un problème. J'avais vraiment du mal à analyser le dernier virus informatique, quand tout à coup, j'obtiens une page blanche sur mon écran qui me dit : "" Vous avez été banni du réseau de l'école à cause d'une activité malveillante sur votre ordinateur "", dit-il. ""Ils avaient évidemment détecté que j'avais un virus sur mon ordinateur, mais ils n'avaient pas réalisé que c'était délibéré. J'appelle le service d'assistance informatique de l'université et ils m'envoient un enfant, pas plus âgé que moi. Il s'assoit devant mon ordinateur et le regarde et me dit : "" Bon sang, vous avez vraiment tout gâché "". ""Puis, juste devant moi, il se connecte sur mon site web et télécharge Malwarebytes"", raconte-t-il. ""Je n'ai rien dit, je suis resté derrière lui et je l'ai regardé réparer mon ordinateur avec mon logiciel pour me remettre en ligne. Il est parti sans savoir qui j'étais, mais aujourd'hui encore, j'aime ce moment."" Lire également: Lorsque Marcin a obtenu son diplôme en informatique en 2012, il avait tranquillement développé Malwarebytes en une entreprise gagnant quelques millions de dollars par an. Tout cela sans qu'aucun de ses professeurs n'ait la moindre idée de ce qui lui prenait son temps, et de pousser ses notes à la baisse. Aujourd'hui, l'entreprise réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 126 millions de dollars US (plus de 75 milliards FCFA) et compte des millions de clients dans le monde. Regarder aussi: Né en Pologne en 1989, Marcin est arrivé aux Etats-Unis avec sa famille à l'âge de trois ans et s'est installé à Chicago. Adolescent obsédé par le jeu, il avait contracté accidentellement un virus à l'âge de 14 ans et avait appris tout ce qu'il devait savoir sur les bugs informatiques sur les forums Internet et dans un livre ""For Dummies"". Lancement officiel de Malwarebytes en janvier 2008 alors qu'il n'avait que 18 ans, il a grandi rapidement, et il a décidé que commencer l'université en septembre de la même année ne ferait que le ralentir. Sa mère avait d'autres pensées. L'entreprise devenait réelle, alors je suis allé voir ma mère et je lui ai dit : "" Je ne pense pas que je vais aller à l'école "", dit Marcin. ""Quinze secondes plus tard, on faisait mes valises et j'allais à l'école."" Lire aussi: Ce qui a d'abord alarmé Mme Kleczynski, c'est que son fils adolescent avait lancé l'entreprise avec un homme, dans la trentaine, du nom de Bruce Harrison. Marcin et Bruce écrivaient des logiciels ensemble depuis plus d'un an, après avoir commencé à parler sur des forums anti-virus. ""Voilà ce gamin de 17 ans... cet homme de 35 ans. Imagine ce que tu vas dire à ta mère ?...."" dit Marcin. Regarder: Marcin et Bruce ne s'étaient pas rencontrés physiquement à l'époque. Bruce était réparateur d'ordinateurs au Massachusetts et Marcin était chez lui à Chicago. En fait, ils ne se sont pas vus en chair et en os avant que Malwarebytes n'ait eu plus de 12 mois. ""Nous ne nous sommes rencontrés qu'un an environ après le lancement du produit, lorsque nous avons atteint notre premier million de dollars "", explique Marcin. ""Même ça, c'était un peu anticlimatique. C'était juste : ""Hé, Bruce ! - On s'est serré la main et on est passés à autre chose."" Lire aussi: Aujourd'hui, Bruce, qui est responsable de la recherche, vit et travaille toujours sur la côte est des Etats-Unis, tandis que Marcin est basé au siège social dans la Silicon Valley. L'entreprise compte maintenant plus de 750 employés et des bureaux à l'étranger en République d'Irlande, à Singapour et en Estonie. Depuis 2014, elle a obtenu 80 millions de dollars (47.704.325.866 FCFA) en fonds d'investissement. Malwarebytes indique que son logiciel effectue maintenant 187 millions d'analyses de virus chaque mois pour les particuliers et les entreprises, et est installé plus de 247 000 fois par jour. Comme beaucoup d'entreprises d'antivirus, elle exploite un modèle d'affaires ""freemium"" - la version de base est gratuite, mais vous pouvez alors payer pour une protection plus avancée. Bien que l'entreprise ait connu une forte croissance constante, Marcin a tiré de dures leçons de son parcours. Le moment le plus difficile a été de traverser une période presque catastrophique en 2014 où le produit a connu des pannes à grande échelle. Lire aussi: Période de vaches maigres ""Nous avions un faux positif, ce qui signifie que nous avons détecté un logiciel malveillant qui n'était pas du tout malveillant"", dit-il. ""Notre logiciel a fini par détruire par erreur des centaines de milliers d'ordinateurs. Les centres d'urgence du 911 sont en panne, les hôpitaux aussi. C'était mauvais. Cela s'est d'ailleurs produit dans toutes les entreprises d'antivirus, mais ces erreurs peuvent être fatales pour l'entreprise parce que vous perdez la confiance. ""Mais on l'a réparé et on s'en est sorti. Aujourd'hui encore, le système que nous avons créé pour éviter que cela ne se reproduise s'appelle ""Le système de prévention de l'extinction de Malwaresbytes"" - nos ingénieurs ont un grand sens de l'humour."" Lire aussi: Carl Gottlieb, un podcasteur de la cybersécurité, affirme que malgré son activité dans l'industrie antivirus ""notoirement hostile"", ""Malwarebytes est en plein essor"". ""Avec tant de fournisseurs concurrents, la notoriété de la marque est essentielle, et cette mesure [prise par Malwarebytes] pour offrir un produit gratuit il y a des années porte ses fruits, car tant de clients connaissent le nom et l'utilisent déjà dans leurs foyers. Ce que Marcin et son équipe ont accompli est impressionnant à voir."" Marcin, qui n'a encore que 29 ans, affirme que son jeune âge a été un avantage. Il encourage d'autres jeunes entrepreneurs en herbe à créer leur propre entreprise. Lire aussi: Komi Afetse, de Lomé au Pentagone Elum/Maroc: De l'électricité moins chère et ininterrompue 11 millions CFA d'avance de loyer exigés au Nigéria ""Vous avez entendu mon histoire, j'ai démarré l'entreprise quand je vivais chez mes parents"", dit-il. ""Et puis, même à l'université, tout a été payé avec un prêt étudiant, alors j'ai été nourri. Si tu es à l'université maintenant, au lieu de sortir et de te saouler avec tes amis, prends une soirée par semaine juste pour voir s'il y a quelque chose sur quoi tu veux travailler personnellement"", conseille-t-il. Il avoue que ses années universitaires ont été plus difficiles que celles de ses amis, qu'il a à peine obtenu son diplôme et que sa vie sociale en a sans doute souffert. Cependant, il est content que sa mère l'ait forcé à partir. ""D'abord, j'y ai rencontré ma femme"", dit-il. Regarder aussi:" https://www.bbc.com/afrique/monde-50573250 +business Commerce électronique en Afrique : comment j'ai augmenté les revenus de mon entreprise grâce aux plateformes numériques "La BBC dresse le portrait de trois femmes africaines - une ancienne propriétaire de magasin, une enseignante et une conductrice de taxi - qui ont augmenté leurs revenus depuis qu'elles ont adopté les plateformes numériques. La pandémie de coronavirus a forcé de nombreuses personnes à repenser leur façon de gagner leur vie. Le groupe de recherche indépendant Caribou Digital a découvert que les femmes au Kenya, au Nigéria et au Ghana bénéficient de la faible barrière à l'entrée et de la flexibilité de l'économie numérique - ce qui leur permet de gagner leur propre argent tout en conservant la garde des enfants. A lire aussi : Mme Tarit (photo ci-dessus) ne s'attendait pas à doubler ses revenus en neuf mois. La pandémie de Covid avait forcé la fermeture de son magasin de vêtements pour bébés à Eldoret, dans l'ouest du Kenya, et la sous-location de propriétés via des plateformes en ligne comme Airbnb semblait être une mesure palliative pratique. Mais Mme Tarit, 29 ans, fait désormais partie d'un nombre croissant de femmes africaines qui trouvent de nouvelles carrières en utilisant des plateformes comme Facebook, WhatsApp, Instagram et des applications de covoiturage comme Uber et Bolt. Elle a lancé son entreprise avec une propriété il y a neuf mois et en possède maintenant sept - prenant des contrats de location à long terme et sous-louant sur Airbnb. ""Je gagne beaucoup plus d'argent que l'entreprise que j'avais avant la pandémie"", a déclaré Mme Tarit au BBC Business Daily. Les personnes qui utilisent son entreprise sont principalement des touristes réservant un logement de vacances et des hommes d'affaires qui préfèrent séjourner dans un Airbnb plutôt qu'un hôtel. ""Pendant Covid, beaucoup de mes amis ont perdu leur emploi et ont commencé à utiliser des plateformes numériques pour gagner de l'argent. Maintenant, ils vendent des produits d'épicerie en ligne et travaillent comme chauffeurs-livreurs"", a déclaré Mme Tarit. Une journée normale pour Mme Adzogble, 32 ans, commence par publier des publicités pour des produits sur WhatsApp et Facebook depuis son domicile à Accra, la capitale du Ghana. Elle profite de l'un des plus grands changements de l'économie africaine - l'essor des places de marché en ligne. Elle vend des téléphones portables, des climatiseurs et des téléviseurs en faisant de la publicité et en publiant sur des groupes qu'elle a créés sur WhatsApp et Facebook, ainsi que sur des groupes existants tels que son groupe religieux. Mme Adzogble a abandonné un poste d'enseignante de français pour se concentrer sur son activité en ligne. ""Cela paie mieux que l'enseignement. Je peux vendre un article et gagner plus d'un mois d'enseignement. Je suis mère. Je dois donner à mes enfants la meilleure éducation possible et ils me motivent à obtenir mon indépendance financière"", a-t-elle déclaré. Pour Mme Adzogble, l'établissement de relations solides avec les clients est essentiel pour gagner de l'argent en ligne. ""De cette façon, ils achèteront chez vous et donneront un bon feed-back"", a-t-elle déclaré. Mme Lawal, 34 ans, travaille pour les entreprises de covoiturage Uber et Bolt dans la principale ville du Nigeria, Lagos. Cependant, cela n'a pas été facile - la mère célibataire de quatre enfants a déclaré que certains hommes refusaient d'être conduits par une femme. ""Quand j'ai commencé à conduire des taxis à Lagos, tous les hommes ont annulé leurs trajets quand je suis arrivée pour les récupérer"", a déclaré Mme Lawal. ""Lagos est un peu difficile et il faut être très fort pour conduire dans la ville. Les hommes pensent que je n'ai pas la force. Je dois les convaincre de monter dans la voiture"", a-t-elle ajouté. L'étude de Caribou Digital a également révélé que de nombreuses femmes utilisant les plateformes numériques pour gagner leur vie s'inquiètent pour leur sécurité. ""Beaucoup de femmes à qui nous avons parlé ont dit qu'elles avaient été harcelées sexuellement lorsqu'elles prenaient des taxis"", a déclaré la chercheuse principale Grace Natabaalo à la BBC. ""Alors que les gouvernements encouragent les jeunes femmes à entreprendre ce travail, ils doivent reconnaître l'autre côté - qu'il existe des dangers et qu'elles doivent être prises au sérieux par la police et les services gouvernementaux"", a-t-elle déclaré. Mais Mme Lawal a déclaré que les points positifs l'emportaient sur les points négatifs. ""Il est important de gagner sa vie, mais je veux aussi contribuer à l'économie au sens large en payant des impôts. Je veux me développer et développer l'économie du Nigeria"", a-t-elle déclaré." https://www.bbc.com/afrique/region-61334412 +business Akufo Ado dément soutenir la corruption au Ghana Nana Akufo Ado qui a participé à la conférence annuelle du barreau du Ghana a catégoriquement rejeté les allégations de soutien aux corrompus Plusieurs acteurs de la société civile lui reprochent l'absence de condamnations pour corruption depuis son accession au pouvoir. Il a déclaré qu'il ne lui revient pas d'innocenter ou de condamner les fonctionnaires qui se livrent à la corruption. Selon le président Akufo-Addo tous les cas de corruption au sein de son gouvernement suivront une procédure régulière pour déterminer si les fonctionnaires impliqués sont coupables ou non. Il précise que les fonctionnaires du gouvernement ne peuvent être condamnés sur la base de simples allégations. Des magasins de commerçants nigérians fermés au Ghana Arrestation de trois protestataires au Ghana A son arrivée au pouvoir en 2016, le président Akufo-Addo s'était engagé à lutter contre la corruption. Un bureau spécial du procureur chargé de s'occuper du problème a été créé en janvier 2018. Mais selon ses accusateurs, trois ans après le début de son mandat, aucun fonctionnaire n'a encore été condamné malgré les dénonciations de corruption régulièrement rapportés dans les médias. Le procureur général et ministre de la Justice du Ghana, Gloria Akuffo, a révélé que 21 personnes, sont actuellement jugées dans des affaires de corruption portant sur plus de 100 millions de dollars, quelques 50 milliards de FCFA. https://www.bbc.com/afrique/region-49643916 +business """Créons ensemble un empire de la gastronomie africaine""" """Certains aiment danser ou faire du sport pour se changer les idées, évacuer le stress ou encore guérir de quelque chose. Et moi c'était la cuisine"", a précisé Annette Kinsiona, fondatrice de la Maison Janess Traiteur Africain. Pendant de nombreuses années, Annette a pourtant connu les dépressions, l’incapacité de travailler et la solitude peu après la mort de sa fille, Janess, trois mois après sa naissance. Annette n’avait que 28 ans. La mort d’un enfant est un drame inégalable. Une tragédie pour les parents. Cela reste néanmoins un sujet tabou, qu’on a du mal à aborder au sein d’une même famille et dans certaines cultures. Mais au bout du compte, la jeune femme d’origine congolaise a transformé ce drame en force créatrice. Aujourd’hui, a 42 ans, Annette est maman de deux enfants Samuel 17 ans et Nathan 10 ans et se nourrit du bonheur des autres. Experte en mariage et passionnée culinaire, Annette nous invite à gouter à l’instant présent tout en nous rappelant que la vie et courte et le monde vaste. L’entrepreneuse autodidacte qui se définit comme une personne ""très, très, très dynamique"" poursuit son rêve de créer un empire de la gastronomie africaine à travers Janess, qu’elle considère comme son ""troisième enfant"". L’Académie des Traiteurs, une école de formation destinée aux jeunes personnes qui veulent se lancer dans la restauration, sera-t-il son quatrième ? L’histoire d’Annette est une histoire de force de vie, de force créative et de gastronomie africaine. *Ce récit est une version éditée et condensée de mes conversations avec Annette. ★Découvrez d'autres épisodes de la série Palabre ici : ""Elle s’appelait Janess. Ça vient du ‘Ja’ de Jacqueline, le prénom de ma mère et le ‘Nes’ de Nestorine, le prénom de ma belle-mère. Et je me disais ‘c'est dommage qu'un prénom aussi doux, aussi beau, soit oublié’. Elle est née puis elle est décédée en novembre 2008. Si cet évènement tragique m'a affaiblie dans un premier temps, finalement, ça m'a rendu plus forte et ça reste ma force. En 2009, j'ai créé la société qui porte son nom mais en réalité, c’était encore trop tôt. J’ai mis 6 ans à me relever. J’étais salariée et j’avais beaucoup de pression et je n'y arrivais plus entre les arrêts maladie, les dépressions, les baisses de tension. De plus, dans les familles africaines, on ne parle pas de ces choses. Et après l’enterrement, je n’ai pu en parler a personne à part mon médecin mais ce n'est pas un psychologue. Il n'est pas spécialisé mais il m'écoutait et me donnait des traitements pour dormir. En 2015, je me suis dit ‘Stop ! On y va à fond !’. J'ai quitté mon travail et repris ma vie en main. C’est dans la cuisine que j'ai trouvé la guérison. Je me suis investie dans cette entreprise créé pour mes enfants et dès le départ, l'idée était d’en faire un empire. Le métier que j’exerce est un métier passion, une passion que j’ai en moi depuis l’enfance. Et quoi de plus beau que cuisinier pour un mariage. En fait, c'est la continuité de la vie. C'est superbe, on voit le bonheur des autres. Moi je me nourris avec ça. Je suis née au Congo (Kinshasa) et je suis venue en France à l'âge de quatre ans. Enfant, c'est moi qui faisais à manger pour mes frères et sœurs et je remercie maman parce qu'elle m'a appris la cuisine africaine. Et si j'aime cuisiner, il faut dire que j’aime aussi bien manger. A la maison, on mangeait des plats de chez nous mais le fait de découvrir d'autres personnes, d'autres cultures, d’autres langues et d'autres gastronomies est une richesse. Je suis pour le métissage alimentaire et culturel. A la maison par exemple, on parlait lingala et on parlait français en dehors. Ma clientèle métissée s'est faite naturellement, petit à petit. Il faut savoir que les communautés africaines en France n'ont fait que grandir au cours des années et que les cuisines s’entrecroisent de plus en plus. Dans ce contexte, je propose des plats qui répondent aux attentes culinaires issues de l’union de deux cultures. Lorsque deux êtres veulent se marier, les deux couples sont automatiquement attirés par la cuisine de l'un et l'autre. Qu’ils viennent du Congo, du Mali, du Sénégal, de toute l’Afrique, des Antilles ou d’ailleurs, je propose des plats traditionnels qui sont généralement extrêmement demandés. Il ne s’agit pas d’une cuisine dite ‘fusion’. Nos plats traditionnels ne sont ni réinterprétés, ni adaptés, ni remodelés dans leur forme et leur contenu. Ça reste une cuisine traditionnelle mieux présentée car le visuel est très important, et nous essayons de le rendre plus simple, plus accessible. Avant, quand on se mariait, on mettait de grosses casseroles sur la table mais aujourd’hui, à l’heure des réseaux sociaux, si on vous met de grosses casseroles, ça ne donne pas envie, ça ne fait rêver personnes. Et puis, avec la nourriture, le client est attiré par la présentation visuelle. Traditionnellement, un tiep est présenté avec tous les ingrédients mélangés : la sauce, les légumes, la viande ou le poisson. Mais moi je ne le prépare pas comme ça. Par soucis de présentation, je fais les légumes, le riz, la viande ou le poisson à part déjà. Si je mets le poisson dedans comme dans la recette traditionnelle, il va se décomposer et visuellement, cela ne va peut-être pas être beau. Ensuite, par exemple, quand je vais faire des bananes plantain, au lieu de les couper comme on fait normalement, je vais le mettre par exemple en brochette. Ensuite, nous les Congolais, on a l'habitude de préparer des brochettes de bœuf juste comme ça. Et moi je vais mettre un peu de poivrons de couleurs entre la viande. Quand je fais un pondu de chez nous [ou Saka-Saka -un ragoût de légumes réalisé à partir de feuilles de manioc pilées], j’ajoute des fleurs comestibles, pour la décoration. Quand je n’arrivais pas à préparer un plat traditionnel particulier, j’ai parfois regardé des vidéos You tube mais je dirais surtout que les savoir-faire et connaissance des ainés de la communauté m’ont beaucoup aidé. Par exemple, j'ai appelé une maman sénégalaise pour apprendre à bien faire le tiep. C’est un plat extrêmement difficile à maitriser. Elle me montrait comment faire, elle me donnait des petites techniques, des petits secrets et voilà ! Aujourd'hui, après toutes ces années et avec l'aide de ma mère, je sais préparer un bon tiep, un Ndollé a la camerounaise, le ablo [des galettes à base de maïs, de semoule ou de riz) à la gabonaise et bien d’autres mets. J'ai fait un mariage récemment entre une personne originaire du Cameroun et un Européen. J'ai fait du gratin mais il a fini à la poubelle et à côté, les plats de chez nous, des bananes plantains, du bon poisson capitaine braisé, du riz tiep… tout est parti ! J’ai également tout récemment proposé un métissage culinaire pour un mariage entre une personne originaire du Congo et une personne du Pakistan. C'était une première et j’ai dû m'adapter car je ne connais pas la cuisine pakistanaise. J’ai demandé : ""C'est quoi les plats traditionnels de chez vous pour un mariage ?’ Puis j'ai effectué des recherches j'ai trouvé le cuisinier qui pouvait me faire les plats que le client voulait pour son mariage. Quand je ne sais pas faire, je préfère sous-traiter."" Il y a beaucoup d'Africains en France mais peu de traiteurs africains et je pense que les gens méritent d'avoir le choix. Les traiteurs européens qui font du canard à l'orange par exemple, je pense qu'il y en a beaucoup alors que des créateurs africains comme moi en France, il y en a peu. Et du coup, j'ai beaucoup de travail. Quand j'ai commencé en 2015, on était deux. Aujourd’hui, j’ai une équipe de 7 personnes dont la quasi-totalité sont des femmes. Au départ, j'étais en cuisine avec ma mère. Maintenant, je m’occupe de la création des menus, des directives et des fiches techniques pour les cuisiniers à réaliser le jour du mariage. La recherche culinaire est l’un des aspects qui me plait le plus. Mon travail consiste également à prodiguer des conseils pour la création d’un buffet et d’un menu équilibré. Il y a des exemples de grands chefs qui font du bon travail et une nouvelle génération qui essaie vraiment de rendre la cuisine africaine gastronomique mais ça se compte. Alors que les restaurants de sushis, on ne peut même pas les compter. C'est incroyable. J’aimerais vraiment qu’un jour la cuisine africaine gastronomique explose autant que les sushis, mais on n'en est pas encore là. Moi-même, j'ai commencé en faisant par 10 mariages par an. Aujourd'hui, on en fait 100, alors tout est possible ! J'ai grandi dans une famille où nous n’étions pas riches, mais avec des valeurs que nos parents nous ont transmis : bien traiter les autres, l'amour du prochain, éviter les dettes à droite et à gauche. Toutes ces leçons de vie ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui et c'est avec toutes ces valeurs que je gère mon entreprise. Après ce que j'ai vécu, j'ai réussi à remplir mes objectifs, à rester debout, à ne pas sombrer. Il y a des choses difficiles dans la vie dont je pense qu'on ne guérira jamais mais on peut y arriver et la vie continue. On a cette chance de vivre encore et de respirer, donc accomplissons-nous. Palabre est une série de portraits intimes capturant un parcours de vie. Tous les mois, nous donnons la parole à celles et ceux qu’on entend peu et qui pourtant, ont tant de choses à nous apprendre. Des personnalités marquantes par la manière dont elles mènent leur vie et marient leurs origines. Vous avez une histoire à nous raconter ? Ou vous avez une suggestion ou une idée d'histoire ? Faites-nous en part. Venez palabrer avec nous." https://www.bbc.com/afrique/articles/cgl2kd15z7yo +business Emploi : écrire un CV qui séduira votre futur employeur Ecrire un CV, c'est comme trouver l'amour. La séduction est le mot-clé. Voici les cinq règles pour décrocher un rendez-vous professionnel grâce à votre CV. Un secret livré par l'équipe de BBC Cash Eco, la nouvelle émission qui propose chaque jour un résumé concis de l'actualité économique et financière. Elle vous offre en même temps des astuces sur toute une gamme de sujets de ce genre. Lire aussi: Comment réussir votre entretien d'embauche à tous les coups? Les réseaux sociaux peuvent-ils vous faire perdre un emploi? Cinq habitudes qui retardent la carrière des femmes https://www.bbc.com/afrique/media-47165437 +business "Comment recycler le ""non recyclable"" ?" "Il s'agit bien sûr de plastique, et cette durabilité est aussi ce qui rend ce matériau si utile. Les câbles qui s'étendent au fond des océans, les conduites d'eau souterraines et les emballages qui préservent la fraîcheur des aliments dépendent tous de cette propriété. Il est notoirement difficile de recycler efficacement le plastique par des moyens conventionnels, et seuls 9 % de tout le plastique jamais fabriqué ont été recyclés en nouveaux plastiques. Mais que se passerait-il s'il existait un moyen de retransformer le plastique en ce dont il est fait ? Le ""prochain grand défi"" de la chimie des polymères - le domaine responsable de la création des plastiques - est d'apprendre à défaire le processus en transformant les plastiques en pétrole. Au lieu d'un système dans lequel certains plastiques sont rejetés parce qu'ils ne sont pas de la bonne couleur ou qu'ils sont composés de matériaux composites, le recyclage chimique pourrait permettre d'alimenter un système de recyclage ""infini"" avec tous les types de plastique. Ce processus - connu sous le nom de recyclage chimique - a été exploré comme une alternative viable au recyclage conventionnel depuis des décennies. Jusqu'à présent, la pierre d'achoppement a été la grande quantité d'énergie qu'il nécessite. Cette dernière, associée à la volatilité du prix du pétrole brut, fait qu'il est parfois moins coûteux de fabriquer de nouveaux produits en plastique que de recycler le plastique existant. Il existe un matériau fabriqué par l'homme que l'on trouve dans la terre, dans l'air et dans les fosses océaniques les plus profondes. Il est si durable que la majorité de ce qui a été créé est encore présent dans notre écosystème. Après s'être frayé un chemin dans la chaîne alimentaire, il imprègne notre corps, passant de notre sang à nos organes et se retrouvant même dans le placenta humain. Chaque année, plus de 380 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde. C'est à peu près l'équivalent de 2 700 000 baleines bleues, soit plus de 100 fois le poids de toute la population de baleines bleues. Seuls 16 % des déchets plastiques sont recyclés pour fabriquer de nouveaux plastiques, tandis que 40 % sont mis en décharge, 25 % sont incinérés et 19 % sont mis en décharge. Une grande partie du plastique qui pourrait être recyclé - comme le polyéthylène téréphtalate (PET), utilisé pour les bouteilles et autres emballages - finit à la décharge. Cela est souvent dû à une confusion sur le recyclage en bordure de trottoir ou à une contamination avec des aliments ou d'autres types de déchets. D'autres plastiques, tels que les sacs à salade et autres récipients alimentaires, se retrouvent dans les décharges parce qu'ils sont constitués d'une combinaison de différents plastiques qui ne peuvent pas être facilement séparés dans une usine de recyclage. Les déchets abandonnés dans la rue et les plastiques légers laissés dans les décharges ou déversés illégalement peuvent être transportés par le vent ou entraînés par la pluie dans les rivières, pour finir dans l'océan. Le recyclage chimique est une tentative de recycler ce qui n'est pas recyclable. Au lieu d'un système où certains plastiques sont rejetés parce qu'ils ne sont pas de la bonne couleur ou qu'ils sont fabriqués à partir de matériaux composites, le recyclage chimique pourrait permettre d'introduire tous les types de plastique dans un système de recyclage ""infini"" qui transforme les plastiques en pétrole, afin qu'ils puissent ensuite être utilisés pour fabriquer à nouveau du plastique. A lire absolument sur BBC Afrique: La manière dont le plastique est actuellement recyclé s'apparente davantage à une spirale descendante qu'à une boucle infinie. Les plastiques sont généralement recyclés mécaniquement : ils sont triés, nettoyés, déchiquetés, fondus et remoulés. Chaque fois que le plastique est recyclé de cette manière, sa qualité se dégrade. Lorsque le plastique est fondu, les chaînes polymères sont partiellement brisées, ce qui diminue sa résistance à la traction et sa viscosité et le rend plus difficile à traiter. Le nouveau plastique, de qualité inférieure, devient souvent impropre à l'utilisation dans les emballages alimentaires et la plupart des plastiques ne peuvent être recyclés qu'un nombre très limité de fois avant d'être tellement dégradés qu'ils deviennent inutilisables. L'industrie émergente du recyclage chimique vise à éviter ce problème en décomposant le plastique en ses éléments constitutifs chimiques, qui peuvent ensuite être utilisés comme combustibles ou pour réincarner de nouveaux plastiques. Au Royaume-Uni, Mura Technology a commencé la construction de la première usine commerciale au monde capable de recycler tous les types de plastique. La version la plus polyvalente du recyclage chimique est le ""recyclage des matières premières"". Également connu sous le nom de conversion thermique, le recyclage des matières premières est un processus qui décompose les polymères en molécules plus simples à l'aide de la chaleur. Le processus est assez simple : prenez une bouteille de boisson en plastique. Vous la mettez à la poubelle pour la collecte. Elle est emmenée, avec tous les autres déchets, dans un centre de tri. Là, les déchets sont triés, mécaniquement ou à la main, en différents types de matériaux et différents types de plastiques. Votre bouteille est lavée, déchiquetée et emballée dans une balle prête à être transportée vers le centre de recyclage - jusqu'ici, c'est la même chose que le processus conventionnel. Vient ensuite le recyclage chimique : le plastique qui composait votre bouteille peut être transporté dans un centre de pyrolyse où il est fondu. Il est ensuite introduit dans le réacteur de pyrolyse où il est chauffé à des températures extrêmes. Ce processus transforme le plastique en un gaz qui est ensuite refroidi pour se condenser en un liquide semblable à de l'huile, et enfin distillé en fractions qui peuvent être utilisées à différentes fins. Des techniques de recyclage chimique sont testées dans le monde entier. La société britannique Recycling Technologies a mis au point une machine à pyrolyse qui transforme en Plaxx les plastiques difficiles à recycler, tels que les films, les sacs et les plastiques stratifiés. Cette matière première liquide à base d'hydrocarbures peut être utilisée pour fabriquer un nouveau plastique de qualité vierge. La première unité à l'échelle commerciale a été installée à Perth, en Écosse, en 2020. L'entreprise Plastic Energy possède deux usines de pyrolyse à l'échelle commerciale en Espagne et prévoit de s'étendre en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Ces usines transforment les déchets plastiques difficiles à recycler, tels que les emballages de confiserie, les sachets secs d'aliments pour animaux domestiques et les sacs de céréales pour petit-déjeuner, en substances appelées ""tacoil"". Cette matière première peut être utilisée pour fabriquer des plastiques de qualité alimentaire. Aux États-Unis, l'entreprise chimique Ineos est devenue la première à utiliser une technique appelée dépolymérisation à l'échelle commerciale pour produire du polyéthylène recyclé, qui entre dans la fabrication de sacs de caisse et de films rétractables. Ineos prévoit également de construire plusieurs nouvelles usines de recyclage par pyrolyse. Au Royaume-Uni, Mura Technology a commencé la construction de la première usine commerciale au monde capable de recycler tous les types de plastique. L'usine peut traiter du plastique mélangé, du plastique coloré, du plastique de tous les composites, à tous les stades de décomposition, et même du plastique contaminé par des aliments ou d'autres types de déchets. La technique ""hydrothermique"" de Mura est un type de recyclage des matières premières utilisant de l'eau à l'intérieur de la chambre du réacteur pour répartir la chaleur de manière homogène. Chauffée à des températures extrêmes mais pressurisée pour éviter l'évaporation, l'eau devient ""supercritique"" - ni solide, ni liquide, ni gazeuse. C'est cette utilisation de l'eau supercritique, qui évite de devoir chauffer les chambres de l'extérieur, qui, selon Mura, rend la technique intrinsèquement évolutive. ""Si vous chauffez le réacteur de l'extérieur, il est très difficile de maintenir une distribution uniforme de la température. Plus on grossit, plus cela devient difficile. C'est un peu comme la cuisine"", explique Steve Mahon, directeur général de Mura. ""Il est difficile de faire frire un gros steak jusqu'au bout, mais si vous le faites bouillir, il est facile de s'assurer qu'il est cuit uniformément jusqu'au bout."" Les déchets plastiques arrivent sur le site sous forme de balles. Il s'agit de plastiques multicouches contaminés, tels que des films souples et des barquettes rigides, qui auraient autrement été envoyés à l'incinération ou dans des usines de valorisation énergétique des déchets. Les balles sont introduites dans l'installation de tri frontal pour en retirer tous les contaminants inorganiques tels que le verre, le métal ou les gravillons. Les contaminants organiques tels que les résidus alimentaires ou la terre peuvent passer à travers le processus. Le plastique est ensuite déchiqueté et nettoyé, avant d'être mélangé à de l'eau supercritique. Une fois que ce système à haute pression est dépressurisé et que les déchets sortent des réacteurs, la majorité du liquide s'échappe sous forme de vapeur. Cette vapeur est refroidie dans une colonne de distillation et les liquides condensés sont séparés sur une plage d'ébullition pour produire quatre liquides et huiles hydrocarbonés : le naphta, le gazole distillé, le gazole lourd et le résidu de cire lourde, semblable au bitume. Ces produits sont ensuite acheminés vers l'industrie pétrochimique. Comme pour les autres techniques d'alimentation, il n'y a pas de recyclage car les liaisons entre les polymères peuvent être reformées, ce qui signifie que les plastiques peuvent être recyclés à l'infini. Avec un taux de conversion de plus de 99 %, la quasi-totalité du plastique se transforme en un produit utile. Mahon a déclaré : ""L'élément hydrocarbure de la charge d'alimentation sera converti en nouveaux produits hydrocarbures stables qui seront utilisés dans la fabrication de nouveaux plastiques et d'autres produits chimiques."" Même les ""charges"" utilisées dans certains plastiques - comme la craie, les colorants et les plastifiants - ne posent pas de problème. ""Ceux-ci tombent dans notre produit hydrocarbure le plus lourd, le résidu de cire lourde, qui est un liant de type bitume utilisé dans l'industrie de la construction."" Les gaz chauds et excédentaires générés au cours du processus seront utilisés pour chauffer l'eau, ce qui augmentera son efficacité énergétique, et l'usine sera alimentée par 40 % d'énergie renouvelable. ""Nous voulons utiliser autant d'énergie renouvelable que possible et nous chercherons, dans la mesure du possible, à atteindre les 100 %"", déclare M. Mahon. L'usine de Mura à Teesside, dont l'achèvement est prévu pour 2022, a pour objectif de traiter 80 000 tonnes de déchets plastiques auparavant non recyclables chaque année, en tant que modèle pour un déploiement mondial, avec des sites prévus en Allemagne et aux États-Unis. D'ici 2025, l'entreprise prévoit de fournir un million de tonnes de capacité de recyclage en fonctionnement ou en développement dans le monde. ""Notre recyclage des déchets plastiques en matières premières vierges équivalentes fournit les ingrédients nécessaires à la création de plastiques 100 % recyclés, sans limite du nombre de fois qu'un même matériau peut être recyclé, ce qui permet de découpler la production de plastique des ressources fossiles et d'inscrire le plastique dans une économie circulaire"", explique M. Mahon. Des scientifiques tels que Sharon George, maître de conférences en sciences de l'environnement à l'université de Keele, ont salué le développement de Mura. Cette technologie permet de surmonter le problème de la qualité en ""démantelant"" le polymère plastique pour nous donner les éléments chimiques bruts nécessaires pour recommencer"", explique Mme George. ""C'est un véritable recyclage circulaire"". Pourtant, au cours des 30 dernières années, le recyclage chimique a montré de sérieuses limites. Il est gourmand en énergie, s'est heurté à des difficultés techniques et s'est avéré difficile à mettre en œuvre à l'échelle industrielle. En 2020, un rapport de l'Alliance mondiale pour les alternatives aux incinérateurs (Gaia), un groupe d'organisations et d'individus qui promeuvent les mouvements sociaux visant à réduire les déchets et la pollution, a conclu que le recyclage chimique était polluant, gourmand en énergie et sujet à des défaillances techniques. Le rapport conclut que le recyclage chimique n'est pas une solution viable au problème du plastique, surtout au rythme et à l'échelle nécessaires. En outre, si le produit final du recyclage chimique est une huile utilisée comme combustible, le processus ne réduit pas le besoin de plastique vierge et la combustion de ces combustibles libère des gaz à effet de serre, tout comme les combustibles fossiles ordinaires. ""Les ONG environnementales suivent de près les méthodes de recyclage émergentes"", explique Paula Chin, spécialiste des matériaux durables à l'organisation de protection de la nature WWF. ""Ces technologies n'en sont qu'à leurs débuts et ne constituent en aucun cas la solution miracle au problème des déchets plastiques. Nous devrions nous concentrer sur l'augmentation de l'efficacité des ressources comme moyen de minimiser les déchets grâce à des systèmes de réutilisation, de remplissage et de réparation plus importants - sans compter sur le recyclage comme sauveur."" Mais Mura soutient que leur usine remplira une niche bien nécessaire. ""Le recyclage [chimique] est un secteur nouveau, mais l'échelle à laquelle il se développe, en particulier pour Mura, montre à la fois le besoin urgent de nouvelles technologies pour s'attaquer au problème croissant des déchets plastiques et des fuites dans l'environnement, et l'opportunité de recycler une ressource précieuse prête à l'emploi, qui est actuellement gaspillée"", explique M. Mahon. Le processus de Mura vise à compléter les processus et infrastructures mécaniques existants, et non à les concurrencer, en recyclant des matériaux qui, autrement, iraient à la décharge, à l'incinération ou dans l'environnement. Tous les déchets plastiques traités par Mura seront transformés en nouveaux plastiques ou autres matériaux, et aucun ne sera brûlé comme combustible. Mura espère que son utilisation de l'eau supercritique pour un transfert de chaleur efficace lui permettra de passer à l'échelle industrielle, en réduisant la consommation d'énergie et les coûts. Cela pourrait être un facteur crucial de réussite là où d'autres ont échoué. L'une des principales raisons pour lesquelles le recyclage chimique n'a pas réussi à décoller jusqu'à présent est l'effondrement financier. Dans un rapport de 2017, Gaia a relevé de multiples projets qui ont échoué, notamment l'installation Thermoselect en Allemagne qui a perdu plus de 500 millions de dollars (350 millions de livres sterling) en cinq ans, l'entreprise britannique Interserve qui a perdu 70 millions de livres sterling (100 millions de dollars) sur divers projets de recyclage chimique, et de nombreuses autres entreprises qui ont fait face à la faillite. Les difficultés financières ont freiné non seulement le recyclage chimique, mais aussi tous les types de recyclage du plastique. ""L'économie ne tient pas debout. La collecte, le tri et le recyclage des emballages sont tout simplement plus coûteux que la production d'emballages vierges"", déclare Sara Wingstrand, responsable du projet ""Nouvelle économie des plastiques"" à la Fondation Ellen MacArthur. Selon Sara Wingstrand, la seule façon d'obtenir un financement dédié, continu et suffisant à grande échelle pour le recyclage est de mettre en place des systèmes de responsabilité élargie des producteurs obligatoires et payants. Dans le cadre de ces systèmes, toutes les industries qui introduisent du plastique contribueraient au financement de la collecte et du traitement de leurs emballages après leur utilisation. ""Sans ces systèmes, il est très peu probable que le recyclage des emballages atteigne l'ampleur requise"", déclare M. Wingstrand. Mais M. Mahon pense qu'un système comme celui de Mura est un autre moyen de faire pencher la balance en faveur du recyclage du plastique en produisant une huile qui peut être vendue avec un bénéfice. Mura a récemment annoncé des partenariats avec les fabricants de plastique Dow et Igus GmbH, ainsi qu'avec l'entreprise de construction KBR. ""Ce qui est intéressant ici, c'est que Mura peut trouver de la valeur dans des plastiques dont le recyclage mécanique n'est généralement pas économiquement viable"", explique Taylor Uekert, chercheur au Cambridge Creative Circular Plastics Centre de l'université de Cambridge. Même si l'on est capable de déformer tous les types de plastique pour les réutiliser, il est peu probable que tous les problèmes de pollution plastique disparaissent. Avec une telle quantité de plastique qui finit dans les décharges et dans l'environnement, le plastique continuera à faire ce pour quoi il a été conçu : perdurer. -- Les émissions dues aux déplacements nécessaires à la réalisation de cet article sont de 0 kg de CO2. Les émissions numériques de cet article sont estimées entre 1,2 et 3,6 g de CO2 par page consultée." https://www.bbc.com/afrique/monde-57087908 +business Géo-ingénierie solaire : pourquoi d'éminents scientifiques s'opposent à l'idée soutenue par Bill Gates de freiner le réchauffement climatique "Dans un avenir proche, la Terre doit faire face aux conséquences tragiques d'une expérience destinée à enrayer le changement climatique : le déversement de produits chimiques dans le ciel pour former une barrière contre les rayons du soleil qui réchauffent la planète. La tentative échoue et le monde entre dans une réalité post-apocalyptique. Telle est l'intrigue de ""The Fear Express"", un film de 2013 réalisé par le Sud-Coréen Bong Joon-Ho, le célèbre cinéaste de ""Parasite"". Lire aussi sur BBC Afrique : Mais tout dans ce film n'est pas de la science-fiction. La stratégie possible contre le réchauffement climatique dont parle le film existe en réalité : c'est le principe de la géo-ingénierie solaire. Un centre de recherche de la prestigieuse université de Harvard, aux États-Unis, se consacre à l'étude de ce concept. Le milliardaire Bill Gates est l'un de ses grands adeptes, et a fait don de millions à la recherche. Il est également réel que nous avons la tâche monumentale de limiter la hausse de la température mondiale à 1,5°C et que les catastrophes climatiques deviendront la routine dans le monde dans un avenir proche. Lundi dernier, le 4 avril, l'organe des Nations unies chargé du changement climatique a publié un nouveau rapport qui pose un ultimatum : c'est maintenant ou jamais si nous voulons éviter de graves sécheresses, des chaleurs extrêmes, des inondations dévastatrices et des extinctions massives d'espèces. Si les objectifs fixés ne sont pas atteints et que les changements n'ont que des résultats modestes, la température moyenne de la planète augmentera de 2,1°C à 3,5°C. Certains experts craignent que la géo-ingénierie solaire ne gagne du terrain en tant que solution en cette période de désespoir, même si elle est susceptible de générer des effets secondaires irréversibles sur le plan environnemental et politique : la technique pourrait être utilisée comme une arme de guerre imprévisible, préviennent-ils. Mais d'autres soutiennent que nous ne pouvons pas renoncer à trouver des solutions à l'urgence du changement climatique, un raisonnement adopté par Bill Gates. En janvier de cette année, plus de 60 scientifiques de plusieurs pays ont lancé une initiative visant à interdire purement et simplement le développement de cette technique, qui n'a été étudiée que dans des simulations informatiques et nécessite des essais sur le terrain. Cette proposition prévient qu'en plus des résultats potentiellement désastreux, la géo-ingénierie solaire ne résoudrait pas complètement le problème du réchauffement climatique, un point concédé par les partisans du concept. Et cela pourrait détourner l'attention d'une obligation plus importante qui a été ignorée : celle de réduire considérablement les émissions de dioxyde de carbone (CO2), qui retient la chaleur dans l'atmosphère. BBC News Brazil s'est entretenu avec cinq scientifiques brésiliens et américains, certains critiques et d'autres partisans, pour expliquer les implications de la géo-ingénierie solaire. Il existe différentes techniques classées dans la catégorie de la géo-ingénierie solaire, dont certaines font intervenir les eaux océaniques plutôt que l'atmosphère. Cependant, le principe de la technique la plus débattue aujourd'hui est inspiré des grandes éruptions volcaniques et s'appelle l'injection d'aérosols stratosphériques. En 1991, le mont Pinatubo, aux Philippines, a provoqué la deuxième plus grande éruption volcanique du 20e siècle, faisant plus de 800 morts et 10 000 sans-abri, et laissant une traînée de destruction. Un phénomène naturel a également été observé : la lave et les cendres éjectées par le Pinatubo ont fait que des tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère ont agi comme une sorte de miroir pour les rayons du soleil. ""Lorsqu'il y a beaucoup de suie et de particules solides dans la haute atmosphère, le rayonnement solaire rencontre ces aérosols lorsqu'il pénètre dans l'atmosphère et est renvoyé dans l'espace"", explique Tércio Ambrizzi, professeur à l'Institut d'astronomie, de géophysique et de sciences atmosphériques de l'Université de São Paulo (USP). ""Le rayonnement solaire ne peut pas traverser et atteindre la surface de la Terre, ce qui l'empêche de générer une température élevée"", ajoute-t-il. Les scientifiques ont noté que les effets de l'activité volcanique du Pinatubo de 1991 ont entraîné une baisse de 0,5°C de la température mondiale au cours des années suivantes, un taux considéré comme significatif. ""L'idée de la géo-ingénierie solaire est d'injecter des aérosols dans la stratosphère pour inhiber cet afflux d'énergie solaire. Et avec cela, vous provoquerez un refroidissement"", dit Ambrizzi. ""Nous savons que la raison de la disparition des dinosaures était la chute d'une météorite. Une théorie veut que l'impact ait provoqué une série d'explosions volcaniques sur toute la planète, générant une couche d'aérosols qui a bloqué l'énergie solaire et fait baisser la température globale. Pour tenter de reproduire le phénomène, l'idée est de construire des avions spéciaux pour atteindre la stratosphère (à une altitude d'environ 20-30 km) et y déverser des composés chimiques, tels que des sulfates et leurs variations. Cet objectif est considéré comme tout à fait réalisable d'un point de vue technologique. Un autre facteur en faveur de la géo-ingénierie solaire est son coût : 10 milliards de dollars par an est l'estimation la plus élevée, ce qui est faible par rapport aux pertes futures dues au réchauffement de la planète, déjà estimées à plusieurs trillions. Mais Stephen M. Gardiner, de l'université d'État de Washington, qui étudie les questions éthiques liées aux problèmes environnementaux et leur impact sur les générations futures, affirme qu'il existe un consensus ""parmi les scientifiques responsables"" pour dire que le concept reste hautement spéculatif. ""Même si nous décidions de pousser la recherche dans ce domaine, ce serait une course contre la montre pour développer quelque chose qui ne serait mis en œuvre que dans des décennies et qui comporterait inévitablement de grands risques. Pour M. Gardiner, l'attention croissante portée à la géo-ingénierie solaire est un produit du désespoir qui s'empare de ceux qui sont conscients de la catastrophe climatique qui se profile à l'horizon. ""C'est en train de devenir incontrôlable. Il est difficile de faire face aux échecs persistants des approches conventionnelles, telles que les accords (climatiques) de Kyoto et de Paris."" ""Les gens commencent donc à s'accrocher à n'importe quoi. Même des événements hautement spéculatifs, intrinsèquement risqués et potentiellement déstabilisants sur le plan géopolitique comme celui-ci."" Selon le professeur de l'université de Washington, la géo-ingénierie solaire impliquerait une profonde concentration du pouvoir politique et nécessiterait de nouvelles institutions mondiales plus puissantes et plus éthiques que celles dont nous disposons aujourd'hui. ""Sans cela, qui exercerait le pouvoir de la géo-ingénierie ? Il semble inévitable qu'elle devienne ainsi une superpuissance, ce qui créerait des conflits avec d'autres grandes puissances"", déclare M. Gardiner. M. Ambrizzi, de l'USP, affirme que ""vous n'avez aucun contrôle sur la destination des aérosols injectés dans l'atmosphère. Comme il y a des flux de vent dans la haute atmosphère, il y a une circulation intense dans la stratosphère"". ""Sans ce contrôle, vous pouvez déstabiliser des régions qui sont en équilibre. ""Supposons que le Brésil décide de faire cette expérience, mais pas l'Argentine. Les températures moyennes commencent à baisser ici, mais augmentent en Argentine ou baissent beaucoup plus qu'aujourd'hui. ""Le gouvernement argentin n'a pas donné son accord à ce sujet. Imaginez, par exemple, que le pays perde toute sa production de vin et décide de poursuivre le Brésil"". Il souligne également le haut degré d'incertitude des modèles actuels de prévision météorologique et climatique, ce qui renforce l'imprévisibilité de la géo-ingénierie solaire à son stade actuel. David Keith, professeur de physique appliquée et de politique publique à la Kennedy School de Harvard, est l'un des principaux noms cités lors des discussions sur le sujet. ""Selon moi, il existe des preuves solides que la géo-ingénierie solaire pourrait réduire de manière significative certains risques climatiques au cours de la seconde moitié de ce siècle"", déclare M. Keith. ""Les modèles climatiques montrent systématiquement qu'une combinaison de réductions des émissions et de géo-ingénierie solaire uniforme et cohérente réduirait les températures moyennes et maximales plus que les réductions des émissions seules."" ""Étant donné qu'il est prouvé qu'une augmentation supplémentaire de 1°C serait la plus néfaste pour les régions les plus chaudes de la planète, et étant donné que les plus pauvres et les plus vulnérables sont concentrés dans ces régions chaudes, il semble probable que la géo-ingénierie solaire serait particulièrement efficace pour réduire les risques dans ces endroits"", ajoute-t-elle. Holly Jean Buck - auteur de ""After Geoengineering : Climate Tragedy, Repair and Restoration"" - préconise cette technique en raison des risques posés par le changement climatique. Elle convient qu'il est nécessaire de comprendre quels seraient les impacts de la géo-ingénierie solaire sur la planète et que de nombreuses études sont nécessaires avant de pouvoir la mettre en œuvre. ""Cependant, la pétition [contre le développement de la technique] demande des mesures qui affecteraient la capacité à financer, mener et évaluer la recherche de manière transparente. Tous deux reconnaissent que la géo-ingénierie solaire risque de détourner l'attention de l'objectif principal, à savoir la réduction des émissions de carbone, et que cette technique ne pourrait fonctionner qu'en complément de cet objectif. Emilia Wanda Rutkowski - professeur à la faculté de génie civil, d'architecture et d'urbanisme de l'université d'État de Campinas (Unicamp) - est l'une des signataires du document appelant à un moratoire sur le développement de la géo-ingénierie solaire. ""Essayer de trouver une solution sans changer l'essence du problème [du réchauffement climatique] n'est pas une vraie solution"", déclare Rutkowski. Elle prétend que le problème ""prolonge"". ""Pourquoi ne pas commencer par ce que vous savez être la cause première ?"" demande-t-elle." https://www.bbc.com/afrique/monde-61096472 +business La révolution du solaire au Sénégal "Le Sénégal transforme sa politique énergétique et se tourne vers les énergies renouvelables. Trois centrales solaires ont été mises en service dans les 10 derniers mois. Deux autres sont prévues pour la fin de l'année. De quoi booster la production énergétique du pays. Mais les zones rurales tardent encore à en bénéficier. C'est un champ immense - l'équivalent d'une soixantaine de terrains de football. A Santhiou Mekhe, à environ 130 km de la capitale sénégalaise, 92 milles panneaux solaires sont sortis de terre. Inaugurée en juin dernier en présence du président Macky Sall, la centrale de Santhiou Mekhe est la troisième construite dans le pays en moins d'un an, et la plus grande en activité en Afrique de l'Ouest. Sénégal : la plus grande centrale d'Afrique de l'Ouest Sénégal : l'épreuve de Français du Bac annulée Solarpak : Cartable le jour, lampe le soir Des investisseurs privés et l'agence française pour le développement ont uni leurs forces avec les autorités sénégalaises pour financer et construire cette centrale à travers une société de projet - Senergy PVSA. ""Senergy PVSA a signé avec la Senelec un contrat d'achat d'énergie qui porte sur 25 ans, en passant par la construction de la centrale solaire photovoltaïque de Santhiou Mekhe. Elle est aujourd'hui construite et mise en service depuis le 1er août 2017"", détaille Emmanuel Oloa, chargé de projet pour la compagnie Engie Solaire direct, qui a construit la centrale. D'après lui, le succès du projet vient du fait que les populations locales ont été impliquées dès la première heure. Un comité de suivi a été mis en place réunissant constructeurs, investisseurs et représentants locaux pour répondre à toute éventuelle difficulté, et mettre en place des projets sociaux. Le chantier de construction qui a duré 12 mois, a permis la création de 150 emplois locaux. Maintenant que la centrale est opérationnelle, beaucoup espèrent qu'elle permettra à la fois l électrification des villages alentour et la baisse du prix du courant. ""Un effort important a été fait durant cette année, avec une baisse de 10% du prix de l'électricité"", révèle Ibrahima Niane, directeur de l'électricité au ministère de l'énergie sénégalais. Et d'après lui, ce n'est que le début. ""Dans le cadre du développement du mix énergétique, avec les centrales solaires qu'on est en train de réaliser, et les centrales éoliennes et au gaz qui vont venir, il y aura certainement une autre baisse du prix de l'électricité"", poursuit-il. ""C'est une demande nationale, et ça permettrait aussi d'augmenter la compétitivité de l'économie sénégalaise"". Pour l'électrification rurale, en revanche, il reste beaucoup à faire. Exemple à Sinkane, à moins de 2 km de la centrale de Santhiou Mekhe. Là-bas, pas d'électricité. Juste un poteau électrique qui traverse le village depuis plus de 50 ans. ""Le problème, c'est que les gens pensent que le Sénégal s'arrête à Dakar"", s'emporte Idrissa Kane le chef du village. ""Dans les zones rurales, il n'y a rien. On est les laissés-pour-compte. On est comme des moutons. Et même les moutons, leur propriétaire en prend soin et les nourrit. Mais nous, les ruraux, à chaque fois qu'il y a un partage, nous sommes oubliés."" Sur les 600 habitants de Sinkane, outre le chef de village, 7 ménages ont du courant - Des foyers tirés au sort pour bénéficier des quelques kits solaires installés gratuitement par la compagnie privée qui a construit la centrale. De fait, une nouvelle centrale solaire n'implique donc pas automatiquement l'électrification des localités avoisinantes. L'énergie produite par les centrales solaires doit passer par le réseau de la Senelec, la compagnie sénégalaise d'électricité. C'est à la Senelec (compagnie d'électricité du Sénégal), et à l'agence nationale pour l'électrification rurale de construire les infrastructures, de gérer le transport de l'électricité et de raccorder les ménages au réseau. ""On produit, on transporte, puis on distribue. La zone de production peut être complètement différente de la zone de consommation"", confirme le directeur de l'électricité au ministère de l'énergie. Et d'ajouter : ""Là où il y a une centrale solaire et des localités à côté, on fera le maximum pour que ces localités aient l'électricité dans les meilleurs délais. Ces populations constituent des priorités pour nous, c'est très important. Les dispositions sont en train d'etre prises"", assure-t-il. Avec 65% de taux d'électrification au niveau national, et seulement 33% dans les campagnes, l'électrification rurale est un enjeu majeur pour le pays. Les autorités ont promis deux autres centrales solaires et un parc éolien d'ici à la fin de l'année. Beaucoup espèrent que ce sera un pas de plus vers une énergie plus propre et moins chère, pour tous." https://www.bbc.com/afrique/sports-40862343 +business La Turquie retient un navire céréalier russe en provenance d'Ukraine "Par Reality Check & BBC Turquie BBC NEWS Un cargo transportant des céréales en provenance d'une région d'Ukraine occupée par la Russie a été retenu par les autorités douanières turques, selon l'ambassadeur d'Ukraine en Turquie. Vasyl Bodnar déclare : ""Nous avons une coopération totale. Le navire se trouve actuellement à l'entrée du port, il a été retenu par les autorités douanières turques"". Nous avons suivi le navire battant pavillon russe, le Zhibek Zholy, sur sa route entre le port ukrainien de Berdyansk et Karasu, sur la côte turque de la mer Noire. On ne sait pas exactement d'où vient sa cargaison ni comment elle a été obtenue, mais la Russie a été accusée de voler des céréales dans les régions d'Ukraine qu'elle contrôle - des allégations que la Russie dément. Berdyansk se trouve dans la région de Zaporizhzhia, au sud de l'Ukraine, sur la mer d'Azov. La nouvelle du départ du navire de Berdyansk a été annoncée sur l'application de réseaux sociaux Telegram par Yevhen Balytskyi, récemment nommé par la Russie au poste de gouverneur des zones occupées de Zaporizhzhia. M. Balytskyi a déclaré que 7 000 tonnes de céréales seraient envoyées vers des pays ""amis"". Il a ajouté que des navires de la flotte russe de la mer Noire ""assureraient la sécurité"" du voyage et que le port avait été déminé. Il a ensuite modifié son message, en supprimant les références à la cargaison et à la destination du navire. Un reportage vidéo sur le départ du navire a également été partagé sur plusieurs chaînes Telegram pro-Kremlin, le montrant avec un navire de la marine russe dans un port, qui a été identifié comme Berdyansk par le journaliste. En comparant la séquence vidéo avec l'imagerie satellite du port, nous avons pu confirmer qu'elle a été filmée à Berdyansk. Les conditions météorologiques de la vidéo et l'angle des ombres le long du port suggèrent qu'elle a été filmée dans la matinée du 28 juin. Certaines caractéristiques de la coque du navire, comme son nom, ont été floutées dans la vidéo. Mais nous avons confirmé que le navire qui a quitté Berdyansk est le même que celui qui se trouve actuellement au large des côtes turques, en nous basant sur les images des messages Telegram ainsi que sur les récits de témoins oculaires donnés à un expert ukrainien en transport maritime. Nous avons également été en mesure de suivre les mouvements antérieurs du Zhibek Zholy alors qu'il se dirigeait vers l'Ukraine pour récupérer sa cargaison. Le 22 juin, il est parti de Turquie et a déposé sa cargaison dans le port russe de Novorossiysk. Alors qu'il s'approchait de la côte ukrainienne, le signal de suivi a été perdu, ce qui laisse penser qu'il avait été désactivé. Le signal n'est réapparu que le 29 juin, alors que le navire se dirigeait à nouveau vers le sud, loin des côtes ukrainiennes. Ce traceur indique également la profondeur à laquelle le navire se trouve dans l'eau - et il a indiqué que le navire avait embarqué une cargaison. Michelle Bockmann, rédactrice chargée des marchés chez Lloyd's List Intelligence, estime que ce comportement est ""suspect"". Elle explique que de nombreux navires de charge désactivent leurs traceurs pendant une partie de leur voyage dans la mer d'Azov, mais que la plupart reprennent leurs transmissions lorsqu'ils atteignent leur port de destination. Il n'est pas clair si le navire a l'intention de décharger sa cargaison dans le port turc de Karasu ou de poursuivre son voyage vers le sud par le détroit du Bosphore vers une destination encore inconnue. Le propriétaire enregistré du Zhibek Zholy, une société kazakhe appelée KTZ Express, a déclaré à l'agence de presse Reuters que le navire avait été affrété par une société russe. Elle a ajouté qu'elle consultait les parties concernées et qu'elle se conformerait à toutes les sanctions et restrictions. Reportages de Josh Cheetham, Maria Korenyuk, Daniele Palumbo, Erwan Rivault, Onur Erem et Mahmut Hamsici à Karasu, Turquie." https://www.bbc.com/afrique/articles/czkrg5lyelxo +business Le Sénégal est-il devenu un point de transit du trafic de drogue? La cocaïne était emballée dans des sacs de voyage, cachée dans 15 nouvelles voitures arrivées à Dakar en provenance du Brésil.Il a été signalé que la drogue était destinée à l'Allemagne et au Ghana.Une enquête est en cours pour identifier les personnes impliquées dans le trafic de drogues.Les médias locaux présents au port pendant le trajet disent qu'un couple étranger faisait partie des personnes détenues pour interrogatoire. Il y a eu des saisies record de cocaïne au Cap-Vert et en Guinée-Bissau, plus tôt cette année.A lire aussi: De la cocaïne retrouvée dans des ananas Une saisie record de cocaïne au Cap-Vert Saisie de 17,5 kg de cocaïne en RDC Cette découverte fait suite à la saisie, mercredi dernier, de 238 kg de cocaïne de contrebande d'une manière similaire et destinée à l'Angola.Les récentes saisies importantes de drogue indiquent que l'Afrique de l'Ouest devient de plus en plus un point de transit pour la drogue de l'Amérique du Sud vers le reste du continent et vers l'Europe. https://www.bbc.com/afrique/region-48826920 +business 'Disaster Girl': un mème emblématique vendu à $500 000 "La jeune femme qui apparait sur le mème devenu viral ""Disaster Girl"" a vendu l'original pour 473 000 $. Zoë Roth, maintenant âgée de 21 ans, est devenue un succès sur Internet lorsqu'elle a été photographiée à l'âge de quatre ans devant un immeuble en feu affichant un sourire malicieux. L'image est depuis devenue un mème pour quiconque espère représenter une scène désastreuse ou un acte espiègle. Mlle Roth l'a vendu lors d'une vente aux enchères jeudi en tant que jeton non fongible - de l'anglais non-fungible token NFT - un certificat de propriété numérique utilisé pour permettre de vérifier la rareté numérique. En janvier 2005, Zoë Roth et son père Dave sont allés voir un incendie sous contrôle - un bâtiment incendié intentionnellement pour dégager une propriété - dans le quartier de Mebane, en Caroline du Nord. M. Roth, un photographe amateur, a pris une photo de sa fille souriant malicieusement devant l'incendie. Après avoir remporté un prix de photographie en 2008, l'image est devenue virale lorsqu'elle a été mise en ligne. Mlle Roth, désormais étudiante à l'université, a vendu la copie originale de son mème en tant que NFT pour 180 Ethereum, une forme de crypto-monnaie, à un collectionneur appelé @3FMusic. Un NFT est un jeton numérique unique, crypté avec la signature d'un artiste, qui vérifie sa propriété et est attaché en permanence à la pièce. Il permet de vendre des versions originales de contenus en ligne populaires - tels que des mèmes viraux et des tweets - comme s'il s'agissait d'œuvres d'art physiqu Le NFT est marqué d'un code qui permettra aux Roth - qui ont dit qu'ils partageraient les bénéfices - de conserver le droit d'auteur et de recevoir 10 % des bénéfices des ventes futures. Depuis sa première apparition, le mème ""Disaster Girl"" a connu plusieurs déclinaisons. Les créateurs de mèmes l'ont édité en images de catastrophes naturelles et d'accidents tels que le Titanic. Mlle Roth dit qu'elle a aimé voir les centaines de versions de sa photo. ""Il suffit de l'adapter comme vous le souhaitez"", déclare-t-elle au New York Times. ""J'adore les voir parce que je n'en ferais jamais moi-même, mais j'aime voir à quel point les gens sont créatifs."" Le marché des droits de propriété sur l'art numérique a explosé cette année après plusieurs ventes de NFT de plusieurs millions de dollars. Le 19 février, un Gif animé de Nyan Cat - un mème 2011 d'un chat volant pop-tarte - s'est vendu à plus de 500 000 $. Quelques semaines plus tard, le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, a répertorié un NFT du tout premier tweet, avec des enchères atteignant 2,5 millions de dollars. Mlle Roth affirme qu'elle donnerait le produit de la vente à des organismes de bienfaisance et l'utiliserait pour rembourser son prêt étudiant. ""Les gens qui sont dans les mèmes et deviennent viraux c'est une chose, mais la façon dont Internet a conservé ma photo et l'a rendue virale, la garde pertinente, est tellement folle pour moi"", dit-elle au New York Times. ""Je suis très reconnaissante pour toute l'expérience""." https://www.bbc.com/afrique/monde-56971662 +business Afrique Avenir : Nawali - une tontine immobilière pour financer vos rêves Financer son projet immobilier grâce à une tontine c’est l’une des solutions que propose Aïta Magassa, fondatrice de Nawali. La plateforme d’investissement immobilier accompagne les investisseurs de la diaspora dans la réalisation de leurs projets immobiliers en Afrique de l’ouest. L’entreprise créée en 2018 a fait ses preuves et accompagne à ce jour plus de 600 personnes dans l’achat d’un terrain ou la construction de leurs maisons en Afrique de l’ouest. Alexandrine Holognon reçoit pour Afrique Avenir Aïta Magassa, fondatrice de Nawali. https://www.bbc.com/afrique/region-57090471 +business Comment la MONUSCO peut-elle être comparée aux autres missions de l'ONU dans le monde? Les récentes manifestations en RDC contre la MONUSCO (Mission de l'Organisation des nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) ont mis en avant des questions sur le coût et l’efficacité des missions de maintien de la paix. Quelle est la plus ancienne mission de maintien de la paix dans le monde ? La plus coûteuse ? Les opérations de maintien de la paix sont décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui détermine où et quand elles doivent avoir lieu. La Charte de l'ONU donne cette prérogative au Conseil de sécurité qui endosse la responsabilité principale quant au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le Conseil examine au cas par cas les différentes crises qui se produisent dans le monde. Il dispose de plusieurs options, dont celle d’envoyer une mission de maintien de la paix  sur le terrain de conflit. Cela passe par l’adoption d’une résolution qui définit le mandat et les effectifs de la mission. Établi en 1948 à Jérusalem, l’ONUST (Organisme des nations unies chargé de la surveillance de la trêve) est la première opération de maintien de la paix créée par les Nations Unies. Elle est toujours en cours. Les observateurs militaires de l'ONUST restent déployés au Moyen-Orient pour surveiller les cessez-le-feu et les Conventions d’Armistice général, circonscrire les incidents isolés et les empêcher de dégénérer en conflit généralisé, et aider les autres opérations de maintien de la paix déployées dans la région à mener à bien leurs mandats respectifs. A titre de comparaison, la MONUSCO a été mise en place en  juillet 2010 en remplacement de la MONUC (Mission de l'Organisation des nations unies en République démocratique du Congo).  Elle est la mission la plus longue sur le continent. Son mandat est d’assurer la protection des civils, du personnel humanitaire et du personnel chargé de défendre les droits de l’homme se trouvant sous la menace imminente de violences physiques et pour appuyer le Gouvernement de la RDC dans ses efforts de stabilisation et de consolidation de la paix. La MONUSCO est la troisième opération la plus coûteuse en cours si on se base sur les budgets de cette année. Son budget (juillet 2021 – juin 2022) est de 1 123 346 000 dollars des États-Unis. La MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation au Mali) a le budget le plus élevé : 1 262 194 200 dollars des États-Unis pour la période juillet 2021 – Juin 2022. En deuxième position, il y a la MINUSS (Mission des nations unies au Soudan du sud), avec un budget approuvé de 1 201 887 500 dollars des États-Unis pour la période juillet 2021- juin 2022 Le cumul des décès enregistrés entre la MONUC et la MONUSCO est de 400 selon la mission onusienne. Comparativement, l'ONUST, qui est la mission la plus longue a enregistré 52 décès depuis sa création en 1948. la FINUL (Force intérimaire des nations unies au Liban) a enregistré la perte de 315 membres depuis 1978. Lire aussi sur la RDC : https://www.bbc.com/afrique/articles/c72k13897zgo +business Ce que les sanctions de la CEDEAO ont coûté à l’économie malienne et ce qu’il faut pour la relever "Mamadou Faye, avec Moussa Ngom et Abdou Karim Ba - BBC Afrique Presque tous les secteurs de l’économie malienne ont été affectés par les sanctions imposées au pays par la CEDEAO à la suite d’un coup d’Etat militaire. En début juillet, la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest, CEDEAO, a décidé de lever les sanctions imposées contre le Mali depuis le début de l'année. A part le gel des avoirs maliens dans toutes les banques de la CEDEAO, les pays membres de la communauté avaient fermé leurs frontières avec le Mali et suspendu les transactions commerciales avec celui-ci. Seuls les produits médicaux et de première nécessité étaient épargnés. Ces sanctions ont porté un grand coup à tous les secteurs d’activité du pays qui a frôlé la récession en début d'année. ''Les impacts ont été assez négatifs parce qu’en fait, déjà en début d’année, on tablait sur une croissance de 5% et un peu plus"", explique Pr Abdoul Karim Diamoutene, économiste et enseignant chercheur à l'Université des sciences sociales et de gestion de Bamako. ""Donc, il était prévu que, si durant le premier trimestre les sanctions avaient été levées, on aurait assisté à un ralentissement de la croissance. Mais déjà, le fait que nous soyons dans le second trimestre, l’on table sur une récession. Par conséquent, ça veut dire une croissance négative"", poursuit-il. Selon lui, ""on ne peut dire que les conséquences sont très négatives en perspective pour l’économie malienne"". Même si l'universitaire assure qu'il faut d'abord attendre les différents rapports, pour pouvoir chiffrer quantitativement l’impact des sanctions sur l’économie malienne, il précise qu'on peut bien se faire une idée des différents secteurs qui ont été nettement affectés et puis essayer de parler des conséquences. Selon Pr Diamoutene, les secteurs tertiaire et secondaire ont été les plus affectés. ""Au niveau du secteur tertiaire, c’est le commerce qui a un peu pâti de la fermeture des frontières et aussi le secteur de l’hôtellerie et également du tourisme"", dit-il. Le chercheur précise également que parce que l'Etat était privé de ses moyens, les missions nationales, souvent effectuées à l’intérieur du pays, la restauration et l’hébergement, ont été complètement bloqués et paralysés. ""L’Etat est un véritable acteur économique dans nos pays, principalement un peu au Mali parce qu’à travers les grands chantiers de l’Etat, les infrastructures routières, les grands projets, donc, il y a un effet indu sur l’ensemble des secteurs"", poursuit-il. ""Donc, dès lors que l’Etat était privé de ses moyens au niveau de la Banque centrale, il a automatiquement réduit ses dépenses au strict minimum. Et je crois qu’ici, c’est presque environ 15 % du budget courant qui ont été autorisés à être utilisés"", dit-il. Par ailleurs, cette situation a entraîné un effet négatif et réduit les opportunités pour les entreprises qui ont aussi été affectées. Mais les difficultés ont touché d'autres secteurs jadis très fonctionnels. ""L’autre secteur qui a aussi été affecté, c’est le secteur de la construction, bâtiments et travaux publics. A ce niveau, la fermeture des frontières a été nettement ressentie, sur le Sénégal par où le ciment rentrait et peut-être aussi le Togo. Donc, le ciment est très cher"", précise-t-il. ""Pour preuve, le ciment qu’on pouvait acheter à environ 100 000 à 105 000 FCFA la tonne, à un moment, on l’obtenait jusqu’à entre 135 000 et 140 000 FCFA. Vous voyez déjà ? Les différents chantiers ont été arrêtés. Or, ce secteur-là a un effet amplificateur sur les autres secteurs"", affirme Pr Diamoutene. ""Quand on construit, les maçons, les menuisiers métalliques, les peintres, c’est toute une chaîne qui est en activité. Même les camions qui transportaient le sable, tous ces secteurs ont été complètement bloqués"", explique-t-il. Le Pr Abdoul Karim Diamoutene estime que la levée des sanctions est une bonne chose pour le Mali dans la mesure où ""les contraintes au niveau des différentes frontières seront levées"", ce qui va faciliter l'acheminement du ciment et de différents produits à l'intérieur du pays. ""Il faut reconnaître qu’avec la crise, l’Etat s’est orienté vers des pays comme la Guinée et la Mauritanie. Mais ces ports-là n’ont pas les mêmes commodités que les ports de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Du coup, ils n’ont pas pu annihiler les effets liés à cette crise."" ""Mais l’élément important qui a secoué un peu, c’est le gel des avoirs de l’Etat au niveau de la Banque centrale et aussi le fait de priver l’Etat de l'accès au marché financier sous-régional"", rappelle Diamoutene. ""Donc, avec cette levée des sanctions, l’Etat va avoir accès à ses ressources, ce qui va lui permettre d’injecter de l’argent dans le circuit économique et également de faire face à d’autres échéances de dettes, etc."", explique-t-il. Selon lui, le fait que l'Etat puisse regagner sa prérogative au niveau de la Banque centrale lui permettra de reconvertir tous ces différents éléments au profit de l'économie nationale. ""C'est la levée des sanctions au niveau de la Banque centrale qui constitue vraiment un véritable ouf de soulagement pour l'Etat et pour l'économie malienne"", suggère le chercheur. Pour sa part, le Pr Aly Toukara, analyste politique, fondateur et Directeur du Centre des Études Sécuritaires et Stratégiques au Sahel basé au Mali, estime que cette levée des sanctions est une ""bouffée d'air"" pour le pays. Etant donné, dit-il, que tous les efforts étaient tournés vers le paiement des salaires des fonctionnaires de l'Etat et le soutient de l'effort militaire. ""C'est une sorte de bouffée d'oxygène, pas forcément une victoire, ni pour la junte au pouvoir, ni pour la CEDEAO, car les deux parties étaient aux abois"", dit-il. Pour Pr Diamoutene, le Mali n'aura pas forcément besoin de refaire un long chemin pour retrouver son rythme économique d'antan. ""Il faut comprendre la structure de l'économie malienne qui est fortement primaire, avec un poids important de l'informel..."", dit-il. ""Quand vous voyez la croissance de l'économie malienne, elle repose sur le secteur primaire qui est agricole, etc. et la performance de ce secteur dépend de la nature de la pluviométrie et aussi d'autres mesures d'appui et de soutien vers les intrants que l'Etat accorde"", poursuit-il avant d'évoquer le secteur des mines, avec le commerce de l'or qui n'a pas souffert de la crise. Toutefois, il estime que les petites et moyennes entreprises qui ont été en difficulté pourront bien se remettre dans les prochains six mois. Pour assurer la reprise économique, Pr Abdou Karim Diamoutene estime que ""le secteur agricole est fondamental."" ""Le secteur agricole au Mali a besoin d'un certain nombre d'appuis dont les intrants agricoles. Et nous avons vu cette année avec la crise entre l'Ukraine et la Russie, que les prix ont presque doublé, triplé"", remarque-t-il. ""Donc, l'Etat ayant été privé de ses moyens, a eu du mal à faire face à ces différentes subventions, etc. Si ces mesures ne sont pas poursuivies et si la campagne agricole n'a pas pu obtenir les résultats escomptés, cela risque d'affecter nettement le processus de croissance du pays."" ""Je crois que l'urgence, c'est beaucoup s'atteler à ce niveau-là d'autant plus que nous sommes dans la période hivernale"", dit-il. M. Diamoutene craint que l'inflation au niveau mondial ne ralentisse la situation au Mali. ""Tous les coûts de production ont augmenté. Donc, l'Etat n'ayant pas assez de moyens pour continuer à subventionner, cela risque de créer une tension sociale qui ne dit pas son nom"", prévient le chercheur." https://www.bbc.com/afrique/articles/cpwnpyl4dx7o +business Inflation : pourquoi les experts utilisent l'indice du rouge à lèvres en économie """Faire des prédictions est difficile, surtout en ce qui concerne l'avenir. Cette phrase, généralement attribuée au physicien danois et lauréat du prix Nobel Niels Bohr, résume avec humour la situation difficile dans laquelle se trouvent ceux qui se consacrent à l'anticipation de ce qui va arriver. L'économie est l'un des domaines où cette difficulté est la plus évidente et où l'échec est le plus palpable. Malgré cela, les économistes continuent de faire (et de ne pas faire) des prédictions tous les jours. A lire aussi L'une des difficultés auxquelles ils sont confrontés dans cette tâche réside dans le fait que le processus de production d'indicateurs économiques standard prend du temps et du travail, de sorte que généralement, lorsqu'ils sont disponibles, ils dépeignent un ensemble de conditions économiques qui existaient il y a plusieurs semaines ou mois. C'est en partie pour remédier à ce problème que certains indicateurs inhabituels mais plus faciles à mesurer sont apparus au fil des décennies, permettant parfois de repérer plus rapidement les changements de tendances économiques. BBC World vous parle de certains des indicateurs les plus inhabituels utilisés pour anticiper les changements dans l'économie. Cet indice repose sur une idée simple : plus on produit de cartons, plus l'économie se porte bien. Partant du principe que de nombreux biens de consommation dans le monde sont emballés dans des cartons, la production de cartons est une bonne mesure non seulement de l'activité manufacturière mais aussi des estimations des entreprises quant à leurs ventes futures. Ainsi, une réduction significative de l'utilisation des cartons indiquerait l'approche d'une récession, tandis qu'une augmentation indiquerait une période d'expansion économique. La Réserve fédérale américaine publie un indice officiel non seulement sur la production de carton mais aussi sur les prix du carton. Cependant, Investopedia prévient que ces indicateurs ne sont pas toujours cohérents avec les changements du PIB, et recommande donc de les utiliser en conjonction avec d'autres indicateurs. Un autre problème est que, compte tenu de l'augmentation des achats sur Internet, il semble prévisible que la production de carton continuera à augmenter, même si cela ne se fera pas nécessairement dans un environnement économique favorable. Développée dans les années 1920 par l'économiste George Taylor de la Wharton School of Business, elle repose sur l'idée que l'ourlet des jupes des femmes peut être un indicateur de la direction de l'économie. Ainsi, les jupes courtes signifient des marchés en hausse ; les jupes longues signifient des économies en baisse. Bien que cette approche ait été largement critiquée comme étant simpliste, plusieurs moments de l'histoire contemporaine semblent valider cette idée, comme l'engouement pour la jupe au genou dans les années 1920 ou le boom des mini-jupes dans les années 1960. Une étude publiée en 2010 aux Pays-Bas par la Erasmus School of Economics a testé cette thèse en comparant les cycles économiques à la longueur des jupes entre 1921 et 2009. Leur conclusion ? Que les jupes reflétaient bien l'état de l'économie, mais qu'elles avaient environ trois ans d'avance. Cet indicateur établit un lien entre la construction des plus hauts bâtiments du monde et le début d'une crise économique. Elle a été formulée en 1999 par l'économiste britannique Andrew Lawrence, qui affirme avoir cherché et trouvé des corrélations entre l'achèvement de ces énormes structures et le début d'une récession économique. L'achèvement de la tour Chrysler et de l'Empire State Building à New York pendant la Grande Dépression sont des exemples récurrents lorsqu'on parle de cet indicateur. Lawrence a toutefois précisé que, plutôt que de prendre un seul gratte-ciel comme point de référence, il se réfère plutôt à l'achèvement d'un ensemble de gratte-ciel, qui, selon lui, tend à mettre fin à ""un grand boom de la construction"". L'origine de cet indicateur est attribuée à Alan Greenspan, lorsqu'il était à la tête de la Réserve fédérale américaine. Selon le correspondant de NPR Robert Krulwich en 2008, Greenspan lui a expliqué que les ventes de pantalons sont un bon indicateur économique car leur consommation tend à être assez stable. Lorsque les temps sont durs, les hommes ont tendance à remettre à plus tard l'achat de caleçons. ""Si vous regardez les ventes de pantalons, vous voyez une ligne plate qui ne change presque jamais. Mais les rares fois où elle baisse, cela signifie que les hommes sont tellement serrés [financièrement] qu'ils choisissent de ne pas remplacer leurs sous-vêtements. Et [Greenspan] a dit que c'est presque toujours une sorte de [signe] prophétique que les problèmes arrivent"", a déclaré Krulwich à NPR. 5. L'indice du rouge à lèvres Le Lipstick Index a été créé par Leonard Lauder, héritier et dirigeant émérite de la société de cosmétiques Estée Lauder, au début des années 2000. Selon sa thèse, lorsque les conditions économiques sont mauvaises, les femmes ont tendance à acheter plus de rouge à lèvres et d'autres petits luxes, plutôt que de dépenser pour des biens plus coûteux comme des sacs à main ou des chaussures. Pendant la récession de 2001, lorsque Lauder a formulé cette idée, les ventes au détail de rouge à lèvres ont augmenté de 11 %. Les ventes de cosmétiques ont également augmenté pendant la Grande Dépression, entre 1929 et 1933, et pendant la crise de 2008. Cet indice n'était toutefois pas un bon indicateur de l'économie lorsque la pandémie de covid-19 a éclaté, probablement parce que les gens restaient à la maison et que les femmes portaient des masques lorsqu'elles sortaient, de sorte que la consommation de rouge à lèvres n'avait pas beaucoup de sens." https://www.bbc.com/afrique/region-62617574 +business "Modou Fall, l'activiste qui veut un ""Sénégal sans plastique""" "Modou Fall, le ""monstre"" du recyclage des plastiques au Sénégal fait campagne pour un pays plus propre et respectueux de l'environnement. Depuis des années, l'activiste s'efforce à sensibiliser les populations aux problèmes causés par les plastiques à usage unique, en particulier les sacs en plastique. Pour sensibiliser la population, il s'habille en "" monstre de sacs en plastique "" et parcourt les rues de Dakar, la capitale du Sénégal, en expliquant la nécessité de réutiliser et de recycler les produits en plastique. Un reportage d'Arwa Barkallah." https://www.bbc.com/afrique/region-50866957 +business Archéologie : comment maximiser vos chances d'être fossilisé "Sur mon bureau, à l'heure où j'écris ces lignes, se trouve un trilobite, une créature ressemblant à un cloporte, avec des yeux globuleux, des pattes grêles et une tête semblable à celle d’un limule. Je suis heureux qu'il soit mort il y a des millions d'années, car s'il était vivant aujourd'hui, il me ferait probablement peur. Je suis fasciné par les fossiles comme celui-ci depuis que je suis enfant. J'ai collectionné plusieurs ammonites, un poisson aplati, une vertèbre de dinosaure et divers autres organismes du passé lointain. Ce que j'aime chez eux, c'est la façon dont ils peuvent transporter l'esprit loin du présent : ils sont une fenêtre sur un temps et un lieu qui n'existent plus. En regardant ces créatures anciennes - en essayant d'imaginer comment elles vivaient, se déplaçaient et se comportaient - je me suis souvent demandé ce que les paléontologues du futur lointain pourraient faire des fossiles du XXIe siècle : les baleines bleues, les éléphants, les grizzlis... les êtres humains. Ces interrogations m'ont souvent amené à me demander : pourrais-je moi-même finir conservé et minéralisé, comme mon trilobite de compagnie ? Récemment, j'ai eu l'occasion de chercher quelques réponses. Un jour, mon rédacteur en chef m'a demandé ce qu'il fallait faire pour fossiliser une personne : un journaliste, par exemple. Alors, si j'entreprenais de me faire fossiliser, comment pourrais-je augmenter mes chances de réussite ? Où devrais-je aller dans le monde ? Laquelle des parties de mon corps durerait le plus longtemps : mes os, ma peau et mes muscles, ou mes ongles de pied ? Et serait-il possible d'accélérer ou de modifier artificiellement le processus ? Au départ, j'avais une idée approximative du fonctionnement de la fossilisation et, heureusement, BBC Future avait publié un guide en sept étapes qui répondait à certaines de mes questions de base. Cependant, je me suis vite rendu compte que j'avais besoin de conseils professionnels spécifiques de la part d'un paléontologue. J'ai appelé Jakob Vinther, professeur de macroévolution à l'université de Bristol, qui étudie des spécimens exceptionnels très détaillés, comme les dinosaures à plumes, et les pigments qu'ils ont laissés derrière eux. Il s'est avéré que Vinther avait déjà beaucoup réfléchi à la manière de se fossiliser lui-même - il envisage d'écrire un livre à ce sujet - et était donc la personne idéale à qui poser la question. Pour lui, c'est une question sérieuse qui mérite d'être explorée pour autre chose qu'une simple curiosité morbide. Réfléchir plus profondément à la manière dont notre propre corps pourrait se fossiliser pourrait aider les gens à mieux comprendre ce qui est perdu au cours du processus. ""Nous sommes de chair et de sang, et nous avons des choses qui peuvent se fossiliser et d'autres qui ne le peuvent pas"", explique-t-il. Cette vidéo pourrait vous intéresser : ""Si nous pouvions nous traduire nous-mêmes et ce à quoi nous ressemblerions en tant que fossile, alors peut-être que cela pourrait être un moyen pour les gens de mieux rétroconcevoir un autre organisme en un être vivant en chair et en os qui a déjà existé."" Après tout, aucun fossile n'offre une image complète. ""De nombreuses reconstitutions de dinosaures ont l'air très bizarres parce qu'elles sont 'rétrécies'. Les gens n'ont que le squelette et ils se contentent de mettre un peu de chair à l'extérieur"", explique-t-il. Cela implique de faire de grandes suppositions sur l'apparence et le comportement. La première chose que Vinther m'a dite, cependant, était la mauvaise nouvelle. Il est très peu probable que l'un de nous ait la chance de devenir un fossile que les générations futures découvriront : ""Il faut des mesures extraordinaires. Si nous sommes enterrés entiers dans un sol typique, nos os peuvent survivre pendant, disons, 100 ans. Si nous voulons préserver les squelettes pour une période beaucoup plus longue que cela, il faut souvent de meilleures conditions"", explique-t-il. En effet, la majorité des espèces ayant jamais vécu ne sont pas conservées dans les archives fossiles - il s'agit d'espèces et non d'organismes. Cela signifie qu'il existait autrefois sur Terre des populations entières d'animaux qui n'ont laissé aucune trace. ""Les fossiles offrent un aperçu extraordinaire, mais aussi incomplet, de la diversité passée"", explique-t-il. Enfin, même si Vinther ou moi avions la chance d'être fossilisés, il est peu probable que l'un d'entre nous soit un jour trouvé par une personne, et pas seulement parce qu'il faut des êtres intelligents munis de marteaux-piqueurs pour s'y intéresser. Des milliards de fossiles restent enfermés dans les profondeurs du sol et ne seront découverts que si les roches qui les contiennent sont soulevées et exposées - et, surtout, si elles ne sont pas brisées par l'océan, le climat ou l'érosion naturelle avant leur découverte. Cela dit, ce n'est pas totalement impossible. Alors, comment cela pourrait-il se produire ? Tout d'abord, ne vous inquiétez pas - je ne prévois rien de morbide. J'examine simplement mes options potentielles, afin de savoir comment maximiser mes chances d'être éventuellement fossilisé dans son intégralité. L'une des options pour y parvenir est la voie ""subfossile"". Il existe quelques endroits sur Terre qui promettent une préservation à long terme - du moins, suffisamment longue pour intéresser un futur archéologue. Pour commencer, je pourrais essayer d'être congelé dans un endroit froid et stable. Après tout, des personnes préhistoriques ont été retrouvées à l'intérieur de glaciers alpins, comme Oetzi, un homme qui vivait il y a environ 5 000 ans. Je pourrais aussi aller m'allonger dans une grotte du désert, à condition de me protéger des charognards. On a retrouvé des vestiges anciens, vieux de 10 000 ans, préservés dans des grottes sèches au Pérou. Et puis il y a les tourbières. On y trouve parfois un ""corps de tourbière"" datant de plusieurs milliers d'années, parfois la malheureuse victime d'un sacrifice rituel, comme l'homme de Lindow, découvert dans le nord-ouest de l'Angleterre dans les années 1980. Il a vécu à peu près à la même époque que les Romains, et ses tissus mous ont été préservés grâce à la sphaigne et à l'environnement chimique unique de la tourbe. Pour cela, je n'aurais même pas à voyager loin : parmi les tourbières les plus proches de moi se trouvent celles de la New Forest, à environ 125 km de Londres. Il semblerait donc que j'aie l'embarras du choix. Voudrais-je être glacé, momifié ou décongelé à la tourbe ? Il y a cependant des inconvénients à suivre cette voie subfossile, comme Vinther me l'a expliqué. Si ces méthodes peuvent me permettre d'entrer dans un futur musée ou d'être étudié en laboratoire, elles sont loin d'être aussi durables qu'un véritable fossile minéralisé, enfoui dans la roche, explique-t-il. La glace ne dure pas des millions d'années : si c'était le cas, nous trouverions des dinosaures gelés et serions en mesure d'extraire leur ADN. En attendant, les vestiges des grottes sèches ressemblent plus à des pruneaux qu'à des fossiles, car ils n'ont jamais été assez humides pour se minéraliser. Et si la conservation de la tourbe fonctionne pendant quelques milliers d'années, la tourbière elle-même risque de s'éroder à terme, à moins qu'elle ne soit enfouie sous les sédiments sus-jacents. J'interroge donc Vinther sur d'autres possibilités qui me viennent à l'esprit. Pourquoi pas les célèbres fosses de goudron de La Brea, à Los Angeles ? Après tout, ces fosses contiennent les restes de diverses mégafaunes préhistoriques qui y sont tombées. Peut-être, dit-il, mais il faut savoir que peu de mes tissus seraient préservés. Et dans l'environnement énergique des fosses de goudron, mes os seraient probablement mélangés et séparés. Et dans une décharge ? Vinther secoue la tête. ""Une décharge ne serait pas bonne car c'est un endroit surélevé. En général, pour devenir un fossile, il faut descendre sous la nappe phréatique. C'est la règle de base. Tout ce qui est au-dessus finit par s'éroder."" Si je veux sérieusement être fossilisé pendant des millions d'années, explique Vinther, je dois envisager différents endroits : des endroits où je serai mouillé, enterré et où je ne serai pas mangé. Autre élément clé, dit-il, l'oxygène disparaît rapidement. ""Avec le manque d'oxygène, il n'y a pas d'organismes macroscopiques qui peuvent facilement se déplacer et venir vous chercher"", explique-t-il. ""Il existe des bactéries anaérobies qui peuvent encore vous digérer, mais elles le font moins efficacement. Et ces bactéries produisent des déchets qui peuvent même potentiellement favoriser la préservation de certains tissus à l'intérieur de vous."" Lire aussi : Quels types d'endroits pourraient offrir de telles conditions ? ""Les fossiles vraiment anciens sont préservés dans des endroits où les humains ne se retrouvent pas nécessairement en général, à moins d'être vraiment malchanceux"", explique-t-il. ""Typiquement, la façon dont les fossiles sont fabriqués, c'est dans les rivières, dans les lacs, dans la mer, et donc vous ne vous retrouvez là que par accident : en vous noyant."" Eh bien, cela semblerait être une bonne nouvelle, à part la partie noyade. Après tout, il y a beaucoup de rivières bien situées près de chez moi, comme la Tamise, et la côte sud de l'Angleterre n'est pas loin. Malheureusement, ce n'est pas aussi simple que cela, dit M. Vinther. La grande majorité des objets qui tombent dans une rivière ne se fossilisent pas, car presque rien ne reste intact longtemps, à cause des courants et des charognards. Il en va de même pour l'océan à proximité du littoral. Il est possible qu'un lac à faible circulation puisse fonctionner - nombre des dinosaures à plumes bien conservés découverts en Chine ont été enterrés de cette façon - mais il faut des conditions spécifiques. Nombre de ces fossiles chinois exceptionnels ont été engloutis dans les cendres d'éruptions volcaniques proches, ce qui est un scénario assez inhabituel si vous vivez au Royaume-Uni. ""En général, il faut être emporté par la mer et enterré plus profondément"", explique M. Vinther. Selon lui, l'un des endroits les plus sûrs serait le fond de l'océan, suffisamment éloigné de la terre pour éviter d'être remué par l'action des vagues et des animaux, mais pas si profond qu'il n'y ait pas assez de sédiments pour vous enterrer rapidement. En fait, il pourrait déjà y avoir des personnes qui commencent à être fossilisées de cette façon. ""Les humains ont beaucoup navigué, et il y a eu beaucoup de naufrages."" Dans ces milieux marins, il existe également une petite possibilité de devenir un fossile ""en or"". Si je suis enterré dans de la boue riche en fer dans de l'eau de mer contenant suffisamment de sulfate - avec des bactéries sulfato-réductrices - alors mon corps pourrait être transformé en pyrite. ""Vos tissus mous peuvent plus ou moins être remplacés par cela, en trois dimensions"", explique Vinther. Je dois avouer que la perspective de devenir un spécimen étincelant me semble séduisante, même s'il s'agirait plutôt de ""l'or des fous"" que de l'or véritable. Une deuxième série de questions concerne les parties du corps : quelles parties de mon corps seraient les plus susceptibles de survivre ? Si l'on se base sur les fossiles d'hominidés préhistoriques, il est peut-être évident que mes dents et mes os seraient les meilleurs candidats. Mais il existe aussi des parties molles qui pourraient se fossiliser, explique M. Vinther. Ce qui joue contre moi en particulier, c'est que j'ai la peau blanche et les cheveux châtain clair. Cela signifie que ma peau et mes cheveux contiennent moins de mélanine, explique-t-il, un pigment dont l'ombre peut être préservée pendant des millions d'années. Contrairement à la kératine présente dans ma peau, mes ongles et mes tissus mous, la mélanine est moins susceptible de se dégrader. C'est pourquoi les plumes plus foncées des dinosaures sont visibles pour les paléontologues, mais pas leurs plumes claires. C'est aussi pourquoi les personnes ayant une peau et des cheveux plus foncés que les miens ont beaucoup plus de chances d'être considérées comme des fossiles exquis par les futurs paléontologues. Cependant, Vinther dit qu'il est possible que mes organes contenant de la mélanine puissent apparaître, comme le foie. Il avait également des nouvelles pour moi concernant la partie de mon corps extérieur pâle qui était la plus susceptible d'être visible dans les futures roches... mes organes génitaux. C'est parce que la peau de cette partie du corps est légèrement plus foncée que celle des régions exposées au soleil tous les jours, dit-il. Comme si cette pensée n'était pas assez humiliante, il semble également que mon manque de gros muscles soit un problème. Dans les bonnes conditions, le tissu musculaire peut se préserver en libérant du phosphate. ""Si le calcium est présent et que le pH est faible, il peut y avoir précipitation du phosphate de calcium et, si cela se produit suffisamment tôt, les fibres musculaires individuelles peuvent être reproduites"", explique M. Vinther. Je suis bien trop maigre pour espérer cela. Et les parties ""jetables"" ? Ongles de pied, cérumen, matières fécales ? La plupart des substances produites par le corps se dégradent assez rapidement, même si elles sont enterrées. Le caca fossile, par exemple, existe - c'est à la célèbre paléontologue Mary Anning que nous devons d'avoir trouvé certains des premiers exemples dans les années 1800 - mais ces coprolithes sont très rares. Parmi mes propres productions corporelles jetables, il est probable que, tout au plus, seul le phosphate de calcium de mes ongles d'orteil puisse rester pour se fossiliser. ""Si vous allez à une soirée à lumière noire à Ibiza, vous verrez que vos ongles ont une sorte de fluorescence fantomatique, et c'est à cause du phosphate de calcium dans nos ongles. Il peut se fossiliser et laisser une faible empreinte de l'endroit où se trouvait l'ongle"", explique M. Vinther. Cependant, la majeure partie de l'ongle - composé de kératine - aurait disparu depuis longtemps. Donc, le mieux que je puisse raisonnablement espérer est de fossiliser mon squelette et mes dents, peut-être mon foie, et peut-être, si je suis vraiment chanceux, des empreintes fantômes de mes ongles de pied et de mes parties intimes. Quel héritage pour les générations futures ce serait ! Compte tenu de ces faibles chances, je me suis demandé s'il n'y avait pas moyen de tricher. Par exemple, pourrait-il y avoir un moyen de provoquer artificiellement la fossilisation pour éviter certains de ces obstacles ? À ma grande surprise, j'ai découvert que c'était possible - ou du moins, qu'il existait un moyen d'accélérer une partie du processus initial. Il s'agit d'une technique relativement nouvelle mise au point par Evan Saitta de l'Université de Chicago - un collègue de Vinther - appelée ""maturation dans les sédiments"". Lorsque la matière organique est enfouie, et avant de se minéraliser, elle subit un processus appelé maturation thermique. Ce processus prend normalement beaucoup de temps, mais Saitta pensait qu'il serait possible de l'accélérer en laboratoire. C'est un peu comme la cuisson sous pression. ""Si vous faites cuire une dinde au four, cela prend trois heures, mais si vous êtes dans une cocotte-minute, cela prend 30 minutes"", explique-t-il. M. Saitta a eu l'idée d'explorer ce processus après avoir fait quelques expériences avec une carcasse d'oiseau. Lui et ses collègues avaient enfermé un pinson dans des sédiments et de l'eau pour créer une sorte de pseudo-roche, curieux de savoir s'ils pouvaient simuler une fossilisation précoce. Cela n'a pas particulièrement bien fonctionné, mais cela l'a amené à se demander ce qui se passerait s'il chauffait et pressurisait également la carcasse. Un jour, il a discuté avec un ingénieur qu'il avait rencontré lors d'une conférence, Tom Kaye, de la Foundation for Scientific Advancement en Arizona, qui lui a dit qu'il pourrait construire quelque chose chez lui, où il dispose d'un atelier de métallurgie dans son garage. Quelques mois plus tard, Saitta et Kaye construisaient leur engin, prêts à expérimenter avec une collection de lézards, d'insectes, de résine d'arbre, de plumes et de végétation. Leur dispositif comprenait des compresseurs d'air recyclés (""Je pense qu'ils viennent de l'époque où Tom jouait au paintball"", dit Saitta), et une presse à pilules qui sert habituellement à fabriquer des compléments alimentaires à base de plantes. ""C'était une véritable monstruosité"", se souvient-il. Mais ça marchait. Chaque nuit, en Arizona, ils commençaient une fournée et, le matin, ils étaient impatients de découvrir les résultats. ""On se disputait pour savoir qui allait les ouvrir comme des cadeaux de Noël"", se souvient-il. ""Nous pouvions fendre cette petite tablette et obtenir un 'fossile' dans les sédiments à grain fin : des taches sombres dans les plumes, des os brunis, des halos sombres des tissus mous autour des os... ce que l'on voit chez les dinosaures à plumes chinois."" Pour être clair, la maturation n'est que la première étape de la fossilisation. La minéralisation et la cristallisation qui conduisent à la préservation à long terme sont un tout autre processus qui se produit plus tard. Et leurs résultats sont également assez petits, produisant des spécimens de seulement quelques centimètres de diamètre. Mais j'ai été surpris de voir à quel point ils ressemblent à de vrais fossiles. Saitta et Kaye pourraient-ils fabriquer une version à taille humaine de leur fossilisateur ? Ils aimeraient construire quelque chose de plus grand, mais ils ont besoin du budget nécessaire. Mais la réponse est oui, en principe. En revanche, entreprendre de me fossiliser pourrait les conduire en prison. Puisque je ne veux pas causer d'ennuis aux paléontologues, il existe un autre raccourci pour les fossoyeurs en herbe : la méthode de l'ambre. Comme l'a expliqué Caitlin Syme, experte en taphonomie à l'université du Queensland, en Australie, à BBC Future en 2018 : ""Si vous pouvez trouver une quantité assez importante de sève d'arbre et la faire recouvrir d'ambre, ce sera le meilleur moyen de préserver vos tissus mous ainsi que vos os. Mais c'est évidemment assez difficile pour un animal aussi grand."" En gardant cela à l'esprit, j'ai demandé à Vinther comment il pourrait être simulé. ""L'ambre est essentiellement un plastique, une substance organique polymérisée"", explique-t-il. Par conséquent, si je sautais dans une cuve de polyuréthane et que quelqu'un m'enterrait au fond de l'océan, cela pourrait fonctionner. (Ce serait aussi, fait-il remarquer, emblématique de l'Anthropocène précoce, riche en plastique). Inspiré par cette idée, mais réticent à l'idée d'aller nager dans du polyuréthane, j'ai décidé de mener une expérience à la maison. Un après-midi, ma fille de 9 ans et moi avons pris part à un projet d'artisanat sain impliquant de la résine époxy, qui est l'une des meilleures choses après l'ambre. Il n'est pas nécessaire de la chauffer pour la faire fondre, et elle sèche en un bloc de plastique solide. Heureusement, les budgets de la BBC ne permettent pas d'envelopper tout mon corps. J'ai donc décidé de préserver mes ongles de mains et d'orteils, ainsi que quelques fragments de poils de nombril pour faire bonne mesure. En grande cérémonie, ma fille et moi avons placé mes ongles et mes poils dans l'époxy liquide d'un porte-gâteaux en silicone, avec un petit caillou sur lequel nous avons écrit ""Bonjour de 2022"". ""Pourquoi on fait ça, papa ?"" a demandé ma fille. Bonne question, ai-je répondu. Lorsqu'il a été prêt, 24 heures plus tard, j'ai envisagé de jeter mon fossile de fortune en résine dans la mer, sachant qu'il avait les meilleures chances d'être enterré en profondeur. Mais l'océan contient déjà beaucoup trop de plastique, alors j'ai décidé de ne pas le faire. Au lieu de cela, je l'ai simplement enterré dans mon jardin, avec la mélodie de Jurassic Park dans ma tête pendant que je creusais la terre. Mes ongles d'orteil en plastique survivront-ils à l'épreuve du temps ? Presque certainement pas, mais c'était la méthode la plus simple à laquelle j'ai pensé pour créer un ""fossile"" sans mourir, sans me couper un bras ou m’enlever une dent. J'aime aussi l’idée qu'un jour, quelqu'un le trouvera et se demandera qui avait été motivé pour laisser derrière lui cet étrange objet. Peut-être qu'après avoir vécu une vie longue et saine, j'aurai la chance de devenir moi-même un véritable fossile, comme le trilobite qui se trouve sur mon bureau. Je sais maintenant à quel point c'est improbable, mais quel héritage plus permanent pourrait-il y avoir ? *Richard Fisher est journaliste senior pour BBC Future et tweete @rifish." https://www.bbc.com/afrique/monde-60901784 +business Une nouvelle centrale solaire en chantier au Burkina Faso "La ville de Pa à environ 200 kilomètres à l'ouest de Ouagadougou a été retenue pour abriter la nouvelle centrale solaire dont la construction vient de commencer. Cette centrale, la deuxième du pays va coûter plus de 21 milliards de francs CFA et sera réceptionnée dans dix mois. Selon une source proche du dossier la nouvelle source d'énergie solaire va alimenter 150 000 ménages. Les 150 000 ménages seront repartis dans six localités, dont Pa une commune où les populations peinent à avoir accès à l'énergie témoigne Issouf Kaboré un habitant de la localité. Neuf policiers poursuivis par la justice au Burkina Faso Une ""base logistique terroriste"" découverte au Burkina Cette centrale sera construite en partenariat public privé avec la groupe français Urbasolar qui va investir 21,5 milliards. Les 25 000 panneaux auront une production annuelle de 51,7 Gigawatt/h explique un responsable du groupe. Le premier ministre burkinabè, Christophe Dabiré, a indiqué que la nouvelle infrastructure solaire sera la deuxième plus grande centrale du pays, mais la première d'une série de cinq à construire cette année pour porter la production solaire à 200 mégawatts à l'horizon 2021. Toute la production sera rachetée par la société nationale d'électricité qui se chargera de la distribution. Le coût du kilowattheure sera de 48 francs contre 75 le prix actuel pratiqué dans le pays. La centrale sera elle exploitée par la société pendant 25 ans avant d'être rétrocédée à l'État burkinabè." https://www.bbc.com/afrique/region-51352062 +business Congo : les conséquences du passé tragique du caoutchouc "Nous sommes en 1904 à l'État indépendant du Congo (actuel RDC). Le traitement infligé aux travailleurs du caoutchouc de pays a donné lieu à la première campagne photographique au monde en faveur des droits de l'homme. Dans cette collection, une photo particulière a provoqué un tollé en Europe, celle d'un homme, sur le bord d'une terrasse en bois, regardant deux objets vers le bas. Nsala regarde la main et le pied coupés de sa fille Boali, âgée de cinq ans, une photographie en noir et blanc prise par Alice Seeley Harris. En arrière-plan, des palmiers, deux autres hommes fixent sinistrement leur ami ou peut-être le photographe, c'est difficile à dire. La photo a été prise en 1904 dans un avant-poste missionnaire à Baringa. La femme de Nsala et ses enfants venaient alors d'être tués. Lire aussi : La Belgique s'excuse pour les enlèvements d'enfants métisses à l'époque coloniale Macron reconnaît ""les crimes de la colonisation"" Imprimées sous forme de dépliants et exposées lors de réunions publiques, les images poignantes d'Alice ont constitué la première campagne photographique au monde en faveur des droits humains. La pression publique qui en a résulté, a finalement forcé le roi Léopold II de Belgique - cousin de la reine Victoria - à relâcher son emprise sur la colonie décrite dans le roman Au cœur des ténèbres. Lire aussi : Le Royaume-Uni rend les cheveux d'un empereur éthiopien L'Allemagne restitue des ossements à la Namibie Retour 70 ans en arrière à New York, en 1834, un jeune homme pauvre, malade mais optimiste, a frappé à la porte de la Roxbury India Rubber Company. Charles Goodyear avait atterri en prison pour dettes lorsque l'entreprise familiale de quincaillerie a fait faillite, mais il avait l'intention d'inventer un moyen de se sortir de ses difficultés financières. Sa dernière idée était un type amélioré de soupape d'air pour les gilets de sauvetage gonflables en caoutchouc. Malheureusement pour Goodyear, le directeur a adoré sa valve - mais a avoué que son entreprise était au bord de la ruine. Il n'était pas seul. Partout aux États-Unis, les investisseurs avaient investi de l'argent dans cette nouvelle substance miraculeuse - extensible, flexible, étanche à l'air et imperméable - mais tout allait terriblement mal. Lire aussi : Que savez-vous sur les 'trésors pillés' d'Afrique ? Un Musée des civilisations noires à Dakar Le caoutchouc était connu depuis longtemps en Amérique du Sud, et les Européens ont signalé pour la première fois son existence dans les années 1490 que les indigènes fabriquaient ""une sorte de cire"" à partir d'arbres qui ""donnent du lait à la coupe"". Ce ""lait"" était du latex - il se trouve entre l'écorce intérieure et extérieure. Une partie du caoutchouc a fait son chemin vers l'Europe, mais surtout par curiosité. Dans les années 1700, un explorateur français a apporté le nom ""caoutchouc"" d'une langue locale - il signifiait ""bois pleureur"". Le scientifique Joseph Priestley a donné son nom commun quand il a remarqué qu'il effaçait les marques de crayon sur le papier. Dans les années 1820, une quantité croissante de caoutchouc était expédiée du Brésil vers le monde entier et transformée en manteaux, chapeaux, chaussures et gilets de sauvetage gonflables. Puis est arrivé un été très chaud, et les entrepreneurs ont regardé avec consternation leurs stocks fondre en une boue nauséabonde. Goodyear a vu sa chance. Une fortune attendait celui qui pourrait inventer un moyen de faire en sorte que le caoutchouc résiste à la chaleur et au froid, qui le rendait cassant. C'est vrai, Goodyear n'avait aucune formation en chimie, et pas d'argent, mais pourquoi cela l'arrêterait-il ? Lire aussi : La Côte d’Ivoire peine à exporter son caoutchouc Pendant des années, il traîna de ville en ville sa femme Clarissa et leur couvée grandissante, louant des maisons de plus en plus insalubres, mettant en gage leurs biens de moins en moins nombreux et accumulant les dettes. Quand Clarissa n'était pas en train de nourrir les enfants, Charles réquisitionnait ses casseroles pour mélanger le caoutchouc avec tout ce qui lui venait à l'esprit : magnésium, chaux, noir de carbone. Il finit par trouver la réponse : chauffer le caoutchouc avec du soufre. C'est un processus que nous appelons maintenant vulcanisation. Malheureusement pour le long martyr de Clarissa, cela a conduit son mari à emprunter encore plus d'argent pour des procès afin d'essayer de protéger ses brevets. Il est décédé en devant 200 000 $ (environ 118 millions de FCFA). Mais la ténacité de Charles avait placé le caoutchouc au cœur même de l'économie industrielle. Il était dans les courroies, les tuyaux et les joints, utilisés pour sceller, isoler et absorber les chocs. A regarder : À la fin des années 1880, l'inventeur écossais John Dunlop fournit la pièce manquante du puzzle en réinventant le pneu, qui avait été développé quelques décennies auparavant, mais qui n'avait pas réussi à décoller. Dunlop était vétérinaire. Il avait bricolé le tricycle de son fils, essayant de trouver un moyen d'amortir les chocs. Les fabricants de vélos ont rapidement compris les avantages, tout comme l'industrie automobile naissante. La demande de caoutchouc a explosé. Les puissances coloniales d'Europe ont entrepris de défricher de vastes étendues d'Asie pour y planter l'hévéa brasiliensis, plus connu sous le nom d'""arbre à caoutchouc"". Mais ces nouvelles plantations d'hévéa prenaient du temps à pousser, et des centaines d'autres plantes produisent aussi du latex, en quantités variables - même d'humbles pissenlits. Dans la forêt tropicale du Congo, il y avait des vignes qui pouvaient être exploitées pour répondre immédiatement à la demande. Lire aussi : PSA va produire des véhicules en Algérie Un Nigérian achète la voiture de Schwarzenegger Comment obtenir ce caoutchouc, le plus rapidement et le plus souvent possible ? En l'absence de scrupules, la réponse était d'une simplicité affligeante : envoyez des hommes armés dans un village, enlevez les femmes et les enfants, et si leurs hommes n'ont pas rapporté assez de caoutchouc, coupez une main - ou tuez une famille. Certaines choses ont changé depuis que Nsala a rencontré Seeley Harris à Baringa. Plus de la moitié du caoutchouc dans le monde ne provient plus du ""bois qui pleure"" mais du jaillissement du pétrole. Les tentatives de fabrication de caoutchouc synthétique ont commencé lorsque le caoutchouc naturel est devenu populaire et ont pris leur envol pendant la Seconde Guerre mondiale. Les lignes d'approvisionnement en provenance d'Asie ayant été interrompues, le gouvernement américain a poussé l'industrie à développer des produits de remplacement. Le caoutchouc synthétique est souvent moins cher, et parfois meilleur - par exemple pour les pneus de vélo. A regarder : Mais pour certaines utilisations, vous ne pouvez pas encore battre un peu d'Hevea brasiliensis. Environ les trois quarts de la récolte mondiale de caoutchouc sont consacrés aux pneus pour les véhicules lourds. Et comme nous fabriquons de plus en plus de voitures, de camions et d'avions, nous avons besoin de plus en plus de caoutchouc pour habiller leurs roues, et c'est difficile. L'hévéa a soif, les écologistes s'inquiètent donc des pénuries d'eau et de la biodiversité, car la forêt tropicale humide de l'Asie du Sud-Est cède de plus en plus la place aux grandes plantations. Cela se passe aussi en Afrique. Parcourez 1 000 km à travers la forêt tropicale de Baringa, où Seeley Harris a rencontré Nsala, à l'ouest et légèrement au nord, et vous arriverez à Meyomessala au Cameroun, qui fait partie de la réserve de faune du Dja, site du patrimoine mondial de l'UNESCO. Tout près, la plus grande entreprise mondiale de transformation du caoutchouc, Halcyon Agri, défriche des milliers d'hectares pour l'hévéaculture sur sa plantation Sudcam. Des groupes environnementaux tels que Greenpeace, le WWF et le Centre pour la recherche forestière internationale ont tous fait part de leurs préoccupations quant à l'impact du déboisement dans la région. Certains villageois prétendent qu'ils n'ont pas été correctement indemnisés pour la perte de leurs terres. A Lire : L'ex-président kényan Daniel Arap Moi condamné pour expropriation de terres Afrique du sud, des fermiers blancs expropriés ? En réponse, en novembre 2018, Halcyon Agri a annoncé une nouvelle politique de chaîne d'approvisionnement "" durable "" et a lancé une Commission de durabilité couvrant son travail au Cameroun. Promettant d'aborder les conditions de travail, l'acquisition et l'utilisation responsable des terres, la protection de l'écosystème et les pratiques éthiques, la société a reconnu qu'elle "" comprend son rôle et son obligation de minimiser son impact sur l'environnement tout en continuant à répondre à la demande croissante pour une matière première indispensable à la vie moderne "". Halcyon Agri est une filiale de Sinochem, une entreprise publique chinoise. La demande de caoutchouc d'une grande puissance étrangère suscite donc toujours la controverse en Afrique. Mais maintenant que la controverse porte sur l'abattage d'arbres, pas sur les mains. C'est un progrès, en quelque sorte. L'auteur écrit la chronique Undercover Economist du Financial Times. 50 choses qui ont façonné l'économie moderne est diffusé sur BBC World Service." https://www.bbc.com/afrique/region-49131266 +business Le Tchad ‘rembourse une dette de 100 millions de dollars à l'Angola avec du bétail’ "Le Tchad rembourse à l'Angola une dette de 100 millions de dollars avec du bétail, a rapporté le quotidien d'Etat. Cet accord inhabituel est considéré comme créant une situation gagnante pour les deux nations - le Tchad manque d'argent alors que l'Angola a besoin de bétail. Plus de 1 000 vaches sont arrivées par bateau à Luanda, la capitale de l'Angola, comme premier paiement, a rapporté le Journal officiel de Angola. Au total, l'Angola recevrait 75 000 bovins sur 10 ans, ce qui signifie qu'il a accepté un paiement de 1 333 dollars par animal. Le Tchad enverra 3 500 têtes de bétail supplémentaires dans le courant du mois, ajoute l'article. Recenser le bétail pour lutter contre le vol et les maladies animales Oscar, le petit suédois qui veut devenir Masaï Inquiétude des éleveurs en Mauritanie Le Tchad a proposé de rembourser la dette de 2017 avec du bétail, et l'Angola a accepté parce qu'il aiderait l'Etat d'Afrique australe à reconstruire sa population bovine dans les zones touchées par la sécheresse, a déclaré le quotidien d'Etat. L'Angola est souvent frappée par la sécheresse, provoquant la mort des animaux par la faim et la soif et laissant de nombreux villageois dans le dénuement. Bien que riche en pétrole, le pays s'efforce toujours de se remettre des séquelles d'une guerre civile de 27 ans qui a ravagé le pays après l'indépendance. Le Tchad est décrit par l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) comme un ""pays d'élevage par excellence"", avec environ 94 millions de têtes de bétail. Le bétail représente 30 % des exportations du Tchad et constitue sa principale source de devises après le pétrole. Dans un rapport publié en octobre dernier, la Banque mondiale a déclaré que l'économie du Tchad ""reste fragile et vulnérable à des risques considérables, tels que la volatilité des prix du pétrole et l'insécurité régionale"" causée par les groupes islamistes militants opérant dans la région." https://www.bbc.com/afrique/region-51928783 +business "Natalia Grace Barnett : ""J'ai 16 ans, je ne suis pas une escroc de 33 ans""" "Une orpheline ukrainienne a nié s'être fait passer pour une enfant et d'avoir ensuite menacé de tuer la famille américaine qui l'avait adoptée. Natalia Grace Barnett a démenti les allégations de ses anciens parents adoptifs selon lesquelles elle est une femme adulte, de près de 30 ans. ""J'ai 16 ans"", a-t-elle dit lors de son premier entretien. ""J'avais six ans quand je suis arrivée aux États-Unis. Je sais juste qu'une famille est venue me rendre visite et au bout d'un moment, ils m'ont adoptée."" Lire également: Natalia, qui a une forme de nanisme, dit qu'elle a été prise en charge par plusieurs familles d'accueil en Amérique avant son adoption par Kristine et Michael Barnett, qui vivaient en Floride, en 2010. Kristine et Michael ont dit qu'on leur avait fait croire que Natalia avait six ans lorsqu'ils l'ont adoptée, mais qu'ils doutaient de son âge, croyant qu'elle avait plus de 20 ans à l'époque. Les Barnetts ont dit qu'ils se sentaient menacés par Natalia et qu'ils ont fini par déménager au Canada sans elle - mais ils ont payé un an de loyer pour qu'elle vive seule dans un appartement. Kristine et Michael sont actuellement accusés de négligence et seront jugés début de 2020. ""En fait, je pensais avoir trouvé la bonne famille après être passé dans beaucoup de familles "", a déclaré Natalia à l'animateur de l'émission télévisée américaine Dr Phil, au sujet de son adoption par les Barnetts. ""Je pensais avoir trouvé la bonne famille pour moi."" Natalia a admis qu'une famille précédente l'avait renvoyée aux services sociaux américains lorsqu'elle a blessé un autre enfant. ""L'un des garçons, lui et moi étions très proches, alors on s'est presque battus, mais j'ai atterri sur son bras et la mère a cru que j'essayais de lui casser le bras "", dit Natalia. En septembre dernier, Kristine Barnett a déclaré au Daily MailTV que Natalia avait menacé de poignarder sa famille dans leur sommeil, qu'elle avait essayé d'empoisonner son café et de la pousser sur une clôture électrique. Natalia nie toute tentative de blesser ou de tuer les Barnetts ou leurs enfants. Elle a dit au Dr Phil que les allégations d'empoisonnement étaient un malentendu lors du nettoyage avec Kristine. Elle nie également qu'elle avait l'intention de les poignarder et affirme que si elle avait fait un cauchemar, elle serait entrée dans leur chambre le soir. Natalia a également dit que, bien qu'elle ait vécu seule pendant un an à l'âge de huit ans, elle vivait des conserves laissées pour elle par les Barnetts. Elle avait été inscrite dans une école pour adultes et affirme que Kristine Barnett lui avait suggéré de dire aux autres quelle avait 22 ans. Elle est apparue sur le talk-show américain avec Antwon et Cynthia Mans, le couple avec qui elle vit maintenant et qui la croit âgée de 16 ans. Ils disent qu'elle n'a fait aucun mal à leur famille. Natalia a été adoptée pour la première fois par Kristine et Michael Barnett - qui avaient déjà trois fils - en 2010. Ils disent qu'ils croyaient qu'elle avait six ans et qu'elle était ukrainienne, avec une forme de nanisme. Mais la famille a prétendu que peu de temps après avoir adopté Natalia, elle a commencé à se méfier de son âge réel en raison de son comportement et de sa maturité. En septembre dernier, Kristine a déclaré à DailyMailTV que Natalia parlait plus comme une adolescente qu'une enfant, elle ne voulait pas utiliser des jouets et voulait passer du temps avec des filles plus âgées. Elle dit aussi qu'il y avait des signes physiques qu'elle pourrait être plus âgée que la famille ne le croyait. ""Je lui donnais un bain et j'ai remarqué qu'elle avait des poils pubiens. J'étais tellement choquée "", dit-elle. ""On venait de me dire qu'elle avait six ans et il était très évident qu'elle était plus âgée"". ""Natalia était une femme. Elle avait ses règles. Elle avait des dents d'adulte. Elle n'a jamais grandi d'un pouce, ce qui arriverait même avec un enfant avec un nanisme."" Natalia a nié avoir eu ses règles alors qu'elle vivait avec les Barnetts dans son entretien avec le Dr Phil. Plus tard, affirment Kristine et Michael, Natalia est devenue une menace pour leur famille. En 2012, les Barnetts ont déposé une requête auprès de la Cour supérieure du comté de Marion, en Floride, afin que la date figurant sur le certificat de naissance de Natalia soit modifiée de 2003 à 1989. Kristine affirme que des tests osseux ont prouvé que Natalia avait 14 ans ou plus au moment de son adoption, et dit que Natalia a avoué être plus âgée qu'elle ne l'avait prétendu pendant un long séjour dans une unité psychiatrique - où elle a été placée en 2012 par les Barnetts. Mais en 2013, Natalia a reçu son congé des soins psychiatriques et les Barnetts ont décidé qu'ils n'étaient plus disposés à s'occuper d'une personne qu'ils prétendaient être un adulte. Ils ont meublé et payé le loyer d'un appartement à Lafayette, en Indiana, où Natalia a vécu seule pendant un an, jusqu'à ce qu'elle dise à la police qu'elle avait été abandonnée par ses parents en 2014. Kristine et Michael ont divorcé en 2014, mais ont été traduits en justice plus tôt en 2019 pour négligence en abandonnant un enfant en 2013. La date du procès a été fixée au 28 janvier 2020 et, après avoir parlé à plusieurs sources d'information cette année, ils ont reçu un ordre de bâillon - ce qui les empêche de parler aux médias de l'affaire ou à Natalia. Oui, c'est vrai, c'est l'intrigue du film Orphan de 2009 - qui raconte l'histoire d'un couple qui adopte un enfant qui s'avère être une femme dangereuse originaire de Russie et dont l'état a ralenti sa croissance physique. Dans le film, la femme se faisant passer pour une enfant tue plusieurs personnes, dont son père adoptif." https://www.bbc.com/afrique/monde-50375130 +business Energies renouvelables : comment produire de l'électricité pour vos voisins "Des centaines de millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité. Mais partout dans le monde, des gens unissent leurs forces pour apporter une solution locale, en créant leurs propres ""micro-réseaux"" utilisant des énergies renouvelables. John Magiro, du Kenya, est l'un d'entre eux. Fatigué d'attendre que l'électricité arrive chez lui, il a construit sa propre petite centrale électrique." https://www.bbc.com/afrique/monde-59897990 +business "Prix du loyer : pour la caution ""chacun à son prix, de 3 mois à 10 mois, il y a l'anarchie""" "Débourser jusqu'à 12 mois de loyer pour pouvoir poser ses meubles dans un nouvel appartement est devenu la norme dans de nombreux pays. Une situation particulièrement difficile pour les jeunes actifs. Emmanuel Koukougnon, jeune trentenaire habitant à Abidjan, a mis près d'une année avant de pouvoir quitter le domicile familial après avoir trouvé son emploi. En cause, non un attachement particulier à ses parents mais plutôt le coût excessif des dépôts de garantie, appelés mois de caution dans le langage courant, exigés par les propriétaires de logements. Son salaire de jeune cadre moyen lui permettait de louer un 2 pièces. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Bien que la loi ivoirienne limite les montants exigibles par les propriétaires à 2 mois de dépôt de garantie et 2 mois d'avance, les sommes réellement exigées par les bailleurs à l'entrée dans un logement sont dans la pratique souvent faramineuses. ""C'est difficile car ici les agences immobilières agréées sont généralement positionnées dans les logements de luxe, donc il faut soi-même se débrouiller pour chercher sa maison. Dans mon cas le montant le plus élevé que l'on m'a exigé c'est 8 mois de caution"", témoigne-t-il. Sans accompagnement de l'Etat ou des banques, c'est grâce à l'aide de dons de divers membres de sa famille qu'il a pu collecter un peu plus de 500.000 Fcfa nécessaires pour payer les 7 mois de loyers exigés par son bailleur afin d'entrer dans son nouveau logement. Pour ceux dont la famille ne peut aider, les prêts souscrits auprès de proches ou les tontines servent de moyen de financement. ""J'ai payé 2 mois de caution, 4 mois d'avance et 1 'mois d'agence'"", explique M. Koukougnon. A écouter : Le ""mois d'agence"", un mois de loyer non remboursable à verser au propriétaire, qu'une agence soit intervenue ou pas dans la recherche de logement, est une pratique devenue courante à Abidjan. Un coût qui vient encore alourdir la facture pour les locataires. Et tout cela sans compter les frais d'ameublement du futur logement. A cela vient s'ajouter les ""démarcheurs"", ces agents immobiliers informels chargés de vous aider à trouver un logement, qui exigent 5.000 Fcfa par visite de logement. ""J'ai eu de la chance mais je connais des amis qui ont dépensé 60 à 70.000 Fcfa juste en frais de visite pour pouvoir déménager"", souligne M. Koukougnon. Une situation qui fait que les jeunes mettent souvent longtemps à quitter le toit parental bien qu'ils travaillent. ""Il faut au minimum 18 mois afin d'économiser suffisamment pour pouvoir se prendre un appartement, un peu moins quand on a de la famille pour aider"", observe-t-il. Les dispositions qui fixent les montant exigibles à 2 mois de dépôt de garantie et 2 mois d'avance de loyer ne sont pas prises en compte par la majorité des bailleurs car les recours contre les locataires indélicats sont souvent longs et coûteux. ""Le paiement n'est pas automatique et il doivent patienter environ 3 mois pour que le locataire soit expulsé donc les propriétaires ne respectent pas la législation"", explique Yao Blé, juriste spécialiste des questions d'immobilier. Parfois ce sont les locataires eux-mêmes qui proposent de payer 10 mois de loyer afin d'éliminer la concurrence d'autres locataires potentiels. ""Certains en complicité avec le locataire font deux contrats, un conforme à la loi avec deux mois d'avance et deux mois de dépôt de garantie et un autre contrat qui mentionne les 10 mois et sur lequel est agrafé un reçu"", détaille M. Blé. A regarder : Une pratique qui permet de contourner les contrôles des contrats de bail effectués par les mairies. ""Car le contrat qui ne respecte pas la loi ne peut pas être légalisé par la mairie"", précise-t-il. En cas d'abus, la loi n'est pas claire sur les modalités de recours devant le ministère de la Construction ou le tribunal, selon le juriste. Le propriétaire risque une amende mais le locataire est souvent dans l'impossibilité de fournir des preuves. Contacté par la BBC, le Ministère de la construction du logement et de l'urbanisme n'a pas répondu à notre demande de commentaire. ""Si la législation allégeait les conditions de délai et financières des bailleurs [en cas d'impayés de loyers] je crois que l'on aurait pu facilement revenir sur cette situation"", juge Yao Blé. Burkina Faso : Le montant de ce dépôt de garantie ne peut être supérieur à deux mois de loyer. (Art.26, Loi n°103-2015) Gabon : Le montant du dépôt de garantie ne peut être supérieur à trois mois de loyer principal à l'exclusion des charges. (Art.45, Loi n°15/88 du 30 décembre 1988) Mali : Le montant du cautionnement et des loyers à verser d'avance à titre de garantie ne peut excéder une somme correspondant à un mois de loyer. (Art.5, Décret n°146/PG-RM du 27 septembre 1967) Côte d'Ivoire : Le montant du dépôt de garantie ne peut être supérieur à deux mois de loyer. RDCongo : Le montant du dépôt de garantie ne peut être supérieur à trois mois de loyer pour les locaux à usage résidentiel. (Art. 18, Loi du 31 décembre 2015) Sénégal : Le montant du dépôt de garantie doit être limité à deux mois de loyer sans les charges. * Source www.droit-afrique.com Au Congo, l'article 18 de la Loi du 31 décembre 2015 limite la garantie à 3 mois pour les locaux à usage résidentiel, au delà la loi prévoit une sanction pénale (1 à 3 ans de prison ferme) et/ou civile (3 à 6 mois d'amende, soit autant de mois de loyer). ""Le bailleur doit conserver la caution elle ne doit ni produire des intérêts ni être utilisée pour les loyers. Il n'y a pas de dérogation ni d'exception aux 3 mois sinon et le bailleur et le propriétaire encourent des amendes"", souligne le Pr. Jules Wembi, directeur de l'habitat au ministère de l'urbanisme et habitat. Mais sur le terrain la loi n'est pas toujours observée. ""Certains vont jusqu'à 10 mois voire une année de garantie"", déclare Josué Wa Kaleta, propriétaire de biens immobiliers à Kinshasa. ""Les autres bailleurs ont peur car nous avons des problèmes de régularité de paiement des locataires"", ajoute-t-il. Pour James Kisisi, un habitant de Kinshasa, la majorité des propriétaires connaissent une forme de précarité économique. ""La plupart des bailleurs vivent des loyers et chaque fois qu'un locataire quitte, c'est le [dépôt de garantie] du nouveau locataire qui va leur donner les trois mois à rembourser. Du coup, les propriétaires ont tendance à demander un peu plus afin qu'il leur reste quelque chose en poche"", explique James Kisisi, un habitant de Kinshasa. A écouter : Cela n'empêche pas les propriétaires d'exiger tout de même 2 mois d'avance de loyer en plus des nombreux mois de garantie. ""Chacun à son prix, de 3 mois à 10 mois, il y a l'anarchie. Sur le terrain, il y a un problème la population ne tire pas profit de la législation"", déplore Jean-Jacques Benameyi, président de la Ligue des locataires. Une situation qui profite aux locataires les plus fortunés. ""Quand ça va au-delà de 6 mois ce n'est pas facile car la somme sera difficile à rassembler. Les loyers à Kinshasa sont quand même assez chers. Cela élimine la concurrence dans la location car le nombre de gens qui peuvent avoir cette garantie diminue"", affirme James Kisisi, un habitant de Kinshasa. Pour les locataires moins fortunés l'équation est difficile à résoudre. ""Emprunter à la banque c'est vraiment se mettre la corde au cou, emprunter à sa famille c'est un peu ternir son image, les gens ont souvent recours aux tontines"", dit M. Kisisi. Du côté des propriétaires le dépôt de garantie est leur seule protection en cas d'impayés car il n'existe pas de système de caution solidaire (une autre personne ou un organisme public ou privé qui s'engage à prendre le relai dans les paiements des loyers lorsque le locataire n'arrive plus à faire face). ""Quand le locataire n'arrive pas à payer vous puisez dans la garantie. Or, la loi dit que vous ne pouvez pas faire partir un locataire avant un préavis de trois mois. C'est ce qui fait les gens prennent plus que trois mois afin de perdre moins en cas de non paiement des loyers"", réagit M. Kisisi. Un contexte juridique qui fait pencher le marché en défaveur des locataires d'après M. Wa Kaleta. ""La justice est lente et quand vous allez au ministère de l'Habitat au niveau communal, on vous demande de verser un mois de loyer pendant que vous êtes en train de vouloir déguerpir de force le locataire qui est chez vous"", affirme-t-il. ""Vous êtes en difficulté de recouvrer le loyer et on vous dit encore de payer un peu plus sans compter les frais connexes"", ajoute-t-il. Lire aussi : En cas d'abus, les locataires doivent premièrement faire une tentative de conciliation devant les services de l'Habitat dans les communes. Ceux-ci doivent établir un procès-verbal signalant l'impossibilité de concilier les deux parties que le locataire peut alors présenter au juge. Mais le président de la Ligue des locataires reproche aux techniciens du ministère de ne ""pas être à la hauteur"". ""La plupart ne sont pas formés et la loi n'est pas connue par les parties"", dit Jean-Jacques Benameyi. Ce 25 mai, il était reçu par le ministre de l'urbanisme et de l'habitat qui a promis lancer une campagne sur le terrain. ""Il faut former le personnel [chargé de l'application de la loi], vulgariser c'est aussi faire comprendre aux fonctionnaires"", déclare le Pr. Jules Wembi directeur de l'habitat au ministère de l'urbanisme et habitat. ""Nous sommes en préparation d'une vaste campagne de sensibilisation des administrations et des associations de locataires et de bailleurs dans le pays et l'implantation du ministère des baux à loyer sur l'ensemble du territoire est encore en train de poursuivre"", ajoute-t-il. De son côté, la Ligue des locataires va déployer une antenne dans chaque commune pour faciliter les démarches auprès des différents bureaux de l'habitat. René Moundzika, directeur Général chez G.I.S Global, reconnaît que ""la plupart du temps le propriétaire n'a pas envie de rendre le dépôt de garantie sauf lorsqu'il s'agit des entreprises qui ont un pouvoir très fort sur les propriétaires"". Il recommande de faire établir l'état des lieux d'entrée et de sortie par un huissier. ""Là vous avez un élément que vous allez pouvoir utiliser pour ne pas 'vous faire avoir' sur la caution"", dit-il. ""Entre les deux états des lieux, il doit y avoir une 'usure normale' et le locataire doit gérer en 'bon père de famille'"", rappelle M. Moundzika. Le mois d'agence : c'est un mois de loyer qui sert d'honoraire à l'agence. Le dépôt de garantie : appelé couramment caution par abus de langage. Somme donnée au prorpiétaire pour garantir les impayés de loyer et les dégradations du logement. La caution : personne qui s'engage au travers d'un acte de cautionnement à payer les loyers impayés du locataire. L'avance de loyer : somme demandée par le propriétaire" https://www.bbc.com/afrique/region-57218889 +business """L’exploitation artisanale de l’or contribue à financer les groupes djihadistes""." Il est l’auteur principal du rapport Reprendre en main la ruée vers l'or au Sahel Central publié mercredi par l’organisation International Crisis Group. L’ICG affirme que l’exploitation artisanale de l’or dans la zone du Sahel, Mali, Burkina Faso et le Niger, notamment contribue à financer les groupes djihadistes dans la région. Matthieu Pellerin, préconise que les états, mettent en place des politiques incitatives. Matthieu Pellerin, auteur principal du rapport Reprendre en main la ruée vers au Sahel Central publié par l’organisation International Crisis Group, répond aux questions de Jacques Matand’. https://www.bbc.com/afrique/monde-50429413 +business Bitcoin: 6 questions pour comprendre le fonctionnement de la crypto-monnaie la plus utilisée et pourquoi c'est dangereux "Le prix du Bitcoin est tombé en dessous de 34 000 $ pour la première fois en trois mois, suite à de nouvelles restrictions sur les crypto-monnaies imposées par la Chine. Pékin a interdit mardi aux institutions financières et aux sociétés de paiement de fournir des services liés aux transactions de crypto-monnaie. Il a également mis en garde les investisseurs contre le commerce cryptographique spéculatif. Cela fait suite à une baisse du Bitcoin de plus de 10 % la semaine dernière après que le constructeur automobile Tesla a déclaré qu'il n'accepterait plus la monnaie. Les actions de Tesla ont chuté de plus de 3 % à Wall Street même si la société, détenue par Elon Musk, détient toujours environ 1,5 milliard de dollars de crypto-monnaie. Lorsque son PDG a annoncé dans un tweet en février qu'il avait acheté pour 1,5 milliard de dollars de bitcoins et prévoyait de l'accepter comme mode de paiement, le prix de la crypto-monnaie a explosé. Et quand Musk a indiqué dans un autre tweet mercredi qu'il n'accepterait pas les bitcoins des personnes voulant acheter ses voitures, son prix a chuté à 15 %. Si un seul tweet peut faire monter ou baisser son prix soudainement, il s'agit sûrement d'un actif volatil que ses détracteurs assimilent à une combine à la Ponzi, autrement dit : une bulle sur le point d'éclater. Mais le bitcoin n'a historiquement évolué, selon ses partisans, que par cycles de quatre ans. Le dernier de ces cycles a culminé en décembre 2017, lorsqu'il a atteint 19 600 $. Un an plus tard, il a atteint un plancher de 3 000 $. L'année 2021 est la quatrième du prochain cycle et cela explique, selon ses adeptes, la hausse spectaculaire qui, non sans de fortes surprises, en a fait l'investissement le plus rentable : il a atteint 64 800 $ en avril. Et bien que le tweet de Musk lui ait donné une forte poussée vers le bas, ses défenseurs parient que cette année, il ira au-dessus de 100 000 dollars, les plus optimistes parlent de 250 000 dollars ou plus. De plus, rares sont ceux qui disent que cette année, contrairement aux précédentes, sera un ""super cycle"" qui n'apportera pas un effondrement aussi grand que les précédents. La différence : l'investissement institutionnel. Mastercard, Bank of New York Mellon et d'autres sociétés ont décidé de faciliter les transactions de crypto-monnaie de leurs clients. De plus, de grands fonds ont investi dans les monnaies numériques. La société de paiement électronique PayPal a rejoint cette vague en annonçant en mars un nouveau service qui permettrait aux clients d'acheter des produits auprès de millions de vendeurs à travers le monde en utilisant des crypto-monnaies telles que Bitcoin, Litecoin, Ethereum ou Bitcoin Cash. 1.Qu'est-ce que c'est? Le Bitcoin est un type de crypto-monnaie, c'est-à-dire une monnaie numérique qui peut fonctionner comme un moyen d'échange et que ses promoteurs utilisent comme réserve de valeur. Il n'existe pas physiquement et n'est contrôlé par aucun pays. C'est de la monnaie virtuelle dont le prix est en constante évolution, comme cela se produit avec d'autres devises comme le dollar ou l'euro. La grande différence est que le prix des crypto-monnaies est beaucoup plus volatil et, comme il n'y a pas d'organisme qui les contrôle, il monte et descend en fonction de l'évolution du marché. Le Bitcoin peut être utilisé pour acheter des produits ou comme instrument d'investissement, bien qu'il ne soit pas disponible dans tous les pays. Comme toutes les crypto-monnaies, le bitcoin est utilisé pour effectuer des paiements rapides et éviter les frais de transaction. 2. Comment ça marche ? Chaque bitcoin contient un code qui est stocké dans un 'portefeuille numérique' sur un téléphone portable ou sur un ordinateur, avec des 'clés privées'. Les gens peuvent envoyer ou recevoir des bitcoins (ou des parties d'un bitcoin) d'autres individus ou entreprises. En général, les crypto-monnaies sont basées sur un réseau décentralisé d'ordinateurs qui possède des nœuds répartis dans le monde entier avec des copies de toutes les transactions qui ont été effectuées. Ce réseau est appelé 'blockchain' ou chaîne de blocs. Ces blocs ou nœuds sont liés et sécurisés à l'aide de la cryptographie. Lorsque vous effectuez une transaction, ses données sont enregistrées dans un bloc, et elles sont automatiquement répliquées dans le reste. Le Bitcoin et chacune des monnaies numériques fonctionnent avec leur propre algorithme, ce qui permet de gérer le nombre de nouvelles unités émises chaque année. 3. Comment obtenir un bitcoin ? Il existe trois excellents moyens : Vous pouvez acheter un bitcoin (ou une partie de la devise) en utilisant de l'argent. De nombreuses personnes téléchargent des applications sur leurs téléphones qui leur permettent d'acheter des bitcoins en utilisant les fonds de leur compte bancaire. Vous pouvez vendre des choses et permettre aux gens de vous payer avec des bitcoins. Ou vous pouvez les créer via un processus appelé extraction de bitcoins avec des ordinateurs très puissants qui fonctionnent grâce à un système de récompense automatique. 4. Quelle est l'origine ? Début 2009, un programmeur anonyme ou un groupe de programmeurs sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto a publié un article faisant référence au bitcoin en tant que nouveau système de transaction décentralisé. Après avoir développé la technologie nécessaire pour rendre les transactions bitcoin possibles, en 2011 le code de crypto-monnaie et les domaines des pages Web ont été distribués entre plusieurs membres de la nouvelle communauté créée autour de la monnaie numérique. Cependant, il existe peu d'informations sur les événements qui ont permis le développement de la monnaie et ce qui est disponible ne provient pas de sources fiables. Le Bitcoin est reconnu comme la première monnaie électronique du marché et celle avec le prix le plus élevé du marché. 5. Pourquoi y a-t-il un boom ? L'intérêt croissant des grands investisseurs et des particuliers pour l'achat de bitcoins s'est accéléré au cours des deux dernières années. Auparavant, les crypto-monnaies étaient considérées comme des plateformes utilisées exclusivement par des organisations liées à la criminalité internationale pour effectuer leurs transactions illégales de manière anonyme. Les gouvernements, les banques centrales, les économistes et une bonne partie des investisseurs se sont opposés à un réseau qui n'est sous le contrôle et la supervision d'aucune sorte d'autorité. Cependant, alors que les grandes entreprises y ont ouvert leurs portes et que les fonds de capital-risque investissent dans la devise, le reste des investisseurs et les gens ordinaires ont commencé à prendre confiance. Et avec le développement d'applications permettant d'acheter et de vendre des bitcoins en quelques minutes depuis le téléphone portable, l'adoption de la crypto-monnaie s'est intensifiée. Jusqu'à présent en 2021, le prix du bitcoin a suivi une courbe ascendante, malgré les avertissements permanents des autorités qui assurent que la monnaie est une bulle qui éclatera à tout moment. 6. Quel est le risque ? Le principal risque est que ce soit une bulle financière qui finit par ruiner tous ceux qui ont déposé leur 'argent réel' dans une monnaie virtuelle qui n'est adossée à aucune institution. De la même manière que personne ne ""possède Bitcoin"", personne n'est responsable non plus. C'est pourquoi les présidents des banques centrales des grandes puissances disent constamment aux gens de ne pas investir leurs fonds dans des crypto-monnaies car ils finiront par ""perdre tout leur argent"". Ses détracteurs disent qu'il n'a pas de valeur intrinsèque, mais ceux qui le défendent disent que sa valeur est déterminée par un consensus social, comme c'est le cas pour les factures papier. L'un de ses plus fervents critiques est le célèbre économiste Nouriel Roubini, qui qualifie le bitcoin de ""shitcoin"". Il existe également des rapports d'escrocs qui préfèrent effectuer leurs opérations en utilisant des bitcoins ou d'autres crypto-monnaies car les paiements sont irréversibles. Et si l'entreprise qui stocke des bitcoins ferme ses opérations ou subit une cyberattaque, l'argent disparaîtra très probablement comme un écran de fumée. Il n'y a aucune garantie. Par conséquent, disent les experts, quiconque investit dans le bitcoin doit être prêt à perdre son argent en cas de problème." https://www.bbc.com/afrique/monde-57157812 +business Afrique Avenir : des déchets qui valent de l’or Faire de l’ancien avec du neuf ! Tel est le pari des jeunes entrepreneurs que nous recevons cette semaine. Originaires du Togo et du Cameroun, ils ont tous deux misés sur le recyclage pour monter et surtout faire fructifier leur entreprise. Forts de leur succès, ils partagent leur parcours, leurs objectifs et leurs conseils qui valent de l’or. Anne-Marie Dias Borges accueille : Afrique Avenir : comment percer dans le cinéma ? Afrique Avenir: les entrepreneurs contre le COVID https://www.bbc.com/afrique/region-53158555 +business Aisin-Gioro Puyi : la vie exceptionnelle du dernier empereur de Chine qui a fini comme jardinier "Quoi qu'il en soit, son histoire devait être extraordinaire, car il était destiné à devenir le maître absolu de près d'un quart de la population mondiale. Mais il finit par être unique en ce sens que, contrairement à ses ancêtres, il commence par le XXe siècle et en subit les conséquences. Aisin-Gioro Puyi est né en février 1906 à Pékin, alors que son oncle Guangxu est empereur de Chine. Ce dernier, cependant, a déjà été assigné à résidence pendant huit ans par sa tante, l'impératrice douairière Cixi, qu'il a choisi pour occuper le trône du Dragon et l'a maintenu comme régente sous le titre de ""Sainte Mère, impératrice douairière"". Elle ordonne elle-même, le 13 novembre 1908, que le successeur de Guangxu, qui est mourant, soit amené à la Cité interdite, la résidence officielle des empereurs et de leur cour ainsi que le centre cérémoniel et politique du gouvernement chinois. A surtout lire sur BBC Afrique : L'élu est Puyi et, malgré son jeune âge, il n'a jamais oublié sa rencontre avec la formidable Cixi, dont il a vu le ""visage décharné et terrifiant"" à travers un rideau gris et entouré d'étrangers. ""On dit que j'ai poussé de grands hurlements en le voyant et que j'ai commencé à trembler de façon incontrôlable. Cixi a dit à quelqu'un de me donner des bonbons, mais je les ai jetés par terre et j'ai crié : 'je veux ma nounou, je veux ma nounou !', au grand dam de Cixi"", se souvient-il des années plus tard. Le 14 novembre, Guangxu est mort, et le jour suivant, Cixi est morte. Le 2 décembre, deux mois avant son troisième anniversaire, Puyi commence à être appelé ""Sa Majesté l'Empereur"", ""Le Seigneur des Dix Mille Ans"", ""Le Fils du Ciel"" après la ""Grande Cérémonie d'intronisation"". ""Une cérémonie que j'ai ruinée par mes pleurs"", écrit-il plus tard dans son autobiographie. Il devient le douzième empereur de la dynastie Qing et le plus jeune dans la longue histoire impériale de la Chine. Puyi est un descendant des tribus mandchoues qui ont vaincu les Ming et fondé la dynastie Qing en 1644, sous laquelle la Chine a doublé de taille pour inclure le Xinjiang à l'extrême ouest, ainsi que la Mongolie et le Tibet, créant ainsi la forme essentielle de la Chine actuelle. La nouvelle dynastie tolère une diversité de peuples et de religions, et entreprend de grandes entreprises culturelles. Au XVIIIe siècle, la Chine est sans doute la plus grande économie du monde, avec la riche culture qui accompagne la prospérité. Ses empereurs vivent au cœur de son opulente capitale, Pékin, entourés de gardes impériaux et de familles nobles mandchoues. Mais au XIXe siècle, la dynastie Qing commence à s'affaiblir, incapable de défendre la Chine contre les agressions militaires des forces britanniques, américaines, françaises, allemandes et japonaises. En 1850, un chrétien chinois converti, Hong Xiuquan, s'autoproclame chef d'une nouvelle dynastie, le Royaume céleste de Taiping, et, avec ses partisans, marche contre les Qing, gagnant au passage un large soutien. La guerre civile qui suit dure 14 ans ; environ 20 millions de personnes perdent la vie dans un conflit qui implique finalement des soldats européens et chinois. La rébellion des Taiping est l'un des événements les plus importants de la Chine du XIXe siècle, et elle laisse des traces, tout comme la ""révolte des Boxers"", également connue sous le nom de ""révolte du Yihétuán"", une rébellion de villageois des provinces du nord qui, désespérés et affamés, accusent les étrangers d'être responsables de leur sort et entreprennent de purger la Chine des commerçants et missionnaires étrangers. Affirmant que leurs poings sont plus forts que le feu et invincibles aux balles, ils commencent leur mouvement en 1898 et, à l'été 1900, assiègent fortement Pékin, mais tout se termine brutalement en septembre 1901. C'est cette Chine que commence à gouverner le petit Puyi, avec le titre d'empereur Xuantong et son père, le prince Chun, et sa tante, l'impératrice douairière Longyu (épouse de Guangxu), comme ses représentants. Autrefois, la faiblesse de la dynastie Qing aurait entraîné la montée d'une autre, mais le 20e siècle a apporté d'autres options. Alors que Puyi est formé à son rôle et jouit de privilèges, dont celui extrême de posséder d'autres personnes, comme les eunuques qui le servent et doivent obéir à tous ses caprices, une révolution se prépare contre le pouvoir de sa dynastie, que de nombreux Chinois considèrent comme ayant perdu le Mandat du Ciel. En 1911, la révolution Xinhai ou révolution Hsinhai éclate et le 12 février 1912, l'impératrice douairière Longyu scelle l'""édit impérial d'abdication de l'empereur"". ""L'impératrice douairière est assise sur un kang (plate-forme) dans une pièce latérale du palais de la Nature de l'esprit, s'essuyant les yeux avec un mouchoir tandis qu'un vieil homme obèse (le Premier ministre Yuan Shikai) s'agenouille devant elle sur un coussin rouge, des larmes coulant sur son visage"". ""J'étais assis à la droite de la veuve et je me demandais pourquoi les deux adultes pleuraient"", se souvient Puyi dans ses ""Mémoires"". Ils ont pleuré en mettant officiellement fin à leur règne et aux 267 années de pouvoir de la dynastie Qing. Mais lui, à 6 ans, n'était pas conscient de ces réalités. Et il l'est resté, car avec l'établissement de la République de Chine, tout le monde est entré en territoire inconnu : après avoir mis fin à un système impérial vieux de 2 000 ans, personne ne savait vraiment quoi faire de la maison impériale déchue. Devraient-ils les envoyer en Mandchourie ou les laisser à Pékin ? Ils décident de le traiter comme un roi étranger, l'autorisant à vivre dans la Cité interdite, profitant du luxe de son palais et des jardins impériaux. Ainsi, pour Puyi, peu de choses ont changé : il n'a même été informé qu'il n'est plus empereur qu'après un certain temps et continue à jouir de privilèges difficiles à imaginer aujourd'hui. ""...à l'époque où la Chine s'appelait une république et où l'humanité avait avancé au 20e siècle, je vivais encore comme un empereur, respirant la poussière du 19e siècle"", écrit-il. En effet, il est brièvement rétabli dans ses fonctions d'empereur en 1917, lorsque le général pro-monarchiste Zhang Xun organise un coup d'État et prend le pouvoir en tant que ""régent de l'Empire"". Mais la liaison dure à peine deux semaines et Puyi et sa cour n'ont pas été tenus responsables de ce qui s'est passé. Dans cet environnement étrange, il grandit, isolé du monde extérieur, séparé de sa famille, sans autre point de référence que sa nounou Wang. Mais il continue d'être traité comme une divinité, que personne ne peut mécontenter, même lorsqu'il se comporte, comme il le racontera plus tard, de manière infâme. ""Fouetter les eunuques faisait partie de ma routine quotidienne. Ma cruauté et mon amour de l'exercice du pouvoir étaient déjà trop forts pour que la persuasion ait un quelconque effet"". En 1919, cependant, Reginald Johnston, un érudit britannique entré au service de la cour des Qing pour servir de tuteur à Puyi, le décrit aux autorités britanniques comme suit : ""Un garçon très 'humain', avec de la vivacité, de l'intelligence et un grand sens de l'humour. De plus, il a d'excellentes manières et est totalement exempt d'arrogance [...]"". ""Bien que l'empereur ne semble pas encore avoir été gâté, d'après les folies et les futilités qui l'entourent, je crains qu'il n'y ait aucun espoir qu'il soit épargné par les dangers moraux dans les prochaines années de sa vie (années très critiques nécessairement pour un garçon au début de l'adolescence)"", écrit-il. ""A moins qu'il ne puisse être soustrait à l'influence des hordes d'eunuques et autres fonctionnaires inutiles qui sont actuellement presque ses seuls compagnons"". Ainsi, Puyi devient un adolescent dont les actes de rébellion consistent à relever des défis tels que se promener en dehors de la Cité interdite, porter des lunettes et couper sa tresse traditionnelle mandchoue. Pourtant, il est toujours obligé d'obéir à des traditions telles que les ""grandes noces"" de l'empereur. ""J'ai épousé au total quatre femmes ou, pour reprendre les termes utilisés à l'époque, une impératrice, un consort secondaire et deux consorts juniors. Mais, en fait, elles n'étaient pas de vraies épouses et n'étaient là que pour la décoration"", écrit-il. À l'extérieur, le pays cherche encore des réponses aux bouleversements provoqués par la fin d'un système impérial millénaire. En 1924, le seigneur de la guerre Feng Yuxiang arrive au pouvoir et expulse Puyi et son entourage de la Cité interdite. À 19 ans, il se réfugie dans les bras des Japonais qui, lorsqu'ils prennent le contrôle de la Mandchourie en 1931, le proclament empereur du Mandchoukouo, un État fantoche créé à partir des trois provinces historiques de la Mandchourie (nord-est de la Chine). À l'époque, la propagande japonaise dépeint la naissance du Mandchoukouo comme un triomphe panasiatique, avec l'union des ""cinq races"" que sont les Japonais, les Chinois, les Coréens, les Mandchous et les Mongols. Selon eux, cela marquait rien de moins que la naissance d'une nouvelle civilisation et un tournant dans l'histoire du monde, comme l'explique Edward Behr dans son livre ""The Last Emperor"" (1987). Tout comme l'État, Puyi était également une marionnette, car le Mandchoukouo ��tait contrôlé de manière rigide par Tokyo, qui l'utilisait comme base pour son expansion en Asie. Sa vie est devenue un cauchemar. Obsédé par le fait que la grande majorité de ses sujets le détestaient - le Mandchoukouo était ""l'un des pays les plus brutalement gouvernés au monde"", selon Behr - il vivait comme un prisonnier virtuel dans son palais, n'ayant pas grand-chose à faire à part signer des décrets approuvés par le Japon. Son penchant pour la cruauté est exacerbé et il tourmente ses serviteurs, non seulement avec les flagellations habituelles, mais aussi en réduisant leurs rations alimentaires. Il est également devenu bouddhiste, mystique et végétarien. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est resté ferme avec ses maîtres. De son propre aveu, il a émis tant de déclarations pro-japonaises qu'aucun allié ne l'accepterait s'il s'échappait du Mandchoukouo. Et c'est ce qu'il a été contraint de faire le 11 août 1945 lorsque, réalisant enfin que le Japon ne gagnait pas la guerre, comme il l'avait longtemps cru, il est monté dans un train avec sa cour et ses trésors Qing. Le 16 août, il abdique en tant qu'empereur du Mandchoukouo et déclare une nouvelle fois dans son dernier décret que le Mandchoukouo fait partie de la Chine, après avoir entendu l'empereur Showa annoncer la capitulation du Japon la veille. Alors qu'il tente de se rendre au Japon, il est capturé par l'Armée rouge. Les Soviétiques, qui au départ ne l'ont même pas reconnu, l'ont emmené dans la ville sibérienne de Chita. Il y est maintenu en captivité, mais dans des conditions confortables et avec plus de privilèges que les autres prisonniers, ce dont il est reconnaissant à Joseph Staline. Comme eux, cependant, il a été instruit sur le communisme. Pendant ce temps, la Chine est toujours avide d'idées et aurait pu prendre de nombreuses directions différentes. Après des décennies de seigneurs de la guerre, l'invasion japonaise et la guerre civile, le parti communiste, qui est alors étroitement lié à l'Union soviétique de Staline, l'emporte. Sur la place Tiananmen ou place de la Porte de la Paix Céleste, du nom de la porte sud de la Cité Interdite, la demeure des empereurs, celle d'où sortaient les processions impériales lorsque l'empereur quittait son trône pour accomplir ses rituels pour s'attirer les faveurs des dieux, Mao Zedong proclame la Nouvelle République en 1949, et les communistes accrochent les portraits de leurs héros. Après près de 40 ans de guerre et d'instabilité, la Chine connaît la paix. Et pour Puyi, qui avait été l'un de ces empereurs dont la fonction était de maintenir les relations diplomatiques entre les humains et le monde céleste, le temps était venu de rentrer chez lui... même s'il ne le voulait pas. Il craint le sort qui l'attend dans l'empire du prolétariat, mais Mao Zedong ne fait rien d'autre que de l'envoyer dans un camp de rééducation. Il y passera dix ans, où, pour la première fois, il devra se brosser les dents et s'habiller tout seul, travailler et apprendre le communisme. Pendant des siècles, l'État chinois tourne autour de l'empereur, l'incarnation du pouvoir au cœur de l'État, l'être semi-divin censé protéger le peuple des mauvaises récoltes et des inondations dévastatrices. En 1960, Mao, une nouvelle version de ces êtres puissants, accorde au dernier empereur de Chine un sursis spécial : la citoyenneté et la libération. L'homme qui a dirigé le pays le plus peuplé du monde travaille ensuite comme assistant jardinier dans les jardins botaniques de Pékin et comme rédacteur en chef de la Conférence consultative politique du peuple chinois à partir de 1964. Il écrit également une autobiographie, ""From Emperor to Citizen"", qui est approuvée par les hauts responsables du parti, Mao et Zhou Enlai. Il apprend parfaitement les leçons de l'éducation socialiste libre, à en juger par les déclarations qu'il fait dans son livre et celles qu'il donne en des occasions comme son mariage avec Li Shuxian, une infirmière d'hôpital, en 1962, lorsqu'il proclame : ""Nous nous souviendrons de ce jour et continuerons à apprendre de la classe ouvrière tous nos jours futurs ensemble"". ""Je déteste la première moitié de ma vie, parce que c'est une expérience humiliante d'être un exploiteur et un parasite""." https://www.bbc.com/afrique/monde-58544797 +business Le pays qui frappe des pièces d'or pour lutter contre l'inflation "Merlyn Thomas\nBBC News La banque centrale du Zimbabwe a mis en œuvre une mesure inhabituelle pour juguler l'inflation élevée que connaît le pays depuis longtemps et qui le place en tête de la liste mondiale des taux d'inflation les plus élevés. L'agence a commencé à frapper des pièces d'or à un moment où la valeur de la monnaie a fortement chuté. Les taux d'intérêt - une autre mesure courante des banques centrales pour lutter contre l'inflation - ont plus que doublé ce mois-ci pour atteindre 200 % après que les prix ont augmenté de 190 % par an. Le Zimbabwe souffre de taux d'inflation élevés depuis des années. Selon le Fonds monétaire international (FMI), en 2021, il était le troisième pays avec le taux d'inflation le plus élevé au monde après le Venezuela et le Soudan. Chaque pièce d'or sera équivalente au prix d'une once d'or sur le marché international, plus 5% pour les coûts de production. Vendredi dernier, une once valait environ 1 724 dollars (1 105 932 FCFA). Selon le gouverneur de la Reserve Bank of Zimbabwe, John Mangudya, ces pièces peuvent être utilisées dans les magasins s'ils ont suffisamment de monnaie. La pièce s'appelle ""Mosi-oa-Tunya"", ce qui signifie ""la fumée qui tonne"" et fait référence aux chutes Victoria, à la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie. La valeur du dollar zimbabwéen s'est effondrée par rapport aux principales devises cette année. Le pays a encore en mémoire le chaos économique subi sous le régime de feu le président Robert Mugabe, qui a régné pendant près de quatre décennies. L'hyperinflation a forcé l'abandon du dollar zimbabwéen en 2009 et a conduit le pays à utiliser des devises étrangères, principalement le dollar américain. Au plus fort de la crise, le gouvernement a cessé de publier les chiffres officiels de l'inflation, mais une estimation chiffrait le taux d'inflation à 89,7 sextillions de pour cent par an à la mi-novembre 2008. À l'époque, le billet de 100 milliards de dollars du Zimbabwe était considéré comme emblématique de l'effondrement économique du pays. La monnaie locale a été réintroduite une décennie plus tard, mais a rapidement perdu de sa valeur." https://www.bbc.com/afrique/articles/c2935zpp968o +business Vente de zones protégées en Amazonie : un juge ordonne une enquête après les révélations de la BBC "La Cour suprême fédérale du Brésil ordonne une enquête sur la vente de zones protégées de la forêt tropicale amazonienne via Facebook. Elle fait suite à une enquête de la BBC, qui a révélé que des parcelles aussi grandes que 1000 terrains de football figurant dans les petites annonces de la plateforme Marketplace. Le tribunal demande au gouvernement de ""prendre les mesures civiles et pénales appropriées"". A ne pas manquer sur BBC Afrique : Facebook annonce qu'il est ""prêt à travailler avec les autorités locales"". Mais la société de technologie indique qu'elle ne prendra pas de mesures indépendantes de son propre chef pour mettre un terme au commerce. L'Amazonie est la plus grande forêt tropicale du monde et un réservoir de carbone vital qui ralentit le rythme du réchauffement climatique. Elle abrite environ trois millions d'espèces de plantes et d'animaux, et un million d'indigènes. Le juge de la Cour suprême du Brésil, Luís Roberto Barroso, a demandé au procureur général et au ministère de la Justice du pays d'enquêter sur les conclusions de la BBC. Il supervisait déjà un procès intenté devant la Cour suprême fédérale par une ONG - l'Articulation des peuples indigènes du Brésil - et six partis politiques. Les plaignants ont accusé le gouvernement de ne pas faire assez pour empêcher le coronavirus d'affecter les communautés indigènes. Le juge a pris la décision d'étendre l'affaire pour inclure les publicités sur Facebook. Et il a notamment attiré l'attention sur la communauté Uru Eu Wau Wau. Le documentaire de la BBC rapporte que des terres situées à l'intérieur d'une réserve utilisée par le groupe indigène ont été mises en vente pour l'équivalent d'environ 16 400 livres sterling (12 453 973 FCFA) en monnaie locale. La BBC a signalé certaines des publicités concernées sur Facebook, mais le géant des médias sociaux n'a pas réussi à les supprimer. Les listes comprennent des zones situées à l'intérieur de territoires indigènes et de forêts nationales, qui ont un statut protégé. Certaines comportent des images satellites et des coordonnées GPS. Beaucoup de vendeurs admettent ne pas pouvoir prouver leur propriété légale. Pour les trouver, il suffit aux utilisateurs de taper en portugais des termes tels que ""forêt"", ""jungle indigène"" et ""bois"" dans l'outil de recherche de la place de marché Facebook, et de choisir une municipalité amazonienne comme emplacement souhaité. La BBC a organisé des rencontres entre quatre vendeurs sur Facebook et un agent infiltré se faisant passer pour un avocat, qui prétendait représenter de riches investisseurs. Les vendeurs pris en flagrant délit de caméra cachée vendaient et défrichaient illégalement la forêt tropicale afin qu'elle puisse servir de pâturage pour le bétail et de terre agricole. ""Terres volées"" Le chef de la commission de l'environnement du Sénat brésilien, le sénateur Jaques Wagner, a qualifié les accords fonciers de ""criminels"". Il a signalé que son groupe de législateurs allait écrire à Facebook pour lui demander de ""revoir sa politique afin de mettre un frein à cette pratique"". Facebook a indiqué qu'il estime que la tâche consistant à essayer de déduire quelles ventes sont illégales est trop complexe pour qu'il puisse la mener à bien lui-même. Mais un membre du Congrès s'est moqué de cette explication. ""Quelle est la différence entre la vente de terres volées avec violence contre les droits des indigènes sur Facebook et la vente de stupéfiants par le biais de la plateforme ? a demandé Nilto Tatto, membre de la commission de l'environnement de la Chambre basse. ""Peut-on alors utiliser Facebook pour vendre des narcotiques ? En tant que parlementaire, je vais poser cette question"", dit-il. Le gouvernement brésilien a fait l'objet de critiques internationales pour ne pas avoir réussi à freiner la déforestation, qui est à son plus haut niveau depuis 12 ans. Les écologistes accusent le président du pays, Jair Bolsonaro, d'encourager les bûcherons et les agriculteurs à défricher certaines parties de la forêt tropicale. Et certains des vendeurs capturés en caméra cachée par la BBC disent qu'ils le considèrent comme un allié. La BBC a approché le ministre brésilien de l'environnement Ricardo Salles avec les résultats de son enquête. Il a réagi comme suit : ""le gouvernement du président Jair Bolsonaro a toujours clairement indiqué qu'il appliquait une tolérance zéro pour tous les crimes, y compris ceux liés à l'environnement."" Un porte-parole du Programme des Nations unies pour l'environnement a confié à la BBC : ""la déforestation illégale sape les traités et engagements internationaux, notamment l'Accord de Paris et la Convention sur la diversité biologique"". Regarder :" https://www.bbc.com/afrique/monde-56292207 +business Niger : 20 000 migrants secourus dans le désert en 3 ans "Malgré les dangers qu'ils encourent, des milliers de migrants empruntent chaque année le désert nigérien pour se rendre en Europe via la Libye. Le secours porté à 406 migrants, dont sept femmes et quatre enfants bloqués dans le désert du Sahara la semaine dernière illustre encore la gravité de la situation. ""Depuis avril 2016, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a secouru près de 20.000 migrants lors de ses opérations au Niger"", avec ""une moyenne"" de sauvetage de ""1.200 de migrants par mois"". Lire aussi : Selon le chef de mission de l'OIM Martin Wyss, ces chiffres traduisent peu la réalité sur le terrain. Il indique que ces migrants proviennent en majeure partie de l'expulsion massive d'étrangers par l'Algérie. On note toutefois que le flux de migrants vers la Libye et l'Europe a chuté depuis le pic de 2017 passant de 150.000 par an à moins de 10.000, après des mesures drastiques prises par les autorités nigériennes. Pour décourager les passeurs, Niamey a voté en 2015 une loi très sévère rendant le trafic de migrants passible de peines pouvant aller jusqu'à 30 ans de prison. L'armée multiplie les patrouilles dans le nord du pays pour dissuader les migrants. Mais ce durcissement semble loin de décourager les migrants et passeurs qui désormais empruntent des pistes plus dangereuses." https://www.bbc.com/afrique/region-48767221 +business A quoi ressemble la pauvreté au Qatar ? Le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde 2022, est devenu l’un des pays les plus riches du monde, seulement il existe parallèlement une pauvreté extrême dans certaines zones mais on en parle presque pas. Les étrangers qui représentent 90% de sa population sont les plus touchés par la population. En 1971, lorsque le Qatar a obtenu son indépendance du Royaume-Uni, il avait un produit intérieur brut, d’environ 400 millions de dollars américains. Aujourd’hui, son économie est estimée à 180 milliards de dollars, soit une augmentation de 45 000%. En cause : la découverte de pétrole et de gaz naturel – ensemble, ces deux ressources naturelles représentent plus de la moitié des revenus du pays. Avec autant d’argent, la petite nation a attiré un nombre extraordinaire de migrants et a pu investir massivement dans les infrastructures, avec des constructions somptueuses au milieu du désert. Le pays a également pratiquement « éliminé » la pauvreté, du moins selon les statistiques officielles. Mais en fait, ces données  ne tiennent pas en compte un mal profond qui touche la société qatarienne. Le Qatar compte aujourd’hui environ 3 millions d’habitants. Seulement 350 000 soit environ 10% de la population, le reste représente les étrangers. Cependant, les autochtones et les étrangers vivant au Qatar ne sont pas traités de la même manière. Ceux qui sont citoyens du pays ont droit à un certain nombre d’avantages sociales, telles que l’accès gratuit au système de santé, l’aide au logement et l’aide au transport. Il n’est donc pas surprenant qu’il n’y ait pas de pauvres dans ce groupe. Et parce que les statistiques officielles sont généralement basées uniquement sur le revenu des Qataris, l’image d’un pays sans pauvreté a fait le tour du monde. Mais ce n’est qu’une illusion ! Les étrangers, qui constituent la grande majorité de la population, dont beaucoup viennent du Bangladesh, de l’Inde, du Népal et du Pakistan, vivent dans une extrême pauvreté. Ces migrants, qui ont quitté leur pays d’origine pour échapper à la pauvreté et trouver une stabilité financière sont obligés d’accepter des salaires modestes en plus de conditions de travail précaires. Des milliers de travailleurs étrangers sont morts, par exemple, dans la construction de stades et d’infrastructures depuis que le pays a été choisi pour accueillir la Coupe du monde. Pour vous donner un aperçu de la situation, un travailleur migrant qui travaille dans la construction gagne environ 2 000 dollars par an. Les citoyens qataris ont un salaire moyen d’environ 700 000 dollars par an. En vertu de la loi, les étrangers ne sont pas traités au même pied d’égalité avec les autochtones. Récemment, la kafala (système de parrainage, en arabe)  a stipulé que les travailleurs migrants ne pouvaient pas quitter le pays ou changer d’emploi sans l’autorisation de l’employeur. S’ils changeaient d’emploi sans cette autorisation, ils seraient considérés comme criminels « évadés », ce qui pourrait  une arrestation, une détention puis l’expulsion. Les employeurs qataris étaient également connus pour confisquer les passeports des employés, les gardant dans le pays indéfiniment. On parle d’accusations de travail forcé. En décembre 2016, le Qatar a adopté une loi qui permettait aux travailleurs ayant terminé leur contrat de changer librement d’emploi et imposait des amendes aux entreprises qui confisquaient les passeports des employés. Mais la rétention de passeport ou de carte d’identité était toujours légalement possible s’il y a un consentement écrit. De nombreux travailleurs étrangers ont accepté cette option. Une autre barrière qui concernaient tous les migrants au Qatar, ce sont les frais de recrutement initiaux que les travailleurs payaient généralement aux recruteurs avant de s’installer dans le pays. Les sommes variaient entre 500 à 3 500 dollars. Ils avaient l’obligation de payer ce montant avant de quitter leur pays d’origine pour trouver un emploi. Il est important de rappeler que, contrairement au Brésil, où il suffit d’être né au Brésil pour être citoyen brésilien. Pour le Qatar, si la mère est qatarienne et que le père est étranger, l’enfant n’a pas de nationalité qatarienne. Enfin, en 2020, sous la pression internationale et menacé de perdre le droit d’organiser la Coupe du monde, le Qatar est devenu le premier pays arabe à abolir le système de la Kafala, permettant aux travailleurs migrants de changer d’emploi sans l’autorisation de leur employeur. Il a également fixé un salaire minimum pour tous les travailleurs, quelle que soit la nationalité du migrants. Le Qatar,  est le deuxième pays du monde arabe à le faire, après le Koweït. Les changements concernaient également les travailleurs migrants exclus des protections du droit du travail, tels que les travailleurs domestiques. Toutefois, d’autres dispositions juridiques favorisant les mauvais traitements et l’exploitation des travailleurs migrants demeurent. Selon l’ONG Human Right Watch, « les travailleurs migrants – et les personnes à leur charge – doivent toujours compter sur leurs employeurs pour faciliter l’entrée, la résidence et l’emploi dans le pays, ce qui signifie que les employeurs sont responsables de la demande, du renouvellement et de l’annulation de leurs permis de séjour et de travail ». « Les travailleurs peuvent être sans papiers sans être blâmés lorsque les employeurs ne parviennent pas à mener à bien de tels processus, et ce sont eux, et non leurs employeurs, qui en subissent les conséquences », a déclaré HRW dans un rapport publié en 2020. « Le Qatar continue d’imposer des sanctions sévères en cas d'« évasion » lorsqu’un travailleur migrant quitte son employeur sans autorisation ou reste dans le pays au-delà du délai de grâce autorisé après l’expiration ou la révocation de son permis de séjour. Les sanctions comprennent des amendes, la détention, l’expulsion et une interdiction de retour », a-t-il ajouté. L’année dernière, HRW a souligné que les travailleurs étrangers souffrent toujours de « déductions salariales punitives et illégales » et font face à « des mois de salaires impayés pour de longues heures de travail pénible ». Et selon Amnesty International, les entreprises continuent de faire pression sur les travailleurs pour les empêcher de changer d’employeur. Un porte-parole du gouvernement qatari a déclaré à la BBC que les réformes mises en œuvre par le pays amélioraient les conditions de travail de la plupart des travailleurs étrangers. « Des progrès significatifs ont été réalisés pour s’assurer que les réformes sont effectivement mises en œuvre », a déclaré le porte-parole. « Le nombre d’entreprises qui enfreignent les règles continuera de diminuer à mesure que les mesures d’application seront mises en œuvre », a-t-il ajouté. Pour la Coupe du monde, le Qatar a construit sept stades, en plus d’un nouvel a��roport, un système de métro, un certain nombre de routes et environ 100 nouveaux hôtels. Une ville entière a fait peau neuve et autour du stade qui accueillera le match final. Le gouvernement qatari affirme que 30 000 travailleurs étrangers ont été embauchés uniquement pour construire les stades. La plupart viennent du Bangladesh, de l’Inde, du Népal et des Philippines. Selon le journal britannique The Guardian, 6 500 travailleurs migrants originaires d’Inde, du Pakistan, du Népal, du Bangladesh et du Sri Lanka sont morts au Qatar depuis que le pays a été choisi pour accueillir la Coupe du monde. Ce nombre est basé sur les données fournies par les ambassades des pays au Qatar. Cependant, le gouvernement qatari a déclaré que ce chiffre était pas exact  car tous les décès enregistrés ne concernaient pas des personnes  qui travaillent dans des projets liés à la Coupe du monde. Il a ajouté que beaucoup de ceux qui sont morts ont travaillé au Qatar pendant plusieurs années et sont peut-être morts de vieillesse ou d’autres causes naturelles. Le gouvernement qatari a indiqué que ses dossiers d’accidents montraient qu’entre 2014 et 2020, il y avait eu 37 décès de travailleurs dans les travaux de construction des stades de la Coupe du monde, dont seulement trois étaient « liés au travail ». Cependant, l’Organisation internationale du travail (OIT) affirme que ce nombre est sous-estimé. Le Qatar ne fait le lien entre les décès dus à des crises cardiaques et à une insuffisance respiratoire avec les conditions de travail, bien qu’il s’agisse de fait courants que l’on constate quand il y a de fortes températures. L’organisation a compilé ses propres chiffres basés sur les incidents liés à la Coupe du monde recueillis auprès des hôpitaux publics et des services ambulanciers au Qatar. Selon l’OIT, 50 travailleurs étrangers sont morts et plus de 500 ont été grièvement blessés en 2021, tandis que 37 600 autres ont subi des blessures mineures à modérées. Le service arabe de la BBC a également recueilli des preuves indiquant que le gouvernement qatari avait sous-estimé les décès parmi les travailleurs étrangers. https://www.bbc.com/afrique/articles/crg2z2d8e7ko +business Océanographie : qu'est-ce que le royaume des abysses, l'écosystème le moins connu de la Terre que les scientifiques commencent à découvrir ? "C'est la région la moins explorée de la planète, bien qu'elle occupe plus de 60 % de la croûte terrestre. La zone abyssale, également connue sous le nom de ""royaume abyssal"", est une couche de l'océan profond où se trouve une grande partie des fonds marins. C'est un monde aux conditions extrêmes, mais qui abrite une grande richesse de vie. Des scientifiques de huit pays ont réalisé la plus grande analyse à ce jour d'ADN provenant d'eau et de sédiments des profondeurs océaniques. L'étude, qui vient d'être publiée dans la revue Science Advances, révèle que de nombreuses espèces vivant dans le royaume abyssal sont totalement nouvelles pour la science. Trois experts espagnols, auteurs de l'étude, ont expliqué à BBC Mundo ce qu'est la zone abyssale, quelles sont les principales conclusions de cette nouvelle recherche et pourquoi il est urgent de protéger ce monde presque inconnu. ""C'est la zone des océans qui commence à une profondeur de 4 000 mètres"", déclare Covadonga Orejas Saco del Valle, chercheur au Centre océanographique de Gijón, qui fait partie de l'Institut espagnol d'océanographie (CSIC). ""On dit qu'il s'agit de la dernière frontière, car nous en savons très peu à son sujet. En fait, les surfaces de la Lune et de Mars sont cartographiées dans leur intégralité, mais seulement 20 % du plancher océanique a été cartographié à ce jour"", ajoute l'expert espagnol. La zone abyssale atteint jusqu'à 6 000 mètres, et de là commence ce que l'on appelle la zone hadale. Une grande partie du plancher océanique se trouve à des profondeurs d'environ 4 000 à 5 500 mètres. ""Il existe encore d'autres parties dans les tranchées où l'on peut descendre à 10 000, 15 000 mètres, mais cela ne représente que 5 ou 6 % de la planète"", indique Pedro Martínez Arbizu, biologiste marin et chercheur au musée d'histoire naturelle Senckenberg en Allemagne. Dans la zone abyssale, la pression est très élevée. ""(Il y a) 500 à 600 atmosphères de pression, 500 à 600 fois plus que la pression atmosphérique que nous avons à la surface"", précise Martínez Arbizu. En revanche, selon Orejas Saco del Valle, ""les températures sont très basses (entre 2 et 3 degrés) et il n'y a pas de lumière"". ""La faune est variée, appartenant à différents groupes taxonomiques, des organismes minuscules aux différentes espèces de poissons, et cette étude montre qu'elle est encore plus diversifiée qu'on ne le pensait auparavant"", ajoute-t-elle. Comme aucune lumière n'atteint ces profondeurs, la photosynthèse n'est pas possible. Dans la zone abyssale, les organismes ""se nourrissent uniquement de ce qui tombe de la surface de l'océan dans ce que nous appelons la neige marine"", souligne M. Martínez Arbizu. ""Ce sont les restes d'algues et les restes des carcasses des petits habitants zooplanctoniques qui tombent peu à peu et atteignent ces profondeurs. Cependant, seuls 5 % de ce qui est produit à la surface se retrouvent en bas, a ajouté le scientifique. Le reste est consommé à la surface ou en transit dans la colonne d'eau. Ramon Massana, chercheur à l'Institut de Ciències del Mar (CSIC) de Barcelone et spécialiste de l'écologie microbienne, explique que les organismes vivant dans les sédiments abyssaux comprennent une grande variété d'animaux (nématodes, crustacés, annélides) ainsi que des eucaryotes et procaryotes microbiens. ""Ce sont des espèces qui sont totalement adaptées à ces conditions extrêmes"". Les eucaryotes sont les organismes, tels que les plantes et les animaux - y compris les humains - qui sont composés de cellules eucaryotes, lesquelles possèdent un noyau différencié protégé par une membrane. Les procaryotes, quant à eux, sont des micro-organismes tels que les bactéries, dont les cellules - les procaryotes - ne possèdent pas de noyau distinct et dans lesquelles le matériel génétique est dispersé dans le cytoplasme). Pourquoi sait-on si peu de choses sur le royaume des abysses ? Cette étude est le résultat d'un vaste effort international au cours duquel des échantillons provenant de 15 expéditions internationales ont été analysés. ""C'est un écosystème difficile d'accès, nous en savons donc si peu. Et la réalisation de ces recherches est très coûteuse. D'où l'importance de mettre en commun les efforts et les ressources et d'établir des collaborations internationales comme celle que montre cette recherche"", note Orejas Saco del Valle. Martínez Arbizu souligne, par exemple, que pour prélever un échantillon avec une drague à une profondeur de 5 000 mètres, un navire doit disposer d'un câble de plus de 10 km, et peu de navires ont cette capacité. Les scientifiques ont analysé 1 700 échantillons d'eau et de sédiments provenant de la zone abyssale, ainsi que deux mille milliards de séquences d'ADN. Les résultats de ce séquençage massif ont été à leur tour comparés à des échantillons provenant de différents niveaux de la colonne d'eau dans tous les océans du monde. ""La principale découverte a été de caractériser la grande diversité qui habite les profondeurs abyssales et hadales, et combien il reste à y découvrir"", commente Orejas Saco del Valle. ""L'étude montre que la diversité du plancher océanique, que l'on pensait inférieure à celle de la colonne d'eau, est très élevée, en fait jusqu'à trois fois supérieure. Cela nous donne une nouvelle image de la vie sur les fonds océaniques sédimentaires"", ajoute-t-elle. ""C'est surprenant"", fait remarquer Martínez Arbizu, ""car en fait, presque tous les groupes d'animaux ont une famille qui est représentée sur le plateau abyssal. ""Il peut s'agir d'étoiles de mer, de crustacés comme les petites crevettes, de coraux, d'éponges, mais ce sont des formes différentes de ce que nous connaissons en surface. Environ deux tiers de cette diversité ne peuvent être attribués à aucun groupe connu. ""Ces espèces sont nouvelles, personne ne les a encore étudiées, il n'y a pas de références dans les bases de données internationales. Souvent, nous ne savons pas à quel groupe d'animaux ils appartiennent"", poursuit M. Martínez Arbizu. Orejas Saco del Valle signale que l'ADN ancien déposé dans les sédiments contribuera également à reconstituer les caractéristiques passées de l'océan. L'étude représente la première vision unifiée de la biodiversité eucaryote dans les océans à l'échelle mondiale, basée sur l'analyse de l'ADN de la surface de l'océan aux sédiments océaniques profonds. Les résultats permettront donc d'aborder pour la première fois des questions d'écologie marine à l'échelle mondiale. ""Avant cette étude, les résultats de campagnes de circumnavigation, telles que les expéditions Malaspina et TaraOceans, avaient été publiés, ce qui avait permis de caractériser la diversité du plancton microbien eucaryote au niveau de l'océan mondial, mais la connaissance de la diversité dans les sédiments profonds était très partielle et fragmentée"", explique Ramon Massana. ""Cette étude rassemble les données de 15 expéditions internationales dans les sédiments profonds, ce qui permet également d'avoir une vision globale de la diversité benthique. (Benthos, ou fond marin en grec, est une référence aux organismes vivant au fond de l'océan, par opposition à ceux qui vivent dans la colonne d'eau, comme le plancton). M. Massana ajoute que grâce à ces nouvelles recherches, ""pour la première fois, nous pouvons comparer ces deux composantes, plancton et benthos, à l'échelle mondiale"". Un aspect essentiel de l'étude est que les scientifiques ont pu différencier l'ADN des organismes planctoniques dont les restes sont tombés au fond de l'océan de l'ADN des organismes indigènes vivant dans la zone abyssale. Cette distinction permet de mieux comprendre ce que l'on appelle la ""pompe biologique"" : le processus qui transfère le dioxyde de carbone atmosphérique vers les profondeurs de l'océan, régulant ainsi le climat mondial et atténuant l'impact du changement climatique. ""Les écosystèmes benthiques d'eau profonde sont à la base de deux services écosystémiques d'importance mondiale"", selon M. Massana. D'une part, ils participent au recyclage des nutriments inorganiques, dit-il. ""La matière organique qui atteint ces régions est reminéralisée, et les nutriments inorganiques finissent par retourner dans les couches de surface pour permettre la photosynthèse. ""D'autre part, une partie du carbone sédimenté est stockée dans les sédiments à des échelles de temps géologiques"", poursuit-il. ""Cela constitue la pompe à carbone biologique : la photosynthèse capte le CO2 atmosphérique, une petite partie sédimente et est séquestrée dans les sédiments profonds."" ""Ce processus contribue actuellement à atténuer partiellement les effets de l'apport de CO2 dans l'atmosphère résultant de l'utilisation de combustibles fossiles. Orejas Saco del Valle souligne la pertinence des informations de l'étude pour concevoir des stratégies de gestion et de protection appropriées pour les écosystèmes des grands fonds marins, ""qui sont uniques et très importants sur le plan fonctionnel"". Le royaume abyssal ""est comme un trésor"", définit Martínez Arbizu. Et il rappelle que ses organismes peuvent contenir des enzymes ou d'autres produits potentiellement nécessaires. ""C'est la même chose qui se passe avec la forêt amazonienne : si nous détruisons toute cette diversité, peut-être perdrons-nous la capacité de trouver des solutions aux problèmes que nous aurons à l'avenir"". L'extraction de minéraux du fond des océans suscite actuellement un intérêt croissant. ""Pour autant que nous le sachions, les effets seront plutôt négatifs"", a déclaré M. Martínez Arbizu. ""Les zones qui peuvent être touchées par l'exploitation minière, par exemple des nodules de manganèse, sont assez vastes. ""En raison de la température très basse, tous les processus vitaux de la faune qui y vit sont très lents. Si vous endommagez un écosystème en eau profonde, il faudra de nombreuses années pour qu'il se rétablisse. Nous pensons à 50, 100, 200 ans, voire plus." https://www.bbc.com/afrique/monde-60404273 +business La MONUSCO a-t-elle échoué ? Hamet Fall Diagne, Gaïus Kowene et Pamela Bamanay, BBC Afrique Les choses se sont emballées ces dernières semaines pour la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) qui a fait l’objet de plusieurs manifestations des populations de la RDC qui ont exigé son départ du pays. Les derniers incidents à la frontière avec le Rwanda où deux civils ont été abattus par les forces de maintien de la paix ont rajouté à la colère des populations. Pour apaiser les tensions, le gouvernement congolais a annoncé la suspension des soldats impliqués et l’ouverture d’une enquête. Mais de nombreux acteurs estiment que la MONUSCO a failli à sa mission de protéger les populations. Avant d’en arriver là, BBC Afrique propose de refaire la genèse de la mission en RDC. C’est par un long processus que la MONUC s’est transformée en MONUSCO. La Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) a été créée par la résolution du Conseil de sécurité n° 1279 du 30 novembre 1999, afin d’élaborer des plans en vue de l’observation du cessez-le-feu signé en juillet 1999 à Lusaka entre la République démocratique du Congo (RDC) et cinq États de la région (Angola, Namibie, Ouganda, Rwanda et Zimbabwe), et du désengagement des forces, et de maintenir la liaison avec toutes les parties à l´accord. Selon le site des Nations unies, tout a commencé après le génocide perpétré au Rwanda en 1994 et la formation dans ce pays d’un nouveau Gouvernement. ''Près de 1,2 million de Hutus rwandais, dont certains avaient pris part aux massacres, ont fui vers le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, deux provinces limitrophes situées à l’est du Zaïre et peuplées par d’autres ethnies, notamment des Tutsis.'' ''En 1996, une insurrection dans cette région a conduit à des affrontements entre les forces dirigées par Laurent-Désiré Kabila et l’armée du Président zaïrois Mobutu Sese Seko'', renseignent les Nations unies. ''Les forces de L.D. Kabila, appelées Association des forces démocratiques de libération du Congo (AFDL) appuyées par le Rwanda et l’Ouganda, se sont emparées en 1997 de la capitale, Kinshasa, et ont rebaptisé le pays (Zaïre) République démocratique du Congo'', poursuit la source. Mais un an seulement après l’installation de l’AFDL, en 1998, ''un soulèvement contre le gouvernement de L.D. Kabila a éclaté dans les deux provinces du Kivu. Quelques semaines plus tard, les rebelles avaient occupé une importante partie du pays.'' ''L’Angola, la Namibie, le Tchad et le Zimbabwe ont proposé un soutien militaire au Président Kabila, mais les rebelles conservèrent leur emprise sur les provinces orientales'', poursuit la MONUSCO, précisant que ''le Rwanda et l’Ouganda soutenaient le mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).'' ''A la demande du Gouvernement de la République démocratique du Congo , toujours dirigé par L.D. Kabila, le Conseil de sécurité des Nations Unies a envoyé une mission de maintien de la paix, la MONUC, essentiellement composée des militaires (environ 500 observateurs militaires)'', explique le site de la représentation de l’ONU. ''Par sa résolution 1279 du 30 novembre 1999 autorisant la création et le déploiement  de la MONUC, le Conseil  a demandé un cessez-le-feu général et exigé le retrait des forces étrangères du sol congolais, et exhorté les États impliqués dans le conflit  à ne plus intervenir dans les affaires intérieures de la République démocratique du Congo.'' Au fil des ans, avec les réalités sur le terrain, le Conseil de Sécurité, par une série de résolutions, étendra le mandat de la MONUC au contrôle de l’application de l’accord de cessez-le-feu et lui attribuera plusieurs autres tâches connexes. Le 18 décembre 2020, avec l’adoption de la résolution 2556, des priorités stratégiques sont attribuées à la mission. Elle obtient dès lors les prérogatives de contribuer à ''assurer la protection des civils, d’appuyer la stabilisation et le renforcement des institutions de l’État en République démocratique du Congo ainsi que les principales réformes de la gouvernance et de la sécurité.'' ''Les arguments sont manifestement son incapacité opérationnelle à protéger les civils et mettre fin par la force aux groupes armés alors qu'il s'agit justement de son mandat. Quand on voit la taille du budget et des effectifs, le bilan de l'action de la Monusco est presque insignifiant'', estime l’analyste politique Christian Moleka. ''Nous pensons que la MONUSCO n’a pas pu atteindre ses objectifs. Parce qu’au départ lors de la définition de sa mission en 98 lorsqu’elle a commencé comme MONUC, elle a une mission d’observation, ça veut dire qu’elle devrait observer les actes de violence et les actes de guerre posés par certains groupes armés'', soutient Jack Sinzahera, activiste au sein du collectif AMKA CONGO et CONGOLAIS DEBOUT à Goma dans la province du N0rd-Kivu. ''Pour nous, on considère que la MONUSCO, c’est le malheur du Congo. C’est la MONUSCO qui envenime, qui instrumentalise les guerres sans fin en RDC. La mission a échoué et nous on veut demander que cette mission parte'', poursuit Jack Sinzahera qui est aussi membre de la Synergie des mouvements citoyens pour la campagne Bye-Bye MONUSCO. Pour sa part, le gouvernement a donné sa position, à travers Focus on Africa, par la voix de son porte-parole, Patrick Muyaya. ''Les gens sont très en colère contre la Monusco, pas seulement à cause de l'incident à la frontière ougandaise, mais aussi parce que la Monusco n'est pas capable de nous aider à mettre fin aux agressions du M23'', a-t-il indiqué. ''Et ce qui s'est passé dimanche est quelque chose de malheureux et de très mauvais du point de vue des Congolais qui doivent faire confiance à ces soldats de la paix de l'ONU tout en les voyant tirer sur les gens comme ils l'ont fait. C'est tout simplement incroyable. C'est pourquoi notre peuple a parlé à la délégation du gouvernement qui était là pour dire au président que nous ne voulons plus les avoir en RDC'', dit-il. En début décembre 2021, le commandant en chef des casques bleus de l’époque, le Lieutenant Général Affonso Da Costa, et le Chef d’Etat Major des Forces armées de la RDC, le Général de Brigade Célestin Mbala, ont annoncé la signature des directives opérationnelles encadrant la collaboration entre les deux armées. Lors de la conférence de presse, les deux hommes ont laissé entendre que l’engagement des casques bleus aux côtés de l’armée congolaise allait passer à une vitesse supérieure. Le Lieutenant Général Affonso Da Costa a expliqué que la mission onusienne avait reçu le feu-vert pour utiliser la force dans la lutte contre les groupes armés en RDC. ''Nous avons des troupes constituées de 14 pays. Tous ces pays ont donné l’autorisation aux Nations unies d’utiliser la force, pour la protection des civils, le soutien de l’armée congolaise, et le maintien de l’intégrité territoriale du Congo'' a-t-il expliqué. Ce changement annoncé a rejoint les attentes de la population exprimées via les organisations de la société civile locale depuis des années. Le Général de Brigade Célestin Mbala l’a rappélé lors de cette conférence de presse conjointe. ''Pour le peuple congolais dans son ensemble, qui espère que la directive des opérations conjointes est une occasion de l’application stricte de la force tel que prévu par le chapitre sept de la charte de l’ONU, qui sera observée par l’ensemble de la force'' a déclaré le chef d’Etat Major des FARDC. ''Faut-il rappeler que jusque-là, le chapitre sept n’était réservé qu’à la FIB. Et le reste de la force avait la latitude de suivre le chapitre quatre, qui est la mission d’observation'' a-t-il ajouté. La brigade d’intervention, aussi connu sous son acronyme en anglais FIB, est une unité d'environ 3 000 hommes, qui ont un mandat offensif, celui de combattre directement les groupes armés avec les FARDC. L’annonce faite pendant cette conférence de presse a donné l’impression que tous les autres 16 000 casques bleu avaient désormais un mandat similaire. Mais ce n’était pas le cas. ''Je pense que les déclarations lors de la signature des directives opérationnelles FARDC-MONUSCO ont été mal interprétées'' a recadré Mathias Gillman, porte-parole de la mission onusienne à l’époque, dans une correspondance adressée à la BBC. Selon lui, ''le document signé formalise le modus operandi des opérations conjointes FARDC MONUSCO, un document similaire est signé en amont de toute opération conjointe, il n’y a donc rien de nouveau.'' Cette confusion autour de ce que peut ou ne peut pas faire la Mission de l’ONU pour la Stabilisation du Congo, MONUSCO, est un facteur important dans la perception du degré de son efficacité par la population congolaise. L’analyste politique Christian Moleka est formel. Il estime que si ce conflit continue, c’est bien parce qu’il y a des gens qui y trouvent leur intérêt, au détriment du peuple congolais. ''Une économie de guerre profitable aux différentes parties en interne, comme à l'international, à tel enseigne que l'instabilité de la région semble être bénéfique à tous les acteurs excepté le peuple congolais'', affirme-t-il. Néanmoins, Christian Moleka explique que la complexité de la question de ''la sécurité à l'est de la RDC, du fait qu'elle englobe des dynamiques à la fois locales (question foncière et identitaires), des dynamiques nationales (faibles réformes du système de sécurité et de renseignement, effondrement de l'autorité de l’Etat, mercantilisme des élites politiques et sécuritaires, instrumentalisation politique comme manœuvre politique) et des dynamiques régionales (implication directe et indirecte des Etats voisins )'', font perdurer le conflit. A son avis, la ''bureaucratisation'' de la Monusco, ''avec le plus gros budget et le plus grand effectif'', ont fait que ses capacités opérationnelles n’ont pas pu ''impacter sur la situation'' en RDC. Les Congolais, unis comme un seul homme, exigent le départ des troupes de la MONUSCO de leur pays. ''La Charte des Nations unies parle de la mission primordiale, la sécurité des civils ; mais c’est nous le peuple congolais, on s’est levé pour dire non à cette mission'', souligne Jack Sinzahera. ''La MONUSCO est une mission des Nations unies qui prône les droits de l’homme, qui prône le respect des textes légaux mais nous au Congo, notre constitution parle de la souveraineté et nous sommes le peuple souverain. Et comme le mandat de la Monusco est de sécuriser les civils, nous les civils, nous ne voulons plus de cette protection'', poursuit l’activiste. ''Et voilà pourquoi, à la suite des incidents qui se sont produits à Kasindi, à Goma, à Butembo, on comprend que cette mission est maintenant une mission terroriste. Comment pouvez-vous nous forcer votre paix ? On ne veut pas votre sécurité'', gronde-t-il. Le Baromètre Sécuritaire du Kivu, une initiative qui suit de près le conflit, estime que le nombre des civils tués dans des attaques armées dans ces zones entre mai 2021 et avril 2022 a doublé par rapport à l’année dernière, avec un bilan de 2 500 tués. Les réfugiés qui ont fui leur village sont parfois la cible de ces attaques. Au total, 11 attaques ont été enregistrées en 2021 par le Cluster Protection, pour un bilan d’au moins 151 morts. Le fait que certains de ces sites se retrouvent à proximité des camps des FARDC et de ceux de la MONUSCO ''remettent en cause la capacité des forces de sécurité étatiques et internationales (MONUSCO) à protéger les populations civiles'', alertait le Cluster Protection dans une note de plaidoyer en date de Février 2022. ''Les attaques répétées contre les sites entachent aussi la crédibilité et la réputation de tout le système humanitaire et de protection, dans la mesure où cela révèle le manque d’efficacité des mécanismes d’alerte et de plaidoyer, à même de prévenir ce genre d’attaques'', poursuit le rapport. ''Les gens se demandent donc pourquoi nous devrions garder ces soldats de la paix de l'ONU ici alors qu'ils ne peuvent pas résoudre les problèmes d'insécurité avec notre armée'', indique Patrick Muyaya, le porte-parole du gouvernement. Pour toute réaction à la campagne de dénigrement dont elle fait l’objet, la MONUSCO a rappelé le rôle qu’elle a joué dans l’atténuation des actions des groupes armés en RDC. ''Il est important de noter à cet égard qu’il y a plus de 20 ans, quand les Casques bleues ont déployé en RDC sous l’égide de la MONUC, le pays était en proie à des défis multiformes y compris la présence d’armées étrangères et de groupes armés qui menaçaient la stabilité et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo'', indique la mission. ''Les opérations conjointes décisives MONUC-FARDC contre ces groupes au Sud et Nord Kivu, dans l'ancienne province orientale, dans le Maniema ont grandement contribué à une dégradation significative de leurs opérations de terreur sur les populations civiles et d’instabilité des institutions dans ces territoires'', fait-elle remarquer. La Mission indique également qu’au côté de nombreux partenaires nationaux, régionaux et internationaux, elle a soutenu ''le processus de paix qui a permis de restaurer l’autorité de l’Etat sur 90% du territoire, et la tenue des élections présidentielles de 2006.'' M. Patrick Muyaya, le porte-parole du gouvernement a signalé que le président de la République a ''demandé au Premier ministre de préparer rapidement une table ronde entre le gouvernement et la Monusco pour faire une sorte d'évaluation de ce qui a été fait, en particulier en ce qui concerne le plan de retrait, parce qu'il y avait un plan dont le point final serait le retrait des Casques bleus de la RDC.'' Selon lui, il est de leur devoir de considérer ce que pense le peuple congolais et ''ensuite voir avec le personnel de la Monusco ce qui peut être fait pour s'assurer que nous atteignions le point de retrait de la force rapidement.'' ''Permettez-moi d'être clair sur ce point. Le plan que nous avons avec la Monusco est qu’elle doit se retirer avant la fin de 2024. Après cette réunion technique, nous pourrons voir s'il est possible de retirer la Monusco avant la fin de l'année 2024, mais cela dépendra de nos conversations. C'est le premier point'', dit-il. ''Le deuxième point est que nous, en tant que gouvernement, nous travaillons quotidiennement à la réforme de notre armée et de nos services de sécurité. Nous y travaillons, mais nous ne pouvons pas avoir la Monusco toutes les années car nous l'avons eue ces 20 dernières années et le problème de l'insécurité demeure'', conclut-il. https://www.bbc.com/afrique/articles/c4nwpypqdnno +business Quelles entreprises ont été les gagnantes - et les perdantes - de la pandémie de coronavirus ? "Par exemple, de nombreuses personnes ont fait leurs achats en ligne. Potentiellement une excellente nouvelle pour le commerce électronique. Mais si cela a certainement aidé certaines entreprises, les chiffres qui nous parviennent du géant du secteur, la société américaine Amazon, semblent donner une autre lecture. Amazon, dirigée par l'homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, a fait la une des journaux à la mi-avril en tant que l'un des grands gagnants de la crise du coronavirus. Des milliers de clients affluaient sur son site pour faire des achats. Selon certaines informations, près de 11 000 dollars étaient dépensés sur ce site Internet chaque seconde. En conséquence, le cours des actions d'Amazon a atteint un niveau record. Dépenses liées aux coronavirus Mais deux semaines plus tard, les comptables de la société affichent des données différentes. Il a été annoncé que la société pourrait bientôt enregistrer une perte financière pour la première fois en cinq ans, au moment de la publication des chiffres d'avril et de juin. Bien qu'elle ait gagné beaucoup plus d'argent entre janvier et mars, Amazon doit également supporter des hausses de coûts pour faire face à l'augmentation des commandes, notamment l'embauche de 175 000 travailleurs supplémentaires. A lire aussi : L'entreprise affirme qu'elle devra dépenser 4 milliards de dollars pour faire face au Coivd-19, en raison d'un projet de loi qui prévoit la fourniture d'équipements de protection individuelle à ses travailleurs et des opérations de désinfection de ses entrepôts gigantesques. Cela représente plus que les bénéfices d'Amazon au premier trimestre 2019 (2,5 milliards de dollars). Amazon a longtemps résisté aux appels des organisations syndicales pour les reconnaitre, affirmant qu'elle préférait parler directement aux employés de leurs préoccupations. Avant son annonce sur le coût des dépenses liées au Covid-19, Amazon avait fait l'objet de critiques sur les conditions de sécurité de ses employés pendant la pandémie. Netflix en pointe de l'explosion du streaming L'industrie du divertissement à domicile a été gagnante, surfant sur une tendance à la croissance qui avait déjà commencé avant le confinement. Ces dernières années, le streaming est devenu de plus en plus populaire. Alors que le nombre de personnes qui sont allées au cinéma dans le monde entier a augmenté de 18 % au cours des deux dernières années, les abonnements à la plateforme de streaming Netflix ont fait un bond de 47 % au cours de la même période. Il n'est pas surprenant que le secteur du divertissement à domicile prospère alors que tant de gens n'ont pas d'autre choix que de rester chez eux. ""En Italie et en Espagne, par exemple, les premières installations de l'application Netflix ont respectivement augmenté de 57% et de 34% pendant la période de confinement. Les gens ont plus que jamais envie de divertissement et d'évasion"", a déclaré l'analyste Blake Morgan à la BBC. Netflix a annoncé le 22 avril que près de 16 millions de nouveaux clients ont rejoint l'application entre janvier et mars. Soucis de production Mais il y a aussi une autre facette à cette histoire, qui n'est guère aussi reluisante. Le confinement a pratiquement paralysé la production de nouveaux films et séries. En outre, de nombreuses monnaies nationales ont perdu de leur valeur à cause de la pandémie, ce qui signifie que les récents clients internationaux de Netflix ne rapportent pas autant d'argent à la société américaine. Un autre géant du divertissement basé aux États-Unis, Disney, a gagné autant que perdu de l'argent pendant la pandémie. La société a dû fermer ses parcs d'attractions après l'entrée en vigueur des mesures de confinement, ce qui a coûté à Disney une perte estimée à au moins 1,4 milliard de dollars, selon son directeur général Bob Chapek. Mais dans le même temps, la demande pour le service de streaming de Disney est montée en flèche. Lancé en novembre, Disney+ a maintenant atteint environ 55 millions d'abonnés - un chiffre que Netflix a totalisé en sept ans. Une logistique en panne On pouvait également s'attendre à juste titre à ce que l'essor du commerce en ligne soit aussi synonyme de profits importants pour les entreprises de livraison qui apportent les colis à votre porte. Mais la réalité est plus complexe. Les sociétés américaines Fedex et UPS, deux des plus grandes sociétés de livraison au monde, ont sollicité l'aide du gouvernement américain en raison de problèmes financiers causés par le confinement. Alors que les particuliers font de plus en plus d'achats en ligne, les livraisons interentreprises, plus rentables, ont vu la demande chuter, car de nombreuses entreprises ont dû fermer ou réduire leurs activités pendant la pandémie. A ce jour, les bénéfices d'UPS ont chuté de plus de 26 % cette année. Livraison de denrées alimentaires De même, le confinement a été une bénédiction pour les services de livraison de nourriture, mais seulement de façon mitigée. Les restaurants ont été autorisés à rester ouverts pour les achats de plats à emporter dans un certain nombre de pays et de villes du monde entier. Mais alors que la demande d'achats en ligne est montée en flèche, la commande de plats à emporter ne semble pas avoir suivi le même chemin. L'agence de presse Reuters rapporte que les entreprises de livraison sur les principaux marchés européens comme Just Eat et Uber Eats ont connu une baisse constante du nombre d'utilisateurs quotidiens - par opposition à un pourcentage de croissance à deux chiffres pour les livraisons de courses. Le sexe fait vendre - mais pas de chance pour les travailleurs du sexe De la Colombie au Danemark, un pic dans la vente de jouets sexuels a été signalé pendant le confinement. Il s'agit d'une activité commerciale importante, avec un marché mondial pesant près de 27 milliards de dollars en 2019. La Covid-19 semble avoir donné un coup de fouet à l'industrie des accessoires sexuels, les entreprises spécialisées dans les appareils de haute technologie qui offrent des ""expériences à distance"" bénéficiant des mesures de distanciation sociale. Mais l'épidémie a entraîné une perte de revenus - et des risques accrus pour la santé - des travailleurs du sexe. Dans de nombreux pays, les travailleurs du sexe ne jouissent pas de droits garantis par la loi et ne sont pas éligibles aux programmes d'aide gouvernementaux, ce qui les a exposés à la pauvreté et même jetté certains à la rue pendant la pandémie. Le Japon est un exemple rare de pays qui a offert une aide financière aux travailleurs du sexe pendant la crise du coronavirus. La forme physique en quarantaine Les restrictions de mouvement et de voyage ont été de mauvaises nouvelles pour les salles de sport, mais la vente d'équipements d'entraînement aux personnes qui cherchent à s'entraîner à domicile a augmenté. En Australie, par exemple, il y a eu une razzia sur l'achat d'articles de fitness, allant des poids aux tapis de yoga. On a également assisté à une augmentation du secteur dit ""digital fitness"". Les ventes de Smartwatch ont augmenté de 22 % au début de 2020 par rapport à la même période en 2019, selon les chiffres publiés par la société de conseil Strategy Analytics. ""De nombreux consommateurs utilisent des smartwatches pour surveiller leur santé et leur forme physique pendant le confinement"", explique Steven Waltzer, analyste senior chez Strategy Analytics. Les entraîneurs personnels ont essayé d'utiliser l'internet pour remplacer les traditionnelles séances individuelles. Mais le confinement a été difficile pour de nombreux professionnels du fitness. La populaire chaîne indienne de salles de sport et de bien-être Cult.fit a annoncé début mai qu'elle licenciait 800 personnes et fermait définitivement ses succursales dans tout le pays, les autres employés étant soumis à une réduction de salaire pouvant aller jusqu'à 50 %. Communication en ligne Avec des millions de personnes dans le monde entier qui doivent travailler depuis leur domicile, les outils de communication en ligne ont connu une popularité croissante. La société de vidéoconférence Zoom est en tête du peloton. L'application Zoom a été téléchargée plus de 131 millions de fois dans le monde entier en avril, selon le cabinet d'études Sensor Tower, soit 60 fois plus que l'année précédente au cours de la même période. L'Inde, selon Sensor Tower, était responsable de plus de 18 % de ces téléchargements, suivie par les États-Unis (14 %). Zoom est devenu le choix de communication préféré de nombreuses entreprises ainsi que du public. Télétravail Alors que la plupart des gens utilisent la version gratuite de l'application, qui comporte des restrictions telles que la limitation de la durée d'un appel, Zoom gagne de l'argent grâce aux utilisateurs qui paient pour ses fonctions premium. Au cours des trois premiers mois de 2020, la société a gagné 122 millions de dollars, soit plus du double de ce qu'elle a gagné à la même période l'année dernière. Un autre gagnant de la tendance au ""télétravail"" a été Slack. La plateforme de messagerie instantanée que les entreprises utilisent pour leurs communications internes a indiqué que le nombre de ses abonnés a presque doublé entre janvier et mars. Les actions de PayPal L'une des plus grandes sociétés de paiement numérique au monde, PayPal, a été durement touchée par la Covid-19. Son bénéfice net pour les trois premiers mois de 2020 a chuté à 84 millions de dollars, soit près de huit fois moins que pour la même période l'année dernière. Mais dans le même temps, les actions de PayPal ont atteint leur valeur la plus élevée le 7 mai dernier. Comment les observateurs du marché expliquent-ils cette situation paradoxale ? De nombreuses personnes sont confrontées à des difficultés financières et peuvent être enclines à dépenser moins d'argent pendant la période de confinement, une situation qui peut également les encourager à migrer vers les services de paiement numérique - un signal potentiellement positif pour l'avenir de PayPal. PayPal a enregistré 10 millions de création de nouveaux comptes entre janvier et mars et le montant des transactions traitées a atteint 199 milliards de dollars, contre 161,5 milliards de dollars pour la même période en 2019. ""Nous pensons que nous atteignons un point de bascule dans le monde où les gens voient à quel point il est simple et facile d'utiliser les paiements numériques pour payer des services"", a déclaré le PDG de PayPal, Dan Schulman, aux investisseurs lors d'une conférence téléphonique le 6 mai. ""Ce n'est pas une question de confinement. Toutes les enquêtes montrent que les gens sont plus enclins maintenant à acheter en ligne qu'à retourner en magasin"", a-t-il ajouté." https://www.bbc.com/afrique/monde-52653673 +business Déminage : Magawa, le rat héros renifleur de mines terrestres, meurt à l'âge de huit ans "Magawa, le célèbre rat démineur qui a reçu une médaille d'or pour son héroïsme, est mort à l'âge de huit ans. Au cours d'une carrière de cinq ans, le rongeur a reniflé plus de 100 mines terrestres et autres explosifs au Cambodge. Magawa était le rat le plus performant formé par l'organisation caritative belge Apopo pour alerter les humains de la présence de mines afin qu'ils puissent les retirer en toute sécurité. L'organisation caritative explique que le rat de poche géant africain est ""décédé paisiblement"" ce week-end. Magawa était en bonne santé et ""a passé la majeure partie de la semaine dernière à jouer avec son enthousiasme habituel"". Mais le week-end dernier, ""il a commencé à ralentir, faisant plus de siestes et montrant moins d'intérêt pour la nourriture au cours des derniers jours"". A surtout lire sur BBC Afrique : Élevé en Tanzanie, Magawa a suivi une année d'entraînement avant de partir au Cambodge pour commencer sa carrière de renifleur de bombes. On estime que ce pays d'Asie du Sud-Est compte jusqu'à six millions de mines terrestres. Entraîné à détecter un composé chimique dans les explosifs, Magawa a déminé plus de 141 000 mètres carrés (1 517 711 pieds carrés) de terrain, soit l'équivalent de 20 terrains de football. Il pesait 1,2 kg (2,6 lb) et mesurait 70 cm (28in). Bien que ce soit beaucoup plus grand que de nombreuses autres espèces de rats, Magawa était suffisamment petit et léger pour ne pas déclencher de mines s'il marchait dessus. Magawa était capable de fouiller un champ de la taille d'un court de tennis en seulement 20 minutes - ce qui, selon Apopo, prendrait entre un et quatre jours à une personne équipée d'un détecteur de métaux. En 2020, Magawa a reçu la médaille d'or de la PDSA - parfois décrite comme la Croix de George pour les animaux - pour son ""dévouement qui a sauvé des vies"". Il était le premier rat à recevoir la médaille dans les 77 ans d'histoire de l'organisme de bienfaisance. Le rat a pris sa retraite en juin dernier, après avoir ""ralenti"" en raison de son âge avancé. ""Nous tous à Apopo ressentons la perte de Magawa et nous sommes reconnaissants pour le travail incroyable qu'il a accompli"", affirme l'organisation caritative dans un communiqué. Son ""incroyable sens de l'odorat"" permettait aux ""communautés du Cambodge de vivre, de travailler et de jouer, sans craindre de perdre la vie ou un membre"", ajoute le communiqué. Apopo élève ses animaux - appelés HeroRATs - pour détecter les mines terrestres depuis les années 1990." https://www.bbc.com/afrique/monde-59951230 +business L'elevator pitch : 30 secondes pour convaincre Cette semaine dans Questions d'Argent : Nos 3 règles d'or pour un elevator pitch parfait. Et dans notre rubrique Tech et Astuces, découvrez comment booster la visibilité de votre site internet. Questions d’Argent est une émission économique de BBC News Afrique présenté par Léone Ouedraogo. Pour revoir nos précédentes émissions: Questions d'Argent: Comment attirer les investisseurs? Les maux des entrepreneurs de la Tech https://www.bbc.com/afrique/50073892 +business "La Cédéao adopte le nom d'""Eco"" pour sa monnaie unique" "Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont formellement adopté le nom d'""Eco"" pour leur projet de monnaie unique dont ils souhaitent la création dès 2020. ""Eco a été adopté comme le nom de la monnaie unique de la Cédéao"", est-il écrit dans la déclaration finale de cette rencontre entre représentants des 15 pays membres de l'organisation. Ce nom avait déjà été évoqué à l'occasion d'une rencontre des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales de la zone, mi-juin à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Les ministres chargés des questions financières des pays membres de l'organisation avaient aussi, depuis Abidjan, rappelé la date de 2020 pour la mise en circulation de cette monnaie. Lire aussi : Vos réactions à l'annonce du nom de la monnaie unique de la Cédéao Le Sénégal inaugure la carte d'identité de la Cédéao Le principe d'un régime de change flexible pour l'""Eco"" a été formellement adopté par les chefs d'État et de gouvernement de la Cédéao, rapporte l'Agence France-Presse, citant un communiqué publié à la fin de leur réunion, ce samedi, à Abuja, au Nigeria. Discutée depuis une trentaine d'années, cette monnaie unique entre les 15 pays de l'organisation - dont huit utilisent le franc CFA, arrimé à l'euro - est vue comme un pari risqué par certains analystes. Mais l'initiative serait un symbole politique fort. Sylvain Kopoin, directeur exécutif de la Fédération ivoirienne des petites et moyennes entreprises, pense qu'il n'est pas possible de mettre en circulation une monnaie unique dans les pays de la Cédéao dès 2020. Écoutez-le :" https://www.bbc.com/afrique/48811981 +business L'homme qui veut creuser une décharge pour trouver un disque dur contenant une fortune en bitcoins "Nick Hartley\nBBC News Gales Il y a presque 10 ans, James Howells a jeté un disque dur lors d'un nettoyage, oubliant les bitcoins qu'il contenait. Aujourd'hui, alors que la valeur de ce qu'il contient est estimée à 184 millions de dollars (117 961 490 000 FCFA), Howells prévoit de dépenser des millions en creusant une décharge de Newport (Royaume-Uni) pour tenter de retrouver le disque dur manquant. S'il le récupère, il a déclaré qu'il donnerait 10 % du produit de la vente pour transformer la ville en un centre de crypto-monnaie. Mais les autorités locales ont déjà déclaré que le déterrement de la décharge présentait un risque écologique. Howells, un ingénieur informatique, a accidentellement jeté le disque dur en 2013 après avoir extrait 8 000 bitcoins dans les premiers stades du développement de la monnaie. La valeur du bitcoin fluctue énormément. Par exemple, la valeur des avoirs de Howells était d'environ 250 millions de dollars en janvier 2021, mais avec la forte baisse du début de l'année, elle est désormais nettement inférieure. Le conseil municipal de Newport, qui gère la décharge où Howells pense que le disque dur se trouve, lui a toujours refusé l'accès au site pour des travaux d'excavation pour des raisons environnementales et d'accès. La récupération du disque dur nécessiterait un énorme travail d'excavation manuelle pour retirer des milliers de tonnes de débris compactés qui se sont accumulés sur le site au fil des décennies. Mais l'ingénieur informaticien estime qu'il dispose désormais des fonds et des connaissances nécessaires pour le faire de manière efficace et bénéfique pour l'environnement du site. ""Creuser une décharge est une grosse opération en soi"", explique-t-il. ""Le financement est assuré et nous avons embauché un spécialiste de l'intelligence artificielle. Sa technologie peut facilement être entraînée à chercher un disque dur."" Ce n'est pas tout : ""nous avons également une équipe environnementale à bord. En fait, nous disposons de toute une équipe d'experts aux compétences diverses, et lorsque nous nous réunirons tous, nous serons en mesure de mener à bien cette tâche en respectant des normes très élevées."" Mais trouver le disque dur n'est qu'une partie de cette tâche monumentale. Il n'y a aucune garantie que, s'il est retrouvé, son état sera récupérable. Mais si c'est le cas, son propriétaire est plus que prêt à recevoir une méga somme d'argent, bien que le montant réel dépende de la direction de la crypto-monnaie volatile. Dans tous les cas, il s'agit probablement de plusieurs millions de dollars. À partir de là, Howells a promis de donner 10 % des bénéfices à la communauté. Et il a déjà en tête la manière dont il va l'investir : ""nous avons toute une liste d'initiatives"", ajoute-t-il. ""L'une des choses que nous aimerions faire sur la décharge actuelle, une fois que nous aurons nettoyé et récupéré le terrain, est d'y installer une installation de production d'énergie, peut-être quelques éoliennes. Nous aimerions également mettre en place une installation d'extraction de bitcoins basée sur la communauté et utiliser l'électricité propre produite par les turbines pour créer des crypto-monnaies pour les habitants de Newport"", explique-t-il. Parmi ses nombreux projets figure également une proposition visant à donner environ 60 dollars en bitcoins à chaque habitant de Newport et à installer des terminaux basés sur les crypto-monnaies dans chaque magasin. Mais les autorités ont répondu à chacune des demandes de Howells par un refus. ""Nous avons des obligations légales à remplir dans la gestion de la décharge"", affirme un porte-parole. ""Il s'agit notamment de gérer le risque écologique pour le site et les zones environnantes. Les propositions de M. Howells présentent un risque écologique important que nous ne pouvons pas accepter et qui, en raison des conditions du permis de gestion de la décharge, n'est même pas envisagé.""" https://www.bbc.com/afrique/articles/cxwmjx78leeo +business Comment les cultivateurs de cannabis d'Afrique du Sud sont laissés pour compte par les projets de légalisation "Par Vumani Mkhize\nBBC Africa Business, Umthatha Depuis des générations, les habitants du Cap-Oriental en Afrique du Sud gagnent leur vie en cultivant du cannabis. On pourrait s'attendre à ce qu'ils soient les premiers à bénéficier de la légalisation de cette culture, mais ce n'est pas nécessairement le cas. Le trajet entre Umthatha et le village de Dikidikini, dans la province sud-africaine du Cap-Oriental, est un voyage pittoresque rempli de panoramas infinis, de fermes dispersées et de routes sinueuses qui serpentent à travers des collines vertes ondulantes que l'on pourrait facilement prendre pour des champs de maïs - alors qu'elles sont tout sauf cela. ""C'est du cannabis"", me dit mon guide local et militant du cannabis, Greek Zueni. ""Tout le monde ici en cultive, c'est comme ça qu'ils gagnent leur vie"". Le cannabis, appelé familièrement ""umthunzi wez'nkukhu"" ou ""ombre de poulet"", est une partie intrinsèque de nombreuses communautés rurales du Pondoland du Cap-Oriental et une source vitale de revenus. Dans une ferme située au bord de la rivière, nous rencontrons un groupe d'hommes, de femmes et d'enfants qui s'occupent d'une récolte fraîche. Leurs mains sont tachées de vert à force de cueillir les têtes de cannabis toute la journée. L'odeur âcre du cannabis flotte dans l'air. Ils plaisantent tout en travaillant - la récolte est un travail de groupe. Un énorme tas de têtes vertes se trouve à côté d'eux, séchant sous le soleil de midi. Pour Nontobeko, qui n'est pas son vrai nom, la culture du cannabis est tout ce qu'elle a jamais connu : ""j'ai appris à le cultiver à l'âge de huit ans"", dit-elle fièrement. ""Le cannabis est très important pour nous car c'est notre moyen de subsistance et notre source de revenus. Tout ce que nous obtenons, nous l'obtenons en vendant du cannabis. Il n'y a pas de travail, nos enfants sont juste assis ici avec nous."" Bien que le cannabis puisse être un mode de vie pour cette communauté, sa culture à cette échelle est illégale. Plus de 900 000 petits agriculteurs des provinces du Cap-Oriental et du KwaZulu-Natal cultivent du cannabis depuis des années. Ces cultivateurs se sont souvent retrouvés du mauvais côté de la loi, mais la position dure du gouvernement à l'égard du cannabis semble devoir changer. Tout a commencé par une décision de justice historique en 2018 qui a dépénalisé l'usage privé, la possession et la culture du cannabis. Plus tôt cette année, lors de son discours sur l'état de la nation, le président Cyril Ramaphosa a déclaré que l'Afrique du Sud devrait exploiter l'industrie mondiale du chanvre médical et du cannabis, qui représente plusieurs milliards de dollars et qui, selon lui, pourrait créer 130 000 emplois indispensables. Si cela peut être une bonne nouvelle pour les entreprises commerciales, les cultivateurs traditionnels du Cap-Oriental se sentent laissés pour compte. Le coût de l'obtention d'une licence pour cultiver du cannabis est tout simplement trop élevé pour beaucoup. ""Le gouvernement doit changer son approche et proposer des lois qui soient favorables aux cultivateurs et aux citoyens. Pour l'instant, les personnes qui ont des licences [pour cultiver du cannabis] sont des gens riches"", déclare M. Zueni. ""Le gouvernement devrait aider les communautés à cultiver pour qu'elles puissent être compétitives sur le marché mondial. Voici un produit qui pousse si facilement et de manière organique. Nous ne sommes pas jaloux, les riches doivent aussi venir, mais s'il vous plaît, aidez les plus pauvres des pauvres"", dit M. Zueni. L'année dernière, le gouvernement a dévoilé un plan directeur pour l'industrialisation et la commercialisation de la plante de cannabis. Il évalue l'industrie locale, qui a largement opéré dans l'ombre, à près de 2 milliards de dollars (1 billion 319 milliards 175 millions 800 mille FCFA). Il cherche à rendre l'industrie sud-africaine du cannabis compétitive au niveau mondial et à produire des produits à base de cannabis pour le marché national et international. Le projet de loi sur le cannabis à des fins privées, dont la signature est prévue au cours de l'exercice 2022-23, est un élément clé du déploiement de cette industrie. Il légaliserait la culture du chanvre et du cannabis à des fins médicinales, ouvrant ainsi le secteur à des investissements sérieux et à la croissance. Il est également prévu de clarifier les zones d'ombre juridiques et de donner aux investisseurs potentiels une idée claire de l'avenir du marché sud-africain du cannabis. Bien que beaucoup de choses restent encore floues, il semble que le gouvernement soit déterminé à ouvrir le secteur, car les opportunités économiques sont trop alléchantes pour être ignorées. Les plans bénéficient d'un large soutien public, avec peu de voix discordantes. Bien que le cadre juridique soit encore en train d'essayer de rattraper un marché en pleine évolution, de nombreuses entreprises vont de l'avant en espérant que la loi finira par ouvrir le secteur. À l'heure actuelle, même si l'usage privé a été dépénalisé, il est toujours illégal d'acheter et de vendre du cannabis et divers produits dérivés. Toutefois, à en juger par la prolifération des magasins qui vendent des produits du cannabis dans le pays, les autorités ferment déjà les yeux. Pour ajouter à ce champ de mines juridique, il est légal pour les entreprises privées de cultiver et d'exporter du cannabis médicinal vers d'autres pays. Labat Africa Group est une entreprise qui cherche à tirer parti du cannabis médicinal. Cette société cotée à la Bourse de Johannesburg a récemment acquis le producteur de cannabis Sweetwater Aquaponics, situé dans la province du Cap-Oriental. Le directeur de Labat, Herschel Maasdorp, affirme que l'entreprise connaît une croissance importante en Europe et en Afrique. Elle s'est également cotée à Francfort, car ""l'Allemagne est le plus grand marché d'Europe pour la distribution de cannabis médicinal"", dit-il. ""Les possibilités de distribution en Europe sont très importantes. En plus de cela, au-delà des frontières, rien qu'en Afrique, il y a une proposition que nous avons consolidée à travers un certain nombre de pays différents, du Kenya à la Zambie en passant par l'Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, ainsi qu'au Zimbabwe."" Le commerce légal du cannabis sur le continent devrait atteindre 7 milliards de dollars (4 billions 607 milliards 45 millions 300 mille FCFA) avec l'amélioration de la réglementation et des conditions du marché, selon Prohibition Partners, analyste du secteur basé à Londres. Il indique que les principaux producteurs africains d'ici 2023 seront le Nigéria avec 3,7 milliards de dollars, l'Afrique du Sud avec 1,7 milliard de dollars, le Maroc avec 900 millions de dollars, le Lesotho avec 90 millions de dollars et le Zimbabwe avec 80 millions de dollars. Dans son Global Cannabis Report, Prohibition Partners prévoit une croissance exponentielle de l'industrie mondiale : ""les ventes mondiales combinées de CBD, de cannabis médical et de cannabis à usage adulte ont dépassé 37,4 milliards de dollars en 2021 et pourraient atteindre 105 milliards de dollars en 2026."" ""Ce que nous voulions réaliser avec notre licence n'est pas seulement de cultiver du cannabis médicinal, mais d'utiliser cette licence pour en faire profiter tout le monde dans la province du Cap-Oriental"", explique-t-il à la BBC. Il admet que les cultivateurs plus traditionnels ont été laissés pour compte au fur et à mesure que la législation sur le cannabis progressait. ""La région de Pondoland était synonyme de fourniture de cannabis dans toute l'Afrique du Sud"", dit-il. Cependant, les changements de la loi ont eu un effet ""préjudiciable"" sur les agriculteurs du Pondoland, car cela signifiait que tout le monde pouvait désormais cultiver et consommer son propre cannabis, de sorte qu'ils n'avaient plus de marché pour une culture qui était auparavant très lucrative. Même la culture du cannabis pour l'exportation à des fins médicales n'est pas envisageable pour les petits exploitants, en raison des coûts élevés. Il faut obtenir une licence auprès de l'Autorité sud-africaine de réglementation des produits de santé (SAHPRA), qui coûte environ 1 465 dollars (962 579 FCFA). Outre les frais de licence, pour mettre en place une installation de cannabis médicinal, il faut compter entre 182 000 et 304 000 dollars (119 549 270 et 199 615 310 FCFA), ce qui est hors de portée de nombreux cultivateurs traditionnels. Cependant, il y a des nouvelles prometteuses pour les agriculteurs de l'Eastern Cape. La souche Pondoland ou Landrace de la plante, qui pousse en abondance dans la région, a donné des résultats encourageants dans le traitement du cancer du sein. Sweetwater Aquaponics et le Council for Scientific and Industrial Research (CSIR) mènent actuellement une étude, et les scientifiques sont optimistes quant aux résultats de cette souche. Il est encore tôt, mais si la souche Pondoland s'avère efficace, elle pourrait changer la donne que les cultivateurs locaux recherchent désespérément." https://www.bbc.com/afrique/articles/cyx8xr8dwepo +business Glencore va fermer la plus grande mine de cobalt au monde en RDC "Le géant minier suisse Glencore arrête la production de la plus grande mine de cobalt au monde en RDC après une chute brutale du prix du métal précieux. Le prix a chuté de plus de 40% cette année seulement. La fermeture de la mine est le dernier revers pour Glencore, car elle fait actuellement l'objet d'une enquête du ministère américain de la Justice pour ses transactions commerciales en RDC et dans plusieurs autres pays. Des téléphones cellulaires aux batteries d'automobiles et d'innombrables autres appareils électroniques modernes, le cobalt est l'ingrédient clé pour que ces produits fonctionnent. A lire aussi: Fin du bras de fer entre le Tchad et Glencore Paradise Papers : Glencore et les contrats miniers en RDC Les prix de cette matière première ont fortement chuté cette année, en grande partie en raison de l'offre excédentaire de la RDC qui possède les réserves les plus importantes du monde. La chute des cours a durement frappé Glencore, car le cours de son action a chuté d'un cinquième cette année et la semaine dernière, la société a annoncé que sa division de négoce serait également touchée par la piètre performance du cobalt sur le marché. Dans une lettre adressée aux employés de la mine Mutanda dans le Sud-Est du pays qui sera bientôt fermée, la société a indiqué que la production devrait être arrêtée parce que la mine n'est ""plus économiquement viable"". A lire aussi: Le cobalt substance stratégique en RDC Joseph Kabila exige l'application de la réforme du code minier La mine était considérée comme un actif clé de Glencore en RDC et représentait un cinquième de l'approvisionnement mondial en cobalt l'an dernier. Selon Glencore, Mutanda continuera à produire jusqu'à la fin de l'année, après quoi elle devrait être placée en ""entretien et maintenance""." https://www.bbc.com/afrique/region-49266426 +business """Je ne renoncerais à cette vie pour rien au monde"" - Le milliardaire de la Silicon Valley qui dirige son entreprise depuis un village isolé" """Je suis comme un PDG à distance"", déclare Sridhar Vembu, en regardant une étendue de rizières verdoyantes. Sridhar et ses frères et sœurs ont fondé Zoho en 1996 dans la Silicon Valley, le centre mondial de la technologie et de l'innovation aux États-Unis. 25 ans plus tard, l'entreprise de logiciels cloud compte plus de 9 500 employés et le magazine Forbes estime que la fratrie pèse près de 2,5 milliards de dollars. Mais après avoir passé près de trois décennies en Californie et fait de son entreprise un acteur incontournable, Sridhar a décidé de s'installer dans un endroit plus calme, beaucoup plus calme en fait, dans un petit village isolé du sud de l'Inde. A ne pas manquer sur BBC Afrique : ""Il y a beaucoup de rizières avec un groupe de quatre ou cinq rues"", explique Sridhar à la BBC. Ce village verdoyant, situé au pied d'une chaîne de montagnes, se trouve dans le district de Tenkasi, à 600 km au sud de Chennai. Il compte moins de 2 000 habitants, il n'y a pas de routes principales, pas d'eau courante et pas de système d'égouts. Le raccordement à l'électricité est également irrégulier, de sorte que Sridhar doit dépendre de générateurs diesel. On est loin de la Silicon Valley. Comment Sridhar parvient-il à travailler ici ? Eh bien, l'outil le plus important [l'internet] existe, et Sridhar peut bénéficier d'une connexion internet à haut débit par fibre optique qui lui permet de travailler. Lire aussi : Et le fait d'être le patron d'une énorme entreprise prospère comporte certains avantages. ""En principe, tout ce qui concerne les grandes politiques atterrit sur le pas de ma porte. L'entreprise est assez grande maintenant et beaucoup de décisions sont prises localement au sein d'une équipe"", explique-t-il. Aucun des cadres supérieurs ou de ses assistants personnels ne vit à proximité. Pourtant, cet entrepreneur numérique apprécie d'être un dirigeant de terrain. ""Je dirige directement l'une des équipes. Je collabore étroitement avec les programmeurs et je travaille dans certains projets de deep tech. L'équipe logicielle est composée d'ingénieurs répartis dans le monde entier."" Sridhar vit dans une ferme de deux chambres récemment construite et a adopté de tout cœur le mode de vie rural. Sa maison n'est pas climatisée et, au lieu de prendre une voiture, il utilise désormais des pousse-pousse électriques et des bicyclettes et se rend souvent dans un salon de thé du village pour discuter avec les habitants. Lire aussi : ""J'apprécie énormément la vie ici. J'ai appris à connaître beaucoup de gens de ce village et des villages environnants."" Il porte habituellement un jean et un T-shirt et parfois, comme beaucoup d'hommes en Inde, il opte pour le dhoti [une sorte de sarong, noué d'une manière qui ressemble à un pantalon ample]. Grâce à ses apparitions dans les médias, la plupart des habitants savent qui il est. Pourtant, il insiste sur le fait qu'il n'est pas une célébrité. Il nous a demandé de ne pas publier le nom de son village car il ne veut pas que des gens viennent à l'improviste. ""La vie sociale en milieu rural est très différente. Les gens ont le temps de se faire de bons amis. Au hasard, quelqu'un vous invite à manger chez lui. Récemment, lorsque je suis allé dans un village voisin, j'ai eu peut-être 10 ou 15 conversations."" Lire aussi : Sridhar dit qu'il n'a jamais été un homme d'affaires flamboyant aimant la jet-set, et que la vie qu'il menait avant de déménager ne lui manque pas. ""Je n'ai jamais joué au golf. Je n'ai jamais été un ""animal social"". J'avais l'habitude de voyager pour les affaires, mais maintenant, de toute façon, la plupart des choses se passent par vidéo."" Il utilise les réseaux sociaux pour se tenir au courant des dernières tendances dans son secteur et Sridhar dit suivre des personnes intéressantes et avoir un certain nombre de conversations stimulantes. Depuis le début de la pandémie de coronavirus, de nombreuses personnes ont été contraintes de travailler à distance depuis leur domicile, les bureaux du monde entier étant fermés, afin de prévenir la propagation de la maladie infectieuse. En conséquence, de nombreuses entreprises souhaitent introduire le télétravail de manière permanente, même après que les travailleurs ont été autorisés à retourner sur leur lieu de travail. Avant la pandémie, Sridhar avait déjà pris une longueur d'avance en relocalisant ses employés ainsi que lui-même, ce qui lui permet de penser qu'il dispose désormais d'un modèle de travail durable. Sa société, Zoho, a ouvert son premier bureau rural il y a dix ans à Tenkasi, dans l'État indien du Tamil Nadu. Depuis, Zoho a ouvert 30 bureaux satellites dans diverses zones rurales de l'Inde. A regarder : ""Nous n'avons pas encore complètement compris comment le modèle de travail va évoluer. Mais nous investissons massivement dans la création de ces bureaux ruraux. Nous investissons également dans les outils en ligne. "" Sridhar s'attend à ce que seuls 20 à 30 % de son personnel optent définitivement pour le travail à domicile et que les bureaux satellites répondent au besoin d'interaction sociale, tout en éliminant la nécessité de venir à Chennai, où sont basés la plupart des emplois de son entreprise. ""Partout où il y a un regroupement d'employés, nous essayons d'installer un bureau. Les gens peuvent travailler à domicile pendant un ou deux jours et venir au bureau les autres jours"", explique-t-il. Selon M. Sridhar, ces bureaux satellites pourront idéalement accueillir une centaine de personnes. Sridhar est né en Inde et a toujours regretté les jours qu'il passait dans son village ancestral pendant ses vacances scolaires. Bien qu'il ait déménagé aux États-Unis pour étudier, puis travailler, il a toujours voulu retourner un jour dans un village indien. Lorsque Sridhar a fini par quitter la Bay Area, à San Francisco, sa décision n'a pas été une surprise pour ses collègues. Lire aussi : ""D'une certaine manière, Sridhar a toujours travaillé à distance. Quand il était en Californie pendant toutes ces années, plus de 90 % de nos employés ont travaillé depuis Chennai, en Inde"", explique Praval Singh, vice-président du marketing et de l'expérience client chez Zoho. ""Étant donné que nos équipes ont toujours été réparties dans différentes zones géographiques, le lieu où se trouvait le PDG n'a pas vraiment affecté notre travail"", ajoute-t-il. Depuis son village, Sridhar interagit régulièrement avec ses employés aux États-Unis, au Brésil et à Singapour, ainsi qu'avec plusieurs sites en Inde. Sridhar a fréquenté les meilleurs établissements d'enseignement en Inde et aux États-Unis avant de créer sa propre entreprise, mais il est devenu très cynique à l'égard du système éducatif. Il a obtenu un diplôme d'ingénieur à l'Indian Institute of Technology de Madras, plus connu sous le nom d'IIT, et a poursuivi ses études avec un master et un doctorat à l'université de Princeton, aux États-Unis. Pourtant, il insiste sur le fait que son éducation n'a rien à voir avec son succès. ""Je me préparais à devenir professeur dans un domaine hautement mathématique et maintenant tout ce que je fais, c'est de l'arithmétique de base"". Lire aussi : Pour Sridhar, il est inutile ""d'infliger des théories sans contexte"" aux étudiants avant de leur faire comprendre comment les utiliser dans la vie quotidienne. ""Je suis ingénieur électricien de formation. J'ai étudié les équations de Maxwell mais je ne m'en souviens pas du tout."" ""Les équations de Maxwell [qui traitent des principes fondamentaux de l'électromagnétisme] sont importantes. Mais je dirais qu'elles ne seront importantes qu'après avoir appris comment fonctionnent les moteurs électriques, en les enroulant et en les détruisant."" Passionné par la manière dont l'éducation est dispensée, Sridhar a créé des ""écoles Zoho"" qui ont supprimé les méthodes conventionnelles d'enseignement et d'apprentissage. Deux de ces écoles fonctionnent dans le Tamil Nadu. Et il visite régulièrement celle située dans le district de Tenkasi. Ses écoles proposent des programmes intensifs de deux ans sur des sujets tels que la technologie des logiciels, la gestion, le design, l'écriture créative, etc. Pour être admis, il faut être âgé de 17 à 20 ans et avoir reçu une éducation de base à l'école pendant au moins 12 ans. Les étudiants sont nourris et reçoivent 140 dollars par mois comme allocation. ""Nous vous enseignons la programmation. Vous codez de vraies applications"", explique Sridhar. ""C'est l'apprentissage par la pratique"". ""Vous pouvez être un excellent plombier sans comprendre la dynamique des fluides. Vous pouvez être un grand programmeur sans comprendre les principes profonds de l'informatique. C'est important de garder cela à l'esprit. "" Environ 900 étudiants formés dans les écoles Zoho sont maintenant employés dans l'entreprise de Sridhar. Lire aussi : Seuls quelques milliardaires comme Bill Gates et Warren Buffet donnent de grande parties de leur fortune à des fins philanthropiques. Mais Sridhar affirme qu'il n'a pas l'intention d'imiter le modèle occidental. Il affirme que la responsabilité sociale fait partie intégrante de son activité. ""Nous avons tendance à faire beaucoup de choses sans les qualifier d'œuvres caritatives. Lorsque nous investissons dans le renforcement des compétences pour l'emploi, nous aidons en fait l'entreprise et aussi la personne qui est formée."" Mais Sridhar ne compte pas s'arrêter là. Il a annoncé son intention de créer un hôpital de 250 lits dans le sud de l'Inde pour répondre aux besoins des patients ruraux et semi-urbains. En janvier, il a reçu la quatrième plus haute distinction civile de l'Inde. Il a également été nommé au conseil consultatif sur la sécurité nationale, où son rôle consiste à trouver des moyens pour que l'Inde puisse acquérir un savoir-faire scientifique dans divers secteurs essentiels pour les besoins économiques et sécuritaires du pays. Sridhar dit qu'il espère visiter son bureau américain lorsque la pandémie sera terminée, mais que ce ne sera qu'un court voyage. Il affirme qu'il n'a pas l'intention de s'y installer définitivement et qu'il n'est pas attiré par le glamour et l'argent de la Silicon Valley. ""Je dirige une entreprise. L'entreprise est riche. Cela ne veut pas dire que je vis personnellement de ce style de vie. Ça ne m'intéresse pas."" ""Je ne manquerais cette vie pour rien au monde"", révèle-t-il. ""Nous pensons souvent que l'argent est un remède universel. Ce n'est pas le cas. Vous avez besoin du ciment social.""" https://www.bbc.com/afrique/monde-56776067 +business Histoire : comment le manuscrit de Galilée a fini en emballage de mortadelle "La vie réserve des surprises, mais il y en a peu comme celle qu'a connue l'intellectuel Giovan Battista Clemente Nelli au printemps 1739. Plusieurs versions ont été données de ce qui s'est passé, et même les détails varient. Tenons-nous-en donc à l'histoire racontée par le médecin Giovanni Targioni Tozzetti, grand naturaliste et scientifique de confiance du Grand Duc de Toscane. Sa version est apparue dans son texte ""Nouvelles des extensions des sciences physiques produites en Toscane pendant les années 60 du XVIIe siècle"", publié en 1780. ""Le célèbre médecin Gio Lami, par habitude, allait dîner dans une de ses villas, à l'Osteria del Ponte delle Mosse, avec plusieurs amis. L'un de ces amis était Nelli, qui devint plus tard sénateur et gentilhomme, et Lami lui demanda d'apporter de la mortadelle de la boutique de Cioci, car c'était la meilleure de toutes"", raconte Tozzetti dans le texte. ""Il a acheté deux lires de mortadelle. Arrivés à la taverne, ils ont demandé une assiette pour mettre la mortadelle. Et à ce moment-là, le sénateur Nelli a compris que le papier utilisé par Cioci pour emballer la mortadelle était une lettre de Galilée."" Nelli a reconnu l'écriture de Galilée, l'un des plus grands scientifiques de l'histoire. Le héros controversé qui, entre autres, a transformé les lunettes en télescopes, ce qui lui a permis de découvrir des faits nouveaux et inimaginables auparavant. Lire aussi : Galilée a remis en question la vision du cosmos d'Aristote, qui plaçait la Terre au centre de l'univers, acceptée comme la seule vérité par l'intelligentsia de l'époque. Malgré son attachement à la vérité scientifique, sa défense du système planétaire copernicien (avec le Soleil en son centre) l'a poussé dans un grave conflit avec l'Église catholique. Un procès pour hérésie et la menace de la torture l'obligent à se rétracter publiquement, et il passe le reste de sa vie en résidence surveillée. Cependant, même la puissante Inquisition n'a pas empêché son œuvre brillante, avec ses révélations et ses conclusions, de révolutionner la connaissance... Aujourd'hui, trois cent quatre-vingts ans après la mort de Galilée, les chercheurs peuvent toujours consulter les traités de la Renaissance en examinant les idées qu'il a écrites de sa propre main dans des carnets, des documents et des lettres. Mais, comme Nelli s'en est rendu compte en ce jour de printemps à Florence, une partie importante de cet héritage risquait de se perdre, et ce non pas à cause de l'autodéfense d'une quelconque inquisition, mais par pure négligence. Vincenzo Viviani a été le dernier disciple de Galilée et s'est occupé de lui jusqu'à la fin de sa vie. Il l'a rencontré à l'âge de 17 ans et n'avait même pas 20 ans lorsque le professeur est mort. Par la suite, Viviani s'est consacré à la préservation et à la défense de l'image et de l'œuvre de Galilée. ""M. Viviani a recueilli, tant auprès des héritiers de Galilée que d'autres personnes, autant d'œuvres de son maître qu'il a pu en trouver"", indique Giambatista Venturi dans ""Memorie e lettere inedite fina o disperse di Galileo Galilei"" (1818-1821). ""Mais pour les sauver de l'inquisition du peuple intolérant, comme il était lui-même soupçonné d'être une personne sans religion, il a gardé les œuvres cachées chez lui, dans un puits où il stockait du blé."" Parmi ces trésors se trouvait ""un manuscrit de Galilée en plusieurs petits livrets intitulé sur la page de titre 'De Motu Antiquiora', qui est reconnaissable comme l'une de ses premières études de jeunesse"", écrit Viviani en 1674. Le mathématicien et scientifique y souligne que ""à partir de ce moment-là, il ne pouvait pas forcer son libre intellect à philosopher de manière conventionnelle dans les écoles ordinaires"". Lorsque Viviani meurt en 1703, le sort des ""petits livres"" devient incertain. La maison dans laquelle ils étaient cachés ""a été héritée par l'abbé Jacopo Panzanini, neveu de Viviani. Et à sa mort en 1737, le puits a été ouvert et de nombreux paquets des écrits mentionnés ont été déplacés ou vendus à des marchands pour être emballés"", raconte Ventury... Revenons à cette table d'amis où Nelli venait de se rendre compte que la mortadelle qu'il avait achetée était emballée dans une lettre écrite par Galilée. Conscient de l'importance de la découverte, Targioni Tozzetti raconte qu'il a ""retiré la graisse de la feuille avec une serviette de table du mieux qu'il a pu, puis l'a pliée et l'a rangée dans sa poche"". Il ne dit rien à personne et, dès qu'il le put, ""courut chez Cioci, de qui il apprit qu'un inconnu vendait de temps en temps un paquet de ces écrits"". Il a acheté tous les écrits en possession du commerçant et lui a fait promettre de le prévenir si d'autres exemplaires venaient à tomber entre ses mains. ""En effet, quelques jours plus tard, un paquet plus important est arrivé, et le sénateur a appris qu'ils sortaient d'un puits. Donc en 1750, il a pu mettre la main sur tout le reste du trésor."" Les vendeurs étaient les petits-neveux de Viviani, qui avaient hérité de sa maison après la mort de Panzaninni et qui, bien que cette même année Galilée ait été jugé suffisamment respectable pour recevoir une tombe dans une église, ne partageaient pas le respect de leur grand-oncle pour le grand scientifique. Ils ont vidé les armoires où le disciple de Galilée avait conservé les manuscrits pour leur donner une utilisation qui leur semblait bien meilleure : ranger des nappes et du linge - et ils ont cherché un moyen de tirer profit des ""papiers inutiles"". Personne ne sait combien de documents ont été perdus, mais lorsque Nelli est revenu, ils avaient encore une grande malle pleine de documents, qu'ils ont vendus au sénateur. ""Le sénateur Nelli, ayant acheté les manuscrits, a réorganisé le matériel et l'a étudié. Comme il a eu un jour la gentillesse de me le dire, il a écrit une biographie complète et rationnelle de Galilée et de ses disciples les plus distingués, qui sera imprimée avec un grand nombre de ses œuvres et lettres posthumes"", raconte Targioni Tozzetti. Il n'obtint pas tout ce qu'il voulait, mais publia ""Vie et commerce littéraire de Galilée"" en 1793, imprimé à Florence, mais indiquant faussement qu'il avait été à Lausanne, par crainte de la censure ecclésiastique. L'ouvrage reconstitue les faits biographiques du grand scientifique florentin depuis sa jeunesse, grâce à une analyse rigoureuse d'un nombre considérable de lettres, dont beaucoup sont liées à la publication de ""Sidereus nuncius"" (le premier traité scientifique basé sur des observations astronomiques faites avec un télescope) et au procès de l'Inquisition. Après sa mort la même année, Venturi a poursuivi son travail et, finalement, les trésors que Nelli a trouvés en achetant de la mortadelle ont fini aux Archives de Florence. C'est là qu'ils ont été utilisés par le plus grand des galiléens, Antonio Favaro, qui a réalisé entre 1890 et 1909 la monumentale Edizione Nazionale des œuvres de Galilée : 20 volumes imprimés en 21 grands tomes qui constituent une référence indispensable pour les chercheurs sur le savant." https://www.bbc.com/afrique/monde-63189824 +business Des sculptures indiennes volées il y a 40 ans bientôt restituées "Trois sculptures en bronze volées dans un temple indien il y a plus de 40 ans seront bientôt restituées après avoir été repérées lors d'une vente au Royaume-Uni. Les quatre idoles ont été subtilisées dans le district de Tanjavur en 1978. Les voleurs avaient été arrêtés et condamnés en Inde mais la trace des statuettes avait été perdue. L'année dernière, la Haute Commission indienne a alerté Scotland Yard qu'un revendeur britannique proposait l'une des pièces à la vente. Selon la police britannique, les statuettes ont été achetées de bonne foi et aucun délit n'a été commis. Vous aimerez peut-être aussi : Le Met a déclaré qu'il avait par la suite identifié les deux autres sculptures disparues qui seront également ramenées en Inde. L'inspecteur Tim Wright a qualifié les idoles de ""belles et historiquement significatives"". Il a ajouté qu'elles avaient également ""une importance religieuse et qu'il est donc particulièrement satisfaisant qu'elles soient rendues au temple où elles ont été prises"". A regarder :" https://www.bbc.com/afrique/monde-54195357 +business Conflit israélo-palestinien: comprendre le conflit foncier de Sheikh Jarrah au coeur des tensions "Le jardin de Samira Dajani et Adel Budeiri ressemble à une oasis - un lieu paisible de bougainvilliers, de lavandes et d'arbres fruitiers ombragés au centre d'une dispute furieuse et incendiaire qui a contribué à déclencher un conflit. La maison de pierre d'un étage du couple palestinien, située dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, est l'une des 14 maisons où des résidents palestiniens - 300 personnes au total - risquent d'être expulsés pour laisser la place à des colons juifs, dans une affaire qui a atteint la Cour suprême d'Israël. Le processus a été interrompu lorsque la violence a éclaté à Jérusalem, juste avant les derniers combats entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas dans la bande de Gaza. Mais le danger n'a pas disparu. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Pendant que Samira coupe les fleurs, Adel me montre des photos en noir et blanc datant des années 1950 et 1960, avant que le couple ne se rencontre et ne se marie. ""C'est très dur"", dit Adel. ""Nous pensons que la période très heureuse que nous avons vécue dans cette maison va prendre fin. Nous avons le sentiment que nous serons des réfugiés pour la deuxième fois."" Leurs deux familles ont été chassées de Jérusalem-Ouest pendant la guerre d'indépendance d'Israël en 1948. Les maisons que possédaient les Dajanis et les Budeiris ne sont qu'à quelques kilomètres de là, mais la loi israélienne signifie qu'elles ne pourront jamais être récupérées. Dans les années 1950, l'ONU a financé un projet jordanien à Sheikh Jarrah pour construire des maisons pour les Palestiniens déplacés. Mais certains des terrains concernés appartenaient à deux associations juives avant la création de l'État d'Israël. Après qu'Israël a pris Jérusalem-Est à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours en 1967, les deux associations ont intenté une action en justice pour récupérer la propriété. Le terrain contesté, proche de la tombe de Shimon HaTzadik (Simon le Juste), un grand prêtre juif de l'Antiquité, est revendiqué par des groupes de colons, qui affirment que les Palestiniens sont, en fait, des spoliateurs. Il convient d'ajouter ici qu'à peu près tout dans cette histoire tortueuse - le terrain et sa propriété - fait l'objet d'une furieuse contestation. Dehors, la rue est calme, avec peu de signes des tensions qui ont éclaté ici pendant le Ramadan et les premiers jours du récent conflit entre Israël et le Hamas. Il y a des barrières de police à chaque extrémité de la rue. Les colons juifs circulent librement, mais si vous êtes Palestinien et que vous ne vivez pas ici, vous ne pouvez pas entrer. Une fresque murale, peinte sur un mur voisin, montre une carte de la Palestine d'avant 1948, enveloppée dans un keffieh, ou coiffe arabe traditionnelle, avec le slogan : ""bienvenue dans le quartier inébranlable de Sheikh Jarrah"". Plus bas, sur le côté opposé, les noms de 28 familles élargies menacées d'expulsion ont été badigeonnés sur un autre mur. En face, une maison reprise par des colons il y a plus de 10 ans est ornée de drapeaux israéliens, d'une étoile de David illuminée et de nombreuses caméras de sécurité. Les autorités israéliennes affirment que la question de Sheikh Jarrah n'est rien de plus qu'un ""différend immobilier"" et que les colons ont la loi de leur côté. En 2003, les deux associations juives ont vendu les droits de propriété à Nahalat Shimon Ltd, l'une des nombreuses organisations basées aux États-Unis qui soutiennent les efforts des colons juifs pour s'installer dans les zones palestiniennes de Jérusalem. ""Ces familles vont être expulsées pour non-paiement du loyer"", déclare l'un des maires adjoints de Jérusalem, Fleur Hassan-Nahoum, en référence à une décision de justice controversée de 1987 qui reconnaissait la propriété des associations juives mais définissait les Palestiniens comme des locataires protégés. ""Vous savez donc que nous avons un conflit de propriété qui a été confondu avec un conflit politique afin d'inventer une provocation"". ""Je ne vois pas pourquoi Jérusalem-Est doit être Judenrein"", dit-elle, en utilisant le terme inventé par les nazis pour désigner une Europe sans Juifs. Les esprits se sont échauffés à Sheikh Jarrah au cours du récent mois de jeûne du Ramadan. Un conflit qui dure depuis des décennies a dégénéré en violence. À la mosquée al-Aqsa voisine, il y avait plus de problèmes. Jérusalem, semblait-il, était en feu. Sentant l'occasion d'améliorer leur position parmi les Palestiniens en dehors de la bande de Gaza, les militants du Hamas se sont joints à eux, tirant des roquettes directement sur la ville. Lorsqu'un cessez-le-feu est annoncé après 11 jours de conflit, les Palestiniens de Jérusalem célèbrent ce que certains considèrent comme une victoire du Hamas. ""Ce n'est pas un hasard si le Mont du Temple et Sheikh Jarrah ont été les déclencheurs de cette violence convulsive"", déclare Daniel Seidemann, un avocat israélien qui suit les activités de colonisation juive à Jérusalem-Est depuis 30 ans. ""Il y a un effort concerté pour déplacer les Palestiniens qui vivent là, et les remplacer par des colons aux motivations bibliques. C'est ce qui est en train de se passer."" Juifs et Arabes ont tous deux été déplacés en 1948, dit-il, mais là s'arrête la similitude. ""Vous avez une ville, une guerre, deux peuples, qui perdent tous deux des biens"". ""L'un peut récupérer ses biens, l'autre non. C'est le péché originel de Sheikh Jarrah."" Selon M. Seidemann, le ciblage de quatre quartiers arabes - deux à Sheikh Jarrah et deux à Silwan, au sud - représente le premier effort d'Israël pour déplacer à grande échelle les Palestiniens de Jérusalem depuis le lendemain de la guerre de 1967. Et il affirme que le processus est incendiaire. ""Nous prenons la question radioactive de Jérusalem et la question radioactive du déplacement et nous les unissons"", dit-il. De retour dans leur jardin, Adel et Samira sont menacés d'expulsion le 1er août Ils n'ont que deux mois pour gagner ou perdre la maison qu'ils partagent depuis 47 ans. Adel dit que ce n'est pas un combat équitable. ""Il est devenu très clair que nous ne nous battons pas avec les colons. Nous nous battons contre le gouvernement"", dit-il. ""Nous n'avons pas la force de nous battre avec le gouvernement israélien"". Le Hamas est peut-être parti en guerre pour l'avenir de Jérusalem, mais pour les 28 familles de Sheikh Jarrah, leur situation est tout aussi précaire après qu'avant." https://www.bbc.com/afrique/monde-57257139 +business """Le maintien du franc CFA encourage l’indiscipline fiscale"" Ndongo Samba Sylla" Le débat sur le franc CFA vient de ressurgir à la faveur du sommet des chefs d'états de l'uemoa tenu à Dakar mardi 3 décembre. Fidèle à sa position, le président ivoirien a encore défendu le franc CFA. Selon lui l'arrimage du CFA à l'euro est un avantage. Il soutient que cette parité fixe permer de rembourser une dette contractée avec un taux d'intérêt invariable. Argument battu en brèche par l'économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla. L'invité de BBC répond aux questions de Cheick Omar Bandaogo. https://www.bbc.com/afrique/50653673 +business Emploi : comment rédiger un CV efficace ? Deux experts emploi répondent à vos questions sur le CV. Ce document est la première chose qu'un employeur perçoit de vous. Il est donc important de faire bonne impression lors de ce tout premier contact. Reportage de Mila Kimbuini, monté par Late Wodi Lawson. https://www.bbc.com/afrique/media-59609750 +business Les Incubateurs : des écosystèmes sur mesure pour les entrepreneurs Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! C’est en tout cas l’argument de vente des Incubateurs, ces structures où se regroupent entrepreneurs et créatifs pour faire grandir leurs startups et espérer faire éclore de véritables entreprises capables de voler de leurs propres ailes. Mais comment savoir si on a besoin d’être incubé, et surtout comment faire la différence entre les tech hub, coworking ou autres accelerateurs ? Pour répondre à ces questions sur Afrique Avenir, Anne-Marie Dias Borges accueille : https://www.bbc.com/afrique/region-53070953 +business Alice Hahnsson, distributrice automatique de joie """La joie, c'est la santé, la joie c'est la vie !"" Alice Hahnsson, est une Ivoirienne vivant en Suède. Elle partage ses vidéos sur les réseaux sociaux afin de véhiculer sa philosophie et de transmettre sa joie aux autres. Elle espère aider les autres à surmonter leur stress et même à combattre le racisme grâce à la joie et la bonne humeur. Un reportage de Late Wodi Lawson." https://www.bbc.com/afrique/media-55178018 +business Flambée des prix : comment les différents pays sont-ils touchés ? "Le coût des produits de base, tels que la nourriture et le carburant, augmente partout dans le monde. Les mauvaises récoltes, la pandémie et la pénurie de gaz naturel y sont pour quelque chose, mais certains pays - et régions - sont particulièrement touchés. A surtout lire sur BBC Afrique : De nombreuses personnes en Afrique subsaharienne utilisent des bouteilles de gaz de pétrole liquéfié (GPL) comme principal combustible pour cuisiner. Cependant, le prix du GPL s'est envolé. Dans certaines régions du Nigeria, le prix de détail a plus que doublé au cours de l'année écoulée, selon le Bureau national des statistiques du pays. De nombreuses personnes préfèrent cuisiner avec du bois de chauffe, du charbon de bois ou des types de gaz moins chers et plus sales comme le kérosène. Cette pratique nuit non seulement à l'environnement, mais aussi aux poumons des personnes qui font la cuisine. L'augmentation du prix du pétrole fait également grimper le prix des engrais et le coût du transport des aliments des fermes aux magasins et aux marchés. Selon l'Observatoire de la Terre de la NASA, le temps sec affecte les récoltes dans de nombreux pays africains. Cela entraîne également une hausse des prix. BBC Afrique veut raconter votre histoire En Angola, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 36,4 % au cours de l'année écoulée, selon l'Institut national des statistiques du pays. Les Nations unies estiment qu'il y a désormais 282 millions de personnes sous-alimentées en Afrique. Au Malawi, l'augmentation du coût de la vie a récemment déclenché d'importantes manifestations antigouvernementales. En décembre, des milliers de personnes ont manifesté à Istanbul et dans la ville de Diyarbakir, dans le sud-est du pays, pour protester contre la hausse du coût de la vie. L'inflation a augmenté de 36 % l'année dernière, selon l'Institut turc de la statistique (TSI). Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 44 % sur l'année et de 14 % au cours du seul mois de décembre. À Istanbul, des milliers de personnes font la queue pour obtenir du pain dans les boulangeries publiques, où les prix sont subventionnés, car elles n'ont pas les moyens d'acheter du pain dans les magasins privés. Les prix du pain ont augmenté en partie à cause des hausses des prix du carburant et des engrais, mais aussi parce que le gouvernement turc a augmenté le prix minimum du blé et de l'orge pour soutenir les revenus des agriculteurs. Les denrées alimentaires ne sont pas les seules à devenir plus chères. Selon l'IAC, les tarifs des bus, des trains et des ferries ont augmenté de plus de 50 % en 2021. Les factures d'électricité et de gaz des ménages ont augmenté de 50 % et 25 % respectivement. Les gouvernements tentent généralement de contrôler la hausse des prix en augmentant les taux d'intérêt. Cela rend l'argent plus difficile à emprunter et empêche qu'une trop grande quantité d'argent soit mise en circulation. Cependant, le président turc Recep Erdogan a refusé de le faire, affirmant que les taux d'intérêt élevés sont ""un mal qui rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres"". L'année dernière, le président a ordonné à la banque centrale de Turquie de réduire les taux d'intérêt. Cela a entraîné une chute de 45 % de la valeur de la monnaie turque, la lire, par rapport au dollar américain, et une hausse du prix des produits importés. La réponse du gouvernement à la flambée des prix a été d'augmenter le salaire minimum de 50 %. L'économiste Ozlem Derici Sengul, associé fondateur de Spinn Consulting à Istanbul, prévient que le taux d'inflation en Turquie atteindra 50 % au printemps. La banque d'investissement Goldman Sachs prévoit qu'il atteindra entre 40 et 50 %. Au Brésil, les prix à la consommation augmentent de plus de 10 % par an et les prix des carburants ont augmenté de 50 %, selon l'Institut de géographie et de statistique (IGBE) du gouvernement brésilien. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 14 % l'année dernière, une grave sécheresse ayant entraîné des pénuries d'aliments de base tels que le riz et les haricots, ainsi que d'aliments pour animaux. Le Brésil possède plus de bétail que n'importe où ailleurs dans le monde, mais les prix du bœuf ont tellement augmenté l'année dernière que le nombre de personnes qui en achètent a chuté de 67 %, selon l'institut de sondage brésilien Datafolha. Le coût de l'énergie a également augmenté en raison de la sécheresse de l'année dernière. Les centrales hydroélectriques brésiliennes, qui produisent la majeure partie de l'énergie du pays, ont dû fermer par manque d'eau, ce qui a entraîné une hausse d'un cinquième des tarifs d'électricité des ménages l'année dernière, selon l'IGBE. Le niveau de vie au Brésil est pire qu'il ne l'a été depuis 2012. La Fondation Getulio Vargas, un institut de recherche, estime que parmi les 213 millions d'habitants, 27,7 millions de personnes vivent désormais sous le seuil de pauvreté officiel de 49 dollars (28 330 FCFA) par mois. Selon l'indice officiel des prix à la consommation Columbo (CCPI), les prix des denrées alimentaires sont supérieurs de plus de 20 % à ce qu'ils étaient à la même époque l'année dernière, car l'État insulaire a eu du mal à financer les importations de produits alimentaires essentiels. En raison de la pandémie de Covid, le Sri Lanka n'a pas pu, pendant deux ans, tirer les bénéfices qu'il tire habituellement du tourisme. En conséquence, ses réserves de devises étrangères sont tombées très bas. Le gouvernement a dû restreindre les livraisons de denrées alimentaires car les banques commerciales manquent de devises pour les payer. Cela a entraîné des pénuries dans les magasins et de fortes augmentations des prix de nombreux produits de base tels que le riz, la farine de blé et le lait en poudre. Le prix du gaz pour la cuisine a augmenté de 85 % en un an, selon la CCPI. Pour calmer la colère croissante de la population, le gouvernement a lancé un plan d'aide d'un milliard de dollars (plus de 578 milliards FCFA), comprenant une augmentation des salaires et des pensions pour les fonctionnaires. Il a également levé les taxes sur certains aliments et médicaments et annoncé une aide au revenu pour les citoyens les plus pauvres." https://www.bbc.com/afrique/region-60095846 +business Déforestation: l'huile de palme sera-t-elle bientôt synthétique ? "De nombreux produits de beauté que nous nous appliquons sur le visage et des aliments que nous mangeons sont fabriqués avec de l'huile de palme, qui est responsable de la déforestation rapide de certaines des forêts les plus riches en biodiversité du monde, détruisant l'habitat d'espèces déjà menacées comme les orangs-outans, les éléphants et le rhinocéros de Sumatra. Mais aujourd'hui, l'industrie biotechnologique affirme avoir trouvé une solution, une alternative synthétique qui n'implique pas de brûler ou de défricher des forêts tropicales. Elle affirme que cela pourrait au final remplacer l'huile de palme naturelle dans tous les produits : des shampoings, savons, détergents et rouges à lèvres aux produits alimentaires comme le pain industriel, les biscuits, la margarine, la glace et le chocolat. ""Au cours des 30 dernières années, 50% de la croissance des plantations d'huile de palme a été causée par la déforestation des forêts tropicales et des tourbières"", explique Shara Ticku, fondateur de C16 Biosciences, l'une des entreprises de biotechnologie pionnières dans le domaine des produits synthétiques. ""C'est vraiment le cœur du problème que nous essayons de résoudre"", souligne-t-elle. A ne pas manquer sur BBC Afrique : La recherche en est encore à un stade pré-commercial, mais son potentiel suscite un grand intérêt. Au début de l'année, C16 Biosciences, une jeune entreprise créée il y a trois ans et basée à New York, a reçu un investissement de 20 millions de dollars de Breakthrough Energy Ventures, un fonds soutenu par Bill Gates et des personnalités telles que Jeff Bezos d'Amazon, Michael Bloomberg et Richard Branson de Virgin. C16 Biosciences n'est pas la seule organisation qui cherche à proposer une alternative synthétique. Des chercheurs travaillent sur un projet similaire à l'université britannique de Bath et à la start-up californienne Kiverdi. ""Le génie des OGM (modifications génétiques) a permis de nouvelles avancées"", déclare Chris Chuck, professeur de génie des bioprocédés à Bath. Lire aussi: Le point commun de ces projets est qu'ils utilisent un processus de fermentation, employant de grandes cuves et un procédé similaire à celui du brassage de la bière. Chez C16 Biosciences, cela implique l'utilisation de microbes génétiquement modifiés pour convertir les déchets alimentaires et les sous-produits industriels en un produit qui est chimiquement très similaire à l'huile de palme naturelle. ""C'est une levure, nous lui donnons des sucres, puis la levure se développe et elle est capable de produire de grandes quantités d'huile dans ses cellules, et nous devons presser cette huile ou l'extraire"", explique Mme Ticku. Pour l'instant, C16 Biosciences se concentre sur la création d'un prototype et sur l'obtention de réactions des entreprises qui pourraient choisir de l'utiliser dans leurs produits. Le groupe Metro, grossiste international en produits alimentaires basé en Allemagne, a déjà manifesté son intérêt. ""Je pense que nous pouvons certainement imaginer cela (comme un argument de vente) surtout dans les produits non alimentaires, en expliquant au client qu'il existe une huile de palme synthétique utilisée comme ingrédient dans, par exemple, le liquide vaisselle et je pense que les clients l'accepteront"", déclare Veronika Pountcheva, directrice de la responsabilité d'entreprise chez Metro. Mais les défis sont importants. Pour réussir sur le plan commercial et à grande échelle, une alternative synthétique doit être capable d'imiter la polyvalence de l'huile de palme naturelle, afin d'en faire un substitut approprié dans tous les domaines, de l'alimentation aux produits ménagers. Voir aussi: L'huile de palme naturelle a une texture lisse et crémeuse, et est inodore, ce qui en fait un ingrédient utile dans de nombreuses recettes. Elle est semi-solide à température ambiante, ce qui lui permet de conserver des produits comme la margarine, et elle a un effet conservateur naturel qui prolonge la durée de conservation des produits alimentaires. ""En fin de compte, ces (défis) ont des solutions technologiques, cela peut être fait techniquement"", dit le professeur Chuck. Selon lui, ""le vrai problème est le coût, car l'huile de palme naturelle est extrêmement bon marché, et c'est ce qui est difficile à concurrencer pour une alternative synthétique."" La culture de l'huile de palme est extrêmement productive en termes de volume produit par hectare. L'équipe du professeur Chuck a calculé que l'huile de palme synthétique est de deux à trois fois plus chère que sa version naturelle, et cela dans le meilleur des cas et avec le meilleur rapport coût-efficacité. ""Dans les utilisations où le prix est important et est le principal facteur, par exemple dans le domaine des biocarburants et de l'alimentation, cela signifie qu'une alternative synthétique va se heurter à des difficultés"". À cela s'ajoute l'aversion des consommateurs de nombreux marchés à manger tout ce qui pourrait contenir un ingrédient dérivé de microbes génétiquement modifiés. ""Mais dans le domaine des shampoings et autres produits de beauté, vous pourriez être en mesure de rivaliser, car le prix n'est pas le principal facteur"", explique le professeur Chuck. Lire aussi: Cela signifie qu'une alternative synthétique risque de devenir un produit de niche. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), 70 % des 75 millions de tonnes d'huile de palme consommées chaque année dans le monde sont utilisées comme huile de cuisson et comme ingrédient alimentaire. Il estime que la consommation mondiale atteindra entre 264 et 447 millions de tonnes d'ici 2050, et que la demande de biocarburants à base de palme sera multipliée par cinq d'ici 2030. Une alternative synthétique pourrait alors ne faire qu'une petite brèche dans la production mondiale d'huile de palme naturelle. Mais cela ne remet pas en cause l'idée de Shara Ticku du C16 Bioscience : ""Nous pensons qu'avec notre plateforme technologique, à l'échelle de centaines de milliers de kilogrammes par an, nous serons compétitifs en termes de coûts par rapport à l'huile de palme. Si nous pouvons amener suffisamment de gens à changer, alors il n'y a plus de raison de brûler les forêts pour produire cette huile végétale, et ce sera un succès"". Les producteurs d'huile de palme naturelle gardent un œil sur ces développements. ""Nous les surveillons de près, mais je ne pense pas que cette alternative existe encore en termes de capacité de production à grande échelle ou de production rentable"", déclare Anita Neville de Golden Agri-Resources en Indonésie, l'une des plus grandes entreprises privées de plantations de palmiers à huile au monde. En attendant, dit-elle, l'entreprise se concentre sur l'amélioration de son rendement à l'hectare avec de nouvelles variantes de ses palmiers à huile naturels, afin de limiter la surface nécessaire à la conversion en plantations de palmiers à huile. Voir aussi: Mais elle met aussi en garde contre les conséquences imprévues si l'huile de palme synthétique devient une alternative commercialement viable. ""Il y aura encore quelques 4,5 millions d'agriculteurs en Indonésie qui cultivent l'huile de palme aujourd'hui et qui pourraient être déplacés vers des cultures qui ont davantage besoin de terres, par exemple le caoutchouc ou le bois d'œuvre"", dit-elle. ""Ce n'est donc pas forcément le bon côté des synthétiques, mais le mauvais côté de l'agriculture traditionnelle. Il s'agit de trouver le bon équilibre"", suggère -t-elle." https://www.bbc.com/afrique/monde-55319304 +business Israël-Gaza : combien d'argent Israël reçoit-il des États-Unis ? "Le président Joe Biden fait face à des questions de la part de certains membres de son camp du parti démocrate sur le montant de l'aide que les États-Unis envoient à Israël. Le sénateur Bernie Sanders affirme que les États-Unis doivent examiner de près la manière dont l'argent est dépensé. Combien reçoit Israël et à quoi sert cet argent ? Quel est le montant de l'aide accordée par les États-Unis ? En 2020, les États-Unis ont accordé une aide de 3,8 milliards de dollars à Israël, dans le cadre d'un engagement annuel à long terme pris sous l'administration Obama. La quasi-totalité de cette aide était destinée à l'assistance militaire. Ce soutien est intervenu dans le cadre d'un accord signé par l'ancien président Barack Obama en 2016 pour une enveloppe globale de 38 milliards de dollars d'aide militaire sur la décennie 2017-2028. Cela représente une augmentation d'environ 6 % (ajustée à l'inflation) par rapport à l'engagement de dépenses pour la décennie précédente. En outre, l'année dernière, les États-Unis ont versé 5 millions de dollars pour la réinstallation de migrants en Israël. Le pays a depuis longtemps pour politique d'accepter les Juifs d'autres régions du monde comme citoyens. Au fil des ans, l'aide américaine a permis à Israël de développer l'une des armées les plus avancées au monde, les fonds lui permettant d'acheter des équipements militaires sophistiqués aux États-Unis. Par exemple, Israël a acheté 50 avions de combat F-35, qui peuvent être utilisés pour des attaques de missiles - à ce jour, 27 de ces avions ont été livrés, coûtant environ 100 millions de dollars chacun. L'année dernière, Israël a également acheté huit avions KC-46A Boeing ""Pegasus"" pour un montant estimé à 2,4 milliards de dollars. Ces appareils sont capables de ravitailler en vol des avions tels que le F-35. Sur les 3,8 milliards de dollars accordés à Israël en 2020, 500 millions de dollars étaient destinés à la défense antimissile, y compris des investissements destinés au Dôme de fer israélien et à d'autres systèmes capables d'intercepter des roquettes. Depuis 2011, les États-Unis ont contribué pour un total de 1,6 milliard de dollars au système de défense Dôme de fer. En outre, Israël a dépensé des millions en collaborant avec les États-Unis pour développer des technologies militaires, comme un système de détection des tunnels souterrains utilisés pour s'infiltrer en Israël. Le gouvernement israélien investit massivement dans l'équipement et la formation militaires, utilisant cette aide pour compenser le fait que le pays est plus petit que de nombreuses autres puissances régionales. Depuis la Seconde Guerre mondiale, Israël a été globalement le plus grand bénéficiaire de l'aide étrangère américaine. En 2019, l'année la plus récente pour laquelle des chiffres complets ont été publiés, Israël était le deuxième plus grand bénéficiaire de l'aide étrangère américaine après l'Afghanistan, selon l'USAID. Une grande partie de l'argent donné à l'Afghanistan a servi à soutenir les efforts de l'armée américaine pour stabiliser le pays, qui a été ravagé par la guerre depuis l'invasion américaine en 2001. Mais les troupes américaines devant quitter l'Afghanistan en septembre de cette année, seuls 370 millions de dollars ont été demandés pour 2021. Israel est de loin le pays du Moyen-Orient qui reçoit le plus d'argent. L'Égypte et la Jordanie sont également des bénéficiaires importants de l'aide américaine. Ces deux pays ont conclu leurs propres accords de paix avec Israël, après lui avoir fait la guerre. Ils ont chacun reçu environ 1,5 milliard de dollars d'aide américaine en 2019. Parallèlement, le président Biden a rétabli une partie du financement (235 millions de dollars) de l'agence de l'ONU qui aide les réfugiés palestiniens. Ce financement avait été coupé par l'administration Trump en 2018. Pourquoi les États-Unis accordent-ils tant d'aide à Israël ? Plusieurs raisons expliquent pourquoi les États-Unis accordent une aide aussi importante à Israël, notamment des engagements historiques remontant au soutien américain à la création de l'État juif en 1948. En outre, Israël est considéré par les États-Unis comme un allié crucial au Moyen-Orient, avec des objectifs communs et un engagement mutuel envers les valeurs démocratiques. Selon le service de recherche du Congrès américain, ""l'aide étrangère américaine a joué un rôle majeur dans la consolidation et le renforcement de ces liens"". ""Les responsables américains et de nombreux parlementaires considèrent depuis longtemps qu'Israël est un partenaire essentiel dans la région."" L'agence d'aide à l'étranger du gouvernement américain indique : ""L'aide américaine contribue à garantir qu'Israël conserve son avantage militaire qualitatif par rapport aux menaces régionales potentielles"". Elle déclare également : ""L'aide américaine... vise à garantir qu'Israël soit suffisamment sécurisé pour prendre les mesures historiques nécessaires à la conclusion d'un accord de paix avec les Palestiniens et à une paix régionale globale."" Veiller à ce qu'Israël puisse se défendre contre les menaces dans la région a été la pierre angulaire de la politique étrangère américaine pour les présidents démocrates et républicains depuis des décennies. Le programme électoral du parti démocrate pour 2020 exprimait un ""soutien sans faille"" à Israël, mais certains membres de la gauche du parti remettent désormais en question l'engagement d'aide des États-Unis. Le sénateur Sanders et d'autres démocrates ont pris des mesures pour tenter d'arrêter la vente prévue d'armes à guidage de précision d'une valeur de 735 millions de dollars à Israël." https://www.bbc.com/afrique/monde-57243165 +business Pourquoi un mystérieux monolithe de métal a été détruit par la foule au Congo "Une structure métallique apparue mystérieusement sur un rond-point en République démocratique du Congo est détruite par crainte de ses origines. Les habitants de la capitale, Kinshasa, ont lapidé et incendié le prisme triangulaire de 3,7 m (12 pieds) qui ressemble à d'autres monolithes métalliques apparus dans le monde au cours des derniers mois. Il avait commencé à attirer des selfies, ce qui alimentait les rumeurs sur les réseaux sociaux. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Certains craignaient que ce soit satanique ou mis là par des extraterrestres ou par une cabale secrète. ""Nous nous sommes réveillés et avons vu ce triangle métallique ... Nous avons été surpris parce que c'est un triangle que nous voyons souvent dans les documentaires sur les francs-maçons ou les illuminati"", explique le résident local Serge Ifulu cité par Reuters. Les spéculations sur le pilier, apparues dans le quartier de Bandal ce week-end, sont devenues frénétiques mercredi. Des témoins disent que les habitants l'ont détruit pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur - il s'est avéré être creux avec les feuilles de métal étalées sur un cadre. Le maire local Bayllon Gaibene a déclaré à la BBC qu'il avait maintenant envoyé une partie du matériel à tester par des scientifiques pour découvrir ses origines. Il a nié une accusation du gouverneur de Kinshasa Gentiny Ngobila selon laquelle il était responsable du mystérieux monolithe. Le porte-parole de M. Ngobila avait déclaré que le maire avait voulu créer un buzz. Ce n'est pas le premier objet métallique de ce type à avoir fait sensation ces derniers temps, en particulier auprès des fans de science-fiction. Les touristes se sont précipités pour voir un monolithe métallique qui est apparu dans l'Utah, aux États-Unis, en novembre. Un collectif anonyme appelé The Most Famous Artist en a pris le crédit et l'a proposé à la vente pour 45 000 $ (34 000 £). Plusieurs sont apparus au Royaume-Uni, dont un sur l'île de Wight en décembre. Dans ce tweet, RobdaBank explique : """"je ne sais pas si ce sont des extraterrestres, une cascade de Coldplay ou un marchand de miroirs local qui font du commerce, mais ça nous a quand même fait descendre sur la plage"". Cette fois, l'artiste Tom Dunford indique qu'il avait érigé la structure pour «s'amuser». Celui qui est apparu plus tôt ce mois-ci près de Gobekli Tepe en Turquie, un ancien temple et site du patrimoine mondial, s'est avéré être une tentative du gouvernement pour promouvoir son nouveau programme spatial. Les piliers brillants captivent l'imagination car ils rappellent les imposants monolithes noirs créés par une espèce extraterrestre dans le film de science-fiction de 2001: A Space Odyssey. Vous pourriez également être intéressé par :" https://www.bbc.com/afrique/region-56124790 +business Retour aux céréales locales pour juguler la crise alimentaire au Zimbabwe "Par Shingai Nyoka\nBBC News, Harare Dans un contexte qui aurait été impensable il y a quelques années, la famille Svosve, dans le nord-est du Zimbabwe, abandonne le maïs pour des céréales indigènes afin de surmonter la sécheresse persistante et les pénuries alimentaires. Et ce, malgré le fait que le maïs occupe la deuxième place après l'eau dans le ménage zimbabwéen moyen. Il s'agit non seulement d'un aliment de base et d'un symbole de statut social pour les agriculteurs, mais aussi d'une importante culture de rapport. Mais les faibles rendements ont contraint les Svosve, qui pratiquent une agriculture de subsistance, à se concentrer davantage sur la culture du sorgho et du mil, qui étaient tous deux des aliments de base avant que les commerçants portugais n'apportent le maïs des Amériques dans les années 1500, selon les historiens. Lorsque j'ai rendu visite aux Svosve dans leur ferme à Mduzi, une région semi-aride au sol pierreux de couleur grise, les membres de la famille étaient entassés autour d'une batteuse crachant des seaux de grains. Le chef de famille Lovemore Svosve a déclaré qu'ils auraient largement de quoi manger, même si la saison des pluies a été désastreuse. ""Nous avons planté une importante récolte de maïs ainsi que du sorgho et du mil. Mais nous n'avons rien obtenu du maïs. Il a été brûlé après qu'il n'y ait pas eu de pluie pendant trois mois. Nous n'avons récolté que les céréales traditionnelles"", explique-t-il. L'une de ses femmes, Rose Karina, a sorti un petit pot noir contenant quelques épis de maïs. C'est tout ce qu'ils ont récolté avec 10 kg de semences de maïs et plus de 100 kg d'engrais. En comparaison, de nombreux sacs de sorgho étaient empilés sur leur véranda. Ils ont pu obtenir plus d'une tonne à partir de cinq kilogrammes de semences et d'engrais. ""Nous ne planterons plus jamais de maïs. Je ne sais pas comment quelqu'un dans cette région peut le faire après la dernière saison"", dit-elle en secouant la tête. Son commentaire ferait sourciller la plupart des Zimbabwéens, mais la nécessité de cultiver à nouveau les céréales traditionnelles est soulignée par le fait que quelque quatre millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire et qu'environ 400 000 tonnes de maïs devront être importées cette année. La pénurie alimentaire est aggravée par le fait que l'économie est dans un état périlleux, l'inflation annuelle ayant atteint 191 % en juin, le Zimbabwe ressentant les effets de la crise du coût de la vie déclenchée par une série de problèmes mondiaux, dont la guerre en Ukraine. Le prix du maïs et d'une autre denrée de base, le blé, a augmenté de plus de 50 % depuis le début de la guerre en janvier. Les prix des matières premières pour les engrais ont également triplé, ce qui pose un problème supplémentaire, le Zimbabwe étant fortement tributaire des engrais en provenance de Russie. En conséquence, les agriculteurs sont encouragés par le gouvernement et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) à planter des cultures plus traditionnelles, car elles nécessitent moins d'engrais, résistent mieux à la sécheresse et sont plus nutritives. ""Je n'ai pas de boule de cristal, mais si vous regardez ce que nous savons aujourd'hui en termes d'impact climatique, de guerre en Ukraine, de chaînes d'approvisionnement perturbées et de la nécessité pour une nation d'être autonome, alors c'est la voie à suivre"", indique Mia Seppo, représentante du PNUD au Zimbabwe. Mais il y a de nombreux obstacles à surmonter, notamment le fait que la production des céréales traditionnelles est encore très faible et que peu d'agriculteurs s'y mettent. Seulement 377 000 tonnes métriques ont été produites l'année dernière, contre 2,7 millions de tonnes métriques de maïs. Pour augmenter la productivité, le PNUD contribue à la mise en place de batteuses. Les Svosve affirment que leur machine - qu'ils partagent avec d'autres familles de leur communauté - a fait une énorme différence, réduisant le temps de battage à moins d'une heure. Il aurait fallu plusieurs mois si cela avait été fait manuellement. Considérant les Svosves comme un modèle de réussite, Mme Seppo a déclaré que les aliments traditionnels pourraient faire un retour en force au Zimbabwe, tout comme dans d'autres parties du monde. ""On constate un regain de popularité du quinoa, cet ancien super aliment originaire d'Amérique du Sud. J'espère que les céréales indigènes du Zimbabwe vont également redevenir à la mode"", dit-elle." https://www.bbc.com/afrique/articles/c885e34np77o +business COP26: Accueil prudent de l'accord entre les États-Unis et la Chine sur le climat "Les activistes et les politiciens ont accueilli avec prudence une déclaration inattendue des États-Unis et de la Chine, qui s'engagent à renforcer la coopération en matière de climat. L'UE et les Nations unies ont qualifié cette initiative d'encourageante et d'étape importante, mais Greenpeace a estimé que les deux pays devaient prendre des mesures concrètes. Les États-Unis et la Chine sont les deux plus gros émetteurs de CO2 au monde. Ils ont assuré qu'ils travailleraient ensemble pour atteindre l'objectif de température de 1,5 °C fixé dans l'accord de Paris de 2015. Selon les scientifiques, limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 °C aidera l'humanité à éviter les pires impacts climatiques. Cet objectif est comparé aux températures préindustrielles. Bien que la dernière promesse ne soit pas très détaillée, les analystes considèrent qu'il s'agit d'une reconnaissance tacite de la part de la Chine que la crise justifie une attention urgente et qu'elle jouera un rôle plus important pour relever le défi mondial. L'annonce des deux rivaux a été faite mercredi lors du sommet sur le climat COP26 à Glasgow, qui se termine officiellement vendredi. Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping devraient tenir une réunion virtuelle dès la semaine prochaine. Selon l'envoyé chinois pour le climat, la déclaration a été adoptée à l'issue d'une trentaine de réunions avec les États-Unis au cours des dix derniers mois. Elle prévoit une coopération étroite en matière de réduction des émissions, tandis qu'un groupe de travail conjoint ""se réunira régulièrement pour faire face à la crise climatique"" au cours de la prochaine décennie. La réaction à cet accord surprise a été largement positive, mais les experts et les activistes ont prévenu que des politiques doivent maintenant être adoptées pour soutenir les promesses. Genevieve Maricle, directrice de la politique climatique américaine du groupe de pression WWF, a déclaré que l'annonce offrait un ""nouvel espoir"" que la limite de 1,5 °C puisse être atteinte. Mais elle a ajouté que ""nous devons également être lucides sur ce qui reste à faire pour que les deux pays parviennent à réduire leurs émissions au cours des neuf prochaines années"". La directrice générale de Greenpeace International, Jennifer Morgan, a prévenu que la Chine et les États-Unis devaient faire preuve d'un plus grand engagement pour atteindre les objectifs climatiques. L'ancien Premier ministre australien Kevin Rudd, président de l'Asia Society, qui travaille sur les accords internationaux sur le changement climatique, a indiqué à la BBC que l'accord ne changeait pas la donne, mais constituait un grand pas en avant. ""L'état actuel de la géopolitique entre la Chine et les États-Unis est terrible, donc le fait que vous puissiez extraire cet... accord entre Washington et Pékin en ce moment est [important]"", a-t-il dit. La déclaration américano-chinoise appelle à redoubler d'efforts pour combler l' "" écart important "" qui subsiste pour atteindre l'objectif de 1,5 °C. Des mesures ont été convenues sur une série de questions, notamment les émissions de méthane, la transition vers des énergies propres et la décarbonisation. Le principal négociateur chinois pour le climat, Xie Zhenhua, a confié aux journalistes qu'en matière de changement climatique, "" il y a plus d'accords entre la Chine et les États-Unis que de divergences "". En début de semaine, la Chine a refusé de se joindre à un accord visant à limiter les émissions de méthane, un gaz à effet de serre nocif, mais s'est engagée à élaborer un ""plan national"" pour résoudre ce problème. M. Xie a été rejoint par John Kerry, l'envoyé américain pour le climat, qui a déclaré que si les États-Unis et la Chine avaient de nombreuses différences, la coopération sur le climat était vitale. "" Chaque pas compte maintenant et nous avons un long chemin à parcourir "" , a-t-il lancé. La Chine est le plus grand émetteur de dioxyde de carbone au monde, suivie par les États-Unis. En septembre, M. Xi a annoncé que la Chine viserait la neutralité carbone d'ici 2060, avec un plan pour atteindre le pic des émissions avant 2030. Les États-Unis visent la neutralité carbone d'ici 2050. Autres développements au sommet climatique COP26 de mercredi :" https://www.bbc.com/afrique/monde-59250216 +business Le dispositif qui inverse les émissions de CO2 "Nous sommes en 2050. Sortez du Permian Basin Petroleum Museum de Midland, au Texas, et dirigez-vous vers le nord, à travers les broussailles brûlées par le soleil, où les quelques pompes à pétrole qui subsistent encore hochent paresseusement la tête sous la chaleur, et vous le verrez : un palais étincelant émergeant du sol plat comme une crêpe. La terre ici se reflète : les vagues bleu argenté d'un immense panneau solaire s'étendent dans toutes les directions. Au loin, elles s'enroulent autour d'un colossal mur gris de cinq étages et de près d'un kilomètre de long. Derrière le mur, vous apercevez les tuyaux serpentant et les portiques d'une usine chimique. A ne pas manquer sur BBC Afrique : En vous approchant, vous voyez que le mur bouge, qu'il brille - il est entièrement constitué d'énormes ventilateurs qui tournent dans des boîtes en acier. Vous vous dites que cela ressemble à une gigantesque unité de climatisation, gonflée à des proportions incroyables. Dans un sens, c'est exactement ce dont il s'agit. Vous regardez une usine de capture directe de l'air (CDA), l'une des dizaines de milliers d'usines de ce type dans le monde. Ensemble, elles essaient de refroidir la planète en aspirant le dioxyde de carbone de l'air. Ce paysage texan a été rendu célèbre par les milliards de barils de pétrole extraits de ses profondeurs au cours du XXe siècle. Aujourd'hui, l'héritage de ces combustibles fossiles - le CO2 présent dans l'air - est repompé dans les réservoirs vidés. Si le monde veut atteindre les objectifs de l'accord de Paris, à savoir limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C d'ici à 2100, des vues comme celle-ci pourraient être nécessaires d'ici au milieu du siècle. Mais revenez un instant en 2021, à Squamish, en Colombie-Britannique, où, dans un décor bucolique de montagnes enneigées, on met la dernière main à un dispositif de la taille d'une grange, recouvert d'une bâche bleue. Lorsqu'elle sera opérationnelle en septembre, l'usine prototype de captage direct de l'air de Carbon Engineering commencera à éliminer une tonne de CO2 de l'air chaque année. C'est un petit début, et une usine un peu plus grande est en préparation au Texas, mais c'est l'échelle typique d'une usine de CDA aujourd'hui. ""Nous avons un problème de changement climatique et il est causé par un excès de CO2"", explique Steve Oldham, directeur général de Carbon Engineering. ""Avec la DAC, vous pouvez supprimer n'importe quelle émission, n'importe où, à n'importe quel moment. C'est un outil très puissant"". La plupart du temps, la capture du carbone se concentre sur le nettoyage des émissions à la source : des épurateurs et des filtres sur les cheminées qui empêchent les gaz nocifs d'atteindre l'atmosphère. Mais cela n'est pas pratique pour les sources ponctuelles, petites et nombreuses, comme le milliard et quelques d'automobiles de la planète. Elle ne peut pas non plus s'attaquer au CO2 qui se trouve déjà dans l'air. C'est là que le captage direct de l'air entre en jeu. Si le monde veut éviter un changement climatique catastrophique, il ne suffit pas de passer à une société neutre en carbone. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a averti que pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C d'ici 2100, il faudra des technologies telles que le CAD pour ""déployer à grande échelle des mesures d'élimination du dioxyde de carbone"" - à grande échelle, ce qui signifie plusieurs milliards de tonnes, ou gigatonnes, chaque année. Elon Musk a récemment promis 100 millions de dollars (72 millions de livres sterling) pour développer des technologies de capture du carbone, tandis que des entreprises comme Microsoft, United Airlines et ExxonMobil investissent des milliards de dollars dans ce domaine. ""Les modèles actuels suggèrent que nous devrons éliminer 10 gigatonnes de CO2 par an d'ici 2050, et d'ici la fin du siècle, ce chiffre devra doubler pour atteindre 20 gigatonnes par an"", explique Jane Zelikova, climatologue à l'université du Wyoming. À l'heure actuelle, ""nous n'éliminons pratiquement rien. Nous devons partir de zéro"". L'usine de Carbon Engineering à Squamish est conçue comme un banc d'essai pour différentes technologies. Mais l'entreprise est en train de dessiner les plans d'une usine beaucoup plus grande dans les champs pétrolifères de l'ouest du Texas, qui permettrait de fixer 1 million de tonnes de CO2 par an. ""Une fois que l'une d'elles est terminée, c'est un modèle à l'emporte-pièce, il suffit de construire des répliques de cette usine"", explique M. Oldham. Pourtant, il admet que l'ampleur de la tâche à accomplir est vertigineuse. ""Nous devons retirer 800 gigatonnes de l'atmosphère. Cela ne va pas se faire du jour au lendemain"". La science de la capture directe de l'air est simple. Il existe plusieurs façons de procéder, mais celle utilisée par Carbon Engineering consiste à utiliser des ventilateurs pour aspirer de l'air contenant 0,04 % de CO2 (les niveaux atmosphériques actuels) à travers un filtre imbibé d'une solution d'hydroxyde de potassium - un produit chimique caustique communément appelé potasse, utilisé dans la fabrication du savon et dans diverses autres applications. La potasse absorbe le CO2 de l'air, puis le liquide est acheminé vers une deuxième chambre et mélangé à de l'hydroxyde de calcium (chaux de construction). La chaux s'empare du CO2 dissous et produit de petits flocons de calcaire. Ces flocons de calcaire sont tamisés et chauffés dans une troisième chambre, appelée calcinateur, jusqu'à ce qu'ils se décomposent, libérant du CO2 pur, qui est capté et stocké. À chaque étape, les résidus chimiques restants sont recyclés dans le processus, formant une réaction fermée qui se répète à l'infini sans aucun déchet. Les émissions mondiales de carbone continuant à augmenter, l'objectif climatique de 1,5 °C semble de moins en moins probable sans des interventions de ce type. ""Le nombre de choses qui devraient se produire sans le captage direct de l'air est si étendu et multiple qu'il est très peu probable que nous puissions respecter les accords de Paris sans cela"", déclare Ajay Gambhir, chercheur principal à l'Imperial College Grantham Institute for Climate Change et auteur d'un document de 2019 sur le rôle du CAD dans l'atténuation du climat. Le GIEC présente bien certains modèles de stabilisation du climat qui ne reposent pas sur le captage direct de l'air, mais Ajay Gambhir estime que ces modèles sont ""extrêmement ambitieux"" dans leurs hypothèses sur les progrès de l'efficacité énergétique et la volonté des gens de modifier leur comportement. ""Nous avons dépassé le point où la réduction des émissions devait avoir lieu"", déclare Zelikova. ""Nous nous enfermons de plus en plus dans notre dépendance à l'égard du CAD."" Le CAD est loin d'être le seul moyen de retirer le carbone de l'atmosphère. Le carbone peut être éliminé naturellement par des changements dans l'utilisation des terres, comme la restauration des tourbières ou, plus populairement, la plantation de forêts. Mais cette méthode est lente et nécessiterait d'immenses étendues de terres précieuses. Selon certaines estimations, il faudrait planter des forêts sur une superficie équivalente à celle des États-Unis, ce qui multiplierait par cinq le prix des denrées alimentaires. Et dans le cas des arbres, l'effet d'élimination du carbone est limité, car ils finissent par mourir et libérer le carbone stocké, à moins qu'ils ne puissent être abattus et brûlés dans un système fermé. (Pour en savoir plus sur les raisons pour lesquelles planter des arbres ne contribue pas toujours à lutter contre le changement climatique). L'ampleur du défi que représente l'élimination du carbone en utilisant des technologies comme le CAD, plutôt que des plantes, n'est pas moins gargantuesque. L'article de Gambhir calcule que pour suivre le rythme des émissions mondiales de CO2 - actuellement de 36 gigatonnes par an - il faudrait construire environ 30 000 centrales de captage et de stockage du carbone à grande échelle, soit plus de trois pour chaque centrale électrique au charbon en service dans le monde aujourd'hui. La construction de chaque centrale coûterait jusqu'à 500 millions de dollars (+ de 274 milliards FCFA), soit un coût pouvant atteindre 15 000 milliards de dollars (8231 billions 434 milliards 115 millions 89 500 FCFA). Chacune de ces installations devrait être approvisionnée en solvant pour absorber le CO2. L'approvisionnement d'un parc d'installations de CED suffisamment grand pour capter 10 gigatonnes de CO2 par an nécessitera environ quatre millions de tonnes d'hydroxyde de potassium, soit une fois et demie l'offre mondiale annuelle de ce produit chimique. Et une fois que ces milliers d'installations de CED seront construites, elles auront également besoin d'énergie pour fonctionner. ""S'il s'agissait d'une industrie mondiale absorbant 10 gigatonnes de CO2 par an, vous dépenseriez 100 exajoules, soit environ un sixième de l'énergie mondiale totale"", explique M. Gambhir. La plus grande partie de cette énergie est nécessaire pour chauffer le four de calcination à environ 800 °C - une température trop élevée pour l'énergie électrique seule, de sorte que chaque usine de CDA aurait besoin d'un four à gaz et d'un approvisionnement en gaz. Les estimations du coût du piégeage d'une tonne de CO2 dans l'air sont très variables, allant de 100 à 1 000 dollars (54 876 à 548 763 FCFA) par tonne. M. Oldham estime que la plupart des chiffres sont exagérément pessimistes. Il est convaincu que le génie climatique peut fixer une tonne de carbone pour un prix aussi bas que 94 dollars (51 583 FCFA), en particulier lorsque le processus industriel sera généralisé. Un problème plus important est de savoir où envoyer la facture. Aussi incroyable que cela puisse paraître, sauver le monde s'avère assez difficile à vendre, commercialement parlant. Le captage direct de l'air permet toutefois d'obtenir un produit de valeur : des milliers de tonnes de CO2 comprimé. Celui-ci peut être combiné à de l'hydrogène pour produire un carburant synthétique neutre en carbone. Celui-ci peut ensuite être vendu ou brûlé dans les fours à gaz du calcinateur (où les émissions sont captées et le cycle recommence). Étonnamment, l'un des plus gros clients du CO2 comprimé est l'industrie des combustibles fossiles. Lorsque les puits se tarissent, il n'est pas rare que l'on extraie le pétrole restant du sol en exerçant une pression sur le réservoir à l'aide de vapeur ou de gaz, dans le cadre d'un processus appelé récupération assistée du pétrole. Le dioxyde de carbone est un choix populaire pour ce processus, qui présente l'avantage supplémentaire d'enfermer le carbone dans le sous-sol, ce qui constitue la dernière étape de la capture et du stockage du carbone. Occidental Petroleum, qui s'est associé à Carbon Engineering pour construire une usine de CDA à grande échelle au Texas, utilise 50 millions de tonnes de CO2 chaque année dans la récupération assistée du pétrole. Chaque tonne de CO2 utilisée de cette manière vaut environ 225 dollars (123 471 FCFA) rien qu'en crédits d'impôt. Il est peut-être approprié que le CO2 présent dans l'air soit finalement renvoyé sous terre vers les gisements de pétrole d'où il provient, mais il est peut-être ironique que le seul moyen de financer cette opération soit la recherche d'encore plus de pétrole. Occidental et d'autres espèrent qu'en pompant le CO2 dans le sol, ils pourront réduire considérablement l'impact carbone de ce pétrole : une opération typique de récupération assistée séquestre une tonne de CO2 pour chaque 1,5 tonne qu'elle libère en pétrole frais. Ainsi, si le processus réduit les émissions associées au pétrole, il ne permet pas d'équilibrer les comptes. Il existe cependant d'autres utilisations qui pourraient devenir plus viables sur le plan commercial. Une autre entreprise de capture directe de l'air, Climeworks, dispose de 14 unités à plus petite échelle qui séquestrent 900 tonnes de CO2 par an, qu'elle vend à une serre pour favoriser la croissance des cornichons. Elle travaille actuellement sur une solution à plus long terme : une usine en construction en Islande mélangera le CO2 capté avec de l'eau et le pompera à 500-600 m sous terre, où le gaz réagira avec le basalte environnant et se transformera en pierre. Pour financer ce projet, l'Islande offre aux entreprises et aux citoyens la possibilité d'acheter des compensations de carbone, à partir de 7 € (4 591 FCFA) par mois seulement. Le reste du monde pourra-t-il être convaincu d'y participer ? ""Le CAD va toujours coûter de l'argent, et à moins d'être payé pour le faire, il n'y a pas d'incitation financière"", déclare Chris Goodall, auteur de ""What We Need To Do Now : For A Zero Carbon Future"" (Ce que nous devons faire maintenant : pour un avenir sans carbone). ""Climeworks peut vendre des crédits à des personnes vertueuses, rédiger des contrats avec Microsoft et Stripe pour éliminer quelques centaines de tonnes par an de l'atmosphère, mais il faut que cela soit multiplié par un million, et il faut que quelqu'un paie pour cela. ""Il existe des subventions pour les voitures électriques, des financements bon marché pour les centrales solaires, mais on ne les voit pas pour le CAD"", explique M. Oldham. ""L'accent est mis sur la réduction des émissions, mais pas autant sur le reste du problème, à savoir le volume de CO2 dans l'atmosphère. Le grand obstacle pour le CED est que la réflexion n'est pas dans la politique."" Mme Zelikova pense que le CAD suivra une voie similaire à celle des autres technologies climatiques, et deviendra plus abordable. ""Nous disposons de courbes de coûts bien développées qui montrent comment la technologie peut baisser son coût très rapidement"", déclare Zelikova. ""Nous avons surmonté des obstacles similaires avec l'éolien et le solaire. Le plus important est de les déployer autant que possible. Il est important que le gouvernement soutienne la commercialisation - il a un rôle de premier client, et un client aux poches très profondes."" M. Goodall plaide en faveur d'une taxe mondiale sur le carbone, qui rendrait l'émission de carbone coûteuse à moins d'acheter des compensations. Mais il reconnaît qu'il s'agit d'une option politiquement difficile à accepter. Personne ne veut payer des taxes plus élevées, surtout si les externalités de nos modes de vie à haute énergie - augmentation des incendies de forêt, des sécheresses, des inondations, de l'élévation du niveau de la mer - sont considérées comme devant être supportées par quelqu'un d'autre. Mme Zelikova ajoute que nous devons également élargir le débat social sur le coût de ces efforts. ""Le coût du changement climatique, des catastrophes naturelles induites ou exacerbées est énorme. Nous devons en finir avec l'idée que le CAD doit être bon marché"". Même si nous acceptons de construire 30 000 usines de CED à l'échelle industrielle, de trouver les matériaux chimiques pour les faire fonctionner et l'argent pour payer tout cela, nous ne serons pas encore sortis de l'auberge. En fait, nous pourrions nous retrouver dans une situation pire qu'avant, grâce à un phénomène connu sous le nom de dissuasion par atténuation. ""Si vous pensez que le DAC sera là à moyen ou long terme, vous ne ferez pas autant de réduction d'émissions à court terme"", explique Gambhir. ""Si la mise à l'échelle se passe mal - s'il s'avère difficile de produire l'absorbant, ou qu'il se dégrade plus rapidement, si c'est plus délicat technologiquement, s'il s'avère plus cher que prévu, alors dans un sens, en n'agissant pas rapidement à court terme, vous vous êtes effectivement enfermé dans une voie à plus haute température."" Les détracteurs du DAC soulignent qu'une grande partie de son attrait réside dans la promesse d'une technologie hypothétique qui nous permet de continuer à vivre selon nos modes de vie riches en carbone. Pourtant, Oldham soutient que pour certaines industries difficiles à décarboniser, comme l'aviation, les compensations qui financent le DAC pourraient être l'option la plus viable. ""S'il est moins cher et plus facile de retirer le carbone de l'air que de l'empêcher de monter dans l'air, c'est peut-être le rôle que joue le DAC dans le contrôle des émissions."" Gambhir soutient qu'il ne s'agit pas d'une situation ""soit l'un, soit l'autre"". ""Nous devons réduire rapidement les émissions à court terme, mais dans le même temps, nous devons développer avec détermination le DAC pour savoir avec certitude s'il sera là pour nous à l'avenir."" Zelikova est d'accord : ""C'est une situation de 'oui et'"", dit-elle. ""Le DAC est un outil essentiel pour équilibrer le budget carbone, de sorte que ce que nous ne pouvons pas éliminer aujourd'hui peut être supprimé plus tard."" Alors que M. Oldham cherche à développer Carbon Engineering, le principal facteur fondamental est de prouver que le DAC à grande échelle est ""faisable, abordable et disponible"". S'il réussit, l'avenir du climat de notre planète pourrait une fois de plus se décider dans les champs de pétrole du Texas. Regarder :" https://www.bbc.com/afrique/monde-56392700 +business Brexit: 10 choses à comprendre dans l'accord "Un accord post-Brexit sur le commerce et d'autres questions a été conclu, juste une semaine avant la fin de la période de transition entre le Royaume-Uni et l'UE. Il évite l'interruption d'un Brexit sans marché au milieu de la pandémie de Covid, et marque une nouvelle ère après plus de 40 ans d'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne. Nous avons maintenant vu une copie du texte - plus de mille pages de texte juridique dense qui décrit comment la relation va fonctionner à l'avenir. Voici 10 premières questions et réponses : L'une des questions les plus difficiles dans les négociations : combien de poissons les bateaux de l'UE pourront-ils capturer dans les eaux britanniques à l'avenir, et combien de temps durera la période de transition avant que les nouvelles mesures n'entrent pleinement en vigueur ? Selon les fonctionnaires participant aux négociations, le Royaume-Uni souhaitait initialement une réduction de 80 % de la valeur du poisson pêché par les bateaux de l'UE dans les eaux britanniques, alors que l'UE proposait initialement une réduction de 18 %. Qui a cédé plus de terrain ? Réponse : La valeur du poisson pêché par l'UE dans les eaux britanniques sera réduite de 25 %, ce qui est bien moins que ce que le Royaume-Uni avait demandé au départ. La réduction sera introduite progressivement sur une période de transition de cinq ans et demi, ce qui est beaucoup moins long que ce que l'UE avait initialement demandé. Une fois la période de transition terminée, le Royaume-Uni contrôlera entièrement l'accès à ses eaux et pourrait procéder à des réductions beaucoup plus importantes. S'il décide d'exclure les bateaux de pêche de l'UE, il pourra être compensé pour ses pertes, soit par des droits de douane sur les produits de pêche britanniques, soit en empêchant les bateaux britanniques de pêcher dans les eaux de l'UE. A ne pas manquer sur BBC Afrique : À quoi ressembleront les règles de concurrence loyale, afin de garantir que les entreprises d'un côté ne bénéficient pas d'un avantage déloyal par rapport à leurs concurrents de l'autre ? La définition de ce qui constitue des niveaux raisonnables d'aides d'État ou de subventions publiques aux entreprises sera importante. Réponse : Il existe des mesures d'égalité des conditions de concurrence qui engagent le Royaume-Uni et l'UE à maintenir des normes communes en matière de droits des travailleurs, ainsi que de nombreuses réglementations sociales et environnementales. Il s'agit là d'une demande essentielle de l'UE. Elles ne devront pas nécessairement être identiques à l'avenir, de sorte que le Royaume-Uni n'est pas tenu de respecter la législation européenne, mais il faut qu'elles soient perçues comme protégeant une concurrence loyale. Le Royaume-Uni a également accepté de s'en tenir à des principes communs sur le fonctionnement des régimes d'aides d'État et à une agence de la concurrence indépendante qui les évaluera. Mais il peut choisir de mettre en place un système qui ne prend des décisions qu'une fois que des preuves de concurrence déloyale sont présentées. Ce système est différent de celui de l'UE, qui évalue l'impact probable des subventions avant qu'elles ne soient accordées. Lire plus : Cela fera l'objet d'années de négociations à venir. Comment l'accord sera-t-il effectivement appliqué si l'une ou l'autre des parties enfreint l'une des conditions ? Si le Royaume-Uni choisit de s'écarter plus radicalement des règles européennes à l'avenir, dans quel délai l'UE peut-elle réagir ? Aura-t-elle la possibilité d'imposer des droits de douane (ou des taxes sur les exportations britanniques) dans un domaine (par exemple sur les voitures) en réponse à une violation de l'accord dans un autre (le poisson, par exemple) ? Réponse : Si une partie s'écarte des normes communes existantes au 31 décembre 2020, et si cela a un impact négatif sur l'autre partie, un mécanisme de règlement des différends peut être déclenché, ce qui pourrait signifier l'imposition de droits de douane (taxes sur les marchandises). Il est basé sur une clause de ""rééquilibrage"" qui donne à l'UE et au Royaume-Uni le droit de prendre des mesures en cas de divergences importantes. Cette clause est beaucoup plus stricte que les mesures prévues dans d'autres accords commerciaux récents de l'UE, et constituait une demande essentielle de la part de l'Europe. C'est un mécanisme dont nous pourrions entendre parler beaucoup plus souvent dans les années à venir. Le contrôle global de l'accord commercial signifie également que les droits de douane peuvent être ciblés sur un secteur spécifique à la suite d'un litige dans un autre. Il y aura un système d'arbitrage contraignant impliquant des fonctionnaires des deux parties. Cela signifie que même s'il s'agit d'un accord en franchise de droits, la menace que des droits de douane puissent être introduits à la suite de futurs litiges sera un facteur constant dans les relations entre le Royaume-Uni et l'UE. La plus haute juridiction de l'UE restera l'arbitre ultime du droit européen. Mais le gouvernement britannique a déclaré que la compétence directe de la CJCE en Grande-Bretagne prendrait fin. La Cour européenne jouera-t-elle donc un rôle dans le contrôle du futur accord sur les relations ? Réponse : L'UE a abandonné sa demande visant à ce que la CJCE joue un rôle direct dans le contrôle de la gouvernance de l'accord à l'avenir. C'était une ligne rouge britannique claire. L'Irlande du Nord, qui bénéficie d'un statut spécial en vertu de l'accord de retrait de Brexit, est l'un des pays où la CJCE jouera encore un rôle. Elle restera soumise aux règles du marché unique et de l'union douanière de l'UE, ce qui signifie que la Cour européenne restera la plus haute autorité juridique pour certains litiges dans une partie du Royaume-Uni. Quelles seront les règles pour les Britanniques qui souhaitent se rendre dans l'UE à partir du 1er janvier 2021 ? Nous connaissons déjà certains détails, mais y aura-t-il des accords supplémentaires sur des sujets tels que la sécurité sociale ou l'assurance des véhicules ? Et y aura-t-il des détails sur un éventuel accord visant à remplacer la carte européenne d'assurance maladie (CEAM) ? Réponse : Les ressortissants britanniques auront besoin d'un visa s'ils veulent rester dans l'UE plus de 90 jours sur une période de 180 jours. Ils pourront toujours utiliser leur CEAM, qui restera valable jusqu'à son expiration. Le gouvernement britannique indique qu'ils seront remplacés par une nouvelle carte britannique d'assurance maladie globale (GHIC), mais il n'y a pas encore de précisions sur la manière de l'obtenir. Les passeports européens pour animaux de compagnie ne seront plus valables, mais les gens pourront toujours voyager avec des animaux, selon une procédure différente et plus compliquée. Les deux parties ont convenu de coopérer en matière d'itinérance mobile internationale, mais rien dans l'accord n'empêchera les voyageurs britanniques de se voir facturer l'utilisation de leur téléphone dans l'UE et vice versa. Les citoyens britanniques n'auront pas besoin d'un permis de conduire international pour conduire dans l'UE. Lire plus : L'accord commercial porte essentiellement sur les règles relatives aux marchandises qui traversent les frontières. Il en dira beaucoup moins sur le commerce des services. L'UE va-t-elle publier une déclaration distincte reconnaissant les règles britanniques régissant les services financiers comme étant à peu près ""équivalentes"" aux règles européennes ? Cela permettrait aux entreprises britanniques qui exportent des services de continuer à faire des affaires sur le marché de l'UE. Réponse : comme on pouvait s'y attendre, cet accord ne contient pas grand-chose dont les entreprises de services puissent se réjouir. Le Royaume-Uni espère toujours que l'UE prendra une décision d'""équivalence"" sur les services financiers dans un avenir proche, mais les sociétés de services en général n'ont pas reçu autant d'aide dans cet accord que le gouvernement britannique le souhaitait. L'accès garanti des entreprises britanniques au marché unique de l'UE est terminé. C'est une question vraiment importante. Quelles seront les règles de protection des données pour les entreprises britanniques qui traitent des données provenant de l'UE ? Là encore, le Royaume-Uni espère que l'UE publiera séparément ce que l'on appelle une décision d'adéquation des données reconnaissant les règles britanniques comme équivalentes aux siennes. Mais les détails devront être examinés avec soin. Réponse : les deux parties affirment qu'elles souhaitent que les données circulent le plus harmonieusement possible entre les pays, mais l'accord souligne également que les individus ont droit à la protection des données personnelles et de la vie privée et que ""des normes élevées à cet égard contribuent à la confiance dans l'économie numérique et au développement du commerce"". C'est pourquoi la décision de l'UE de reconnaître officiellement que les règles britanniques en matière de données sont à peu près les mêmes que les siennes est si importante - et nous attendons toujours cette décision. Dans l'intervalle, l'UE a accepté une ""période déterminée"" de quatre mois, prolongeable de deux mois supplémentaires, au cours de laquelle les données peuvent être échangées de la même manière qu'à l'heure actuelle, pour autant que le Royaume-Uni ne modifie pas ses règles en matière de protection des données. Lire plus sur le Brexit : Nous savons qu'à l'avenir, les entreprises qui font du commerce entre le Royaume-Uni et l'UE devront faire face à davantage de bureaucratie et de retards aux frontières. Mais les deux parties conviendront-elles de mesures pour faciliter un peu les choses ? Il y a ce qu'on appelle la ""reconnaissance mutuelle de l'évaluation de la conformité"", ce qui signifie que les contrôles des normes de produits ne devront pas être aussi intrusifs qu'ils pourraient l'être autrement. Réponse : il n'y a pas d'accord sur l'évaluation de la conformité, même si le gouvernement britannique avait espéré qu'il y en ait un. Ce n'est qu'un rappel du nombre de nouveaux obstacles au commerce qui vont apparaître. À l'avenir, si vous souhaitez vendre votre produit à la fois au Royaume-Uni et dans l'UE, vous devrez peut-être le faire vérifier deux fois pour le faire certifier. En ce qui concerne les autres questions frontalières, il n'existe pas non plus d'accord sur la reconnaissance des normes sanitaires et de sécurité de l'autre partie pour l'exportation de denrées alimentaires d'origine animale, ce qui signifie que les produits entrant dans le marché unique européen devront faire l'objet de contrôles assez intrusifs et coûteux. Certaines mesures permettront toutefois de réduire les obstacles techniques aux échanges et la reconnaissance mutuelle des systèmes de confiance entre opérateurs facilitera les activités transfrontalières des grandes entreprises. Beaucoup de gens, des comptables aux chefs cuisiniers, travaillent dans différents pays de l'UE et n'ont pas eu à se soucier de traverser les frontières à plusieurs reprises lorsque le Royaume-Uni faisait partie de l'UE. Mais les qualifications professionnelles britanniques seront-elles reconnues dans toute l'UE à l'avenir, et quelles seront les restrictions ? Réponse : la courte réponse est non : elles ne seront pas reconnues automatiquement. Il sera donc plus difficile pour les citoyens britanniques fournissant tout type de service de travailler dans l'UE. Ils devront souvent s'adresser aux différents pays pour tenter de faire accepter leurs qualifications, sans aucune garantie de réussite. L'accord prévoit un cadre permettant au Royaume-Uni et à l'UE de s'entendre sur la reconnaissance mutuelle des qualifications individuelles, mais il est plus faible que ce dont disposent actuellement les professionnels. Ce n'est pas seulement une question de commerce. Le Royaume-Uni perdra l'accès automatique et immédiat à toute une série de bases de données de l'UE que la police utilise tous les jours - couvrant des éléments tels que les casiers judiciaires, les empreintes digitales et les personnes recherchées. Quel type d'accès auront-ils et comment la coopération en matière de sécurité fonctionnera-t-elle à l'avenir ? Réponse : le Royaume-Uni perd l'accès à certaines bases de données très importantes, mais continuera d'avoir accès à d'autres, notamment au système de vérification croisée des empreintes digitales sur tout le continent. Mais globalement, la coopération en matière de sécurité ne sera plus basée sur un accès ""en temps réel"". Et dans certains cas, comme l'accès aux données sur les vols que prennent les personnes, ces données ne seront disponibles que dans des conditions beaucoup plus strictes. Un accord a été conclu en matière d'extradition, et le rôle du Royaume-Uni au sein d'Europol, l'agence de sécurité transfrontalière, lui permet de participer aux réunions mais pas d'avoir directement son mot à dire dans les décisions. Ces deux éléments sont positifs, et à la hauteur des meilleurs résultats obtenus par d'autres pays. Les désaccords sur les données seront traités par un nouveau comité, et non par la Cour de justice européenne - là encore, une ligne rouge pour le Royaume-Uni. Mais dans l'ensemble, la rapidité avec laquelle le Royaume-Uni obtient des données importantes et l'influence qu'il exerce sur les décisions ont été réduites. Il y a beaucoup d'autres questions auxquelles il faut répondre - cet accord constituera la base des relations entre le Royaume-Uni et l'UE pendant des années, voire des décennies, à venir. Et les deux parties devront continuer à discuter de la manière la plus efficace de le mettre en œuvre. L'équipe continuera à lire le texte de l'accord et en ajoutera d'autres si nécessaire." https://www.bbc.com/afrique/monde-55453420 +business La Chine en mutation : pourquoi Xi Jinping semble emprunter la voie du retour au socialisme "Pendant des décennies, la vie en Chine a évolué autour de sa propre version du capitalisme du laisser-aller. Bien qu'il s'agisse techniquement d'un pays ""communiste"", le gouvernement a fait confiance à l'économie de ruissellement, croyant que le fait de permettre à certaines personnes de devenir extrêmement riches profiterait à l'ensemble de la société en la tirant le plus rapidement possible du bourbier désastreux de la révolution culturelle du président Mao. Dans une certaine mesure, cela a fonctionné. Une importante classe moyenne a vu le jour et les habitants de pratiquement toutes les couches de la société bénéficient désormais d'un meilleur niveau de vie. Depuis la stagnation des années 1970, la Chine a été propulsée en haut de l'échelle, défiant désormais les États-Unis pour la domination de l'économie mondiale. Mais elle a laissé un gouffre de disparités de revenus. On peut le constater chez les enfants de ceux qui étaient au bon endroit et au bon moment. Les parents qui ont pu racheter des usines dans les années 1980 ont réalisé des bénéfices exorbitants qui ont permis à leur progéniture de conduire des voitures de sport rutilantes dans de grandes et belles villes, en passant devant les ouvriers du bâtiment qui se demandent comment ils pourront un jour s'acheter une maison Le concept de socialisme - ""avec des caractéristiques chinoises"" - a permis au gouvernement de disposer d'une énorme marge de manœuvre philosophique pour gérer une société qui, à bien des égards, n'était pas du tout socialiste. Le secrétaire général Xi Jinping semble avoir décidé que cela n'était plus acceptable. Le gouvernement chinois, sous sa direction, a commencé à remettre le communiste dans le parti communiste, du moins dans une certaine mesure. Le nouveau slogan est : ""prospérité commune"". Il n'est pas encore vraiment apparu sur les affiches de propagande qui ont pignon sur rue, mais on n'en est pas loin. C'est désormais la pierre angulaire de l'action du dirigeant chinois. Sous cette bannière, il est plus logique de s'attaquer à l'évasion fiscale des riches, tout comme de rendre l'éducation plus équitable en interdisant les entreprises de soutien scolaire privé. La répression en cours contre les géants technologiques du pays peut également être considérée comme faisant partie de ce plan. Xi Jinping croit-il vraiment à cette idée d'un projet communiste ? Il est difficile d'en être sûr à 100 %, mais certains observateurs diront qu'il en a bien l'air. À titre de comparaison, dans le passé, ce n'était pas le cas de nombreux autres responsables du Parti. Le problème, c'est que, parallèlement aux aspects de redistribution des richesses de la voie communiste, M. Xi semble également croire que cela implique le retour du Parti dans la plupart des aspects de la vie quotidienne, comme seul moyen réaliste de réaliser ce qui doit être fait. Les enfants sont paresseux et gâchent leur jeunesse en jouant à des jeux vidéo ? Le Parti à la rescousse : une limite de trois heures de jeu. Les adolescents ont l'esprit empoisonné par une télévision idiote et idolâtre ? Le Parti à la rescousse : ""Les garçons aux allures de mauviettes sont bannis des programmes. La bombe à retardement démographique fait tic-tac : Là encore, le Parti a la solution : La politique des trois enfants pour tous ! Football, cinéma, musique, philosophie, bébés, langues, sciences... le Parti a les réponses. Pour essayer de comprendre ce qui a fait de Xi Jinping le leader qu'il est aujourd'hui, il faut se pencher sur son parcours. Son père, Xi Zhongxun, était un héros de guerre du Parti communiste, connu pour être un modéré, qui a ensuite été purgé et emprisonné à l'époque de Mao. À l'époque, la mère de M. Xi avait été contrainte de dénoncer son père. Après la réhabilitation officielle de son père en 1978, celui-ci a fait pression en faveur de la libéralisation économique dans la province de Guangdong et aurait défendu l'un des dirigeants les plus progressistes de Chine, Hu Yaobang. Compte tenu de la persécution du père de M. Xi par les fanatiques du Parti communiste et de l'inclination de son père pour la réforme, nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi Xi Jinping semble aujourd'hui orienter le Parti dans une direction qui semble aller à l'encontre des convictions de son père. Il y a plusieurs explications possibles. Peut-être est-il tout simplement en désaccord avec la ligne de son père sur certaines questions politiques. Ou peut-être le leader chinois a-t-il l'intention de poursuivre un plan qui, bien que différent des priorités de son père, ne se rapprochera pas des politiques de l'ère Mao. Du moins, pas intentionnellement. Cependant, cela semble tout de même assez remarquable. Lorsque son père a été envoyé en prison, Xi Jinping, à l'âge de 15 ans, a dû aller travailler dans les champs pendant des années, vivant dans une maison troglodyte. Cette époque tumultueuse l'a clairement endurci, mais elle aurait pu facilement se transformer en une haine de la politique, en particulier de la ligne dure. Certains observateurs de la Chine ont émis l'hypothèse qu'il pense peut-être que seul un dirigeant fort peut garantir que la Chine ne retournera pas au chaos des années 1960 et 1970. Et n'oubliez pas que les règles ont maintenant été modifiées pour qu'il puisse rester au pouvoir aussi longtemps qu'il le souhaite. L'une des raisons de toutes ces suppositions est que nous ne l'entendons jamais expliquer ce qu'il fait en termes de décisions. Les dirigeants chinois n'accordent pas d'interviews, même aux médias contrôlés par le Parti, qui sont dociles. M. Xi se rend dans des villages ruraux pour des évènements filmés et diffusés à la télé et est accueilli par des foules orchestrées d'habitants enthousiastes qui reçoivent ses conseils sur la culture du maïs ou d'autres aspects de leur travail, puis il s'en va. Il est donc difficile de prévoir quelles nouvelles règles, restrictions ou directives pourraient être imposées à l'activité économique en Chine et jusqu'où cela ira. Ces derniers temps, il ne s'est guère passé de semaine sans qu'un changement majeur soit apporté aux réglementations régissant une partie ou l'autre du système chinois. Il est franchement difficile de les suivre. Bon nombre de ces changements sont survenus de manière totalement inattendue. Ce n'est pas que le contrôle par l'État des différents leviers de la production pose un problème inné. C'est aux économistes de débattre de ce qui est le plus efficace. Le problème a été l'incertitude soudaine. Comment peut-on prendre des décisions d'investissement fiables si l'on ne sait pas quelles seront les règles de base dans un mois ? Certains considèrent l'ensemble du processus comme un élément naturel de la ""croissance"" du pays. Dans des domaines qui n'étaient pas réglementés, des réglementations ont été nécessaires. Si c'est le cas, alors cette période de transition tactique choquante pourrait n'être qu'un état temporaire qui finira par se calmer à mesure que les nouvelles règles deviendront claires. Mais la durée et l'ampleur de ces changements ne sont absolument pas claires. Ce qui est certain, c'est que tout changement doit être considéré à travers le prisme de la campagne de Xi pour la ""prospérité commune"", à un moment où le Parti ne cédera pas un pouce de son pouvoir pour la mettre en œuvre et, en Chine, vous pouvez soit monter à bord de ce camion, soit vous faire écraser par lui." https://www.bbc.com/afrique/monde-58665345 +business Fiatope : la plateforme de financement participatif dédiée aux entrepreneurs africains Trouver des fonds pour monter son entreprise est souvent un véritable casse-tête pour les jeunes entrepreneurs. Le financement participatif ou le crowdfunding est aujourd’hui l’une des solutions vers lesquelles se tournent les startups pour financer leurs projets. Comment ça marche ? On vous explique tout dans Afrique Avenir avec nos invités : Eric Ntonfo, manager General de Fiatope, une plateforme de financement participatif pour projets innovants en Afrique. Rivolala Ratsimandresy, Entrepreneur en série, Co-fondateur de la RDE, la Rencontre Des Entrepreneurs, accélérateur de PME au Sénégal A lire aussi : Mieux vaut avoir de l'impact qu'être riche! Un entrepreneur doit être patient L'idée à 1 million : les lunettes de soleil https://www.bbc.com/afrique/50533588 +business Comment les producteurs de noix de cajou de Guinée-Bissau essaient de s'en sortir "La noix de cajou est la principale culture d'exportation de la Guinée-Bissau, mais les temps sont durs pour les agriculteurs. Un reportage de la photojournaliste Ricci Shryock. Alciony Fernandez fait partie d'une famille de producteurs de noix de cajou et a porté le dernier lot de la récolte pour qu'il soit pesé et vendu dans un magasin situé à 30 minutes de là, dans la banlieue de la capitale Bissau. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Les noix atteindront un prix de 350 francs CFA par kilo, dit la jeune fille de 14 ans. Les prix fixés par le gouvernement pour cette culture ont été réduits de près d'un tiers depuis l'année dernière, après que la pandémie de coronavirus a perturbé la chaîne d'approvisionnement. Depuis le début de l'année, les producteurs de noix de cajou de Guinée-Bissau ont également été confrontés pour la première fois à une taxe - de 15 francs CFA par kilo. A regarder : Les exportateurs et les négociants ont déclaré qu'ils avaient du mal à acheter des noix de cajou en raison de cette taxe supplémentaire. Mais un certain répit est arrivé à la fin du mois dernier, lorsque le gouvernement a supprimé la taxe sur les agriculteurs - et abaissé deux autres taxes sur les intermédiaires et les exportateurs. Le pays exporte habituellement environ 200 000 tonnes chaque année, mais ce chiffre est tombé à 160 000 l'année dernière. Et les inquiétudes se multiplient, car le principal acheteur, l'Inde, est aux prises avec la crise du Covid-19, explique Mamadou Yerro Djamanca, de l'Association des exportateurs de noix de cajou de Guinée-Bissau. Une grande partie de la récolte est restée dans les zones rurales en attendant d'être achetée et transportée, explique-t-il. Dès que les pluies commencent, généralement entre fin mai et mi-juin, il devient extrêmement difficile de transporter les récoltes sur les étroites routes de terre du pays, car elles sont souvent inondées ou se transforment en boue. Neia Nianta possède une ferme d'anacardiers de 1,5 hectare à la périphérie de Bissau, qu'elle récolte chaque année de mars à juin. Elle passe ses journées à travailler du milieu de l'après-midi jusqu'à tard dans la soirée. Le vin de cajou - obtenu en pressant le jus des pommes de cajou puis en le faisant fermenter - est populaire en Guinée-Bissau. Ici, Neia se met au travail avec Quinta Cabi. Elles disent qu'elles peuvent gagner environ 5 000 francs CFA par jour en vendant le breuvage fabriqué localement. ""L'année dernière a été meilleure - nous avons vendu plus de vin et nous l'avons vendu à un prix plus élevé"", dit-elle, ajoutant que c'était grâce au confinement décidé en raison de la pandémie de coronavirus. Lire aussi : ""Le travail pour presser les noix de cajou est très fatigant. D'abord, nous allons aux arbres, nous cherchons les noix de cajou, nous les ramenons, nous séparons les noix des fruits - puis nous commençons à piler les fruits. ""Parfois, nous pilons pour remplir quatre ou cinq seaux. Cela donne 25 litres de vin."" Kumus da Silva préfère s'en tenir à la version non alcoolisée. ""Ce travail consiste à faire du jus de cajou - parce qu'en ce moment il y a beaucoup de cajous, donc nous ne les utilisons pas tous"", explique-t-il. Lire aussi : Les ouvriers de son petit atelier tamisent le jus, puis le mettent dans des bouteilles estampillées avant de les réchauffer dans des barils métalliques pour éviter la fermentation. Les coquilles doivent être enlevées pour faire le jus, comme le montre M. Da Silva. La première année où il a fabriqué du jus de noix de cajou, il n'a pas fait de bénéfice. Mais maintenant, lorsque son entreprise le vend aux restaurants locaux, elle gagne 500 francs CFA par bouteille. ""Nous devons faire du marketing, car il n'y a pas encore beaucoup de demande de la part des clients. Le défi est de donner aux gens l'envie de le boire"", explique M. Da Silva. Alors que les produits de la noix de cajou restent plus populaires que jamais au niveau national, les défis de l'exportation de la Guinée-Bissau au cours des prochaines semaines seront cruciaux pour le sort des agriculteurs et des distributeurs. Toutes les images sont soumises au droit d'auteur." https://www.bbc.com/afrique/region-57469916 +business "Guerre Ukraine - Russie : ''l’interdépendance"" de la Russie et de l'Occident dans le système alimentaire mondial" "L'invasion de l'Ukraine par la Russie a mis à nu un paysage international marqué par un ""nouveau rideau de fer"" séparant la Russie de l'Occident qui, selon certains experts, pourrait déclencher une crise alimentaire mondiale. Mercredi, le directeur de la Banque mondiale, David Malpass, a déclaré dans une interview à la BBC que le monde faisait face à une ""catastrophe humanitaire"" en raison de la crise alimentaire résultant de cette guerre. L'économiste américain a averti que l'augmentation record des prix des denrées alimentaires plongera des centaines de millions de personnes dans la pauvreté et une alimentation plus pauvre si le conflit en Europe de l'Est se poursuit. La Banque mondiale estime une ""énorme"" augmentation de 37 % des prix des denrées alimentaires, qui touchera principalement les pays les plus pauvres. S'il est vrai qu'il y a eu d'autres guerres majeures au cours des dernières décennies, aucune autre économie forte n'a jamais été soumise à un ensemble de sanctions aussi punitives que celles que l'Occident a appliquées à la Russie. Et tous les pays, dans une plus ou moins grande mesure, seront touchés, prédisent les analystes. ""Les guerres provoquent des crises alimentaires. Syrie, Iran, Irak... tous ces pays souffrent de pénuries alimentaires. Mais l'Occident est surtout sensible aux conséquences de cette guerre - celle de la Russie et de l'Ukraine - en raison de l'importance des acteurs impliqués"", a déclaré à BBC Mundo Cristiane Derani, avocate environnementale et experte en droit international du Centre pour la gouvernance de l'environnement, de l'énergie et des ressources naturelles de l'Université de Cambridge (C-EENRG), au Royaume-Uni. Pour comprendre pourquoi, nous devons nous situer dans le système complexe d'interdépendance qui a émergé pendant la guerre froide et qui a fait de la Russie un acteur clé de l'économie mondiale. L'alliance entre l'Occident et la Russie dans la chaîne alimentaire mondiale a émergé avec un accord signé la même année où, pour la première fois, un président américain en exercice s'est rendu officiellement en Chine, grâce à la ""diplomatie du ping-pong"" de Richard Nixon. Nous étions en 1972 et le monde était plongé dans une période où la gestion géopolitique tendue entre les États-Unis et l'Union soviétique semblait montrer des signes de relâchement. ""L'ex-URSS et les États-Unis ont signé l'accord céréalier américano-soviétique, qui a marqué le début de ce qui est désormais une forte interdépendance entre les économies occidentales et la Russie dans le système alimentaire mondial"", explique Mme Derani. Dans les années 1970, l'URSS est devenue un important importateur de céréales. Des années plus tard, il devient exportateur L'accord est intervenu après que les Soviétiques ont effectué un achat ""secret"" de 18 millions de tonnes métriques de blé et de maïs, dont une partie a été vendue à des prix subventionnés par le gouvernement américain. Cet événement est entré dans l'histoire comme ""le grand vol de céréales"". La vente controversée, qui a provoqué des augmentations importantes des prix des denrées alimentaires aux États-Unis, a conduit à l'accord de 1972, en vertu duquel Washington devait donner une autorisation préalable aux achats de céréales de plus de 8 millions de tonnes. Nous parlons d'une époque où de mauvaises récoltes avaient forcé l'Union soviétique à chercher des céréales à l'étranger, dans l'espoir d'éviter la famine ou une autre crise. Quelques années plus tard, en 1979, les États-Unis autorisèrent l'URSS ""le plus gros achat de céréales de l'histoire"" jusqu'alors, selon un rapport du Washington Post. La somme s'élevait à 25 millions de tonnes métriques de blé et de maïs en 12 mois, soit environ 10 % de la production projetée cette année-là pour les États-Unis. À l'époque, l'administration Jimmy Carter faisait la promotion de nouvelles initiatives pour lutter contre la hausse des prix des céréales et d'autres denrées alimentaires. Peu de temps après, il imposerait un embargo sur les ventes de céréales à l'Union soviétique en représailles à l'invasion de l'Afghanistan - et les Soviétiques ont commencé à acheter des céréales au Canada, à l'Argentine et à l'Australie. Ce fut une décennie de rapprochement économique qui, cependant, ne fut pas sans controverse. ""Dans les années 1970, l'Union soviétique est devenue un important importateur de céréales, faisant craindre qu'elle ne récolte une part indue des bénéfices du commerce Est-Ouest grâce au pouvoir de ses organismes commerciaux appartenant à l'État et en maintenant secrètement leurs intentions d'achat"", résume dans un rapport publié dans l' American Journal of Agricultural Economics l'économiste Josef C. Brada, de l'Université d'Arizona (USA). En 1991, avec l'effondrement de l'ancienne Union soviétique, l'économie de la Russie et de l'Ukraine actuelles se sont effondrées. Mais, au fil des ans, les deux puissances vont grandir grâce à de nouveaux accords et investissements qui leur permettent d'inverser leur rôle et de passer de gros importateurs à exportateurs nets. ANALYSE : Quelle est la probabilité que le conflit entre la Russie et l'Ukraine dégénère en une guerre plus large ? POUTINE : Qui est Vladimir Poutine ? ZELENSKY : Volodymyr Zelensky : de vedette de la télévision à chef de l'État, qui est le leader ukrainien ? MIEUX COMPRENDRE : Trois clés pour comprendre pourquoi l'Ukraine est si importante pour la Russie REACTIONS D'AFRIQUE : ""Nous n'avons aucun moyen de sortir"" - des Africains piégés au milieu de l'offensive russe en Ukraine ""Jusqu'à l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, l'Union européenne (UE) et la Russie étaient des partenaires commerciaux majeurs pour une grande variété de biens, y compris les produits agroalimentaires"", lit-on dans un récent rapport du Parlement européen. ""La Russie était le cinquième plus grand importateur de produits de l'UE en 2020. [...] En outre, la Russie est un exportateur mondial majeur de plusieurs produits de base, dont l'huile de tournesol, le blé et l'orge"", ajoute-t-il. Cette collaboration découle d'un accord bilatéral de partenariat et de coopération (APC) que la Russie a signé avec l'UE en 1997 pour développer des relations économiques mutuellement bénéfiques. En 2014, nouveau coup de pouce, cette fois centré sur ses anciens voisins soviétiques, après que les négociations pour un nouvel accord UE-Russie, entamées en 2008, aient été suspendues après la crise de Crimée. A partir de cette année-là, ""la Russie a commencé à investir massivement dans l'autosuffisance alimentaire et dans ses relations économiques avec les anciennes républiques soviétiques, qui sont progressivement devenues ses principaux partenaires pour le commerce alimentaire "", ajoute Derani. Tous ces accords et investissements ont porté leurs fruits. ""Les investisseurs sont venus en Russie et ont réussi à augmenter la productivité à des niveaux record dans la région, avec une meilleure utilisation des ressources et des machines. Le marché et les infrastructures de transport se sont développés. Les échanges de la Russie et de l'Ukraine avec le reste du monde se sont considérablement améliorés"", a déclaré Joe Glauber, chercheur principal à l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI, pour son sigle en anglais), explique à BBC Mundo. ""C'est un changement très radical qui s'est produit principalement en seulement deux décennies et qui montre le dynamisme des marchés"", explique l'expert, qui a été économiste en chef au département américain de l'Agriculture. Depuis 1997, les relations politiques et économiques de l'UE avec la Russie reposent sur un accord de coopération bilatérale Au cours des 20 dernières années, la Russie est passée de l'importation de la moitié de sa nourriture à celle d'un exportateur net de produits tels que le blé. Le pays exporte plus de 35 millions de tonnes de blé par an, étant le principal exportateur de blé au monde. L'Ukraine se classe au cinquième rang des exportateurs mondiaux de ce grain, après la Russie, les États-Unis, le Canada et la France, selon les chiffres de 2020 de la base de données statistiques sur le commerce des marchandises des Nations Unies (Comtrade). Certains pays d'Afrique du Nord, en particulier ceux de la Méditerranée orientale, dépendent fortement de la Russie et de l'Ukraine pour leurs approvisionnements en blé. Ces pays sont déjà à la recherche de nouveaux fournisseurs -comme la France, les Etats-Unis, l'Argentine ou l'Inde- qui pourraient devenir les nouveaux 'greniers du monde'. ""L'UE a apporté quelques modifications à la réglementation pour pouvoir importer des céréales d'Amérique latine, ce qui pourrait avoir des effets positifs dans des pays comme l'Argentine ou le Brésil, qui sont de gros producteurs"", ajoute Glauber. En outre, la Russie est le plus grand exportateur de pétrole vers les marchés mondiaux de l'énergie - ce qui, à son tour, a un effet sur le coût, le transport et le stockage des matières premières - et un important exportateur et importateur de denrées alimentaires, d'engrais et d'autres produits alimentaires. Selon David Beasley, directeur du Programme alimentaire mondial, la plus grande organisation humanitaire mondiale d'aide alimentaire contre la faim, la Russie et l'Ukraine représentent ensemble ""30 % des exportations mondiales de blé , 20 % du maïs mondial et 75 % de l'huile de tournesol [dont l'Ukraine exporte 50 % et la Russie 25 %]"". La question des engrais est également importante car leur manque pourrait aggraver une crise du système alimentaire mondial. La Russie exporte les trois principaux types d'engrais - azote, phosphore et potassium - note Glauber. Il représente 15 % du commerce mondial des engrais azotés et 17 % des exportations mondiales d'engrais potassiques, selon les données des Nations unies. Avec le Canada et les États-Unis, c'est l'un des plus grands fournisseurs d'engrais pour toute l'Amérique latine. Sa rareté pourrait avoir des implications mondiales, en particulier dans les pays où l'impact des prix élevés peut réduire considérablement son utilisation et entraîner de mauvaises récoltes, à une époque où les stocks mondiaux sont faibles et les prix mondiaux records. Au fur et à mesure que la guerre progresse, la demande et le prix des produits et des matières premières en provenance de Russie et d'Ukraine continueront d'augmenter. Et avec cela, les préoccupations concernant la sécurité alimentaire, disent les analystes. Peu de temps après l'invasion russe de l'Ukraine, les prix du blé en Europe ont monté en flèche. Glauber dit qu'""il est important de comprendre que nous parlons de marchés mondiaux, de sorte que même les pays qui n'importent pas d'Ukraine ou de Russie connaissent une augmentation du prix du blé ou de l'huile de tournesol"". L'expert prévient que ""dans les 18 prochains mois, le prix à payer pour les conséquences économiques de cette guerre sera élevé"". ""La situation mondiale en termes de production alimentaire va coûter très cher. Les pays vont s'adapter et trouver de nouveaux acheteurs, mais d'ici là, les prix vont continuer d' augmenter"", assure l'économiste. ""Il y aura des problèmes à court terme, même si cela ne signifie pas que nous allons manquer de nourriture car l'histoire a montré que la chaîne commerciale mondiale est très résistante. Ce sera aux pays les plus riches d'aider les plus pauvres, qui seront les plus touchés"". Pourtant, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) avait déjà mis en garde contre l'augmentation des prix des denrées alimentaires avant que le conflit n'éclate, et a indiqué qu'en 2021, ils avaient atteint leur maximum en 10 ans. C'est une tendance qui s'était déjà accentuée avec la hausse de l'inflation et la pandémie. Le double visage des sanctions Dans ce contexte de prix élevés et de stocks de plus en plus réduits de produits alimentaires comme le blé, l'imposition de sanctions économiques à la Russie prend une dimension alarmante pour certains spécialistes. ""Les sanctions sont encadrées selon le droit international, mais si elles conduisent à l'insécurité alimentaire et même à la faim dans le monde, elles seraient contraires aux droits de l'homme et pourraient donc être considérées comme illégales "", prévient Derani. ""Toutes les sanctions économiques contre la Russie ne sont pas susceptibles de conduire à l'insécurité alimentaire. Mais les sanctions financières et commerciales qui affectent la production et la consommation tout au long de la chaîne alimentaire mondiale vont gravement nuire à l'équilibre déjà fragile. ""Il est important d'établir un lien entre les sanctions, le droit humanitaire et les droits de l'homme. Jusqu'où peut-on aller avec ces sanctions ? Elles peuvent causer plus de dégâts que la guerre elle-même car ses effets détruisent les attentes présentes et futures de générations entières. ""Nous devons regarder l'histoire récente. Les sanctions économiques n'ont jamais mis fin à une guerre. Ce qu'elles ont fait, c'est appauvrir les peuples et les États. La guerre doit se terminer par la diplomatie."" Gauber est d'accord sur l' équilibre complexe de la situation . ""Les sanctions sont complexes car, au niveau stratégique, il n'est pas opportun de laisser de nombreuses échappatoires pour que les pays ne puissent pas trouver de raccourcis et ainsi réduire leur impact. Mais, d'un autre côté, elles ne doivent pas entraîner de conséquences non intentionnelles, comme par exemple, que les pays ne peuvent pas exporter quelque chose d'aussi fondamental que de la nourriture"", explique l'économiste. ""Ce qui est inquiétant, c'est que si les pays commencent à mettre en place des restrictions à l'exportation, comme nous l'avons vu en 2007 et 2008, ou en 2010 et 2011, cette mauvaise situation pourrait empirer""." https://www.bbc.com/afrique/monde-61232656 +business Gastronomie : les cuisines africaines à la conquête des assiettes françaises "Un étal de gombo bien vert côtoie de bien grosses et belles patates douces. L'on peut penser qu'il s'agit là d'un marché de Douala, d'Abidjan ou de Dakar, mais ces condiments sont exposés au cœur de Paris. À Paris, les restaurants africains veulent également leur part du gâteau du marché de la restauration en France. Pour davantage séduire la clientèle, tout un écosystème se développe autour des saveurs du continent africain : restaurants, foodtrucks, ateliers de cuisine, festivals et livres, tout est bon pour mieux faire connaître la gastronomie africaine. Lire aussi : À La Défense, le cœur du quartier d'affaires parisien, l'un des lieux les plus populaires pour déjeuner n'est pas les brasseries voisines, mais un foodtruck. À peine Joël et Rudy installés, qu'une longue file s'est déjà mise en place. Rudy en profite pour prendre quelques images qu'il poste sur le compte Instagram de New Soul Food, le nom de leur foodtruck. Histoire de mettre l'eau à la bouche de ceux qui les suivent. Les clients les plus avertis ont pré commandé leur déjeuner en ligne pour éviter les files d'attente. ''Le poulet, la saveur, vous avez des fruits, du riz, tous les ingrédients pour une alimentation équilibrée... 12 euros, très bon rapport qualité-prix '', lâche un fidèle client entre deux bouchées. Selon Rudy Lainé, le chef du New Soul Food, ce succès, ils le doivent à la simplicité et à l'accessibilité. ''On est sur des prix très intéressants et attractifs. On est sur une redécouverte, car en fait, on va travailler des produits que l'on connait, mais d'une autre manière.'' Le chef reconnaît néanmoins avoir revisité la street food africaine tout en gardant leur authenticité. ''On va mettre le riz avec la banane. La semoule de manioc, on va y apporter autre chose, '' affirme-t-il Riche d'une expérience d'une dizaine d'années dans le milieu de la restauration, Rudy constate '' une effervescence énorme autour de la cuisine africaine.'' ''Plus on arrivera à toucher du monde, plus on arrivera à multiplier notre chiffre d'affaires,'' affirme Rudy, les yeux tournés vers l'avenir et pétillants d'ambitions. À 30 kilomètres de Paris, à Saint Nom la Bretèche, une petite ville bourgeoise, le chef Alexandre Bella Ola, fait goûter sa cuisine aux habitants. Il n'y a pas foule ce matin au marché. Mais les quelques curieux apprécient la dégustation. ''C'est vrai qu'ici à Saint Nom La Bretèche, on n'a effectivement pas l'occasion de voir des professionnels, en tous les cas un chef venir nous présenter sa belle cuisine africaine. C'est vrai que c'est inédit'', affirme Christelle, élue municipale et propriétaire de la boutique Foudafrique. Cette séance de dégustation est pour le chef Alexandre, un moyen de faire connaître davantage les cuisines africaines. '' Je suis un soldat. Moi je vais toujours en guerre pour faire connaître la cuisine, pour défendre la cuisine africaine. Donc je suis ici vraiment, c'est une bataille. Je sais qu'aujourd'hui, j'ai gagné deux ou trois ou quatre personnes qui auront un petit aperçu de la cuisine africaine '', déclare tout fier le chef Alexandre. Cette dégustation est l'occasion de présenter son troisième livre sur les cuisines d'Afrique noire. Il y présente des recettes des cuisines africaines telles que le mafé et le yassa qu'ils considèrent comme les ''locomotives de la cuisine africaine.'' ''Ce sont des recettes simples que vous pouvez reproduire chez vous'', dit-il aux visiteurs qui ont bien apprécié les mets qu'il leur a présentés. C'est l'histoire d'un jeune homme d'origine malienne. Le chef Mory Sacko a tout juste 28 ans et son restaurant Mosuke a 1 étoile dans le prestigieux guide Michelin. La plupart des chefs n'y parviennent qu'après des décennies de métier. Mory Sacko explique son succès par ''l'attrait global pour la culture africaine, pour les cultures africaines. Et la gastronomie fait partie des cultures africaines. Et je pense que c'est ce qui aide aussi à ce que cela marche et qu'on ait autant de clients qui soient curieux de découvrir tous ces éléments dont ces épices par exemple.'' Pour Mory, l'engouement que suscitent les cuisines africaines ne doit pas juste être un effet de mode passager. Mais une aubaine qui doit être pérennisée. '' Je pense que c'est à nous de faire en sorte que de mode, on transforme l'essai en quelque chose de durable. Et cela ne peut passer que par des gens qui sont pertinents et qui durent.'' Poétique, colorée et minimaliste, la cuisine gastronomique de Mory est un voyage. Une conversation entre cultures et continents. L'Afrique bien sûr, mais aussi l'Asie et l'Europe. Dans son restaurant, les clients se délectent des succulents mets de Mory. ''C'est surprenant, c'est très bon, ce mélange entre la cuisine asiatique et africaine'', déclare un couple, aussi surpris qu'amusé par un aussi délicieux mélange. Du foodtruck au restaurant gastronomique, un éventail d'offres répond aux attentent des consommateurs. Cependant, des plats comme le ""mafé"" ou le ""ndolé"" ont peut-être encore du chemin à parcourir avant de devenir aussi populaires que les sushis ou le couscous en France. Mais il est clair que loin d'être un feu de paille, cet engouement croissant pour la cuisine africaine est appelé à durer." https://www.bbc.com/afrique/59375874 +business Guerre Ukraine - Russie : quatre produits exportés par la Russie et l'Ukraine qui devraient devenir plus chers dans le monde "Les marchés des matières premières du monde entier ont été secoués par la guerre en Ukraine, et ce n'est pas seulement une conséquence des sanctions occidentales contre la Russie, qui incluent désormais le gaz et le pétrole. Les prix des produits de base ont également grimpé en flèche en raison des perturbations de l'offre causées par l'invasion russe, qui a bloqué le flux de céréales et de métaux en provenance de la région. La Russie et l'Ukraine jouent toutes deux un rôle stratégique sur les marchés internationaux des matières premières. Tous deux sont de grands exportateurs de produits tels que le blé et les céréales, le pétrole, le gaz naturel, le charbon, l'or et d'autres métaux précieux. La guerre a affecté à la fois la production nationale et les chaînes de distribution cruciales vers le reste du monde, faisant grimper les prix. La situation a été qualifiée de ""catastrophique"" par de nombreux pays, notamment les plus pauvres. Les experts mettent en garde contre les conséquences de ce qu'ils appellent ""l'extrême volatilité"" des marchés à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. On craint également l'impact sur l'activité économique des pays qui se remettent encore de la pandémie de covid-19. Vous trouverez ci-dessous les principaux produits d'exportation d'Ukraine et de Russie dont la distribution a été affectée par la guerre. 1. L'énergie L'économie de la Russie dépend largement de l'exportation de pétrole et de gaz. Le pays est le troisième exportateur mondial de pétrole (après l'Union européenne et l'Arabie saoudite) et l'un des principaux exportateurs de gaz. Avant l'invasion de l'Ukraine, la Russie fournissait 1 baril de pétrole sur 10 consommés dans le monde. Mais aujourd'hui, avec la guerre et l'annonce par les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni d'interdire les importations de produits énergétiques russes, le marché international du pétrole est confronté à sa plus grande turbulence depuis les années 1970. Selon les experts, il est probable que les prix continueront à augmenter tant que durera la guerre, car il existe peu d'alternatives pour remplacer les exportations russes d'environ 5 millions de barils par jour. L'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), dont la Russie n'est pas membre, a indiqué qu'il ne sera pas facile de trouver de telles alternatives, comme l'a déclaré le secrétaire général de l'organisation, Mohammad Barkindo. ""Il n'y a aucune capacité dans le monde"" qui puisse remplacer la production russe, indique Barkindo. Il ajoute que ""nous n'avons aucun contrôle sur les événements actuels, la géopolitique, et cela dicte le rythme du marché."" Même les pays qui importent peu de produits énergétiques russes en ressentiront l'impact, car les prix des ventes de carburant aux grossistes sont susceptibles d'augmenter. 2. L'alimentation La Russie et l'Ukraine sont toutes deux de grands exportateurs de produits alimentaires. Les deux pays, connus comme le ""grenier de l'Europe"", représentent 29% des exportations mondiales de blé et 19% des exportations de maïs, selon les données de la banque JP Morgan. Les prix du blé sur certains marchés à terme ont atteint des sommets inégalés depuis 14 ans. L'Ukraine est le premier producteur mondial d'huile de tournesol, et la Russie occupe la deuxième place, selon S&P Global Platts. Ensemble, ils représentent 60 % de la production mondiale. Le blé et l'huile de tournesol sont des matières premières importantes utilisées dans de nombreux produits alimentaires. Si la récolte ou la transformation sont endommagées, ou si les exportations sont interrompues, les nations importatrices doivent trouver des moyens de remplacer cet approvisionnement. Les analystes préviennent que l'impact de la guerre sur la production de céréales pourrait doubler les prix internationaux du blé. Cela pourrait affecter gravement plusieurs pays qui dépendent des importations de céréales en provenance de la région de la mer Noire. La Turquie et l'Égypte reçoivent près de 70 % de leurs importations de blé de la Russie et de l'Ukraine, qui est également le principal fournisseur de maïs de la Chine. Le directeur du Programme alimentaire mondial, David Beasley, explique à la BBC que la hausse des prix due au conflit en Ukraine pourrait avoir un impact catastrophique sur les nations les plus pauvres. ""Au Liban, environ 50 % de leurs céréales proviennent d'Ukraine. Le Yémen, la Syrie, la Tunisie, etc. dépendent de l'Ukraine en tant que fournisseur de céréales"", a-t-il déclaré. ""La Russie et l'Ukraine passeront d'un statut de grenier à pain à celui de devoir littéralement partager le pain. C'est tout simplement un incroyable renversement de la réalité."" 3. Les métaux La Russie est l'un des principaux fournisseurs mondiaux de métaux utilisés dans toutes sortes de produits, des canettes en aluminium aux câbles en cuivre et aux composants automobiles. Le pays est le quatrième exportateur mondial d'aluminium et l'un des cinq premiers producteurs mondiaux d'acier, de nickel, de palladium et de cuivre. L'Ukraine est également un fournisseur majeur et détient une part importante des exportations de palladium et de platine. Cela signifie qu'en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, nous pourrions assister à une augmentation des prix des conserves et des câbles en cuivre. ""Nous avons vu que l'aluminium et le nickel ont augmenté de 30% depuis le début de l'année, et cela sera finalement répercuté sur les consommateurs lorsqu'ils achèteront leurs canettes de boissons en aluminium ou lorsqu'ils feront des rénovations dans leur maison et auront besoin de cuivre pour leur câblage. Tous ces prix entrent dans la pression inflationniste générale"", déclare à la BBC Matthew Chamberlain, directeur du London Metal Exchange (UK). La Russie reste le troisième producteur d'or au monde, après l'Australie et la Chine. Selon les données du Conseil mondial, en 2021, le pays a fourni au monde 350 tonnes du métal précieux. Début mars, l'or a atteint son prix le plus élevé depuis août 2020, se négociant à plus de 2 000 dollars US l'once (une once correspond à environ 28 grammes). Cela s'explique par les entrées de capitaux des investisseurs à la recherche d'un refuge sûr en période d'incertitude sur les marchés. Mais le prix d'autres métaux s'est envolé en raison des craintes d'une rupture de l'approvisionnement en provenance de la Russie et de l'Ukraine. Début mars, le nickel - utilisé dans les batteries à base de lithium-fer - a grimpé de 76 %, et le palladium - utilisé dans les convertisseurs catalytiques des automobiles pour réduire les émissions de gaz - a atteint des niveaux sans précédent, selon l'agence de presse Reuters. Toute perturbation de l'approvisionnement en palladium, selon les analystes, pourrait créer de graves problèmes pour les constructeurs automobiles. ""La Russie représente 38% de la production mondiale de palladium. Comme les réductions de l'offre ne peuvent pas être compensées par d'autres régions, le marché risque de tomber dans un déficit d'offre considérable"", selon Daniel Briesemann, stratégiste de Commerzbank, à Business Insider. 4. Le néon L'Ukraine est un important fournisseur de gaz rares purifiés tels que le crypton et le néon, ce dernier étant essentiel à la fabrication de semi-conducteurs. Selon les données du cabinet de conseil TrendForce, l'Ukraine représente près de 70 % des exportations mondiales de gaz néon purifié, utilisé pour les lasers qui gravent les motifs des semi-conducteurs. Plus de 90 % du néon utilisé par l'industrie américaine des puces vient d'Ukraine. Tout changement dans son approvisionnement pourrait exacerber les pénuries de micropuces, qui étaient déjà un problème important en 2021. ""Comme la Russie fournit plus de 40 % de l'approvisionnement mondial en palladium et que l'Ukraine produit 70 % de l'approvisionnement mondial en néon, nous pouvons nous attendre à ce que les pénuries mondiales de puces s'aggravent si le conflit militaire persiste"", écrit Tim Uy dans un récent rapport de Moody's Analytics. ""Pendant la guerre de 2014-15 en Ukraine, les prix du néon ont augmenté plusieurs fois, ce qui indique la gravité pour l'industrie des semi-conducteurs. Les sociétés de semi-conducteurs représentent 70 % de la demande totale de néon, car le néon fait partie intégrante du processus de lithographie pour la fabrication des puces.""" https://www.bbc.com/afrique/monde-60766554 +business Le Nigéria a décidé de fermer ses frontières terrestres pour lutter contre la contrebande La fermeture de la frontière nigériane commence à étouffer les économies du Niger, du Bénin ou encore du Ghana. Une décision qui passe mal dans les pays membres de la CEDEAO. Quel doit être le rôle de Cédéao, (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.)? El Hadj Alioune Diouf, Professeur d'économie internationale répond aux questions de Maimouna Diallo https://www.bbc.com/afrique/region-50297302 +business Debora Kayembe, la Congolaise est la première noire à la tête d'une université en Ecosse « Il a fallu 437 ans ! » pour qu'une personne noire soit élue recteur de l'Université d'Édimbourg en Ecosse, s'exclame Debora Kayembe. Congolaise d'origine, l'avocate parle de ses combats avant d'être à la tête de cette institution, l'une des plus prestigieuses du Royaume-Uni. Debora Kayembe dit continuer d'être une activiste des droits humains car les conditions des noirs doivent encore être améliorées en Ecosse. Un entretien avec Nicolas Négoce, adapté pour Alassane Dia. https://www.bbc.com/afrique/monde-56188945 +business Changement climatique: pourquoi la politique de la Chine en la matière nous concerne tous "Les émissions de carbone de la Chine sont considérables et ne cessent d'augmenter, éclipsant celles des autres pays. Les experts s'accordent à dire que sans une réduction importante des émissions de la Chine, le monde ne pourra pas gagner la lutte contre le changement climatique. Le président chinois Xi Jinping affirme que son pays visera à ce que ses émissions atteignent leur point culminant avant 2030 et à ce que la neutralité carbone soit atteinte d'ici 2060. Le président Xi n'a pas dit comment la Chine atteindra cet objectif extrêmement ambitieux. Si tous les pays ont du mal à réduire leurs émissions, c'est la Chine qui est confrontée au plus grand défi. Les émissions par personne de la Chine représentent environ la moitié de celles des États-Unis, mais son énorme population de 1,4 milliard d'habitants et sa croissance économique explosive l'ont propulsée loin devant tous les autres pays en ce qui concerne ses émissions globales. La Chine est devenue le plus grand émetteur de dioxyde de carbone au monde en 2006 et est désormais responsable de plus d'un quart des émissions globales de gaz à effet de serre dans le monde. Selon de nombreux experts, il est possible de réduire les émissions de la Chine, mais cela nécessitera un changement radical. Le charbon est la principale source d'énergie du pays depuis des décennies, et son utilisation est en augmentation. Le président Xi annonce que la Chine va ""réduire progressivement"" l'utilisation du charbon à partir de 2026, mais cette décision a été critiquée par certains gouvernements et activistes car elle ne va pas assez loin. Selon des chercheurs de l'université Tsinghua à Pékin, la Chine devra cesser totalement d'utiliser le charbon pour produire de l'électricité d'ici 2050, pour le remplacer par le nucléaire et les énergies renouvelables. Mais loin de fermer les centrales électriques au charbon, la Chine en construit actuellement de nouvelles sur plus de 60 sites à travers le pays, et de nombreux sites comptent plus d'une centrale. Les nouvelles centrales sont généralement actives pendant 30 à 40 ans. La Chine devra donc réduire la capacité des nouvelles centrales et fermer les anciennes si elle veut réduire ses émissions, explique le chercheur Philippe Ciais de l'Institut de l'environnement et des sciences du climat à Paris. Il sera peut-être possible d'en moderniser certaines pour qu'elles puissent capter les émissions, mais la technologie pour le faire à grande échelle est encore en développement, et de nombreuses centrales devront être mises hors service après une utilisation minimale. La Chine fait valoir qu'elle a le droit de faire ce que les pays occidentaux ont fait par le passé, en libérant du dioxyde de carbone dans le cadre du développement de son économie et de la réduction de la pauvreté. Elle a également financé des centrales électriques au charbon en dehors de la Chine dans le cadre de son initiative ""la Ceinture et la Route"", même si elle semble aujourd'hui réduire ses nouveaux investissements. Selon les chercheurs de l'université de Tsinghua, 90 % de l'électricité devrait provenir du nucléaire et des énergies renouvelables d'ici 2050. Pour atteindre cet objectif, l'avance de la Chine dans la fabrication de technologies vertes, telles que les panneaux solaires et les batteries à grande échelle, pourrait être d'un grand secours. La Chine a d'abord adopté les technologies vertes pour lutter contre la pollution atmosphérique, un problème grave pour de nombreuses villes. Mais le gouvernement estime également qu'elles présentent un énorme potentiel économique, en fournissant des emplois et des revenus à des millions de Chinois, ainsi qu'en réduisant la dépendance de la Chine vis-à-vis du pétrole et du gaz étrangers. ""La Chine est déjà à la tête de la transition énergétique mondiale"", déclare Yue Cao, de l'Institut de développement d'outre-mer. ""L'une des raisons pour lesquelles nous sommes en mesure de déployer des technologies vertes de moins en moins chères est la Chine."" La Chine produit plus d'énergie solaire que tout autre pays. Cela pourrait ne pas être si impressionnant étant donné l'énorme population de la Chine, mais c'est un signe de la direction que prend le pays. Les installations d'énergie éolienne de la Chine étaient plus de trois fois supérieures à celles de tout autre pays en 2020. La Chine indique que la proportion de son énergie produite à partir de sources non fossiles devrait atteindre 25 % d'ici à 2030, et de nombreux observateurs s'attendent à ce qu'elle atteigne cet objectif rapidement. La Chine se classe au septième rang mondial pour le pourcentage de voitures électriques vendues, mais compte tenu de sa taille, elle fabrique et achète beaucoup plus de voitures électriques que tout autre pays. Environ une voiture sur 20 achetée en Chine est électrique. Il n'est pas facile de déterminer dans quelle mesure le passage aux véhicules électriques réduit les émissions, surtout si l'on tient compte des sources de fabrication et de recharge. Mais des études suggèrent que les émissions pendant la durée de vie des véhicules électriques sont généralement inférieures à celles de leurs équivalents à essence et diesel. C'est important car les transports sont responsables d'environ un quart des émissions de carbone dues à la combustion de carburants, les véhicules routiers étant les plus gros émetteurs. D'ici à 2025, la Chine produira également des batteries d'une capacité deux fois supérieure à celle des batteries produites dans le reste du monde. Selon les observateurs, cela permettra de stocker et de libérer l'énergie provenant de sources renouvelables à une échelle jusqu'ici impossible. Atteindre des émissions nettes de gaz à effet de serre nulles ne signifie pas que la Chine va cesser de produire des émissions. Cela signifie que la Chine va réduire ses émissions autant que possible et absorber ce qui reste, en combinant différentes approches. L'augmentation de la superficie des terres couvertes de végétation sera utile, car les plantes absorbent le dioxyde de carbone. Là encore, les nouvelles sont encourageantes. La Chine devient plus verte à un rythme plus rapide que tout autre pays, en grande partie grâce à ses programmes forestiers destinés à réduire l'érosion et la pollution des sols. C'est aussi en partie le résultat de la replantation des champs pour produire plus d'une récolte par an, ce qui permet de garder la terre couverte de végétation plus longtemps. Le monde a besoin de la Chine pour réussir. ""Si la Chine ne se décarbonise pas, nous ne parviendrons pas à vaincre le changement climatique"", déclare le professeur David Tyfield, du Centre pour l'environnement de Lancaster. La Chine a de gros avantages, notamment sa capacité à s'en tenir à des stratégies à long terme et à mobiliser des investissements à grande échelle. Les autorités chinoises sont confrontées à une tâche colossale. La suite des événements pourrait difficilement être plus importante." https://www.bbc.com/afrique/monde-58150176 +business L'UA demande un allégement de la dette des pays membres L'Union africaine (UA) a réitéré son appel en faveur de l'annulation de la dette et de la mise en œuvre d'un ensemble complet de mesures d'allégement de dette pour les pays africains en réponse à la crise de Covid-19. Au total, la dette des pays africains est de 493,6 milliards de dollars, selon les dernières statistiques de la Banque mondiale. La banque a déclaré en avril que l'Afrique subsaharienne connaîtra cette année sa première récession depuis 25 ans à la suite de l'épidémie de coronavirus. Lire aussi : L'UA va envoyer des troupes pour combattre les islamistes au Sahel Dans une déclaration publiée mardi après une réunion virtuelle des chefs d'État et des envoyés spéciaux de l'UA qui s'est tenue la semaine dernière, les dirigeants du continent ont également appelé à la levée des sanctions contre le Soudan et le Zimbabwe afin de permettre aux deux pays de faire face adéquatement à la crise sanitaire mondiale. La réunion a été convoquée par le président de l'UA en exercice, le président Sud-africain, Cyril Ramaphosa. L'Afrique a confirmé plus de 200 000 cas de Covid-19, dont 61% sont originaires d'Algérie, d'Afrique du Sud, du Nigéria, d'Égypte et du Ghana, selon le communiqué. https://www.bbc.com/afrique/region-53073570 +business "Do Kwon : le ""roi des fous"" accusé de l'effondrement du marché des crypto-monnaies" "Ce sont 40 000 millions de dollars qui ont disparu du jour au lendemain. C'est le montant perdu par ceux qui ont investi dans deux crypto-monnaies dont la valeur s'est effondrée le 13 mai : luna et terra (également connue sous le nom d'UST), toutes deux créées par l'entrepreneur technologique sud-coréen de 30 ans Do Kwon. Son histoire ressemble à celle de nombreux enfants prodiges qui arrivent dans la Silicon Valley avec l'idée de créer la prochaine grande innovation qui révolutionnera le marché. Kwon a étudié l'informatique à la prestigieuse université de Stanford, aux États-Unis, et a travaillé comme ingénieur logiciel chez Microsoft et Apple, jusqu'à ce qu'il fonde Anyfi, une société tech dédiée au développement d'alternatives de connectivité. A lire aussi : Mais la création qui l'a fait connaître dans le monde entier est venue en 2018 avec Terraform Labs, un développeur de logiciels dont le siège est à Singapour. Do Kwon l'a fondé avec Daniel Shin, dans le but de construire des systèmes de paiement basés sur la technologie blockchain (chaîne de blocs). À cette époque, l'entrepreneur affirmait qu'il créait un ""système financier moderne"" que les utilisateurs pourraient utiliser sans avoir à recourir à des banques ou à tout autre type d'intermédiaire. C'est ainsi qu'il est entré dans le monde des crypto-monnaies, obtenant le soutien de grandes entreprises comme Binance, qui croyaient au potentiel de leurs crypto-monnaies. Forbes le considérait comme l'un des grands jeunes professionnels à succès du monde technologique et en peu de temps, il semblait que l'entrepreneur avait le monde à ses pieds. Sans aucune humilité, Do Kwon a qualifié sa crypto-monnaie lunaire de ""ma plus grande invention"" et a proclamé aux quatre vents les qualités de la monnaie numérique pour ""changer le monde"". Il a même posté sur son compte Twitter (@stablekwon) qu'il avait nommé sa fille Luna ""Le nom de ma plus belle création inspirée de ma plus grande invention"". Il a rapidement gagné la confiance d'un groupe restreint d'investisseurs qui étaient fièrement qualifiés de ""fous"" (d'après le nom de la pièce). La société de Kwon a levé des centaines de millions de dollars auprès de grandes sociétés de capital-risque pour financer ses projets. En peu de temps, il gagne la confiance des marchés et convainc de nombreux ""poids lourds"" de son pari de trading risqué basé sur des algorithmes créés dans son propre laboratoire. Contrairement au bitcoin, dont le ou les créateurs sont inconnus, les ""Kwon coins"" - comme on les appelle dans l'environnement des crypto-monnaies - sont directement liés à une personne. Parmi les adeptes figure Mike Novogratz, PDG de Galaxy Digital, qui a annoncé son soutien en se faisant tatouer Luna ""je suis officiellement un lunatique"". La confiance de certains gros investisseurs dans l'entrepreneur a atteint un tel niveau que le présentateur du podcast ""Mission : DeFi"" a déclaré qu'il y avait un ""culte de la personnalité"". Do Kwon a lancé la crypto-monnaie luna sur le marché en 2018 et deux ans plus tard a créé terra (UST), une monnaie numérique qui appartient à la catégorie des ""stablecoin"" ou monnaies stables. Contrairement aux autres crypto-monnaies, celles qui sont ""stables"" reçoivent ce nom car elles sont liées à un actif moins volatil, comme le dollar. Il s'agit d'un type de monnaie très différent des monnaies numériques telles que le bitcoin ou l'éther, pour n'en nommer que quelques-unes. Le duo luna-terra a sa propre formule mathématique créée à Terra Labs, dans laquelle la valeur de l'une dépend de l'autre et c'est pourquoi elles sont connues sous le nom de ""monnaies jumelles"". Terra, en revanche, est un ""stablecoin algorithmique"" qui, à travers des calculs complexes, devait toujours maintenir une valeur de 1 USD. Pas plus, ni moins. Tout semblait bien fonctionner, jusqu'à ce que les critiques commencent à se faire plus nombreuses, avertissant que la création de Kwon - considérée par certains comme l'œuvre de génie et par d'autres comme un stratagème de Ponzi - pourrait s'effondrer à tout moment. Et c'est arrivé. Le marché a perdu confiance dans la formule algorithmique de Kwon dans un contexte de chute des prix des crypto-monnaies et de mauvaises nouvelles économiques. Luna a perdu toute sa valeur (elle a chuté de 118 $ à 0,09 $) et terra s'est effondrée aussi vite. La chute brutale des deux devises a encouragé la panique chez certains investisseurs qui se sont lancés dans une vente massive de crypto-monnaies, entraînant une baisse générale du secteur. ""J'ai le cœur brisé par la douleur que mon invention a causée à tout le monde"", a tweeté Kwon lorsque le scandale a éclaté. Les gros investisseurs ont perdu des milliards de dollars, même si après tout, ils savaient le risque qu'ils prenaient, puisqu'ils ont une armée d'analystes et de cryptographes qui étudient minutieusement chaque investissement. Le problème est, comme toujours, pour les petits investisseurs, c'est-à-dire les personnes qui - sans comprendre les subtilités algorithmiques - font confiance à quelque chose qui leur fera théoriquement de l'argent facile. Dans un forum du réseau social Reddit, certains utilisateurs ont posté leurs difficultés et ont même partagé des numéros de téléphone pour la prévention du suicide. ""J'avais l'impression que j'allais mourir"" Un homme désespéré a été arrêté après avoir visité la maison de Do Kwon suite à l'effondrement des pièces jumelles. Il a déclaré à la BBC que sa vie était en lambeaux. ""J'ai perdu pas mal d'argent en peu de temps. Environ 2,4 millions de dollars de mes crypto-monnaies ont disparu."" D'autres, cependant, au lieu de perdre de l'argent, sont devenus riches en retirant leurs investissements avant le crash. Par exemple, Martin Baumann, co-fondateur de CMCC Global, une société de capital-risque basée à Hong Kong, a déclaré que sa société avait vendu ses devises en mars, à environ 100 dollars pièce, selon le New York Times. Bien que cela puisse sembler difficile à croire, Do Kwon a annoncé il y a quelques jours la relance de son moon coin, version 2.0. Mais désormais, l'homme d'affaires a opté pour un profil bas et ne s'exprime plus en public. Peut-être à cause des procès que vont intenter certaines des victimes de l'effondrement de leurs monnaies jumelles. Peut-être parce qu'il cherche cette fois à se réarmer avec une autre stratégie. En tout cas, dans les quelques jours de vie de Luna 2.0, les résultats indiquent que cette fois, il sera beaucoup plus difficile de convaincre le monde de son génie." https://www.bbc.com/afrique/monde-61732137 +business Guerre Ukraine - Russie : la chasse aux superyachts des oligarques russes sanctionnés "Deux superyachts liés au milliardaire russe Roman Abramovitch ont accosté en Turquie, hors de portée des sanctions du Royaume-Uni et de l'UE. Chacun de ces navires a coûté plus de 500 millions de dollars et fait partie d'un certain nombre de navires suivis par Lloyd's List Intelligence. Les experts en données maritimes ont surveillé les dispositifs de suivi et ont partagé ces informations en exclusivité avec la BBC, ce qui a permis de tracer le parcours de ces navires et d'autres liés à des Russes sanctionnés. Un bateau rempli de jeunes Ukrainiens a tenté d'empêcher le superyacht MY Solaris d'accoster à Bodrum, en Turquie. L'autre yacht lié à Abramovitch, l'Eclipse, s'est rendu à Marmaris. A lire aussi : Le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Union européenne ont déclaré qu'ils s'attaqueraient aux superyachts, et au moins huit d'entre eux ont été saisis jusqu'à présent. D'autres sont toujours en liberté, certains se déplacent, d'autres sont amarrés dans des endroits qui sont actuellement à l'abri des sanctions, notamment les Maldives. De nombreux superyachts sont liés à des milliardaires russes, mais leur propriété est entourée de secret : les bateaux sont souvent enregistrés par l'intermédiaire d'une série de sociétés offshore. L'équipe de la Lloyd's List a passé au crible les documents d'immatriculation, les rapports de solvabilité et d'autres documents pour déterminer qui, selon elle, est lié à chaque superyacht. MY Solaris, dont le coût est estimé à 600 millions de dollars, dispose d'une piscine et d'un héliport. Il compte jusqu'à 60 membres d'équipage et peut accueillir plus de 30 invités. Il a quitté Barcelone le 8 mars où il était en réparation. Il a accosté au large de Tivat au Monténégro quelques jours après que M. Abramovitch ait été sanctionné par le Royaume-Uni. Tivat, dans la baie de Kotor bordée de montagnes, est une plaque tournante pour les superyachts et possède une grande marina. Le MY Solaris a quitté Tivat et naviguait au large de la côte ouest de la Grèce lorsque l'UE a sanctionné M. Abramovitch le 15 mars. Après cette date, les données de suivi du yacht montrent qu'il s'éloignait des eaux territoriales grecques (la Grèce fait partie de l'UE) et naviguait dans les eaux internationales, où il ne peut être saisi. Le 21 mars, il est arrivé dans la station balnéaire turque de Bodrum, qui dispose d'une marina moderne et peut accueillir des superyachts d'une longueur maximale de 140 mètres. Mais sa route a été bloquée par un petit canot pneumatique transportant huit enfants d'une équipe de voile ukrainienne junior et leur entraîneur, brandissant des drapeaux ukrainiens. L'entraîneur Paulo Donstov a déclaré à la BBC qu'ils étaient là pour participer à un championnat de voile et qu'ils avaient été prévenus de l'arrivée du MY Solaris. ""Nous voulons que le monde sache que l'Ukraine veut la liberté et la paix"", a déclaré M. Donstov, dont la famille se trouve toujours dans la ville portuaire ukrainienne d'Odessa. La Turquie a déclaré qu'elle n'avait ""aucune intention"" de se joindre aux sanctions de l'UE contre les Russes et, contrairement à la plupart des pays européens, elle continue d'autoriser les vols directs en provenance de Russie. Le capitaine d'un navire li�� à un riche Russe, qui n'a pas souhaité être identifié, a déclaré à la BBC que les responsables turcs avaient clairement fait savoir que les navires russes étaient ""les bienvenus et seraient traités comme n'importe quel autre navire"". L'Eclipse est l'un des plus grands superyachts du monde. Il possède neuf ponts, trois héliports et un sous-marin de trois personnes. Selon les rumeurs, il serait également équipé d'un système de défense antimissile et d'un système de lumière dirigée au laser pour dissuader les photographes de prendre des clichés du bateau. Il était amarré au large de l'île caribéenne de Saint-Martin, un territoire néerlandais d'outre-mer lié à l'Union européenne, mais a quitté l'île au début du mois de mars. Il a ensuite navigué vers l'est en Méditerranée, au nord de l'Algérie. Le 22 mars, les données l'ont montré arrivant à Marmaris en Turquie. Cette station balnéaire, un ancien village de pêcheurs, est une autre destination populaire pour les superyachts. On y trouve une marina, un château ottoman et plus de 50 sites de plongée à proximité. Le Sea Rhapsody est également en mouvement. Il a été lié à Andrei Kostin, président de la banque publique russe VTB, qui a été sanctionné par les autorités américaines, européennes et britanniques. Le navire, qui dispose d'un cinéma et d'une salle de sport, a quitté Fethiye en Turquie le 18 février, en direction d'Oman, avant d'arriver aux Seychelles le 3 mars, où il est encore. D'autres superyachts n'ont pas bougé. L'un d'eux, le Clio, est lié à Oleg Deripaska, un industriel proche du président Poutine, qui a été sanctionné par le Royaume-Uni et les États-Unis. Il dispose de son propre navire de soutien, le Sputnik, équipé de son propre héliport, et se trouve actuellement près des Maldives. Plusieurs autres superyachts liés à des Russes sanctionnés se trouvent aux Maldives ou à proximité, notamment l'Ocean Victory lié à Viktor Rashnikov et le Nord lié à Alexei Mordashov. Le Madame Gu, lié à Andrey Skoch, qui a été sanctionné par l'UE et le Royaume-Uni, se trouve à Dubaï. Les Maldives, les Seychelles et Dubaï n'ont pas conclu d'accord avec les États-Unis, le Royaume-Uni ou l'Union européenne qui permettrait aux autorités de saisir des biens, ce qui protège les yachts de toute sanction. Mais ils ne pourront peut-être pas rester indéfiniment dans des eaux sûres. ""Ces bateaux sont des animaux vivants et gourmands qui ont besoin d'être entretenus... Il faut donc des ports capables de répondre à ces besoins"", explique Capucine de Vallée, PDG de Boat Bookings. ""Tous les grands chantiers navals se trouvent en Europe du Nord"". Elle pense que les fabricants pourraient cesser de proposer des pièces et de la maintenance en raison des sanctions. Sur les neuf superyachts liés à des Russes sanctionnés, un seul est amarré dans les eaux européennes. Le Tango - lié à Viktor Vekselberg - est amarré au large des côtes de Palma, en Espagne. M. Vekselberg fait l'objet de sanctions de la part des États-Unis et du Royaume-Uni, mais pas de l'UE. Un superyacht lié au président russe Vladimir Poutine par le passé a regagné les eaux russes avant le début de l'invasion de l'Ukraine. Le Graceful est passé d'Allemagne à la côte de Kaliningrad, en Russie, à la mi-février. Mais selon la Lloyd's List, les données relatives aux mouvements sont limitées car le navire a éteint son dispositif de suivi pendant plusieurs semaines. En vertu de la convention des Nations unies pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS), les navires doivent avoir leur dispositif de repérage à bord allumé à tout moment, sauf s'il y a un danger pour la sécurité de l'équipage et du navire. Plusieurs autres yachts liés à des Russes ont également désactivé occasionnellement leurs données de suivi au cours du mois dernier. Les autorités américaines examinent la propriété d'un deuxième yacht, le Scheherazade, qui est actuellement amarré au large de la ville italienne de Marina di Carrara. Les partisans du chef de l'opposition russe Alexandre Navalny ont établi un lien entre ce navire de 140 mètres, dont la valeur est estimée à 700 millions de dollars, et le président Poutine. À cette époque de l'année, de nombreux superyachts commencent habituellement à se diriger vers des destinations européennes populaires, telles que le Port Hercule à Monaco ou Marina Grande sur l'île italienne de Capri. ""Entre décembre et avril, c'est la saison des Caraïbes, puis les yachts sont déplacés vers l'Europe pour la saison méditerranéenne, qui s'étend normalement de mai à septembre"", explique Chris Jefferies, de Superyacht World Magazine. Plusieurs yachts liés à des Russes sanctionnés ont déjà été saisis par les autorités en France, en Italie et en Espagne : La confusion règne toujours quant au statut de l'un des plus grands superyachts du monde, le Dilbar, lié à l'homme d'affaires russe Alisher Usmanov, qui fait l'objet de sanctions. Il a été rapporté qu'il avait été saisi alors qu'il était amarré à Hambourg. Les autorités locales nous ont dit que ce n'était pas le cas et qu'il était toujours là pour des réparations en cours. Lloyds List a examiné plus de 40 superyachts qu'elle a associés à de riches Russes. Nombre d'entre eux n'ont pas été sanctionnés et certains d'entre eux (surlignés en bleu) se trouvent toujours en Méditerranée. Mais ils reçoivent déjà un accueil glacial dans certains ports. Selon Mme de Vallee, certains entrepreneurs ont refusé d'effectuer des travaux de maintenance à Monaco par crainte de voir leurs paiements confisqués par l'UE. Le capitaine d'un superyacht nous a confié : ""Notre ligne de crédit est complètement coupée, ce qui rend les opérations très difficiles"". Reportages de : Jake Horton, Joshua Cheetham, Kumar Malhotra, Erwan Rivault, Daniele Palumbo et Nicholas Barrett." https://www.bbc.com/afrique/monde-60849215 +business Beny Steinmetz : le milliardaire franco-israélien poursuivi en suisse pour un contrat minier en Guinée "Le milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz, magnat du diamant, est arrivé en Suisse pour être jugé pour corruption présumée liée à un important accord minier en Guinée. Il a toujours nié que sa société, BSGR, a payé des pots-de-vin de plusieurs millions de dollars pour obtenir des permis d'exploration d'un gisement de fer dans le sud de la Guinée en 2008. Il s'est rendu à Genève depuis Israël pour ce procès de deux semaines. S'il est reconnu coupable, il risque jusqu'à dix ans de prison. Steinmetz, 64 ans, a déjà été condamné par contumace à cinq ans de prison par un tribunal roumain pour blanchiment d'argent. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Selon les procureurs suisses, Steinmetz a versé environ 10 millions de dollars en pots-de-vin, en partie par le biais de comptes bancaires suisses, pour obtenir les droits sur les gisements de minerai de fer de Guinée dans les montagnes de Simandou. Cette région est censée contenir les plus grands gisements de minerai de fer inexploités au monde. Son avocat, Marc Bonnant, déclare que ""nous allons plaider son innocence"". Selon les procureurs, les pots-de-vin aux fonctionnaires guinéens ont été payés avec l'aide de Mamadie Touré, la veuve de l'ancien président guinéen Lansana Conté. Ils allèguent également que Steinmetz a falsifié des documents liés au contrat. Regardez aussi : Selon Imogen Foulkes, de la BBC à Genève, Mme Touré a été décrite comme le témoin vedette de l'accusation, mais sa présence au tribunal est peu probable - elle vit maintenant aux États-Unis. Elle n'a pas encore fait de déclarations sur ce procès. Le mois dernier, M. Bonnant a déclaré à l'agence de presse Reuters que M. Steinmetz n'avait ""jamais versé un centime à Mme Mamadie Toure"" et qu'elle n'était pas mariée à Lansana Conte. ""Elle n'est pas un agent public et ne peut donc pas être corrompue"". Malgré ses vastes ressources naturelles, la Guinée reste l'un des pays les plus pauvres d'Afrique, et n'a guère profité de la mine de fer de Simandou. Steinmetz a obtenu les droits en échange d'un investissement d'environ 160 millions de dollars, mais il en a ensuite vendu la moitié à la multinationale minière brésilienne Vale, 18 mois plus tard, pour 2,5 milliards de dollars, réalisant ainsi un bénéfice considérable. À l'époque, la presse financière parlait de ""jackpot"". Mais cela a également soulevé des questions sur les raisons pour lesquelles les droits initiaux ont été accordés à un prix aussi bas. Le milliardaire soudanais des télécommunications et militant anti-corruption, Mo Ibrahim, s'est interrogé à l'époque en ces termes : ""Les Guinéens qui ont fait cela sont-ils des idiots, des criminels ou les deux ?"" Steinmetz a toujours insisté sur le fait qu'il n'avait rien fait de mal. Dans une rare interview en 2012, il a déclaré au Financial Times que ""les gens n'aiment pas le succès"" et qu'il était normal de poursuivre ""les opportunités de manière agressive"". Le gouvernement guinéen a dépouillé BSGR de ses droits miniers en 2014, citant des preuves de corruption, ce que la société a nié." https://www.bbc.com/afrique/region-55619406 +business Questions d'Argent: le business des Miss Cette semaine, dans Questions d'Argent, nous parlerons du succès croissant des concours de beauté. Mais combien coûte l'organisation de cette grande élection ? Et surtout, combien ça rapporte ? Des champs de tomates en pleine ville : c'est de l'agriculture urbaine, une tendance qui ne cesse de croitre sur le continent. Nous irons à la rencontre Boureima Doumbia. Le secret de sa réussite repose sur un petit cube aromatique. https://www.bbc.com/afrique/media-49284749 +business Polyandrie en Afrique du Sud : un débat de société s'installe "Une proposition du gouvernement sud-africain visant à légaliser la polyandrie - lorsqu'une femme a plus d'un mari en même temps - a suscité des hurlements de protestation dans les milieux conservateurs. Cela ne surprend pas le professeur Collis Machoko, un universitaire renommé sur le sujet. Les objections portent ""sur le contrôle"", dit-il à la BBC. ""Les sociétés africaines ne sont pas prêtes pour une véritable égalité. Nous ne savons pas quoi faire avec des femmes que nous ne pouvons pas contrôler."" L'Afrique du Sud a l'une des constitutions les plus libérales du monde, embrassant les mariages homosexuels pour tous et la polygamie pour les hommes. A lire sur BBC Afrique : L'homme d'affaires et personnalité de la télévision Musa Mseleku - qui a quatre épouses - fait partie des opposants à la polyandrie. ""Cela va détruire la culture africaine. Qu'en est-il des enfants de ces personnes ? Comment connaîtront-ils leur identité ?"" s'interroge M. Mseleku, qui est la vedette d'une émission de télé-réalité sud-africaine sur sa famille polygame. ""La femme ne peut plus prendre le rôle de l'homme. C'est inouï. La femme va-t-elle maintenant payer le lobola [prix de la mariée] pour l'homme ? L'homme devra-t-il prendre son nom de famille ?"" Le professeur Machoko a effectué des recherches sur la polyandrie dans son pays natal, le Zimbabwe voisin. Il a parlé à 20 femmes et 45 co-maris qui la pratiquaient, bien que ces mariages soient socialement tabous et non reconnus légalement. ""La polyandrie, parce qu'elle est boudée par une partie de la société, a été forcée à la clandestinité. Le secret est similaire à celui que l'on trouve chez les francs-maçons"", a-t-il déclaré. ""Face à quelqu'un en qui ils n'ont pas confiance ou qu'ils ne connaissent pas, ils vont jusqu'à nier l'existence d'un tel mariage. Tout cela par peur des représailles et des persécutions."" Les participantes à l'étude du professeur Machoko vivaient toutes séparément mais étaient attachées à l'union polyandre et en parlaient ouvertement entre elles. ""L'une des femmes a nourri l'idée de vouloir être une femme polyandre lorsqu'elle était en sixième année [âgée d'environ 12 ans] après avoir appris comment la reine des abeilles d'une ruche accueille de nombreux coépoux"", explique le professeur. À l'âge adulte, elle a commencé à avoir des relations sexuelles avec de multiples partenaires qui étaient tous conscients les uns des autres. ""Quatre de ses neuf co-époux actuels faisaient partie de ce premier groupe de petits amis"". Dans la polyandrie, c'est souvent la femme qui initie les relations, et invite les maris à rejoindre son union. Certains paient la dot, d'autres choisissent de contribuer à sa subsistance. Elle a le pouvoir de renvoyer un co-mari si elle estime qu'il déstabilise ses autres relations. Le professeur Machoko a déclaré que l'amour était la principale raison pour laquelle les hommes qu'il a interrogés ont dit qu'ils avaient accepté d'être co-mariés. Ils ne voulaient pas risquer de perdre leur femme. Certains hommes ont également évoqué le fait qu'ils ne satisfaisaient pas leur femme sexuellement, acceptant la proposition d'un co-mari pour éviter le divorce ou les liaisons. Une autre raison était la stérilité - certains hommes consentaient à ce que la femme prenne un autre mari pour qu'elle puisse avoir des enfants. De cette façon, les hommes ""sauvaient la face"" en public et évitaient d'être stigmatisés comme ""émasculés"". Le professeur Machoko souligne qu'il n'avait pas connaissance de mariages polyandriques en Afrique du Sud. Néanmoins, les militants des droits des femmes demandent au gouvernement de légaliser ces unions dans l'intérêt de l'égalité et du choix, car la loi autorise actuellement un homme à prendre plus d'une épouse. Leur proposition a été incluse dans un document - officiellement connu sous le nom de Livre vert - que le gouvernement a publié pour recueillir les commentaires du public alors qu'il s'engage dans la plus grande révision des lois sur le mariage depuis la fin du règne de la minorité blanche en 1994. ""Il est important de se rappeler que ce Livre vert vise à faire respecter les droits de l'homme et nous ne pouvons pas perdre cela de vue"", a déclaré Charlene May, avocate au Women's Legal Centre, un cabinet d'avocats qui se bat pour les droits des femmes. ""Nous ne pouvons pas rejeter la réforme du droit parce qu'elle remet en cause certains points de vue patriarcaux dans notre société"". Vous pouvez également être intéressé par : Le document propose également de donner une reconnaissance légale aux mariages musulmans, hindous, juifs et rastafariens. Si cette proposition a été largement saluée par les communautés concernées, la proposition de légaliser la polyandrie a été condamnée par les religieux qui siègent au Parlement. Le chef du parti d'opposition African Christian Democratic Party (ACDP), le révérend Kenneth Meshoe, a déclaré que cela ""détruirait la société"". ""Il arrivera un moment où l'un des hommes dira : ""tu passes la plupart de ton temps avec cet homme et pas avec moi"" - et il y aura un conflit entre les deux hommes"", ajoute-t-il. Pour sa part, le chef du parti islamique Al-Jamah, Ganief Hendricks, affirme : ""vous pouvez imaginer que lorsqu'un enfant naîtra, d'autres tests ADN seront nécessaires pour découvrir qui est le père"". Quant à M. Mseleku, il a exhorté les Sud-Africains à ne pas pousser le principe d'égalité ""trop loin"". ""Ce n'est pas parce qu'une chose est dans la constitution qu'elle sera bonne pour nous"". À la question de savoir pourquoi il devrait en être autrement pour les femmes, étant donné qu'il a eu quatre épouses, il a répondu : ""On m'a traité d'hypocrite à cause de mes mariages, mais je préfère parler maintenant plutôt que de me taire. ""Tout ce que je peux dire, c'est que c'est anti-africain. Nous ne pouvons pas changer ce que nous sommes"". Mais le professeur Machoko renseigne que la polyandrie était autrefois pratiquée au Kenya, en République démocratique du Congo et au Nigéria, et qu'elle est toujours pratiquée au Gabon, où la loi l'autorise. ""Avec l'arrivée du christianisme et de la colonisation, le rôle de la femme a été diminué. Elles n'étaient plus égales. Le mariage est devenu l'un des outils utilisés pour établir la hiérarchie."" Selon le professeur Machoko, les préoccupations concernant les enfants nés d'une union polyandre étaient ancrées dans le patriarcat. ""La question des enfants est une question facile. Quels que soient les enfants nés de cette union, ce sont les enfants de la famille.""" https://www.bbc.com/afrique/monde-57629255 +business Pourquoi les États-Unis lancent une allocation mensuelle de 300 dollars par enfant "Les États-Unis vont commencer à verser des allocations familiales mensuelles pour la première fois - un changement sismique pour le pays qui connaît certains des taux de pauvreté infantile les plus élevés du monde développé. Des paiements mensuels allant jusqu'à 300 dollars par enfant devraient commencer à être versés sur les comptes bancaires des Américains à partir du 15 juillet, et ce jusqu'à la fin de l'année. Lire aussi : Certains démocrates ont fait l'éloge du crédit d'impôt nouvellement élargi, affirmant qu'une source de revenu mensuel est plus fiable pour les familles. Mais les défenseurs de la lutte contre la pauvreté, qui réclament depuis des années une allocation mensuelle, espèrent que l'introduction temporaire d'un tel programme jettera les bases d'un changement plus durable. Alors, comment fonctionne exactement le crédit d'impôt, et quel impact est-il censé avoir ? La mise à jour du crédit d'impôt pour enfants fait partie du plan de secours américain, un programme d'aide économique de 1,9 milliard de dollars promulgué en mars. Le projet de loi a porté la prestation existante pour l'année fiscale 2021 à un maximum de 3 600 dollars par enfant de moins de six ans, ou de 3 000 dollars pour ceux âgés de 17 ans au plus. Dans le cadre du dispositif élargi, la moitié du crédit sera versée directement aux parents sous forme de versements mensuels pouvant atteindre 300 dollars par enfant. Du 15 juillet au 15 décembre, les versements seront effectués chaque mois sur des comptes ouverts auprès de l'Internal Revenue Service (IRS) des États-Unis. Des chèques ou des cartes de débit peuvent être émis dans certains cas. Le montant restant peut être réclamé dans les déclarations d'impôts de 2021, bien que les familles puissent choisir de ne pas recevoir de paiements mensuels et de recevoir une somme forfaitaire plus tard à la place. La Maison Blanche a déclaré qu'environ 90 % des familles recevront automatiquement la prestation, bien que l'éligibilité et le montant versé dépendent du revenu. La plupart des pays développés, y compris le Royaume-Uni, proposent depuis des décennies une forme d'allocation mensuelle pour compenser le coût de la prise en charge des enfants. Mais les États-Unis, où les craintes que les programmes d'aide sociale aient un impact négatif sur le travail ont une longue histoire politique, se sont appuyés sur un crédit d'impôt annuel pour compenser ces dépenses. Introduit pour la première fois en 1997, le montant du crédit d'impôt dépend du revenu de la famille - et donc de l'impôt qu'elle doit - ce qui, selon les critiques, exclut les personnes qui en ont le plus besoin. Des recherches ont déjà montré qu'environ un tiers des enfants - qui sont, de manière disproportionnée, pauvres, noirs ou hispaniques - n'ont pas reçu la totalité de la prestation. Environ 10 % d'entre eux n'étaient absolument pas éligibles - la grande majorité parce que leurs familles gagnaient moins de 2 500 dollars par an. ""Un grand nombre d'enfants ne bénéficient pas de ce crédit"", déclare Katherine Michelmore, professeur d'administration publique et d'affaires internationales à la Maxwell School de l'université de Syracuse, qui a étudié la question. Dans le cadre du nouveau crédit d'impôt pour enfants (temporaire), les familles les plus pauvres, sans revenu ou à faible revenu, auront droit au montant total cette année, même si elles ne remplissent généralement pas de déclaration de revenus. Selon le département du Trésor et l'IRS, les versements mensuels couvriront environ 88 % des enfants aux États-Unis. Les partisans de la gauche affirment que l'élargissement de la prestation et l'augmentation de la fréquence des versements pourraient réduire de plus de 40 % le taux de pauvreté des enfants, qui était d'environ 15 % avant la pandémie, ce qui permettrait de sortir quatre millions d'enfants de la pauvreté. Ils citent des pays comme le Canada, où l'introduction d'une allocation pour enfants a fait chuter la pauvreté au cours des premières années du programme. James Sullivan, professeur d'économie à l'université de Notre Dame, a déclaré que les familles proches du seuil de pauvreté pourraient voir leurs revenus augmenter de plus de 25 % au cours du second semestre. ""Ces familles ont tendance à consacrer des ressources supplémentaires à des produits de première nécessité tels que la nourriture, le logement (c'est-à-dire le remboursement du loyer) et l'habillement"", a-t-il déclaré, ajoutant que tout revenu supplémentaire pourrait également permettre de verser un acompte sur des articles plus coûteux, tels que des voitures, qui sont généralement hors de portée. Les conservateurs américains qui ont présenté leurs propres propositions d'allocation mensuelle pour enfant, comme le sénateur Mitt Romney, l'ont décrite comme une politique favorable aux familles - et une défense contre la chute du taux de natalité américain, qui a atteint un niveau record. C'est en partie ""parce que trop de jeunes adultes pensent qu'avoir et élever des enfants est trop coûteux"", déclare Brad Wilcox, chargé de recherche à l'Institute for Family Studies, en soulignant l'augmentation rapide des dépenses liées aux enfants, comme l'éducation. Par le passé, les législateurs ont périodiquement étendu le crédit d'impôt pour enfants. Le président Biden tient à prolonger ces derniers changements jusqu'en 2025. Jeudi, il les a décrites comme étant ""le reflet de ma conviction que les personnes qui ont besoin d'une réduction d'impôt ne sont pas celles qui sont au sommet de la hiérarchie"". ""Ce sont les gens du milieu et ceux qui ont des difficultés"", a-t-il écrit sur Twitter. D'autres démocrates souhaiteraient que ces mesures deviennent permanentes. Malgré cela, les critiques ont souligné que ces changements devraient coûter plus de 110 milliards de dollars au gouvernement cette année. Les experts ont également averti que l'augmentation des dépenses de consommation pourrait entraîner une hausse des prix dans les magasins. ""Compte tenu de l'ampleur des mesures de relance antérieures et de l'ouverture de l'économie, je m'attends à ce qu'une grande partie de cette somme soit dépensée"", déclare Jeffrey Haymond, professeur d'économie à l'université de Cedarville. ""Il s'agit peut-être d'un objectif social valable pour aider les familles à faire face aux dépenses liées aux enfants, mais il aurait dû être couplé à des réductions de dépenses ailleurs, car l'économie n'a actuellement pas besoin de mesures de relance supplémentaires - ce dont elle a besoin, c'est que les travailleurs retournent au travail."" Pour prolonger les changements pour quatre années supplémentaires, les législateurs devraient adopter le plan ""American Families"", qui prévoit également des investissements dans l'enseignement préscolaire et le recrutement de plus d'enseignants. Quelle comparaison avec ce qui se fait au niveau mondial ? Megan Curran, chercheuse au Center on Poverty and Social Policy de l'université Columbia, estime que l'allocation mensuelle permet aux États-Unis de s'aligner sur les normes mondiales. Le Royaume-Uni, par exemple, offre des versements mensuels pouvant atteindre 116 $ pour le premier enfant, et 77 $ pour les suivants, les prestations commençant à diminuer progressivement à partir d'un revenu de 68 878 $. Au Canada, l'allocation peut atteindre 443 $ par mois pour les enfants de moins de six ans et jusqu'à 374,19 $ pour les enfants de moins de 18 ans, mais elle commence à diminuer à partir de 23 824 $ de revenus. D'autres pays versent des allocations indépendamment du revenu, comme l'Irlande, où l'allocation mensuelle est de 69,30 $ par enfant. Toutefois, Mme Curran met en garde contre le fait que les États-Unis, qui se classent régulièrement parmi les derniers en matière de politiques de soutien aux familles, sont encore à la traîne dans d'autres domaines, tels que le congé parental et les services de garde d'enfants. ""L'allocation familiale n'est pas une solution miracle"", dit-elle. ""Elle fait une grande partie du travail difficile (...). Elle peut aider à répondre au coût des besoins des enfants et faire en sorte de lisser certains de ces coûts d'un mois à l'autre, mais il y a beaucoup d'autres pièces du puzzle que les États-Unis doivent aborder.""" https://www.bbc.com/afrique/monde-57865878 +business Pourquoi des officiels américains veulent démanteler le groupe Facebook "Les régulateurs fédéraux américains et plus de 45 procureurs d'État poursuivent Facebook, accusant la société de réseaux sociaux d'avoir pris des mesures illégales pour racheter des rivaux et étouffer la concurrence. Ces poursuites sont l'une des actions en justice les plus importantes que le gouvernement américain ait engagées contre la société. Les agents de l'Etat demandent au tribunal d'envisager la dissolution de l'entreprise, qui possède également Instagram et WhatsApp. Facebook a déclaré que les accords mis en cause ont été approuvés par les régulateurs, il y a des années. ""Le gouvernement veut maintenant recommencer, en envoyant un signal inquiétant aux entreprises américaines qu'aucune décision n'est jamais définitive"", a déclaré Jennifer Newstead, avocate de Facebook. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Elle a déclaré que l'entreprise avait investi des millions pour assurer le succès d'Instagram et de WhatsApp et qu'elle se défendrait ""vigoureusement"". ""Les lois antitrust existent pour protéger les consommateurs et promouvoir l'innovation, pas pour punir les entreprises qui réussissent"", a déclaré Facebook, décrivant les arguments du gouvernement comme ""révisionnistes"". Les poursuites engagées par les États et la Federal Trade Commission (FTC) portent sur l'acquisition d'Instagram par Facebook en 2012, l'achat de WhatsApp en 2014 et les règles régissant les développeurs de logiciels externes. Lire aussi : Les officiels ont accusé Facebook d'adopter une approche ""acheter ou tuer"" vis-à-vis de ses rivaux potentiels, nuisant ainsi à la concurrence et aux utilisateurs, qui ont perdu le contrôle de leurs propres données au profit de l'entreprise afin de générer des revenus publicitaires . Les éléments du dossier citent des messages internes du patron de Facebook, Mark Zuckerberg, comme un courriel de 2008 qui disait qu'il valait mieux ""acheter que concurrencer"". ""Pendant près d'une décennie, Facebook a utilisé sa domination et son pouvoir monopolistique pour écraser ses petits rivaux et étouffer la concurrence, tout cela au détriment de ses utilisateurs"", a déclaré le procureur général de New York, Letitia James, qui mène la bataille juridique des États. ""Aucune entreprise ne devrait avoir un tel pouvoir sur nos interactions personnelles et sociales. C'est pourquoi nous prenons des mesures aujourd'hui"". Il est parfois difficile de comprendre à quel point Facebook est énorme. Facebook, Facebook Messenger, WhatsApp et Instagram - qui appartiennent tous à Facebook - comptent tous plus d'un milliard d'utilisateurs actifs par mois. WhatsApp et Facebook en comptent à eux seuls plus de deux milliards. Ce que la Federal Trade Commission (FTC) soutient, c'est qu'il y a une raison pour laquelle Facebook en est venu à dominer ce secteur très lucratif - il a racheté la concurrence illégalement. En 2012, Instagram connaissait une croissance rapide. Facebook était inquiet. Zuckerberg a lui-même admis précédemment qu'Instagram était un concurrent de Facebook. L'entreprise a été achetée, pour ce qui semble maintenant un chiffre ridiculement bas de 1 milliard de dollars. WhatsApp aussi en 2014 se développait à une vitesse incroyable. Cela allait-il menacer le service de messagerie de Facebook ? Lire aussi : Facebook a également acheté WhatsApp. Ces deux acquisitions ont été examinées par la FTC et ont été approuvées. L'argument de Facebook - qui soutient avoir acheté ces entreprises alors qu'elles étaient beaucoup plus petites - c'est leur succès n'était pas acquis à l'avance. En d'autres termes, ne punissez pas Facebook pour avoir construit des entreprises américaines fortes. La question de savoir si Instagram et WhatsApp seront séparées de Facebook sera désormais tranchée par les tribunaux - et ces procès antitrust prennent du temps. Il y aura également de nombreuses possibilités de recours. Ne vous attendez pas à une dislocation de Facebook dans un avenir proche. Mais c'est une indication supplémentaire de la direction que prennent les tribunaux et les politiciens. Les grandes entreprises de technologie sont un peu trop énormes aux yeux de beaucoup de gens - et elles doivent être réduites à des tailles beaucoup plus modestes. Monopole Ces poursuites judiciaires surviennent alors que les autorités de régulation américaines examinent de plus près le pouvoir dont jouissent les entreprises technologiques. Cet été, les patrons de Google, Amazon, Facebook et Apple ont été contraints de témoigner devant le Congrès, dans le cadre d'une vaste enquête sur leur influence sur le marché. En octobre, le ministère de la justice a poursuivi Google, accusant le géant de la recherche de violer les lois américaines sur la concurrence pour maintenir un monopole sur les recherches sur Internet et la publicité en ligne. Plus de 2,5 milliards de personnes utilisent chaque jour l'une des applications de Facebook. L'entreprise, évaluée à près de 800 milliards de dollars, emploie plus de 56 000 personnes et a déclaré plus de 18 milliards de dollars de bénéfices l'année dernière. L'Open Markets Institute, un groupe de réflexion de Washington qui a poussé les régulateurs à adopter une position plus ferme à l'égard des entreprises technologiques, a déclaré que ces poursuites constituaient une ""étape cruciale"". ""Il reste encore beaucoup à faire, mais c'est un grand moment"", a écrit l'organisation sur Twitter." https://www.bbc.com/afrique/region-55261704 +business "Nucléaire : ""le plus grand secret de la planète"" égaré dans les toilettes d'un train" "Le matin du mercredi 7 janvier 1953, le physicien atomiste John Archibald Wheeler se tenait sur la pointe des pieds dans les toilettes d'une salle de bain de train pour regarder dans la cabine voisine, où un autre homme faisait ce qui se fait dans des espaces aussi intimes. . Wheeler, un homme marié et heureux, risquait d'être pris et qualifié de déviant sexuel. Sa position prestigieuse à Princeton et au sommet de la communauté scientifique américaine serait sûrement détruite par le scandale qui s'ensuivrait. Mais à ce moment-là, il ne pensait à aucune de ces conséquences. Son attention n'était pas sur l'homme assis sur le siège des toilettes en dessous, mais sur le mur à côté de lui, où une enveloppe en papier kraft était cachée derrière les tuyaux du système de toilettes. A lire aussi : Il ne contenait rien de moins que le plus grand secret de la planète, et Wheeler devait le récupérer. Le scientifique désemparé l'avait laissé là, dans cette cabine, quelques minutes plus tôt. Wheeler ('Johnny', comme ses amis le connaissaient) âgé de 41 ans, avait été une figure clé du projet Manhattan, qui a développé la première bombe atomique pendant la guerre. Il était alors le directeur de Matterhorn B, l'US H-bomb, basé à l'université de Princeton, où il était professeur de physique depuis 1938. Il avait pris le train de nuit pour Washington DC ce jour-là pour rencontrer des représentants du US Naval Research Laboratory au sujet d'un projet sans rapport, mais a décidé qu'il utiliserait également son temps dans la capitale pour livrer personnellement ses commentaires sur la bombe H au Joint Commission de l'énergie atomique (JCAE). Il avait mis dans l'enveloppe manille un document de six pages qui lui avait été envoyé, qui contenait des détails sur l'histoire de la fabrication de la bombe H, la nouvelle et terrifiante arme de destruction massive que seuls les États-Unis possédaient, et assez de détails sur les techniciens à jour pour exciter grandement une puissance étrangère. La veille, il avait sorti le document pour le lire et prendre des notes avant de s'endormir. Lorsqu'il se réveilla le matin, il l'emmena avec lui dans la salle de bain pour ne pas le laisser sans surveillance dans la cabine n°9, mais il l'oublia dans la cabine désormais occupée. Lorsqu'il a vu que l'homme avait fini, Wheeler s'est précipité en avant et a saisi l'enveloppe en papier kraft. Très soulagé, il regagne sa cabine et commence à faire sa valise pour partir. Ayant fini, il sortit l'enveloppe manille pour une dernière vérification du document sur la bombe H. À sa grande horreur, l'enveloppe ne contenait qu'un seul autre document, plus banal : le rapport sur la bombe H manquait. Une recherche désespérée de sa couchette et de toute la voiture, suivie d'une visite effrénée des chambres et des restaurants de la gare Union de Washington pour tenter d'identifier l'un de ses compagnons de voyage, s'est avérée infructueuse. Complètement découragé, il n'a eu d'autre choix que de signaler sa perte à la JCAE, dont trois membres se sont précipités au poste pour aider aux recherches. Finalement, juste après midi, le directeur exécutif de la JCAE, William Borden, accepta l'inévitable et téléphona au bureau du FBI à Washington. Au cours des cinq semaines qui ont suivi, l'agent spécial Charles Lyons, à la tête de l'enquête, a pu identifier et exclure suspects cinq hommes qui avaient pris des couchettes voisines dans le train que Wheeler avait emprunté depuis Philadelphie. Mais des lacunes inquiétantes subsistaient. Tout d'abord, Lyons n'a pas été en mesure de localiser un couple ""ordinaire, simplement vêtu"" dans la trentaine et la quarantaine, et leur jeune fils, qui avait acheté des billets de dernière minute et occupait les couchettes inférieure et supérieure de la cabine n ° 1. Encore plus inquiétant était de ne pas trouver l'occupant de la couchette inférieure n° 8, en diagonale opposée à Wheeler. Lyons avait le billet de cet individu, acheté au guichet de Philadelphie, mais malheureusement le nom inscrit sur le plan de salle de la compagnie ferroviaire n'a pas pu être identifié. bien qu'il ait été étudié en profondeur au laboratoire du FBI à Chicago. Ce qu'il a lu cette nuit-là reste hautement classifié à ce jour . Mais nous pouvons déduire quelque chose de ce qu'il a dit de l'interview de Wheeler avec le FBI. Le document confirmait que les États-Unis étaient en route vers une arme thermonucléaire réussie (ils avaient testé un prototype approximatif et étaient prêts, nomm��s ""Ivy Mike"", en novembre 1952). Il a également révélé qu'il existait plusieurs variétés d'armes thermonucléaires censées être disponibles pour une utilisation pratique. Wheeler a dit à ses enquêteurs que le document top secret révélait également des détails techniques sur la fabrication de la ""super"" bombe à fusion : que ""le lithium-6 et la compression étaient utiles et que le chauffage par rayonnement fournissait un moyen d'obtenir cette compression"". Le physicien pensait que la mention du lithium-6 comme ingrédient vital aurait piqué l'intérêt du Kremlin. Mais il a déclaré aux enquêteurs du FBI que ""l'idée qualitative de l'implosion des radiations... est la révélation la plus importante"" et pourrait être une information cruciale pour les scientifiques atomiques soviétiques. Wheeler avait l'habitude d'être négligent avec les documents officiels, mais personne ne croyait qu'il était un espion soviétique. En enquêtant sur l'affaire, l'agent Lyons a d'abord signalé les mouvements de tout le personnel diplomatique soviétique ce matin du 7 janvier. Il a alors lancé une enquête sur ce qu'il a décrit comme une ""délégation de radicaux"" se dirigeant vers la capitale à bord du train de Wheeler. C'était un groupe dont la destination était la Maison Blanche où ils portaient des banderoles exhortant le président à commuer la peine de mort des Rosenberg. Les agents du FBI ont pris de nombreuses photographies et bobines de film de cette manifestation, et ont demandé à Wheeler de les étudier pour voir s'il reconnaissait l'une des personnes lors de son trajet en train les 6 et 7 janvier. Mais le scientifique n'a identifié aucune des personnes sur ces photographies et cette piste s'est refroidie. La perte du document sur la bombe H n'aurait pas pu se produire à un moment plus critique de la guerre froide, ni plus fiévreux de l'histoire américaine. La guerre de Corée, déjà vieille de deux ans et demi, ne montrait aucun signe de fin. Le chef des chasseurs de sorcières, Joe McCarthy, alimentait une atmosphère d'inquiétude, voire de paranoïa à propos des communistes au sein du gouvernement. Puis il y avait les espions atomiques, Julius et Ethel Rosenberg, qui avaient été jugés, reconnus coupables et condamnés à mort. Depuis la fin décembre 1952, les partisans du couple avaient continuellement fait du piquetage devant la Maison Blanche, demandant au président Harry S Truman d'accorder la clémence au couple avant qu'il ne quitte ses fonctions plus tard ce mois-là. Au milieu de tout ça, cette disparition, qui aurait pu sortir tout droit des pages d'un thriller d'espionnage, peut-être de la plume de quelqu'un comme Ian Fleming, qui en 1953 s'apprêtait à présenter au monde James Bond dans ""Casino Royale"". Le document sur la bombe H est peut-être simplement tombé des mains de Wheeler lorsqu'il s'est endormi ce mardi soir, disparaissant d'une manière ou d'une autre dans la structure, l'équipement ou la literie du train. Mais lorsque le président nouvellement élu Dwight Eisenhower a été chargé de révéler la disparition de l'écriture à son Conseil de sécurité nationale un mois plus tard, la plupart d'entre eux étaient convaincus que c'était l'œuvre des Soviétiques. Le vice-président Richard Nixon, lui, a exhorté le FBI de procéder à un contrôle complet de chacun des membres de la JCAE. Eisenhower a demandé à son assistant de contacter le directeur du FBI, J Edgar Hoover, au sujet de la ""surveillance"" de tous les dossiers du comité, avant que d'autres documents ne soient perdus. L'humeur d'Eisenhower ce jour-là était un mélange d'anxiété profonde et de colère qu'une telle calamité se produise si tôt dans son mandat. Rarement un président américain n'a ouvertement exprimé ses sentiments aussi crûment à ses plus proches collègues. Il a franchement avoué qu'il avait ""peur"" et qu'il ne savait pas comment procéder. Il a exprimé sa perplexité du fait que le document en possession de Wheeler avait été mal étiqueté ""secret"" au lieu de ""top secret"", et simplement envoyé par courrier certifié à un ""professeur d'université"" à Princeton au lieu d'être escorté jusqu'à ses mains par un garde armé. Si les responsables de cette effraction désastreuse à la sécurité - le personnel de la JCAE - avaient été dans l'armée, ""ils auraient été fusillés"", a explosé le président. La BCE aurait bientôt un nouveau président et une nouvelle configuration, mais, comme le déplorait Eisenhower, cela reviendrait simplement à ""fermer la porte de la grange après le vol du cheval"". Des agents du FBI de l'est des États-Unis ont interrogé des centaines de personnes et supervisé la recherche de kilomètres de voies ferrées et de dizaines de wagons, mais n'ont rien trouvé. La recherche a pris fin et Eisenhower s'est tourné vers des préoccupations plus immédiates, essayant principalement de mettre fin à la guerre en Corée. Peut-être que le document sur la bombe H apparaîtra un jour dans l'une des archives du Kremlin. Ce qui est certain, c'est qu'à peine 7 mois plus tard, en août 1953, l'Union soviétique a rattrapé les États-Unis en testant son propre prototype de bombe H dans la steppe du nord-est du Kazakhstan. Quant à ""Johnny"" Wheeler, il n'a été réprimandé que par Gordon Dean, président de la commission de l'énergie atomique : il était un membre trop précieux du projet de bombe H pour être viré. Réfléchissant à l'incident dans ses mémoires des années plus tard, Wheeler a écrit: ""Il est intéressant, même maintenant, de se demander si mon document a été volé par un agent soviétique. Il aurait difficilement pu disparaître."" * Roger Hermiston est écrivain et journaliste. Son dernier livre est ""Two Minutes to Midnight : 1953 - The Year of Living Dangerously"" (Biteback Publishing, 2021) . Cet article a été publié dans le magazine BBC History Revealed" https://www.bbc.com/afrique/monde-61481605 +business Tontine 2.0, quand technologie et tontine font bon ménage En Afrique, selon la Banque Mondiale, seul 20% des ménages ont accès à un compte en banque. Mais il existe d'autres solutions comme la tontine. C'est un système d'épargne qui s'adapte à l'air du temps. C'est un reportage de l'émission économique Questions d'Argent. Quelques numéros de Questions d'argent : Rwanda, le paradis des voitures? Comment attirer les investisseurs? Le business des Miss https://www.bbc.com/afrique/region-49691343 +business """Les Etats africains doivent aider les populations touchées par la pandémie""" La Banque Mondiale prévoit une baisse importante cette année des transferts d'argent des migrants vers leurs pays d'origine à cause de la pandémie du coronavirus. Une baisse estimée à 20% sur le plan mondiale, soit plus de 100 milliards de dollars. L'une des régions du monde qui sera la plus touchée est l'Afrique où des millions de personnes dépendent de ces envois d'argent. Pour l'analyste économique sénégalais Cheikh Fatma Diop, cette baisse était prévisible. Il estime ailleurs que les Etats africains doivent prendre des mesures idoines pour soulager les populations durement touchées par la crise liée à la pandémie. Cheikh Fatma Diop est l'invité d'Ata Ahli AHEBLA. https://www.bbc.com/afrique/media-52391840 +business Questions d'Argent : l’attieke de Côte d’Ivoire s’exporte bien dans le monde et ça rapporte Cette semaine, dans Questions d'Argent: D’Abidjan à New York en passant par Paris, Pékin ou Brazzaville, l’attieke se mange à toutes les sauces. Souvent imité mais jamais égalé, ce plat ivoirien veut afficher sa singularité notamment en garantissant sa qualité d’origine. Moses Turahirwa est le créatif créateur d'une marque de prêt-à-porter Made in Rwanda. Reconnaissable à ses motifs traditionnels géométriques, ornés de perles, et broderies, son style a conquis de nombreux cœurs et continue sa percée, bien au-delà du pays des Mille Collines. Pour voir d'autres épisodes de Questions d'Argent : https://www.bbc.com/afrique/region-54561971 +business Trafic d'êtres humains : un père arrêté au Libéria pour avoir tenté de vendre son fils Un Sierra-Léonais de 29 ans qui aurait tenté de vendre son fils de 10 ans est arrêté et inculpé par la police libérienne. Il s'agit apparemment d'une tentative désespérée pour trouver de l'argent afin de remplacer une moto volée. Après son arrestation, l'homme confie aux enquêteurs de la capitale, Monrovia, qu'il a besoin d'environ 1 000 dollars (576 978 FCFA) car la moto, qui appartient à son ami, est volée à son domicile. On lui a dit que la seule façon de réunir rapidement cette somme était de se rendre au Libéria voisin pour essayer de trouver un acheteur pour son fils. Dans son pays, les gens lui avaient dit qu'il serait facile de conclure ce genre d'affaire à la frontière. L'affaire est arrangée par un intermédiaire en décembre. Au cours des négociations, le garçon est apparemment désigné comme un poulet et non comme un être humain pour éviter d'être repéré. Néanmoins, la police est informée et le père est arrêté alors que l'acheteur était sur le point de récupérer le garçon dans une ville située à l'extérieur de Monrovia. Selon la publication en ligne libérienne Global News Network, l'enfant est actuellement pris en charge par le ministère du genre. La traite des êtres humains est un problème majeur en Afrique de l'Ouest. Les enfants vendus comme esclaves modernes ne sont pas autorisés à contacter leur famille et sont souvent contraints de travailler comme domestiques ou ouvriers. Vous pourrez aussi être intéressés par : https://www.bbc.com/afrique/region-59915419 +business Caravanes de chameaux, au-delà et révolution - la fascinante histoire secrète du thé "Nos préférences pour cette feuille ont changé depuis trois siècles et sur tous les continents, mais l'attrait a perduré. Des caravanes de chameaux aux révoltes politiques, en passant par les packs de survie dans l'au-delà, le thé a été un compagnon constant de l'humanité. Mais voici 10 faits fascinants sur le thé que même les plus grands amateurs de cette boisson ne connaissent probablement pas. Lire aussi: Dans le mausolée de Yang Ling, en Chine centrale, les offrandes trouvées dans les tombes funéraires anciennes comprenaient des gâteaux secs de matériaux feuillus. La présence de caféine et de théanine dans les feuilles a prouvé qu'il s'agissait en fait de thé qui était enterré avec les morts pour les emmener dans l'au-delà. Ceci repousse d'environ 200 ans, la date de la première consommation prouvée de thé. Lire aussi: Tout le thé provient de Camellia Sinensis. Les feuilles et les bourgeons des feuilles de cet arbuste à feuillage persistant ou de ce petit arbre sont utilisés pour produire du thé. Les différences entre les thés sont dues aux différentes variétés d'espèces végétales de la plante, des conditions de culture et du processus de production. Lire aussi: Au Japon, le thé a été importé de Chine par des prêtres et des envoyés japonais de retour vers le VIe siècle après J.-C., et il est rapidement devenu la boisson de choix pour les classes religieuses. Au fil des siècles, le thé vert est devenu un aliment de base pour les classes cultivées et supérieures. Les moines bouddhistes ont introduit la cérémonie du thé en provenance de Chine au XVe siècle, mais les Japonais en ont fait un rituel qui leur est propre et qui est devenu une tradition sociale semi-religieuse. Lire aussi: Les Russes ont reçu la plupart de leur thé de Chine à travers les routes des caravanes. Les caravanes de chameaux voyageaient pendant des mois et des mois, transportant du thé à travers les continents. La fumée de leurs feux de camp nocturnes pénétrait dans le thé et, lorsqu'ils arrivaient à Moscou ou à Saint-Pétersbourg, les feuilles avaient acquis un goût fumé qui demeure encore aujourd'hui une caractéristique de ce que nous appelons le Thé caravane russe. Au XVIIe siècle, l'effondrement des relations diplomatiques et commerciales entre la Chine et l'Empire britannique de l'époque obligea les Britanniques à chercher du thé ailleurs. La Compagnie des Indes orientales, qui contrôlait en grande partie le commerce mondial, recruta le botaniste et chasseur de plantes écossais Robert Fortune - connu pour collectionner des spécimens exotiques du monde entier et les vendre à l'aristocratie. Il a été chargé d'aller clandestinement en Chine et de faire entrer clandestinement des plants de thé en Inde, pour y établir une industrie parallèle. Étonnamment, il a réussi à exporter 20 000 plantes et semis de Chine à Darjeeling... pour découvrir que le théier y poussait déjà à l'état sauvage. Mais c'est sans doute grâce aux activités d'infiltration de Robert Fortune que l'Inde est devenue la patrie du thé que l'on connait. Lire aussi: ""Pas de soda pour les enfants !"" La plante de thé qui poussait en Inde était une sous-espèce appelée Camellia Sinensis Assamica. Le thé d'Assam avait meilleur goût de noir que vert - l'oxydation qui noircit la feuille éliminait les notes florales et ajoutait des notes plus foncées, plus fortes et plus maltées. Généralement, les premiers mélanges anglais de petits déjeuners contenant du thé Assam étaient forts et pleins de corps, ce qui a incité les gens à y ajouter du lait. Aujourd'hui, un mélange typique de thé anglais pour petit déjeuner au Royaume-Uni sera toujours bu avec du lait - mais ailleurs en Europe continentale, le thé est rarement servi avec du lait. C'est surtout parce que les Pays-Bas prenaient le thé de Java, en Indonésie - qui était beaucoup plus doux et n'avait pas besoin de lait - et l'ont ensuite rendu populaire en France, en Espagne et en Allemagne. Lire aussi: Prix plancher du cacao: pas d'accord entre acteurs en Cote d'Ivoire Lorsque le thé a été vendu pour la première fois au détail à Londres, par un homme appelé Thomas Garraway en 1657, il a créé une certaine confusion quant à la meilleure façon de le consommer. C'était un produit de luxe que tout le monde n'avait pas les moyens de se payer et qui est devenu extrêmement désirable et un signe de sophistication. Mais tout le monde ne savait pas quoi en faire. Certaines sources montrent des gens qui essaient de tremper les feuilles et de les manger ou même de les mettre sur du pain grillé avec du beurre. Lire aussi: La Turquie est traditionnellement l'un des plus grands marchés du thé au monde. La plupart du thé noir turc provient des pentes fertiles de la région de Rize, sur la côte est de la mer Noire. Et bien que le café turc soit célèbre dans le monde entier... la boisson la plus populaire en Turquie est le thé. Lire aussi: En 1773, les habitants de la ville américaine de Boston s'agitent contre le pouvoir colonial de l'Empire britannique. D'où l'émergence du Boston Tea Party, qui protestait contre la taxe sur le thé imposée par le gouvernement britannique. Protégés par l'obscurité, les patriotes ont mené un raid nocturne sur trois navires britanniques amarrés au port de Boston et ont jeté 342 conteneurs de thé dans l'eau. La protestation a rapproché la colonie de la guerre d'indépendance américaine. Lire aussi: Enfin, lorsque vous dégustez différents thés, vous voulez prêter attention à leur arôme, leur saveur et leur apparence. Apparemment, déguster le thé par gorgée est un bon moyen d'obtenir une explosion rapide de saveurs. Cet article a été adaptée du programme cuisine de la BBC, présenté par Dan Saladino." https://www.bbc.com/afrique/monde-49901258 +business """Carlos le Chacal"" : le jour où lui et cinq autres assaillants ont terrorisé l'OPEP et pris plus de 60 otages" "Les assaillants, cinq hommes et une femme, portaient des vestes et des manteaux épais. De grands sacs de sport pendaient à leurs épaules. Ils étaient venus d'un appartement situé près du centre de Vienne. C'était une matinée de grand froid. La température maximale dans la capitale autrichienne ce jour-là serait d'un peu plus de 1 °C. Les assaillants sont montés dans un tram presque vide. Bien qu'ils aient attiré l'attention de certains passagers, leur voyage s'est déroulé normalement. Ils sont descendus et ont marché jusqu'au siège de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), où ses dirigeants étaient réunis. Un jeune policier qui se tenait à l'entrée du bâtiment les a vus entrer, comme il avait vu entrer des dizaines de personnes, dont des ministres, des délégués, des interprètes, des journalistes, qui étaient là depuis la veille. Il était environ 11 h 30, le 21 décembre 1975, un jour que l'OPEP considère comme ""le chapitre le plus sombre de son histoire"". En quelques minutes, le groupe qui venait de pénétrer dans le bâtiment de huit étages allait déchaîner ""l'enfer"", comme le raconte l'historien autrichien Thomas Riegler à BBC Mundo. À la barre se trouvait un homme de 26 ans aux traits latino-américains. Il portait un béret. Il s'agissait d'Ilich Ramírez Sánchez, plus connu sous le nom de ""Carlos le Chacal"". Les ministres du pétrole et les délégués de l'Algérie, de l'Arabie saoudite, de l'Équateur, du Gabon, de l'Indonésie, de l'Iran, de l'Irak, du Koweït, de la Libye, du Nigeria, du Qatar, des Émirats arabes unis et du Venezuela participaient à une réunion, au siège de l'OPEP. Une trentaine de journalistes avaient été envoyés pour couvrir la réunion, qui avait suscité une grande attente internationale, et certains d'entre eux se trouvaient dans le hall lorsque les assaillants les ont interpellés dans la salle de conférences. ""Ils semblaient faire partie d'une des délégations de l'OPEP. Personne n'y a prêté beaucoup d'attention"", écrit le journaliste Clyde H. Farnsworth dans un article publié par le New York Times au lendemain de l'assaut. ""Les reporters les ont dirigés vers un escalier menant au premier étage, où de nombreux ministres se trouvaient deux heures plus tôt. Environ une minute plus tard, une fusillade a éclaté"" à cet étage, raconte Clyde H. Farnsworth. ""Carlos et ses complices ont fait irruption dans la zone de réception, ont tiré des coups de semonce dans le plafond et ont conduit les gens dans la salle de conférence, où se tenait la réunion des ministres"", explique Riegler. Le chercheur est l'auteur de ""Tage des Schreckens : Die OPEC-Geiselnahme 1975 und die Anfänge des modernen Terrorismus"" (""Le jour terrible : la prise d'otages de l'OPEP en 1975 et le début du terrorisme moderne"")… Ce qui se passait au premier étage était une séquestration. Le groupe de six personnes dirigé par ""Carlos le Chacal"", à l'aide de mitrailleuses, de grenades, de détonateurs et d'autres dispositifs transportés dans des sacs de sport et cachés dans des manteaux, détenait une soixantaine de personnes. Se faisant appeler ""Le bras révolutionnaire arabe"", il accuse le Conseil de sécurité des Nations unies de s'apprêter à reconnaître ""la légalité de l'existence sioniste sur la terre palestinienne"". Selon Riegler, les six attaquants ont suivi la direction de Wadi Haddad, ""qui est aujourd'hui connu comme le 'parrain' du terrorisme moderne"". Haddad a recruté Hans-Joachim Klein et Gabriele Krocher-Tiedemann, membres des Cellules révolutionnaires ouest-allemandes, pour l'opération. Il y ajoute deux hommes de son propre cercle, ""Joseph"" et ""Jusuf"", et désigne Ramirez comme chef et Anis Naccache, un guérillero libanais, comme adjoint. L'auteur explique qu'en attaquant l'OPEP, Haddad voulait attirer l'attention des médias du monde entier sur la ""question palestinienne"" et collecter des fonds pour la ""lutte armée"". ""Mais il y avait aussi un agenda caché"", dit-il. L'expert estime que ""dans une large mesure, la prise d'otages de l'OPEP était le résultat de la lutte pour le pouvoir au sein même du cartel"". ""Le véritable commanditaire était le Libyen Mouammar Kadhafi, qui voulait influencer la politique des prix du cartel et utilisait le groupe de Haddad comme une force pour faire pression sur ses principaux rivaux : l'Arabie saoudite et l'Iran…"" Ramirez lui-même dira, des années plus tard, que cette opération a été ordonnée par le dirigeant libyen pour faire pression non seulement sur l'Arabie saoudite, mais aussi sur les États-Unis, qui s'étaient engagés dans un ""jeu sale"" pour faire baisser le prix du pétrole. ""Tactiquement, ça ne s'est pas passé comme prévu, c'était un échec. Stratégiquement, c'est un succès extraordinaire"", a-t-il déclaré à l'agence de presse EFE. Le Vénézuélien a séparé les ministres en trois groupes : ""amical"", ""neutre"" et ""hostile"". Les premiers délégués que les agresseurs ont menacé de tuer étaient des Iraniens et des Saoudiens, révèlent les autorités autrichiennes. Selon M. Riegler, la première pensée du ministre saoudien du pétrole, Ahmed Zaki Yamani, lorsqu'il a entendu le vacarme à l'extérieur du lieu de la conférence, a été que ""les agresseurs devaient être des Européens protestant contre la hausse du prix du pétrole brut"". ""Je pensais qu'ils venaient pour se venger de nous"", a-t-il dit. L'assaut a eu un énorme impact médiatique international. ""Cette action était d'une importance notable, car l'économie mondiale était en crise en raison de la forte hausse des prix du pétrole"", a déclaré à BBC Mundo José Toro Hardy, ancien directeur de la compagnie pétrolière publique vénézuélienne, Petróleos de Venezuela (PDVSA). Entre 1973 et 1974, il y avait eu un embargo sur les fournitures de carburant imposé par les pays arabes, ce qui avait conduit à une crise énergétique. Cette mesure, qui comprenait également des réductions de production, visait à faire pression sur les pays occidentaux qui avaient soutenu Israël lors de la Guerre du Kippour, fin 1973, mais elle a été prolongée, plusieurs mois après la fin du conflit. Yamani avait contribué non seulement à l'imposition de l'embargo, mais aussi à sa levée. De plus, ajoute l'économiste et auteur, ""tous les pays de l'OPEP étaient prêts à nationaliser leurs industries respectives"". ""Les pays de l'OPEP avaient acquis un pouvoir énorme, mais ils étaient divisés en interne entre l'Iran (chiites) et les autres monarchies productrices de pétrole (sunnites). Le Venezuela était le point d'équilibre"" et là-bas, se souvient-il, la nouvelle de l'enlèvement a été accueillie avec beaucoup d'angoisse, car parmi les otages se trouvait le ministre des Mines et des Hydrocarbures, Valentín Hernández. Klein avait reçu l'ordre de prendre le contrôle du standard téléphonique et de vérifier qui se trouvait à la réception pour s'assurer que personne n'avait d'armes, explique John Follian dans le livre ""Jackal : The Complete Story of the Legendary Terrorist, Carlos the Jackal"". La jeune réceptionniste Edith Heller se cache derrière son bureau et parvient à appeler la police : ""C'est l'OPEP. Ils tirent dans tous les sens."" Klein l'a remarquée, a couru vers elle et a pointé son arme sur elle. ""Heller a eu l'impression que sa tête avait explosé lorsque, après avoir déplacé son arme très légèrement, il a tiré une balle dans l'oreillette qu'elle tenait"", note l'auteur. Deux policiers étaient de service dans les locaux de l'OPEP : Anton Tichler et Josef Janda, qui, selon Riegler, n'ont opposé aucune résistance, ne portaient pas d'uniformes et n'avaient pas de radios. ""Josef Janda a appelé à l'aide, puis a caché son arme dans un tiroir de bureau et s'est mêlé aux otages. Tichler a réussi à courir jusqu'à l'ascenseur, mais n'a pas pu se sauver. L'inspecteur a été tué quelques semaines avant sa retraite"", explique Riegler. Il a été la première personne à être tuée. Les deux autres étaient un agent de sécurité irakien et un économiste libyen. M. Farnsworth a également indiqué que les assaillants ont tiré à travers les fenêtres alors que les véhicules de la police autrichienne s'approchaient du bâtiment. ""La police a encerclé la zone et a déployé des tireurs d'élite"", ajoute-t-il. Les assaillants avaient pris le contrôle du site lorsque, à 11 h 50, une escouade de huit policiers d'une unité d'urgence a réussi à entrer, raconte M. Riegler. Le chef de la bande a été blessé par une balle perdue. Il était l'un des nombreux blessés de la fusillade. Klein, qui s'était positionné dans le hall pour repousser toute action des autorités, aux côtés de ""Jusuf"", a été blessé à l'abdomen. Carlos n'a pas eu d'autre choix que de demander un traitement d'urgence pour Klein dans un hôpital viennois. Les cinq preneurs d'otage restants ont utilisé le chargé d'affaires irakien à Vienne, Riyadh al Azzawi, comme intermédiaire dans leurs négociations avec le gouvernement autrichien. ""Dites-leur que je viens du Venezuela et que je m'appelle Carlos. Dites-leur que je suis le fameux Carlos. Ils me connaissent"", rapporte Follian, citant Ramírez dans son livre. La Guinée Equatoriale rejoint l'OPEP Pétrole : baisse de la production Le fonctionnaire arabe serait chargé de transmettre ses demandes. ""Nous avons entre les mains les délégations à la conférence de l'OPEP"", indique un communiqué du groupe. ""Ils doivent préparer un bus, avec des rideaux aux fenêtres, pour nous emmener à l'aéroport de Vienne à 7 heures, demain matin. Là-bas, un DC-9, avec le plein de carburant et un équipage de trois personnes devrait être prêt à nous emmener, nous et nos otages, à notre destination"", poursuit Follian, citant encore Ramírez. ""Chaque retard, chaque provocation et chaque tentative d'approche, sous quelque prétexte que ce soit, ne fera que mettre en danger la vie de nos otages."" Ils ont également exigé qu'un long communiqué, en français, soit diffusé à la radio et à la télévision autrichiennes ""toutes les deux heures"". Le message dénonce ""l'impérialisme américain"", ""l'agression sioniste"", et aborde le rôle du ""peuple arabe et des autres peuples du tiers monde"" dans la gestion des ressources pétrolières. Selon Farnsworth, Al Azzawi a ensuite décrit Ramírez comme un homme ""aussi froid que la glace"". En 2003, Yamani a évoqué, pour la BBC, une partie de son expérience avec Ramírez. ""Les assaillants et les otages montent à bord de l'avion, à l'aéroport de Vienne"", affirme Farnsworth. ""Il m'a informé qu'il avait décidé de me tuer à la fin et qu'il ne me restait que deux jours à vivre. Dans l'après-midi, ils ont envoyé leur communiqué au gouvernement autrichien et ont déclaré : 'Si vous ne diffusez pas nos déclarations à la radio à 16 heures, nous tuerons Yamani et jetterons son corps dans la rue'. À 16 heures, ils n'ont pas diffusé les déclarations et il m'a dit : 'Vous avez une demi-heure'. Je lui ai demandé si je pouvais écrire mon testament et j'ai commencé à le faire (...). Vingt minutes après 16 heures, il est venu et m'a touché. Je l'ai vu, j'ai regardé ma montre et j'ai dit : 'Il me reste dix minutes'. Je négociais"", témoigne Yamani… Riegler raconte que le matin du 21 décembre, le chancelier autrichien, Bruno Kreisky, était arrivé sur son lieu de vacances de Noël. Après avoir été informé de l'assaut, ""il a dû entreprendre un voyage de retour de plusieurs heures"", ajoute Riegler. Une fois chargé de gérer la crise, il a fait plusieurs contre-demandes à Ramírez. L'une d'elles était qu'il libère les otages résidant à Vienne. Follian note que Kreisky a reçu des lettres d'un groupe d'otages demandant que les exigences des ravisseurs soient satisfaites et exprimant leur volonté de quitter l'Autriche avec eux. Selon M. Riegler, le fonctionnaire était en ""contact étroit"" avec les ambassadeurs des pays de l'OPEP et leur demandait leur ""consentement"" lors des étapes les plus sensibles des négociations. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Bouteflika, avait proposé au gouvernement autrichien que son pays puisse accueillir l'avion avec les ravisseurs s'ils voulaient s'y rendre. ""Pour nourrir son équipe et les otages, qui n'avaient pas mangé depuis le matin, Carlos a demandé 100 sandwichs et des fruits"", explique M. Follian. Les autorités ont effectué la livraison, mais plusieurs des sandwichs contenaient du jambon, que les musulmans ne mangent pas pour des raisons religieuses. ""Carlos a refusé la cargaison et a demandé à la place du poulet et des frites. Le 22 décembre 1975, à 8 h 45, le convoi transportant les terroristes et les 33 otages restants, dont 11 ministres du Pétrole, est arrivé à l'aéroport de Schwechat"", rappelle Riegler. Ramírez et son groupe ont décidé de prendre l'avion pour l'Algérie. Klein a été transporté dans une ambulance, accompagné d'un médecin pendant toute la durée du vol. Riegler se souvient qu'une fois l'embarquement des preneurs d'otage terminé, ""Carlos s'est approché"" du ministre de l'Intérieur de l'époque, Otto Rosch, pour lui dire au revoir. Kreisky a déclaré que ces décisions avaient été prises par ""crainte que les otages ne perdent leur vie"". ""Nous savions que nous avions affaire à des personnes très dangereuses et déterminées"", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Arrivé en Algérie, ""Le Chacal"" a demandé que l'avion soit envoyé en Libye. ""Mais manifestement, Kadhafi avait retiré son soutien à ce stade. L'avion a donc dû retourner à Alger, où la prise d'otages a pris fin le 23 décembre 1975, après des négociations directes avec Bouteflika"", explique l'historien. Les preneurs d'otages se sont échappés et diverses sources suggèrent qu'une importante somme d'argent a été versée pour la libération des otages. En 2001, Klein a été condamné en Allemagne à neuf ans de prison pour sa participation à l'opération, ce qu'il a avoué, mais il a nié les accusations de meurtre et de tentative de meurtre. Lors du procès, il a également fait le lien avec Kadhafi et a déclaré que ""les Libyens avaient même fourni des détails sur la sécurité du lieu de la conférence"", a rapporté la BBC cette année-là. ""En 1990, un tribunal de Cologne a acquitté Gabriele Kröcher-Tiedemann du meurtre après que des témoins clés de l'accusation ont refusé de témoigner"", note le journaliste et auteur Colin Smith dans son livre ""Carlos, portrait d'un terroriste"". Riegler note que ""le groupe de Carlos avait proféré des menaces dans les années 1980, ce qui a dissuadé les témoins de se présenter au tribunal"". ""Elle (Gabriele Kröcher-Tiedemann) a été acquittée, car les preuves contre elle n'étaient pas assez convaincantes"", mais ""elle était bien membre du commando"", comme l'ont confirmé ""Klein et Carlos lui-même"". En 1994, Ramírez a été capturé au Soudan et emmené en France, où il est emprisonné. Il a été condamné à trois peines de prison à vie pour une série d'attentats commis dans les années 1970 et 1980, la prise d'otages de l'OPEP n'en faisant pas partie." https://www.bbc.com/afrique/monde-59739220 +health Cancer de la peau : le mythe sur les noirs "Quand Isser Nener avait au début de la vingtaine, on lui a diagnostiqué un cancer de la peau. ""J'ai trouvé un petit grain de beauté à l'arrière de ma jambe. J'étais en vacances avec un ami et il m'a dit : 'Tu dois faire vérifier ce grain de beauté'"", raconte-t-il. ""Alors je suis allée chez le médecin et ils l'ont retiré tout de suite. Une semaine plus tard, ils m'ont dit que j'avais un cancer de la peau. J'ai ressenti une gêne et un choc."" A lire aussi sur BBC Afrique : Cela l'a surpris car il avait cru en un mythe perpétué depuis longtemps : que les niveaux élevés de mélanine dans la peau noire la protégeaient du soleil. ""Je pensais que si vous avez la peau noire ou foncée, vous ne pouvez pas attraper (un cancer de la peau) et vous n'avez pas besoin de mettre de crème solaire parce que vous avez l'impression d'être un peu protégé. Mais évidemment, maintenant je sais que la peau c'est la peau et ça peut avoir un cancer'', dit Isser. Cinq ans plus tard, le cancer est revenu. ""Heureusement, je l'ai détécté à temps et je n'ai pas eu besoin de chimiothérapie. Ils n'ont eu qu'à retirer un de mes ganglions lymphatiques."" Maintenant, 10 ans plus tard, le cancer n'est pas revenu. Isser n'a jamais utilisé de crème solaire en grandissant, mais aujourd'hui, elle avertit les autres de ne pas commettre la même erreur, grâce à son rôle chez Cancer Research UK. L'organisation affirme que les cancers de la peau avec mélanome sont moins fréquents chez les Asiatiques et les Noirs que chez les Blancs. Mais le Dr Ophelia Dadzie, de l'Association britannique des dermatologues, explique que lorsqu'ils surviennent chez les Noirs, ils ont tendance à être "" beaucoup plus agressifs et ont tendance à être détectés à un stade ultérieur"". Dadzie donne l'exemple de la star du reggae Bob Marley, qui a découvert une tache de peau pigmentée qui s'est avérée être un mélanome malin, dont il est décédé plus tard. ""Lorsque vous examinez votre peau, vous voulez regarder toute votre peau"", explique-t-elle. ""Mais en particulier les personnes qui ont la peau plus foncée ne doivent pas oublier de regarder la plante de leurs pieds , leurs mains, leurs paumes et leurs ongles."" Le médecin parle de patients qui pensaient avoir des verrues sur la plante des pieds, qui se sont avérées être un cancer de la peau. Démystifiant le mythe selon lequel la peau noire est immunisée contre les rayons du soleil, le Dr Dadzie affirme que l'idée fausse provient probablement du fait que les Noirs ont des quantités plus élevées de mélanine que les personnes ayant d'autres tons de peau. ""Au sein de la communauté, il y a des gens qui disent : ""Je viens d'un pays chaud, je vais bien au soleil"", ce qui s'est ancré dans la communauté, car nous avons de la mélanine"", ajoute le Dr Dadzie. La mélanine est le pigment qui assombrit la peau , mais elle a aussi d'autres propriétés : c'est ""une protection solaire naturelle inhérente"", note-t-elle. ""Il se trouve dans les cellules de la peau et protège des dommages causés par les UV et des modifications de l'ADN induites par les UV, etc."" ""La mélanine protégera en fait... mais ce n'est pas une protection à 100% contre le soleil."" Le médecin avertit également que ce n'est pas seulement au cancer de la peau que les gens devraient penser. Comment bien profiter du soleil ? ""Pour les peaux foncées, beaucoup des conditions que je vois sont une hyperpigmentation accrue. Maintenant, ce que les gens ne réalisent pas, c'est que les rayons UV du soleil provoquent une hyperpigmentation."" L'hyperpigmentation est l'endroit où des taches plus foncées de la peau se développent et peuvent être causées par une production excessive de mélanine. Alors que fais-tu quand tu es au soleil ? Le conseil du Dr Dadzie est le suivant : ""La British Association of Dermatologists a un triple plan de protection : ombre, vêtements et crème solaire. ""Vous pouvez donc protéger votre peau avec des vêtements , y compris un chapeau. Portez également des lunettes de soleil anti-UV. Cherchez l'ombre entre 11h et 15h, lorsque les rayons UV du soleil sont les plus forts. ""Ensuite, lors du choix d'un écran solaire, vous voudrez en utiliser un avec un FPS minimum de 30 et une bonne protection contre les UV, mais plus le FPS est élevé, mieux c'est. ""Il est également utile d'avoir à l'intérieur des produits qui vous protègent de la lumière visible, car la lumière visible peut également provoquer une hyperpigmentation . ""Assurez-vous que la crème solaire est étanche et que vous réappliquez également ce SPF toutes les deux heures, c'est très important.""" https://www.bbc.com/afrique/monde-62206655 +health """Le Covid-19 n'est pas une pandémie"" : ces scientifiques qui pensent que le coronavirus est un syndrome" "Au fil des mois, les mesures visant à prévenir la propagation de la Covid-19 ont été renforcées ou assouplies dans différentes parties du monde en fonction de l'augmentation ou de la diminution du nombre de cas. Alors que de nombreux pays européens rétablissent les restrictions sur les activités sociales et ordonnent des quarantaines après avoir enregistré un nombre record de cas, la Nouvelle-Zélande, par exemple, a atteint son niveau d'alerte le plus bas. Toutefois, cette stratégie de lutte contre le coronavirus est, de l'avis de nombreux scientifiques, trop limitée pour enrayer sa progression. ""Toutes nos interventions se sont concentrées sur la réduction des voies de transmission virale, afin de contrôler la propagation de l'agent pathogène"", a récemment écrit Richard Horton, rédacteur en chef de la prestigieuse revue scientifique The Lancet, dans un éditorial. Mais l'histoire de la Covid-19 n'est pas si simple. D'une part, dit Horton, il y a le SRAS-CoV-2 (le virus qui cause la Covid-19) et d'autre part, un certain nombre de maladies non transmissibles. Et ces deux éléments interagissent dans un contexte social et environnemental caractérisé par une profonde iniquité sociale. Ces conditions, affirme Horton, exacerbent l'impact de ces maladies et nous devons donc considérer la Covid-19 non pas comme une pandémie, mais comme un syndrome. Il ne s'agit pas d'un simple changement de terminologie : comprendre la crise sanitaire que nous traversons à partir d'un cadre conceptuel plus large ouvre la voie à la recherche de solutions plus appropriées. Le terme de syndémie (néologisme qui combine synergie et pandémie) n'est pas nouveau. Il a été créé par l'anthropologue médical américain Merrill Singer dans les années 1990 pour expliquer une situation où ""deux ou plusieurs maladies interagissent de manière à causer plus de dommages que la simple somme de ces deux maladies"". ""L'impact de cette interaction est encore facilité par les conditions sociales et environnementales qui soit rapprochent ces deux maladies d'une manière ou d'une autre, soit rendent la population plus vulnérable à leur impact"", a déclaré M. Singer BBC Mundo. C'est l'interaction avec l'aspect social qui fait que ce n'est pas simplement une comorbidité. Le concept est apparu lorsque le scientifique et ses collègues faisaient des recherches sur la consommation de drogues dans les communautés à faibles revenus aux États-Unis il y a plus de deux décennies. Ils ont découvert que de nombreuses personnes qui s'injectaient des drogues souffraient d'un certain nombre d'autres maladies (tuberculose, maladies sexuellement transmissibles, entre autres), et les chercheurs ont commencé à se demander comment ces maladies coexistaient dans le corps, concluant que, dans certains cas, la combinaison amplifiait les dommages. Dans le cas de la Covid-19, ""nous voyons comment il interagit avec une variété de conditions préexistantes (diabète, cancer, problèmes cardiaques et de nombreux autres facteurs), et nous constatons un taux disproportionné de résultats négatifs dans les communautés pauvres, à faible revenu et de minorités ethniques"", explique M. Singer. Et des maladies comme le diabète ou l'obésité - facteurs de risque pour la Covid-19 - sont plus fréquentes chez les personnes à faible revenu, ajoute-t-il dans une conversation sur BBC Mundo avec Tiff-Annie Kenny, une chercheuse de l'Université Laval au Canada qui travaille dans l'Arctique avec des populations touchées par l'insécurité alimentaire, le changement climatique et des conditions de logement qui rendent difficile le respect des recommandations en matière de santé comme le lavage des mains ou le maintien de la distance sociale. Mais n'est-ce pas le cas pour la plupart des maladies ? N'ont-elles pas le plus souvent un impact plus important sur les groupes ayant moins accès à la santé, à la nourriture, à l'éducation et à l'hygiène ? Ne sont-elles pas presque toujours renforcées lorsqu'elles sont associées à une autre maladie ou à une maladie de base ? En ce qui concerne l'interaction biologique, ce n'est pas nécessairement toujours le cas, souligne le scientifique. ""Il est de plus en plus évident que la grippe et le rhume sont contre-indémiques. En d'autres termes, la situation ne s'aggrave pas. Si une personne est infectée par les deux (virus), l'une (des maladies) ne se développe pas. Quant à l'aspect social, l'élément clé dans le cas d'une syndémie est qu'elle ajoute l'interaction des maladies. Analyser la situation à travers le prisme de la syndémie, dit Kenny, nous permet de passer de l'approche épidémiologique classique du risque de transmission, à une vision de la personne dans son contexte social. C'est une position partagée par de nombreux scientifiques qui estiment que pour ralentir la progression et l'impact du coronavirus, il est crucial de prêter attention aux conditions sociales qui rendent certains groupes plus vulnérables à la maladie. ""Si nous voulons vraiment mettre fin à cette pandémie dont les effets ont été dévastateurs pour les personnes, la santé, l'économie ou les futures pandémies de maladies infectieuses (nous les avons vues se succéder avec une fréquence croissante : sida, Ebola, SRAS, zika et maintenant covid-19), la leçon à en tirer est que nous devons nous attaquer aux conditions sous-jacentes qui rendent une syndémie possible"", déclare M. Singer. ""Nous devons nous attaquer aux facteurs structurels qui rendent l'accès à la santé ou à une alimentation adéquate plus difficile pour les pauvres"", ajoute-t-il. ""Le risque de ne pas le faire est que nous soyons confrontés à une autre pandémie comme celle de la Covid-19 dans le temps qu'il faut à une maladie existante pour s'échapper du monde animal et passer aux humains, comme cela a été le cas avec Ebola et Zika, et cela continuera à se produire alors que nous continuons à envahir l'espace vital de la faune sauvage, ou en raison du changement climatique et de la déforestation. Le rédacteur en chef du Lancet, Richard Horton, est catégorique : ""Quelle que soit l'efficacité d'un traitement ou la protection d'un vaccin, la recherche d'une solution purement biomédicale à la Cmovid-19 échouera. Il conclut : ""À moins que les gouvernements ne conçoivent des politiques et des programmes visant à inverser les profondes disparités, nos sociétés ne seront jamais vraiment à l'abri de la covid-19." https://www.bbc.com/afrique/monde-54540803 +health Covid et prison : la vie carcérale pour ces femmes oubliées de la pandémie """La cellule puait. On m'a donné une natte usagée. Je dormais sur une natte qui avait été utilisée par tant de personnes."" Safoora Zargar a été choquée lorsqu'elle a vu son lieu de vie en prison, mais le Covid allait rendre les choses encore pires. Nous sommes en avril 2020, et cette étudiante indienne de 28 ans a été arrêtée par la police pour avoir participé à une manifestation. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Un confinement national a été mis en place pour combattre la pandémie, et Safoora est sur le point de découvrir comment cela rendra son séjour dans la prison de Tihar à Delhi, le plus grand complexe pénitentiaire d'Asie du Sud, encore plus infernal. ""Il n'y avait qu'une seule bouteille de désinfectant dilué pour tout un service. Il y avait aussi des distributeurs, mais ils n'étaient jamais remplis"", dit-elle à la BBC. Elle a utilisé son propre stock de désinfectant pour nettoyer son environnement. ""Ils m'ont donné la moitié d'un morceau de savon lorsque je suis entrée dans la prison et des masques khadi (couvre-chef rudimentaire en coton filé à la main) ont été remis à chaque prisonnière."" Les conditions dans la prison - comme tant d'autres dans le monde - étaient épouvantables. Avant le début de la pandémie, le taux d'occupation des prisons en Inde était de 118% ; celui de Tihar était de 175%. Mais pour aggraver les choses, Safoora était enceinte de trois mois au moment de son arrestation. ""J'ai dû passer une échographie. C'était une expérience horrible - le médecin ne voulait même pas me regarder, le personnel de l'hôpital ne voulait pas me parler"", raconte-t-elle. Safoora pense qu'on l'évitait parce qu'elle était prisonnière, mais ce n'était que le début de son calvaire. ""Après être revenue de l'échographie, j'ai été envoyée en quarantaine pendant 15 jours"", ajoute-t-elle. ""Quarantaine"" est un mot redouté dans la prison de Tihar. La mise à l'isolement est généralement utilisée comme une punition pour un mauvais comportement. ""La nourriture est servie par une petite ouverture. Personne ne vous parle. Il n'y a aucune interaction humaine"", dit-elle. ""Les toilettes sont juste un trou sur le sol."" Safoora a ensuite été déplacée dans une cellule avec deux autres détenues. ""La cellule avait suffisamment d'espace pour que nous puissions dormir, mais pas assez pour maintenir une distance sociale."" Lorsqu'elle a eu la possibilité de se déplacer un peu, elle a commencé à s'inquiéter de la possibilité d'attraper le virus par les gardes qui entraient et sortaient de la prison. ""J'avais vraiment peur d'attraper le Covid, car si je l'attrapais, je devrais supporter l'isolement pendant une période beaucoup plus longue"", explique Safoora. Un seul point d'eau desservait plus de cent prisonnières et elle a vu de nombreuses prisonnières s'entasser dans la cuisine et les salles à manger. Un autre effet secondaire de Covid est que l'ensemble du processus de justice pénale prend beaucoup plus de temps. Les détenus n'étaient pas autorisés à recevoir des visites régulières, ce qui retardait l'accès à l'aide juridique. Safoora a donc dû attendre 20 jours avant de rencontrer son avocat pour la première fois, et 15 jours avant de pouvoir voir un membre de sa famille. Pendant tout ce temps, l'horloge tournait, et Safoora était horrifiée à l'idée d'accoucher en prison. Des problèmes tels que la surpopulation et le manque d'installations de base - nourriture, toilettes, salles de bains et soins médicaux adéquats - affligent les prisons de nombreux pays en temps normal, mais le Covid a présenté des défis supplémentaires. ""Dans de nombreux pays, les femmes se retrouvent sans produits sanitaires et autres articles essentiels"", a confié Olivia Rope, directrice exécutive de Penal Reform International, à la BBC. Elle explique que de nombreuses femmes comptent sur les membres de leur famille pour leur fournir ces produits et que l'interdiction des visites les prive de ce lien vital. Cela signifie également qu'elles ne peuvent pas voir leurs enfants, avec des ramifications psychologiques évidentes pour la mère et l'enfant. Un récent rapport d'Amnesty International a examiné les effets de la pandémie sur les populations carcérales. Il a révélé que la plupart des pays n'ont mis en place aucune stratégie pour prévenir les épidémies de Covid dans les prisons, et que les prisonniers sont rarement mentionnés dans les plans de vaccination nationaux. Le rapport calcule qu'il y a environ 11 millions de prisonniers dans le monde, dont environ 741 000 sont des femmes ou des filles (ce qui représente de deux à neuf pour cent de la population carcérale totale dans la plupart des pays). Mais beaucoup de ces détenus ne sont pas des criminels : on compte parmi eux des suspects emprisonnés avant ou pendant leur procès, des détenus préventifs, des militants politiques et de nombreux journalistes. L'une de ces journalistes est Rahelisoa Arphine, directrice de publication d'un journal considéré comme proche de l'opposition dans son pays natal, Madagascar. Elle dit avoir été arrêtée pour avoir exprimé des doutes sur les plans gouvernementaux de lutte contre la pandémie. Elle a été détenue à la prison d'Antanimora de la capitale pendant 30 jours, avant d'être libérée le 4 mai 2020. Antanimora a été construite pour accueillir 800 détenues, mais elle contenait 4 000 personnes vers la fin de 2019. ""Les conditions dans la prison étaient très dures car il y avait si peu d'espace"", a souligné Rahelisoa à la BBC. ""Nous étions 18 femmes dans une petite pièce de quatre mètres sur quatre. Dans cette pièce, il n'y avait pas de lits et nous dormions sur le sol."" Elle est entrée dans la prison à un moment où l'épidémie balayait le pays. La chambre d'isolement se remplissait rapidement. ""La peur pendant l'épidémie est indescriptible"", dit-elle. Les détenues ont été testées pour le Covid, et elle a été soulagée lorsque chacune d'entre elles s'est avérée négative, mais la peur de la maladie n'était jamais loin. ""Il y avait de nouvelles détenues qui n'avaient pas été testées et c'est là que j'ai vraiment eu peur. Si elles étaient porteuses du virus, nous serions infectées"". Lorsqu'une détenue est tombée malade, Rahelisoa a constaté qu'il n'y avait pas de médicaments pour la soigner, ni d'ambulance pour l'emmener à l'hôpital. ""Ce qui m'a vraiment attristée, c'est qu'une détenue est morte là-bas parce qu'elle n'a pas été emmenée à l'hôpital en raison de problèmes de paperasserie"", raconte-t-elle. Les besoins essentiels tels que les toilettes étaient difficiles d'accès pour Rahelisoa - des centaines de femmes devaient dépendre d'une seule toilette et d'une seule salle de bain. ""Je n'ai pas vu du tout de soins Covid - pas de masques, pas d'utilisation de gel. Mais pour ma part, j'ai pris soin de moi et les détenues essaient de nettoyer leurs chambres tous les jours"", ajoute-t-elle. Au lieu d'aider, les directives visant à combattre l'épidémie n'ont fait qu'interrompre l'accès aux avocats et aux membres de la famille, selon Rahelisoa. ""Dans la plupart des pays, les femmes incarcérées courent un risque plus élevé de contracter le virus que dans la communauté - dans 22 pays, le taux d'occupation était supérieur à 200 %"", explique Mme Rope. ""Les femmes en prison ont aussi généralement un état de santé moins bon que la population féminine générale, ce qui peut les rendre plus vulnérables à l'infection et aux effets mortels du virus"", a-t-elle ajouté. Si l'on ajoute à cela le manque inquiétant d'équipements de protection individuelle dans de nombreuses prisons, la menace d'une épidémie majeure de Covid dans une prison augmente. Mais de nombreux gouvernements ne semblent pas s'en inquiéter. Les populations carcérales ne figurent pas souvent en bonne place dans les programmes nationaux de vaccination - parmi les 71 pays qui ont publié une politique de vaccination, beaucoup n'ont pas encore précisé leurs plans pour les prisonniers, selon le rapport d'Amnesty. ""Nos conclusions indiquent globalement que les prisonniers du monde entier ont été oubliés pendant la pandémie de Covid-19"", a indiqué l'auteur du rapport, Netsanet Belay, à la BBC. Les règles des Nations unies pour le traitement des femmes détenues (également connues sous le nom de ""Règles de Bangkok"") rendent obligatoire la fourniture gratuite d'installations et de produits d'hygiène. ""Des mesures particulières sont nécessaires pour les femmes en prison qui sont enceintes, qui allaitent ou qui ont leurs règles. Les gouvernements doivent placer ce groupe extrêmement à risque parmi les groupes prioritaires pour la libération et les traitements préventifs, y compris les vaccins"", fait valoir M. Belay. Les conditions vécues par Safoora et Rahelisoa montrent à quel point de nombreuses prisons sont loin de respecter les directives, et Safoora affirme que cela a eu des conséquences psychologiques. Elle n'avait personne vers qui se tourner lorsqu'elle était en isolement et sa santé mentale a commencé à se détériorer. ""J'ai ressenti une tristesse morose et un silence sinistre dans les prisons, une sorte de désespoir pendant la pandémie"", dit-elle. ""J'ai le sentiment qu'aucun humain ne mérite ce genre de traitement"". Vous pourriez être intéressés par :" https://www.bbc.com/afrique/region-56550568 +health "Cancer du col de l’utérus : ""pourquoi je pense que c’est un problème masculin""" "Le journaliste kenyan Mariga Thoithi a fait une découverte renversante en effectuant des recherches sur le cancer du col de l'utérus, après la mort d'une de ses amies. Mariga Thoithi pensait qu'il n'avait besoin de répondre à cette banale question - jusqu'à ce qu'une bonne amie en meure à l'âge de 29 ans seulement. ""J'ai perdu une amie chère, Komu Kami. Je l'ai perdue à 29 ans. C'était une très jeune femme et cela n'avait aucun sens pour moi que le cancer du col de l'utérus puisse emporter quelqu'un à 29 ans, ce qui m'a forcé à faire une recherche"", dit-il dans une émission de la BBC. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Le journaliste kenyan dit avoir été horrifié par ce qu'il a découvert lors de ses recherches. ""Dans une recherche poussée, on se rend compte que seulement 16% des femmes en général au Kenya ont subi le test du VPH. Un pourcentage faible"", dit-il. Ceci, dit-il, l'a conduit à rejoindre un collectif pour mener campagne contre le cancer du col de l'utérus. ""Je crois réellement qu'il est possible de l'éviter si on est dépisté très tôt et vacciné"", souligne-t-il. Mais il soulève un autre problème lié cette fois-ci à la responsabilité des hommes. Il a écrit un article intitulé ""La lutte contre le cancer du col de l'utérus est une affaire d'hommes"". ""Les hommes sont les principaux vecteurs du VPH. La plupart d'entre nous auront le VPH au cours de leur vie"", soutient-il. ""Les hommes ne se verraient pas comme faisant partie du problème, mais je pense que c'est exactement la raison pour laquelle les hommes devraient être impliqués dans la recherche de la solution"", poursuit Mariga Thoithi. Le journaliste a évoqué la question de la moralité dans l'idée que les gens se font de cette pathologie. Le problème est que la cause de ce cancer - l'infection par le papillomavirus - est principalement transmise par voie sexuelle, ce qui signifie que le fait de passer un test peut être stigmatisé. M. Thoiti est convaincu que les choses auraient été meilleures si des hôpitaux de niveau 4 ou 5 étaient disponibles dans chaque département et capable de dépister le cancer du col de l'utérus. Au Kenya, seule une femme sur six environ se fait dépister pour ce qui devrait être une maladie évitable, et 3 000 Kenyanes en meurent chaque année. Sur les 20 pays du monde ayant le taux le plus élevé de cancer du col de l'utérus, 19 sont africains. Vous pourriez aussi être intéressé par :" https://www.bbc.com/afrique/monde-57513927 +health Inde : Une femme enceinte éventrée par son mari a donné naissance à un garçon mort-né "En Inde, la police affirme qu'une femme enceinte dont le ventre aurait été ouvert à la faucille par son mari a donné naissance à un garçon mort-né. La famille de la femme a allégué que l'homme l'avait attaquée parce qu'il voulait vérifier le sexe du bébé. Ils disent que le couple a cinq filles et que l'homme a fait pression sur sa femme pour qu'elle accouche d'un fils. L'homme, qui a été arrêté, nie avoir intentionnellement blessé sa femme, disant au contraire qu'il s'agissait d'un accident. L'incident a eu lieu dans le district de Badaun, dans l'Uttar Pradesh, l'État le plus peuplé du nord de l'Inde. A lire aussi sur BBC Afrique: Des fonctionnaires de police ont déclaré à la BBC que la femme blessée était dans un état stable dans un hôpital de la capitale, Delhi, et que son mari avait été arrêté. La soeur de la femme a déclaré que le couple se disputait régulièrement à propos de l'arrivée d'un fils, a rapporté la BBC Hindi. Selon son frère, la femme a été emmenée à Delhi dimanche sur les conseils des médecins car son état était extrêmement critique. Le mari a déclaré qu'il n'avait pas attaqué sa femme intentionnellement. Il a dit aux médias locaux qu'il lui avait lancé la faucille, mais qu'il ne savait pas que cela la blesserait aussi gravement. ""J'ai cinq filles, un de mes fils est mort. Je sais que les enfants sont un don de Dieu. Maintenant, quoi qu'il arrive, cela arrivera."" L'enquête de police est en cours. A regarder sur BBC Afrique: Le désir des parents indiens d'avoir des fils au lieu de filles a créé un déséquilibre dans la proportion des sexes. Quelque 46 millions de filles ont disparu en Inde au cours des 50 dernières années, selon un rapport de juin du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP). Chaque année, pas moins de 460 000 filles sont tuées par avortement après une sélection sexuelle et une surmortalité féminine due à la négligence délibérée des filles après la naissance. Un rapport du gouvernement indien de 2018 a déclaré que le désir de fils avait créé 21 millions de filles ""non désirées"". Le rapport du ministère des finances a constaté que de nombreux couples continuaient à avoir des enfants jusqu'à ce qu'ils aient un garçon. Geeta Pandey, BBC Editor, India women and social affairs L'Inde est un pays qui a depuis longtemps une préférence culturelle pour les enfants de sexe masculin. Le désir de fils vient de la croyance qu'une progéniture masculine subviendra financièrement aux besoins de la famille, s'occupera des parents dans la vieillesse et portera le nom de la famille. Une fille, en revanche, finira par se marier et par partir, et souvent les parents devront verser de grosses dots. Cette préférence pour les fils, aidée par la technologie de sélection prénatale des sexes, a fait des ravages dans le déséquilibre du rapport de masculinité en Inde et, au fil des ans, des dizaines de millions de filles ont été tuées - dans l'utérus ou peu après la naissance, par négligence délibérée. En 1961, pour 1 000 garçons de moins de sept ans, il y avait 976 filles. Selon le dernier recensement de 2011, ce chiffre était tombé à 914. Les militants ont qualifié ce phénomène de ""génocide"". L'ancien premier ministre Manmohan Singh a qualifié le foeticide et l'infanticide des femmes de ""honte nationale"" et a appelé à une ""croisade"" pour sauver les filles. Le Premier ministre Narendra Modi a également conseillé aux Indiens ""de ne pas s'intéresser aux fils"" et de ne pas ""tuer les filles dans l'espoir d'un garçon"". Il y a cinq ans, il a lancé ""Beti Bachao, Beti Padhao"" (Sauver la fille, éduquer la fille) - une campagne pour sauver les filles. Dans une autre campagne, il a demandé aux pères de prendre des selfies avec leurs filles et de les lui envoyer. Mais aucune de ces campagnes n'a vraiment fonctionné. Les experts affirment que pour que les choses changent, l'Inde doit confronter sa préférence sociétale malsaine pour les garçons et convaincre les familles de célébrer les filles autant qu'elles célèbrent leurs fils." https://www.bbc.com/afrique/monde-54251099 +health Covid : des scientifiques d'Afrique du Sud fabriquent un vaccin contre le Covid à partir des données de Moderna Des scientifiques d'Afrique du Sud ont produit une copie du vaccin Moderna Covid, ce qui ouvre la perspective d'un accès plus large aux vaccins dans les régions les plus pauvres du monde. Il s'agit d'une avancée majeure pour le continent africain. Presque toutes les fournitures de vaccins ARNm sont allées aux pays riches. A surtout lire sur BBC Afrique : Mais un centre du Cap, financé par l'Organisation mondiale de la santé, a réussi à fabriquer sa propre version du vaccin Moderna, en utilisant des informations du domaine public ainsi que les conseils de scientifiques sympathisants du monde entier. La société à l'origine du nouveau vaccin, Afrigen Biologics, annonce qu'elle va maintenant s'efforcer de développer le produit à temps pour les essais cliniques prévus en novembre. Ils ont utilisé des informations accessibles au public pour produire le vaccin à ARNm qui utilise des fragments du code génétique du coronavirus. Moderna avait précédemment déclaré qu'elle ne ferait pas valoir le brevet sur son vaccin, mais n'a pas offert d'aide au projet sud-africain. On espère que les vaccins Covid produits localement pourraient augmenter considérablement les taux de vaccination en Afrique, qui sont les plus bas du monde. L'équipe sud-africaine a proposé d'aider les scientifiques d'Amérique latine à fabriquer leur propre version. https://www.bbc.com/afrique/region-60259372 +health "Ménopause : qu'est-ce que le ""brouillard cérébral"" et pourquoi vous pourriez commencer à le ressentir bien avant vos dernières règles ?" "Au début de sa carrière, Gayatri Devi, neurologue à l'hôpital Lenox Hill de New York, et ses collègues ont commis une erreur : ils ont diagnostiqué à tort la maladie d'Alzheimer chez une femme en pleine ménopause. Après une série de traitements (dont le dernier comprenait des œstrogènes), la santé de la femme s'est améliorée et le Dr Devi a réalisé que les symptômes initiaux - perte de mémoire, désorientation - avaient en fait une cause très différente. Le déclin cognitif de la patiente était directement lié à une chute radicale de son taux d'œstrogènes, l'hormone qui commence à fluctuer dans les années précédant la ménopause (qui, cliniquement, commence un an après les dernières règles d'une femme). Cette découverte a marqué un tournant pour le Dr Devi et l'a amenée à faire des recherches sur l'un des symptômes les moins connus de la ménopause : le brouillard cérébral. L'un des aspects les plus déconcertants du brouillard cérébral (que l'on appelle aussi parfois brouillard mental) est que de nombreuses femmes en souffrent, mais n'en connaissent pas les causes. ""De nombreuses femmes en périménopause [période entourant la ménopause, qui peut durer environ sept ans] commencent à avoir des difficultés à se souvenir et à trouver des mots, ou à se concentrer sur plusieurs tâches à la fois"", explique le Dr Devi à la BBC. ""Elles peuvent avoir du mal à s'exprimer avec aisance, ce que les femmes ont souvent tendance à faire très bien"", ajoute-t-elle. Elle affecte le type de mémoire que nous utilisons, par exemple lorsque nous allons au magasin et essayons de nous souvenir de ce que nous voulions acheter, raconte à la BBC Pauline Maki, professeur de psychiatrie, de psychologie et d'obstétrique et gynécologie à l'université de l'Illinois, à Chicago, et ancienne présidente de l'American Menopause Society. Elle affecte également notre capacité à raconter des histoires, ou à participer à une conversation et à nous souvenir plus tard de ce que nous avons dit, ajoute-t-elle. Le problème est plus répandu qu'on ne le pensait auparavant. ""Dans nos études, nous avons constaté des déficiences cliniquement significatives dans lesquelles 10 % des femmes obtiennent des résultats nettement inférieurs à ce qui est attendu pour leur âge"", explique le professeur Maki. ""Mais beaucoup d'autres éprouvent des difficultés plus subtiles, dans le sens où cela n'affecte pas leur capacité globale de performance au travail, mais elles remarqueront quand même la différence."" Selon le Dr Devi, ""environ 60 % des femmes périménopausées ou ménopausées ressentent subjectivement des changements cognitifs, mais ceux-ci peuvent presque toujours être corroborés par des examens médicaux."" L'un des principaux problèmes est que le cerveau possède des récepteurs d'œstrogènes et que nombre d'entre eux sont situés dans l'hippocampe, une région du cerveau qui est importante à la fois pour fixer et retrouver certains types de mémoire. ""Lorsqu'il y a une chute brutale des œstrogènes, une partie de l'activité de l'hippocampe est affectée"", explique le Dr Devi. Des études dans lesquelles les participantes avaient subi l'ablation de leurs ovaires [les glandes où la plupart des œstrogènes sont produits] ont montré que les capacités cognitives s'amélioraient lorsque la femme se voyait prescrire des suppléments d'œstrogènes, explique le professeur Maki. Mais toutes les femmes qui traversent la périménopause ne souffrent pas de brouillard mental - pourquoi ? Parce que la sensibilité de chaque femme aux variations des œstrogènes est différente. D'ailleurs, l'expression ""brouillard mental"" a été inventée par le médecin britannique Edward Tilt au milieu du 19e siècle, pour faire référence aux troubles apparents décrits par ses patientes victoriennes lors de la ménopause, lorsqu'elles disaient ne pas pouvoir se rappeler où elles avaient laissé leur sac à main ou comment rentrer chez elles. ""Mais il n'y a pas que les œstrogènes qui comptent. Il faut également tenir compte d'autres facteurs, comme la perturbation du sommeil"", explique Rebecca Thurston, professeur de psychiatrie à l'université de Pittsburgh. ""Pendant cette transition vers la ménopause, jusqu'à 60% des femmes rapportent des problèmes de sommeil - qui sont liés à la mémoire"", explique la chercheuse. Le manque de sommeil perturbe les circuits de la mémoire, tout comme les bouffées de chaleur : une sensation soudaine de chaleur intense qui se répand dans tout le corps, provoquant des rougeurs de la peau et une transpiration abondante. En plus d'avoir un impact profond sur le sommeil (certaines femmes disent non seulement se réveiller au milieu de la nuit à cause des bouffées de chaleur, mais aussi devoir changer de pyjama et de linge de lit à cause de la transpiration), les bouffées de chaleur constituent un problème à part entière. ""Nous avions l'habitude de considérer les bouffées de chaleur comme un symptôme bénin que les femmes devaient supporter, mais nous constatons aujourd'hui qu'elles sont associées au risque cardiovasculaire, qu'elles sont des marqueurs de maladies cérébrales des petits vaisseaux, qu'elles affectent la connexion entre (les deux côtés de) l'hippocampe et qu'elles produisent des changements dans la mémoire"", explique le professeur Thurston. Les sautes d'humeur, l'anxiété et la dépression, qui augmentent pendant la périménopause, ont également un impact sur la mémoire. Si ces symptômes sont si répandus, pourquoi sont-ils si peu connus ? Il semble qu'il y ait un manque de sensibilisation, car la ménopause reste un sujet tabou dans de nombreuses cultures. ""Le problème est que le processus peut se dérouler sur de nombreuses années, et les femmes peuvent même ne pas savoir qu'elles sont périménopausées. Il est donc facile d'attribuer ces symptômes à d'autres facteurs"", explique à la BBC Karyn Frick, professeur de psychologie à l'université du Wisconsin-Milwaukee. Source: Service national de santé britannique ""Les femmes dans la quarantaine ont tendance à être très occupées, elles peuvent avoir un emploi, elles s'occupent probablement de leur maison, elles peuvent avoir des enfants d'âges différents, elles peuvent s'occuper de parents vieillissants... donc elles attribuent probablement [les problèmes cognitifs] au stress"", explique le Pr Frick. D'autre part, ""de nombreuses femmes exerçant une profession libérale ont peur d'en parler. Les femmes travaillent très dur pour atteindre des objectifs dans leur carrière et elles ne veulent pas être considérées comme vieilles ou faibles"", ajoute-t-elle. Les experts consultés par la BBC s'accordent sur la nécessité de mener des études rigoureuses sur la détérioration cognitive liée à la ménopause et, surtout, de susciter une prise de conscience qui éviterait des souffrances inutiles à des millions de femmes dans le monde. Dans un premier temps, explique le professeur Maki, ""il est important que les femmes ne paniquent pas parce qu'elles pensent avoir la maladie d'Alzheimer. C'est hautement improbable, ce qui leur arrive est normal"". Bien que les résultats des études soient mitigés, il semble que le brouillard mental soit temporaire et se dissipe à mesure que le cerveau s'habitue à fonctionner avec peu ou pas d'œstrogènes. Mais ""si les bouffées de chaleur vous tiennent éveillée toute la nuit et que vous ne pouvez pas dormir, il est conseillé de consulter votre médecin, qui peut recommander un traitement hormonal substitutif dans certains cas, en particulier chez les femmes plus jeunes, car les avantages l'emportent sur les risques"", explique le professeur Maki. Le Dr Devi reconnaît que de nombreuses femmes répondent bien à ce traitement, dont l'utilisation a été considérablement réduite après la publication d'une étude controversée, il y a près de vingt ans, qui établissait un lien entre le traitement hormonal substitutif et le cancer du sein - une conclusion qui a été remise en question par la suite. ""Les traitements hormonaux substitutifs modernes sont plus spécifiques qu'auparavant, et il existe de multiples formes d'œstrogènes. Dans de nombreux cas, ils peuvent être bénéfiques"", explique le professeur Frick. Pour les femmes qui présentent des symptômes plus légers - ou qui choisissent de ne pas prendre de traitement hormonal - d'autres mesures peuvent contribuer à améliorer les performances cognitives. L'exercice aérobique, la stimulation du cerveau par des jeux ou des exercices mentaux, une routine de sommeil stricte, la limitation de la consommation d'alcool et l'adoption d'un régime méditerranéen - tous ces éléments sont connus pour atténuer les symptômes inconfortables de la ménopause." https://www.bbc.com/afrique/monde-58653322 +health Nutrition : les 5 principaux avantages des aubergines pour la santé "Pleines de vitamines, de minéraux et de fibres alimentaires, les aubergines sont un excellent choix pour les salades, les ragoûts et autres plats. Jo Lewin, nutritionniste diplômée, présente les avantages pour la santé et l'histoire de cet ingrédient polyvalent. Avec les tomates, les pommes de terre et les poivrons, l'aubergine (Solanum melongena) appartient à la famille des solanacées (Solanaceae). En fait, les aubergines poussent comme les tomates, suspendues aux vignes d'une plante de plusieurs mètres de haut. Leur peau brillante, d'un violet profond, recouvre une chair spongieuse de couleur crème, parsemée de petites graines comestibles. A lire aussi sur BBC Afrique : Outre la variété violette classique, les aubergines sont disponibles dans d'autres couleurs, notamment la lavande, le vert jade, l'orange et le jaune, et sont également disponibles dans une gamme de formes et de tailles. La variété d'aubergine la plus populaire ressemble à un gros œuf en forme de poire. Découvrez notre gamme complète de guides sur les bienfaits pour la santé. Une portion de 80g d'aubergine apporte : Une portion de 80 g d'aubergine est prise en compte dans le calcul de votre ration journalière. Lire aussi : Les aubergines sont une source de composés protecteurs aux propriétés antioxydantes, l'un d'entre eux étant la nasunine, qui est responsable de la couleur violette profonde de la peau du fruit. On a découvert que ce composé végétal protège les graisses qui composent les membranes des cellules du cerveau. Ce sont les membranes de ces cellules qui permettent aux nutriments d'entrer et aux déchets de sortir, et qui reçoivent les instructions des molécules messagères, qui indiquent à la cellule ce qu'elle doit faire. Les aubergines sont une source utile de fibres et sont pauvres en graisses et en sucre, ce qui en fait un aliment valable pour ceux qui gèrent le diabète de type 2. En fait, des études en éprouvette suggèrent que les extraits d'aubergine peuvent aider à contrôler l'absorption du glucose, ce qui les rend potentiellement utiles pour gérer le diabète de type 2 et réduire l'hypertension artérielle associée. Certaines études animales suggèrent que l'intégration de l'aubergine dans votre régime alimentaire peut contribuer à réduire le taux de cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL), le type de cholestérol souvent appelé ""mauvais"". Ces effets sont probablement dus aux fibres ainsi qu'à la teneur en antioxydants de l'aubergine, notamment la nasunine. Cependant, des essais sur l'homme sont nécessaires pour clarifier ce que l'on sait dans ce domaine et pour confirmer sa pertinence dans un régime alimentaire humain. Étant une bonne source de fibres et un choix faible en calories, l'aubergine est un ingrédient idéal à utiliser dans le cadre d'un programme de gestion du poids. Elle peut être utilisée avec succès pour remplacer des aliments plus caloriques dans toute une série de recettes différentes. En outre, les composés végétaux de l'aubergine semblent inhiber l'action de la lipase pancréatique et, par conséquent, la digestion des graisses. Le composé bénéfique nasunin aide à dilater les vaisseaux sanguins en activant un composé appelé oxyde nitrique, et à son tour, un autre composé dans la peau de l'aubergine, l'acide chlorogénique, renforce cette action pour aider à réduire davantage la pression artérielle. En outre, les composés présents dans la pulpe de plusieurs aubergines différentes, dont l'aubergine blanche, agissent comme des inhibiteurs de l'ECA. Cela signifie qu'ils inhibent l'action de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (ECA), une enzyme clé dans la gestion de la pression artérielle. Les aubergines font partie de la famille des solanacées (Solanaceae), qui comprend les poivrons, les tomates et les pommes de terre. Certaines personnes choisissent d'éviter cette famille de légumes car des rapports anecdotiques suggèrent qu'il pourrait y avoir un lien entre l'aggravation des symptômes arthritiques et leur consommation. Toutefois, à ce jour, aucune étude contrôlée n'a été menée pour confirmer ces rapports. Les aubergines contiennent des oxalates, bien qu'en comparaison avec d'autres fruits et légumes, elles n'y contribuent pas de manière significative. Cependant, certaines personnes ayant des antécédents de calculs rénaux contenant de l'oxalate peuvent choisir d'éviter d'en consommer trop ou, au minimum, de choisir des méthodes de cuisson qui aident à réduire les niveaux, comme l'ébullition. Dans de rares cas, une allergie peut survenir, mais la plupart des réactions sont légères. Toutefois, un petit nombre de cas ont donné lieu à une anaphylaxie." https://www.bbc.com/afrique/monde-63050706 +health Physiothérapie : comment une souris pourrait aider les humains à mieux guérir "Peu de mammifères ont la capacité de régénérer une moelle épinière sectionnée et de guérir d'autres blessures graves sans laisser de cicatrices, mais un petit rongeur d'Afrique pourrait détenir la clé d'une révolution médicale. Monica Sousa, une scientifique expérimentée, avait du mal à en croire ses yeux. Dans le petit compartiment en plastique posé sur la paillasse devant elle se trouvait une souris qui, quelques semaines auparavant, était à moitié paralysée, ses pattes arrière traînant derrière elle partout où elle allait. Maintenant, elle trotte et saute même de façon acrobatique, bien qu'elle n'ait reçu que des analgésiques depuis sa blessure. Il n'y a pas de véritable précédent à cela. Les mammifères, des petits rongeurs aux humains, ne se remettent généralement jamais de blessures graves de la moelle épinière ou du système nerveux central. Sauf, semble-t-il, pour la souris épineuse africaine. A surtout lire sur BBC Afrique : Ces dernières années, les scientifiques ont découvert que cette créature, que l'on trouve dans les habitats arides de pays africains comme le Kenya, la Somalie et la Tanzanie, possède un don extraordinaire de régénération. Elle peut surmonter des blessures dévastatrices au niveau de la peau, du cœur, des reins et de la moelle épinière. Personne ne s'y attendait, y compris les scientifiques basés aux États-Unis qui ont découvert en 2012 que la souris épineuse pouvait régénérer de grandes surfaces de peau endommagée. ""Nous étions tous complètement stupéfaits"", déclare Sousa, experte en régénération nerveuse à l'université de Porto, au Portugal, en faisant référence à la remarquable capacité de la souris à réparer sa moelle épinière, qu'elle et ses collègues ont documentée dans une étude publiée plus tôt cette année. Les souris se sont remises de leur paralysie en quelques semaines seulement. La souris épineuse africaine rejoint une liste spéciale d'espèces non mammifères connues pour leur capacité à régénérer des parties importantes de leur corps. La régénération est une forme spécifique de cicatrisation qui remplace les tissus perdus plus ou moins à l'identique, en évitant les cicatrices excessives, afin que la partie du corps en question puisse fonctionner aussi bien qu'avant. Les axolotls, les vers plats, les poissons zèbres et certaines méduses peuvent régénérer des parties relativement grandes et complexes de leur corps, par exemple. Et les alligators nouvellement éclos peuvent faire repousser des queues coupées, selon une étude publiée en 2020. Mais aucun de ces animaux n'est aussi proche de nous, génétiquement parlant, que la souris épineuse africaine. De nombreux chercheurs affirment que ces animaux pourraient être porteurs de secrets biologiques susceptibles de révolutionner la médecine et de déboucher sur des traitements contre les traumatismes et les maladies dégénératives qui bouleversent la vie. Il pourrait y avoir plus d'un Graal ici. Cependant, il n'y a aucune garantie. Et l'étude de ces animaux soulève des considérations éthiques, puisque les scientifiques doivent délibérément les blesser pour savoir comment ils réagissent. Après des décennies de recherche sur certains de ces animaux, nous ne sommes peut-être pas beaucoup plus près de trouver un moyen de régénérer des parties essentielles de notre propre corps. Voici l'histoire de la façon dont nous avons découvert les extraordinaires capacités de régénération de la souris épineuse africaine - et si cela pourrait éventuellement aider des millions de personnes qui souffrent de conditions débilitantes. C'était en 2011 et Ashley Seifert, qui travaillait à l'université de Floride mais qui est maintenant à l'université du Kentucky, se trouvait dans le jardin d'un vétérinaire à la retraite en Floride. Le vétérinaire en question, Elliott Jacobson, possédait une dépendance remplie de ses serpents de compagnie. Seifert n'était pas intéressé par les serpents, cependant. Il avait eu un tuyau selon lequel Jacobson possédait également une petite colonie de souris épineuses africaines. Il peut être difficile de se procurer ces animaux, bien qu'ils aient été vendus comme animaux de compagnie aux États-Unis. Dans les années 1990, Jacobson a obtenu ses souris épineuses d'une personne du zoo de Phoenix et les a élevées depuis. Il en possédait 40 et les a toutes données avec plaisir à Seifert. Ces animaux ont constitué la base d'une colonie de recherche que Seifert étudie depuis lors. À l'époque, cependant, Seifert était en quelque sorte en mission. Il s'était déjà rendu compte que les souris épineuses d'Afrique avaient des capacités étonnantes, après qu'un collègue ait fait une remarque fortuite sur ces animaux au cours d'une conversation. Des rapports avaient circulé dans des revues universitaires faisant état d'une étrange espèce de souris en Afrique qui perdait parfois sa peau très soudainement. Seifert s'est demandé si une souris capable d'une telle chose pouvait également posséder d'impressionnantes capacités de cicatrisation. Sa première rencontre avec ces animaux a eu lieu au Kenya, où il a réussi à en piéger quelques-uns lors d'un voyage de recherche. N'en ayant jamais manipulé auparavant, il s'est vite rendu compte que même une prise assez douce faisait tomber leur peau, couverte de poils robustes et épineux. En observant comment elles réagissaient et comment elles se rétablissaient lorsqu'il pratiquait de petits trous dans la peau de leurs oreilles dans le cadre d'expériences contrôlées, il s'est rendu compte d'une chose incroyable : les souris africaines épineuses se remettent de telles blessures avec brio. Les coupures dans leurs oreilles n'ont pas seulement guéri en formant une plaque de tissu cicatriciel pour réparer la plaie, mais le nouveau tissu était doté de follicules pileux, de graisse corporelle et de cartilage. Il lui manquait simplement une couche de muscle. ""J'étais vraiment sous le choc en regardant dans le microscope et en voyant de nouveaux cheveux repousser"", se souvient Seifert, qui a prélevé des échantillons de peau des souris pour les analyser en laboratoire. Au cours de la même étude, Seifert et ses collègues ont également constaté que la peau des souris à épines africaines est anormalement faible. Ils ont calculé qu'une souris ordinaire du genre Mus (souris grise) a une peau 20 fois plus résistante. L'équipe a publié les résultats de ces travaux en 2012. Ayant entrevu les prouesses régénératrices de la souris, Seifert a prévu de l'étudier plus avant et a rapidement pu le faire en utilisant la colonie de recherche qu'il a acquise auprès de Jacobson en Floride. Au cours des quelque dix années qui ont suivi la découverte de Seifert, un petit nombre d'autres chercheurs se sont intéressés à la souris épineuse africaine. Un article bien connu publié l'année dernière, par exemple, décrit comment ces rongeurs peuvent se remettre d'une grave lésion rénale qui entraînerait une défaillance complète de l'organe chez d'autres espèces de souris. Les scientifiques supposent que les souris épineuses ont évolué pour perdre leur peau afin d'échapper aux prédateurs qui tentent de les attraper. Mais il pourrait y avoir d'autres raisons pour lesquelles la régénération les aide dans la nature, leur permettant peut-être de tolérer un grand nombre de parasites, par exemple. Quelle que soit la raison, il est frappant de constater qu'ils semblent avoir développé cette capacité alors que si peu de mammifères s'en approchent. Toutefois, dans le cadre d'une recherche qui doit encore être publiée, Seifert a récemment découvert qu'un type de souris étroitement apparenté, la souris à poil ras, semble également avoir des capacités de régénération similaires. Depuis 2012, de nombreux scientifiques se sont appuyés sur les travaux de Seifert. Leurs résultats continuent de le surprendre. L'article de Sousa et de ses collègues sur la régénération de la moelle épinière était particulièrement surprenant, explique-t-il, car dans ce cas, les chercheurs ont entièrement sectionné la moelle épinière d'une dizaine de souris épineuses africaines dans leur expérience. Toutes les souris, à l'exception de trois d'entre elles, ont retrouvé une mobilité totale, et ce, même après que leur moelle épinière ait été coupée en deux, ou sectionnée, une deuxième fois. ""J'en suis resté bouche bée, car je n'arrivais pas à croire qu'ils avaient effectué une transection complète et obtenu ce type de récupération"", déclare Seifert. Il convient de noter que la coupe nette d'une procédure chirurgicale aurait pu être plus facile à récupérer qu'une blessure à la colonne vertébrale dans la nature, où les dommages sur et autour de la colonne vertébrale pourraient être plus difficiles à guérir. Cependant, le fait que les axones des souris - le câble de connexion de leurs cellules nerveuses - aient semblé se régénérer reste impressionnant. Sousa, comme Seifert, a entendu parler des souris épineuses par pur hasard. Un collègue chercheur de l'université de Porto a décrit par hasard leurs capacités de régénération et a mentionné l'existence d'une colonie de souris à l'université d'Algarve, à environ 550 km de là, sur la côte sud du Portugal. Sousa a envoyé quelques étudiants pour enquêter. Avec leur permission, ils ont pratiqué des coupures incomplètes dans la moelle épinière des souris, mais lorsqu'ils sont revenus plus tard pour les examiner, ils pouvaient à peine dire quelles souris avaient été blessées, car leurs tissus s'étaient si bien régénérés. Les expériences décrites ici sont clairement très invasives et certains s'interrogent sur l'éthique de ce type de recherche. Il est à noter que les souris non épineuses de l'étude de Sousa n'ont pas récupéré des mêmes lésions de la moelle épinière. Lorsque des scientifiques de pays comme le Portugal ou les États-Unis réalisent des expériences de ce type, ils doivent obtenir l'approbation rigoureuse de comités d'éthique. Sousa souligne que toutes les souris ont été soulagées de la douleur et que leur bien-être général a été pris en compte à chaque étape. ""Parfois, les gens pensent que les scientifiques utilisent des animaux uniquement parce qu'ils le veulent - ce n'est pas vrai"", explique-t-elle. ""Dans ce cas particulier, la complexité d'une moelle épinière ne peut encore être reproduite par aucune culture cellulaire ou autre modèle."" Mais, dans la mesure du possible, les chercheurs qui ont expérimenté sur des souris épineuses vivantes dans ces études disent qu'ils espèrent également développer des cultures cellulaires à utiliser dans les expériences au lieu de devoir impliquer des animaux vivants. Les scientifiques justifient souvent la réalisation de procédures de ce type par le fait que ces travaux pourraient déboucher sur des médicaments ou d'autres traitements susceptibles de changer la vie de millions de personnes. Cependant, il n'est jamais évident de savoir si cela se produira vraiment. Il est donc utile de se demander s'il existe des précédents qui pourraient indiquer comment les études sur la régénération chez les animaux pourraient susciter des avancées médicales. La plupart des travaux dans ce domaine sont, il est vrai, très récents. Les scientifiques tentent encore de vérifier les mécanismes cellulaires qui sous-tendent la régénération chez diverses espèces. Mais nous avons acquis des connaissances cruciales. Prenez les rétinoïdes, par exemple. Il s'agit de substances telles que le rétinol et l'acide rétinoïque que les animaux, y compris les humains, fabriquent à l'aide de la vitamine A. Les rétinoïdes semblent aider certains animaux à faire des choses vraiment fascinantes. Prenez l'espèce de concombre de mer, par exemple, qui peut régénérer ses intestins. Une étude de 2019 a montré que l'acide rétinoïque était impliqué dans ce processus complexe. Il semble également aider le poisson-zèbre à repousser ses nageoires. Les rétinoïdes sont en fait étudiés depuis des décennies et sont utilisés dans les traitements médicaux de diverses affections cutanées, dont le psoriasis. De nombreux scientifiques affirment que nous avons encore beaucoup à apprendre sur les rétinoïdes, surtout si l'on considère leur rôle régénérateur chez certains animaux. Il y a ensuite les cellules des îlots pancréatiques, qui sont attaquées par le système immunitaire des personnes atteintes de diabète de type 1, ce qui les empêche de produire la bonne quantité d'insuline. Au cours des dix ou vingt dernières années, les médecins ont réussi à transplanter des cellules d'îlots de Langerhans provenant de donneurs décédés à des personnes atteintes de diabète de type 1. Mais des recherches menées sur des souris (non épineuses) laissent penser que les médecins pourraient un jour être en mesure de stimuler des processus dans le pancréas afin de l'encourager à régénérer ces cellules à la place. Cependant, on ne sait jamais si une approche qui s'avère efficace chez la souris fonctionnera réellement comme prévu chez l'homme. Il existe d'autres façons dont les animaux dotés de capacités de régénération profitent à la recherche médicale. Les larves de poisson zèbre, qui peuvent régénérer leur moelle épinière comme les souris épineuses, pourraient être utilisées pour aider à tester des médicaments conçus pour traiter les lésions de la moelle épinière, selon un article publié en 2019. ""Il existe des organismes qui peuvent se régénérer remarquablement bien. Je trouve toujours cela vraiment époustouflant que des animaux puissent faire cela"", explique Johnny Kim, de l'Institut Max Planck pour la recherche sur le cœur et les poumons. Malgré cela, il dit ne pas avoir connaissance d'exemples de traitements médicaux pour les maladies cardiaques - l'objet de ses propres recherches - qui soient directement issus de l'étude des mécanismes de régénération chez les animaux. ""Mon opinion personnelle à ce sujet est que, en tant que scientifique naturel, en tant que scientifique fondamental, comprendre les principes fondamentaux de la nature et de la biologie dans d'autres organismes est super important"", dit-il, ajoutant que la question de savoir si cela conduit à des avancées significatives en médecine est ""une autre question"". Penny Hawkins, responsable du département ""animaux et science"" de la Société royale pour la prévention de la cruauté envers les animaux, note le caractère invasif de certaines expériences sur les souris épineuses, mais aussi la possibilité qu'elles puissent, à terme, transformer la médecine. Les organismes de financement et les institutions de recherche devraient évaluer soigneusement l'impact réel de ces recherches, afin de minimiser les dommages causés aux animaux, affirme-t-elle. ""Parfois, vous pouvez constater que des recherches de ce type se poursuivent pendant des décennies"", explique Mme Hawkins. ""C'est une question d'éthique : à quel moment décide-t-on que cela ne nous mènera nulle part ? Matt Morgan, médecin en soins intensifs à l'hôpital universitaire du Pays de Galles, estime que les scientifiques doivent peser le pour et le contre des expériences invasives sur les animaux. En général, lorsqu'ils peuvent utiliser des alternatives, des cultures cellulaires ou des simulations à la place, c'est toujours souhaitable, dit-il. Mais il ajoute qu'il y a de bonnes raisons d'explorer les processus dans la nature dans l'espoir de révolutionner la médecine. ""Nous devons nous tourner vers les futures innovations de rupture. Par Dieu, Covid nous l'a montré"", dit-il, en faisant référence au succès des vaccins à ARNm, qui ont été développés sur la base de décennies de recherche fondamentale. Kim, pour sa part, fait l'éloge de certaines des recherches menées jusqu'à présent sur les souris à épines africaines. À propos d'un article publié l'année dernière, qui révèle que ces rongeurs peuvent régénérer une partie de leur tissu cardiaque après une crise cardiaque, il déclare : ""La qualité du travail est remarquable"". L'étude en question a été réalisée par Kerstin Bartscherer, de l'Institut Hubrecht de biologie du développement et de recherche sur les cellules souches à Utrecht, aux Pays-Bas, et ses collègues. Ils ont créé des blocages artificiels dans des artères de souris par une procédure chirurgicale. Là encore, tous les animaux ont été soulagés de la douleur et ont fait l'objet d'une surveillance attentive. L'obstruction a entraîné des crises cardiaques et la formation de tissu cicatriciel chez les souris à épines africaines et les souris mus genus. Mais bien que les souris à épines africaines aient présenté une réduction de l'activité de pompage dans leur cœur, celle-ci s'est améliorée avec le temps, tandis que l'état des souris mus genus s'est détérioré. En inspectant le cœur de ces souris à épines africaines, les chercheurs ont constaté que si les organes ne s'étaient pas vraiment régénérés, le tissu cicatriciel de leur cœur contenait de gros vaisseaux remplis de sang, ce qui est inhabituel et ne correspond pas à ce que l'on pourrait attendre d'un cœur humain après un tel épisode. Cela semble être un élément clé de la guérison des souris. Les animaux semblaient également en bonne santé par la suite, courant partout et faisant des sauts périlleux dans leurs enclos comme d'habitude, explique Bartscherer. ""La question est de savoir pourquoi les souris épineuses ont des propriétés cicatrisantes différentes et pourquoi elles fabriquent de nouveaux vaisseaux sanguins. Nous n'en avons aucune idée"", ajoute-t-elle. Les scientifiques qui étudient les souris épineuses sont maintenant impatients de découvrir les mécanismes de leur organisme qui leur permettent de réparer ou de régénérer tous ces différents tissus avec autant de succès. Les travaux de chercheurs tels que Chelsey Simmons, de l'université de Floride, entre autres, suggèrent que le système immunitaire de ces souris fonctionne de manière légèrement différente du nôtre, en ce sens qu'il est capable de modérer ou de retarder l'éruption d'une inflammation après une blessure grave, ce qui peut contribuer à permettre la régénération des tissus. Simmons note que les souris épineuses semblent guérir les blessures incroyablement rapidement, ce qui pourrait expliquer pourquoi elles ne forment pas beaucoup, voire pas du tout, de tissu cicatriciel et régénèrent plutôt des parties de leur corps. On ne sait pas exactement ce qui permet ce processus, mais Simmons et Seifert pensent que les macrophages jouent un rôle. Il s'agit de cellules qui engloutissent les bactéries dans l'organisme et qui contribuent également à contrôler la réponse immunitaire aux tissus endommagés. Contrairement à ce qui se passe chez l'homme et chez de nombreux autres animaux, lorsque les souris à épines africaines subissent une blessure, elles semblent ne déployer que certains types de macrophages qui aident la plaie à guérir sans provoquer d'inflammation excessive ni de formation de tissu cicatriciel. ""Les macrophages sont le principal orchestrateur de l'augmentation puis de la diminution de l'inflammation"", explique Seifert. ""Ils sont comme ce chef d'orchestre pendant une période d'inflammation"". Mais il pourrait se passer beaucoup d'autres choses ici. Sousa et ses collègues ont découvert qu'une enzyme particulière semblait être impliquée dans la régénération de la moelle épinière chez les souris épineuses africaines, par exemple. Mais ils ne savent toujours pas quelle(s) cellule(s) l'exprime(nt). La résolution de ces énigmes complexes est une étape essentielle sur la voie de la mise au point de traitements pour l'homme inspirés des souris à épines africaines. Mais, qu'elle soit couronnée de succès ou non, cette recherche prendra du temps. Le battage médiatique autour de la recherche précoce sur les animaux a souvent suscité l'ire des scientifiques. Il existe même un compte Twitter appelé @justsaysinmice, créé par un ancien chercheur de l'université de Northeastern, qui se consacre à souligner que les articles de presse omettent souvent de préciser que les traitements potentiels n'ont jusqu'à présent fait leurs preuves que chez les souris, et non chez les humains. ""Il est difficile de savoir si le public est prêt à comprendre à quel point les progrès de la science peuvent parfois être lents"", reconnaît Seifert. Une revue de 2018 a constaté que les études sur la régénération chez les espèces non humaines avaient fait ""beaucoup de progrès"", mais que les thérapies médicales basées sur ces travaux sont encore loin. Pourtant, si la route vers des médicaments ou des thérapies révolutionnaires inspirés des études sur les souris épineuses africaines peut être longue et incertaine, la possibilité de trouver des traitements qui changent la vie est trop importante pour être ignorée, soutient Mme Simmons. Elle explique que sa propre sœur a été diagnostiquée avec une maladie chronique lorsqu'elle était plus jeune et que Simmons elle-même a subi de multiples dépistages pour voir si elle en était aussi atteinte, puisque la maladie en question est héréditaire. ""Cela a vraiment coloré mon opinion de la biomédecine - alors que j'avais huit ans"", dit-elle. En définitive, l'espoir de sauver ou d'améliorer radicalement des millions de vies restera toujours aussi puissant. Et, tout en parcourant le chemin qui pourrait nous y mener, nous avons découvert des choses vraiment étonnantes sur la biologie de la souris épineuse. ""Il se passe quelque chose au niveau cellulaire qui confère à chacun de ces différents organes ou tissus des réponses remarquables"", explique M. Seifert. ""C'est fascinant""." https://www.bbc.com/afrique/monde-61229433 +health Nutrition : Y a-t-il un lien entre la consommation d'œufs et les maladies cardiaques ? "S'il existait un aliment parfait, les œufs en feraient partie. Ils sont facilement disponibles, faciles à cuisiner, abordables et riches en protéines. ""L'œuf est censé contenir tous les ingrédients nécessaires à la croissance d'un organisme, il est donc évidemment très riche en nutriments"", explique Christopher Blesso, professeur associé de sciences nutritionnelles à l'université du Connecticut, aux États-Unis. A surtout lire sur BBC Afrique : Manger des œufs en même temps que d'autres aliments peut également aider notre corps à absorber davantage de vitamines. Par exemple, une étude a montré que l'ajout d'un œuf à une salade pouvait augmenter la quantité de vitamine E contenue dans la salade. Mais depuis des décennies, la consommation d'œufs est également controversée en raison de leur teneur élevée en cholestérol, que certaines études ont associée à un risque accru de maladie cardiaque. Un jaune d'œuf contient environ 185 milligrammes de cholestérol, soit plus de la moitié de la quantité quotidienne de 300 mg de cholestérol recommandée par les directives diététiques américaines jusqu'à récemment. En outre, des affirmations scientifiquement non fondées ont été formulées selon lesquelles les œufs peuvent protéger contre le coronavirus, ou qu'ils ont même été responsables de son apparition. Il existe même une théorie farfelue selon laquelle le fait de cracher dans un œuf avant de le cuire crée des anticorps qui peuvent protéger contre la maladie. (Il n'y a aucune preuve à l'appui). Cela signifie-t-il que les œufs, au lieu d'être un aliment idéal, pourraient en fait nous faire du tort ? Le cholestérol, une graisse jaunâtre produite par notre foie et nos intestins, se trouve dans toutes les cellules de notre corps. Nous pensons généralement qu'il est ""mauvais"". Mais le cholestérol est un élément essentiel des membranes cellulaires. Il est également nécessaire à l'organisme pour fabriquer de la vitamine D, ainsi que les hormones testostérone et œstrogène. Nous produisons nous-mêmes tout le cholestérol dont nous avons besoin, mais il est également présent dans les produits d'origine animale que nous consommons, notamment la viande de bœuf, les crevettes et les œufs, ainsi que le fromage et le beurre. Le cholestérol est transporté dans notre organisme par les molécules de lipoprotéines présentes dans le sang. Chaque personne possède une combinaison différente de divers types de lipoprotéines, et notre constitution individuelle joue un rôle dans la détermination de notre risque de développer une maladie cardiaque. Le cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL) - appelé ""mauvais"" cholestérol - est transporté du foie vers les artères et les tissus de l'organisme. Les chercheurs affirment que cela peut entraîner une accumulation de cholestérol dans les vaisseaux sanguins et augmenter le risque de maladie cardiovasculaire. Mais les chercheurs n'ont pas établi de lien définitif entre la consommation de cholestérol et l'augmentation du risque de maladie cardiovasculaire. Par conséquent, les directives diététiques américaines ne prévoient plus de restriction en matière de cholestérol, pas plus que les directives britanniques. En revanche, l'accent est mis sur la limitation de la consommation de graisses saturées, qui peuvent augmenter le risque de développer une maladie cardiovasculaire. Les aliments contenant des acides gras trans, en particulier, augmentent notre taux de LDL. Bien que certaines graisses trans soient naturellement présentes dans les produits d'origine animale, la plupart sont fabriquées artificiellement et se trouvent en plus grande quantité dans les margarines, les snacks et certains aliments frits et cuits au four, comme les pâtisseries, les beignets et les gâteaux. Par ailleurs, avec les crevettes, les œufs sont les seuls aliments riches en cholestérol qui sont pauvres en graisses saturées. ""Bien que le cholestérol contenu dans les œufs soit beaucoup plus élevé que dans la viande et les autres produits animaux, les graisses saturées augmentent le cholestérol sanguin. Cela a été démontré par de nombreuses études depuis de nombreuses années"", déclare Maria Luz Fernandez, professeur de sciences nutritionnelles à l'université du Connecticut, aux États-Unis, dont les dernières recherches n'ont révélé aucun lien entre la consommation d'œufs et un risque accru de maladie cardiovasculaire. Le débat sur les effets des œufs sur la santé s'est déplacé en partie parce que notre organisme peut compenser le cholestérol que nous consommons. ""Des systèmes sont en place pour que, pour la plupart des gens, le cholestérol alimentaire ne soit pas un problème"", explique Elizabeth Johnson, professeur associé de recherche en sciences nutritionnelles à l'université Tufts de Boston, aux États-Unis. Dans un examen de 40 études réalisé en 2015, Elizabeth Johnson et une équipe de chercheurs n'ont pas trouvé de preuves concluantes sur la relation entre le cholestérol alimentaire et les maladies cardiaques. ""Les humains ont une bonne régulation lorsqu'ils consomment du cholestérol alimentaire, et vont fabriquer eux-mêmes moins de cholestérol"", dit-elle. Et lorsqu'il s'agit d'œufs, le cholestérol pourrait même présenter un risque moindre pour la santé. Le cholestérol est plus nocif lorsqu'il est oxydé dans nos artères, mais l'oxydation ne se produit pas pour le cholestérol contenu dans les œufs, explique Mme Blesso. ""Lorsque le cholestérol est oxydé, il peut être plus inflammatoire, et les œufs contiennent toutes sortes d'antioxydants qui le protègent de l'oxydation"", explique-t-il. Par ailleurs, une partie du cholestérol peut être bénéfique pour nous. Le cholestérol à lipoprotéines de haute densité (HDL) est acheminé vers le foie, où il est décomposé et éliminé de l'organisme. On pense que les HDL ont un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires en empêchant le cholestérol de s'accumuler dans le sang. ""Les gens devraient s'inquiéter du cholestérol qui circule dans leur sang, qui est celui qui conduit aux maladies cardiaques"", déclare M. Fernandez. Ce qui importe, c'est le rapport entre le HDL et le LDL dans notre organisme, car un taux élevé de HDL contrebalance les effets du LDL. Toutefois, alors que la plupart d'entre nous sont capables de tamponner le cholestérol que nous consommons avec le cholestérol que nous synthétisons dans notre foie, M. Blesso affirme qu'environ un tiers d'entre nous connaîtra une augmentation du cholestérol sanguin de 10 à 15 % après en avoir consommé. Des essais ont montré que les personnes maigres et en bonne santé sont plus susceptibles de voir leur taux de LDL augmenter après avoir mangé des œufs. Les personnes en surpoids, obèses ou diabétiques verront une augmentation plus faible du LDL et plus de molécules HDL, indique Mme Blesso. Ainsi, si vous êtes en bonne santé au départ, les œufs pourraient avoir un effet plus négatif que si vous êtes en surpoids - mais si vous êtes en bonne santé, vous êtes également plus susceptible d'avoir de bons niveaux de HDL, de sorte qu'une augmentation du LDL n'est probablement pas très nuisible. Une étude publiée au début de l'année a toutefois remis en question le consensus récent selon lequel les œufs ne présentent aucun danger pour notre santé. Les chercheurs ont examiné les données de 30 000 adultes suivis pendant 17 ans en moyenne et ont constaté que chaque demi-œuf supplémentaire par jour était lié de manière significative à un risque plus élevé de maladie cardiaque et de décès. (Ils ont contrôlé les habitudes alimentaires des sujets, leur santé générale et leur activité physique pour tenter d'isoler les effets des œufs). ""Nous avons constaté que, pour chaque tranche supplémentaire de 300 mg de cholestérol consommée par une personne, indépendamment de l'aliment dont elle provenait, le risque de maladie cardiovasculaire augmentait de 17 % et le risque de mortalité toutes causes confondues de 18 %"", explique Norrina Allen, l'un des auteurs de l'étude et professeur associé de médecine préventive à l'université Northwestern, dans l'Illinois (États-Unis). ""Nous avons également constaté que chaque demi-œuf par jour entraînait une augmentation de 6 % du risque de maladie cardiaque et de 8 % du risque de mortalité."" Bien que l'étude soit l'une des plus importantes de son genre à aborder cette relation spécifique entre les œufs et les maladies cardiaques, elle était basée sur l'observation, ne donnant aucune indication de cause à effet. Elle s'est également appuyée sur un seul ensemble de données autodéclarées - les participants ont été interrogés sur ce qu'ils avaient mangé au cours du mois ou de l'année précédente, puis ont suivi leur état de santé pendant 31 ans. Cela signifie que les chercheurs n'ont obtenu qu'un seul instantané de ce que les participants mangeaient, même si nos régimes alimentaires peuvent changer au fil du temps. Et l'étude est en contradiction avec les résultats antérieurs. De nombreuses études suggèrent que les œufs sont bons pour la santé cardiaque. Une précédente analyse d'un demi-million d'adultes en Chine, publiée en 2018, a même trouvé exactement le contraire : la consommation d'œufs était associée à un risque plus faible de maladie cardiaque. Ceux qui mangeaient des œufs tous les jours avaient un risque de décès par maladie cardiaque inférieur de 18 % et un risque de décès par accident vasculaire cérébral inférieur de 28 % par rapport à ceux qui ne mangeaient pas d'œufs. Comme l'étude précédente, celle-ci était également basée sur l'observation, ce qui signifie qu'il est impossible d'établir une relation de cause à effet. (Les adultes chinois en meilleure santé mangent-ils simplement plus d'œufs, ou les œufs les rendent-ils en meilleure santé). ) Cela peut, bien sûr, être une grande partie de la confusion. Bien que ces études aient relancé le débat sur l'impact du cholestérol contenu dans les œufs sur notre santé, nous connaissons certaines façons dont les œufs pourraient affecter notre risque de maladie. L'un de ces moyens est un composé présent dans les œufs, la choline, qui pourrait contribuer à nous protéger contre la maladie d'Alzheimer. Elle protège également le foie. Mais elle peut aussi avoir des effets négatifs. La choline est métabolisée par le microbiote intestinal en une molécule appelée TMO, qui est ensuite absorbée par le foie des personnes et convertie en TMAO, une molécule associée à un risque accru de maladie cardiovasculaire. M. Blasso s'est demandé si la consommation d'une grande quantité de choline provenant d'œufs pouvait entraîner une élévation du taux de TMAO : il a trouvé des études dans lesquelles on a observé que les personnes avaient des taux élevés de TMAO jusqu'à 12 heures après avoir mangé des œufs. Les recherches mesurant la consommation d'œufs et la TMAO n'ont jusqu'à présent trouvé que des augmentations transitoires de la TMAO. Cependant, la TMAO n'est mesurée comme marqueur des maladies cardiaques qu'à un niveau de base, qui peut être détecté lorsque les personnes sont à jeun. Mme Blasso compare ce phénomène à l'augmentation temporaire du taux de sucre dans le sang après l'ingestion de glucides, mais l'élévation du taux de sucre dans le sang n'est associée au diabète que lorsque ce taux est continu. Cela peut s'expliquer par le fait que lorsque nous mangeons des œufs, nous ne bénéficions que des effets bénéfiques de la choline, explique-t-il. ""Le problème se pose lorsque, au lieu d'être absorbée dans le sang, la choline poursuit son chemin vers le gros intestin, où elle peut se transformer en TMA puis en TMAO"", explique Fernandez. ""Mais dans les œufs, la choline est absorbée et ne va pas dans le gros intestin, donc elle n'augmente pas le risque de maladie cardiaque."" Pendant ce temps, les scientifiques commencent à comprendre d'autres avantages des œufs pour la santé. Le jaune d'œuf est l'une des meilleures sources de lutéine, un pigment qui a été associé à une meilleure vue et à un risque moindre de maladie oculaire, par exemple. ""On trouve deux types de lutéine dans la rétine de l'œil, où elle peut protéger la rétine des dommages causés par la lumière en fonctionnant comme un filtre de lumière bleue, car l'exposition à la lumière détériore l'œil"", explique Johnson. Si les chercheurs sont encore loin de comprendre pourquoi les œufs nous affectent différemment, la grande majorité des recherches récentes suggèrent qu'ils ne présentent aucun risque pour notre santé et qu'ils sont bien plus susceptibles de nous apporter des bienfaits. Malgré tout, manger des œufs au petit-déjeuner tous les jours n'est probablement pas l'option la plus saine, du moins puisqu'il est recommandé d'avoir une alimentation variée... plutôt que de mettre tous ses œufs dans le même panier. *Beaucoup d'entre nous accordent plus d'attention à leur régime alimentaire et à la manière dont les aliments que nous consommons peuvent favoriser notre santé. Pour aider à faire le tri entre les faits et la fiction, BBC Future met à jour certains de nos articles les plus populaires sur la nutrition, tirés de nos archives. Nos collègues de BBC Good Food se concentrent sur des solutions pratiques pour échanger des ingrédients, des recettes nutritives et tous les aspects de la cuisine et de l'alimentation en situation de confinement." https://www.bbc.com/afrique/monde-59620735 +health "Cancer : ""J'ai perdu mon père à cause d'un cancer de la prostate, ne perdez pas le vôtre""" """C'était mon meilleur ami. Il était et sera toujours mon meilleur ami."" Danielle Ray était extrêmement proche de son père, Johnny. ""Nous avions l'habitude de dire que nous étions les jumeaux l'un de l'autre, nous avions littéralement le même état d'esprit."" ""Et nous étions très, très proches. Donc, c'est vraiment difficile sans lui."" Lire aussi sur BBC Afrique : Alors que Danielle, ou Dan comme son père la connaissait, approche de son 30e anniversaire, cela lui pèse de franchir l'une des étapes de sa vie sans lui. Elle n'avait que 25 ans lorsque Johnny est décédé après avoir reçu un diagnostic de cancer de la prostate. Johnny avait 63 ans. Avoir perdu son père à cause d'une maladie qui, si elle est découverte tôt, est traitable, a été difficile à accepter. ""Son diagnostic a été une surprise. Mais maintenant que je réalise, il avait montré des symptômes."" ""Mais presque à l'improviste, il a été référé (à un autre spécialiste), lorsque les symptômes se sont aggravés et il a été diagnostiqué en octobre 2015."" ""Cela a probablement commencé il y a quelques années, mais vous ne pensez jamais que cela va vous arriver, ou que cela va affecter votre famille."" Johnny est décédé deux ans après avoir été diagnostiqué. Danielle a le sentiment que ses symptômes initiaux - comme l'envie fréquente de vider sa vessie - n'ont pas non plus été reconnus par son médecin assez tôt, et elle dit que son père n'a pas non plus demandé de second avis."" Sans oublier que de nombreux hommes ont du mal à parler de leurs problèmes de prostate. L'American Cancer Society estime qu'en 2022, plus de 268 000 nouveaux cas de cancer de la prostate seront diagnostiqués dans le pays et 34 500 décès seront signalés. Nicola Tallet, cadre de l'organisation Prostate Cancer au Royaume-Uni, affirme que la pandémie a eu un impact réel sur le nombre de personnes cherchant de l'aide. ""Le cancer de la prostate est le cancer le plus courant chez les hommes, mais la pandémie a fait que des milliers d'hommes ne se sont pas présentés pour être diagnostiqués et pourraient manquer un traitement potentiellement vital"", a-t-il déclaré. ""Les hommes nous ont dit qu'ils n'avaient pas voulu"" déranger ""leurs médecins généralistes pendant la pandémie, surtout s'ils n'avaient pas de symptômes, ce qui est le cas pour la plupart des hommes atteints d'un cancer de la prostate à un stade précoce."" ""Cela signifie que les hommes à haut risque de contracter la maladie n'ont pas ces conversations vitales sur leurs risques, ce qui pourrait conduire à un diagnostic."" Ces symptômes peuvent être causés par d'autres maladies, il est donc important de consulter un médecin. Le professeur Peter Johnson, directeur médical national du NHS britannique, déclare qu'il est important de savoir quelles mesures prendre si vous êtes à risque. ""Le pronostic pour les personnes que nous n'avons pas encore vues sera bien meilleur plus tôt nous pourrons les voir, mais nous devons les voir dès que possible."" ""Il est important que les hommes comprennent que le cancer de la prostate ne présente souvent aucun symptôme à ses débuts , alors ne tardez pas, vérifiez vos risques dès maintenant. Un simple dépistage pourrait vous sauver la vie."" Un homme sur huit aura un cancer de la prostate au cours de sa vie : les hommes de plus de 50 ans , les hommes noirs et ceux qui ont des antécédents familiaux de cancer sont encore plus à risque. C'était exactement le cas d'Andrew Richardson, son père vit avec un cancer de la prostate depuis des années. En 2020, Andrew lui-même a subi un test sanguin de routine qui a révélé des signes inquiétants, suivi d'un diagnostic de cancer de la prostate. Son conseil aux autres hommes est maintenant simple : ""Ne restez pas assis à penser que tout ira bien."" ""Quelque chose pourrait arriver et s'il y a une chose que j'ai apprise sur le cancer de la prostate, c'est qu'il est très agressif."" ""Une fois que le reste de votre corps est pris en charge, cela peut devenir un jeu de chat."" ""Je veux dire, j'ai eu beaucoup de chance, je n'ai pas eu besoin de radiothérapie, je n'ai pas eu besoin de chimiothérapie. Une opération m'a suffi."" Andrew admet que la récupération a été difficile. Mais il court à nouveau, il est sur le point de jouer à nouveau au football à 5, et l'été dernier, il a même terminé une course de 10 km en 52 minutes. Et il dit que c'est simplement une prise de sang qui lui a sauvé la vie . ""Je pense que j'ai utilisé toute ma chance d'un seul coup. Et si c'est la seule chance que j'aurai dans ma vie, je vais la saisir."" Une maladie, deux fins très différentes. Mais Andrew et Danielle ont tous deux le même message pour les milliers d'hommes qui vivent aujourd'hui avec le cancer de la prostate : faites-vous examiner même si votre inquiétude n'est que très légère." https://www.bbc.com/afrique/monde-60465481 +health Doit-on interdire les rapports sexuels aux adolescents ? "Le gouvernement brésilien demande aux adolescents de pratiquer l'abstinence et de réserver le sexe pour la vie conjugale afin d'essayer de réduire le taux élevé de grossesses chez les adolescentes. Le programme controversé d'abstinence sexuelle, fortement critiqué par les associations de professionnels de la santé, est promu par la ministre évangélique de la Femme, de la Famille et des Droits de l'Homme, Damares Alves. Mme Alves, qui est soutenue par le président Jair Bolsonaro, un chrétien évangélique, est accusée de vouloir imposer un programme religieux au grand public. L'année dernière, elle a déclaré à la BBC Brasil : ""Nous assistons à une campagne très forte en faveur du sexe pour le plaisir uniquement."" Elle a répondu que ""la méthode la plus efficace"" pour prévenir les grossesses chez les adolescentes ""n'est pas le préservatif, ni le stérilet, ni les contraceptifs"", mais l'abstinence totale de tout rapport sexuel. A lire aussi Tanzanie : pas de poursuites contre les écolières enceintes ""Pourquoi j'ai failli accoucher en salle d'examen"" ""L'alcool pendant la grossesse, c'est comme la roulette russe"" Selon les chiffres du gouvernement, les grossesses chez les adolescentes ont diminué de 36 % au Brésil entre 2000 et 2017, mais restent obstinément élevées, à l'instar du reste de l'Amérique latine. Les grossesses entre 15 et 19 ans sont de 62 pour 100 000, alors que la moyenne mondiale est de 44, selon les Nations unies. Les taux de grossesse chez les adolescentes les plus élevés au monde se trouvent en Afrique de l'Ouest et centrale. Le slogan officiel de la campagne brésilienne se traduit par ""Tout en temps voulu"" et est promu sur les médias sociaux avec le hashtag #TudoTemSeuTempo. Alves explique que l'objectif est d'essayer ""quelque chose de nouveau"" contre les grossesses d'adolescentes et les maladies sexuellement transmissibles. Elle dit vouloir ""apporter de l'affection dans le débat"", encourager la réflexion et faire réfléchir les adolescents avant d'avoir des relations sexuelles. Le gouvernement affirme qu'il n'essaie pas d'imposer l'abstinence à qui que ce soit ni d'en faire un débat ""moral"". Mais le président Bolsonaro a déjà demandé aux parents d'arracher des pages d'une brochure réalisée par le ministère de la santé pour les adolescents, qui montre le système reproductif féminin et leur apprend à utiliser des préservatifs. Mais cette initiative a été fortement critiquée par les professionnels de la santé qui affirment qu'il n'existe aucune preuve scientifique de l'efficacité d'une telle campagne. La Société brésilienne de pédiatrie a déclaré dans un communiqué que ""la seule façon [scientifiquement] prouvée"" de réduire les grossesses chez les adolescentes est de prouver qu'elles ont reçu une éducation sexuelle adéquate et qu'elles ont accès aux services de santé. Selon l'OMS, l'éducation sexuelle à l'école ou en dehors de l'école ""n'augmente pas l'activité sexuelle, les comportements sexuels à risque ou les taux d'infection par les IST (maladies sexuellement transmissibles)/VIH"". Elle déclare : ""Les programmes qui encouragent uniquement l'abstinence se sont avérés inefficaces pour retarder l'initiation sexuelle, réduire la fréquence des rapports sexuels ou diminuer le nombre de partenaires sexuels"". ""Les programmes qui combinent un accent sur le report de l'activité sexuelle avec un contenu sur l'utilisation des préservatifs ou des contraceptifs sont efficaces"". Samia Bomfim, une militante des droits de la femme et membre du Congrès de l'opposition, a déclaré que le gouvernement essayait de réduire un problème complexe lié à la seule décision des adolescents. ""Dans un pays où la plupart des victimes de viol ont moins de 13 ans, les filles auront-elles l'autonomie nécessaire pour dire non ?"" a-t-elle tweeté. L'année dernière, le bureau d'Alves a organisé un séminaire sur la grossesse chez les adolescentes lors du congrès brésilien, auquel ont participé plusieurs intervenants de groupes internationaux qui promeuvent l'abstinence sexuelle. Mais les critiques s'appuient sur l'expérience américaine, arguant que les programmes d'abstinence sexuelle n'ont pas réussi à prévenir les grossesses chez les adolescentes ni à réduire les maladies sexuellement transmissibles - et qu'il est peu probable qu'ils y parviennent au Brésil. ""De nombreux pays s'efforcent de prévenir les grossesses chez les adolescentes. Malheureusement, ces efforts blâment souvent implicitement les filles et ne visent qu'à modifier leurs comportements, plutôt que de s'attaquer aux causes sous-jacentes des grossesses précoces"", déclare le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Selon le UNFPA, les grossesses précoces sont la conséquence d'un accès limité ou inexistant à l'école, à l'information ou aux soins de santé. Plutôt que de blâmer les filles pour les grossesses d'adolescentes, les Nations unies soulignent que celles-ci sont souvent non planifiées. ""La grossesse des adolescentes n'est généralement pas le résultat d'un choix délibéré - ces filles n'ont souvent guère leur mot à dire sur les décisions qui affectent leur vie""." https://www.bbc.com/afrique/monde-51383802 +health L'invention qui a rendu possible les vaccinations de masse "Des centaines de millions d'adultes dans le monde peuvent s'attendre à être vaccinés contre le Covid au cours des prochains mois. Il sera administré par seringue hypodermique - mais qui l'a inventé ? La plupart des personnes ayant accès aux soins de santé considèrent les vaccinations comme allant de soi. La seringue utilisée aujourd'hui pour fournir une protection contre le Covid peut sembler assez simple, mais les apparences peuvent être trompeuses. Il a fallu des millénaires pour créer la seringue hypodermique sous une forme qui permette aujourd'hui les vaccinations de masse. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Un chirurgien irlandais, Francis Rynd, et un médecin français, Charles Pravaz, ont apporté une énorme contribution à ce domaine au milieu du 19e siècle. Mais c'est à un médecin écossais, Alexander Wood, que l'on attribue l'invention de la seringue hypodermique moderne. Dans les années 1850, Wood n'avait peut-être pas idée de l'importance de son invention. Mais sa création d'une seringue entièrement en verre, avec piston et aiguille fine, allait devenir un dispositif médical aussi reconnaissable que le stéthoscope. Les seringues, sous une forme ou une autre, existent au moins depuis l'époque du médecin grec Hippocrate, au Ve siècle avant Jésus-Christ. Les premières versions étaient rudimentaires. Fabriquées à partir de vessies d'animaux et de tuyaux ou de piquants, elles étaient principalement utilisées pour l'irrigation - la pratique consistant à nettoyer ou à rincer une blessure ou un corps - ou les lavements. Au 11e siècle, un ophtalmologue égyptien a utilisé le premier outil hypodermique connu pour enlever des cataractes. Mais ce n'est qu'au milieu du 17e siècle que les premières expériences confirmées d'injection intraveineuse ont été entreprises. Lors d'expériences menées sur des chiens en 1656, le Britannique Sir Christopher Wren - plus connu comme architecte - a administré des médicaments à l'aide d'une vessie animale fixée à une plume d'oie creuse. ""Il a injecté de l'opium, de l'alcool et du crocus metallodrug (un émétique du XVIIe siècle) à différents chiens"", explique l'anesthésiste Christine Ball, conservatrice honoraire du Geoffrey Kaye Museum of Anaesthetic History de Melbourne. ""Comme on pouvait s'y attendre, le premier s'est endormi, le deuxième est devenu très ivre et le troisième est devenu très mort"". Lorsque Edward Jenner, qui a créé le premier vaccin au monde, est apparu sur la scène près de 150 ans plus tard, il n'y avait toujours aucun signe d'une méthode sophistiquée d'administration de médicaments dans le corps humain. En 1796, il réussit à vacciner un garçon de huit ans contre la variole. Cependant, le vaccin a été administré par une incision, et n'était donc pas techniquement une injection. Au milieu du 19e siècle, les esprits médicaux ont commencé à s'intéresser à un système plus efficace d'administration des médicaments. En 1844, le chirurgien irlandais Francis Rynd invente ce qui est sans doute la première aiguille creuse au monde. Mais il s'agissait d'un dispositif qui utilisait la gravité pour faire couler le liquide et qui impliquait de percer la peau avec un outil appelé trocart. Dix ans plus tard, cependant, la version moderne de l'aiguille hypodermique était née. En 1853, le médecin Alexander Wood, né à Fife, a ajouté un piston et mis au point la première seringue entièrement en verre qui permettait aux médecins d'estimer la dose en fonction de la quantité de liquide observée à travers le verre. Son premier patient est une femme de 80 ans qui souffre d'une forme de névralgie. Soucieux de soulager une douleur localisée, il lui a injecté 20 gouttes de solution vineuse de morphia (morphine dissoute dans du vin de Xérès) à un endroit de son épaule où la douleur était la plus intense. Elle a ensuite sombré dans un profond sommeil, mais s'est ensuite rétablie. L'invention de Wood coïncide la même année, de toute évidence par hasard, avec la création d'un instrument similaire par le chirurgien français Charles Pravaz. Mais alors que le dispositif de Wood était en verre et comportait un piston, l'invention de Prava était composée en grande partie d'argent et utilisait une vis qu'il fallait tourner pour faire pénétrer le médicament dans le corps. Le traitement de Wood par injection sous-cutanée est rapidement devenu populaire en Grande-Bretagne. Ses instruments étaient annoncés comme ""les seringues d'injection de narcotiques du Dr Alexander Wood"". Plusieurs années se sont écoulées avant qu'un chirurgien londonien, Charles Hunter, invente le terme ""hypodermique"", basé sur les mots grecs ""hypo"" (sous) et ""derma"" (peau). Selon le Royal College of Physicians of Edinburgh (RCPE), il y a deux raisons pour lesquelles Wood - un ancien président de l'organisation - devrait être crédité de Pravaz. Daisy Cunynghame, responsable de la bibliothèque et du patrimoine pour le RCPE, explique : ""tout d'abord, Wood a testé sa nouvelle seringue en l'utilisant pour injecter un médicament à un patient (de la morphine) tandis que Pravaz a testé la sienne sur un mouton. L'efficacité de la méthode de Wood était donc plus claire. ""Deuxièmement, Pravaz est mort avant de publier ses résultats - alors que Wood a publié sa découverte."" Le Dr Cunynghame affirme que l'aiguille hypodermique moderne a remarquablement peu changé depuis la conception de Wood. ""La principale différence réside dans le matériau de fabrication de la seringue : plus de plastique jetable, moins de verre et de métal, mais à part cela, le design reste largement inchangé. ""Le type de doses précises nécessaires pour de nombreux médicaments, y compris les vaccinations, n'a été rendu possible que par l'invention de Wood"". Regarder :" https://www.bbc.com/afrique/monde-56428334 +health "La graisse sur les cuisses est ""meilleure que celle sur le ventre"" pour les femmes plus âgées" "Avoir plus de graisse sur les jambes qu'au niveau du ventre protège les femmes postménopausées des maladies cardiaques, selon une étude. Les femmes d'un poids normal présentant le risque le plus élevé d'accident vasculaire cérébral ou de maladie cardiaque présentaient un taux plus élevé de graisse abdominale et le taux le plus faible de graisse des hanches et des cuisses, selon les recherches du European Heart Journal. Les scientifiques ont dit que les femmes ""en forme de pomme"" devraient essayer de perdre la graisse du ventre et de devenir plus ""en forme de poire"". Lire aussi : L'obésité tuera plus de femmes que le tabac dans 25 ans Obésité et risque de cancer chez la femme D'autres recherches sont nécessaires pour découvrir pourquoi ce lien existe, a déclaré un organisme dédié à la recherche sur le cœur. La recherche a suivi pendant 18 ans 2 600 femmes qui avaient un poids normal - avec un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 18 et 25. Elles participaient toutes à une importante étude américaine, la Women's Health Initiative, qui a débuté au milieu des années 1990 et ont fait l'objet de scintigraphies régulières pour vérifier la densité des graisses, des muscles et des os. Lire aussi : Le poids idéal d'une hôtesse de l'air L'étude a révélé que les femmes ""en forme de pomme"", avec plus de graisse autour du ventre, présentaient un risque de maladie cardiovasculaire plus de trois fois plus élevé que celles qui étaient ""en forme de poire"", avec de la graisse autour des hanches et des cuisses. Les scientifiques savent déjà que le type de graisse stockée autour des organes abdominaux, appelée graisse viscérale, augmente le risque de problèmes métaboliques comme le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Les maladies cardiaques et circulatoires sont responsables d'un décès sur quatre au Royaume-Uni. La raison pour laquelle la graisse des jambes peut être protectrice n'est pas bien comprise, mais elle ne cause pas de problèmes ailleurs dans le corps. Lire aussi : Cinq ""super-aliments"" bons pour vous et pour la planète ! Un régime ""pour vivre plus longtemps"" Malheureusement, un mode de vie malsain à l'âge adulte peut augmenter la graisse abdominale. Mais le professeur Qibin Qi, du Albert Einstein College of Medicine de New York, qui a mené cette étude, a déclaré que les recherches antérieures s'étaient concentrées sur les personnes en surpoids ou obèses. ""Les participantes à notre étude étaient toutes des femmes de poids normal. Ce message est donc très important : même pour les femmes ayant un poids corporel sain, la "" forme de pomme "" ou la "" forme de poire "" est toujours importante "", dit-il. Le professeur Qi dit qu'il s'agit d'essayer de réduire la graisse du ventre. Il a ajouté : ""On ne sait pas s'il existe un régime alimentaire particulier ou de l'exercice qui peut aider à déplacer les graisses. Notre groupe travaille sur cette question et nous espérons avoir une réponse bientôt."" En attendant, il a dit que les conseils habituels sur l'alimentation saine et l'exercice s'appliquaient. Lire aussi : Pratiquez des exercices physiques, quel que soit votre âge ! Alerte sur le manque d'exercice physiqueLe Dr Sonya Babu-Narayan, directrice médicale associée à la British Heart Foundation, a déclaré : ""Cette étude révèle un lien intéressant entre l'endroit où la graisse est stockée et votre risque de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral, mais ne peut nous dire pourquoi ce lien existe"". ""De futures recherches pour découvrir comment la distribution de la graisse corporelle est liée à ces maladies pourraient révéler de nouvelles façons importantes de prévenir et de traiter le plus grand tueur du monde"", affirme-t-elle. A regarder :" https://www.bbc.com/afrique/monde-48845493 +health Coronavirus : Qu'est-ce que la dexaméthasone et comment fonctionne-t-elle ? "Un essai britannique a montré que le médicament pouvait sauver des vies - le premier au niveau international - et il peut être utilisé immédiatement par le NHS, le service de santé britannique. Le médicament est un stéroïde - un médicament qui réduit l'inflammation en imitant les hormones anti-inflammatoires produites par le corps. Ce médicament agit en affaiblissant le système immunitaire de l'organisme. L'infection par un coronavirus déclenche une inflammation lorsque l'organisme tente de la combattre. Mais il arrive que le système immunitaire soit surchargé et c'est cette réaction qui peut s'avérer fatale - la réaction même qui vise à combattre l'infection finit par attaquer les propres cellules du corps. La dexaméthasone calme cet effet. Il ne convient qu'aux personnes qui sont déjà à l'hôpital et qui reçoivent de l'oxygène ou une ventilation mécanique - les plus malades. Le médicament n'agit pas sur les personnes présentant des symptômes plus légers, et affaiblir leur système immunitaire à ce stade ne serait pas utile. Selon les scientifiques qui ont réalisé les essais, un décès sur trois pourrait être évité chez les patients sous respirateur. Pour les patients sous oxygène, elle pourrait éviter un décès sur cinq. Il n'y a pas eu de bénéfice significatif pour les patients qui ne recevaient pas d'assistance respiratoire. Les résultats proviennent de l'essai Recovery (Randomised Evaluation of Covid-19 therapy), mené par l'Université d'Oxford. Il s'agit de tester si les médicaments existants utilisés pour d'autres affections pourraient également être utiles pour traiter le Covid-19. Environ 2 100 patients ont reçu une dose quotidienne de 6 mg de dexaméthasone pendant 10 jours. Leurs progrès ont été comparés à un échantillon aléatoire d'un peu plus de 4 300 patients qui n'ont reçu aucun traitement supplémentaire. Les scientifiques espèrent que la dexaméthasone pourra un jour être utilisée dans le cadre d'une série de médicaments qui, ensemble, pourraient réduire encore davantage le nombre de décès. Il est désormais recommandé aux adultes, à l'exclusion des femmes enceintes ou allaitantes. La dexaméthasone est un médicament peu coûteux qui existe déjà et qui est en bonne quantité. Le gouvernement dit avoir déjà stocké suffisamment de ce médicament pour traiter 200 000 personnes, en attendant un bon résultat de l'essai. Au Royaume-Uni, le médicament coûtera 5,40 £ par jour et par patient et le traitement durera jusqu'à 10 jours. Il a été fabriqué pour la première fois en 1957 et est devenu disponible au Royaume-Uni au début des années 1960. Parce qu'il existe depuis si longtemps, le médicament n'est plus breveté. Cela signifie qu'un grand nombre d'entreprises différentes peuvent le fabriquer et qu'il est largement disponible dans le monde entier. C'est une bonne nouvelle pour les pays en développement, et l'Organisation mondiale de la santé a salué les résultats de ces essais. Le ministère de la santé et des affaires sociales affirme que le médicament a également été ajouté à la liste des exportations parallèles du gouvernement, qui interdit aux entreprises d'acheter des médicaments destinés aux patients britanniques et de les revendre à un prix plus élevé dans un autre pays. Quelles sont les autres conditions d'utilisation ? Le médicament peut aider à traiter diverses maladies impliquant une inflammation ou un gonflement de l'organisme, ou des conditions dans lesquelles le système immunitaire est surmené - par exemple, un asthme grave qui peut provoquer une inflammation des voies respiratoires et des poumons, des réactions allergiques graves ou des articulations douloureuses et enflammées. La dexaméthasone est également utile dans les affections auto-immunes telles que la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus, qui sont causées par le système immunitaire attaquant l'organisme par erreur. Les effets secondaires courants de la dexaméthasone utilisée pour d'autres affections sont l'anxiété, les troubles du sommeil, la prise de poids et la rétention d'eau. Les effets secondaires plus rares sont les troubles oculaires, la vision floue et les hémorragies. Cependant, les patients atteints de coronavirus n'ont besoin que d'une dose relativement faible, ce qui devrait limiter les effets secondaires. Le médecin en chef pour l'Angleterre a déclaré qu'il n'y avait ""pas d'excès de dommages identifiés dans l'utilisation de cette dose de dexaméthasone dans cette population de patients""." https://www.bbc.com/afrique/monde-53092790 +health Covid-19 : pourquoi les chauves-souris ne sont pas à blâmer, selon les scientifiques "De temps en temps, le Dr Mathieu Bourgarel demande aux anciens du village la permission de visiter les grottes sacrées, en apportant un cadeau pour apaiser les esprits. Muni d'un masque, d'une salopette et de trois couches de gants, il s'engouffre dans l'obscurité, descend les échelles à l'aide d'une corde et se faufile dans les étroites chambres des grottes. L'odeur caractéristique des chauves-souris est partout, leurs excréments déposés en couches sur le sol, comme si elles pataugeaient dans la neige fraîche. Il arrive qu'une chauve-souris soit effrayée pendant son sommeil, ses ailes frôlant le sol alors qu'elle prend son envol. Dans cette partie du Zimbabwe, les gens appellent les chauves-souris des ""dragons ailés"", des ""rats volants"" ou tout simplement les ""méchants"". Comme partout ailleurs dans le monde, les mammifères volants sont très mal compris. Pour cet écologiste de la vie sauvage, ce sont des créatures magnifiques et incroyables. ""Ils sont fascinants"", dit-il. ""Les gens ont peur des choses qu'ils ne connaissent pas."" Le Dr Bourgarel est chasseur de virus pour l'institut de recherche français, le Cirad. En collaboration avec des collègues de l'université du Zimbabwe, il se rend dans les grottes des chauves-souris pour y recueillir des échantillons et des fientes de chauves-souris. De retour au laboratoire, les scientifiques extraient et séquencent le matériel génétique des virus des chauves-souris. Ils ont déjà découvert différents coronavirus, dont un de la même famille que le Sars et le Sars-CoV-2. La faune en ""déclin catastrophique""'', prévient un rapport L'interdiction des emballages en plastique ""pourrait nuire à l'environnement"" Risque d'extinction ""réel et imminent"" pour les baleines Cette recherche fait partie d'un effort mondial visant à étudier la diversité et la composition génétique des virus dont les chauves-souris sont porteuses, fournissant ainsi les outils nécessaires pour réagir rapidement si des personnes commençaient à tomber malades. ""La population locale se rend fréquemment dans l'habitat de ces chauves-souris, afin de collecter du guano qu'elle utilise comme engrais pour ses cultures. Il est donc essentiel de connaître les agents pathogènes transportés par les chauves-souris, car ils pourraient être transmis à l'homme"", explique le Dr Elizabeth Gori de l'Université du Zimbabwe. Les experts en chauves-souris ont lancé une campagne, ""Don't Blame Bats"", pour dissiper les craintes et les mythes non fondés concernant les chauves-souris, qui menacent leur conservation. Selon eux, les chauves-souris sont parmi les animaux les plus incompris et les plus sous-estimés de la planète. Longtemps la cible du mépris, de la persécution et des préjugés culturels, elles ont été rendues responsables d'une foule de maux infligés aux humains. Et les craintes et les mythes concernant les chauves-souris n'ont fait que s'intensifier à l'époque du Covid. Source: Bat Conservation International Regarder aussi : L'origine précise du virus qui a fait tant de ravages dans le monde n'a pas été déterminée. Mais la grande majorité des scientifiques s'accordent à dire qu'il est passé chez l'homme à partir d'une espèce animale, très probablement une chauve-souris. Cela ne veut pas dire que les chauves-souris sont à blâmer ; c'est notre interférence croissante avec ces créatures sauvages qui est à l'origine du problème. La plupart des épidémies de maladies émergentes peuvent être liées à la destruction de la nature par l'homme. Lorsque les forêts ou les prairies sont rasées pour faire paître le bétail, pour cultiver du soja ou pour construire des routes et des habitations, les animaux sauvages sont forcés de se rapprocher de plus en plus des humains et du bétail, ce qui donne aux virus la possibilité de sauter du navire. ""Il est indéniable que les chauves-souris, comme de nombreux autres groupes d'animaux, présentent des risques réels en tant qu'hôtes de maladies potentiellement dangereuses"", déclare Ricardo Rocha de l'université de Porto, au Portugal. Mais il souligne que si l'on tient compte du nombre d'espèces de chauves-souris (1 400 ou plus), le nombre de virus infectant l'homme est similaire à celui d'autres groupes, tels que les oiseaux, les animaux domestiques et les rongeurs. Les scientifiques estiment que trois maladies infectieuses nouvelles ou émergentes sur quatre chez l'homme proviennent des animaux. Un avertissement des dangers est apparu en 2002, lorsque la mystérieuse maladie, le Sars, a fait son apparition en Chine, tuant près de 800 personnes dans le monde. En 2017, les chercheurs ont identifié une colonie de chauves-souris en fer à cheval vivant dans des grottes isolées de la province du Yunnan qui abritaient des fragments génétiques du virus Sars humain. Ils ont alors averti qu'une maladie similaire pourrait réapparaître, et ils ont eu raison. Mais plutôt que de blâmer une espèce ou une autre, nous devons réévaluer notre relation avec le monde naturel, dit le Dr Rocha. Il souligne que les chauves-souris sont vitales pour la santé des écosystèmes et le bien-être de l'homme. Les chauves-souris suppriment les insectes qui pullulent au-dessus des cultures. Les plantes des tropiques dépendent d'elles pour la pollinisation, notamment le cacao, la vanille et les fruits du durian. Et elles dispersent les graines des arbres qui se trouvent dans les forêts tropicales, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique. Ce serait un ""terrible résultat"" si les chauves-souris étaient diabolisées, car la propagation des maladies des animaux aux humains est bien plus liée à l'empiètement de l'homme sur son domaine que l'inverse, déclare le Dr David Robertson de l'université de Glasgow. Les antécédents du Sars-CoV-2 ont probablement circulé chez les chauves-souris pendant des décennies, dit-il, avec la capacité d'infecter d'autres espèces animales également. Il a été noté des cas isolés de réactions hostiles aux chauves-souris liées au Covid, y compris des mises à mort ou des intentions de mise à mort au Pérou, en Inde, en Australie, en Chine et en Indonésie. Les scientifiques avertissent que quelques actions malavisées pourraient avoir de graves conséquences pour les espèces de chauves-souris vulnérables et même augmenter le risque de propagation de la maladie. ""Une préoccupation majeure est que de nombreuses espèces de chauves-souris sont menacées d'extinction, de sorte que même de petits cas de violence malavisée pourraient causer des dommages irréversibles et avoir des effets catastrophiques sur les écosystèmes dont l'homme dépend"", déclare Douglas MacFarlane de l'Université de Cambridge. Les chauves-souris ont vécu aux côtés des humains pendant des siècles, pour le bien de tous. Dans la ville universitaire de Coimbra, au Portugal, les chauves-souris occupent depuis plus de 300 ans une bibliothèque du XVIIIe siècle, se régalant d'insectes qui pourraient autrement détruire les manuscrits. Visitez la bibliothèque à la tombée de la nuit et vous pourriez les voir sortir par les fenêtres et descendre en piqué dans les rues pavées escarpées. Selon Ricardo Rocha, nous devons nous rappeler que les chauves-souris font partie intégrante des réseaux naturels complexes qui maintiennent les écosystèmes en bonne santé. ""S'il y a un message important à retenir de ce malheureux moment de l'histoire, c'est que rendre la nature malade nous rend malades"", dit-il. A regarder aussi :" https://www.bbc.com/afrique/monde-54525639 +health Coronavirus : Madagascar lève le couvre-feu Le président de Madagascar, Andry Rajoelina, a levé le couvre-feu imposé pour freiner la propagation du coronavirus. Il a annoncé que les activités sportives seraient autorisées mais avec un public de 200 personnes maximum. Les passagers embarquant sur des vols intérieurs devront passer un test de dépistage du coronavirus 48 heures avant le départ et ne seront autorisés à embarquer que si le test est négatif. Un seul aéroport a été autorisé à accueillir des vols internationaux à partir de ce mois, avec des directives strictes pour prévenir la propagation du coronavirus. Le port du masque et la distanciation sociale sont toujours obligatoires dans tout le pays. Coronavirus - Madagascar : Madagascar a enregistré un pic de cas de virus en juillet, ce qui a obligé le gouvernement à réintroduire un confinement dans la capitale, Antananarivo. Le président Rajoelina avait fait la promotion d'un tonique à base de plantes qui, selon lui, guérissait le Covid-19, mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a maintenu qu'il n'y avait pas de remède à cette maladie. Le tonique est maintenant fabriqué en comprimés et continue d'être distribué dans le pays. Lutte contre le coronavirus dans d'autres pays d'Afrique : https://www.bbc.com/afrique/region-54434673 +health "Deux aveugles en croisade contre les ""proverbes discriminatoires"" au Nigéria" "Saifullah Mukhtar et Bilkisu Ibrahim déclarent que des proverbes ""insultent les aveugles"" et en font ""pleurer beaucoup en privé"". Les deux complices distribuent des messages écrits à la main dans la rue, soulignant les proverbes qu'ils veulent que les gens cessent d'utiliser. L'un de ces proverbes, ""tout est pareil pour un aveugle qui visite la nuit"", signifiant qu'une personne aveugle puisse ne jamais voir la lumière dans sa vie"" est irrespectueux, a déclaré M. Mukhtar à la BBC. Lire aussi : Mme Ibrahim, qui est enseignante dans une école spécialisée, a dit que les gens devaient changer de mentalité. ""Nous avions commencé, il y a longtemps, et nous nous étions arrêtés, mais maintenant nous revenons avec plus de détermination. ""Ces proverbes privent les aveugles de leur confiance, c'est pourquoi nous supplions les gens d'arrêter. Pensez aux jeunes qui arrivent"", a dit Mme Ibrahim. Les deux activistes ont l'intention de se rendre dans les médias pour les exhorter à soutenir leurs efforts en vue de changer les attitudes du public. Regarder :" https://www.bbc.com/afrique/50835425 +health La prescription simple d'un médecin brésilien pour aider à arrêter de fumer "André Biernath\nBBC News Brésil Vous voulez arrêter de fumer ? Vous ne devez pas abandonner cette habitude du jour au lendemain. Cependant, chaque fois que vous allumez une cigarette, faites-le debout, dans un endroit isolé, sans personne autour, et fumez face à un mur. C'est l'une des principales directives données par la cardiologue Jaqueline Scholz aux fumeurs qui viennent à son cabinet et veulent arrêter de fumer. Le spécialiste est professeur à la faculté de médecine de l'université de São Paulo (USP) et dirige le programme de traitement du tabagisme à l'Instituto do Coração (InCor), également à São Paulo, l'une des principales cliniques ambulatoires pour fumeurs au Brésil, qui connaît un grand succès. Scholz explique que l'idée de cette technique, appelée ""fumer comme une punition"", est née en 2015, lors d'une conversation avec un patient. Il m'a regardé en face et m'a dit : ""Docteur, vous m'avez fait dépenser de l'argent pour des médicaments et vous m'avez dit que je perdrais le plaisir de fumer, mais cela ne s'est pas produit"", se souvient-il. ""C'est là que l'idée m'est venue : je me suis levé de ma chaise, j'ai regardé sur le côté et j'ai dit : 'Je veux vous voir apprécier la cigarette debout, en regardant un mur'. Cette recette simple a fait l'objet d'un article scientifique publié l'année dernière, qu'elle a rédigé en partenariat avec des coll��gues de l'USP et de l'Université fédérale de São Paulo (Unifesp), ainsi qu'avec un représentant du département de cardiologie préventive de l'hôpital universitaire d'Oslo, en Norvège. L'étude a comparé un groupe de patients qui ont suivi un traitement standard de sevrage tabagique (médicaments et conseils en cabinet) et un autre groupe qui, en plus des thérapies conventionnelles, a également reçu l'ordre de fumer en guise de punition. Les résultats montrent que, 12 mois après le début du suivi, 34% des participants du premier groupe (traitement standard) avaient complètement arrêté de fumer. Parmi ceux qui ont adopté l'intervention supplémentaire (punition du tabagisme) au départ, ce nombre était de 65%, ce qui équivaut à une augmentation de 31 points de pourcentage du taux de réussite. Pourquoi cette technique fonctionne-t-elle et comment peut-elle compléter les autres ressources thérapeutiques déjà disponibles, comme les médicaments et les conseils, pour aider les personnes qui veulent arrêter de fumer ? Scholz souligne que le traitement conventionnel du sevrage tabagique repose sur un médicament appelé varénicline. De manière générale, ce médicament se lie aux récepteurs de la nicotine dans les cellules du cerveau. Cela réduit la sensation de manque ressentie par la personne lorsqu'elle arrête de fumer. La nicotine, il faut le rappeler, est l'une des principales substances présentes dans le tabac. Elle est associée à des sentiments de plaisir et de bien-être, mais elle entraîne une très forte dépendance. C'est pourquoi il est si difficile d'arrêter de fumer. Les feuilles de tabac contiennent de la nicotine, une substance qui favorise la dépendance. En se liant à ces récepteurs de nicotine dans le cerveau, la varénicline réduit également la sensation de récompense que procure la cigarette. Le résultat est que le plaisir de fumer diminue ou finit par disparaître. Chez les patients qui ne répondent pas aussi bien à la varénicline, d'autres ressources pharmaceutiques, comme les antidépresseurs et les patchs à la nicotine, peuvent être associées. Outre les médicaments, le traitement de sevrage tabagique comprend un suivi médical, des séances de conseil et des directives de base sur le moment et la manière d'arrêter de fumer. Si cette ligne de traitement établie fonctionne pour certains patients, d'autres, qui veulent arrêter leur dépendance, ne réagissent pas bien. Même avec toutes les modifications des récepteurs et des comportements du cerveau, les cigarettes restent une importante source de plaisir pour eux. ""Nous savons que le plaisir de fumer est associé à des souvenirs hédoniques, et il n'existe pas de médicaments qui agissent sur ces aspects"", déclare Scholz. ""Pour eux, fumer représente la répétition d'une expérience agréable, même si les récepteurs de la nicotine sont bloqués"", ajoute-t-il. En d'autres termes, le tabagisme reste lié à un certain nombre d'autres bonnes choses dans la vie de cet individu, comme une pause au travail, une conversation avec des amis, un café ou des moments avant ou après les repas. Et c'est là qu'intervient l'idée du tabagisme punitif : en consommant la cigarette debout, sans personne autour et face à un mur, la personne perd tous les stimuli agréables associés à la cigarette. Associée à la médication et au contrôle, cette pratique permet de réduire davantage les plaisirs liés au tabagisme. Pour évaluer la technique du tabagisme comme punition, Scholz a réuni une équipe de professionnels de la santé et a analysé les données des patients qui sont passés par la clinique entre 2011 et 2018. Le premier groupe, composé de 324 fumeurs, a reçu un traitement standard qui, en plus des médicaments, comprenait la stratégie consistant à définir une date d'arrêt. Le second groupe, composé de 281 patients, a pris de la varénicline et les autres médicaments, mais n'a pas reçu l'instruction d'arrêter de fumer d'un coup : ils pouvaient fumer autant qu'ils le voulaient, à condition de respecter les règles de base de la technique : debout, isolés, face à un mur. Après trois mois, 45 % des participants du groupe 1 avaient arrêté de fumer, contre 75 % pour le groupe 2. Près d'un an après le début du suivi, ce taux était de 34 % et 65 %, respectivement. Une autre étude du groupe, qui n'a pas encore été publiée, a également montré que cette technique permettrait de réduire le nombre de cigarettes qu'une personne fume par jour. Bien que cette étude soit prometteuse pour la technique, des recherches plus rigoureuses, telles que des essais contrôlés randomisés, sont encore nécessaires pour prouver son efficacité. ""Lorsque je parle du tabagisme comme d'une punition, beaucoup de patients s'arrêtent et se disent : ""wow, ça n'a pas de sens"", rapporte Scholz. ""D'une certaine manière, nous donnons l'autonomie au patient et ne déterminons pas qu'il doit être interdit de fumer, ce qui peut presque être une condamnation à mort pour certains"", estime-t-elle. Enfin, elle souligne que de nombreuses personnes ne savent même pas que le tabagisme est une maladie chronique et qu'il existe un protocole de traitement validé scientifiquement. ""Beaucoup de gens pensent qu'arrêter de fumer ne demande que de la volonté, ce qui n'est pas le cas"", explique-t-elle. ""Bien sûr, la motivation est importante, mais nous avons d'autres ressources. ""Et la personne ne doit pas attendre que le tabagisme provoque un problème de santé pour demander de l'aide"", conclut le cardiologue. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le tabac provoque plus de 8 millions de décès chaque année. Le tabagisme contribue au développement de plus de 15 types de cancer différents et est également lié à l'infarctus du myocarde, aux accidents vasculaires cérébraux, à la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), à la tuberculose, aux infections respiratoires, aux ulcères de l'estomac et de l'intestin, à l'impuissance sexuelle, à la stérilité et à la cataracte." https://www.bbc.com/afrique/articles/cz9k2z4v6v1o +health "Coronavirus: la distanciation sociale est nécessaire ""jusqu'à ce qu'un vaccin soit trouvé""." "Le Royaume-Uni doit maintenir un ""niveau significatif"" de distanciation sociale jusqu'à ce qu'un vaccin contre le coronavirus soit trouvé, a déclaré un scientifique qui conseille le gouvernement. Le professeur Neil Ferguson a déclaré à la BBC qu'il y avait ""peu de marge de manœuvre"" pour assouplir les mesures sans ""quelque chose... à leur place"" - comme les tests de masse et la recherche des contacts. Une prolongation de trois semaines du confinement devrait être annoncée. Le Premier ministre Boris Johnson a imposé des mesures strictes de confinement au Royaume-Uni le 23 mars, alors que le gouvernement cherchait à limiter la propagation du virus. Les ministres sont tenus par la loi d'évaluer si ces dispositions fonctionnent, sur la base d'avis d'experts, toutes les trois semaines. es travaillistes se sont déclarés favorables à une prolongation, tout en réclament des détails sur la manière dont le dé confinement serait fait et quand aura t il lieu. Par ailleurs, plus de neuf personnes sur dix qui meurent du coronavirus ont un problème de santé sous-jacent, selon une analyse de l'Office des statistiques nationales. S'exprimant lors de l'émission Today de la BBC Radio 4, le professeur Ferguson, de l'Imperial College London, a déclaré que l'assouplissement du confinement après trois semaines supplémentaires dépendrait de ""la rapidité avec laquelle le nombre de cas diminue"". Il a ajouté que le gouvernement et le système de santé devaient ""mettre l'accent sur l'intensification des tests et la mise en place de la capacité à suivre les cas dans la communauté et à retrouver les contacts"". La recherche des contacts vise à identifier et à alerter les personnes qui ont été en contact avec une personne infectée par le virus. Le gouvernement a annoncé des plans pour une application de recherche des contacts, mais les experts affirment que 80 % des propriétaires de smartphones doivent s'inscrire à cette application pour que cela puisse aider à en finir avec l'épidémie. En dehors de tester d'avantage de gens et rechercher les contacts, le professeur Ferguson a déclaré que les estimations montraient que ""nous avons relativement peu de marge de manœuvre"". Le Royaume-Uni a maintenant la capacité de réaliser 35 000 tests de dépistage du coronavirus par jour, a déclaré Downing Street, bien que les derniers chiffres montrent que moins de la moitié de ce nombre a été réalisé. Le porte-parole officiel du Premier ministre a déclaré que cela était dû à un ""manque de demande, et non à un manque de capacité"" et que le gouvernement élargissait l'éligibilité. Sur l'assouplissement des restrictions actuelles, le professeur Ferguson a déclaré : ""Ce dont nous avons vraiment besoin, c'est la capacité de mettre quelque chose à leur place. Si nous voulons ouvrir des écoles, laisser les gens retourner au travail, alors nous devons maintenir la transmission à un niveau bas d'une autre manière. ""Et je dois dire que cela ne va pas revenir à la normale. Nous devrons maintenir un certain niveau de distanciation sociale, un niveau important de distanciation sociale, probablement indéfiniment jusqu'à ce que nous ayons un vaccin disponible"". James Gallagher, correspondant de la BBC pour la santé, a déclaré que si un vaccin était trouvé, les fabricants ne devraient pas pouvoir le produire en masse avant le second semestre 2021.""N'oubliez pas qu'il y a quatre coronavirus qui circulent déjà chez les êtres humains. Ils provoquent le rhume et nous n'avons pas de vaccin pour aucun d'entre eux"", a-t-il déclaré. Le professeur Ferguson a déclaré qu'il pensait que ""le nombre quotidien d'infections avait atteint un sommet il y a deux semaines"", mais il a ajouté qu'il était ""trop tôt pour se détendre"". A la question de savoir si le gouvernement s'oriente vers une stratégie de sortie de crise, le professeur Ferguson a répondu qu'il aimerait voir ""l'action accélérée"" et a appelé à plus d'infrastructures. ""Je me souviens que nous avions un département pour Brexit au sein du gouvernement - c'était une urgence nationale majeure, pour ainsi dire - et nous sommes confrontés à quelque chose qui est, pour le moment, encore plus grand que Brexit et pourtant je ne vois pas tout à fait la même preuve pour ce niveau d'organisation"", a-t-il dit. Le ministre de la santé, Matt Hancock, a déclaré aujourd'hui que le professeur Ferguson ne voyait pas ce genre d'action en coulisse au sein du gouvernement ""parce qu'il conseille le gouvernement, il n'est pas au gouvernement"". Il a déclaré que les ministres ""ne seraient pas distraits"" en confondant son message ""essentiel"" de rester chez lui et de protéger le NHS. ""La façon dont nous communiquons en tant que gouvernement a un impact direct sur le nombre de cas que nous avons et donc sur le nombre de personnes qui meurent"", a déclaré M. Hancock. ""Nous parlons de ce qui est nécessaire maintenant et quand nous devons changer cela, nous le ferons"". Plus tôt, le ministre de la santé a déclaré à BBC Breakfast qu'il pensait que le gouvernement avait été clair ""nous pensons qu'il est trop tôt pour faire un changement"". M. Hancock a déclaré qu'il ne voulait pas gaspiller les ""bons efforts"" du public en mettant fin trop tôt à la quarantaine, ajoutant que la publication de toutes les mesures maintenant laisserait le virus ""se propager"". Tout indique que le Royaume-Uni atteint le pic des cas de coronavirus. Le nombre de patients hospitalisés atteints de coronavirus semble se stabiliser. Il y a plus de 10 000 lits disponibles dans les services généraux et 2 000 places supplémentaires en soins intensifs. C'est cette marge de manœuvre qui a incité le NHS Providers, qui représente les patrons d'hôpitaux, à déclarer cette semaine qu'il était ""de plus en plus"" confiant dans la capacité du service de santé à faire face. Coronavirus: quel est le risque pour les hommes de plus de 50 ans ? Les Etats-unis vont suspendre le financement américain de l'OMS Coronavirus et isolement : comment faire face à la solitude ? Mais les conseillers du gouvernement vont sans doute conseiller aux ministres de poursuivre le verrouillage des services - car ils craignent que toute levée des restrictions à ce stade ne vienne défaire le bon travail, et n'entraîne un pic dans les cas qui engloutiraient cette capacité inutilisée et submergeraient le service de santé. Le conseiller médical en chef du Royaume-Uni, le professeur Chris Whitty, a averti d'un possible ""rebond"" des chiffres prochainement, en raison des retards dans la déclaration des décès pendant le week-end de Pâques. 740 autres personnes sont mortes dans les hôpitaux anglais après avoir été testées positives au coronavirus. En Écosse, 80 autres personnes sont décédées et l'Irlande du Nord a enregistré 18 autres décès. Au Pays de Galles, il y a eu 32 autres décès. Les chiffres pour l'ensemble du Royaume-Uni utilisent un calendrier différent de celui des nations individuelles. Pendant ce temps, le secrétaire d'État à la santé Jonathan Ashworth a déclaré à BBC Breakfast que le parti travailliste soutiendrait une prolongation. Mais il a demandé au gouvernement de clarifier ""ce qui se passera ensuite"" et de passer à une ""stratégie de test et de recherche de contacts"" pour sortir de l'isolement." https://www.bbc.com/afrique/monde-52326637 +health Santé bucco-dentaire : la meilleure façon de se brosser les dents "Pour une routine que la plupart d'entre nous pratiquons depuis avant que nous soyons assez grands pour voir dans le miroir de la salle de bain, nous sommes remarquablement mauvais dans le brossage de nos dents. En Suède, une étude a révélé qu'une personne sur dix seulement pratique la meilleure technique de brossage. L'assureur santé britannique Bupa a constaté que près de la moitié des personnes interrogées ne savaient pas comment se brosser correctement les dents lors d'une enquête menée auprès de 2 000 personnes au Royaume-Uni.""Il est très probable que toute personne n'ayant pas reçu d'instructions formelles de la part de son dentiste ou de son hygiéniste se brosse mal les dents"", explique Josefine Hirschfeld, professeur associé et spécialiste en dentisterie restauratrice à l'université de Birmingham au Royaume-Uni. ""D'après mon expérience, ce sera la grande majorité de la population, quel que soit le pays.""Cela n'est peut-être pas surprenant, étant donné la variété d'informations disponibles sur la façon dont vous devez vous brosser les dents. Une étude a trouvé au moins 66 avis d'experts différents, parfois contradictoires.""Je pense qu'il y a beaucoup de confusion pour le consommateur"", déclare Nigel Carter, directeur général de l'Oral Health Foundation au Royaume-Uni. Cette confusion est amplifiée par l'éventail de produits dentaires disponibles à l'achat, des racleurs de langue aux hydrojets interdentaires. Lire aussi sur BBC Afrique : Alors, qu'est-ce qui ne va pas chez la plupart d'entre nous, et comment pouvons-nous changer notre routine pour nous assurer de nous brosser les dents efficacement ? ""Beaucoup de patients comprennent que ce qu'ils doivent faire, c'est enlever les restes d'aliments"", dit Hirschfeld. ""Ce n'est que partiellement vrai. Il est beaucoup plus important d'éliminer les bactéries des dents.""Pensez à brosser la ligne des gencives, plutôt que les dents elles-mêmes. Les dents seront alors brossées automatiquement - Josefine HirschfeldCes bactéries et autres micro-organismes se développent à l'intérieur de la bouche de chacun, et forment un biofilm agglutiné communément appelé plaque dentaire. Ce biofilm est composé d'environ 700 espèces différentes de bactéries, soit la deuxième plus grande diversité du corps humain après l'intestin, ainsi que d'une multitude de champignons et de virus. ""Ils vivent dans la pellicule collante collée aux dents et aussi aux tissus mous"", explique Hirschfeld. ""Cette pellicule collante ne peut pas être facilement rincée - elle doit vraiment être nettoyée manuellement.""L'endroit le plus important pour l'enlever n'est en fait pas les dents, mais le rebord gingival. C'est là que les microbes sont le plus à même de s'infiltrer dans le tissu gingival et de provoquer une inflammation, et finalement des affections telles que la parodontite. En fait, ""se brosser les dents"" est un terme mal choisi. ""Pensez à brosser votre liseré gingival, plutôt que les dents elles-mêmes"", dit Hirschfeld. ""Les dents seront alors brossées automatiquement"". L'une des méthodes les plus efficaces pour éliminer le biofilm est connue sous le nom de ""technique de Bass modifiée"". Cette méthode exige une dextérité manuelle beaucoup plus grande que la vague méthode ""mets la brosse dans ta bouche et prends l'air occupé"" que beaucoup d'entre nous utilisent, comme je m'en aperçois bientôt.Dans ma salle de bains, armé de ma brosse à dents manuelle à manche en bambou et à poils en nylon, je me prépare à essayer le Bass modifié. J'ai collé au miroir mon nouveau sablier miniature qui chronomètre deux minutes (j'y reviendrai plus tard). Je le retourne et je commence.La technique de la Bass modifiée consiste à placer la brosse à un angle de 45 degrés par rapport à la face de la dent (inclinée vers le bas pour la mâchoire inférieure et vers le haut pour la supérieure, comme si vous essayiez presque de faire passer les poils sous la gencive). Vous effectuez ensuite de petits mouvements vibratoires de va-et-vient au niveau de la gencive. Après avoir étudié attentivement plusieurs vidéos, je me lance.Quelques instants plus tard, mon miroir est aspergé de taches blanches de dentifrice et ma brosse est par terre. Dans mon enthousiasme, j'ai maladroitement manipulé la brosse, j'ai frotté la tête en bambou dur sur mes gencives et je l'ai fait tomber.Sans me décourager, j'ai lavé ma brosse à dents d'un coup sec et j'ai réessayé, cette fois-ci plus timidement. Les petits mouvements vifs mais doux que Hirschfeld m'a soigneusement décrits sont étonnamment difficiles à reproduire. En tant que droitière, j'ai l'impression d'essayer d'écrire une écriture cursive soignée avec ma main gauche. Une fois que j'ai péniblement négocié toute la ligne de mes gencives - supérieure, inférieure, intérieure et extérieure - avec une tentative de Bass modifié, je vérifie mon petit sablier vert. Mes deux minutes sont écoulées, depuis je ne sais combien de temps, et je n'ai même pas encore commencé à utiliser le fil dentaire.Il existe d'autres techniques que le Bass modifié qui permettent d'éliminer efficacement le biofilm. À une autre occasion, j'ai essayé la technique Stillman modifiée - similaire à la Bass modifiée, avec l'ajout d'un mouvement de balayage occasionnel agréable en s'éloignant de la ligne gingivale, pendant lequel j'imagine un biofilm de saleté microbienne balayé dans un oubli mousseux. Après une semaine d'expérimentation et de petites taches de dentifrice sur le miroir alors que j'ai l'impression de maîtriser la technique, mes gencives commencent à être un peu douloureuses. Il s'avère que dans mon enthousiasme, j'ai exercé trop de pression. La pression exercée ne doit pas dépasser 150 à 400 g, selon Hirschfeld, bien que la pression optimale soit encore sujette à débat. Un brossage trop fort, surtout avec une brosse à poils durs, peut causer un traumatisme aux gencives. Les petites déchirures dans les tissus mous causées par un brossage trop zélé sont une occasion pour les bactéries de pénétrer dans la circulation sanguine. Et le fait de faire passer les poils de la brosse sur l'émail peut entraîner l'apparition de minuscules rainures dans la dent, qui s'ajoutent à une érosion importante au fil du temps. Les personnes qui utilisent une brosse à dents manuelle appuient souvent plus fort que celles qui utilisent une brosse électrique, dont beaucoup sont équipées de capteurs qui les avertissent lorsque la pression est trop forte. Pendant quelques jours, j'essaie une technique différente, destinée aux enfants et aux personnes ayant moins de dextérité manuelle. La méthode Fones consiste à tenir la brosse à 90 degrés et à effectuer des mouvements circulaires sur les dents, en effleurant la ligne des gencives. C'est certainement plus facile à faire pendant que j'essaie d'obtenir une pression correcte. Mais je suis résolu à maîtriser la technique Bass modifiée dès que mes gencives auront récupéré de mon empressement. ""La technique du Bass modifié est l'une des meilleures. Elle nettoie les dents de la meilleure façon possible, sans causer de traumatisme aux dents et aux gencives"", déclare Hirschfeld. Mais Nigel Carter, de la Fondation pour la santé bucco-dentaire, note, de manière rassurante, que l'important n'est pas toujours d'avoir la bonne version du manuel. ""Ce que les dentistes et les hygiénistes recommandent généralement aujourd'hui, c'est de regarder ce que la personne fait et de modifier sa technique existante pour l'améliorer"", dit-il. Se brosser les dents pendant au moins deux minutes à la fois, deux fois par jour, telle est la recommandation de l'American Dental Association, du NHS, de l'Indian Dental Association, de l'Australian Dental Association et de nombreuses autres organisations nationales de santé. Le problème est que la plupart d'entre nous n'arrivent pas à estimer la durée réelle de deux minutes. La durée moyenne réelle du brossage varie considérablement, de 33 secondes, 45 secondes, 46 secondes à 97 secondes, selon les différentes études. Selon une étude menée par Carolina Ganss, professeur au département de dentisterie conservatrice et préventive de l'université Justus-Liebig de Giessen, en Allemagne, environ 25 % seulement des personnes se brossent les dents suffisamment longtemps, avec la pression et le mouvement adéquats. Heureusement, il existe des solutions simples, comme l'utilisation d'une application sur votre téléphone, un sablier miniature collé au mur de la salle de bains (comme j'ai choisi de le faire) ou une brosse à dents électrique dotée d'un minuteur intégré. En général, plus le temps de brossage est long, plus la quantité de biofilm éliminée est importante, selon Mme Carter, mais on estime qu'environ deux minutes suffisent pour faire le tour de toutes les surfaces des dents et du sillon gingival. Pour les personnes souffrant d'une maladie des gencives ou d'autres problèmes de santé bucco-dentaire, cependant, il faut parfois plus de temps pour s'assurer que le biofilm a bien été délogé. ""En fait, le temps de brossage optimal dépend fortement de la situation individuelle"", explique Hirschfeld. ""Il n'est pas vraiment défini, et il ne peut pas l'être, car la situation dentaire et buccale de chaque personne est différente. Ce qui compte, c'est que toutes les dents soient nettoyées toutes les surfaces de chaque dent, y compris les zones difficiles à atteindre - et cela peut facilement prendre beaucoup plus de deux minutes."" Dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie, il est conseillé d'effectuer deux fois par jour une technique de brossage soigneusement chronométrée et exécutée avec diligence. L'Association dentaire indienne, quant à elle, conseille de se brosser les dents jusqu'à trois fois par jour (y compris après le déjeuner). Pour la plupart des gens qui n'ont pas de problèmes majeurs de santé bucco-dentaire, il n'y a aucun avantage à aller au-delà de ces conseils. ""Il n'est pas nécessaire d'en faire plus pour éliminer les bactéries des dents et il peut même être néfaste de se brosser les dents plus de deux fois par jour"", car un brossage excessif risque d'abraser la dent, explique M. Hirschfeld. Mais là encore, il y a des exceptions. ""Si vous pensez aux personnes portant un appareil dentaire où les aliments sont très facilement piégés, on conseille généralement à ces patients de se brosser les dents après chaque repas"", ajoute-t-elle. Se brosser les dents deux fois permet également de se prémunir contre une technique imparfaite. ""Si vous vous brossez parfaitement les dents une fois par jour, cela devrait suffire, car c'est la plaque dentaire plus ancienne qui cause les problèmes de caries et de maladies des gencives"", explique Mme Carter. ""Mais aucun d'entre nous ne le fait à 100 %. L'idée est donc qu'en le faisant deux fois, vous récupérez les parties que vous avez manquées auparavant, de sorte que chaque jour vous nettoyez tout."" Est-il préférable de se brosser les dents avant ou après le petit-déjeuner ? Des fabricants de dentifrice aux hôpitaux dentaires, nombreux sont ceux qui affirment qu'il vaut mieux se brosser les dents avant le petit-déjeuner qu'après. Mais cela reste un sujet de débat. ""Il n'y a pas de recommandation spécifique et forte"", dit Hirschfeld. ""Mais beaucoup de dentistes recommandent de se brosser les dents après, car cela permet d'éliminer non seulement la plaque dentaire, mais aussi les restes d'aliments du petit-déjeuner."" Le fait qu'avant ou après le petit-déjeuner soit plus efficace pour vous dépend de ce que vous mangez et du moment où vous le faites. En effet, il faut deux choses pour qu'un biofilm se développe : des microbes, et de la nourriture pour eux. ""Sans bactéries ou sans nourriture, vous ne pouvez pas développer de caries"", déclare Hirschfeld. ""Si vous éliminez les bactéries à l'aide d'une brosse à dents avant le petit-déjeuner, la quantité de sucre que vous mangez ne devrait pas avoir d'importance en théorie. S'il n'y a pas de bactéries qui peuvent le fermenter, alors tout va bien."" Mais l'élimination de 100 % du biofilm en une seule séance de brossage avant le petit-déjeuner est loin d'être assurée, surtout si l'on considère les habitudes de brossage douteuses de la plupart des gens. De même, le brossage après le petit-déjeuner peut être efficace. ""Si les sucres se superposent aux bactéries existantes et que vous les éliminez par le brossage, cela devrait également être efficace"", affirme M. Hirschfeld. L'un des principaux inconvénients du brossage après le petit-déjeuner, cependant, est que vous devez laisser un bon intervalle entre le repas et le brossage - l'American Dental Association recommande d'attendre 60 minutes. La raison en est que les acides contenus dans les aliments, et dans les sous-produits de la digestion des glucides par les microbes, rendent temporairement les dents vulnérables. ""Les acides attaquent la couche d'émail des dents et la ramollissent pendant un certain temps"", explique M. Hirschfeld. Cela élimine certains des composants clés de l'émail - le calcium et le phosphate - bien qu'ils soient remplacés en quelques heures par les minéraux contenus dans la salive. ""Le processus est donc auto-réparateur. Mais si vous n'attendez pas que cette autoréparation se produise, cette surface érodée deviendra très sensible au simple fait d'être brossée."" Le Dr Carter reconnaît que la question de savoir s'il faut se brosser les dents avant ou après le petit-déjeuner est nuancée et dépend de ce que vous avez mangé. Les aliments et les boissons acides, tels que les agrumes, les jus de fruits et le café, justifient un brossage avant plutôt qu'après le petit-déjeuner, afin de ne pas interrompre le processus de reminéralisation. Plus importante que la question du petit-déjeuner est celle du brossage du soir, qui a également une réponse plus simple : il doit toujours avoir lieu la dernière fois avant le coucher. ""Votre salive est votre mécanisme de protection naturel"", explique Mme Carter, car elle inhibe la croissance bactérienne et la carie dentaire. ""Le flux de salive diminue pendant la nuit, c'est pourquoi il est très important que toute la plaque soit éliminée avant de dormir."" Il existe sur le marché des brosses à dents et des dentifrices qui permettent littéralement de ""brosser les dents"", explique Hirschfeld. Les dentifrices très abrasifs, qui sont souvent marqués comme ""blanchissants"", et les brosses à poils durs sont réputés pour cela, surtout lorsqu'ils sont utilisés ensemble. ""C'est un processus très lent, qui se déroule sur des années ou des décennies"", explique-t-elle. ""Mais avec le temps, les dents s'abrasent et peuvent alors être très sensibles aux températures ou au développement de caries."" Les brosses à poils moyens sont les meilleures pour les adultes, ainsi qu'un dentifrice qui ne contient pas de petites particules abrasives. Une tête de brosse plus petite - permettant une plus grande maniabilité autour des dents individuelles - est également préférable, dit Hirschfeld, tout comme veiller à remplacer une brosse usée avant que ses poils ne deviennent trop difformes. Les brosses à dents traditionnelles ou les bâtonnets à mâcher, comme le miswak de l'arbre à brosses à dents, largement utilisés en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud, sont également efficaces pour éliminer la plaque dentaire et prévenir les caries. Mais ils présentent un risque plus élevé d'abrasion des gencives s'ils ne sont pas utilisés correctement. La brosse à dents électrique est encore plus efficace que les options manuelles, mais aussi plus chère. Après des années d'études ne montrant aucune différence significative entre les deux, un certain nombre de méta-analyses ont trouvé des niveaux modérés de preuve que les brosses à dents électriques sont plus efficaces pour éliminer la plaque dentaire. (Les auteurs de ces méta-analyses notent qu'ils ont reçu dans le passé des financements des fabricants de brosses à dents électriques). Cela s'explique en partie par le fait que le mouvement vibratoire est automatique et fait appel à moins de dextérité manuelle, mais un autre facteur est la taille des têtes. Beaucoup sont également dotées de capteurs de pression qui s'allument lorsque l'utilisateur appuie trop fort, risquant ainsi d'endommager l'émail. ""Mais si vous utilisez une brosse à dents manuelle et que vous l'utilisez absolument correctement en termes de méthode de brossage, de pression, etc., vous obtiendrez un résultat tout aussi bon"", affirme Hirschfeld. Malgré les controverses occasionnelles sur le manque de recherches sur l'utilisation du fil dentaire, de nombreuses organisations de santé dentaire restent de fervents partisans de cette pratique. ""Si vous considérez chaque dent comme un cube où cinq surfaces sont exposées à l'environnement buccal, toutes ces zones ont des biofilms qui se développent sur elles, et il n'y a vraiment aucune raison d'en négliger la moitié"", déclare Hirschfeld. Au Royaume-Uni, Carter estime qu'une très faible proportion - peut-être une personne sur 20 - utilise habituellement le fil dentaire. Une enquête menée en 2019 a révélé qu'un tiers des adultes britanniques n'avaient jamais utilisé de fil dentaire. Le fil dentaire n'est pas le seul moyen de se débarrasser du biofilm entre les dents. Les caractéristiques de vos dents - serrées ou très espacées, par exemple - détermineront ce qui fonctionnera le mieux, une petite brosse ou un mince morceau de fil dentaire. Pour ceux qui ont des problèmes de gencives ou de dents, le nettoyage interdentaire est l'occasion de mettre le paquet. ""Beaucoup de nos patients utilisent une grande variété de dispositifs de nettoyage interdentaire, de sorte qu'ils ont peut-être cinq ou six brosses différentes de différentes tailles, du fil dentaire et d'autres brosses"", explique le Dr Hirschfeld. Le temps consacré à l'utilisation du fil dentaire doit être considéré comme faisant partie de votre nettoyage de deux minutes, ajoute-t-elle, et il n'est pas nécessaire de le faire plus d'une fois par jour. Et ce, bien qu'une revue des essais contrôlés randomisés (ECR) réalisée en 2011 ait affirmé qu'il n'existait que ""des preuves faibles et très peu fiables suggérant que l'utilisation du fil dentaire et le brossage des dents peuvent être associés à une légère réduction de la plaque dentaire après un ou trois mois"", et que la plupart des études présentaient des défauts méthodologiques. Toutefois, cette étude a été retirée par la suite, après des objections selon lesquelles ""l'absence de preuves n'est pas la preuve de l'absence"". Une version ultérieure, mise à jour, a révélé que l'utilisation du fil dentaire était nettement plus efficace que le brossage seul pour réduire la gingivite (maladie superficielle des gencives, qui peut conduire ultérieurement à une maladie profonde des gencives, ou parodontite), bien que les preuves de la réduction de la plaque dentaire soient encore ""faibles"" et ""très peu fiables"". ""Il est vraiment difficile de mener ce type d'études"", déclare Hirschfeld. Il est difficile d'obtenir une cohorte suffisamment importante, reflétant la population générale et pas seulement les étudiants en médecine dentaire qui sont faciles à recruter pour ce type d'études, et de contourner des facteurs tels que le manque de fiabilité de l'autodéclaration. Un autre défi majeur est de mener les études suffisamment longtemps pour voir comment l'incidence des problèmes de dents et de gencives est modifiée, ce qui peut prendre des décennies. ""C'est difficile, voire impossible, à réaliser. C'est pourquoi les preuves sont faibles"". Bien qu'il existe une pléthore de dentifrices différents, allant de la prévention des caries au blanchiment en passant par la réduction de la sensibilité, les marques coûteuses ne sont pas nécessaires pour faire l'essentiel, affirment Hirschfeld et Carter. ""J'ai regardé la liste d'ingrédients de certains dentifrices vraiment bon marché que j'ai vus, parfois aussi bon marché que 40 pence, et je ne vois rien de mal à cela"", dit Hirschfeld. Parmi la longue liste d'ingrédients figurant au dos d'un paquet de dentifrice moyen, il y a un ingrédient en particulier auquel il faut faire attention : ""La teneur en fluor,"" dit Hirschfeld. ""C'est définitivement le facteur clé"". Elle doit être d'au moins 1 350 parties par million (ppm) pour les adultes, et de 1 000 ppm pour les enfants, afin de protéger l'émail des acides. L'émail des dents est le tissu le plus dur du corps humain, et l'un des plus durs que l'on puisse trouver dans la nature. ""Il est presque aussi dur que le diamant"", note M. Hirschfeld. Il est principalement composé d'un minéral appelé hydroxyapatite (une sorte de phosphate de calcium) disposé dans une structure cristalline complexe, qui varie sous différentes formes et dispositions dans la dent pour en augmenter la dureté et la durabilité. Mais malgré sa résistance à la force mécanique, l'émail se dissout facilement dans l'acide. Les microbes présents dans le biofilm libèrent de l'acide lactique comme sous-produit de la digestion des sucres et des glucides qui peuvent rester coincés entre nos dents. Cet acide lactique entraîne progressivement le calcium et le phosphate de l'émail, qui finit par s'effriter et former une carie. Les composés naturellement présents dans la salive peuvent contribuer à remplacer les minéraux perdus. En particulier, si du fluor est présent (comme c'est le cas naturellement dans les sols et l'eau dans de nombreuses régions du monde), l'émail se reforme en fluorapatite, qui est plus résistante aux acides que l'hydroxyapatite. Le fait de recracher le dentifrice lorsque vous avez terminé, mais de ne pas le rincer, permet au fluorure de rester plus longtemps sur les dents, pour une protection supplémentaire. ""Depuis que les fluorures ont été introduits dans le dentifrice, l'incidence des caries a diminué partout où l'on utilise du dentifrice fluoré"", affirme M. Hirschfeld. Toutefois, certains ingrédients à la mode doivent être traités avec prudence. Le charbon de bois, qui est utilisé pour nettoyer les dents depuis des millénaires et qui est devenu de plus en plus populaire dans les dentifrices commerciaux, est moins bien documenté. Il existe peu de preuves que le charbon blanchit les dents, et il peut augmenter le risque d'érosion dentaire et d'autres problèmes. Selon une étude, les allégations concernant les propriétés antibactériennes, antifongiques et antivirales des dentifrices au charbon de bois ne peuvent être étayées, et les dentistes doivent ""conseiller à leurs patients d'être prudents lorsqu'ils utilisent du charbon de bois et des [produits dentaires] à base de charbon de bois dont l'efficacité et la sécurité n'ont pas été prouvées"". De nombreux dentifrices au charbon de bois ne contiennent pas de fluorure et offrent donc une protection moindre contre les caries. Cependant, si une personne utilise un dentifrice sans fluorure ajouté, elle tirera quand même un certain bénéfice du brossage de ses dents. ""Elle peut toujours obtenir l'élimination mécanique de la plaque dentaire"", explique Mme Carter. ""Mais elle n'obtiendra pas le bénéfice de la prévention de la carie, ce qui est essentiellement le rôle du fluor dans le dentifrice."" D'autres additifs populaires dans les dentifrices peuvent être moins controversés. D'après les auteurs d'une méta-analyse, les dentifrices contenant du bicarbonate de soude (petits cristaux de bicarbonate de sodium) éliminent mieux la plaque dentaire que ceux qui n'en contiennent pas, tout en soulignant que d'autres études de suivi étaient nécessaires (les auteurs de cette étude ont déclaré avoir reçu des fonds de fabricants de brosses à dents et de dentifrices dans le passé). La même analyse a révélé que les dentifrices au bicarbonate de soude pouvaient entraîner une légère réduction des saignements dus à la gingivite. Selon Mme Carter, le bain de bouche est moins efficace que le brossage des dents pour éliminer la plaque dentaire, mais lorsqu'ils sont combinés, les deux peuvent éliminer un peu plus de plaque que le brossage seul. ""Je dirais que c'est un élément supplémentaire très utile, non pas pour remplacer le brossage des dents mais en complément"". Il peut toutefois être utile pour traiter la gingivite, selon une récente déclaration de consensus. Pour être utile, il doit contenir au moins 100 ppm de fluor et avoir une efficacité cliniquement prouvée pour réduire la plaque dentaire. Et il est préférable de l'utiliser uniquement si vos gencives saignent déjà, plutôt qu'à titre préventif. Faute d'un meilleur terme, il existe peut-être un ""sweet spot"" pour se brosser les dents efficacement. Pas assez de brossage, et le biofilm s'accumule et risque de provoquer des caries et des parodontites. Trop de brossage ou un brossage trop dur, et l'émail s'efface facilement avec le temps. Bien que la routine idéale - avec du fil dentaire ou des brosses interdentaires, et peut-être un bain de bouche si vous souffrez de gingivite - puisse être laborieuse, elle en vaut la peine pour le gain en termes de santé globale. Comme nous l'avons vu dans la première partie de cette série d'articles, un brossage efficace se révèle être un moyen efficace de réduire le risque non seulement de mauvaise haleine, de dents jaunes et de caries, mais aussi de développer des maladies telles que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et le déclin cognitif. ""De plus en plus de preuves suggèrent que l'inflammation est l'une des voies qui relie les maladies parodontales et les troubles cognitifs"", explique Bei Wu, professeur doyen en santé mondiale au Rory Meyers College of Nursing de l'université de New York. ""De bons comportements d'hygiène bucco-dentaire, comme un brossage efficace des dents, peuvent réduire la plaque dentaire et le risque d'inflammation des gencives."" Avec cela pour motivation, ma collection maintenant florissante de brosses, de dispositifs interdentaires, de fil dentaire et d'un nouveau minuteur de salle de bain ne semble pas si excessive après tout." https://www.bbc.com/afrique/monde-62409651 +health "AstraZeneca: L'agence européenne déclare que le vaccin d'Oxford est ""sûr et efficace""" "Une étude menée par l'autorité européenne de réglementation des médicaments conclut que le vaccin Covid-19 d'Oxford-AstraZeneca est ""sûr et efficace"" et que ses avantages l'emportent sur ses risques. L'Agence européenne du médicament (EMA) a procédé à cet examen après que 13 États de l'UE ont suspendu l'utilisation du vaccin par crainte d'un lien avec la formation de caillots sanguins. L'EMA conclut que le vaccin n'est ""pas associé"" à un risque accru de caillots. Elle déclare toutefois qu'elle continuera à étudier la possibilité de tels liens. L'enquête de l'EMA s'est concentrée sur un petit nombre de cas de problèmes sanguins inhabituels. Elle s'est notamment penchée sur des cas de thrombose veineuse cérébrale - des caillots sanguins dans la tête. La décision de suspendre l'utilisation du vaccin a suscité des inquiétudes quant au rythme de la campagne de vaccination dans la région, qui avait déjà été affectée par des pénuries d'approvisionnement. Une grande partie de l'Europe s'efforce de contenir une recrudescence des cas de coronavirus. A ne pas manquer sur BBC Afrique : L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé jeudi les pays à continuer d'utiliser le vaccin et doit publier vendredi les résultats de sa propre étude sur la sécurité du vaccin. Emer Cooke, directeur exécutif de l'agence, a déclaré lors d'une conférence de presse : ""Il s'agit d'un vaccin sûr et efficace. ""Ses avantages pour la protection des personnes contre le Covid-19 avec les risques associés de décès et d'hospitalisation l'emportent sur les risques possibles."" Le comité d'experts de l'EMA sur la sécurité des médicaments, a déclaré Mme Cooke, a constaté que ""le vaccin n'est pas associé à une augmentation du risque global de thromboses ou de caillots sanguins."" Pourquoi les pays européens ont-ils réagi ? Treize pays de l'UE ont suspendu l'utilisation du vaccin, après que des rapports ont fait état d'un petit nombre de cas de caillots sanguins parmi les personnes vaccinées dans la région. Lundi, les trois plus grands pays membres de l'UE - l'Allemagne, la France et l'Italie - ont déclaré qu'ils attendaient les résultats de l'enquête de l'EMA avant de décider de reprendre ou non la diffusion du vaccin. Ils ont précisé qu'ils avaient choisi de mettre en pause leur utilisation du médicament par ""mesure de précaution"". ""Il y a eu quelques cas très inhabituels et troublants qui justifient cette pause et cette analyse"", a déclaré à la radio France Inter l'immunologiste français Alain Fischer, qui dirige un conseil consultatif gouvernemental. ""Ce n'est pas du temps perdu"". En Allemagne, le ministère de la santé a également fait état d'un petit nombre de caillots sanguins rares chez des personnes vaccinées pour justifier sa décision. Il a reporté un sommet sur l'extension du déploiement du vaccin avant l'annonce de l'EMA. D'autres pays, comme l'Autriche, ont interrompu l'utilisation de certains lots du médicament, tandis que la Belgique, la Pologne et la République tchèque ont été parmi ceux qui ont déclaré qu'ils continueraient à administrer le vaccin d'AstraZeneca. Il appartient à chaque pays de décider de suivre ou non l'avis de l'EMA. La décision d'interrompre le déploiement du vaccin d'AstraZeneca a été critiquée par certains politiciens et scientifiques. Une porte-parole du parti d'opposition allemand, les Libres Démocrates, a déclaré que cette décision avait fait reculer l'ensemble du programme de vaccination du pays. L'expert en santé des Verts allemands, Janosch Dahmen, a quant à lui fait valoir que les autorités auraient pu continuer à utiliser le médicament. Le Dr Anthony Cox, qui étudie la sécurité des médicaments à l'université britannique de Birmingham, a déclaré à la BBC qu'il s'agissait d'une ""cascade de mauvaises décisions qui s'est répandue dans toute l'Europe"". Lire aussi : La société affirme qu'il n'y a aucune preuve d'une augmentation du risque de coagulation due au vaccin. Elle déclare avoir reçu 37 signalements de cas de caillots sanguins sur plus de 17 millions de personnes vaccinées dans l'UE et au Royaume-Uni au 8 mars. Ces chiffres sont ""bien inférieurs à ce que l'on pourrait s'attendre à voir se produire naturellement dans une population générale de cette taille et sont similaires à ceux des autres vaccins Covid-19 homologués"", a-t-elle affirmé. Le professeur Andrew Pollard, directeur du groupe de vaccination d'Oxford qui a mis au point le vaccin Oxford-AstraZeneca, a dit lundi à la BBC qu'il existait ""des preuves très rassurantes qu'il n'y a pas d'augmentation du phénomène des caillots sanguins ici au Royaume-Uni, où la plupart des doses en Europe ont été administrées jusqu'à présent"". Le ministre britannique de la santé, Matt Hancock, a exhorté cette semaine les gens à ""écouter les autorités de réglementation"" et à ""se faire vacciner""." https://www.bbc.com/afrique/monde-56447578 +health Bien-être : comment tirer le meilleur de votre séance quotidienne de marche ? "Saviez-vous que la marche peut être le secret d'un meilleur sommeil, d'une meilleure humeur et même d'une réduction du risque de maladie cardiaque et de diabète ?Mais que dit la recherche scientifique sur le moment et la manière de le faire ? Et pourquoi ?Commençons par la première question : le moment où l'on fait une promenade est-il important ?La marche est excellente à toute heure du jour ou de la nuit, mais des études indiquent que sortir le matin présente des avantages supplémentaires.C'est parce qu'il ne s'agit pas seulement de mouvement mais aussi de lumière . La lumière naturelle est vitale et toujours bonne, mais ce n'est pas la même chose de sortir à l'heure du déjeuner ou dans l'après-midi ou peut-être après le travail que dans les premières heures du matin, car cette dernière option signale à notre corps et à notre cerveau que la journée a commencé.La luminosité aide à régler notre horloge interne, celle qui indique à votre corps quand dormir et quand se réveiller ; votre promenade matinale confirmera que la journée a commencé et ainsi, le soir, lorsque vous voudrez dormir, votre corps sera prêt à le faire. L'exposition matinale réduira la production de mélatonine, l'hormone qui nous incite à nous endormir, et cela vous fera vous sentir très éveillé.Par conséquent, si vous avez du mal à vous endormir, il se peut que vous ne receviez pas suffisamment de lumière naturelle, en particulier le matin ; le fait de vous y exposer vous aidera. De plus, les recherches montrent qu'elle peut avoir un impact positif sur la quantité et la qualité du sommeil, en vous empêchant de vous réveiller pendant la nuit et en vous aidant à avoir un sommeil plus profond et de meilleure qualité. Se lever tôt ? Mais que faire si vous n'êtes vraiment pas un lève-tôt ? Bien que le monde soit peuplé de hiboux et d'alouettes - comme on appelle les noctambules et les lève-tôt - ce sont ces derniers qui ont tendance à imposer leurs préférences. Si vous êtes un hibou que l'on pousse à changer, une astuce simple pour vous entraîner est précisément la marche matinale, qui, selon les experts, commence à porter ses fruits en quelques semaines. Et ne vous inquiétez pas si vous ne parvenez pas à vous lever tôt au début : l'idée est de faire une promenade dans les deux heures qui suivent le réveil. Cela peut également vous convenir si vous travaillez en équipe ou si vos horaires de travail ne sont pas conventionnels. Cependant, si vous êtes réveillé lorsque le soleil se lève, c'est encore mieux. Même si la journée ne semble pas très lumineuse, elle est marquée par une plus grande proportion de lumière bleue, ou lumière à courte longueur d'onde, à laquelle nos récepteurs sont particulièrement sensibles et qui peut avoir un effet positif. L'une des particularités de votre horloge biologique est que son temps n'est pas normalement de 24 heures, mais un peu plus long. La lumière vive rétablit le rythme chaque matin et pour une raison ou une autre, et c'est particulièrement bénéfique surtout pour ceux qui vivent dans des régions où il y a l'hiver. Comme les jours raccourcissent, il y a moins de lumière et le corps perd son synchronisme, ce qui diminue l'humeur chez certaines personnes et peut même provoquer une dépression chez d'autres. Le fait de remettre nos horloges à l'heure le matin nous aide à éviter de nous sentir fatigués et groggy, et cela ne concerne pas seulement les niveaux de mélatonine - l'exposition à la lumière du jour déclenche également la libération d'une substance chimique bénéfique appelée sérotonine. Il s'agit d'un stimulant naturel de l'humeur, si puissant qu'il peut réellement réinitialiser la chimie de votre cerveau. Nous savons déjà quand il est préférable d'aller se promener. La question suivante est... Rapidement, vigoureusement, énergiquement. C'est ce qu'a découvert Marie Murphy, professeur d'exercice et de santé à l'université d'Ulster en Irlande du Nord, qui a dirigé une vaste étude sur le sujet. ""Nous avons mené des enquêtes auprès de 11 populations différentes, dans lesquelles nous avons demandé aux gens combien de fois et à quelle vitesse ils marchaient. Nous avons ensuite procédé à une analyse statistique pour voir quel était son effet sur la mortalité par maladie cardiovasculaire et par cancer"", a déclaré M. Murphy à la BBC. ""Nous avons constaté que, pour la mortalité par cancer, le simple fait de marcher davantage réduisait le risque, mais que pour les maladies cardiovasculaires, marcher rapidement offrait une meilleure protection."" ""Le risque de maladie cardiovasculaire est réduit de 10 à 20 % si l'on marche plus vite"". Vous saurez si vous marchez au rythme qui vous est le plus bénéfique, dit l'expert, ""lorsque vous sentirez votre cœur battre la chamade, la chaleur et un rythme respiratoire plus élevé que d'habitude, mais sans que cela vous coupe le souffle lorsque vous parlez."" ""On dit généralement aux gens que c'est quand on peut parler mais pas chanter."" Quant à savoir s'il est préférable de faire une promenade avant ou après le petit-déjeuner, M. Murphy note que ""les preuves sont mitigées"". ""Si vous marchez à jeun, il est possible que vous ayez de meilleurs effets sur le contrôle de la glycémie et il y a un peu de preuves que cela pourrait être meilleur pour la perte de poids"", bien que certaines études montrent que la marche après le petit-déjeuner aide le corps à traiter les graisses et le sucre. ""Pour moi, vous avez déjà traversé une nuit de jeûne, donc il est probablement préférable d'avoir au moins quelque chose dans votre système pour vous aider à démarrer."" Marcher pour combien de temps ? Donc : vous devez marcher à un rythme qui vous empêche de chanter mais pas de parler, si possible le matin et peut-être mieux après le petit-déjeuner... mais pendant combien de temps ? ""Les directives actuelles stipulent que les gens devraient être physiquement actifs pendant 30 minutes par jour"". Et si nous avons beaucoup parlé des avantages de ces promenades matinales, cela ne signifie pas qu'elles doivent durer 30 minutes d'affilée. ""La marche est parfaite pour fractionner les séances tout au long de la journée, contrairement à d'autres types d'exercices."" Si vous préférez marcher un peu le matin, peut-être encore après le déjeuner et le soir, ""les avantages sont exactement les mêmes. En fait, nous pensons qu'ils pourraient être un peu plus importants parce que vous stimulez votre métabolisme plus souvent. En fait, M. Murphy estime qu'à l'heure où nous sommes si nombreux à travailler à domicile, ce modèle est optimal car il signifie que ""vous faites deux ou trois pauses pendant la journée, ce qui réactive votre circulation et votre cerveau. Alors si vous réfléchissez à ce que vous pourriez faire pour améliorer votre santé physique et mentale, pourquoi ne pas faire une promenade - mais à un rythme soutenu !" https://www.bbc.com/afrique/monde-57270579 +health Ramadan : Jeûner en toute sécurité pendant la crise du coronavirus "Cette année, des millions de personnes dans le monde entier vont observer le ""mois saint"" du Ramadan en étant enfermées. Chaque année, de nombreux musulmans pratiquants jeûnent de l'aube au crépuscule pendant tout le mois lunaire - soit 29 ou 30 jours - dans le cadre du rituel consistant à se consacrer à la contemplation et à la prière. Le jeûne est obligatoire pour tous les adultes croyants qui peuvent se passer de nourriture et de boisson en toute sécurité. Mais il y a certaines considérations à prendre en compte lorsqu'il s'agit de jeûner pendant une pandémie. A lire aussi sur BBC Afrique: Combattre une infection demande beaucoup d'énergie, affirme le Dr Jenna Macciochi, immunologiste de l'Université du Sussex. Et des périodes prolongées sans manger ni boire peuvent affaiblir le système immunitaire. Il est donc important de s'assurer que vous consommez suffisamment de calories pendant les heures où vous êtes autorisé à manger, y compris en quantité suffisante : Et il est bon de manger des aliments variés, y compris beaucoup de légumes, de fruits, de légumes secs et de légumineuses de différentes couleurs. Une sous-alimentation ou une suralimentation peut affecter le système immunitaire. Vous pouvez donc vous aider en restant dans un ""équilibre énergétique"", selon le Dr Macciochi. Il existe également un risque de déshydratation, car elle peut affecter le mucus qui tapisse vos voies respiratoires et agit comme une barrière protectrice. Mais s'occuper d'autres aspects de votre santé en essayant de dormir suffisamment, de faire de l'exercice et de se détendre lorsque c'est possible peut aider votre système immunitaire à fonctionner comme il le devrait. Plus simplement, la meilleure façon de protéger votre santé est d'éviter l'exposition au virus. Une grande partie du risque peut être évitée en se lavant les mains et, pour ceux qui le peuvent, en restant à la maison. Les personnes malades, y compris celles qui sont atteintes de Covid-19, sont exemptées de jeûne. Et il n'est pas recommandé aux personnes souffrant de certaines affections de longue durée, comme le diabète avec complications. Daniel Howarth, responsable de Diabetes UK, a déclaré que cette décision était ""absolument une réflexion personnelle"" mais qu'il y avait certaines précautions que les personnes atteintes de maladies bien gérées qui voulaient jeûner pouvaient prendre, notamment manger des glucides à libération plus lente, comme le pain complet et le riz, et tester leur glycémie plus souvent. Le Conseil musulman de Grande-Bretagne a publié des lignes directrices, déclarant que ""le personnel de santé qui doit prodiguer des soins aux patients atteints de Covid-19, ceux qui courent un risque réel de déshydratation et qui commettent des erreurs cliniques en raison du port d'EPI [équipement de protection individuelle] et des longues heures de travail"" sont exemptés de jeûne. Bien que le fait de ne pas consommer suffisamment de calories en une journée puisse diminuer votre réponse immunitaire, l'effet du jeûne sur le système immunitaire n'est pas simple. Le système immunitaire n'est pas une chose avec un interrupteur marche/arrêt. Il s'agit d'une série complexe de mécanismes qui doivent être maintenus en équilibre. Le jeûne libère l'hormone du stress, le cortisol, qui peut supprimer certaines réponses immunitaires. A suivre sur BBC Afrique: Mais des études menées sur des souris ont également démontré que le jeûne intermittent, tel qu'il est pratiqué pendant le ramadan, peut accélérer le processus de régénération de l'organisme, entraînant la mort des anciennes cellules et leur remplacement par de nouvelles. Cependant, il est difficile de transposer ces preuves à l'homme. Et on ne sait pas très bien combien de temps il faudrait pour reproduire l'effet du jeûne." https://www.bbc.com/afrique/monde-52431825 +health Covid au Ghana : les non-vaccinés doivent le faire à leur arrivée "Le Ghana est en train d'introduire certaines des règles les plus strictes du monde en matière de voyage en période de Covid, en interdisant à tout adulte qui n'est vacciné de prendre l'avion à partir de lundi. Il n'y a pas de possibilité d'auto-isolement. Les citoyens ghanéens et les résidents à l'étranger sont exemptés pendant deux semaines au maximum, mais devront se faire vacciner à leur arrivée à l'aéroport. Les autorités disent craindre une recrudescence des infections pendant la période des fêtes. A surtout lire sur BBC Afrique : De nombreux autres pays, comme les membres de l'Union européenne et les États-Unis, évitent d'interdire purement et simplement l'arrivée de personnes non vaccinées. Les frontières terrestres et maritimes du Ghana sont fermées au trafic de passagers depuis que des restrictions sont introduites au début de la pandémie. Parallèlement à ces nouvelles mesures, les autorités ghanéennes continueront d'exiger que tous les arrivants présentent un test PCR négatif. Tous les Ghanéens quittant le pays par avion devront également être entièrement vaccinés. Cela signifie qu'un ressortissant ghanéen qui n'est pas actuellement vacciné mais qui reçoit une piqûre à l'aéroport devra attendre de recevoir une deuxième dose avant de pouvoir prendre l'avion, à moins qu'il ne se la procure auprès de Johnson and Johnson. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un intervalle de huit à douze semaines entre la première et la deuxième dose du vaccin AstraZeneca et un intervalle de 21 à 28 jours entre les deux injections Pfizer. Les vaccins Moderna et Sputnik V nécessitent également deux doses pour une immunité maximale. Les autorités ghanéennes s'inquiètent d'une nouvelle vague d'infections à coronavirus causées par le variant Omicron parmi les arrivants internationaux. ""L'augmentation attendue pendant la période des fêtes de fin d'année appelle des actions urgentes pour prévenir une recrudescence importante des cas de Covid-19 au Ghana"", explique le chef du service de santé ghanéen, Patrick Kuma-Aboagye, dans un communiqué. Il ajoute qu'au cours des deux dernières semaines, les cas détectés à l'aéroport principal du Ghana, Kotoka, représentent environ 60 % de tous les cas confirmés de Covid dans le pays. Les nouvelles consignes de voyage suscitent des réactions mitigées parmi les Ghanéens, certains les soutenant et d'autres estimant que les gens devraient avoir le droit de choisir, explique Favour Nunoo, de la BBC, à Accra. Avec relativement peu de cas de Covid dans le pays, de nombreux Ghanéens ne se sentent pas trop concernés par la pandémie et ne se sont donc pas sentis obligés de se faire vacciner, ajoute-t-il. Moins de 10 % de la population ghanéenne est actuellement vaccinée. Les autorités prévoient d'intensifier les efforts de vaccination de la population en janvier, en rendant le vaccin obligatoire pour les fonctionnaires, les étudiants et les agents de santé. Des passeports de vaccination seront également exigés pour entrer dans les lieux accueillant de grandes foules, comme les boîtes de nuit et les stades. Depuis le début de la pandémie, le Ghana signale 131 246 cas et 1 228 décès dus à la maladie." https://www.bbc.com/afrique/region-59607566 +health Les cellules HeLa : Se servir l'histoire sombre de ma famille pour enseigner les vaccins "Comment demander à une communauté de faire confiance à la médecine alors que l'histoire lui a donné de nombreuses raisons de ne pas le faire ? C'est un dilemme auquel l'infirmière américaine Victoria Baptiste est confrontée chaque jour lorsqu'elle parcourt le comté de Baltimore, dans le Maryland, dans une clinique mobile, pour administrer les vaccins Covid. Lire aussi sur BBC AFrique : Au cours des deux dernières années, une question revient sans cesse, notamment de la part de ses patients noirs. Nous avons été soumis à des expériences dans le passé - comment pouvons-nous faire confiance à ce traitement ? Ils sont souvent tombés sur des messages inexacts sur Facebook ou Twitter. Mais les craintes de ses patients noirs ne proviennent pas seulement de la désinformation en ligne - leur méfiance a commencé il y a longtemps. Quand ils commencent à raconter leur histoire, ils disent : ""Souvenez-vous de Tuskegee et d'Henrietta Lacks, ils font toujours des expériences sur les personnes de couleur"", explique-t-elle. Tuskegee était une expérience menée pendant 40 ans par le gouvernement américain, au cours de laquelle des centaines d'hommes noirs ont été délibérément laissés sans traitement contre la syphilis, à leur insu. Après sa révélation, une réglementation a été introduite en 1974 pour exiger le consentement volontaire et éclairé de tous les sujets participant à des recherches. Quant à Henrietta Lacks, peu de gens sont mieux placés que Victoria pour comprendre cette histoire de recherche médicale non éthique. Henrietta était la mère de Lawrence, le grand-père bien-aimé de Victoria. Henrietta Lacks était une femme afro-américaine décédée d'un cancer du col de l'utérus en 1951 et dont les cellules ont été utilisées pour la recherche médicale sans son consentement ni celui de sa famille. Alors qu'elle était traitée pour son cancer, des tissus ont été prélevés sur le col de l'utérus d'Henrietta et placés dans une boîte de Pétri, dans le cadre de la recherche de cellules pouvant être étudiées et expérimentées en dehors du corps. On ne lui a pas dit que cela se passait ainsi. Victoria me dit qu'elle n'a pas non plus été pleinement informée des effets du traitement qu'elle recevait pour son cancer. On lui a cousu du radium - une substance radioactive - dans le col de l'utérus pour tenter de tuer la tumeur. C'était un traitement reconnu à l'époque, mais on ne lui a pas dit que cela pouvait l'empêcher d'avoir d'autres enfants. Alors que d'autres échantillons de cellules mouraient rapidement malgré les efforts des scientifiques, les cellules d'Henrietta non seulement restaient en vie, mais se multipliaient à un rythme rapide, ce qui leur a valu le qualificatif d'""immortelles"". Le nombre croissant de ces cellules, une caractéristique de son cancer, s'est avéré dévastateur pour elle, mais révolutionnaire pour la science. Ce stock de cellules humaines peut ensuite être utilisé pour tester des traitements contre des maladies, améliorant ainsi la rapidité et la sécurité de la recherche médicale. Les cellules d'Henrietta Lacks, surnommées HeLa, ont permis de comprendre le cancer du col de l'utérus, la tuberculose, le virus Ebola et le VIH, et de jeter les bases des vaccins contre la polio, le virus du papillome humain (VPH) et le Covid. Ils ont bénéficié à des millions de personnes - et rapporté potentiellement des milliards de dollars aux sociétés pharmaceutiques qui les utilisent pour tester leurs produits. Pourtant, la famille Lacks n'a jamais vu un centime de ces bénéfices. À un moment donné, certains membres de la famille ne pouvaient même pas se payer une assurance médicale. Tous les détails concernant les cellules HeLa n'ont été portés à l'attention de certains membres de la famille que lorsque l'écrivaine scientifique Rebecca Skloot, qui a écrit un livre à succès sur l'affaire, a commencé à enquêter. Aussi, lorsque Victoria dit qu'elle comprend pourquoi les gens peuvent se méfier de l'industrie pharmaceutique, elle le pense vraiment. Victoria a grandi en entendant parler de la mère que son grand-père Lawrence a perdue avant d'atteindre l'âge adulte : une mère de cinq enfants qui s'occupait de tout le monde et qui aspirait à en avoir d'autres, et qui aimait cuisiner, danser et se faire belle. Victoria et sa bande de cousins - ses meilleurs amis à ce jour - ont passé leurs premières années à courir autour de la maison du mari d'Henrietta, David, dit Day. Et c'est vraiment grâce à lui que Victoria est devenue infirmière en premier lieu. ""Il a dû vivre avec le diabète quand j'étais petite, et j'étais toujours très curieuse et je posais des questions comme : ""Papa, pourquoi tu te fais des piqûres ? Et à quoi ça sert ? Et il a toujours été très patient avec moi."" Elle a finalement appris à lui administrer ses injections d'insuline. Au début de l'année 2020, Victoria travaillait en tant qu'infirmière dans une unité rénale d'un hôpital. Mais lorsque le Covid a frappé, son travail a radicalement changé. Comme de nombreux travailleurs de la santé, elle avait peur de ramener la maladie chez elle. Craignant l'épuisement professionnel, mais voulant continuer à s'occuper des gens, elle est devenue en 2021 infirmière itinérante, administrant les vaccins Covid-19. Elle s'est rapidement rendu compte qu'elle avait un don pour travailler avec les personnes anxieuses ou hésitantes qui se posaient des questions - en les orientant vers les meilleures recherches et en les aidant à trouver les informations elles-mêmes. Et l'histoire d'Henrietta Lacks était toujours dans un coin de sa tête. ""Sachant quelle a été l'histoire de ma famille, je ne veux pas que la famille de quelqu'un d'autre ait la même histoire. Je ne veux pas qu'ils aient l'impression d'être réduits au silence ou d'être une voix silencieuse dans leurs soins, comme l'a été Henrietta."" Pour quelqu'un qui se sent personnellement lié au côté sombre de ce qui a été fait au nom de la science, Victoria sait que demander simplement aux patients d'ignorer les rumeurs en ligne et de faire confiance à la science ne serait pas suffisant. ""Je n'essaierai jamais de tourner autour de ces sujets difficiles"", dit-elle. ""Oui, ces choses sont arrivées à Henrietta. Nous avons parcouru un long chemin depuis lors. Et nous nous battons toujours pour que ce type d'injustices ne se produise plus aujourd'hui."" Mais à la même époque, le Covid touchait de manière disproportionnée la communauté noire, et les vaccins étaient l'outil le plus puissant disponible pour prévenir les maladies graves et la mort. Victoria croit en la possibilité de reconnaître les véritables problèmes de la médecine et de l'industrie pharmaceutique et de leur demander des comptes, tout en reconnaissant le poids des données indépendantes sur un vaccin qui a sauvé environ 20 millions de vies au cours de sa première année. Elle expliquera à ses patients comment les choses ont changé depuis l'époque d'Henrietta, y compris les garanties telles que l'Institutional Review Board, conçu pour s'assurer que la recherche est menée de manière éthique, et la nécessité d'un consentement éclairé. ""Nous avons parcouru un long chemin depuis 1951. La recherche est soumise à un grand nombre de contrôles et d'équilibres avant que les résultats ne soient rendus publics"", affirme -t-elle. Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas encore de problèmes à résoudre. Aujourd'hui, en plus de son travail quotidien d'infirmière et de l'initiative HELA100 de sa famille, Victoria est ambassadrice de l'Organisation mondiale de la santé pour l'élimination du cancer du col de l'utérus, qu'elle considère comme une sorte de mission personnelle. ""Nous savons ce que nous savons aujourd'hui sur le cancer du col de l'utérus grâce à la perte que ma famille a dû subir, dit-elle. Il s'agit d'une autre maladie dont les Noirs sont plus susceptibles de mourir aux États-Unis. Victoria souhaite que le plus grand nombre possible de personnes soient soumises à un dépistage du virus HPV, qu'elles aient accès au vaccin et à un traitement précoce, afin de faire baisser le nombre de décès dus à un cancer qui peut être évité dans plus de 90 % des cas. ""Nous avons perdu notre proche à cause du cancer du col de l'utérus"", souligne -t-elle. ""Mais grâce à sa mort, la science a pu mettre au point le vaccin"", conclut l'infirmière. Photographies avec l'aimable autorisation de CELLebrate Henrietta Lacks #HELA100" https://www.bbc.com/afrique/monde-63972821 +health Infection urinaire : quelles en sont les causes, comment la prévenir et la traiter "L'une des infections les plus courantes, surtout chez les femmes, l'infection des voies urinaires (ou infection urinaire) est associée à la bactérie ""Escherichia coli"" dans environ 8 cas sur 10, selon les données de la Société brésilienne d'urologie. Mais les causes de ce problème de santé sont multiples, parmi lesquelles une hygiène insuffisante, les antécédents familiaux, la grossesse, les infections hospitalières, l'activité sexuelle et les maladies chroniques, comme le diabète. L'infection urinaire peut toucher la vessie (on parle alors de cystite), l'urètre (urétrite) ou les reins (pyélonéphrite). Parmi les symptômes, le principal est l'urgence urinaire (difficulté à contrôler), mais de nombreux patients sont asymptomatiques. Les femmes sont les plus touchées : on estime que plus de 50% d'entre elles auront au moins un épisode d'infection urinaire au cours de leur vie. C'est pourquoi, selon le National Institute for Health and Care Excellence, en Angleterre, ils doivent prêter attention à leurs antécédents familiaux, si leur mère a déjà présenté une infection de ce type, et à leurs propres antécédents de santé, comme des épisodes de cette infection dans l'enfance. Au Royaume-Uni, les infections urinaires constituent l'infection hospitalière la plus fréquente pendant l'hospitalisation ou après la sortie de l'hôpital, représentant 23 % du total. Au Brésil, ces infections correspondent à environ 35 à 45 % des infections dites liées aux soins de santé, presque toujours associées à l'utilisation d'un cathéter (équipement utilisé chez jusqu'à un quart des patients nécessitant une hospitalisation). Cette infection peut être chronique ou aiguë, et peut même, dans des cas plus rares et extrêmes, tuer si elle n'est pas traitée correctement et évoluer vers une maladie rénale chronique grave, une insuffisance rénale ou une infection généralisée, par exemple. Osvaldo Merege, président de la société brésilienne de néphrologie, explique à BBC News Brazil qu'il est important d'être vigilant en cas de rechute ou de récidive. C'est-à-dire si le patient a eu une infection qui n'a pas été traitée correctement (comme l'arrêt prématuré de l'antibiotique) ou s'il a eu deux ou trois infections en un an. ""Dans le deuxième cas, il est conseillé de faire une prophylaxie avec un antibiotique, avec une dose très faible, un quart de ce qui est normalement prescrit."" Selon les études, cette prophylaxie continue peut réduire jusqu'à 95 % la récurrence des infections. Mais il est bon de rappeler que le mauvais usage des antibiotiques - qu'il s'agisse d'excès, d'automédication ou d'arrêt avant la date prescrite - est la cause la plus importante de la résistance des micro-organismes, ce qui diminue les chances de traitement et peut aggraver la maladie. De plus, selon le néphrologue, le fait d'uriner après les rapports sexuels est très important pour la prévention, surtout pour les femmes. Mais pourquoi cette infection touche-t-elle davantage les femmes et les personnes âgées ? Évoluent-ils tous de la même manière et reçoivent-ils les mêmes traitements, même avec des causes différentes ? Existe-t-il d'autres formes de prévention ? Vous trouverez ci-dessous les réponses à ces questions et à d'autres doutes. Lorsque nous mangeons, les nutriments des aliments deviennent de l'énergie dans le corps, et les composants qui ne deviennent pas de l'énergie deviennent des déchets qui restent dans l'intestin et le sang. Les systèmes urinaire et rénal permettent d'éliminer l'urée (déchets liquides) et de maintenir l'eau, le potassium et le sodium. L'urée atteint les reins par la circulation sanguine et est éliminée avec l'eau et les autres déchets par l'urine. Les tubes étroits qui relient les reins à la vessie sont les uretères qui transportent l'urine des reins vers la vessie. Pour ce faire, elles se contractent et se détendent sans s'arrêter, ce qui fait descendre l'urine. Elles le font toutes les 1 à 15 secondes, transportant de petites quantités d'urine. S'il reste arrêté ou revient, une infection peut se produire. On estime qu'au moins 150 millions de personnes sont touchées par une infection urinaire chaque année. Elle se produit lorsque, par exemple, un agent infectieux apparaît dans l'urine en une quantité supérieure à 100 000 unités formant des colonies bactériennes par millilitre d'urine. C'est ainsi que se caractérise une infection urinaire (IU), explique la Sociedade Brasileira de Nefrologia (Société brésilienne de néphrologie). Comme mentionné ci-dessus, elle peut affecter la vessie (cystite), l'urètre (urétrite) ou les reins (pyélonéphrite). Elle est généralement liée à la bactérie Escherichia coli, qui vit habituellement dans l'intestin et peut être transportée vers le canal de l'urètre, la vessie et les reins de plusieurs manières. Lesquelles ? L'une des plus courantes consiste à s'essuyer les parties intimes après avoir uriné ou déféqué, en faisant le mouvement de l'arrière vers l'avant et non de l'avant vers l'arrière. Une autre peut se produire lors de rapports sexuels, car certaines bactéries provenant de la zone génitale ou anale peuvent pénétrer dans l'urètre. Cela peut se produire, par exemple, lorsque le pénis est introduit dans l'anus puis dans le vagin sans hygiène appropriée. Mais pas seulement : ce type d'infection est plus fréquent chez les femmes, principalement en raison de l'anatomie féminine : l'urètre des femmes est plus court et plus proche de l'anus, ce qui favorise l'incidence de ce type de maladie. Or, selon le ministère brésilien de la santé, la croissance de la prostate, liée à l'avancée en âge des hommes, peut obstruer l'urètre et contribuer à la rétention d'urine dans la vessie, entraînant une cystite. Il est également possible que la bactérie atteigne la vessie et les reins en remontant l'urètre ou par la circulation sanguine dans le cas des personnes immunodéprimées, ainsi que par l'utilisation d'un cathéter dans la vessie et dans certains types d'interventions chirurgicales. ""L'infection urinaire chez la femme est généralement ascendante. C'est-à-dire qu'il infecte d'abord l'urètre, la vessie et ensuite il peut remonter, monter vers les reins. Chez les hommes, il s'agit généralement d'une infection par le sang, hématogène, et non par voie ascendante de manière générale"", explique José Carlos Truzzi, spécialiste en urologie de l'Université fédérale de São Paulo (Unifesp). Il explique que l'infection des voies urinaires, contrairement à des maladies comme la syphilis, n'est pas une infection sexuellement transmissible (IST). ""Ils sont causés par les propres bactéries de la personne. Elle peut même avoir été facilitée par des rapports sexuels, mais elle n'est pas transmise par des rapports sexuels. En général, il s'agit de bactéries intestinales qui finissent par avoir comme caractéristique une affinité pour les voies urinaires. Et lorsqu'ils parviennent à atteindre les voies urinaires, ils finissent par provoquer une infection. Merege, de la Société brésilienne de néphrologie, nous rappelle qu'un autre élément qui favorise grandement l'apparition de ce type d'infection est la présence de corps étrangers, tels que des pierres et des sondes. ""Mais beaucoup de femmes, surtout les plus jeunes, ont une infection urinaire sans avoir de cause apparente"". La période de gestation contribue également à l'incidence, en raison des modifications qui se produisent dans le corps de la femme. Selon les experts, pendant la grossesse, il peut y avoir une augmentation des bactéries dans cette région, une altération de la flore vaginale. Après le premier épisode d'infection urinaire, environ 24 % des jeunes femmes connaîtront une récidive dans un délai de 6 mois, et environ 3 % auront des infections récurrentes. L'augmentation de l'âge amplifie la prévalence, par exemple, les femmes de plus de 65 ans, en période post-ménopausique, peuvent avoir une incidence double de celle observée chez les femmes plus jeunes. ""Cela s'explique par une privation hormonale, une diminution de la production de l'hormone féminine œstrogène, qui permet de maintenir les caractéristiques du bon fonctionnement de la fonction vaginale et par conséquent de diminuer les chances que des bactéries s'y développent. Avec le retrait ou la privation de cette hormone, la personne devient plus sensible, et ces bactéries sont plus susceptibles de se développer en une infection urinaire"", explique Truzzi, de l'Unifesp. Selon lui, le vieillissement lui-même est également un facteur car la réponse immunitaire est ""beaucoup plus limitée, sans compter les altérations structurelles de l'appareil urinaire lui-même, qui peuvent en quelque sorte faciliter l'apparition de ces infections"". Comme nous l'avons dit plus haut, un certain nombre de symptômes sont associés à l'infection urinaire, mais le plus courant d'entre eux est l'urgence urinaire, une irritation et une contraction des parois de la vessie. Selon le système de santé britannique (NHS), cette infection peut également présenter des symptômes tels que la dysurie, qui est une douleur ou une sensation de brûlure lors de la miction, et la nycturie, qui est le besoin d'uriner plus que d'habitude pendant la nuit. Il existe également d'autres signes possibles, tels que des douleurs dans la partie inférieure de la vessie, une modification de la couleur et de l'odeur de l'urine, de la fièvre, une sensation de chaleur, des frissons, des douleurs dans le bas-ventre ou dans le dos, du sang dans l'urine (dans les cas les plus graves) et une quantité réduite d'urine à chaque fois que vous allez aux toilettes. Mais l'infection urinaire n'est pas toujours accompagnée de symptômes. Les patients diabétiques, par exemple, peuvent ne présenter aucun signe d'infection. Il existe également des variations en fonction de l'âge. Selon le NHS, les enfants peuvent se sentir mal, uriner au lit la nuit, et les bébés peuvent être un peu mal à l'aise et irritables. Les deux groupes d'âge peuvent connaître une diminution de l'appétit et une faiblesse. Les femmes ménopausées et âgées peuvent souffrir d'incontinence urinaire (perte involontaire d'urine), de vaginite atrophique (atrophie vaginale) et de cystocèle (vessie basse). Les personnes âgées peuvent également présenter des changements comportementaux, tels que l'agitation et la confusion. Merege, de la Société brésilienne de néphrologie, explique que les femmes d'un âge avancé peuvent être confrontées à un tableau de ""bactériurie asymptomatique"", c'est-à-dire que les bactéries restent dans l'urine, entraînent un résultat positif lors d'un examen de culture, mais la patiente ne ressent rien et n'a aucun symptôme, à l'exception de l'odeur désagréable de l'urine. ""Ce phénomène est très lié à l'expression populaire ""vessie tombée"". Parfois, avec l'âge, la vessie d'une femme peut s'abaisser et modifier l'angle de l'urètre. Elle a ensuite ce qu'on appelle une incontinence urinaire d'effort. L'incontinence urinaire consiste à perdre de l'urine, mais dans ce cas, elle n'est pas perdue tout le temps, mais lorsqu'on tousse, éternue, porte du poids et fait un effort plus important. Elle ne peut pas le retenir et elle le perd, mais seulement un peu et ça revient. Il y a toujours un reflux et le vagin de la femme finit par être contaminé. Comme pour d'autres maladies, la chose la plus recommandée et la plus importante est qu'un patient présentant les symptômes énumérés ci-dessus soit évalué par un professionnel de la santé spécialisé. La prise de médicaments sans l'avis d'un médecin ou d'autres professionnels, tels que les pharmaciens et les infirmières, comporte des risques sérieux et peut aggraver la maladie. D'une manière générale, la probabilité de guérison d'une infection urinaire est élevée, indique le ministère brésilien de la santé. Merege, de la Société brésilienne de néphrologie, explique qu'en général, le traitement se fait à l'aide d'antibiotiques, qui doivent être pris exactement pendant la durée prescrite par le médecin - sinon, la bactérie peut persister dans l'organisme. Mais le traitement sera défini en fonction du degré de l'infection. Dans certains cas plus légers, par exemple, le système immunitaire de l'organisme est capable de combattre lui-même les bactéries envahissantes. Il est possible que l'antibiotique ne fonctionne pas chez certaines femmes, ou même que la bactérie ne soit pas détectée lors des tests. Dans ce cas, il est nécessaire de rechercher l'existence d'une infection de longue durée de la vessie. Les infections chroniques peuvent être liées à un risque plus élevé de cancer de la vessie si le patient a plus de 60 ans. Selon le NHS, un traitement possible pour les femmes qui ont traversé la ménopause est l'utilisation de crèmes vaginales à base d'œstrogènes. En outre, l'approche peut être étendue en fonction des causes impliquées dans l'infection urinaire. ""Par exemple, s'il y a un calcul qui obstrue les voies urinaires, un calcul dans l'uretère, le canal qui relie la vessie au rein, vous donnez l'antibiotique pour l'infection, mais vous devez aussi déboucher le canal"", explique Merege. Comme il s'agit d'une infection courante chez les femmes, la prescription d'antimicrobiens suscite une certaine appréhension en raison de la sensibilité réduite des bactéries (due à l'excès d'antibiotiques). Outre une hygiène adéquate, l'utilisation prophylactique d'antibiotiques et les précautions à prendre pendant l'activité sexuelle mentionnées ci-dessus, le ministère brésilien de la santé indique qu'il est important de boire beaucoup d'eau, d'uriner fréquemment (en évitant de retenir l'urine dans la vessie) et d'éviter la consommation de substances susceptibles d'irriter les voies urinaires, comme la caféine, certaines épices, le tabac et l'alcool. Les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) recommandent d'uriner après un rapport sexuel, car cela permet d'éliminer les bactéries. Mais il n'y a toujours pas de consensus entre les experts à ce sujet. M. Truzzi, de l'Unifesp, explique que dans certains cas, l'ingestion de canneberge sous forme de jus, de capsule, de poudre ou du fruit lui-même peut être recommandée. ""Pour que la bactérie provoque une infection, elle doit adhérer à la paroi de la vessie, sinon elle flotte dans l'urine. Lorsqu'il adhère, il va coloniser cette région et, par conséquent, il va provoquer l'infection. Le problème est que tout le monde ne réagit pas aussi bien à l'utilisation de la canneberge."" Il est important de préciser que la canneberge ne fonctionne pas dans la phase aiguë, lorsque l'infection s'est installée. En d'autres termes, il peut être efficace en tant que prévention pour les personnes qui ont tendance à avoir des infections urinaires récurrentes (trois infections ou plus par an), mais pas en tant que traitement. Quoi qu'il en soit, il n'existe toujours pas de consensus scientifique sur l'efficacité préventive de la canneberge. Il est également recommandé aux femmes menstruées de changer leurs serviettes hygiéniques plus souvent et d'éviter les vêtements serrés, car ils peuvent retenir la chaleur et l'humidité, ce qui contribue à la prolifération des bactéries. Les femmes enceintes, en revanche, doivent effectuer un dépistage bactérien dans leur urine au moins deux fois au cours des neuf mois, même en l'absence de symptômes. En général, les professionnels de la santé demandent un test de culture d'urine chez les femmes enceintes, chez celles qui présentent une infection urinaire récurrente (trois fois ou plus par an) ou une suspicion de pyélonéphrite (infection des reins), et dans les cas atypiques. Merege, de la Sociedade Brasileira de Nefrologia, rappelle également l'importance des examens d'imagerie chez les jeunes garçons souffrant d'une infection urinaire, en raison de la possibilité de malformation de la valve postérieure de l'urètre. Ce tableau peut conduire à une obstruction de l'urètre, avec une urine plus ou moins ""arrêtée"", favorisant l'infection. ""Cela peut être un facteur d'insuffisance rénale si elle progresse sans traitement approprié, et peut même nécessiter une hémodialyse.""" https://www.bbc.com/afrique/monde-61532693 +health "Neurologie : quels sont les avantages du ""jeûne de dopamine"" et que se passe-t-il dans votre cerveau lorsque vous vous abstenez de tout excès de plaisir ?" "Lorsqu'on nous parle de jeûne, l'idée de s'abstenir totalement ou partiellement de manger ou de boire nous vient à l'esprit. Mais il existe d'autres types de jeûnes qui sont davantage liés à la privation de ces choses qui vous procurent tant de plaisir, qui finissent par devenir toxiques et, dans de nombreux cas, addictives. Il y a quelques années, la tendance ""dopamine rapide"" a commencé à gagner du terrain dans l'industrie technologique. A lire aussi sur la BBC Afrique : La dopamine est un neurotransmetteur, un messager chimique dans notre cerveau. Il est généralement considéré comme la cause de sensations agréables et est présent dans un grand nombre de processus tels que le contrôle des mouvements, la mémoire, l'apprentissage et la récompense cérébrale. Ainsi, le but du jeûne dopaminergique est de s'isoler des stimuli nocifs du monde moderne, comme une connexion technologique excessive. L'idée est que le jeûne permet à votre cerveau de se recharger et de redémarrer pendant une courte période de temps. ""Pour moi, le jeûne de dopamine signifie ne pas utiliser d'appareils électroniques, ne manger aucun type de nourriture, ne pas communiquer avec les gens"", a déclaré l'entrepreneur américain James Sinka à la BBC. ""Il s'agit de s'isoler de toutes les choses du monde moderne qui peuvent libérer de la dopamine dans le cerveau."" Anne Lembke, psychiatre et auteur du livre Dopamine Nation , dit qu'au cours des cinq dernières années, il y a eu une tendance parmi les cadres de la Silicon Valley à faire un jeûne dopaminergique. Lorsque vous faites ce jeûne, vous n'êtes pas vraiment en train de faire jeûner la dopamine. Ce que vous faites est de vous priver de substances ou de comportements qui provoquent la libération de dopamine dans le système de récompense qui fonctionne dans le cerveau. Le monde de surabondance dans lequel nous vivons, explique Lembke, est un facteur de stress sans précédent pour l'humanité . ""C'est très paradoxal"", dit-il dans un dialogue avec BBC Reel, car nous pensons que nous avons toutes les choses que nous avons toujours voulues et que notre vie devrait être formidable. Mais ce n'est pas ce qui se passe. ""Nous avons atteint le point de basculement où plus nous avons de choses, moins nous nous sentons heureux"", dit-il. Comme nous le savons, la dopamine est une substance chimique que nous produisons dans notre cerveau. Il est essentiel d'éprouver du plaisir, de la récompense et de la motivation. Plus nous libérons de dopamine dans un secteur spécifique de notre cerveau, appelé la voie de la récompense, plus la substance ou l'expérience que nous vivons est agréable. L'une des découvertes les plus intéressantes des neurosciences au cours des 75 dernières années est que les mêmes parties du cerveau qui traitent le plaisir traitent également la douleur, et fonctionnent comme les côtés opposés de la balance. Si une personne mange du chocolat, elle peut avoir une petite libération de dopamine, mais le cerveau s'adapte rapidement à cette augmentation de la substance et régule à la baisse la transmission de la dopamine. ""J'aime y penser comme des gremlins à la recherche d'une adaptation neuronale et sautant du côté de la douleur pour niveler la balance."" C'est comme des montagnes russes qui montent et redescendent. ""Nous savons que les créateurs de médias sociaux utilisent autant de stimulation que possible pour générer plus de dopamine"", explique James Sinka. Et, en ce qui concerne la nourriture, il dit qu'il est impressionné de voir autant d'aliments transformés sur le marché, quelque chose qui n'a jamais existé dans l'histoire de l'humanité. D'autre part, soutient-il, la pornographie est « extrêmement stimulante » et, avec la vitesse d'Internet offerte aux consommateurs, il est de plus en plus facile d'accéder à ce contenu. En ce qui concerne les drogues comme la marijuana, il y a aussi eu des changements. ""Il est maintenant 10 fois plus puissant qu'il y a 50 ou 100 ans"", ajoute Sinka. Au moins le jeûne a fonctionné pour Sinka. ""Quand je fais un jeûne dopaminergique, je le fais pendant une journée. Quand je me réveille le matin, tout ce que je me permets de faire, c'est méditer, écrire et boire de l'eau, marcher et réfléchir."" Bien que cette pratique ne soit pas nouvelle, étant donné que les moines bouddhistes la pratiquent depuis des centaines d'années, l'entrepreneur estime qu'elle est très importante dans le monde moderne car ""nous avons soigneusement conçu des facteurs stimulants qui n'ont jamais existé auparavant dans l'histoire humaine"". . Il saisit l'opportunité du jeûne comme un exemple d'auto-exploration. ""Il y a une valeur biochimique, psychologique et évolutive à être seul avec ses pensées, à s'ennuyer."" Le câblage cérébral primitif qui cherche à obtenir du plaisir et à éviter la douleur est adapté à un environnement de rareté et de danger. ""Cela a du sens du point de vue de l'évolution"", déclare le psychiatre Lembke. ""C'est une stratégie très intelligente pour un environnement où si vous ne trouviez pas d'eau ou d'animaux à manger, vous pourriez mourir. ""Mais c'est un mécanisme neurologique absolument épouvantable dans un monde où l'on peut se procurer de la cocaïne, du sexe, des jeux vidéo, n'importe quoi avec son téléphone portable "", prévient-il. Cela veut dire qu'en tant que société, nous sommes chroniquement enclins du côté du plaisir, explique le spécialiste. ""Cela nous donne besoin de plaisirs plus puissants pour ressentir quelque chose."" ""Il est très peu probable que notre cerveau, que nos circuits de récompense changent"", déclare Lembke. Ce circuit de récompense a été préservé pendant des millions d'années d'évolution de l'espèce. En fait, la voie de récompense dans le cerveau humain est assez similaire à celle des lézards et d'autres organismes dans la nature. Donc, ce qui nous reste, dit-il, c'est de changer notre écosystème. Pour le psychiatre Lembke, le jeûne dopaminergique reprogramme définitivement les voies de récompense dans le cerveau. Le problème c'est qu'est-ce que tu fais après quand tu reprends ta vie quotidienne ? ""Ce que j'ai fait pendant 20 ans en travaillant avec des personnes dépendantes de certains comportements ou substances, c'est un jeûne dopaminergique différent. ""Je ne vous demande pas de vous abstenir de toute expérience qui vous procure du plaisir, mais je vous demande d'identifier ce comportement ou cette substance particulière avec laquelle vous avez un problème"", explique-t-elle. Le psychiatre leur demande de s'abstenir de ce comportement agréable pendant 30 jours . C'est 30 jours, car c'est le temps que les adaptations neurales demandent pour trouver l'équilibre. ""Ce que je recommande à mes patients, c'est qu'ils obtiennent de la dopamine indirectement"", dit-il. Cela signifie qu'il propose de stimuler d'abord le côté douleur, comme faire de l'exercice ou proposer des tâches qui impliquent un certain niveau de sacrifice, afin que le cerveau vous récompense par une libération de dopamine pour compenser l'effet de la douleur. ""C'est comme payer d'avance"", explique l'expert." https://www.bbc.com/afrique/monde-62663054 +health Coronavirus : un pasteur emprisonné pour avoir organisé un grand rassemblement "Un pasteur canadien a été emprisonné avec travaux forcés pour une durée trois mois pour avoir enfreint une loi sur les coronavirus. Il a contracté le Covid-19 au Myanmar, après avoir prêché que les chrétiens étaient immunisés. David Lah a été condamné jeudi pour avoir violé les restrictions sur les coronavirus en organisant un grand rassemblement de prière à Yangon. Lire aussi: Ma famille est divisée à cause du coronavirus Coronavirus : le message de Sirleaf Johnson au monde Les meilleures photos d'Afrique : des béliers à vendre et des prières avec passion Ce prédicateur de 43 ans, né au Myanmar, a organisé cet événement au début du mois d'avril, quelques semaines après que les grands rassemblements aient été interdits en vertu de la loi sur la gestion des catastrophes naturelles du pays. Lah et une vingtaine de ses disciples ont été testés positifs au virus après l'événement, qui est responsable de l'une des plus grandes concentrations de virus du Myanmar. Autres articles sur le coronavirus: Coronavirus : ""dompter la peur"" pour soigner les autres Coronavirus : une survivante de 104 ans retrouve une vie normale Des solutions africaines à la crise du coronaviru En plus de ses rassemblements, Lah a provoqué l'indignation en faisant de fausses déclarations sur le coronavirus dans des sermons filmés et partagés en ligne.Dans un de ses sermons, Lah a affirmé que si les chrétiens ""ont le Christ tout entier dans leur cœur, ils n'attraperont pas la maladie"".Le Myanmar compte actuellement 357 cas confirmés et six décès, selon l'université Johns Hopkins. Regarder aussi :" https://www.bbc.com/afrique/monde-53685685 +health Troubles digestifs fonctionnels : comment la constipation est devenue un tabou "L'histoire raconte que Napoléon Bonaparte est arrivé en retard à la bataille de Waterloo - au cours de laquelle son armée a fini par être renversée - parce qu'à ce moment-là, il était très occupé dans la salle de bains, s'efforçant de déféquer. Mais bien que la constipation ait affligé le général français pendant des années et qu'une personne sur sept dans le monde connaisse ce problème, le processus biologique d'élimination des matières fécales est un sujet dont on parle très peu. Des millions de personnes souffrent en silence des effets de la constipation chronique, un problème dont la solution, selon les experts, ne dépend pas exclusivement du régime alimentaire mais aussi d'un changement mental qui nous permet d'en parler et de nous libérer ainsi du poids que ce tabou implique. Lire aussi : ""On nous entraîne dès l'enfance à quitter nos couches, mais ensuite personne ne vérifie comment nous allons. À partir de là, nous nous occupons de nous-mêmes"", a déclaré à la BBC Anton Emmanuel, médecin spécialiste de la santé intestinale à l'University College Hospital de Londres. Pour comprendre exactement ce qu'est la constipation, commençons par expliquer comment se déroule le processus depuis l'entrée des aliments par la bouche jusqu'à la sortie des déchets transformés en matières fécales par l'anus. Lorsque nous ingérons et mâchons un aliment, celui-ci commence son voyage dans le système digestif. Une fois que nous l'avons digéré avec l'aide des substances chimiques que notre corps produit, les bactéries commencent progressivement à travailler sur ces débris qui passent dans l'intestin. Au moment où ils atteignent le côlon, tous les nutriments ont déjà été absorbés. Et après environ 15 ou 18 heures passées là, notre corps élimine ces déchets. ""Ce qui se passe en cas de constipation, c'est que la mobilité dans l'intestin est ralentie"", explique Anton Emmanuel. On estime qu'une personne peut souffrir de constipation si elle ne bouge pas son corps au moins trois fois par semaine, et si les selles sont grosses et dures, ou sèches et formées de grumeaux, et si elle doit faire beaucoup d'efforts pour aller aux toilettes ou ressentir des douleurs. La constipation en elle-même n'est pas dangereuse, car tant que les matières fécales se trouvent dans le côlon, elles ne provoquent aucune toxicité (le côlon est préparé à les contenir). Cependant, la personne peut se sentir mal à l'aise et craindre que l'envie d'évacuer ne survienne à un moment inopportun. ""C'est un poids énorme pour le patient car (cela a un impact) sur ce qu'il peut manger, comment il peut s'habiller et quand il peut se socialiser, ce qui est un gros problème dans tout cela"", explique Anton Emmanuel. En outre, d'après ce que nous savons aujourd'hui de la relation entre le cerveau et l'intestin, ""la constipation peut modifier notre humeur"", a déclaré à la BBC Miguel Toribio-Mateas, neuroscientifique à la London South Bank University. Cela peut affecter davantage les femmes, car certaines hormones qui sont normalement éliminées avec les matières fécales restent en circulation dans l'organisme et s'accumulent, augmentant ainsi leur taux. Ainsi, les femmes en âge de procréer, étant constipées, peuvent ressentir le ""double impact des œstrogènes ou de la progestérone ou de l'hormone qu'elles produisent ce jour-là et qui n'a pas pu être expulsée du corps (par les selles)"". C'est pourquoi ce sont elles qui ont tendance à se plaindre le plus des effets de la constipation. Indépendamment du sexe, ""selon la prédisposition génétique ainsi que selon le type de comportement et la personnalité, certaines personnes se sentent moins encouragées et d'autres plus excitées"", précise Toribio Mateas. Nous n'oublions pas non plus les symptômes physiques qui accompagnent la constipation et qui comprennent, entre autres, des nausées, des gonflements, des maux de tête et une gêne ou une douleur dans la région. Selon Anton Emmanuel, le patient typique est une femme d'une trentaine d'années qui souffre de constipation depuis l'adolescence (générée par des situations ou des expériences qui ne sont pas liées à un problème médical), et qui ne cherche une aide médicale qu'après une longue période. Elle le fait généralement motivée par le diagnostic d'un problème grave dans l'intestin d'un membre de sa famille ou d'un collègue de travail. Bien que, malheureusement, les médecins ne prennent pas toujours ce problème suffisamment au sérieux étant donné qu'il s'agit d'une affection très répandue. ""Ironiquement, parce que c'est un problème si répandu, beaucoup ne le considèrent pas comme un symptôme"", déclare M. Emmanuel. La constipation ne touche pas seulement les adultes, on estime qu'un enfant sur trois en souffre à un moment donné. Quant aux causes, ""la plupart des patients ont un problème soit avec la vitesse de contraction de leur intestin - c'est-à-dire la vitesse à laquelle les choses y passent - soit avec le fonctionnement de leur plancher pelvien, ou les deux"", affirme Anton Emmanuel. Autrement dit, ce n'est ""pas la faute du patient qui n'a pas bien mangé ou fait assez d'exercice"", précise-t-il. Il ne s'agit donc pas d'un problème que l'on peut résoudre en mangeant des prunes ou des aliments stimulants pour l'intestin, car cela ne résout la situation que temporairement. Si aujourd'hui il n'est pas ""bien vu"" de parler des selles, il n'en a pas toujours été ainsi. ""Au Moyen Âge, dans les textes littéraires et médicaux, la question des excréments est omniprésente"", explique l'historienne de la médecine Louise Foxcroft à la BBC, ajoutant qu'auparavant, il n'y avait pas autant d'intimité autour de l'utilisation des toilettes. ""Imaginez Londres au dix-huitième siècle, avant le système d'égouts. Il y avait des charrettes qui traversaient la ville pour ramasser les excréments (qu'on jetait par les fenêtres ou qui étaient éparpillés partout) et les emmenaient pour fertiliser les champs."" Le secret s'est développé en même temps que les villes industrielles. ""L'idée de la vie privée est apparue au XIXe siècle, en particulier en Occident, lorsque la vie en ville s'est popularisée et que les gens ont commencé à vivre dans des endroits surpeuplés, que des égouts ont été construits et que des salles de bain sont apparues"", explique Louise Foxcroft. ""La familiarité avec le fonctionnement du corps était bien plus grande avant qu'aujourd'hui"", ajoute-t-elle. Au XVIIIe siècle, par exemple, la constipation était un sujet exploré par certains des grands écrivains de l'époque. ""Voltaire disait que les personnes qui bougent leur corps régulièrement et facilement tous les matins sont les préférées de la nature. Elles sont douces, affables, gracieuses, réfléchies, accommodantes et efficaces. Et un non sortant de leur bouche a plus de grâce qu'un oui sortant de la bouche d'un constipé"", explique l'historienne. La division entre l'esprit et le corps est une séparation philosophique relativement récente. ""On pensait autrefois que c'était dans les tripes que les émotions s'installaient, et non dans le cœur"", explique Mme Foxcroft, ajoutant que dans la poésie médiévale, on trouve de nombreux thèmes sur les excréments et l'amour, deux choses que l'on partage avec la personne que l'on aime. Solutions Au-delà des changements d'attitude vis-à-vis de la constipation, ce que beaucoup se demandent aujourd'hui, c'est ce qu'il faut faire pour ne pas en souffrir. ""Il faut une certaine quantité de fibres (solubles et insolubles) pour que les selles se forment et, bien souvent, on n'en consomme pas assez"", explique M. Toribio-Mateas. Avant tout, il est important de consommer une variété de fruits et de légumes (y compris les légumes à feuilles), des légumineuses, des graines, des noix et, idéalement, des céréales complètes. Anton Emmanuel suggère en plus d'une alimentation plus équilibrée - manger au moins trois fois par jour - de boire davantage, de marcher plus à l'intérieur ou à l'extérieur de la maison, et si cela ne fonctionne pas, d'utiliser des laxatifs doux, et surtout, ""quand le corps le demande, ne pas ignorer l'envie parce que ce n'est pas le bon moment, et aller aux toilettes"". ""De même, lorsque vous êtes là, ne restez pas longtemps. Quand vous avez fait ce que vous aviez à faire, n'attendez pas pour en faire plus"", ajoute-t-il. Toribio-Mateas recommande, pour briser le tabou, ""d'emmener un livre que vous aimez aux toilettes, de mettre de la musique... de penser à des moyens alternatifs. Essayez d'imiter la situation où vous vous rendez dans la salle de bains pour prendre un bain, où vous feriez des choses pour vous sentir détendu."" ""Ne vous sentez pas bizarre en faisant cela. Pensez que vous travaillez sur la communication entre votre cerveau et vos tripes."" Il recommande également de parler du problème, de le normaliser et de le partager avec d'autres personnes. ""Lorsque vous parlez à quelqu'un de quelque chose qui vous rend malheureux, c'est comme si on vous enlevait un poids des épaules"", dit-il. Comme le dit le dicton, ""les chagrins partagés pèsent moins""." https://www.bbc.com/afrique/monde-60781426 +health Vaccin contre le coronavirus : comment Johnson & Johnson se compare aux autres vaccins Covid-19 L'institution américaine Food and Drug Administration (FDA) a autorisé cette semaine l'utilisation chez l'adulte du vaccin COVID-19 développé dans les laboratoires Johnson & Johnson. La principale particularité de ce vaccin est que, contrairement aux autres déjà utilisés, il fonctionne avec une seule dose. Maureen Ferran, virologue à l'Université de Rochester, explique comment fonctionne ce vaccin, le troisième autorisé par la FDA, et en quoi il diffère de ceux fabriqués par Pfizer-BioNTech et Moderna. C'est un vaccin à vecteur viral. Pour le créer, l'équipe Johnson & Johnson a pris un adénovirus inoffensif - le vecteur viral - et a remplacé une petite partie de sa composante génétique par des gènes pour les protéines de pointe (les parties externes du virus qui ressemblent à une couronne) du SRAS-CoV . 2, le virus qui produit le covid-19. Cet adénovirus modifié est ensuite injecté dans le bras du patient et pénètre dans ses cellules. Les cellules lisent ensuite les instructions génétiques nécessaires pour fabriquer les protéines de pointe. Les cellules vaccinées produisent et affichent ces protéines de pointe sur leur propre surface. Le système immunitaire de la personne remarque ces protéines étrangères et commence à créer des anticorps, qui protégeront la personne si elle est exposée au vrai virus à l'avenir. Le vaccin à vecteur viral adénovirus est sûr car l'adénovirus ne peut pas se répliquer dans les cellules humaines ou provoquer une maladie, tandis que la protéine de pointe du SRAS-CoV-2 ne peut pas provoquer le covid-19 sans le reste du coronavirus. Ce genre de stratégie n'est pas nouveau. Johnson & Johnson a utilisé une méthode similaire pour produire le vaccin Ebola. En effet, le vaccin développé par l'Université d'Oxford et le laboratoire Astra-Zeneca utilise un vecteur viral adénovirus. L'analyse de la FDA a révélé que le vaccin de Johnson & Johnson est efficace à 72 % dans la prévention de l'infection dans toutes les variantes du COVID-19 et à 86 % dans la prévention des cas graves de la maladie. Bien qu'une personne vaccinée puisse être infectée, les données suggèrent que le vaccin réduit le risque de nécessiter une hospitalisation ou de mourir de la maladie. Une analyse similaire a été menée en Afrique du Sud, où une variante beaucoup plus contagieuse est dominante, et a donné des résultats similaires. Les chercheurs ont noté que le vaccin de Johnson & Johnson était légèrement moins efficace pour prévenir les maladies là-bas - 64 % - mais toujours 82 % efficace pour prévenir les maladies graves. La FDA a également signalé que ce vaccin protège contre d'autres variantes, telles que celles connues au Royaume-Uni et au Brésil. La principale différence est que Johnson & Johnson est un vaccin à vecteur viral adénovirus, tandis que Moderna et Pfizer sont de type ARNm. Les vaccins à ARNm, ou à ARN messager, utilisent les instructions génétiques du coronavirus pour dire aux cellules des personnes vaccinées de produire les protéines de pointe, plutôt que d'utiliser un autre virus comme vecteur. Et il y a d'autres différences, d'un point de vue pratique. Les vaccins Moderna et Pfizer reposent tous deux sur l'administration de deux doses, séparées de plusieurs semaines. Le vaccin Johnson & Johnson n'en a besoin que d'une. Ceci est essentiel lorsqu'il n'y en a pas suffisamment. De plus, le vaccin de Johnson & Johnson ne nécessite pas de congélateurs pour le stockage, contrairement aux ARNm qui nécessitent une chaîne du froid complexe pour être distribués en toute sécurité. Le vaccin Johnson & Johnson peut être conservé pendant trois mois dans un réfrigérateur ordinaire, ce qui le rend facile à utiliser et à distribuer. En ce qui concerne leur efficacité, il est difficile de comparer les vaccins de Moderna, Pfizer et Johnson & Johnson en raison de la différence dans la conception des essais cliniques. Alors que Moderna et Pfizer ont confirmé une efficacité de 95 % dans la prévention de la maladie, des essais cliniques ont été menés vers la mi-2020, avant que de nouvelles variantes du virus n'apparaissent et soient largement diffusées. Il est fort possible que les vaccins Moderna et Pfizer ne soient pas aussi efficaces contre les nouvelles variantes, alors que les essais cliniques Johnson & Johnson ont été réalisés plus récemment et ont pris en compte l'efficacité contre ces nouvelles variantes. Bien que l'efficacité globale des vaccins Moderna et Pfizer soit supérieure à celle de Johnson & Johnson, il n'est pas recommandé d'attendre que le vaccin souhaité soit disponible. En partie parce que cela n'arrivera probablement pas avant longtemps, étant donné les problèmes de demande et d'offre. Le vaccin Johnson & Johnson est presque aussi efficace que les vaccins à ARNm pour prévenir les cas graves, et c'est ce qui compte vraiment. Les vaccins de Johnson & Johnson et d'autres vecteurs viraux, tels que celui d'Astra-Zeneca, sont particulièrement importants pour l'effort mondial de vaccination. Du point de vue de la santé publique, avoir plusieurs vaccins contre le Covid-19 est important, donc Johnson & Johnson est très bienvenu dans le cadre de cet arsenal pandémique. Et il ne nécessite pas de congélateur, ce qui facilite grandement l'expédition et le stockage. Il s'agit d'un vaccin à injection unique, ce qui facilite la logistique par rapport à l'organisation requise pour administrer deux doses par personne. Dans le but de vacciner le plus de personnes possible, le plus rapidement possible, pour limiter le développement de nouvelles variantes du coronavirus, Johnson & Johnson devrait expédier bientôt près de quatre millions de doses aux États-Unis, dès que la FDA aura autorisé son utilisation d'urgence. Avoir un troisième vaccin homologué aux États-Unis est un grand pas en avant pour répondre à la demande de vaccination et freiner la pandémie. Maureen Ferran est professeur de biologie au Rochester Institute of Technology. https://www.bbc.com/afrique/monde-56254872 +health Orthorexie : l'obsession de manger sainement qui peut nuire à votre santé "Une alimentation saine est essentielle pour profiter pleinement de la vie. Cette simple phrase est plus importante aujourd'hui que jamais. La raison en est l'extraordinaire disponibilité des aliments ultra-transformés et l'énorme publicité qui en est faite dans les différents médias . Il n'est pas surprenant que de plus en plus de personnes se rebellent contre la tyrannie du fast-food. Ils choisissent de limiter leur alimentation à des produits peu transformés, voire totalement naturels, même si, pour ce faire, ils doivent faire face à une publicité mensongère qui tente de ""déguiser"" leur éventuelle origine industrielle . Lire aussi : Nous pourrions dire que nous sommes plongés dans une bataille culinaire et commerciale. Une bataille qui remet en cause à la fois les valeurs de la santé et celles de l'esthétique. Entre autres, le souci de l'intégrité du corps, de son harmonie et de sa beauté, en opposition aux intérêts économiques des grandes multinationales. Bien que paradoxale, cette circonstance a favorisé l'apparition de problèmes de santé imprévus. Surtout dans les pays les plus développés. Nous parlons d'orthorexie ou d'orthorexie mentale, un phénomène de plus en plus répandu qui suscite l'inquiétude de la communauté scientifique. Étymologiquement, le terme orthorexie vient du grec orthos (correct ou adéquat) et orexia (nourriture). Il a été introduit par le Dr Steven Bratman au début de ce siècle, bien qu'il n'apparaisse pas encore aujourd'hui dans les manuels officiels de diagnostic comme un trouble alimentaire. Les personnes souffrant d'orthorexie sont intensément préoccupées par une alimentation saine. Par conséquent, elles passent beaucoup de temps à se renseigner sur les propriétés et la préparation des aliments. Sur la base de leurs recherches, elles apportent des changements radicaux à leur régime alimentaire afin de l'adapter à ce qu'elles jugent approprié. Le problème est que leurs choix ne correspondent pas toujours aux preuves scientifiques. Il en résulte un nombre croissant d'exclusions alimentaires qui ne sont pas compensées de manière adéquate . Les conséquences deviennent apparentes au fil des années, la situation évoluant d'une préoccupation raisonnable à des ruminations rigides et angoissantes sur ce qu'il faut manger ou comment le faire. De nombreuses personnes souffrant de ce problème passent plus de trois heures par jour à sélectionner et à préparer les aliments, car ils doivent être analysés sans relâche avant d'atterrir dans l'assiette. Il n'est donc pas surprenant que le plaisir spontané (et éminemment social) qui est habituellement associé à l'acte de manger diminue. Lorsque l'on cède à la tentation et que l'on finit par ingérer un aliment figurant sur la liste toujours plus longue des interdits, une culpabilité extrêmement intense s'installe automatiquement. Et il est fréquent que les personnes souffrant d'orthorexie soient extrêmement perfectionnistes. Par conséquent, le moindre faux pas précipite une douloureuse remise en question de sa valeur personnelle. Enfin, l'orthorexie est généralement perçue comme adéquate par la personne qui en souffre, de sorte qu'elle cherchera rarement de l'aide. Son expression clinique s'impose comme un attribut positif de sa propre identité, défendant jusqu'à l'extrême (et parfois avec véhémence) le mode de vie qui la caractérise, auquel sont attribuées des connotations morales élevées. Les restrictions alimentaires liées à l'orthorexie, ainsi que les préoccupations susmentionnées concernant une alimentation saine, peuvent faciliter l'apparition de problèmes de santé. On observe également une détérioration substantielle de la qualité de vie (au sens large du terme). Les conséquences les plus évidentes se répercutent sur l'état physique. De nombreuses études soulignent le risque accru de malnutrition, d'anémie et de carence en oligo-éléments. Mais aussi d'autres affections métaboliques (ostéoporose, par exemple). Toutes ces pathologies nécessitent un traitement spécialisé et peuvent entraîner des complications médicales. Au niveau psychopathologique, les symptômes dépressifs et anxieux se distinguent . Sans oublier une prévalence élevée de troubles obsessionnels compulsifs liés à l'alimentation. En effet, ce dernier coïncide partiellement dans son expression clinique avec l'orthorexie (inflexibilité, rituels comportementaux...). Cela explique donc sa remarquable comorbidité. Quelque chose de similaire se produit entre l'orthorexie et les autres troubles alimentaires. La faible conscience d'un problème dont on souffre, la culpabilité et les transgressions d'un perfectionnisme excessif sont également essentielles pour bien comprendre l'anorexie mentale. Tous ces points communs entre les troubles nous permettent d'identifier des facteurs de risque partagés, mais aussi d'esquisser des stratégies d'intervention efficaces. Leur présence suggère que certaines dimensions de la personnalité, ainsi que la dynamique de la pensée, sont importantes pour l'étiologie et le pronostic de multiples problèmes de santé mentale apparemment distincts. En ce qui concerne la sphère sociale, le sentiment d'isolement est l'une des plaintes les plus souvent mentionnées par les personnes souffrant d'orthorexie. En substance, il découle, d'une part, de leur difficulté à partager des moments de détente lors des repas. D'autre part, en raison de conflits (avec des proches) liés à des habitudes alimentaires incompatibles. Des preuves scientifiques indiquent également que la population féminine est plus vulnérable aux conséquences physiques et psychologiques de l'orthorexie . Par conséquent, les femmes présentant ce mode de consommation nécessitent une attention particulière de la part des professionnels de la santé. Des recherches supplémentaires sont encore nécessaires pour comprendre l'impact de l'orthorexie sur la santé. Il faut également la différencier des préoccupations adaptatives concernant une alimentation saine (ce que l'on appelle l'orthorexie saine). Les traitements futurs devront veiller à ce qu'une alimentation saine soit conciliée avec la santé mentale de ceux qui vivent avec l'orthorexie, en fournissant des outils opportuns pour développer des régimes alimentaires sains tout en préservant l'intégrité des autres facettes de la vie. * Cet article a été initialement publié sur The Conversation. Vous pouvez lire la version originale et voir les liens vers toutes les études scientifiques ici. Joaquín Mateu Mollá est professeur adjoint à l'Université internationale de Valence et docteur en psychologie clinique de l'Université internationale de Valence." https://www.bbc.com/afrique/monde-59837907 +health Coronavirus: le premier essai sur l'homme en Europe d'un vaccin contre le Covid-19 "Le virus a été injecté à deux premiers patients dans le cadre de l'essai d'un vaccin contre le Covid-19 au Royaume-Uni. Ces deux volontaires sont les premiers de plus de 800 personnes recrutées pour l'étude. La moitié recevra le vaccin Covid-19, et l'autre moitié un vaccin témoin qui protège contre la méningite mais pas contre le nouveau coronavirus. La conception de l'essai signifie que les volontaires ne sauront pas quel vaccin ils recevront, mais les médecins eux le sauront. Lire aussi: Elisa Granato, l'une des deux personnes qui ont reçu le vaccin, a déclaré à la BBC : ""je suis une scientifique, donc je voulais essayer de soutenir le processus scientifique partout où je le pouvais."" Le vaccin a été développé en moins de trois mois par une équipe de l'université d'Oxford. Sarah Gilbert, professeur à l'Institut Jenner, a dirigé la recherche pré-clinique. ""Personnellement, j'ai une grande confiance dans ce vaccin"", a-t-elle déclaré. ""Bien sûr, nous devons le tester et obtenir des données sur les humains. Nous devons démontrer qu'il fonctionne réellement et empêche les gens d'être infectés par le coronavirus avant d'utiliser le vaccin dans la population en général"". Le professeur Gilbert a déclaré précédemment qu'elle était ""sûre à 80 %"" que le vaccin fonctionnerait, mais elle préfère maintenant ne pas mettre de chiffre dessus, disant simplement qu'elle est ""très optimiste"" quant à ses chances. Le vaccin est fabriqué à partir d'une version affaiblie d'un virus du rhume commun (connu sous le nom d'adénovirus) provenant de chimpanzés, qui a été modifié de manière à ce qu'il ne puisse pas se développer chez l'homme. L'équipe d'Oxford a déjà mis au point un vaccin contre le Mers, un autre type de coronavirus, en utilisant la même approche - et qui a donné des résultats prometteurs lors d'essais cliniques. La seule façon pour l'équipe de savoir si le vaccin du Covid-19 fonctionne est de comparer le nombre de personnes qui seront infectées par le coronavirus dans les mois à venir dans les deux volets de l'essai. Cela pourrait poser un problème si les cas diminuent rapidement au Royaume-Uni, car il n'y aura peut-être pas assez de données. Le professeur Andrew Pollard, directeur de l'Oxford Vaccine Group, qui dirige l'essai, a déclaré : ""nous courons après la fin de cette vague épidémique actuelle. Si nous ne l'attrapons pas, nous ne serons pas en mesure de dire si le vaccin fonctionne dans les prochains mois. Mais nous nous attendons à ce qu'il y ait plus de cas à l'avenir parce que ce virus n'a pas disparu"". Les chercheurs du vaccin donnent la priorité au recrutement de travailleurs de la santé locaux pour l'essai, car ils sont plus susceptibles que d'autres d'être exposés au virus. Un essai plus important, portant sur environ 5 000 volontaires, débutera dans les prochains mois et ne sera assorti d'aucune limite d'âge. Les personnes âgées ont tendance à avoir des réponses immunitaires plus faibles aux vaccins. Les chercheurs évaluent s'ils pourraient avoir besoin de deux doses du vaccin. L'équipe d'Oxford envisage également un essai de vaccin en Afrique, peut-être au Kenya, où les taux de transmission augmentent à partir d'une base plus faible. Si les chiffres pourraient poser problème, pourquoi ne pas infecter délibérément des volontaires avec un coronavirus ? Ce serait un moyen rapide et sûr de savoir si le vaccin est efficace, mais ce serait éthiquement discutable car il n'existe aucun traitement éprouvé pour le Covid-19. Mais cela pourrait être possible à l'avenir. a déclaré le professeur Pollard : ""si nous arrivons au point où nous disposons de certains traitements pour la maladie et que nous pouvons garantir la sécurité des volontaires, ce serait un très bon moyen de tester un vaccin"". Les volontaires de l'essai seront soigneusement surveillés dans les mois à venir. On leur a dit que certains pourraient avoir mal au bras, des maux de tête ou de la fièvre dans les deux premiers jours suivant la vaccination. On leur a également dit qu'il y a un risque théorique que le virus puisse induire une réaction grave au coronavirus, ce qui est apparu dans certaines des premières études sur le vaccin animal du Sars. Mais l'équipe d'Oxford affirme que ses données suggèrent que le risque que le vaccin produise une maladie plus grave est minime. Les scientifiques espèrent que le million de doses sera prêt d'ici septembre et que la production sera ensuite considérablement augmentée, si le vaccin s'avère efficace. Selon le professeur Gilbert, cela n'a pas encore été décidé : ""ce n'est pas vraiment notre rôle de dicter ce qui va se passer, nous devons juste essayer d'obtenir un vaccin qui fonctionne et en avoir suffisamment, et ensuite ce sera à d'autres de décider"". Le professeur Pollard a ajouté : ""nous devons nous assurer que nous avons suffisamment de doses pour répondre aux besoins les plus importants, non seulement au Royaume-Uni mais aussi dans les pays en développement"". Une autre équipe de l'Imperial College de Londres espère commencer les essais sur l'homme de son vaccin contre les coronavirus en juin. Les équipes d'Oxford et de l'Imperial College ont reçu plus de 40 millions de livres sterlings de fonds publics. Le ministre de la santé Matt Hancock a fait l'éloge des deux équipes et a déclaré que le Royaume-Uni ""fera tout son possible"" pour développer un vaccin. Le conseiller médical en chef du Royaume-Uni, le professeur Chris Whitty, a déclaré que ni un vaccin, ni un médicament pour traiter le Covid-19, ne seront probablement disponibles au cours de l'année prochaine. A regarder aussi - une survivante du nouveau coronavirus parle dans ""La Vie Avec Le Corona"":" https://www.bbc.com/afrique/monde-52407500 +health Covid : qu'est-il advenu de l'immunité collective deux ans après le début de la pandémie (et comment les nouveaux variants l'affectent-ils) ? "En 2020, durant les premiers mois de la pandémie, un concept qui semblait porteur d'espoir est devenu populaire : l'immunité collective. Ce terme fait référence au fait que lorsqu'une grande partie de la population devient immunisée contre une maladie, dans ce cas le covid-19, il est peu probable que cette maladie continue à être transmise. De cette façon, toute la population est protégée, même ceux qui ne sont pas immunisés contre la maladie. L'immunité collective peut être obtenue après qu'un nombre suffisant de personnes aient eu la maladie et développé des anticorps, ou qu'un grand pourcentage de la population ait été vacciné. Toutefois, après deux ans de pandémie, la complexité du SRAS-CoV-2 a empêché l'un de ces deux scénarios de se produire. Selon les experts consultés par BBC Mundo, plusieurs facteurs rendent improbable l'obtention d'une immunité collective contre le Covid-19, et les efforts doivent donc être dirigés vers le contrôle de la pandémie, sans nécessairement l'éliminer. Le comportement des vaccins et leur distribution inégale, ainsi que l'apparition de nouveaux variants, sont quelques-unes des principales raisons pour lesquelles l'immunité collective est considérée comme un objectif irréaliste. Il est toutefois possible de parvenir à une ""immunité collective en pratique"", qui pourrait offrir certains niveaux de normalité dans la vie quotidienne. Quel que soit le scénario futur, les experts insistent sur le fait que la vaccination et les mesures de soins restent des outils puissants pour faire avancer la lutte contre le covid-19. Au cours des deux années de la pandémie, le SRAS-CoV-2 a évolué vers des variants qui, dans certains cas, lui ont permis d'être plus contagieux et un peu plus résistant à l'effet des vaccins. L'exemple le plus clair est le variant Delta, qui s'est avéré au moins deux fois plus transmissible que le virus parent. Quant à l'Omicron, les premières études suggèrent qu'il semble avoir une plus grande capacité à échapper à l'immunisation. Cependant, les vaccins contre le Covid-19 se sont avérés efficaces pour réduire de manière significative le risque de développer une maladie grave ou de mourir. En revanche, les personnes vaccinées peuvent l'attraper et la transmettre à d'autres, mais dans une moindre mesure que les personnes non vaccinées. C'est un premier facteur de complication. ""Avec les vaccins dont nous disposons, même s'ils réduisent la transmission, le concept d'immunité collective n'a pas de sens"", explique à BBC Mundo Salvador Peiró, médecin spécialisé en santé publique et chercheur en pharmacoépidémiologie à FISABIO, une fondation de recherche biomédicale dépendant de la Generalitat Valenciana, en Espagne. Et il ajoute qu'avec les taux de transmission observés avec l'Omicron, cela a probablement encore moins de sens. Ainsi, même si les vaccins sauvent des vies, ils ne peuvent pas empêcher le virus de se déplacer plus loin. Et le fait que le virus continue à circuler génère une deuxième complication, à savoir que tant que le virus continue à être transmis, il est possible que de nouveaux variants apparaissent, qui sont plus contagieux, produisent des symptômes plus graves ou échappent à l'effet des vaccins. ""Toute partie présentant un grand nombre d'infections, qu'elle soit vaccinée ou non, est une source potentielle de nouveaux variants"", explique à BBC Mundo Caroline Colijn, chercheuse en épidémiologie et évolution des agents pathogènes à l'université Simon Fraser de Vancouver (Canada). . Et Colijn ajoute un autre élément, à savoir que le SRAS-CoV-2 infecte également les animaux, avec lesquels d'autres espèces peuvent servir de ""réserve"" du virus à partir duquel il peut être réintroduit chez l'homme. Un troisième facteur est que l'immunité qu'une personne obtient après avoir été vaccinée ou après s'être rétablie du Covid-19 peut diminuer avec le temps, comme l'indique le Center for Disease Control des États-Unis. Selon Shabir A. Madhi, doyen de la faculté des sciences de la santé et professeur de vaccination à l'université du Witwatersrand, en Afrique du Sud, la réponse immunitaire après une infection ou une vaccination dure environ six à neuf mois. Mais cela peut changer face à l'apparition de nouveaux variants, c'est pourquoi on applique déjà des doses de rappel qui augmentent et renforcent les anticorps plusieurs mois après avoir reçu le vaccin ou avoir souffert de la maladie. Un quatrième facteur est la distribution inégale des vaccins. Dans des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, environ 70 % de la population est déjà vaccinée avec deux doses. Mais au niveau mondial, à peine plus de la moitié de la population a reçu au moins une dose. Et dans les pays aux revenus les plus faibles, seuls 6,3 % ont reçu une dose, selon les données de Notre monde en chiffres. Dans de nombreuses régions du monde, le risque que le virus continue à se propager et que de nouveaux variants potentiellement dangereux apparaissent s'en trouve accru. ""Nous ne remporterons pas la victoire en vaccinant les pays riches tous les six mois"", déclare M. Colijn. ""Il est extrêmement important d'adopter un regard global et de s'assurer que les vaccins sont disponibles et utilisés dans toutes les régions du monde."" En substance, il est inutile qu'un pays soit totalement protégé alors que d'autres régions du monde restent vulnérables, car le virus ne connaît pas de frontières. ""L'immunité collective pour le Covid-19 est une utopie"", déclare le Dr Mauricio Rodríguez, professeur à la faculté de médecine de l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM) et porte-parole de la commission dudit centre pour les questions liées au coronavirus. Selon Rodríguez, l'immunité collective s'applique très bien aux groupes petits ou délimités . ""Le problème avec le Covid est qu'il est présent dans tous les groupes d'âge, dans toutes les populations, partout, tout le temps"", explique l'expert. ""Il est pratiquement impossible d'obtenir une immunité collective avec le Covid"". M. Rodríguez indique que l'on peut peut-être aspirer à atteindre l'immunité dans certains groupes, comme les personnes âgées de plus de 60 ans ou celles qui souffrent d'une maladie qui les rend plus vulnérables au virus. Selon les experts consultés par BBC Mundo, au lieu d'aspirer à supprimer complètement le virus, les efforts devraient viser à s'habituer à vivre avec le virus, mais sans représenter une menace sérieuse pour l'humanité. L'objectif est que, même s'il devient un virus endémique, c'est-à-dire qu'il continue à circuler parmi la population, il reste à un niveau gérable. Atteindre ce point, c'est ce que Peiró appelle ""avoir un contrôle fonctionnel de la pandémie"". ""Il ne s'agit pas d'éliminer tous les cas, ce que nous espérons, c'est d'avoir une situation immunitaire avec très peu de cas graves"", explique l'expert. ""Ce n'est pas que les gens ne sont pas infectés, c'est que les hôpitaux ne se remplissent pas de cas graves"". Peiró soutient que l'idée est que le covid ressemble de plus en plus à un rhume. ""Le succès de la pandémie est de voir les hôpitaux vides de cas de Covid"", dit-il. Colijn soutient qu'il est peu probable d'atteindre une immunité collective, mais qu'il est possible d'atteindre une ""immunité collective en pratique"". Cela signifie que si les vaccins sont appliqués de manière massive et équitable, des niveaux d'activité presque normaux peuvent être atteints, sans qu'il soit nécessaire de recourir à des mesures plus radicales telles que le confinement. ""Nous devons réfléchir aux mesures que nous sommes prêts à maintenir pour toujours, peut-être que certaines de ces mesures sont l'utilisation de masques, ou des tests rapides"" ; dit l'expert. ""Arrêter de voir nos amis ou notre famille ne fait probablement pas partie de ces mesures, nous ne pouvons pas le faire éternellement."" Pour parvenir à cette ""immunité collective en pratique"" et au ""contrôle fonctionnel de la pandémie"", les experts s'accordent à dire qu'il est important de donner la priorité aux groupes les plus vulnérables dans les campagnes de vaccination. L'idée est de faire en sorte que le plus grand nombre possible de personnes soient protégées contre les maladies graves. ""Les vaccins nous ont permis de combattre la pandémie sans presque aucune restriction"", affirme M. Peiró. ""Dans d'autres circonstances, nous serions tous enfermés, avec plus de décès et plus d'hospitalisations, mais nous avons traité le delta avec tout ouvert , c'est grâce aux vaccins."" Ce scénario, dans lequel la combinaison de la vaccination massive et égalitaire, ainsi que des mesures de soins est plus comme l'étape dans laquelle nous entrons. ""Nous sommes dans une phase de transition, nous passons d'une phase d'urgence pour ensuite être dans une phase endémique, c'est-à-dire quand le virus circulera plus régulièrement"", explique Rodríguez. ""Nous ne devons pas paniquer, nous devons apprendre à vivre avec le virus"", conclut l'expert." https://www.bbc.com/afrique/monde-59703472 +health Puberté précoce chez les filles : les risques et les moyens de la traiter "Mais à quel âge la puberté peut-elle être considérée comme prématurée ? Quelles sont les causes de ce problème et que peut-on faire pour le combattre ? La puberté est la maturation du corps en vue de la procréation, explique le docteur Marta Francis Benevides Rehme, présidente de la Commission nationale spécialisée en gynécologie infantile et pubertaire de la Fédération brésilienne des associations de gynécologie et d'obstétrique (Febrasgo). Il se produit par étapes, et le processus est différent chez les filles et les garçons. ""Chez les filles, il y a d'abord la croissance des seins, puis l'apparition des poils du corps et enfin les premières menstruations, qui marquent la fin de ce processus"", explique Rehme. L'âge de la puberté chez les filles a diminué au fil des ans : l'âge moyen des premières règles est aujourd'hui beaucoup plus bas qu'au début du siècle dernier, indique le médecin. Les chercheurs ne peuvent pas encore en déterminer la raison avec certitude, mais il existe un certain nombre d'hypothèses, notamment des changements dans le régime alimentaire et des stimuli environnementaux. Aujourd'hui, l'apparition des premiers signes de la puberté se situe en moyenne autour de 10 ans et les premières règles entre 11 et 12 ans, explique Rehme. Lorsque l'apparition de poils ou de seins se produit chez des filles de moins de 8 ans, on considère qu'elles traversent un processus de puberté précoce, explique l'endocrinologue Sonir Roberto Rauber Antonini, professeur à l'école de médecine de l'USP, à Ribeirão Preto, et président du département d'endocrinologie pédiatrique de la société brésilienne d'endocrinologie et de métabologie (SBEM). Outre l'apparition des seins et des cheveux, d'autres facteurs peuvent apparaître dans la puberté précoce : une croissance très rapide chez les filles de très petite taille, la peau devenant grasse, avec une acné, voire la présence d'une odeur axillaire et des changements de comportement. Dans ces cas, explique Antonini, il est extrêmement important que la jeune fille consulte un pédiatre et soit orientée vers un endocrinologue pédiatrique pour des tests et un diagnostic. S'il est positif, c'est-à-dire si la jeune fille est vraiment en train de vivre une puberté précoce, il faut généralement interrompre ce processus. Mais pourquoi cette intervention est-elle nécessaire et quels problèmes la puberté précoce peut-elle entraîner ? Pendant la puberté, le corps commence à créer certaines hormones en plus grande quantité. Une région du cerveau appelée hypothalamus produit une plus grande quantité de l'hormone GNRH, qui agit sur l'hypophyse, une glande située dans la partie inférieure du cerveau, et augmente la production des hormones LH et FSH. Ces hormones, à leur tour, voyagent dans le sang et affectent l'ovaire, le faisant mûrir et produire l'hormone œstradiol (un type d'œstrogène), qui à son tour provoque le développement des seins, augmente le taux de croissance et génère des changements dans la forme du corps - les hanches deviennent plus larges, par exemple. Cette hormone agit également sur le cerveau et peut affecter l'humeur et le comportement. La première menstruation est la dernière phase de ce processus, lorsque le corps augmente la production de l'hormone progestérone. Lorsqu'une fille atteint la puberté précoce, toutes ces hormones sont produites avant l'heure, ce qui entraîne une série de conséquences sur sa vie et sa santé. ""Cette enfant va grandir très vite, mais va cesser de grandir rapidement, car les menstruations, qui sont la dernière phase de la puberté, ralentissent beaucoup la croissance"", explique l'endocrinologue pédiatrique Sonir Antonini. ""Ainsi, une fille qui devrait grandir jusqu'à 11 ou 12 ans environ aura ses règles plus tôt et cessera de grandir jusqu'à 8 ans, devenant plus petite"", ajoute-t-il. En outre, explique la gynécologue Mara Mendes, directrice du département de protection des patients du Collège médical brésilien d'acupuncture (CMBA), les modifications du corps avant l'heure augmentent le risque de sexualisation précoce de la jeune fille. ""Nous ne pouvons pas ignorer le risque de grossesse si elle s'est menstruée tôt et qu'elle subit des abus sexuels"", dit le médecin. À cet âge, la grossesse peut même mettre la vie de l'enfant en danger. L'exposition à tant d'hormones avant l'heure peut également provoquer d'importants changements émotionnels, explique Mendes. ""Il y a les effets des hormones sur le cerveau, mais aussi d'autres facteurs plus subjectifs. Il peut y avoir un raccourcissement de l'enfance, elle peut ne pas s'accepter devant ses camarades, qui prendront encore du temps pour faire le processus."" ""Une puberté précoce peut conduire à la dépression et à des comportements à risque à l'âge adulte - plusieurs études établissent un lien entre la puberté précoce et ces problèmes"", explique Antonini. Certaines études montrent également une corrélation entre l'exposition précoce aux hormones de la puberté et un risque accru de certains types de cancer à l'âge adulte - bien que cela doive encore être étudié, selon Antonini. Il existe plusieurs causes possibles à la puberté précoce, poursuit-il - d'une cause génétique, c'est-à-dire une tendance au problème héritée des parents, à la présence de maladies telles que des tumeurs, des problèmes de glandes surrénales ou d'ovaires. La plus courante, cependant, est celle qui a ce que les médecins appellent une cause centrale, c'est-à-dire lorsque le cerveau - pour diverses raisons qui ne sont pas toujours claires - libère des hormones avant l'heure. Il existe également un facteur de risque qui peut augmenter les chances que la puberté soit avancée : l'obésité infantile. L'endocrinologue Maria Edna de Melo, présidente du groupe Obésité infantile de la SBEM, explique que les filles souffrant d'obésité ont tendance à avoir une puberté précoce. ""Ce qui se passe généralement, c'est qu'une fille qui aurait eu ses règles à 11 ou 12 ans finit par les avoir à 9 ou 10 ans. Selon Antonini, on ne sait pas encore exactement pourquoi l'obésité provoque cette anticipation, mais elle est probablement liée à la production de leptine, une hormone importante pour que le corps puisse produire les hormones de la puberté. ""La leptine est produite par le tissu adipeux, explique Antonini. Donc, l'excès de leptine est probablement l'un des facteurs de l'obésité qui génère cette anticipation."" ""La quantité de graisse dans le corps est très liée à la puberté. Ainsi, tout comme une fille en surnombre peut l'anticiper, un enfant très maigre peut ne pas entrer dans la puberté"", explique l'endocrinologue. Selon Melo, il est important que les parents consultent leur pédiatre s'ils ont des doutes sur le poids adéquat de leurs enfants. ""L'obésité chez les enfants ne se calcule pas de la même manière que chez les adultes, il existe un indice spécifique pour eux indiqué par l'OMS (Organisation mondiale de la santé)."" Le traitement qui sera indiqué dépend de la cause du problème. Dans le cas d'une puberté précoce, mais pas techniquement précoce (avant l'âge de 8 ans), dont la cause est l'obésité, il n'est pas nécessaire d'interrompre la puberté - ce qui est indiqué est le traitement de l'obésité, qui peut entraîner d'autres risques pour la santé à l'avenir. ""Dans 95 % des cas d'obésité infantile, la cause est une alimentation inadéquate et un manque d'activité physique, ce sont donc ces facteurs qu'il faut changer"", explique Antonini. ""Aujourd'hui, il y a beaucoup de pression de la part de l'industrie alimentaire, beaucoup de facilité à se procurer des aliments ultra-transformés. Et parfois, ils sont même moins chers que les aliments frais"", constate Melo. ""Les parents sont souvent jugés - et eux-mêmes ont parfois quelque chose à se reprocher - lorsqu'il y a de l'obésité infantile, mais on oublie que les parents sont aussi victimes de cette forte pression de l'industrie alimentaire"", explique le médecin. Selon elle, le traitement de l'obésité infantile passe par un changement de comportement, une rééducation alimentaire et un suivi médical des indicateurs de santé. Cette vidéo pourrait vous intéresser : Lorsqu'il s'agit d'une puberté précoce d'origine centrale, c'est-à-dire causée par l'avance de la libération d'hormones par le système nerveux central, le processus doit être interrompu par l'utilisation de bloqueurs d'hormones, explique Antonini. ""Habituellement, l'utilisation d'injections d'analogues de la GNRH se fait tous les 1, 3 ou 6 mois, précise-t-il. La démarche doit être accompagnée par un endocrinologue pédiatre, qui suivra la croissance et le poids de l'enfant, et adaptera les doses."" Les bloqueurs sont généralement pris par les filles jusqu'à l'âge de 10 ou 11 ans. ""Quelques mois ou un an après l'arrêt de la prise des bloqueurs, la jeune fille entre en puberté. Une trentaine d'années d'études ont montré qu'il s'agit de médicaments très sûrs et sans effets secondaires graves, explique le médecin. Lorsque la jeune fille arrête d'en prendre, entre dans la puberté et a ses règles, elle aura une capacité de fertilité normale."" Déjà dans les cas où la puberté précoce est le symptôme d'une maladie - comme une tumeur ou des problèmes dans les glandes surrénales - le traitement sera axé sur la résolution de ce problème initial, explique Melo." https://www.bbc.com/afrique/monde-60886512 +health Prendre soin de mon père mourant m'a aidé à comprendre le chagrin et a fait de moi un meilleur médecin "Le docteur Rachel Clarke passe sa vie professionnelle en compagnie de personnes qui meurent, mais en 2017, son travail est soudainement devenu beaucoup plus personnel. On a diagnostiqué à son père, Mark Randall, également médecin un cancer en phase terminale. ""J'étais dévastée par la perspective de perdre mon père et de pleurer la nuit"", a déclaré à la BBC le médecin de l'Oxfordshire, dans le sud de l'Angleterre. Faire face à une autre mort, non pas en tant que médecin mais en tant que fille, était une toute autre situation à traverser. ""Aucune de ces compétences professionnelles ne m'a aidé de manière profonde et fondamentale en tant fille en deuil"", a-t-elle déclaré. Testez vos connaissances sur le cancer ! Covid-19 : respectez les consignes ""pour honorer"" les 140 médecins morts Pourquoi les hommes sont-ils moins susceptibles de porter un masque ? Alors que son père luttait contre le cancer, Rachel s'efforçait de contenir ses émotions. ""C'est une malédiction particulière d'être médecin. Vous savez aussi ce qui vous attend."" Après avoir été diagnostiqué, son père lui téléphonait tous les jours pour lui parler de sa maladie. ""Je me suis inspiré de toute ma formation, pour être un médecin très calme, objectif et réconfortant au bout du fil, tout en supprimant - et en enterrant - la fille qui criait et qui était remplie d'angoisse."" Son père a dit qu'il trouvait ces conversations ""thérapeutiques"". ""Mais chaque fois que je raccrochais et je posait le téléphone j'étais en larmes"", a déclaré Rachel. S'occuper de son père lui a fait prendre conscience du profond sentiment de perte et du vide ressenti par les personnes en deuil. ""C'était une leçon très importante pour moi en tant que médecin. J'ai enfin compris ce que c'était que d'être de l'autre côté - d'être une mère, un fils, une épouse, un frère ou un mari qui perd l'amour de sa vie. C'était une leçon d'humilité pour moi"". Rachel et le reste de la famille ont travaillé dur pour rendre les derniers mois du Dr Mark Randall aussi spéciaux que possible. ""Papa avait une attitude extraordinaire face à sa maladie. Il l'a prise de front. Il a essayé de remplir les derniers mois, semaines, jours de sa vie avec toutes ces petites expériences simples."" Regarder aussi : Son père a passé des heures à marcher dehors, même après avoir arrêté la chimiothérapie palliative. Il a emmené sa mère faire 600 km en voiture pour aller voir ses montagnes adorées dans les Highlands écossais. Rachel a acheté trois billets coûteux pour un concert et a emmené ses parents assister à une représentation de la deuxième symphonie d'Elgar - la préférée de son père. ""Il y a eu ce moment incroyable où tous les trois, nous avons eu des larmes qui coulaient sur nos visages."" Ils ont été bouleversés par la musique - et par la prise de conscience que son temps touchait à sa fin. ""Pendant les cinq derniers jours de sa vie, il était dans un lit d'hôpital en bas chez lui. L'un de nous lui a tenu la main 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il n'a jamais été seul"". La veille de Noël, son père a eu 75 ans. Il était entouré de ses trois enfants et de ses trois petits-enfants. Mais le Dr Randall était trop faible, même pour sourire. Deux jours plus tard, il est mort. L'apprentissage du chagrin ""Vous avez ces moments précieux. Aucun d'entre eux ne dure éternellement, et papa a réussi à les célébrer tous jusqu'à la fin"", a déclaré Rachel. Le seul fait réconfortant est que son père est mort à la maison et non pas dans un hôpital entouré de machines. ""Le chagrin est la forme que prend l'amour quand quelqu'un meurt, et cette douleur, parmi toutes les douleurs, ne peut être palliée"", dit-elle dans son livre ""Dear Life"", qui traite de ce deuil. Lorsqu'elle était sur le point de retourner au travail, elle avait peur que chaque patient qu'elle voyait lui rappelle son père. Mais elle a vite compris que cette expérience traumatisante lui avait donné du pouvoir. ""Maintenant, j'ai l'expérience vécue, apprise et réelle qui m'a permis de comprendre ce que les proches en deuil vivaient."" Lire aussi : Un traitement contre le cancer lauréat du Prix Nobel Les boissons sucrées causent-elles le cancer? Pourquoi l'obésité peut causer le cancer Survivre en dépit du cancer du sein Les conversations qu'elle a eues avec son père lui ont également permis de mieux comprendre les besoins de ses patients. Cela a aidé lorsqu'une jeune femme mourant d'un cancer dans son hospice a exprimé son désir de se marier. L'équipe de Rachel a travaillé contre la montre pour obtenir une robe pour la mariée et pour convertir une salle de l'hôpital en chapelle. Ils ont reçu des ballons et des gâteaux pour célébrer le mariage, qui a eu lieu avec un préavis de trois jours seulement. Il y avait des centaines d'invités et le père de la mariée l'a conduite dans l'allée. ""Tout à coup, ce n'était plus une femme qui mourait d'un cancer. C'était une jeune femme qui se mariait, regardant l'homme qu'elle aimait plus que tout. Chaque personne présente dans la pièce pouvait sentir cette transformation. C'était l'une des plus belles expériences que j'ai eues au travail"", a déclaré Rachel. La patiente a gardé sa robe de mariée et est morte dans les bras de son mari le jour suivant, a-t-elle ajouté. ""C'était à la fois déchirant et absolument magnifique."" ""Les malades en phase terminale savent que leur temps est compté, alors que nous vivons comme si nous avions tout le temps du monde"", dit-elle dans son livre. Voir aussi : Le fait d'avoir frôlé la mort plus tôt dans sa vie avait été la clé de la décision de Rachel de devenir médecin. En avril 1999, alors qu'elle se dirigeait vers un pub du centre de Londres avec son petit ami, une puissante explosion l'a fait tomber. ""Je pouvais voir un corps devant moi, d'un homme qui n'avait pas de jambe."" L'explosion - un attentat à la bombe à clous perpétré par un néo-nazi dans un pub gay - a tué trois personnes et blessé 70 autres. Rachel a vu comment les médecins et les infirmières se sont précipités pour aider, inconscients du danger. Cela lui a redonné la vie. Enfant, elle était douée pour les sciences et a grandi en écoutant les histoires captivantes de son père sur le métier de médecin. Ses professeurs s'attendaient à ce qu'elle suive ses traces, mais au lieu de cela, elle était devenue journaliste. Après avoir survécu à l'explosion, elle est retournée aux études et a bientôt commencé un diplôme de médecine à l'âge de 29 ans. Après avoir terminé sa formation médicale, elle a passé du temps dans les services d'urgence, mais elle a trouvé sa vocation dans la prise en charge des personnes ayant besoin de soins de fin de vie. Voir aussi : Vœu de mourrant Rachel estime que les gens doivent s'engager dans des conversations difficiles sur la mort et se préparer à aborder des questions pratiques. ""Je suis étrangement philosophe sur ma propre mort. Je crois sincèrement que j'ai de la chance d'avoir vécu pendant 47 ans dans un état de santé remarquable"", a-t-elle déclaré. Si on lui diagnostiquait une maladie limitant sa vie, elle souhaite que ceux qui s'occupent d'elle l'aident à réaliser un désir inassouvi. Pendant des années, elle a essayé - et échoué - de voir une loutre dans la nature. Ce serait sa dernière volonté. ""Peu importe si je suis malade, si je suis en fauteuil roulant ou fiévreuse, je m'en fiche. S'il vous plaît, emmenez-moi à une rivière où je peux voir une loutre de manière fiable et je mourrai en femme heureuse. """ https://www.bbc.com/afrique/monde-53405496 +health Covid-19 : les 5 étapes clés des pays qui ont eu le plus de succès dans la lutte contre la pandémie "Le coronavirus a secoué le monde, avec plus de 2,5 millions de décès et 115 millions de cas confirmés. Jane Corbin du programme BBC Panorama a suivi la pandémie dans le monde entier pour trouver les meilleurs exemples de stratégies de lutte contre le virus. Cela fait un an que je m'intéresse particulièrement au coronavirus. Ma mission aujourd'hui est de découvrir quelles ont été les priorités de lutte contre les virus pour les dirigeants mondiaux et les responsables de la santé sur quatre continents. Mes principales conclusions sur ce processus comprennent quatre domaines clés qui ont été les plus efficaces pour contenir la propagation du virus et prévenir les décès. • Action précoce et efficace pour contrôler les frontières et surveiller les arrivées de voyageurs • Test, suivi et traçage de tous les cas suspects d'infection • Assistance sociale pour les personnes en quarantaine pour contenir le virus • Leadership efficace et messages publics cohérents et rapides Personne ne peut prétendre avoir tout fait correctement. Mais les étapes énumérées ci-dessous révèlent les politiques du monde entier qui se sont avérées efficaces. En les rassemblant, cela donne les grandes lignes d'un ""manuel de la pandémie"" - un guide pour gérer les futures épidémies de maladies infectieuses. A lire aussi sur BBC Afrique : Stanley Park vit à Séoul, en Corée du Sud. Lorsqu'il est allé à l'aéroport chercher sa fille, Joo Yeon, il l'a accueillie non pas avec un câlin mais avec un masque et une bouteille de gel désinfectant. Pour Stanley, ce n'est pas sa première expérience de pandémie. Il se souvient de la dévastation et de la peur que l'épidémie de coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) a provoquées en Asie de l'Est en 2015. C'est une expérience dont son pays a tiré des leçons, le gouvernement ayant entrepris 48 réformes pour renforcer la préparation et la réponse aux urgences de santé publique. Celles-ci ont porté leurs fruits. Lorsque le coronavirus a frappé, les responsables ont été en mesure d'aplatir rapidement la courbe épidémique, sans fermer les entreprises ni mettre en œuvre des restrictions plus strictes de confinement à la maison à l'échelle nationale. Après son arrivée d'Atlanta, Joo Yeon a effectué une quarantaine stricte de deux semaines chez ses parents, a téléchargé une application qui suit ses mouvements et a reçu six appels de contrôle des autorités. Elle a pris sa quarantaine tellement au sérieux qu'elle ""n'est même pas allée dans le jardin, juste au cas où"". ""Dès le début, nous avons mis en place des mesures de prévention approfondies pour empêcher que la même chose ne se reproduise - l'histoire se répète"", a déclaré le Premier ministre Chung Sye-kyun. ""C'est très difficile pour le moment, je n'ai aucune idée si les patients que je vois sont atteints d'un coronavirus ou non"", a déclaré David Hodges, un médecin généraliste du nord-est de l'Angleterre, à Panorama en mars 2020. ""Nous pourrions avoir raté des centaines de cas"". Alors que les cas montaient en flèche avant le premier confinement, fin mars 2020, et que les ressources étaient épuisées, le gouvernement britannique, qui avait mené une recherche des contacts jusqu'à lors, a arrêté les tests dans la communauté. Il n'avait la capacité de tester que dans les hôpitaux. Le programme officiel de test et trace du gouvernement a été lancé en mai. La plupart des pays d'Asie de l'Est ont commencé la recherche des contacts en janvier. En Corée du Sud, des hôpitaux comme Yangji, dans le district de Gwan-Ak à Séoul, ont été désignés pour gérer Covid, du dépistage au traitement. Les gens n'ont même pas besoin d'entrer dans le bâtiment - ils sont testés à distance dans une cabine spéciale entièrement scellée. L'hôpital traite tous ses propres tests sur place et les résultats sont généralement disponibles en quatre ou cinq heures. Au Royaume-Uni, cela peut prendre un jour ou plus. Prêt de l'hôpital, une équipe de suivi et de traçabilité suit chaque cas suspect. Cela peut être des équipes peut être médico-légales qui ont accès aux données de la carte de crédit et du téléphone portable. Ils contrôlent la vidéosurveillance dans tout le quartier, envoyant des équipes dans la communauté pour parcourir les rues quand ils constatent quelque chose qui les préoccupent. Le Premier ministre Chung Sye-kyun a pris personnellement en charge la situation avant même que le pays n'ait un cas confirmé de Covid, donnant la priorité au test, suivi et traçabilité. ""En appliquant cette stratégie, nous avons obtenu un résultat significatif"", a déclaré M. Sye-kyun. Le bilan des morts en Corée du Sud, un pays de 52 millions d'habitants, s'élève à 1693. TROISIÈME ÉTAPE : prise en charge de la quarantaine ""Organiser un confinement à la maison est la principale raison pour laquelle nous avons pu contenir Covid"", déclare Usha Kumari, un agent de santé communautaire au Kerala, en Inde. Usha ainsi que 30 000 agents accrédités sont connus sous le nom de travailleurs Asha. Le rôle d'Usha a été de s'assurer que tous ceux qui ont besoin de s'isoler peuvent le faire. Elle fait leurs courses, récupère leurs médicaments et tout ce dont ils pourraient avoir besoin, pour qu'ils ne quittent pas leur domicile. Le soutien à ceux qui s'isolent ne s'arrête pas là. Les cuisines communautaires fournissent chaque jour jusqu'à 600 repas gratuits aux personnes qui s'isolent à la maison ou à l'hôpital et des services de santé mentale sont offerts depuis le début de la pandémie. Le ministre de la Santé du Kerala, KK Shailaja, a appris des leçons importantes il y a trois ans sur le virus mortel Nipah et a appliqué ces leçons pour lutter contre Covid. Elle insiste sur le fait qu'en assurant le soutien de ceux qui s'isolent eux-mêmes, les autorités ont pu contrôler la propagation et éviter que ses hôpitaux ne soient submergés. Avec une population de 35 millions d'habitants, le Kerala est passé du plus grand nombre de cas en Inde en mars 2020 à l'un des taux de mortalité Covid-19 les plus bas au monde. QUATRIÈME ÉTAPE : protéger les personnes âgées Début avril, le docteur Lisa Federle a commencé des tests dans des maisons de retraite de la ville de Tübingen, dans l'État du Bade-Wurtemberg en Allemagne, pour empêcher le virus d'entrer et permettre aux visiteurs d'entrer. Le maire de la ville, Boris Palmer, a estimé que ""nous devons construire un bouclier de protection spécial pour les personnes qui courent le plus de risques"". Il avait vu l'impact du virus en Italie et en Espagne sur la population plus âgée. ""Ce sont les personnes âgées, nous avons donc besoin d'une protection spéciale pour elles."" M. Palmer a utilisé son budget local pour donner la priorité aux soins et au soutien de la population âgée de la ville, y compris un service de taxi subventionné, des masques gratuits livrés à domicile et des heures de magasinage spéciales. Cela signifiait que l'hôpital universitaire de la ville recevait moins de patients Covid-19 et n'était pas obligé d'annuler d'autres procédures médicales. Les personnes âgées ont été l'une des plus grandes victimes de la pandémie et, en particulier en Europe, celles qui vivent dans des résidences. ÉTAPE CINQ : une stratégie de vaccination Plus de 26 millions de personnes au Royaume-Uni ont reçu au moins une dose d'un vaccin contre le coronavirus. Le Royaume-Uni a connu un succès extraordinaire avec son programme de vaccination même s'il reste loin derrière le leader mondial Israël, qui a jusqu'à présent totalement inoculé plus de la moitié de sa population. C'est une histoire bien différente en Europe - la planification a commencé plus tard et le déploiement a été lent. Jusqu'à présent, 8 % seulement des personnes en Europe ont reçu un vaccin, contre 36 % au Royaume-Uni. Les accords de vaccins au Royaume-Uni ont été conclus trois mois avant ceux de l'UE. La situation est pire dans le monde en développement. Alors que presque toute l'Europe et les Amériques ont commencé des campagnes de vaccination, seule une poignée de pays africains l'ont fait. Au Cap, en Afrique du Sud, Michael Kuta est l'une des nombreuses personnes des townships qui se sont portées volontaires pour participer à un essai mené par le Dr Linda Gail-Bekker pour le vaccin Johnson & Johnson. Michael ne sait pas s'il a reçu le vaccin ou un placebo, mais il dit que pour lui, ça vaut le coup. ""C'est la seule chance que j'ai de recevoir l'injection pour la pandémie. Pour vivre"", dit-il. ""Ma famille a toujours besoin de moi"". De nombreux pays plus pauvres comptent sur les livraisons de Covax, un programme dirigé par Gavi, l'Alliance du Vaccin, qui vise à garantir l'accès de tous aux vaccins Covid. Le Royaume-Uni est l'un des plus grands contributeurs, avec près de 500 millions de livres sterling. L'Afrique du Sud a adhéré à l'initiative. Cependant, une stratégie de vaccination doit être un effort international. Dans les pays où l'accès à un vaccin est limité, le virus a la possibilité de muter - comme il l'a fait en Afrique du Sud et au Brésil - créant de nouvelles variantes plus transmissibles, qui peuvent se propager à l'étranger. Les scientifiques craignent d'être plus résistants aux vaccins existants et donc de menacer les pays qui ont réussi leur déploiement. Alors que le travail se poursuit pour distribuer le vaccin dans le monde, il semble que nous ayons enfin franchi un cap dans notre lutte contre la pandémie de Covid-19. Le professeur Dale Fisher dit que nous ne pouvons pas risquer de ne pas tirer les leçons des 12 derniers mois. ""Nous avons été durement touchés et avons payé un lourd tribut. Une des pires choses que nous puissions faire, c'est que lorsque cela sera terminé, nous revenons à la normale. Si vous n'en tirez pas les leçons, alors l'histoire se répétera.""" https://www.bbc.com/afrique/monde-56500186 +health Omicron : un nez qui coule est-il un rhume ou un symptôme de Covid ? "Le nouveau variant Omicron du coronavirus se propage rapidement au Royaume-Uni. Quels sont donc les symptômes sur lesquels les gens doivent agir ? Le National Health Service Britannique dit que les gens doivent toujours faire attention aux symptômes classiques du Covid : Mais les chercheurs affirment que pour certaines personnes, la maladie peut être ressentie comme ""un mauvais rhume"", avec des symptômes tels que des maux de tête, des maux de gorge et un écoulement nasal. A lire aussi sur BBC Afrique : L'application de l'étude Zoe Covid demande à des centaines de milliers de personnes d'enregistrer leurs symptômes et les chercheurs ont examiné ceux liés au variant dominant Delta et au nouveau variant Omicron, très répandu. Jusqu'à présent, les cinq principaux symptômes sont les suivants : Si vous pensez être atteint de Covid, il est important de faire un test de dépistage. Même les personnes qui ne se sentent pas très malades peuvent mettre les autres en danger. Une température élevée est égale ou supérieure à 37,8 °C. Une telle fièvre peut survenir lorsque l'organisme combat toute infection, et pas seulement le coronavirus. Il est préférable d'utiliser un thermomètre. Mais si vous n'en avez pas, vérifiez si vous, ou la personne pour laquelle vous vous inquiétez, avez une sensation de chaleur au toucher au niveau de la poitrine ou du dos. Une température élevée est peu probable dans le cas d'un rhume. Si vous avez de la fièvre, organisez un test de dépistage du coronavirus. Si vous souffrez d'un rhume ou d'une grippe, il est fort possible que vous toussiez, en plus d'autres symptômes. La grippe se déclare généralement de manière soudaine et les personnes qui en sont atteintes ressentent souvent des douleurs musculaires, des frissons, des maux de tête, de la fatigue, des maux de gorge et un écoulement nasal ou une congestion nasale, en plus de la toux. La sensation est pire que celle d'un gros rhume. Les rhumes ont tendance à se développer plus progressivement et sont moins graves, bien qu'ils vous fassent toujours vous sentir mal. En plus de la toux, il peut y avoir des éternuements, un mal de gorge et un écoulement nasal. La fièvre, les frissons, les douleurs musculaires et les maux de tête sont rares. Une toux à coronavirus signifie que l'on tousse beaucoup pendant plus d'une heure ou que l'on a trois quintes de toux ou ""épisodes"" ou plus en 24 heures. Si vous toussez habituellement en raison d'une maladie de longue date, votre toux peut être plus forte que d'habitude. Vous devez faire un test de dépistage du coronavirus si vous développez une nouvelle toux continue. Ce sont les principaux symptômes du coronavirus et signifient que vous devez subir un test. Il se peut que vous ayez un simple rhume. Mais vous devez vérifier, même si vous ne vous sentez pas mal, pour éviter le risque de propagation du virus. L'éternuement n'est pas un symptôme classique du coronavirus, et à moins que vous n'ayez également de la fièvre, de la toux ou une perte de l'odorat et du goût, vous n'avez pas besoin de passer un test, selon le NHS. Les gouttelettes d'éternuement peuvent toutefois propager des infections, alors attrapez-les dans un mouchoir en papier, mettez-le à la poubelle et lavez-vous les mains. Pour aider à arrêter la propagation du coronavirus et d'autres maladies : Actuellement, le NHS affirme qu'un nez qui coule ou un mal de tête n'est pas une raison pour faire un test de dépistage du Covid. Mais les recherches suggèrent que certaines personnes dont le test de dépistage de Covid est positif présentent ces symptômes. Les directives américaines indiquent que les personnes présentant les symptômes suivants peuvent être atteintes de Covid : Les personnes atteintes du coronavirus présentent un large éventail de symptômes, allant de légers à graves. Certaines n'en présentent aucun, mais peuvent néanmoins être contagieuses. Les symptômes peuvent apparaître jusqu'à deux semaines après l'exposition au coronavirus, mais généralement vers le cinquième jour. Le fait de se sentir essoufflé peut être le signe d'une infection à coronavirus plus grave. Si vous avez des difficultés à respirer, contactez votre médecin en ligne ou appelez le numéro vert dédié dans votre pays. Lire aussi :" https://www.bbc.com/afrique/monde-59699371 +health Coronavirus: démêler le vrai du faux Le virus, qui cause l'infection respiratoire Covid-19, se propage rapidement dans de nombreux pays et le nombre de morts continue d'augmenter. Mais certaines idées reçues se propagent aussi vite que la pandémie. Protégez-vous. Voici quelques mythes auxquels vous devez faire attention, présentés par Leone Ouedraogo. https://www.bbc.com/afrique/monde-52444943 +health Grossesse multiple : ce qu'il faut comprendre "« L'être humain, la femme n'est pas conçue pour porter des grossesses multiples. Une grossesse gémellaire même si ce n'est que deux bébés est considérée comme sortant de l'ordinaire », affirme le Docteur Abdoulaye Diop, gynécologue-obstétricien à la Clinique Nest à Dakar. Si on s'en tient à cette déclaration, le cas de la malienne Halima Cissé a de quoi surprendre encore plus. La malienne a accouché de neuf bébés. Halima Cissé et ses bébés se portent bien. Lire aussi: Jusqu' ici, le dernier record de naissance à la suite de grossesses multiples est détenu par des octuplés. L'américaine Nadya Suleman est la dernière a avoir mis au monde des octuplés à la suite d'une procédure de fécondation in vitro en 2009. Mais si les grossesses multiples émerveillent encore aujourd'hui du fait de la rareté du phénomène, elles s'accompagnent aussi de leur lot de risques pour la mère et pour les enfants. Qu'est ce qui est à l'origine des grossesses multiples ? Une naissance multiple est l'accouchement de plus d'un enfant issu d'une seule grossesse. Les jumeaux en est la forme la plus courante. Il existe plusieurs types de jumeaux, mais les deux suivants sont les plus commun : Mais qu'en est-il des triplés, des quadruplés, et oui aujourd'hui on peut parler de nonuplés ? L'explication du Ddocteur Diop est la suivante : « De temps en temps, il arrive, pour des raisons liées peut être aux hormones ou bien liée à l'âge, qu'une patiente développe une grossesse avec plus de deux bébés », dit le gynécologue sénégalais. Le Docteur Diop précise tout de même que c'est très rare et que « ça reste même pour nous, un mystère ». Selon une étude publiée cette année dans la revue scientifique Human Reproduction, le nombre de naissances de jumeaux est plus élevé que jamais. Pour mener leur étude, les scientifiques ont recueilli des données provenant de 135 pays entre 2010 et 2015 et ont conclu que le taux de natalité des jumeaux a augmenté d'un tiers au cours des 40 dernières années. Cette augmentation serait due à l'essor de la technologie permettant la naissance d'enfants dans les pays développés depuis les années 1970, ce qui signifie que la naissance de jumeaux est désormais beaucoup plus facile qu'auparavant. On ne sait pas si Halima Cisse a bénéficié d'un traitement de fertilité. Il arrive également qu'on retrouve une augmentation du nombre de grossesse gémellaire dans certaines contrées. Par exemple, la ville d'Igbo-Ora au sud-ouest du Nigeria, est nommée la ville des jumeaux à cause du nombre exceptionnellement élevé de naissance de jumeaux dans la bourgade que nul jusqu' ici n'a réussi à expliquer. Toutefois, des clusters de jumeaux ont été observés ailleurs dans le monde comme dans le village de Cândido Godóiau au Brésil ou encore la petite commune française de Pleucadeuc où se tient une fête en leur honneur tous les 15 août. Lire aussi: Une Nigériane de 68 ans donne naissance à des jumeaux Une femme donne naissance à deux paires de jumeaux en un an en Floride « Ces grossesses multiples peuvent constituer de gros dangers autant pour la mère que pour l'enfant. L'utérus de la femme n'étant pas fait pour porter plus de deux bébés, si la patiente en porte plus de deux voire 3, 4, voire 9 comme la Malienne qui fait l'actualité, il y a des risques », affirme le Docteur Diop. Lors d'une grossesse multiple, le corps de la mère est extrêmement sollicité par la gestation et cette exigence augmente à mesure qu'augmente le nombre de bébés attendus. Il y a chez la mère un risque plus élevé d'hypertension, de pré éclampsie, d'anémie et de diabète gestationnel, et des hémorragies du postpartum. Dans les grossesses pluri fœtales, l'utérus distendu tend à stimuler le travail prématuré, ce qui entraine un accouchement prématuré. Les bébés de leur côté risquent un faible poids de naissance, un retard de croissance, des malformations, voire une mortalité. En effet, les neuf bébés d'Halima Cisse - cinq filles et quatre garçons - devront passer ""deux à trois mois"" dans des couveuses, a déclaré le directeur de la clinique où ils sont nés. Les bébés pesaient entre 500g et 1kg à leur naissance, ajoute le professeur Youssef Alaoui, de la clinique Ain Borja à Casablanca, au Maroc. Lorsqu'on est porteuse d'une grossesse multiple, les consultations prénatales doivent être plus rapprochées, explique le Docteur Diop. Le suivi gynécologique doit être très soigneux pour anticiper la survenue de certaines complications. Halima Cissé, la maman des nonuplés, a été prise en charge à Bamako puis transférée au Maroc le 30 mars pour être ""mieux suivie"" à cause des risques liés à sa grossesse, selon le communiqué des autorités maliennes. Mme Cissé était enceinte de 25 semaines lorsqu'elle a été admise et que son équipe a réussi à prolonger sa grossesse jusqu'à 30 semaines, a précisé le professeur Youssef Alaoui. Lire aussi: Une femme accouche 2 fois en l'espace d'un mois Quand elle a été prise de contractions mardi, une équipe médicale constituée de dix médecins assistés de 25 employés para-médicaux a été mobilisée. « La plupart de nos hôpitaux en Afrique de l'ouest n'ont pas vraiment le plateau technique nécessaire pour prendre en charge des prématurés de moins de 30 à 32 semaines parce qu'ils n'ont pas encore acquis leur maturité au niveau pulmonaire…ils demandent des soins vraiment particuliers », nous a expliqué le Professeur Madeleine Amorissani Folquet, chef du service pédiatrie au CHU de Cocody à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Elle insiste par ailleurs sur la nécessité de « sensibiliser la communauté pour que les femmes enceintes aillent dans les structures de santé pour se faire suivre » car elle estime que c'est ce qui a sauvé Halima Cissé et ses bébés." https://www.bbc.com/afrique/region-57010028 +health Qu'est-ce que le virus de Marburg et comment peut-on l'éviter ? "Au Ghana, deux personnes sont mortes du virus de Marburg - et 98 ont été mises en quarantaine - ce qui fait craindre une épidémie de masse. Cette maladie hautement infectieuse provoque de la fièvre, des douleurs musculaires, des diarrhées, des vomissements et, dans certains cas, la mort par perte de sang extrême. Des centaines de personnes sont mortes du virus dans le passé, principalement en Afrique. Cousin du virus Ebola, tout aussi mortel, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus de Marburg a été identifié pour la première fois après l'infection de 31 personnes et le décès de sept d'entre elles lors de flambées simultanées en 1967 à : L'épidémie a été attribuée à des singes verts africains importés d'Ouganda. Mais le virus a depuis été lié à d'autres animaux. Chez l'homme, elle se transmet principalement par les personnes ayant passé de longues périodes dans des grottes et des mines peuplées de chauves-souris. Il s'agit de la première épidémie au Ghana - mais un certain nombre de pays africains ont déjà eu des cas, notamment : En 2005, une épidémie en Angola a tué plus de 300 personnes. Mais en Europe, une seule personne est morte au cours des 40 dernières années - et une aux États-Unis, au retour d'expéditions dans des grottes en Ouganda. _____________________________________________________________________________ Principales flambées : Source : OMS ---------------------------------------------------------------------------------------------------- Le virus commence brusquement par : Elle est souvent suivie, trois jours plus tard, par : Selon l'OMS, ""l'apparence des patients à ce stade a été décrite comme présentant des traits dessinés ""fantomatiques"", des yeux enfoncés, des visages sans expression et une léthargie extrême"". De nombreuses personnes perdent ensuite du sang dans diverses parties du corps et meurent huit à neuf jours après être tombées malades, en raison de la perte extrême de sang et du choc. En moyenne, le virus tue la moitié des personnes infectées, selon l'OMS, mais les souches les plus dangereuses ont tué jusqu'à 88 % des personnes infectées. La rousette d'Égypte est souvent porteuse du virus. Les singes verts africains et les porcs peuvent également en être porteurs. Chez l'homme, il se propage par les fluides corporels et le contact avec la literie contaminée. Même après la guérison d'une personne, son sang ou son sperme, par exemple, peut infecter d'autres personnes pendant de nombreux mois. Il n'existe pas de traitement spécifique ni de vaccin contre le virus. Mais une série de produits sanguins, de médicaments et de thérapies immunitaires sont en cours de développement, indique l'OMS. Et les médecins peuvent être en mesure d'atténuer les symptômes en donnant aux patients hospitalisés beaucoup de liquide et en remplaçant le sang perdu. En Afrique, les gens doivent éviter de manger ou de manipuler de la viande de brousse, selon Gavi, une organisation internationale qui promeut l'accès aux vaccins. L'OMS recommande également d'éviter tout contact avec les porcs dans les zones où sévit une épidémie. Les hommes qui ont contracté le virus doivent utiliser des préservatifs pendant un an après l'apparition des symptômes ou jusqu'à ce que leur sperme soit deux fois négatif pour le virus. Les personnes qui enterrent des personnes décédées du virus doivent également éviter de toucher le corps." https://www.bbc.com/afrique/articles/c4n7dj4x96do +health "Côte d'Ivoire - suicide : ""J'ai failli me donner la mort""" "En Côte d'Ivoire, un homme a témoigné sous anonymat sur sa tentative de suicide. Après une mauvaise affaire, il est tombé dans la dépression et a voulu se donner la mort, malgré les précautions prises par sa famille pour le protéger. Il dit suivre une thérapie et tenir le coup grâce à sa mère et sa fille, les deux personnes qui compte le plus pour lui. Selon, l'Organisation mondiale de la santé, la Côte d'Ivoire est le pays d'Afrique au taux de suicide le plus élevé chez les hommes en Afrique avec 32 cas de suicides pour 100.000 - 2016-. Et ce 10 octobre est la Journée mondiale de la santé mentale et cette année, elle est axée sur la prévention du suicide. Il s'est confié à Hamet Fall Diagne, pour l'émission La Vie. Lire aussi à propos de la vie: La fistule obstétricale : la pathologie handicapante des pauvres Le fonio, la ""plus savoureuse des céréales"", revient dans les assiettes Elle témoigne après son viol : ""Il a eu mon corps, mais il n’aura pas mon esprit""" https://www.bbc.com/afrique/region-50007501 +health Comment les produits chimiques toxiques qui nous entourent peuvent affecter la fertilité féminine "Le taux de natalité est en baisse dans le monde entier. Dans tous les pays européens, il passe même en dessous des niveaux du taux de remplacement de la population, qui correspond au nombre d'enfants nécessaires par femme pour maintenir la population stable. Bien que ces baisses puissent être dues au fait que de nombreux adultes reportent intentionnellement la naissance de leur premier enfant, ou choisissent volontairement de ne pas en avoir, un nombre croissant d'études suggèrent que cela n'explique pas entièrement la baisse des taux de natalité. Certaines recherches indiquent également que la baisse de la fécondité est un facteur majeur contribuant à ce déclin. Un facteur lié à la baisse de la fertilité est la présence de produits chimiques industriels dans notre environnement. A ne pas manquer sur BBC Afrique : On sait beaucoup de choses sur l'impact de ces produits chimiques sur la fertilité masculine, mais il n'y a pas eu beaucoup d'études sur la façon dont ils affectent les femmes. C'est ce que recherchait notre récent projet. Nous avons constaté que l'exposition à des polluants chimiques communs était associée à un nombre inférieur d'ovules dans les ovaires des femmes en âge de procréer. Bien que ces produits chimiques aient été interdits depuis, ils étaient autrefois utilisés dans des produits ménagers comme les produits d'imperméabilisation au feu ou les sprays anti-moustiques. Et ils sont toujours présents dans l'environnement et dans les aliments comme les poissons gras. Nous avons mesuré les niveaux de 31 produits chimiques industriels courants, tels que le HCB (un fongicide agricole) et le DDT (un insecticide), dans le sang de 60 femmes. Lire aussi : Parallèlement, nous avons mesuré leur fertilité en fonction du nombre d'ovules de réserve qu'elles avaient dans leurs ovaires en les comptant dans des échantillons de tissu ovarien à l'aide d'un microscope. Comme les ovaires sont situés à l'intérieur du corps et que leur accès nécessiterait une intervention chirurgicale, l'équipe a choisi des femmes enceintes qui devaient subir une césarienne, car cela permettait d'accéder aux échantillons de tissus sans avoir à subir d'opération supplémentaire. Nous avons constaté que les femmes dont l'échantillon sanguin contenait des niveaux plus élevés de substances chimiques avaient également moins d'ovules immatures dans leurs ovaires. Nous avons trouvé des liens significatifs entre la réduction du nombre d'ovules et certains produits chimiques, notamment le PCB (utilisé dans les réfrigérants), le DDE (un sous-produit du DDT) et le PBDE (un retardateur de flamme). Comme la fertilité féminine dépend de l'âge, nous avons veillé à ajuster nos calculs en fonction de ce paramètre. Lire aussi : Il en ressort que l'exposition à ces produits chimiques entraîne une diminution du nombre d'ovules chez les femmes de tous âges. Nous avons également constaté que les femmes présentant des niveaux élevés de produits chimiques dans le sang avaient plus de mal à tomber enceintes. Pour celles qui présentaient les niveaux les plus élevés de produits chimiques dans le sang, il fallait plus d'un an. Contrairement aux hommes, les femmes naissent avec un certain nombre d'ovules immatures dans leurs ovaires et ne peuvent en produire de nouveaux. Cette ""réserve"" (le nombre d'ovules dans vos ovaires) diminue naturellement avec les ovulations mensuelles, ainsi qu'avec la mort normale des follicules. Lorsqu'elle tombe en dessous d'un niveau critique, la fertilité naturelle prend fin et la ménopause commence. Lire aussi : Nos résultats impliquent que les produits chimiques toxiques peuvent accélérer la disparition des follicules ovariens, ce qui pourrait entraîner une baisse de la fertilité et une ménopause précoce. ""Soupe"" chimique Nous sommes exposés aux produits chimiques industriels à travers notre alimentation, les produits que nous mettons sur notre peau, et même pendant notre développement dans le ventre de notre mère. La quantité de produits chimiques industriels, ainsi que leur abondance dans l'environnement, n'ont cessé d'augmenter depuis les années 1940, avec des effets dévastateurs sur les écosystèmes, la faune et la flore, et même la fertilité humaine. De nombreux produits chimiques ont été introduits sur le marché avec peu de preuves de leur innocuité. Cela a conduit à une situation où les humains et l'environnement sont exposés à une grande ""soupe"" de produits chimiques industriels. Jusqu'à présent, plusieurs produits chimiques se sont révélés nocifs pour la reproduction après seulement une décennie d'utilisation par les consommateurs. Il s'agit notamment des PFAS (produit chimique utilisé dans le Téflon et les mousses anti-incendie), des phtalates (utilisés dans les emballages plastiques, les équipements médicaux, les savons et les shampooings), ainsi que des pesticides et d'autres produits chimiques industriels tels que les PCB. Lire aussi : Les effets négatifs comprennent une réduction du nombre de spermatozoïdes chez les hommes et une détérioration de la capacité des femmes à tomber enceintes. Notre étude est la première à examiner le lien entre l'exposition aux produits chimiques et le nombre d'ovules d'une femme. Les produits chimiques que nous avons étudiés étaient tous ""persistants"", ce qui signifie qu'ils s'accumulent dans l'organisme au fil du temps. Il est surprenant de constater que les produits chimiques que nous avons trouvés associés à un faible nombre d'ovules ont été limités par un traité international il y a plusieurs décennies. Cependant, en raison de leur persistance, ils continuent de polluer l'écosystème et notre alimentation. Il est intéressant de noter que les PCB (l'un des produits chimiques que nous étudions) ont également été associés à une diminution du nombre de spermatozoïdes et à l'infertilité chez les hommes. La baisse simultanée de la fertilité masculine et féminine pourrait rendre difficile la grossesse pour les couples. À l'avenir, les chercheurs devront examiner si la fertilité de toutes les femmes, et pas seulement des femmes enceintes, est affectée de la même manière par ces produits chimiques. Mais ces résultats pourraient nous inciter à repenser la sécurité des produits chimiques afin de prendre en compte la fertilité lors des évaluations de sécurité. Éviter certains aliments (comme les crustacés) et certains produits (comme ceux que nous mettons sur notre peau et nos cheveux) peut également contribuer à minimiser les effets négatifs des produits chimiques sur nos chances d'avoir un bébé. *Jasmin Hassan, Pauliina Damdimopoulou et Richelle Duque Björvang sont des doctorantes en médecine de la reproduction au Karolinska Institutet. Cet article est paru initialement dans The Conversation et est publié ici sous une licence Creative Commons. Vous pouvez lire l'article original ici." https://www.bbc.com/afrique/monde-57453757 +health Le légendaire bleu de Prusse, la couleur qui peut sauver ou tuer des vies "Un jour, au début du XVIIIe siècle, Johann Conrad Dippel, le résident le plus célèbre du château de Frankenstein, qui a peut-être inspiré l'écrivain Mary Shelley, se trouvait dans son laboratoire à Berlin pour préparer son ""élixir de vie"". Ce théologien controversé, qui a même été emprisonné pour ses convictions, a opté pour l'alchimie et, après avoir échoué dans ses tentatives de transformer des métaux communs en métaux précieux, il s'est consacré à la création de ce ""médicament universel"" qui, selon lui, guérit tous les maux. Son ""huile de Dippel"", une concoction dont l'aspect ressemblait à du goudron liquide et dont le goût et l'odeur étaient si désagréables que pendant la Seconde Guerre mondiale, elle était utilisée pour rendre l'eau imbuvable et déshydrater l'ennemi, était une distillation de cornes, de cuir, d'ivoire et de sang décomposé à laquelle il ajoutait de la potasse (carbonate de potassium). Au même moment, au même endroit, un créateur de couleurs suisse nommé Johann Jacob Diesbach préparait un lot de laque cramoisie, un pigment rouge fabriqué à partir de cochenille, un insecte apporté d'Amérique latine, pour lequel il avait également besoin de potasse. Comme il n'en avait pas assez, il a emprunté une partie de celle de Dippel. A lire aussi sur BBC Afrique : Le lendemain, ce qu'ils ont trouvé dans le laboratoire, étonnamment, était bleu, au lieu du rouge attendu. Il s'avère que la potasse de Dippel utilisée par Diesbach était contaminée par du sang, qui contenait du fer, ce qui a déclenché une réaction chimique si compliquée que, sans cet accident, elle n'aurait peut-être pas été découverte avant des années. Comme le dira le chimiste français Jean Hellot en 1762, ""rien n'est peut-être plus singulier que le procédé par lequel on obtient le bleu de Prusse... Et si le hasard n'était pas intervenu, il faudrait une théorie profonde pour l'inventer"". La couleur créée au hasard était magnifique, dans tous les sens du terme. Elle était non seulement belle mais précieuse. Le bleu a toujours été une couleur insaisissable qui, bien qu'elle nous entoure, nous semble souvent hors de portée : nous ne pouvons pas toucher le bleu de la mer ni sentir celui du ciel... Et l'avoir entre les mains pour en colorer le monde, jusqu'à ce moment-là, n'avait pas été facile non plus. Dans l'Égypte ancienne, on a mis au point un pigment connu sous le nom de ""bleu égyptien"", dont le principal ingrédient était une pierre précieuse rare appelée azurite. Bien qu'il ait été utilisé pendant des milliers d'années, la méthode et la science derrière sa création sont tombées dans l'oubli. D'autres pigments bleus primitifs ont été obtenus en broyant de la turquoise et du lapis-lazuli, et cette dernière pierre semi-précieuse était encore, au début du XVIIIe siècle,la base du plus stable, du plus brillant, du plus pur et du plus fort des quelques bleus disponibles en Europe. Arrivé au Moyen Âge, il a bouleversé l'art, ouvrant les portes du paradis à des artistes comme Giotto, le père de la Renaissance italienne, qui, dans la chapelle des Scrovegni à Padoue, a élevé ce bleu au rang de divinité. Le ciel étoilé depuis la voûte de la chapelle Scrovegni. On l'appelait l'outremer, car c'est de là que venait le lapis-lazuli, cette pierre presque mythique qui, à l'époque, ne pouvait être trouvée que dans une petite mine située au fin fond de l'actuel Afghanistan. Pour atteindre Venise, à l'époque leader mondial de la couleur, il a parcouru quelque 5 600 kilomètres, traversant des chaînes de montagnes, des déserts et, enfin, la mer Méditerranée. Ce n'est pas pour rien que le bleu outremer valait son pesant d'or, littéralement : pendant des siècles, une once de cette couleur coûtait une once d'or. C'était un luxe. Par conséquent, la possibilité de créer un bleu réel, merveilleux, profond, rentable et viable était immensément attrayante. Si la sérendipité a été le point de départ, ses créateurs ont immédiatement reconnu la valeur de leur ""erreur"". Des expériences ultérieures les ont amenés à produire un pigment considérablement moins cher que l'outremer, plus stable que le bleu à base de cuivre et plus polyvalent que l'indigo. Le succès est immédiat. Diesbach et son partenaire Johann Leonhard Frisch ont envoyé leur nouvelle invention aux quatre coins du monde et sont rapidement devenus riches. Papier peint, porcelaine, timbres et drapeaux sont teints en bleu et, en 1709, le pigment devient la couleur officielle de l'uniforme de l'armée prussienne, ce qui lui vaut le nom de ""bleu de Prusse"", bien qu'en Allemagne il soit connu sous le nom de Berliner Blau ou bleu de Berlin. Sa composition a fait l'objet de spéculations car la méthode de fabrication est restée secrète jusqu'en 1724, date à laquelle elle a été révélée. La recette ? Prendre une solution mixte d'alun et de vitriol vert et y ajouter une solution d'un alcali préalablement calciné avec du sang de bœuf. Cela donne un précipité verdâtre qui devient bleu lorsqu'il est bouilli avec de l'alcool salé. (La viande ou toute autre matière animale s'est vite avérée aussi efficace que le sang de bœuf). Sans surprise, le bleu de Prusse a fait irruption dans le monde de l'art, avec une énorme demande de peintures à l'huile et d'aquarelles. Depuis ""L'enterrement du Christ"" (1709) du peintre néerlandais Pieter van der Werff, la plus ancienne utilisation vérifiée dans une peinture ... ... à ""La grande vague de Kanagawa"", créée par l'artiste japonais Katsushika Hokusai de l'autre côté de la planète ... ... sans oublier l'œuvre de Picasso qui, avec le bleu de Prusse, a exprimé sa tristesse face à la mort tragique d'un ami proche dans sa période bleue (1901-1904) ... ... et tant d'autres. Mais le pigment a également commencé à être utilisé - et continue à l'être - dans des domaines éloignés de l'art, même si parfois ils semblent proches, comme dans le cas du travail de la botaniste anglaise Anna Atkins, qui a publié le premier livre exclusivement illustré de l'histoire avec des photographies. Il les a prises en utilisant un procédé photographique appelé cyanotype, qui produit une copie négative de l'original dans une couleur bleu de Prusse, appelée cyanotype. Le procédé avait été appris de son inventeur, le célèbre astronome et ami de la famille John Herschel. Ce dernier, appréciant les propriétés photosensibles du bleu de Prusse, l'a utilisé pour produire les premiers bleus, qui permettaient la reproduction simple et efficace de diagrammes, de dessins techniques, de conceptions d'ingénierie et de plans. Pendant un siècle, depuis son invention en 1842,ce procédé de photocopie a été le seul moyen bon marché de copier des dessins. Depuis lors, les utilisations du pigment dans diverses technologies n'ont cessé de se multiplier. Au cours de ce siècle, par exemple, sa capacité à transférer efficacement les électrons en a fait une substance idéale pour les électrodes des batteries à ions sodium, utilisées dans les télécommunications et les centres de données. Mais le plus curieux est peut-être que le bleu de Prusse est une couleur qui guérit. En effet, Le bleu de Prusse figure sur la liste modèle des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé en tant qu'antidote spécifique pour l'empoisonnement aux métaux lourds. Il est utilisé pour traiter les personnes ayant subi une contamination interne par du césium ou du thallium radioactifs hautement toxiques, comme cela s'est produit lors de l'accident radiologique de Goiânia, au Brésil, en 1987, lorsqu'une source radioactive médicale désaffectée a été volée dans un hôpital abandonné. Dans ce cas, les patients ingèrent des capsules de pigment. Le pigment piège les métaux dangereux dans sa structure, empêche l'organisme de les absorber et réduit le temps nécessaire aux matières radioactives pour quitter l'organisme, atténuant ainsi les dommages. Dans le cas du césium, il le réduit d'environ 110 jours à 30 et pour le thallium, d'environ huit jours à trois. D'autre part, en plus de plusieurs applications dans les technologies médicales de pointe, il reste le principal outil du pathologiste pour détecter le saturnisme. Et en tant que colorant, il est largement utilisé à des fins de diagnostic et de recherche pour détecter la présence de fer dans les échantillons de biopsie, en particulier dans les tissus tels que la moelle osseuse et la rate. Bien que le fer soit essentiel à la vie, il est également toxique en raison de sa capacité à former des radicaux libres qui peuvent endommager les cellules. Pendant des milliers d'années, on savait que de nombreuses parties de plantes, comme les feuilles de laurier-cerise, les pépins de pêche, le manioc et même les noyaux de pomme, étaient mortelles si elles étaient administrées sous forme concentrée, et que leur poison était souvent détecté par leur odeur caractéristique d'amande amère. Mais même s'ils étaient utilisés dans les exécutions judiciaires - les anciens Égyptiens avaient la ""peine de la pêche"" et les Romains ""la mort du cerisier"" - ce n'est qu'en 1782 qu'un chimiste pharmaceutique suédois, Carl Wilhelm Scheele, a identifié l'ingrédient. toxique actif. Il a découvert qu'en mélangeant du bleu de Prusse avec de l'acide sulfurique dilué, il pouvait produire un gaz incolore, soluble dans l'eau et l'acide. En allemand, on l'appelait Blausäure (littéralement ""acide bleu"") en raison de sa dérivation du bleu de Prusse ; en anglais, prussic acid. Aujourd'hui, nous le connaissons sous le nom de cyanure d'hydrogène (HCN), mais nous l'appelons par son nom abrégé plus courant : cyanure, qui vient du mot grec signifiant bleu foncé. Il est extrêmement toxique. S'il est ingéré par un être humain, il est rapidement absorbé, se lie de manière irréversible à l'atome de fer de l'hémoglobine et empêche le sang de transporter l'oxygène vers les cellules et les tissus du corps. Palpitations, maux de tête et somnolence sont suivis d'un coma, de convulsions et d'une mort par suffocation. Et parfois, une légère odeur d'amande subsiste. Un poison aussi efficace est rapidement devenu une arme, qui non seulement servait sous sa forme liquide à tuer des individus, mais qui, sous forme de gaz, était idéale pour les meurtres de masse, tels que ceux perpétrés par les nazis. ""J'ai visité Treblinka [le camp de la mort] pour savoir comment ils procédaient à leur extermination"", a raconté le commandant du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz, Rudolf Hoss, dans sa déclaration sous serment. ""Le commandant du groupe m'a dit qu'il avait liquidé 80 000 personnes en l'espace de six mois. Il voulait surtout liquider tous les Juifs du ghetto de Varsovie. Il utilisait du gaz monoxyde et je ne pensais pas que ses méthodes étaient très efficaces... ""À Auschwitz, j'ai donc utilisé le Cyclon [Zyklon] B, qui était un acide prussique cristallisé que l'on faisait tomber dans la chambre de la mort . Il fallait de trois à quinze minutes pour tuer les gens dans la chambre, en fonction des conditions atmosphériques. Nous savions. que les gens étaient morts lorsque les cris s'arrêtaient. """ https://www.bbc.com/afrique/monde-59637287 +health La vie avec le coronavirus : pas de salon de coiffure ? Mesdames, votre salon de coiffure préféré n'est pas encore ouvert ? Votre tresseuse est indisponible à cause de la crise sanitaire causée par le coronavirus ? Suivez cette vidéo de notre équipe santé et faîtes le plein d'astuces pour prendre soin de vos cheveux, depuis le confort de votre maison ! Un reportage de Khadidiatou Cissé. Lire aussi: Coronavirus : à quand la fin de la pandémie ? Peut-on avoir le coronavirus à vie ? Coronavirus : trouver son équilibre en tant que couple en télétravail Coronavirus : le message de Sirleaf Johnson au monde https://www.bbc.com/afrique/media-52922410 +health La pollution de l'air est-elle plus mortelle que le tabagisme ? "Les maladies pulmonaires, le cancer, les problèmes cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux ont tous été liés à la pollution de l'air - à tel point qu'une expression est née : le ""nouveau tabagisme"". Mais à quel point cela raccourcit-il notre vie ? Une équipe de scientifiques suggère que la pollution de l'air ambiant nous prive de près de trois ans (2,9) en moyenne - deux fois plus que les estimations précédentes et plus que le tabagisme. Dans une étude publiée dans la revue Cardiovascular Research, les chercheurs affirment que c'est presque dix fois plus que la perte d'espérance de vie causée par toutes les formes de violence réunies, y compris les guerres. Et ils ont découvert que le nombre de décès dus à la pollution de l'air pourrait dépasser ceux causés par le tabagisme. Ils ont utilisé la dernière modélisation statistique pour calculer la mortalité et la perte d'espérance de vie en 2015, et ont constaté que la pollution atmosphérique était liée à 8,8 millions de décès supplémentaires. Le tabagisme est responsable de plus de 8,2 millions de décès dans le monde chaque année, selon l'Organisation mondiale de la santé. Plus de 7 millions de ces décès sont le résultat de l'utilisation directe de cigarettes et de produits divers. L'exposition à la pollution atmosphérique augmente le risque de maladies cardiovasculaires et respiratoires. Elle a également un certain nombre d'autres effets sur notre bien-être. Nous pensons que nos résultats montrent qu'il existe une ""pandémie de pollution atmosphérique"", a déclaré dans un communiqué Thomas Münzel, professeur au centre médical de l'université de Mayence et co-auteur de l'étude. ""Les décideurs politiques et la communauté médicale devraient y accorder beaucoup plus d'attention"". ""Au cours des dernières décennies, on a accordé beaucoup moins d'attention à la pollution de l'air qu'au tabagisme"", a ajouté M. Münzel. Münzel et ses collègues affirment que l'espérance de vie pourrait être considérablement améliorée par la réduction des émissions de combustibles fossiles - ils estiment qu'elle augmenterait dans au moins un an si ces émissions étaient réduites à zéro. L'équipe d'experts a également estimé l'impact de l'exposition à long terme à la pollution atmosphérique sur l'espérance de vie aux niveaux régional et national. En Asie de l'Est, la durée de vie est raccourcie en moyenne de près de quatre ans, tandis que l'impact le plus faible se situe en Océanie (0,8 an). L'impact varie également fortement d'un pays à l'autre. Au Tchad, plus de sept ans de vie sont perdus à cause de la pollution atmosphérique, alors qu'en Colombie, c'est un peu plus de quatre mois (0,37 ans). L'étude a analysé la pollution atmosphérique d'origine humaine et naturelle - ces sources de pollution qui ne peuvent être évitées, comme la poussière du désert et les émissions des feux de forêt. Elle a conclu qu'environ deux tiers des décès prématurés causés par la pollution dans le monde peuvent être attribués à l'action humaine. ""Cela va jusqu'à 80 % dans les pays à haut revenu"", estime Thomas Münzel. ""Cinq millions et demi de décès par an dans le monde sont potentiellement évitables"". Les chercheurs ont également analysé les liens entre la pollution de l'air et six types de maladies, allant de l'hypertension artérielle au cancer du poumon. Ils ont constaté que les maladies cardiaques étaient le principal facteur de réduction de la durée de vie, suivies par les infections respiratoires. ""Lorsque nous avons examiné le rôle de la pollution dans plusieurs maladies, son effet sur les maladies cardiovasculaires était de loin le plus important - très similaire à l'effet du tabagisme"", a déclaré Jos Lelieveld, un autre co-auteur. ""La pollution atmosphérique endommage les vaisseaux sanguins par l'augmentation du stress oxydatif, ce qui entraîne ensuite une augmentation de la pression artérielle, du diabète, des accidents vasculaires cérébraux, des crises cardiaques et des insuffisances cardiaques"". Les chercheurs ont découvert que la pollution est plus susceptible d'affecter les personnes âgées : ils ont estimé que 75 % des décès mondiaux attribués à la pollution de l'air se produisent chez les personnes de plus de 60 ans. Commentant les résultats de l'étude, Samuel Cai, un épidémiologiste de haut niveau de l'université d'Oxford qui n'a pas participé à la recherche, a déclaré que celle-ci ""montre que la pollution de l'air est un facteur de risque majeur pour la santé dans le monde entier"". Ce n'est pas un secret que la pollution de l'air est le ""nouveau tabac"", donc l'implication de la santé publique est très claire"", a ajouté Cai. ""Les autorités doivent agir rapidement et de manière globale pour protéger leurs citoyens par une politique fondée sur la science""." https://www.bbc.com/afrique/monde-51739324 +health Covid-19 : Certains pays craignent de ne pas pouvoir s'offrir le vaccin "Les images des premières personnes vaccinées contre la Covid-19 n'ont pas rempli de joie tout le monde. Dans des pays comme le Zimbabwe, le Mexique et le Pakistan, la bataille pour mettre la main sur le vaccin risque d'être longue et tortueuse. En regardant le lancement de la vaccination au Royaume-Uni, Lois Chingandu n'était pas enthousiaste, elle était inquiète. Comme la plupart d'entre nous, elle est impatiente de se faire vacciner et de retrouver une vie normale. Mais contrairement à beaucoup de gens en ce moment, elle ne voit pas la lumière au bout du tunnel. On ne sait pas quand son pays, le Zimbabwe, aura le vaccin. ""On va attendre et espérer que nous l'obtiendrons de mon vivant"", dit-elle. ""Je vis dans la crainte de contracter la Covid et de mourir à cause de l'endroit où je suis"". Cela peut sembler exagéré, mais elle a déjà vu quelque chose de très similaire se produire auparavant. Lire aussi : Mme Chingandu travaille dans le domaine de la prévention du VIH et, à la fin des années 1990, à Harare, la capitale du Zimbabwe, elle a vu des milliers de personnes mourir du sida chaque jour. Des traitements étaient disponibles contre le VIH - mais seulement pour ceux qui pouvaient se le permettre. ""Finalement, lorsque les privilégiés décideront qu'il est temps de sauver les pauvres, alors nous obtiendrons le vaccin"", dit-elle. Mme Chingandu est membre de la People's Vaccine Alliance, une campagne qui a mis en garde les pays riches - en particulier les États-Unis, le Royaume-Uni, les pays de l'UE et le Canada - contre la thésaurisation des vaccins. Selon des chercheurs de l'université de Duke, qui surveillent les accords entre les gouvernements et les fabricants de vaccins, une poignée de pays ont assuré un approvisionnement supérieur aux besoins réels de leur population. Le Canada a obtenu suffisamment de vaccins pour vacciner cinq fois l'ensemble de sa population. Ces pays ont pris un risque en achetant des vaccins avant qu'ils ne s'avèrent efficaces et ont contribué à leur tour à financer leur développement. Mme Chingandu avec la campagne ""Vaccins du peuple"" estime que ce processus est injuste. Pour elle, les vaccins excédentaires devraient être redistribués aux pays qui en ont besoin. À ce jour, 189 pays ont adhéré à l'initiative Covax, qui est soutenue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et un groupe d'ONG internationales de défense d'une politique d'un vaccin pour tous. Son objectif est de réunir les pays en un seul bloc afin qu'ils aient plus de pouvoir pour négocier avec les entreprises pharmaceutiques. Parmi ces pays, 92 - tous des pays à faible ou moyen revenu - verront leurs vaccins financés par un fonds parrainé par des donateurs. Le Royaume-Uni a fait don d'un demi-milliard de dollars à ce fonds. Les États-Unis et la Russie font partie des rares pays qui ne contribuent pas au fonds. Les autres pays achèteront les vaccins par l'intermédiaire de Covax, mais ils pourraient obtenir de meilleures conditions que s'ils avaient négocié seuls. Jusqu'à présent, Covax a obtenu des accords pour trois vaccins prometteurs contre la Covid-19. Mais, pour l'instant, le programme ne couvrira que les doses nécessaires pour couvrir 20 % de la population d'un pays. Des mois critiques Le Mexique est un grand partisan de ce programme et est l'un des pays qui achèteront des vaccins par son intermédiaire. Mais la négociatrice en chef du pays pour les vaccins, Martha Delgado, sait que 20 % ne suffiront pas à stopper la propagation de Covid-19 au Mexique. Elle travaille dur pour obtenir des vaccins par d'autres moyens. C'est une question de vie ou de mort. ""Ces mois sont cruciaux"", dit-elle. Le 13 octobre, dans ce qu'elle décrit comme un moment emblématique, son équipe a conclu des accords directement avec trois fabricants de vaccins. L'équipe a réussi à obtenir un petit nombre de doses du très convoité vaccin de Pfizer - le premier à être administré en dehors des essais. Vendredi, l'organisme de réglementation mexicain a approuvé le vaccin pour une utilisation d'urgence et il sera mis en circulation ce mois-ci. ""Au moins, au Mexique, nous avons l'argent pour acheter des vaccins"", déclare Mme Delgado. ""J'ai vu d'autres pays de la région latino-américaine qui n'ont pas assez d'argent pour acheter des vaccins pour l'instant et pour lesquels l'accès au vaccin n'est pas vraiment garanti"". Pour de nombreux pays, le Covax est la seule solution actuellement. La société pharmaceutique AstraZeneca dont le vaccin est en cours de développement en collaboration avec l'université d'Oxford a déclaré qu'elle ne tirerait aucun profit des ventes aux pays en développement. Il s'agit d'un élément important du portefeuille de Covax, mais son utilisation n'a pas encore été autorisée dans aucun pays. Et un fabricant de vaccins ne sera pas en mesure de produire suffisamment de doses pour vacciner 7,8 milliards de personnes en quelques mois. Comme le Mexique, le Pakistan est en pourparlers avec tous les fabricants de vaccins. ""Nous sommes définitivement en concurrence avec les pays riches. C'est clair"", déclare Faisal Sultan, l'assistant spécial du premier ministre pakistanais pour la santé, qui a été au centre de ces négociations. ""Tout le monde va vers une tarte finie. La tarte est là pour l'instant et tout le monde en veut une part. Et il y aura évidemment des bousculades et des pressions."" Jusqu'à présent, dit-il, les négociations se déroulent bien mais qu'il faut encore trouver des doses. Le Pakistan ne peut pas se permettre de payer pour un vaccin avant de savoir qu'il fonctionnera. ""C'est un luxe"", dit le Dr Sultan. ""Je pense qu'il n'y a qu'une poignée de pays qui peuvent le faire. Si nous pouvons obtenir la bonne substance, la bonne combinaison, nous devrions nous en sortir. Mais nous ne pouvons pas faire de paris à l'aveugle"". De grandes universités pakistanaises ont contribué à la réalisation d'essais cliniques pour le compte de la société chinoise CanSinoBIO, ce qui peut aider à garantir un approvisionnement, mais ce n'est pas une contrepartie. Et les négociations ne sont pas non plus uniquement une question d'argent. Mme Delgado admet que les bonnes relations diplomatiques du Mexique ont joué un rôle important dans la réussite de ses accords. ""Les entreprises existent à l'intérieur des pays"", reconnaît le Dr Sultan. ""Et quand vous parlez de pays, il est évident que la politique, les alliances et toutes ces choses entrent en jeu. Mais à l'heure actuelle, ce que nous essayons de faire, c'est de travailler au-dessus de toute mêlée géopolitique, que cela soit ou non vraiment possible"". Lois Chingandu réclame quelque chose de plus radical que la diplomatie ou même le Covax. Elle veut que les fabricants de vaccins partagent la propriété intellectuelle, afin que des formes génériques du vaccin puissent être fabriquées. L'OMC a retardé sa décision sur la question de savoir si elle renonce aux règles de propriété intellectuelle pour les vaccins Covax. La proposition a obtenu le soutien de certains pays à l'OMC, mais de nombreux pays occidentaux s'y opposent. Pour la plupart des pays, l'obtention d'un vaccin contre Covid attendra encore. ""Les gens vont continuer à mourir de Covid"", dit Mme Chingandu, ""alors que dans d'autres pays les gens mènent une vie normale""." https://www.bbc.com/afrique/monde-55396997 +health Santé : l'alcool est-il vraiment mauvais pour vous ? "Par Bianca Nogrady Ceux d'entre nous qui aiment boire un verre de bière ou de vin à l'occasion aimeraient beaucoup croire qu'ils rendent service à leur corps. Toute étude suggérant qu'un verre ou deux par jour peut éloigner le médecin est accueillie avec un enthousiasme disproportionné par les médias et le grand public. Mais il est complexe de déterminer si l'alcool consommé avec modération présente ou non des avantages pour la santé. A surtout sur BBC Afrique : L'une des premières études établissant un lien entre la consommation d'alcool et la santé a été réalisée par le grand Archie Cochrane, le parrain de la médecine factuelle. En 1979, Cochrane et deux collègues ont tenté de déterminer ce qui était exactement responsable des différences de taux de mortalité par maladie cardiaque dans 18 pays développés, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie. Leur analyse a permis d'établir un lien clair et significatif entre l'augmentation de la consommation d'alcool - en particulier de vin - et la diminution des taux de cardiopathie ischémique (maladie cardiaque causée par l'accumulation de dépôts graisseux à l'intérieur des vaisseaux sanguins alimentant le cœur). Citant des études antérieures qui avaient établi un lien entre la consommation d'alcool et la diminution des taux de décès par crise cardiaque, Cochrane et ses collègues ont suggéré que les composés aromatiques et autres de l'alcool - dont on a récemment supposé qu'ils étaient des antioxydants tels que les polyphénols d'origine végétale - étaient probablement responsables de ces bienfaits, plutôt que l'alcool lui-même. Dans l'esprit de la médecine fondée sur les preuves, ils ont préconisé une approche expérimentale de la question. Bien qu'amusant, le fait d'administrer de l'alcool à des sujets expérimentaux a peu de chances de révéler le type d'effets bénéfiques sur les maladies chroniques que l'alcool est censé apporter. C'est pourquoi une grande partie de la recherche sur l'alcool et ses coûts et avantages pour la santé a pris la forme d'études à long terme, basées sur la population. En 1986, des chercheurs ont interrogé un groupe de plus de 50 000 médecins masculins aux États-Unis sur leurs habitudes de consommation d'alcool et d'alimentation, leurs antécédents médicaux et leur état de santé pendant deux ans. Ils ont constaté que plus les médecins déclaraient boire d'alcool, plus le risque de développer une maladie coronarienne était faible, malgré leurs habitudes alimentaires. Une autre étude de grande envergure publiée en 2000, portant également sur des médecins masculins, a révélé une relation en forme de ""U"" entre une consommation modérée d'alcool et - dans ce cas - la mort, plutôt que la maladie coronarienne. Les sujets qui buvaient un verre standard par jour étaient moins susceptibles de mourir au cours des 5,5 années de l'étude que ceux qui en buvaient moins d'un par semaine ou ceux qui en buvaient plus d'un par jour. Ces résultats suggèrent qu'il existe un ""point idéal"" pour la consommation d'alcool, un juste milieu entre trop peu et trop, où les avantages pour la santé cardiovasculaire contrebalancent le risque de décès toutes causes confondues. Mais est-ce l'alcool lui-même qui procure les bienfaits, ou n'est-il qu'un marqueur d'autres comportements sains ? Les personnes qui boivent avec modération sont-elles aussi celles qui font régulièrement de l'exercice, ont une alimentation équilibrée et prennent généralement soin d'elles-mêmes ? En 2005, une autre étude menée auprès de professionnels de la santé - cette fois 32 000 femmes et 18 000 hommes - a tenté de répondre à cette question en examinant comment leurs habitudes de consommation d'alcool affectaient non seulement leur risque de crise cardiaque, mais aussi leur physiologie. Les personnes qui buvaient un à deux verres d'alcool, trois à quatre fois par semaine, présentaient un risque plus faible d'infarctus, ce qui, selon les chercheurs, pourrait être dû aux effets bénéfiques de l'alcool sur le cholestérol HDL - le ""bon"" cholestérol - ainsi que sur l'hémoglobine A1c (un marqueur du risque de diabète) et le fibrinogène, un agent qui aide le sang à coaguler. Ces trois facteurs jouent tous un rôle important dans le ""syndrome métabolique"", c'est-à-dire l'ensemble des anomalies qui annoncent souvent les maladies cardiovasculaires et le diabète. D'autres études ont trouvé des indices selon lesquels l'alcool pourrait modifier l'équilibre de ces facteurs pour le mieux, ce qui a mis en évidence un mécanisme possible par lequel l'alcool, avec modération, pourrait améliorer la santé. D'autres études ont reproduit cet effet de l'alcool sur les accidents ischémiques cérébraux (accidents causés par un caillot de sang dans le cerveau) et sur la mort en général. Mais avant de plonger et de vous prescrire deux bouteilles par semaine - pour votre santé, bien sûr - vous voudrez peut-être lire ce qui suit. Les abstinents ont-ils réellement un risque de décès plus élevé que les personnes qui consomment une ou deux boissons alcoolisées par jour ? Ce n'est pas aussi simple qu'il y paraît. En 2006, une équipe de chercheurs a examiné de plus près la manière dont ces études étaient conçues. Leur méta-analyse a révélé un défaut majeur dans la manière dont les buveurs - ou plutôt les abstinents - étaient classés : les abstinents dans nombre de ces études comprenaient des personnes qui avaient réduit ou arrêté de boire pour des raisons de santé ou de vieillesse. Cela pourrait potentiellement faire passer les non-buveurs pour un groupe beaucoup moins sain que la population générale. Il est important de noter que les études sans cette classification erronée n'ont pas constaté de réduction des maladies cardiaques ou des décès chez les buveurs modérés. D'autres chercheurs ont maintenant exploré de plus près cette ""hypothèse de classification erronée"", notamment une vaste étude de la population britannique publiée cette année. Cette étude a montré que si l'on compare simplement la consommation d'alcool et les résultats en matière de santé, on constate un effet bénéfique évident de la consommation modérée d'alcool. Mais si l'on retire les anciens buveurs du groupe des abstinents, les avantages ne sont plus aussi évidents - en fait, ils disparaissent presque complètement. Pendant ce temps, une autre équipe de chercheurs a étudié des personnes dont l'organisme ne peut pas traiter correctement l'alcool - et qui, par conséquent, ne boivent généralement pas d'alcool du tout - et a constaté que celles qui possédaient ce marqueur génétique avaient une meilleure santé cardiovasculaire et un risque plus faible de maladie coronarienne que les autres. Et puis il y a les très mauvaises nouvelles. Quels que soient les effets que l'alcool a ou n'a pas sur votre risque de maladie cardiaque, il peut encore accélérer votre mort d'une myriade d'autres façons colorées. L'Organisation mondiale de la santé a indiqué l'année dernière que la consommation d'alcool peut augmenter le risque de dépression et d'anxiété, de cirrhose du foie, de pancréatite, de suicide, de violence et de blessures accidentelles. L'alcool est également lié aux cancers de la bouche, du nez, du larynx, de l'œsophage, du côlon, du foie et du sein chez les femmes. Entre 4 et 30 % des décès par cancer dans le monde pourraient être attribués à la consommation d'alcool (pour le cancer du sein, le plus fréquent, le chiffre est de 8 %). Il est important de noter que même une consommation modérée d'alcool entraîne une certaine augmentation du risque : un seul verre par jour augmente le risque de cancer du sein de 4 %, tandis qu'une consommation excessive d'alcool peut augmenter le risque de 40 à 50 %. La consommation excessive d'alcool affaiblit le système immunitaire et est donc liée à la pneumonie et à la tuberculose. Elle encourage également les comportements sexuels à risque, ce qui augmente le risque de contracter des infections sexuellement transmissibles telles que le VIH. Enfin, la consommation d'alcool pendant la grossesse peut causer des dommages au fœtus et entraîner le syndrome d'alcoolisme fœtal. Au total, plus de 200 maladies et blessures peuvent être liées à la consommation d'alcool, dont 30 ne sont causées que par l'alcool. Mais l'idée qu'une consommation modérée d'alcool pourrait être bénéfique n'a pas complètement disparu, et même les organisations qui se consacrent à la lutte contre le problème de l'alcool affirment à contrecœur que de petites quantités d'alcool peuvent avoir un effet protecteur contre les maladies cardiaques et certains types d'accidents vasculaires cérébraux. Vous ne savez plus quoi penser ? Vous n'êtes pas le seul. Le meilleur résumé de la façon dont l'alcool affecte notre santé provient peut-être d'une analyse critique publiée début 2013. Son auteur a conclu que, si les preuves des effets néfastes de l'alcool étaient solides, il y avait de nombreuses raisons de prendre les preuves des bienfaits de l'alcool pour la santé avec un grain de sel - mais pas, peut-être, une tranche de citron. - - - - - - - Tout le contenu de cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et ne doit pas être considéré comme un substitut à l'avis médical de votre propre médecin ou de tout autre professionnel de la santé. La BBC n'est pas responsable d'un quelconque diagnostic posé par un utilisateur sur la base du contenu de ce site. La BBC n'est pas responsable du contenu des sites Internet externes répertoriés et ne cautionne aucun produit ou service commercial mentionné ou conseillé sur l'un de ces sites. Consultez toujours votre médecin généraliste si vous êtes préoccupé par votre santé." https://www.bbc.com/afrique/monde-58500930 +health Vitamine D : pourquoi vous en avez besoin et comment elle pourrait aider à combattre des virus comme le Covid "On sait que la vitamine D contribue à la solidité et à la santé des os, des dents et des muscles. Mais les scientifiques pensent désormais qu'elle joue également un rôle important dans le renforcement du système immunitaire - et qu'elle pourrait donc être un allié dans la lutte contre des virus comme le Covid-19. La vitamine D est communément appelée ""vitamine du soleil"" car c'est le seul nutriment que votre corps produit lorsque la peau est exposée à la lumière du soleil. Une fois dans votre métabolisme, elle aide l'organisme à absorber le calcium et le phosphate - des nutriments nécessaires à la santé des dents, des muscles et des os, selon les recherches. Des études biomédicales montrent que des maladies osseuses débilitantes telles que le rachitisme, l'ostéomalacie et l'ostéoporose sont la conséquence directe d'une grave carence en vitamine D. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Mais le professeur Kevin Cashman, spécialiste de la vitamine D, de la nutrition et de la santé osseuse à l'University College Cork, en Irlande, affirme que le problème est plus complexe. Selon lui, les personnes présentant une carence sont également ""plus susceptibles de souffrir d'une susceptibilité accrue aux infections et aux inflammations - des sujets qui sont très, très actuels cette année"". ""Au cours des deux dernières décennies, de nouvelles connaissances ont été acquises pour montrer que la vitamine D joue un rôle important en dehors du squelette"", explique-t-il. ""La vitamine D aide à réguler le système immunitaire"". Selon le professeur Cashman, les scientifiques reconnaissent qu'une carence en vitamine D, même modeste, est liée à un ""risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète, de certains types de cancers, de maladies infectieuses et même de certaines maladies inflammatoires"". Mais existe-t-il une corrélation directe entre la vitamine D et le Covid ? Selon le professeur Cashman, les examens scientifiques les plus rapides indiquent ""qu'il existe des preuves tangibles entre la carence en vitamine D et les résultats ou, vous savez, l'effet de la trajectoire de Covid-19 sur la santé"", mais elles ne sont pas assez solides pour formuler des recommandations sur la supplémentation en vitamine D ""en matière de prévention ou même de traitement à ce stade"". Toutefois, le scientifique estime que la recherche est sur la bonne voie et que la pandémie a ""propulsé les problèmes de carence en vitamine D sous les projecteurs"". ""Le consensus général à l'heure actuelle est que les preuves ne sont pas solides, mais des essais sont en cours et de nouvelles preuves apparaissent. Le Covid-19 n'a qu'un an, il faut un peu de temps pour que les données apparaissent. ""Là où cela devient vraiment intéressant, c'est si l'on accepte que la carence en vitamine D contribue absolument à des choses comme les maladies respiratoires, les grippes, les rhumes, etc. ""Nous savons que nous avons besoin de vitamine D pour nos os, avant tout. Donc s'il s'avère qu'elle a un effet positif ou protecteur contre les maladies respiratoires, c'est comme un avantage supplémentaire."" Selon le professeur Cashman, le principal fournisseur de vitamine D est probablement la lumière du soleil, mais la quantité que nous obtenons dépend de l'intensité de celle-ci sur notre peau - et cela change en fonction de l'endroit où l'on se trouve sur la planète et de la période de l'année. En règle générale, plus on se rapproche de l'équateur, plus la lumière du soleil est forte et plus la quantité de vitamine D est élevée. Cependant, des endroits comme l'Inde et de nombreux pays africains sont les plus touchés par une grave carence en vitamine D. Comment cela se fait-il ? ""Il peut y avoir des raisons culturelles, qu'il s'agisse de couvertures religieuses, de vêtements, ou que les gens restent à l'écart du soleil à cause de la chaleur à midi"", explique le professeur Cashman, qui cite d'autres facteurs tels que la pollution qui bloque la lumière du soleil ou le fait de vivre dans un environnement urbain. Une autre cause peut être liée à la couleur de la peau. Des données publiées par l'European Journal of Clinical Nutrition montrent que 12 % de la population européenne présente une carence en vitamine D, mais ""ce chiffre est doublé, voire triplé, si l'on considère les groupes ethniques au sein de certains pays européens"", car la mélanine agit comme un écran solaire naturel. Heureusement, l'alimentation peut fournir une source alternative de vitamine D. On la trouve dans les poissons gras, la viande rouge, le jaune d'œuf et les produits laitiers. Mais pour la grande majorité des gens, il est difficile d'en obtenir suffisamment par le seul biais de l'alimentation. ""La plupart des aliments riches en vitamine D sont d'origine animale, alors que les plantes n'en contiennent pas, ce qui signifie que les personnes qui suivent un régime à base de plantes ou qui ne peuvent pas se procurer certains aliments risquent davantage de ne pas en consommer suffisamment"", explique le professeur Cashman. C'est le cas en Mongolie, par exemple, où des études consultées par l'émission The Food Chain de la BBC montrent qu'au moins 70 à 80 % des adultes et jusqu'à 90 % des enfants présentent une carence en vitamine D. ""Les aliments contenant de la vitamine D sont assez chers pour les personnes vivant dans des communautés vulnérables"", explique Amaraa Bor, responsable des opérations à la Fondation Christina Noble pour les enfants en Mongolie. Le gouvernement a toutefois annoncé qu'il prévoyait d'ajouter cette vitamine à toutes les farines de blé, l'une des denrées alimentaires les plus consommées et le meilleur moyen de s'assurer qu'elle atteigne toute la population, ajoute-t-elle. La plupart des organismes de santé publique recommandent un minimum de 10 microgrammes de vitamine D par jour, mais un apport supérieur à 100 peut être nocif. Des doses très élevées sur une longue période peuvent entraîner une accumulation excessive de calcium dans l'organisme, ce qui peut affaiblir les os et provoquer des lésions rénales et cardiaques. ""Vous pouvez atteindre ce genre de niveaux parfois par inadvertance, en achetant des compléments contenant trop de vitamine D ou en prenant plusieurs comprimés"", explique le professeur Cashman. ""Mais il est très difficile de surconsommer la vitamine à partir d'aliments enrichis, car elle est ajoutée de manière beaucoup plus modeste"". La prise de comprimés ou de compléments vitaminés est une option, mais leur coût peut être prohibitif pour des millions de personnes dans le monde. ""Une alternative consiste donc à introduire davantage de vitamine D dans la chaîne alimentaire, en l'ajoutant aux aliments que nous considérons comme des aliments de base parce qu'ils sont couramment consommés"", suggère le professeur Cashman. Ce processus est appelé fortification - une technique utilisée depuis plus de 80 ans dans les pays industrialisés et de plus en plus courante dans les économies en développement. Pour de nombreux experts en malnutrition par micronutriments, c'est le meilleur moyen de lutter contre la carence en vitamine D dans le monde. Les aliments qui peuvent être enrichis varient selon les endroits mais peuvent inclure le lait et les substituts à base de plantes (tels que le soja, l'avoine, l'amande, le riz), les jus de fruits, les yaourts, la crème fraîche, la margarine, la farine de blé, les huiles de cuisson, les flocons d'avoine, les céréales pour petit-déjeuner et même les œufs. En fonction des niveaux nationaux de carence en vitamine D, les gouvernements peuvent décider de mettre en place des programmes obligatoires ou laisser aux fabricants de produits alimentaires le soin d'enrichir volontairement leurs produits. À l'heure actuelle, seuls quelques pays - comme le Canada et la Finlande, qui bénéficient d'un ensoleillement de faible intensité pendant la majeure partie de l'année - ont mis en place des programmes d'enrichissement en vitamine D. ""L'idée est de trouver des sources alimentaires qui atteignent la plupart des gens, [de sorte qu'ils] obtiennent suffisamment de vitamine D sans penser à ce qu'ils mangent"", explique Christel Lamberg-Allardt, professeur d'alimentation et de nutrition à l'université d'Helsinki en Finlande, qui a travaillé avec le gouvernement sur sa politique d'enrichissement en vitamine D. Le professeur Cashman pense que la pandémie encouragera d'autres pays à envisager des stratégies telles que celle de la Finlande, et cet investissement est judicieux pour de nombreuses raisons. D'abord, explique-t-il, il est peu coûteux d'ajouter de la vitamine D à une tonne de farine de blé, mais il y a aussi les avantages à long terme d'avoir une population en meilleure santé et bien nourrie. Une étude menée par les autorités sanitaires allemandes en 2015 a estimé que l'enrichissement du pain réduirait de plus de 10 % les fractures chez les femmes âgées de plus de 65 ans, ce qui permettrait d'économiser environ 380 millions de dollars chaque année en frais de santé. ""Le type d'économies réalisées est stupéfiant"", déclare le professeur Cashman. Ce texte a été adapté de l'émission de radio de la BBC World Service, The Food Chain (La chaîne alimentaire)." https://www.bbc.com/afrique/monde-56624659 +health Anticorps monoclonaux : Que sont-ils et peuvent-ils aider à traiter le Covid ? "L'Allemagne a annoncé qu'elle compensera la pénurie de vaccins Covid-19 en utilisant un nouveau médicament à base d'anticorps monoclonaux. Selon le ministre allemand de la santé, Jens Spahn, son gouvernement a acheté des stocks de ce nouveau médicament et sera le premier pays de l'UE à l'utiliser. Mais comment fonctionne-t-il ? Les anticorps pourraient être décrits comme les ""guerriers"" du système immunitaire. Lorsque le coronavirus (ou tout autre agent pathogène) infecte votre corps, les anticorps se fixent aux pics du virus, l'empêchant de pénétrer dans vos cellules. Mais nous produisons de nombreux types d'anticorps différents - les plus puissants sont appelés anticorps neutralisants. Les scientifiques les passent donc au crible pour trouver celui qui est le mieux à même de s'accrocher au pic. L'anticorps choisi est multiplié en laboratoire, et produit en quantités énormes. Ces anticorps sont appelés anticorps monoclonaux (également appelés mAbs ou moAbs) car ils ont tous été clonés à partir d'une seule cellule d'anticorps. Par conséquent, tous les anticorps ultérieurs qui en sont dérivés sont exactement les mêmes, ils se lient tous à une seule partie du virus et peuvent être rattachés à une cellule parentale unique. Ainsi, si vous fabriquez un anticorps spécifique pour reconnaître un virus très spécifique ou une partie de celui-ci, vous fabriquez un monoclonal. Lorsqu'ils sont administrés aux patients, ces anticorps renforcent immédiatement leur réponse immunitaire. Mais le problème avec la production de monoclonaux est qu'il est généralement extrêmement coûteux et long d'isoler la bonne cellule à cloner. L'approche des anticorps monoclonaux est très différente des traitements par sérum de cellules plasmatiques convalescentes Covid qui ont également été utilisés. Ici, le plasma [la partie liquide jaunâtre du sang] est prélevé sur des personnes qui ont été infectées par un coronavirus et donné aux patients - et donc il est basé sur un grand nombre d'anticorps différents qui se lient à plusieurs parties du virus. Les anticorps monoclonaux sont utilisés cliniquement depuis les années 1980 et servent à traiter de nombreuses maladies, dont certaines formes de cancer. Selon une étude réalisée dans des maisons de retraite aux États-Unis, les anticorps monoclonaux produits en masse dans des conditions de laboratoire peuvent également être un moyen efficace de protéger les personnes contre le développement de coronavirus. Un monoclonal Covid-19, fabriqué par la société pharmaceutique américaine Eli Lilly, a été utilisé pour traiter l'ancien président américain Donald Trump en octobre 2020 - ainsi qu'un cocktail de deux anticorps fabriqué par la société biotechnologique américaine Regeneron. Ceux-ci se fixent au pic du virus à des endroits légèrement différents. Ainsi, si le virus mute et que sa structure change, au moins un des deux devrait encore fonctionner. Dans le passé, Regeneron a également produit des anticorps monoclonaux qui peuvent traiter le virus Ebola. Mais le coût élevé associé à la production d'anticorps monoclonaux, ainsi que le succès de plusieurs vaccins Covid-19, semblent avoir relégué ce type de médicament à un second choix. On craint dans l'UE que les producteurs de vaccins ne livrent pas les quantités convenues, ce qui entraînerait des pénuries ou entraverait les campagnes de vaccination en cours. Les sociétés pharmaceutiques AstraZeneca et Pfizer-BioNTech ont toutes deux déclaré que des problèmes de production les empêchaient de fournir les quantités prévues. Stella Kyriakides, la commissaire européenne à la santé, a déclaré que les entreprises fabriquant des vaccins Covid dans le bloc devront ""notifier rapidement toute exportation de vaccins vers des pays tiers"". L'Allemagne a décidé de prendre l'initiative et de commencer à faire des stocks de vaccins, en achetant 200 000 doses pour 487 millions de dollars, selon le radiodiffuseur allemand Deutsche Welle. Le journal allemand Bild am Sonntag cite le ministre de la santé Jens Spahn qui a déclaré qu'à partir de la semaine prochaine, les anticorps monoclonaux seront utilisés en Allemagne. ""Ils agissent comme une vaccination passive. L'administration de ces anticorps à un stade précoce peut aider les patients à haut risque à éviter une progression plus grave"", a déclaré M. Spahn. On pense que les premiers essais auront lieu dans des cliniques universitaires. Il existe plusieurs options de vaccins, mais la production ne peut toujours pas répondre à la demande et l'on craint des pénuries potentielles dans un avenir proche. En attendant, les cas de Covidose continuent d'augmenter dans le monde entier - des personnes sont toujours hospitalisées et certaines meurent. À part la dexaméthasone et un autre stéroïde bon marché, l'hydrocortisone, il n'existe pas d'autre traitement cliniquement prouvé pour le Covid-19, il est donc vital de trouver de nouveaux moyens d'aider les patients. Leah Lipsich, de Regeneron, a déclaré ""Il y aura des populations - les personnes immunodéprimées, les personnes âgées - qui ne développeront peut-être pas une réponse immunitaire suffisante à un vaccin et auront besoin d'un traitement. ""Et nous sommes convaincus que ces anticorps neutralisants très puissants contribueront réellement à stimuler la réponse immunitaire et seront toujours nécessaires, même si un vaccin est disponible""." https://www.bbc.com/afrique/monde-55860353 +health Coronavirus dans le monde: des scientifiques cherchent à comprendre le puzzle de l'immunité au Covid-19 "Un nouvel effort est en cours pour comprendre comment le système immunitaire réagit au coronavirus. Des scientifiques de 17 centres de recherche britanniques tentent de répondre à des questions telles que la durée de l'immunité et les raisons pour lesquelles la gravité de la maladie varie autant. Le nouveau consortium britannique d'immunologie du coronavirus (UK-CIC) affirme que l'étude sur l'immunité aidera à combattre le virus. Il a reçu 6,5 millions de livres sterling du UK Research and Innovation (UKRI) et du National Institute for Health Research (NIHR). ""Notre réponse immunitaire à un virus est en fait ce qui dicte la manière dont nous réagissons lorsque nous sommes infectés, la manière dont nous tombons malades lorsque nous contractons une infection aiguë, la durée de notre protection après l'infection et la manière dont nous pourrions réagir à un vaccin. Le système immunitaire est à la base de tout ce qui est essentiel à la réponse à ce virus"", indique le professeur Mala Maini, un immunologiste viral de l'University College London, qui dirige l'une des équipes du UK-CIC. Depuis l'apparition du virus, les scientifiques s'efforcent de comprendre comment notre corps réagit à l'infection. Selon le professeur Maini, pour les cas légers à modérés de Covid-19, la réponse immunitaire semble être ""classique"". ""Tous les bons composants de ce système immunitaire complexe semblent bien fonctionner ensemble"", explique-t-il. Mais le consortium espère découvrir le rôle que joue le système immunitaire dans les cas les plus graves. Il cherche également des réponses à la question de savoir combien de temps dure l'immunité. Cette semaine, des chercheurs de Hong Kong ont rapporté le premier cas de réinfection documenté. Le professeur Paul Moss, chercheur principal du UK-CIC à l'université de Birmingham, soutient que c'est le premier cas sur des millions, nous devons donc le garder dans les proportions. ""Il estime qu'il est préoccupant que la réponse immunitaire au coronavirus semble s'affaiblir avec le temps. Mais il a ajouté que le fait que l'homme n'ait eu aucun symptôme lors de sa seconde infection suggérait que le système immunitaire pourrait être efficace pour stopper la maladie. Le consortium étudiera également si certaines personnes ont une immunité préexistante au virus, même si elles n'ont jamais été exposées à celui-ci. Plusieurs études ont montré qu'une rencontre antérieure avec certains coronavirus qui provoquent le rhume permet au système immunitaire de reconnaître le nouveau coronavirus. Le professeur Moss a déclaré qu'une question clé était de savoir si l'infection par d'autres coronavirus légers pouvait protéger contre l'infection à Covid-19 ou rendre plus malade." https://www.bbc.com/afrique/region-53965917 +health Avortement médicalisé : près de 20 ans après le protocole de Maputo, où en est-t-on? Le long combat des femmes africaines pour avoir accès à une interruption volontaire de grossesse sécurisée a encore de beaux jours. Dans la plupart des pays sur le continent, elles se battent pour le droit à l'avortement. Les associations de défense des droits des femmes en ont même fait une thématique récurrente de leur lutte. Car si, les Etats africains se sont engagées à garantir leur droits et libertés en signant le protocole de Maputo, dans la pratique, peu d'entre eux mettent en œuvre cette convention. Le Protocole de Maputo, adopté en 2003, constitue l'un des premiers cadres juridiques pour la protection des droits et des libertés des femmes et des jeunes filles en Afrique. Il reconnaît l'accès à un avortement médicalisé dans certaines conditions tel un droit humain dont les femmes doivent jouir sans restrictions. Cependant sa mise en œuvre reste limitée sur le continent. Cinquante-deux pays africains ont signé ou ratifié le Protocole de Maputo, mais sept d'entre eux (l'Angola, le Congo, l'Egypte, Madagascar, la Mauritanie, le Sénégal et la Sierra Léone) ont des lois en contradiction avec celui-ci. Ces dispositions réglementaires ne permettent pas l'interruption volontaire de grossesse dans aucun cas. Les lois de certains de ces pays autorisent l'avortement uniquement pour sauver la vie de la femme. Depuis l'adoption du protocole, quelques pays ( la Tunisie, l'Afrique du Sud , le Cap-Vert, le Mozambique, la Zambie...) ont réformé leurs lois afin de respecter- et dans un cas, de dépasser - les critères juridiques de l'Union africaine en matière d'avortement sans risque. L'UA autorise l'interruption volontaire de grossesse lorsque la vie ou la santé physique ou mentale de la femme est menacée et dans les cas de viol, d'inceste et de grave anomalie fœtale selon un rapport de 2020 de l'institut Guttmacher intitulé 'From Unsafe to Safe Abortion in Sub-Saharan Africa: Slow but Steady Progress'. Dans 28 autres pays, l'avortement est autorisé dans certaines circonstances, et non toutes celles qui sont énumérées dans le Protocole de Maputo. Plus globalement l'avortement est restreint dans la plupart des pays africains. Certains pays disposent de lois écrites en matière d'avortement plus restrictives que les pratiques observées ou présumées. Dans d'autres, les lois en matière d'avortement sont vagues et sont sujettes à diverses interprétations. Plus de 8 millions d'avortements ont lieu chaque année sur le continent africain dont les trois quarts sont réalisés dans des conditions non sécurisées, lit- on sur une fiche d'information du Population Reference Bureau. Parmi toutes les régions au monde, l'Afrique possède, selon les estimations, le nombre le plus élevé de décès liés à des avortements, atteignant plus de 15 000 en 2017, représentant ainsi 7% des décès liés à la grossesse. Ces données ont été recueillies dans le cadre du projet Strenghening Evidence-Based Policy to Expand Access to Safe Abortion. L'Organisation mondiale de la Santé considère qu'un avortement est sécurisé lorsqu'il est réalisé selon les directives de l'OMS par un prestataire qualifié utilisant une méthode recommandée par l'OMS appropriée à l'avancement de la grossesse. À l'échelle mondiale, environ 55% des avortements sont sécurisés. En Afrique, seuls 24% le sont. Les avortements sont considérés comme non sécurisés lorsqu'ils sont réalisés par des personnes ne possédant pas les compétences ou les informations nécessaires ou dans un environnement ne répondant pas aux normes sanitaires minimales ou les deux. En 2019, l'Afrique subsaharienne présente le taux de létalité lié à l'avortement le plus élevé de toutes les régions du monde, avec environ 185 décès pour 100 000 avortements, soit un total de 15 000 décès évitables chaque année selon les chiffres compilés par le Guttmacher Institute. Les efforts en cours pour améliorer la sécurité de l'avortement et élargir l'accès à des soins post-avortement de qualité ont probablement contribué à une baisse de deux cinquièmes de ce taux depuis 2000, où l'on estimait à 315 le nombre de femmes décédées pour 100 000 avortements. Déterminer l'incidence de l'avortement dépend en grande partie de la légalité ou non de la procédure. Là où les avortements sont légaux, ces procédures sont généralement recensées de manière officielle. Néanmoins, dans les cas où les avortements sont restreints sur le plan juridique, ils ne sont pas facilement comptabilisés. Les données dont on dispose proviennent essentiellement de l'OMS et d'autres agences des Nations Unies et du Guttmacher Institute. Elles conviennent que les rapports sur les avortements provoqués sont souvent imprécis dans la mesure où les statistiques nationales ne sont souvent pas disponibles et que les avortements sont insuffisamment rapportés dans les pays où l'avortement est restreint sur le plan juridique. https://www.bbc.com/afrique/region-58708852 +health Maladies respiratoires : rhinite, sinusite, bronchite - quelles sont leurs principales différences ? "En raison du temps sec, de l'augmentation de la suie dans l'air, des chutes soudaines de température et de l'augmentation des polluants, les allergies ont tendance à se manifester fréquemment et à déclencher des problèmes tels que la rhinite, la sinusite, la bronchite et d'autres infections des voies respiratoires. L'apparition de ces affections sont causées par des affections virales, qui augmentent considérablement avec le froid. ""Une vague de froid, où les gens sont déjà préalablement sensibilisés, ferment les fenêtres et deviennent plus confinés, augmente les crises virales, et la symptomatologie du patient finit par être plus importante"", souligne Marco Cesar, otorhinolaryngologue à l'hôpital universitaire de Cajuru, au Brésil. Lire aussi : Mais comment faire la différence entre toutes ces maladies et rechercher le bon traitement ? Normalement, les symptômes sont très distincts et certains signes peuvent être remarqués dès les premiers jours d'inconfort. Nous énumérons ci-dessous les principales inflammations et la manière de les reconnaître : Considérée comme une maladie inflammatoire du nez, qui entraîne des symptômes tels qu'une obstruction nasale, un écoulement nasal et des démangeaisons internes, elle peut être causée par plusieurs facteurs. Lorsqu'elle se présente sous une forme allergique, le contact avec la poussière, les poils d'animaux et les acariens en augmente les risques. Dans les cas non allergiques, on peut observer une rhinite sénile ou vasomotrice, qui se manifeste par une modification de la salive. Ce phénomène est plus fréquent chez les personnes âgées et peut entraîner un écoulement fréquent des narines. Il existe également une rhinite médicamenteuse, qui est causée par l'utilisation fréquente de médicaments dans le nez. ""Il s'agit d'une dépendance chimique et psychique, et la personne ne cesse de s'en servir"", explique M. Cesar, qui est également chirurgien du nez et membre de l'American Rhinologic Society. Il existe également une rhinite chimique, avec la présence de beaucoup de sécrétions. En général, elle provient d'un cas de grippe et aussi des variations de température. Pour traiter une inflammation, le meilleur moyen est de prévenir les causes de la maladie. Dans le cas de la rhinite allergique, l'idéal est de contrôler et d'assainir l'environnement, en plus de l'utilisation de médicaments antiallergiques et de sprays nasaux avec des médicaments, si le médecin le demande. Lorsque la maladie est causée par une bactérie, l'utilisation d'antibiotiques est recommandée, sous l'orientation du professionnel de santé. Il s'agit d'une inflammation des sinus de la face, qui affecte généralement la qualité de vie d'une personne. Elle peut être causée par des bactéries, des virus et aussi par une rhinite. ""L'inflammation de la muqueuse nasosinusienne inhibe le mouvement de ses cellules spécialisées chargées de pousser le mucus vers la gorge"", explique Raul Zanini, otorhinolaryngologue à l'hôpital Albert Einstein, au Brésil. De ce fait, la sinusite provoque une obstruction du nez, des sécrétions épaisses, des écoulements, des douleurs à la pression (qui peuvent irradier jusqu'aux dents), une diminution du goût et de l'odorat. Chez les bébés, elle déclenche des difficultés d'alimentation et une mauvaise alimentation. L'affection peut se manifester à tout moment de la vie, mais elle est plus fréquente en cas de changements soudains de température et de conditions météorologiques à faible humidité relative. Le tabagisme actif et passif, ainsi que les particules présentes dans l'air en raison de la pollution, favorisent également l'inflammation. Il existe également des altérations anatomiques à l'intérieur du nez telles que la déviation de la cloison nasale, les polypes et l'augmentation des cornets nasaux (connus sous le nom de viande spongieuse) qui augmentent la prédisposition à la sinusite. Le traitement recommandé par les médecins peut consister en l'utilisation d'antibiotiques, mais il peut aussi se faire avec une solution saline. Ce dernier soulage les symptômes et accélère la récupération de la mucociliaire, qui agit sur le mécanisme de défense des voies respiratoires. Les inhalations, également avec une solution saline, peuvent faciliter l'élimination des sécrétions des sinus du visage. Dans les cas plus graves et récurrents, une intervention chirurgicale avec un professionnel spécialisé est nécessaire. Il s'agit d'une maladie inflammatoire des bronches du poumon de nature virale ou bactérienne. Il est important de ne pas le confondre avec l'asthme, qui est également une affection respiratoire, mais dont les symptômes sont différents et qui est déclenché par un processus allergique. Dans la bronchite aiguë, le patient présente beaucoup de catarrhe, de la toux, une poitrine pleine et les enfants sont les plus touchés. Elle est également plus fréquente en cas de fortes chutes de température. Lorsque la maladie est virale, des médicaments contre la fièvre, des nébulisations, une physiothérapie respiratoire et beaucoup de liquides sont recommandés. ""Lorsqu'elle est bactérienne, les antibiotiques sont recommandés"", explique Débora Carla Chong, pneumologue pédiatrique et professeur à la faculté de médecine de l'Université catholique pontificale du Paraná, au Brésil. C'est le fameux mal de gorge et il est très fréquent chez les patients qui ont une obstruction nasale ou qui dorment la bouche ouverte. En général, lorsqu'ils se réveillent le matin, ils se sentent très mal à l'aise. Outre ce symptôme, la personne peut avoir un mal de tête au réveil. La pharyngite peut également être virale, ce qui est fréquent lorsque l'on dort avec les cheveux mouillés, que l'on est serein ou que l'on marche pieds nus. Elles peuvent également être bactériennes, causées par l'espèce streptococcus pyogenes. Dans ce cas, il s'agit d'une affection soudaine, fréquente chez les enfants dès l'âge de deux ans. ""En l'absence de traitement, l'inflammation peut évoluer vers un rhumatisme articulaire aigu, une réaction auto-immune qui touche les articulations, et peut affecter le cœur et, dans les cas graves, le cerveau"", ajoute le pneumologue. Le traitement doit être fait avec des antibiotiques, sous orientation médicale. Ce type d'inflammation est caractérisé par une douleur à l'oreille et une gêne dans la région. L'infection peut être causée par des virus, après un rhume. Les otites sont également récurrentes chez les enfants et peuvent être déclenchées pendant l'allaitement. Lorsque le lait régurgite, il va dans l'oreille moyenne et peut provoquer une inflammation. ""C'est la première infection de l'enfant et elle survient dans la tranche d'âge de six à trois ans"", explique Mme Chong. Les symptômes les plus courants sont une douleur intense dans l'oreille, de la fièvre, une perte d'appétit et un écoulement local. Le traitement le plus approprié est l'utilisation d'antibiotiques et d'analgésiques, sous contrôle médical. Enfin, il y a encore l'inflammation causée par l'augmentation de l'adénoïde, un organe lymphatique situé derrière les cavités nasales et au-dessus du palais. Il nuit à la ""communication"" avec l'oreille et le nez et provoque beaucoup de flegme dans la région. Le traitement peut se faire par des médicaments et, dans les cas les plus graves, par une intervention chirurgicale pour retirer les sécrétions, selon les indications du professionnel de santé." https://www.bbc.com/afrique/monde-61690461 +health Santé de la femme : le secret d'un bon soutien-gorge Il est porté dès le plus jeune âge et pourtant nous l'utilisons à tort et à travers. Et cela peut affecter votre santé. Nous parlons du soutien-gorge. Joanna Wakefield-Scurr est biomécaniste et dirige le groupe de recherche sur la santé du sein à l'université de Portsmouth (Royaume-Uni). Elle-même, comme tant d'autres femmes, est allée chez le médecin parce que ses seins lui faisaient très mal. Le médecin lui a dit que la solution à sa douleur était de trouver un bon soutien-gorge. Ce n'était pas facile. Lire aussi sur BBC Afrique : Elle dit qu'il y a presque deux décennies, ce qu'elle a trouvé ne lui a pas apporté un bon soutien. En tant que femme et en tant que consommatrice en général, elle a estimé que c'était décevant. Et, en tant que scientifique, elle s'est rendu compte qu'il n'y avait aucune recherche dans ce domaine. C'est ainsi qu'a débuté son parcours professionnel. Elle a maintenant passé 17 ans à faire des recherches sur la biomécanique du sein, son mouvement, ses conséquences pour les femmes et, enfin, la recherche du soutien-gorge parfait, celui qui s'adapte à la femme, qui ne lui fait pas mal. Bien que son domaine d'étude se concentre spécifiquement sur l'amélioration des soutiens-gorge de sport et leur influence sur les performances des athlètes et des sportives, son travail s'étend à l'explication des avantages de porter un bon soutien-gorge. Et comment en choisir un. Nous avons constaté que le mouvement des seins pendant l'activité physique peut être très douloureux pour certaines femmes et peut constituer un obstacle à leur participation à une activité physique. Mais nous savons aussi que ce mouvement peut endommager le tissu mammaire. La peau est l'une des principales structures de soutien dont vous disposez et le mouvement peut étirer ces structures cutanées internes. Une fois que cela se produit, il n'y a rien que l'on puisse faire, la peau s'étire de façon permanente et peut provoquer l'affaissement du sein ou l'apparition de vergetures là où la peau a été étirée au-delà de sa limite naturelle. C'est une blessure et elle est irréversible. L'idée est que cela ne se produit pas dès le début, il est donc important d'étudier comment le sein bouge et ensuite de prévenir ce mouvement, de voir comment on essaie de le réduire. Et les marques de vêtements et de lingerie peuvent tester et utiliser nos informations pour créer de meilleurs produits pour les femmes. Nous faisons partie du département des sciences du sport et de l'exercice, et l'une de nos premières questions était de savoir si un soutien-gorge de sport pouvait contribuer à améliorer les performances. Nous avons constaté que l'effet d'un bon soutien-gorge de sport n'est pas seulement un avantage pour la santé et le confort, mais qu'il améliore également les performances. S'il y a un mauvais soutien-gorge, tout bouge, donc ça change la façon dont on bouge. Lorsque vous portez un bon soutien-gorge, vous avez du soutien et il y a des changements, par exemple, vous tournez plus vos épaules, vous faites plus de pas, vous avez plus de confiance. Nous avons vu qu'il y a une augmentation de la foulée, elle augmente d'environ 4 centimètres. Cela ne semble pas beaucoup, mais pendant un marathon, cela équivaut à un mile. Je crois savoir que la première fois qu'ils l'ont appliqué plus fermement, c'était pendant les Jeux olympiques de Tokyo. Nous avions déjà travaillé avec des athlètes individuels, mais il s'agissait d'un premier projet à plus grande échelle. Mais nous étions préparés. Nous avions déjà travaillé avec des patients cliniques qui avaient souffert de douleurs mammaires. Dans le cas de l'équipe d'Angleterre, vainqueur de l'Euro 2022, nous travaillons avec elle pendant la période précédant le tournoi. Ce que nous faisons a également trait à l'éducation sur cette question, nous essayons d'aider. Car le premier obstacle que nous rencontrons est qu'ils ne comprennent pas pourquoi ils ont besoin d'un bon soutien-gorge. Et c'est un élément aussi important de l'équipement qu'une bonne paire de chaussures de football ou de course. Les jeunes filles n'y pensent peut-être pas autant, à leurs seins et à l'importance qu'ils revêtent. Et notre travail consiste à leur faire prendre conscience de cela. Quelles sont les choses qui améliorent votre corps lorsque vous avez un bon soutien-gorge ? Les avantages sont nombreux pendant le sport et dans la vie quotidienne. Dans le cas des soutiens-gorge de sport, nous constatons une énorme croissance des ventes. Ils ont tendance à fournir un plus grand niveau de soutien et aident à réduire toute douleur dans les seins en réduisant le mouvement. Ensuite, il y a, comme je l'ai mentionné, les dommages aux tissus. Avec un bon soutien-gorge de sport, nous réduisons les dommages potentiels. Ensuite, il y a la question de la performance dont je parlais. Et qu'en est-il des soutiens-gorge normaux, de tous les jours ? C'est intéressant, car les soutiens-gorge de tous les jours ont généralement deux cavités, ils séparent les seins et c'est une manière active de donner plus de soutien. Les soutiens-gorge de sport ont tendance à avoir un peu plus de compression, ils aplatissent en quelque sorte la poitrine vers la paroi thoracique. J'ai tendance à encourager les femmes à rechercher un soutien-gorge de sport qui présente ce type de séparation comme dans les soutiens-gorge de tous les jours, une sorte de bonnets structurés. Parce que ça ne devrait pas comprimer le tissu mammaire. Le moyen le plus efficace pour qu'il ne bouge pas, ne se comprime pas, est de séparer les bonnets, ce que l'on voit dans les soutiens-gorge de tous les jours. Dans le cas des soutiens-gorge de sport, qui ont cette sorte de bonnets moulés à l'intérieur et une compression à l'extérieur. Si c'était moi, j'en chercherais un qui soutienne les seins, qui arrête le mouvement, qui les maintienne en place, qui fasse le tour du corps. La partie inférieure qui fait le tour du dos (la sangle où elle s'attache) doit être ferme, qu'elle s'adapte bien, qu'elle ne serre pas mais que si vous bougez, elle reste en place, c'est la clé. Il faut ensuite évaluer l'ajustement des bretelles, s'assurer qu'elles ne serrent pas, mais qu'elles ne tombent pas, et que l'on peut y passer un doigt ou deux. Et que la partie centrale, celle qui se trouve entre les seins, repose sur notre peau, qu'elle ne s'enfonce ni ne reste élevée. Et l'anneau, s'il y en a un, ne doit pas reposer sur le tissu mammaire. Mais l'essentiel est de s'assurer que la bande inférieure s'adapte parfaitement, fermement et confortablement. Les données scientifiques indiquent qu'il n'a aucune incidence négative sur la santé, à condition qu'il soit correctement ajusté et qu'il ne repose pas sur le tissu mammaire. Ce que nous avons vu dans nos études, c'est qu'il peut aider au soutien, parce qu'il fournit un point d'ancrage au corps, donc il donne plus de soutien au reste. À mon avis, l'armature est bonne tant qu'elle s'adapte correctement. Pendant le cycle menstruel, la variation moyenne du volume des seins d'une femme est supérieure à la taille du bonnet, de sorte que notre soutien-gorge habituel devrait pouvoir faire face à cette variation moyenne. Cependant, il y a des personnes pour qui elle est importante. Si c'est le cas, je les encouragerais à avoir un soutien-gorge différent pour les différentes périodes du mois. Je sais que c'est plus cher, mais c'est important de le faire. C'est mieux que de se faire mal pendant une semaine entière du mois. Ça dépend. J'ai tendance à parler des avantages de porter un bon soutien-gorge et ils sont nombreux. Mais si vous ne voulez pas le porter, c'est un choix personnel. Nous savons que le fait d'en porter un modifie considérablement l'anatomie et que certaines femmes n'aiment pas l'idée que leur corps soit modifié de quelque façon que ce soit. Par exemple, pendant l'accouchement, nous avons réalisé une grande enquête et de nombreuses femmes ont choisi de porter un soutien moins structuré, elles ont donc pu opter pour des hauts ou des soutiens-gorge plus légers. Et nous avons constaté chez un grand pourcentage d'entre elles que la forme de leurs seins avait changé. Il est important de le savoir. Je continue à dire qu'il y a plus d'avantages à le porter que de ne pas le faire, mais cela dépend de la personne. Les seins descendront plus ou moins selon l'anatomie, mais aussi selon le soutien-gorge. Et, au final, nous perdrons de la fermeté avec l'âge. Les structures de soutien du sein s'étirent avec l'âge. C'est inévitable. Mais l'idée est que si nous protégeons ces structures et ne les étirons pas davantage, nous pouvons les empêcher de s'affaisser plus tôt qu'elles ne l'auraient fait naturellement, même si cela arrivera tôt ou tard. Heureusement, il existe déjà de bons soutiens-gorge sur le marché en général pour les patientes ayant subi une intervention chirurgicale, ainsi que pour celles qui effectuent une transition ou qui préfèrent garder leurs seins discrets. Mais, toujours, dans ces cas-là, je leur suggérerais de porter leurs seins séparément plutôt que de les comprimer. Une grande partie de notre travail consiste à sensibiliser les gens, à essayer d'en parler davantage, à encourager les femmes à être plus conscientes et à ne pas avoir honte de parler de seins et de soutiens-gorge. Je suppose que c'est un sujet honteux en raison de la sexualisation du sein qui se traduit également par le soutien-gorge, mais j'espère qu'en en parlant davantage d'un point de vue scientifique et sanitaire, cela rendra le sujet moins honteux et permettra de surmonter certaines de ces barrières. https://www.bbc.com/afrique/monde-62564017 +health Covid en RD Congo : comment les fonds ont disparu, selon un rapport "Selon des chercheurs, les fonds manquants, les pratiques salariales opaques et la mauvaise gestion entravent la réponse au coronavirus en République démocratique du Congo. Le Congo Research Group, basé à l'université de New York, affirme que plusieurs nouveaux comités ont été mis en place, qui ont coûté plus d'argent mais n'ont pas réussi à résoudre les problèmes. A surtout lire sur BBC Afrique : Son rapport indique que seuls 6 millions de dollars (3 401 579 000 FCFA) sur les 363 millions de dollars (205 805 000 000 FCFA) de fonds Covid accordés par le FMI l'année dernière ont été comptabilisés publiquement. Le gouvernement congolais n'a pas répondu aux demandes de commentaires de la BBC. La RD Congo est l'un des 50 pays dans le monde qui n'ont pas réussi à vacciner complètement 10 % de leur population contre le coronavirus - un objectif fixé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon les estimations, environ 0,1 % des 89 millions d'habitants du pays ont ét�� vaccinés. À ce jour, selon l'OMS, plus de 57 000 personnes ont contracté le coronavirus en RD Congo et 1 086 d'entre elles sont décédées. Parmi les difficultés rencontrées, citons la dépendance à l'égard du système Covax, souvent critiqué, un système de santé sous-financé déjà ravagé par des épidémies simultanées de rougeole, d'Ebola et de choléra, la méfiance généralisée à l'égard des autorités et le conflit entre le gouvernement et les groupes armés dans l'est du pays. À cela s'ajoute, selon les critiques, une corruption endémique. Deux anciens ministres de la santé ont été arrêtés à la suite d'allégations de corruption ces dernières années - l'un purge une peine de cinq ans de prison, tandis que l'autre est libre sous caution et nie les allégations. Le Congo Research Group affirme que les leçons n'ont pas été tirées des échecs précédents dans la gestion des fonds de santé, et affirme qu'au moins 240 000 dollars (136 050 350 FCFA) ont disparu lors de l'achat d'ambulances et de véhicules pour la réponse Covid du ministère de la santé. L'étude cite également un organe de contrôle gouvernemental, l'Inspection Générale des Finances, qui estime qu'un hôpital de Kinshasa ne pouvait en aucun cas justifier une facture récente de 2,9 millions de dollars pour la prise en charge de seulement 266 patients atteints du coronavirus. Les chercheurs affirment également que le ministère de la santé a utilisé les situations d'urgence et les financements internationaux ""pour verser des primes à des personnels qui ne sont normalement pas bien payés"". Selon leur rapport, le ministère de la santé a refusé de révéler le nombre de ses employés ou le montant des primes versées. Les ""structures ad hoc"" mises en place par le gouvernement congolais en réponse à la pandémie - notamment un ""comité multisectoriel"", un ""secrétariat technique"", un conseil consultatif, un groupe de travail présidentiel et un fonds national de solidarité contre le coronavirus - ont augmenté les budgets mais n'ont pas réussi à résoudre les problèmes préexistants, selon le Congo Research Group. Il énumère ces problèmes comme suit Et affirme que cela a entraîné ""une mauvaise prise en charge des patients et une démotivation des agents de santé"". Correction 10 octobre 2021 : une référence incorrecte à Vital Kamerhe comme étant l'un des anciens ministres de la santé accusés de corruption a été supprimée de cet article." https://www.bbc.com/afrique/region-58871345 +health Journée mondiale sans tabac : pourquoi les non-fumeurs doivent-ils s'inquiéter du tabagisme passif ? """Je ne peux pas respirer par le nez. Je respire par un trou dans mon cou appelé stomie"", explique Nalini Satyanarayan, grand-mère de 75 ans. Nalini est non-fumeuse, mais pendant ses 33 années de mariage, elle a été exposée à la fumée secondaire. On lui a diagnostiqué un cancer en 2010, cinq ans après la mort de son mari. ""Mon mari était un fumeur invétéré. Je ne savais pas que cela m'affecterait ou que ce serait aussi grave. J'étais inquiète pour sa santé et je lui ai dit d'arrêter de fumer, mais je ne pense pas que cela ait changé son comportement"", a déclaré à la BBC Nalini, qui vit aujourd'hui dans la ville d'Hyderabad, dans le sud de l'Inde. A surtout lire sur BBC Afrique : Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le tabac tue huit millions de personnes chaque année. Parmi elles, 1,2 million ont été exposées à la fumée secondaire. Beaucoup d'autres souffrent de maladies qui limitent leur espérance de vie. À l'occasion de la Journée mondiale sans tabac (31 mai), nous nous penchons sur les dommages causés aux non-fumeurs comme Nalini. Nalini racontait des histoires captivantes à sa première petite-fille Janani lorsqu'elle a remarqué que sa voix devenait rauque. En peu de temps, elle n'était plus en mesure de parler clairement et était également essoufflée. Sa maladie a été diagnostiquée comme un cancer thoracique. Les médecins lui ont retiré les cordes vocales et la thyroïde. ""J'ai perdu ma capacité à parler. C'était très décourageant. Ensuite, les médecins m'ont dit que je ne retrouverais pas ma voix d'origine."" Janani - aujourd'hui âgée de 15 ans - se souvient de ce qui est soudainement arrivé à sa ""grand-mère très bavarde"". ""Quand elle a été diagnostiquée, elle a été absente de la maison pendant un long moment."" ""Quand elle est revenue, j'avais environ quatre ans. Il y avait des tubes dans son estomac... il y avait des tubes partout. Nous devions nettoyer notre maison souvent et il y avait une infirmière qui restait avec nous. Je ne pense pas que je réalisais la gravité de la situation. Pour moi, c'était juste dégoûtant."" Nalini a reçu de bons soins médicaux et a pu recommencer à parler avec l'aide d'une boîte vocale vibrante. Elle connaissait la cause de sa souffrance. ""J'ai eu un cancer à cause de mon mari"", dit Nalini. ""Les fumeurs expirent la plupart des substances toxiques et les fumeurs passifs finissent par les inhaler"". L'OMS insiste sur le fait que ""toutes les formes de tabac sont nocives et qu'il n'existe pas de niveau d'exposition au tabac sans danger."" ""La fumée secondaire contient plus de 7 000 produits chimiques, dont environ 70 peuvent provoquer un cancer. L'exposition des non-fumeurs à la fumée secondaire augmente de 20 à 30 % le risque de développer un cancer du poumon"", explique Angela Ciobanu, responsable technique de la lutte antitabac au Bureau européen de l'OMS. Les vapeurs de tabac érodent également la santé de notre cœur. ""L'exposition à la fumée secondaire pendant seulement une heure peut endommager la couche interne des artères coronaires, ce qui augmente le risque de crise cardiaque"", ajoute-t-elle. L'organisme de santé des Nations unies estime que le tabagisme passif est à l'origine de 65 000 décès d'enfants chaque année. Les enfants exposés à la fumée de tabac secondaire courent également un risque accru d'infections de l'oreille, pouvant entraîner une perte d'audition et la surdité. ""Les enfants ont un risque 50 à 100 % plus élevé de développer une maladie respiratoire aiguë, ainsi qu'un risque accru d'asthme et de syndrome de mort subite du nourrisson."" déclare Mme Ciobanu. L'OMS fait également valoir que l'interdiction de fumer bénéficie d'un fort soutien tant chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Selon Mme Ciobanu, ""les environnements totalement non-fumeurs sont le seul moyen efficace de protéger la santé des non-fumeurs."" ""Ne permettez à personne de fumer près de vous ou de vos enfants. L'air pur est un droit humain fondamental"", affirme M. Ciobanu. Cependant, il n'est pas facile de réduire le tabagisme. Selon une analyse de Grand View Research, l'industrie du tabac représentera 850 milliards de dollars en 2021. Cela représente presque deux fois la production économique - ou le PIB - de la nation la plus peuplée d'Afrique, le Nigéria. La Banque mondiale estime que son économie valait 430 milliards de dollars en 2020. Selon Grand View Research, l'augmentation de la demande ""a été soutenue par le nombre croissant de fumeurs dans les régions en développement d'Asie et d'Afrique."" Pour protéger leurs intérêts commerciaux, les grandes compagnies de tabac, qui ont les poches profondes, luttent contre les réglementations sanitaires et ont parfois réussi à retarder les interdictions de fumer. Ainuru Altybaeva faisait partie d'un groupe de députés du Kirghizistan qui ont uni leurs forces pour faire adopter un projet de loi interdisant de fumer dans les lieux publics en 2018. Elle a fait valoir que le tabac causait 6 000 décès par an dans le pays et que freiner le tabagisme pourrait réduire la consommation de tabac de dix pour cent. Mais, elle s'est heurtée à une forte résistance. ""En raison de l'affiliation de certains membres du parlement à l'industrie du tabac, la proposition a été envoyée à un comité restreint, ce qui avait pour but de retarder la loi. Des fonctionnaires du ministère des affaires économiques ont également exprimé des inquiétudes quant à la réduction des recettes fiscales"", se souvient Mme Altybaeva. La situation est également devenue désagréable et personnelle. ""Certaines personnes ont pris la parole sur les médias sociaux pour m'attaquer, moi et ma famille"". Elle s'est battue sans relâche et en 2021, la loi interdisant de fumer dans les lieux publics est entrée en vigueur. Le travail d'Altybaeva est loin d'être terminé. Elle mène des campagnes de sensibilisation et renforce le soutien contre le tabagisme au sein de différentes communautés. ""Une enquête réalisée en 2013 a montré que le tabagisme chez les hommes diminue lentement, mais que le taux de tabagisme chez les femmes augmente."" Son hypothèse est que de nombreuses femmes qui fument dissimulent cette habitude et elle veut empêcher les jeunes femmes de devenir dépendantes. Les efforts mondiaux visant à ralentir la mortalité due au tabac ont pris la forme de la convention-cadre pour la lutte antitabac de 2005. À ce jour, 182 pays l'ont signée. Les groupes de campagne affirment que les pays doivent aller plus loin que l'interdiction de fumer dans les lieux publics et mettre en œuvre d'autres suggestions contenues dans la convention. ""Une politique antitabac respecte le droit des gens à un air pur"", affirme le Dr Mary Assunta, basée à Sydney. Elle dirige les activités de recherche et de sensibilisation de l'ONG Global Center for Good Governance in Tobacco Control. ""Pour que les interdictions aient un impact sur la réduction des taux de mortalité, elles doivent s'inscrire dans le cadre d'une politique globale de lutte contre le tabagisme, comprenant des taxes élevées, des avertissements visuels bien visibles sur les paquets de tabac, l'interdiction de la publicité et de la promotion du tabac et l'éducation du public. Même si le nombre de fumeurs dans le monde diminue lentement, il s'élève encore à 1,3 milliard. Selon l'OMS, une cigarette sur dix provient du commerce illicite du tabac, qui n'est régi par aucune réglementation. Mme Assunta appelle également les autorités à être plus vigilantes. Elle a trouvé un certain nombre de cas où un produit du tabac est annoncé dans des applications et des jeux populaires auprès des enfants. ""Il est cruel pour une industrie de vendre un produit qui tue prématurément la moitié de ses clients et que ce produit soit responsable de la mort de non-fumeurs. L'industrie du tabac doit être obligée de payer pour les dommages qu'elle a causés et qu'elle continue de causer"", déclare Assunta. De retour à Hyderabad, Nalini ne pense pas à un recours légal. Elle continue à respirer par le trou dans sa gorge. Elle ne peut manger que des aliments mous. Mais, elle a appris à vivre une vie très indépendante. Elle se considère comme une victorieuse du cancer. Comme pour prouver ses dires, elle a appris à jouer de la clarinette. Nalini est titulaire d'une maîtrise en botanique et est passionnée de jardinage. Elle passe plus de temps à aider ses deux petits-enfants. Janani, qui aspire à devenir vétérinaire, vient souvent la voir pour des cours de sciences. ""Je suis tellement fière d'elle. Elle est une source d'inspiration pour tout le monde. Elle est toujours la même grand-mère joviale"", déclare Janani, rayonnante. Nalini se rend dans les écoles, les universités, les rassemblements communautaires et bien d'autres endroits, pour informer les gens des dangers du tabagisme passif en mettant en avant sa propre histoire. Malgré la perte de sa voix et les souffrances qu'elle doit endurer, Nalini n'a aucune rancune envers son défunt mari. ""Je ne me suis jamais sentie en colère contre mon mari. Cela ne servait à rien de pleurer sur son sort. Cela ne va pas résoudre les problèmes. J'ai accepté la réalité et je ne me suis jamais sentie gênée de parler de ma maladie.""" https://www.bbc.com/afrique/monde-61626791 +health L'histoire incroyable de Jane Dieulafoy, la Française qui a enfreint la loi en portant un pantalon et découvert de fabuleux trésors persans """Ce gentil garçon est-il une femme ?"" demande le Shah de Perse au colonel Dieulafoy, qui se trouve sur ses terres pour faire des fouilles archéologiques. ""Certainement, votre majesté,"" répondit le Français, ""c'est Madame Dieulafoy, ma chère épouse."" Ils parlaient de Jane Dieulafoy, célèbre dans le folklore populaire de la fin du XIXe siècle comme ""la dame qui s'habille en homme"", qui formait, avec son mari Marcel, un couple insolite et scandaleux. Mais au-delà de cela, cette dame a attiré l'attention pour d'autres raisons, notamment pour ses talents, et elle a gagné l'admiration de beaucoup en tant qu'auteur, exploratrice et archéologue, au point que le New York Times l'a décrite comme ""la femme la plus remarquable de France et peut-être de toute l'Europe"" dans sa nécrologie en mai 1916. Sa vie a été une aventure, commençant par une guerre et se terminant par une autre. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Jeanne Henriette Magre est née à Toulouse en 1851 et a fait ses études dans un couvent près de Paris jusqu'à ce qu'elle épouse, en mai 1870, l'ingénieur civil Marcel-Auguste Dieulafoy. Pour la plupart des femmes de son époque et de sa classe, la description ci-dessus, suivie d'un peu plus d'informations sur le nombre d'enfants qu'elle avait et peut-être d'un ou deux autres détails, aurait résumé leur vie. Dans le cas de celle qui est devenue à partir de ce moment-là Jane Dieulafoy, ce n'était que le début. Jane et Marcel partageaient un grand appétit de connaissance et d'exploration, et dès le début, ils ont convenu que leur mariage était un lien d'égal à égal. La première épreuve de ces vœux a lieu trois mois plus tard, lorsque la guerre franco-prussienne éclate. Marcel s'est engagé comme capitaine du génie, et Jane ne se contente pas de rester à la maison à l'attendre. Elle est déterminée à l'accompagner mais n'a pas l'intention d'assumer le seul rôle autorisé aux femmes pendant la guerre : celui de cantinières, qui apportent de la nourriture et de l'eau aux soldats. C'est alors qu'elle adopte pour la première fois l'image qui la caractérisera : elle se coupe les cheveux courts et s'habille avec des vêtements d'homme, ce qui est illégal à Paris, les femmes étant interdites de porter des pantalons depuis 1800 (loi officiellement abrogée en 2013). Elle est partie avec son mari en se faisant passer pour son assistante et, comme elle avait appris à tirer, elle a réussi à se faire respecter en tant que tireur d'élite (francotirador-a), sans que l'on découvre qu'il manquait un ""a"" à la fin du mot.. Après la défaite de la France en janvier 1871, les Dieulafoys reprennent leur vie ""normale"" : Marcel reprend son travail d'ingénieur et Jane se laisse pousser les cheveux longs et porte ses robes longues. Plusieurs années s'écoulent, ponctuées de voyages en Égypte et au Maroc, où ils assouvissent leur intérêt pour l'art, l'architecture et la culture du Moyen-Orient, jusqu'à ce qu'en 1879, ils décident de réaliser leur rêve de se rendre en Perse. Marcel a pris un congé de son travail et Jane a commencé à étudier le farsi et la photographie. Au début de l'année 1881, ils entreprennent un voyage qui les mènera sur 6 000 kilomètres, dont une grande partie à cheval, jusqu'à Suse, une fouille archéologique en Perse qui s'avère être le site d'une capitale régionale vieille de 6 000 ans. Jane, qui avait alors 30 ans, allait devenir le collaborateur de Marcel, car, écrit-elle, ""un collaborateur féminin aurait été une nuisance"". Utilisant de faux noms et s'habillant à nouveau en homme, non seulement pour ne pas avoir à se conformer aux restrictions imposées aux femmes dans la région, mais aussi parce que c'était tout simplement plus confortable, Jane a voyagé avec son mari dans des endroits qui étaient alors peu connus. En janvier 1882, ils arrivent à Sousse, mais les fortes pluies ne laissent aucun répit à l'exploration. Pendant des mois, ils ont lutté contre les maladies, les insectes et les voleurs, et comme ils étaient épuisés, ainsi que leurs fonds, ils ont décidé de partir, avec la ferme intention de revenir. Le voyage avait été épique. Ils étaient allés de Marseille à Athènes, Istanbul, Poti, Erevan, Jolfā, Tabrīz, Qazvīn, Téhéran, Ispahan, Persepolis, Shiraz, Sarvestān, Fīrūzābād, et Suse en passant par Būšehr et la Mésopotamie. Et Jane avait consigné ce voyage dans des journaux intimes remplis de précieuses illustrations, de photographies et de riches descriptions de lieux méconnus, par sa fascination pour... tout : l'histoire et l'archéologie, les arts, l'architecture et l'artisanat, l'ethnologie et le folklore, la géographie, l'économie et la politique. Et pour le peuple, des muletiers aux hauts fonctionnaires en passant par le chah. À son retour, ses journaux sont publiés par le magazine de voyage français Le Tour du Monde, et le public tombe à ses pieds. Sa vocation d'écrivain est devenue évidente après qu'elle se soit révélée être une conteuse talentueuse, pleine d'humour et de perspicacité. Ses livres sur l'expédition ont été des best-sellers. Avec le temps, elle a également été admirée en tant que sociologue et journaliste, ainsi qu'en tant qu'auteur de fiction, et même librettiste d'un opéra créé par l'éminent musicien français Camille Saint-Saëns, d'après son roman ""Parisátide"" sur l'ancienne reine perse. L'Académie française a célébré plusieurs de ses œuvres mais Dieulafoy n'a pas reçu de prix littéraires, car ils n'étaient pas autorisés pour les femmes, jusqu'à ce que, en 1904, 22 femmes écrivains, dont elle, fondent le prix Femina. Elle a toutefois reçu la Légion d'honneur, l'une des plus hautes distinctions de la nation française, après que Marcel et elle eurent rempli leur mission de retour à Sousse en 1884. Cette fois, les Dieulafoy ont voyagé avec le soutien officiel du Musée du Louvre et du gouvernement français. Ils sont arrivés à Suse plus de trois décennies après que l'archéologue britannique William Kennett Loftus l'ait identifié comme le site biblique de Shushan et ait fait un plan des ruines, qui comprenaient la tombe du prophète Daniel, et des fouilles dans lesquelles il a trouvé l'apadana (salle d'audience) d'un palais construit par le roi perse Darius I (522-486 av. J.-C.). Sous la promesse de ne pas perturber la tombe de Daniel, et avec l'approbation de Naser al-Din, Shah de Perse, les Dieulafoy commencent les fouilles qui les mèneront à déterrer ""le passé glorieux des grands rois de mes propres mains"", comme l'écrit Jane. Outre les fragments des colonnes de 21 mètres qui soutenaient l'apadana et les restes des têtes de taureau qui les couronnaient, deux pierres précieuses exceptionnelles ont été mises au jour sous le sable qui s'était déposé depuis l'époque de Darius Ier, lorsque l'Empire perse a atteint son apogée, s'étendant du Nil et de la mer Égée à l'ouest jusqu'au Pakistan moderne. Il s'agit de belles frises en briques vernissées qui décoraient le palais, dont Jane a marqué les morceaux avec une méthode qu'elle a mise au point afin de les reconstituer au Louvre. Quand elle a assemblé les puzzles, l'un d'eux montrait des lions rugissants. Les autres, des guerriers rutilants chargés de flèches, d'arcs et de lances. Les découvertes à Sousse n'étaient pas le seul héritage du voyage. Les méthodes innovantes que Jane a développées pour gérer le travail des excavateurs et pour cataloguer et stocker les découvertes ont ensuite été utilisées par d'autres archéologues, dont le célèbre égyptologue Howard Carter, qui a découvert la tombe de Toutankhamon. C'est à son retour que le président de la République française a remis à Jane Dieulafoy la Légion d'honneur et le titre de ""Chevalier"". C'est alors que, déterminée à ne pas renoncer à la liberté de s'habiller en homme et à la sécurité qu'elle ressentait lorsqu'elle n'était pas identifiée comme une femme, elle a adressé une pétition au gouvernement français et a obtenu l'autorisation officielle de porter un pantalon. Les Dieulafoy ne sont jamais retournés en Perse, mais cela ne signifie pas qu'ils ont cessé de voyager et de découvrir des lieux qu'ils ont ensuite fait découvrir à leurs lecteurs. Leur intérêt s'est déplacé vers la péninsule ibérique, et Jane a capturé ses impressions dans les ouvrages ""Aragon et Valence"" et ""Castille et Andalousie"", ainsi que dans d'autres écrits pour des magazines et des journaux. Lorsque les premiers signes de la Première Guerre mondiale sont apparus, Jane a écrit une lettre ouverte, adressée au ministre français de la Guerre, demandant le ""grand honneur"" d'être appelée à être la première des femmes à s'engager pour défendre sa patrie. La lettre a été publiée en première page du Figaro, suivie d'un commentaire dérisoire de la rédaction notant que le ""courage viril"" de Madame Dieulafoy était connu mais que les ""hommes pusillanimes"" en France pouvaient faire face au danger sans son aide. Réalisant que l'idée était trop avancée pour l'époque, elle a lancé un projet visant à employer des femmes dans l'armée à des postes administratifs afin de libérer des hommes qui pourraient aller au front. Mais ni le gouvernement ni l'armée n'ont accepté. Au début de la guerre, Marcel Dieulafoy, malgré son âge avancé, s'est porté volontaire et, comme l'armée avait besoin de lui pour construire les bâtiments hospitaliers et autres bâtiments de soutien, il a été affecté au Maroc. Et, malgré son âge avancé, Jane l'a accompagné, contrevenant ainsi à un décret gouvernemental qui stipulait que les femmes devaient rester à la maison. À Rabat, Jane a passé ses journées à fouiller et à restaurer la mosquée Hassan, ainsi qu'à aider à soigner les soldats blessés. Dans les conditions insalubres des hôpitaux, Jane a contracté une dysenterie amibienne. Elle en est morte à l'âge de 65 ans en 1916. Marcel est mort de la même maladie quatre ans plus tard. Regarder :" https://www.bbc.com/afrique/monde-56373146 +health Le beurre d'arachide est-il sain pour la consommation ? Par Nicola Shubrook - nutritionniste agréée Le beurre d’arachide est-il un choix « sain », quel type de graisse contient-il et comment achetez-vous le meilleur? La nutritionniste agréée Nicola Shubrook répond à ces questions et à d’autres. Les arachides, également connues sous le nom d’arachides, sont une légumineuse plutôt qu’une noix. Le beurre d'arachide est la pâte à tartiner populaire fabriquée à partir de ces légumineuses. Le beurre d’arachide produit commercialement est fabriqué en torréfiant les arachides, en les blanchissant à la chaleur ou à l’eau pour enlever leur peau, puis en les broyant en une pâte. Le beurre peut être aromatisé avec de l’huile, des assaisonnements, des édulcorants et d’autres ingrédients pour améliorer le goût et la texture. Le beurre d’arachide est disponible en variétés lisses ou croquantes. Une cuillère à soupe de beurre de cacahuète (16g) fournit: • 97kcal/402kj\n• 3,6g de protéines\n• 8,3g de matières grasses\n\n• 2,0g de glucides• 2,1g de glucides\n• 1,1g de sucres\n• 1,1g de fibres De nombreuses marques ajoutent des ingrédients tels que de l’huile, du sucre ou du sel, et ceux-ci modifieront le profil nutritionnel du produit – par exemple, les produits commercialisés comme « gras réduits » peuvent avoir ajouté du sucre pour améliorer le goût. Les arachides sont riches en nutriments et fournissent un certain nombre de minéraux, y compris le magnésium, le fer et le zinc, ainsi que le cuivre et les vitamines, y compris le groupe B et la vitamine E. Cependant, le beurre d’arachide est dense en calories et contribue à la fois aux graisses saturées et insaturées, avec une cuillère à soupe contribuant à environ 10% de l'apport quotidien recommandé en graisses saturées d’un adulte. Les arachides sont une bonne source de protéines végétales et cela, avec leur teneur en calories et en matières grasses, signifie que le beurre d’arachide peut aider à contrôler l’appétit et à vous garder rassasié plus longtemps. Tout cela suggère qu’une quantité modérée de beurre d’arachide – environ deux cuillères à soupe par jour – peut être appréciée dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée. Lors de l’achat de beurre d’arachide, vérifiez les étiquettes pour le sucre ajouté, le sel, l’huile et les conservateurs. Le meilleur choix serait le beurre d’arachide fait avec autant d’arachides que possible à 100%. Les arachides sont un allergène courant et, en tant que telles, doivent être évitées par ceux qui y sont allergiques. Si cela vous concerne, vérifiez attentivement les étiquettes des produits. Si une réaction allergique aux arachides est suspectée, prenez rendez-vous avec votre médecin généraliste pour confirmer le diagnostic. https://www.bbc.com/afrique/articles/cg36jgy27vvo +health Covid : avons-nous besoin de savoir d'où il vient ? "Une étude ""opportune, transparente, dirigée par des experts et fondée sur des données scientifiques"" : voilà ce que les dirigeants du G7 disent vouloir de la part des scientifiques qui se penchent sur les origines du virus à l'origine de la Covid-19. Ce n'est pas la première fois que des dirigeants politiques puissants expriment leur soutien à une enquête visant à découvrir l'origine du virus responsable de la pandémie actuelle. Le président américain Joe Biden a récemment ordonné à ses responsables du renseignement de redoubler d'efforts et de présenter un rapport dans 90 jours, en examinant notamment en détail la possibilité que le coronavirus provienne d'un laboratoire chinois. A ne pas manquer sur BBC Afrique : L'hypothèse controversée de la fuite d'un laboratoire, autrefois rejetée par beaucoup comme une théorie marginale de la conspiration, a récemment refait surface, compliquant les relations déjà difficiles entre la Chine et l'Occident, La Chine a rejeté à plusieurs reprises cette théorie, la qualifiant de ""campagne de diffamation"" et d'argument de ""rejet de la responsabilité"" de la part des pays occidentaux. Et un an et demi après le premier signalement du Covid-19 à Wuhan, la question de savoir comment le virus est apparu reste un mystère. Quelle est la science derrière cette quête - et pourquoi est-il important d'aller au-delà de la politique et de trouver les origines du virus ? Le virus SRAS-CoV-2 a été détecté pour la première fois en Chine fin 2019 et, en juin 2021, il s'était répandu dans le monde entier, provoquant plus de 178 millions de cas confirmés et 3,9 millions de décès. Certains des premiers cas étaient liés à un marché humide de la ville de Wuhan, où le premier foyer d'infections Covid-19 a été enregistré. Au cours des derniers mois, les scientifiques sont parvenus à un large consensus sur le fait que le virus s'est propagé à la suite d'un ""débordement zoonotique"", c'est-à-dire un ""saut viral"" des animaux infectés vers l'homme, avant de devenir hautement transmissible d'homme à homme. Toutefois, une autre théorie suggère que le virus se serait échappé d'un important centre de recherche biologique situé relativement près du marché, le Wuhan Institute of Virology (WIV), où des scientifiques étudient les coronavirus chez les chauves-souris depuis plus de dix ans. Au début de la pandémie, cette affirmation controversée a été promue par le président américain de l'époque, Donald Trump. Certains sont allés jusqu'à suggérer qu'elle aurait pu être fabriquée par l'homme pour être utilisée comme une arme biologique. Depuis, la recherche a fourni des preuves contre l'idée d'un virus fabriqué par l'homme. ""Les théories sur une hypothétique origine artificielle du SRAS-CoV2 ont été complètement discréditées"", a écrit un groupe de scientifiques dans l'American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, en juillet dernier. Le virus ne contient pas les ""empreintes génétiques ou les séquences génétiques qui auraient été ""fabriquées"" à partir de virus préexistants"", ont-ils constaté. Le Dr Anthony Fauci, responsable des maladies infectieuses aux États-Unis, a lui aussi récemment discrédité cette notion, en déclarant que ""les Chinois ont délibérément conçu quelque chose pour pouvoir se tuer... Je pense que c'est un peu tiré par les cheveux"". Pourtant, l'idée selon laquelle le virus pourrait s'être répandu accidentellement à la suite d'un incident de laboratoire non divulgué a récemment gagné du terrain. Certains scientifiques sont favorables à l'idée d'examiner les deux théories concurrentes - la fuite en laboratoire d'un virus prélevé à l'origine dans la nature, ou la propagation zoonotique naturelle (par laquelle les infections peuvent s'être propagées des chauves-souris aux humains, directement ou via un animal intermédiaire tel que le pangolin ou un autre mammifère non encore identifié). La première hypothèse ""reste une possibilité valable qui ne doit pas être écartée"", ont écrit en mars des scientifiques d'Autriche, du Japon, d'Espagne, du Canada, des États-Unis et d'Australie. L'Organisation mondiale de la santé a envoyé un groupe d'experts en Chine au début de l'année pour faire toute la lumière sur cette affaire, mais le rapport qu'ils ont rédigé n'a tiré aucune conclusion sur l'origine du virus du SRAS-CoV-2 et, pour beaucoup, a suscité plus de questions que de réponses. En mai, 18 scientifiques éminents ont cosigné une lettre dans la revue Science, dans laquelle ils plaident en faveur de la poursuite des recherches. Ils ont écrit : ""nous devons prendre au sérieux les hypothèses relatives à la propagation naturelle et en laboratoire jusqu'à ce que nous disposions de données suffisantes"". Ils soulignent également qu'""une enquête digne de ce nom doit être transparente, objective, fondée sur des données"" et ""soumise à un contrôle indépendant"". Le professeur Akiko Iwasaki, immunologiste à la faculté de médecine de Yale, est l'un des auteurs de la lettre. Elle est catégorique : comprendre l'origine de ce virus est d'une importance vitale pour prévenir de futures pandémies. ""S'il s'avère que le virus est passé directement de la chauve-souris à l'homme, nous devons mettre en place des mesures pour minimiser les contacts futurs et renforcer la surveillance de l'infection par le virus chez les humains qui ont des contacts connus avec des chauves-souris"", a-t-elle déclaré à la BBC. Parallèlement, ""si le virus a accidentellement fui d'un laboratoire, nous devons examiner de plus près comment cela s'est produit et mettre en place davantage de mesures de sécurité pour prévenir de tels accidents."" Le professeur David Robertson, virologue à l'université de Glasgow, est du même avis. ""Même si l'institut de Wuhan était impliqué, nous devons encore savoir d'où venait le virus, où ils l'ont obtenu. Mais les virus qu'ils traitaient (avant la pandémie) ne sont pas assez proches du SRAS-Cov-2 pour qu'ils en soient l'origine"", a déclaré le professeur Robertson à la BBC. Il refuse de traiter ""la théorie de la fuite en laboratoire et les origines naturelles comme si elles étaient équivalentes"". Si les deux scénarios sont possibles, dit-il, l'origine naturelle est beaucoup plus probable. Sur la base des indices scientifiques disponibles à ce jour, la plupart des scientifiques, comme le professeur Robertson, privilégient actuellement l'idée d'un événement naturel. Pourtant, une minorité de personnes affirment que les preuves à l'appui de la théorie de la fuite en laboratoire sont faibles uniquement parce qu'elles n'ont pas été explorées en profondeur. Pour les partisans de la contagion, l'histoire de l'épidémiologie en fournit la preuve : la plupart des maladies infectieuses commencent par un tel ""saut"" non assisté d'un virus de la nature - comme ce fut le cas pour la grippe, le VIH, Ebola ou Mers. Et la présence de coronavirus capables d'infecter des personnes chez les chauves-souris chinoises avait déjà été bien documentée avant la pandémie, en partie grâce aux recherches du laboratoire de Wuhan. Les théoriciens de la fuite du laboratoire, en revanche, considèrent qu'il est suspect que l'épidémie initiale se soit produite dans une ville qui abrite précisément plusieurs centres de haute sécurité hébergeant des coronavirus dangereux. Ils citent un rapport des services de renseignement américains selon lequel trois scientifiques du WIV seraient tombés malades à l'automne 2019, avant que le virus ne commence à se propager - une affirmation que les autorités chinoises ont fermement démentie. Plus significativement, la théorie de la fuite en laboratoire se nourrit du fait que le coronavirus le plus similaire au Sars-CoV-2 qui a été détecté dans la nature, connu sous le nom de RaTG13, ne partage que 96 % de son génome - alors pourquoi un parent plus proche n'a toujours pas été trouvé chez un animal 18 mois plus tard, demandent-ils. Alors que le bilan humain continue de s'alourdir, la plupart des scientifiques soutiennent la quête des origines comme moyen d'empêcher de futures pandémies de se produire. Comme l'a écrit Josh Fischman, rédacteur en chef de Scientific American, dans un article récent, ""il existe beaucoup plus de virus pathogènes"", de sorte que l'obtention d'une réponse serait ""très importante, car le fait de savoir comment une pandémie d'origine virale commence attire notre attention sur la prévention de situations similaires"". Et ces découvertes n'auraient pas seulement un impact sur la médecine et la santé publique. La découverte des origines de ce que l'on appelait autrefois ""le virus chinois"" pourrait contribuer à démystifier les stéréotypes et à éviter les hypothèses racistes. ""La spéculation sans faits selon laquelle des scientifiques chinois négligents ont libéré un virus, qui était courante dans l'administration Trump, a alimenté une formidable vague de racisme anti-asiatique aux États-Unis, contribuant à des centaines d'actes de violence"", a écrit M. Fischman. Il pourrait y avoir des implications à long terme pour la production économique et la recherche scientifique également. Une propagation zoonotique confirmée pourrait conduire à une réglementation plus stricte des marchés humides, très populaires en Asie, ainsi qu'à de nouvelles directives pour l'élevage et l'exploitation commerciale de la faune sauvage. Si, au contraire, l'hypothèse d'une fuite en laboratoire se vérifie, elle remettra en question certaines des hypothèses sur lesquelles repose la recherche de haut niveau aujourd'hui - en particulier les expériences dites de ""gain de fonction"", qui consistent à rendre un agent pathogène plus dangereux pour simuler différents scénarios d'épidémie. Cette étude pourrait également déboucher sur une nouvelle réglementation des laboratoires de biosécurité, réclamée depuis longtemps par les experts du monde entier. La Chine a également avancé une autre théorie, selon laquelle le coronavirus pourrait être entré dans le pays dans une cargaison de viande congelée, une proposition qui est soutenue par les recherches de l'un de ses principaux virologues. Si cette théorie devait être confirmée, elle aurait certainement des répercussions sur le commerce international, le transport des aliments et d'autres entreprises commerciales. Par définition, la science se corrige : à mesure que de nouvelles preuves font surface, les anciennes théories sont constamment révisées et renversées. Il se peut donc que nous ne parvenions jamais à une réponse définitive, et même si nous y parvenons, il faut souvent de nombreuses années pour déterminer l'origine des nouvelles maladies. Par exemple, les origines de la chauve-souris du SRAS n'ont été confirmées qu'en 2017, 15 ans après l'épidémie qui a tué quelque 800 personnes. Le professeur Robertson s'appuie sur son expérience dans la recherche des origines du VIH, le virus de l'immunodéficience humaine qui cause le sida. Le VIH a attiré l'attention du monde entier dans les années 1980 et a depuis infecté environ 76 millions de personnes. Malgré des recherches inlassables, ce n'est qu'au milieu des années 2000 que l'origine du virus a été liée aux chimpanzés sauvages. ""Au départ, il y avait très peu d'échantillons de chimpanzés atteints du VIH1, il a fallu beaucoup de temps pour savoir où prélever des échantillons"", explique le virologue. Il pense que la recherche pourrait être aussi ardue cette fois-ci, car ""d'autres coronavirus ont été découverts au Yunnan, en Chine, et de nouveaux virus en Asie du Sud-Est"". Surtout, les preuves disponibles autour du virus SRAS-CoV-2 ""n'ont pas changé depuis le printemps 2020"", comme l'écrit le journaliste scientifique Adam Rogers. ""Ces preuves ont toujours été incomplètes et pourraient ne jamais être complètes"", a-t-il écrit dans un article câblé. ""L'histoire et la science suggèrent que le saut de l'animal est bien plus probable que la fuite du labo. Il s'agit donc maintenant de savoir comment les gens formulent leurs opinions à partir des preuves minables dont nous disposons."" C'est pourquoi cette quête ne pourra jamais échapper aux politiques qui l'ont façonnée depuis le début, affirme M. Rogers. ""Tout effort bien intentionné pour comprendre l'origine du virus peut être transformé en outil politique"", estime le professeur Iwasaki. Nombreux sont ceux qui sont d'accord avec elle, et le processus risque de mettre davantage à mal les relations entre les États-Unis et la Chine dans les années à venir. ""Je suis bien consciente des conséquences potentielles d'un jeu de reproches, surtout en tant que femme scientifique asiatique. La dernière chose que nous voulons faire est de susciter davantage de haine anti-asiatique."" Il y a ensuite une question qui préoccupe les scientifiques du monde entier : une enquête sur l'origine du virus peut-elle réellement créer des environnements de recherche plus sûrs ? Même si une fuite en laboratoire est prouvée et que de nouvelles mesures de sécurité sont mises en place, on ne peut pas garantir que cela ne se reproduira pas, avertissent les experts. Par le passé, des virus et d'autres germes se sont échappés d'installations de recherche et ont infecté des êtres humains, comme dans le cas de la grippe russe en 1977 et des épidémies de SRAS en 2004. Le risque semble être inhérent au travail de laboratoire de haute sécurité, très nécessaire pour faire progresser la science et la médecine. Et alors que la pandémie continue de tuer, certains affirment que si la recherche des origines du virus est importante, elle n'est pas une priorité. ""En tant que médecin, ma priorité est de sauver des vies"", déclare le docteur Marie-Marcelle Deschamp, qui s'occupe des patients atteints du virus Covid-19 dans une clinique de Port-au-Prince, en Haïti, où les cas ont récemment triplé. Les scientifiques ont des tâches plus urgentes, dit le médecin de première ligne, qui dirige le groupe de santé à but non lucratif Gheskio. ""Nous avons des ressources limitées et je dois empêcher les gens d'être infectés, donc de manière réaliste, connaître les origines du virus ne m'aidera pas immédiatement à faire mon travail"", a déclaré le Dr Deschamp à la BBC. À long terme, cependant, elle convient que le fait d'avoir plus de certitudes pourrait aider à prévenir une autre urgence sanitaire mondiale. ""Il est nécessaire de comprendre ce qui s'est passé - l'origine de tout cela, scientifiquement, aura alors de l'importance.""" https://www.bbc.com/afrique/monde-57595888 +health VIH : un cas rare où le corps d'une femme élimine lui-même le virus "Une femme argentine semble s'être débarrassée du VIH sans médicaments ni traitement. C'est le deuxième cas documenté de ce type dans le monde. Les médecins pensent que le système immunitaire de la patiente a éliminé le virus de lui-même. Les tests effectués sur plus d'un milliard de ses cellules n'ont révélé aucune trace viable de l'infection, rapporte Archives of Internal Medicine. Selon les experts, si ce processus pouvait être maîtrisé, il pourrait offrir un moyen d'éliminer ou de guérir efficacement le VIH. Lire aussi : Ces découvertes sont une preuve supplémentaire que certaines personnes sont nées avec une résistance naturelle au VIH. Certaines ont des gènes qui empêchent l'infection. D'autres - dont le ""patient Esperanza"", qui souhaite rester anonyme - semblent contracter puis éradiquer le virus. Mais la plupart des personnes séropositives ont besoin d'un traitement antirétroviral (TAR) à vie. Et si elles arrêtent de prendre ces médicaments, le virus dormant peut se réveiller et causer à nouveau des problèmes. Ces dernières années, cependant, des rapports ont fait état de ""contrôleurs d'élite"" capables de supprimer le virus, avec de l'aide mais sans prendre de médicaments contre le VIH. Adam Castillejo, de Londres, a pu arrêter de prendre ses pilules quotidiennes contre le VIH après avoir reçu un traitement à base de cellules souches d'un donneur pour un cancer dont il était également atteint. Ses cellules infectées par le VIH ont été éliminées et remplacées pendant le traitement anticancéreux. Et par chance, son donneur faisait partie des 1 % de personnes nées avec des gènes qui empêchent le VIH de pénétrer dans les cellules et de les infecter. On ne sait toutefois pas combien de temps cet avantage pourrait durer pour M. Castillejo. Mais le patient d'Esperanza n'a plus de VIH détectable depuis plus de huit ans. Loreen Willenberg, de San Francisco, semble également être fonctionnellement guérie du VIH par son propre système immunitaire. Et cela laisse espérer une ""guérison stérilisante"" pour d'autres patients. L'investigateur principal, le Dr Xu Yu, de l'Institut Ragon du Massachusetts General Hospital, du Massachusetts Institute of Technology et de Harvard, a déclaré : ""Il existe peut-être une voie praticable vers une cure de stérilisation pour les personnes qui ne sont pas en mesure de le faire par elles-mêmes. ""Nous envisageons maintenant la possibilité d'induire ce type d'immunité chez les personnes sous traitement antirétroviral, par la vaccination, dans le but d'éduquer leur système immunitaire pour qu'il soit capable de contrôler le virus sans traitement antirétroviral."" Le professeur John Frater, de l'Université d'Oxford, a déclaré à BBC News que même s'il était presque impossible de dire si une personne avait été véritablement guérie du VIH, les chercheurs avaient fait ""tout ce qu'on pouvait leur demander avec la technologie actuelle"" pour le prouver. ""La question clé est de savoir si ce patient s'est réellement guéri ou s'il a souffert d'une forme d'infection avortée, qui a tenté de se développer mais dont les braises ont été éteintes rapidement"", a-t-il déclaré. ""Son système immunitaire montre clairement qu'il se souvient d'avoir été infecté, il ne fait donc aucun doute qu'elle l'a été. ""Quoi qu'il en soit, il existe peut-être des patients similaires, ce qui nous permet d'en apprendre beaucoup sur la recherche d'un traitement contre le VIH."" Le professeur Sarah Fidler, spécialiste de la médecine du VIH à l'Imperial College de Londres, a déclaré que ces travaux contribueraient à éclairer les thérapies immunitaires en cours de développement. Le Dr Andrew Freedman, de l'école de médecine de l'université de Cardiff, a déclaré que les médicaments actuels contre le VIH étaient extrêmement efficaces et que, même s'il était important d'étudier les traitements futurs, il était urgent d'améliorer l'accès aux traitements antirétroviraux dans le monde entier. Regarder:" https://www.bbc.com/afrique/monde-59320113 +health Emploi : pourquoi il est si difficile de mettre fin aux discriminations illégales liées à la grossesse "En 2018, Annika intègre un nouvel emploi dans une banque en Allemagne, pour diriger une équipe de gestion des risques. Six semaines plus tard, elle annonce à l'entreprise qu'elle est enceinte. Elle propose de continuer à travailler jusqu'à son accouchement, alors qu'elle a légalement le droit de partir en congés payés bien avant. Elle rapporte que son manager est rapidement passé d'agréable à sévère. Elle dit qu'il commence à mettre en doute ses compétences et se plaint de sa grossesse à d'autres collègues. ""J'ai lentement commencé à perdre mes moyens parce que l'atmosphère devenait plutôt toxique, et j'ai vraiment commencé à me remettre en question"", témoigne-t-elle. A surtout lire sur BBC Afrique : Lorsqu'il commence à parler de la licencier, elle trouve un avocat. S'ensuit une année de négociations autour d'une indemnité de licenciement. ""L'entreprise espérait que je partirais de moi-même"", explique Annika, aujourd'hui âgée de 34 ans. ""Pendant ma grossesse, j'avais assez peur de l'impact financier d'un licenciement et de l'impact sur ma carrière. J'ai fait une dépression nerveuse assez grave et je n'ai pas pu m'arrêter de pleurer pendant trois mois."" La discrimination due à la grossesse - comme celle qu'a vécue Annika - est tristement courante dans le monde entier. Même si elle est illégale dans de nombreux pays, les employeurs continuent de rétrograder, de pénaliser ou de licencier leurs employées pendant la période de grossesse. La discrimination peut être manifeste ou subtile, et dans de nombreux cas, les structures et les cadres créés pour aider les femmes à y faire face finissent par les laisser tomber. Cela peut avoir des impacts psychologiques et financiers retentissants, en plus des dommages infligés à leur vie professionnelle. La discrimination fondée sur la grossesse peut se produire avant, pendant et après la grossesse, y compris pendant les périodes de congé parental (le cas échéant). Elle peut prendre diverses formes. Une employée actuellement ou récemment enceinte peut être licenciée (ce qui reste légalement autorisé dans près de 40 pays), ne pas être promue, être affectée à un poste moins bien rémunéré ou devoir travailler dans des conditions dangereuses. Les travailleuses enceintes peuvent même ne pas avoir un pied dans la porte ; un cas extrême est l'obligation de faire un test de grossesse avant d'être embauchée. Il existe également des moyens plus subtils par lesquels les employeurs peuvent laisser tomber les travailleuses enceintes. Une entreprise peut exclure les femmes enceintes de la formation et d'autres opportunités. Elle peut aussi laisser s'installer une culture de manque de respect et de négativité à l'égard des employées enceintes, parfois dans le but de les pousser à démissionner. De nombreuses travailleuses enceintes ou récemment enceintes pensent qu'elles sont les premières à être visées par les licenciements, bien que cela puisse être difficile à prouver. Une forme particulière de discrimination fondée sur la grossesse se produit lorsque les employeurs ne s'adaptent pas à des besoins raisonnables, notamment dans le cadre d'emplois physiquement exigeants. Ces aménagements peuvent être extrêmement simples, explique Elizabeth Gedmark, vice-présidente de l'association A Better Balance, qui milite en faveur de la justice pour les travailleurs aux États-Unis et gère une ligne d'assistance pour les travailleurs victimes de discrimination fondée sur la grossesse. Elle cite le cas d'une employée de commerce de détail enceinte dont le patron a refusé de lui permettre de porter une bouteille d'eau. ""Elle s'est effondrée sur le lieu de travail parce qu'elle était tellement déshydratée"", dit Gedmark. ""Cela semble presque irréel... Mais dans de nombreux secteurs, par exemple le commerce de détail, il existe effectivement des politiques interdisant quelque chose comme le port d'une bouteille d'eau sur le lieu de vente."" Des aménagements raisonnables pour la grossesse pourraient également s'étendre aux cols blancs, comme l'autorisation de travailler à domicile pour réduire les risques de Covid-19, ou l'autorisation de prendre des congés pour se rendre à des rendez-vous prénataux. Il n'existe pas de statistiques complètes, mais les estimations qui existent suggèrent que la discrimination fondée sur la grossesse est endémique. Au Royaume-Uni, 11 % des mères interrogées en 2015 ont déclaré avoir été licenciées ou poussées hors de leur emploi ; beaucoup plus avaient reçu des commentaires négatifs liés à la grossesse. Au Japon, une enquête menée en mai 2020 a montré qu'un quart des employées enceintes avaient été victimes de matahara (abréviation de ""harcèlement lié à la maternité"", un terme japonais emprunté à l'anglais). Selon Mme Gedmark, aux États-Unis, les femmes de couleur à bas salaire subissent de manière disproportionnée les mauvais traitements liés à la grossesse. La pandémie a mis en évidence la situation critique des futurs et nouveaux parents qui travaillent à bas salaire, en particulier dans les pays où les parents sont mal protégés. Les travailleuses continuent d'être contraintes de quitter leur emploi ou de travailler dans des conditions dangereuses, alors qu'elles n'ont besoin que de simples aménagements pour mener à bien leur grossesse tout en travaillant. Les conséquences d'une mise à l'écart du marché du travail en raison d'une grossesse peuvent être graves. ""Lorsqu'une travailleuse enceinte est mise à l'écart en raison d'un refus d'accommodement raisonnable, les répercussions financières peuvent commencer dès le départ et devenir incontrôlables"", explique Mme Gedmark. ""Nous avons vu des gens devenir des sans-abri, nous avons vu des gens perdre leurs prestations de santé... pendant la grossesse, ce qui est très, très dangereux."" Et, comme pour d'autres formes de discrimination au travail, les conséquences financières peuvent aussi être durables. ""Si vous avez ne serait-ce qu'une période de quelques mois ou... d'un an où vous n'êtes pas sur le marché du travail et où vous vous endettez, cela signifie que vous n'êtes pas en mesure d'obtenir de l'ancienneté et des avantages plus importants."" Cela affecte, entre autres, la capacité à payer ses études ou à épargner pour sa retraite. De nombreux employeurs ignorent ou ne se soucient pas des lois protégeant les employées enceintes. L'application des violations est souvent faible, et les employées elles-mêmes peuvent ne pas savoir quels sont leurs droits en matière de grossesse. Même dans les pays où la protection de la grossesse et de la maternité est relativement forte, très peu de personnes victimes de ce type de discrimination finissent par saisir la justice - moins de 1 % au Royaume-Uni, selon l'organisation caritative Pregnant Then Screwed. Beaucoup craignent les représailles de l'employeur et les effets à long terme sur leur carrière. Pourtant, des lois fortes contre la discrimination fondée sur la grossesse sont clairement nécessaires. Depuis une dizaine d'années, A Better Balance et d'autres organisations font campagne en faveur de la loi sur l'équité pour les travailleuses enceintes, afin de combler les lacunes en matière de protection de ces dernières. Les États-Unis disposent déjà de la loi sur la discrimination fondée sur la grossesse, mais celle-ci place la barre très haut pour déterminer la discrimination fondée sur la grossesse. Essentiellement, selon A Better Balance, les employées enceintes doivent prouver qu'une personne dans une situation comparable a déjà bénéficié d'un aménagement similaire. Environ deux tiers des travailleuses qui introduisent une demande d'adaptation dans le cadre de la loi existante finissent par perdre leur procès. Selon Mme Gedmark, la loi sur l'équité pour les travailleuses enceintes, qui attend maintenant d'être votée par le Sénat américain, vise à ""fournir le traitement positif dont les travailleuses enceintes auraient besoin"". Au Japon, Matahara Net, qui soutient les victimes de discrimination fondée sur la grossesse, est l'une des organisations qui ont fait campagne avec succès en faveur d'un amendement à la loi sur le congé de garde d'enfants et de soins infirmiers, qui a élargi l'éventail des situations dans lesquelles les travailleurs peuvent obtenir un congé de garde d'enfants. ""En conséquence, le nombre de cas où les employeurs violent clairement la loi diminue, et le nombre de femmes qui continuent à travailler après l'accouchement augmente progressivement"", explique Naoko Sasaki, vice-présidente de Matahara Net. Sasaki a elle-même été licenciée après l'accouchement et s'est sentie abandonnée par le Bureau du travail lorsqu'elle a demandé son soutien pour la résolution de conflits. ""Cependant, le harcèlement des personnes ayant des restrictions de style de travail se poursuit"". La situation juridique continue d'évoluer dans d'autres pays à revenu moyen et élevé. En Afrique du Sud, un tribunal a estimé en 2000 que la discrimination fondée sur la grossesse pouvait être justifiée dans le cadre d'une ""économie en expansion rapide"", mais des affaires ultérieures ont porté sur le droit des employées enceintes à être affectées temporairement à des emplois non dangereux de stature à peu près similaire. Il peut être particulièrement difficile de contester des pratiques déloyales lorsque les travailleuses sont employées de manière informelle, qu'elles travaillent dans des secteurs où les femmes sont peu nombreuses ou qu'elles travaillent dans plusieurs pays. Megumi, une ressortissante japonaise, ne le sait que trop bien. Lorsqu'elle est tombée enceinte en 2021, elle était optimiste. Employée par une société japonaise à l'étranger, elle espérait que ses bonnes relations avec son responsable, ainsi que les protections juridiques locales en matière de grossesse, lui seraient favorables. Cela s'est avéré être loin d'être le cas. Megumi, aujourd'hui âgée de 33 ans, a obtenu de son entreprise la permission de rentrer temporairement au Japon pour accoucher. L'entreprise lui a demandé de continuer à travailler pendant son congé de maternité, avant et après l'accouchement, bien que cela soit techniquement illégal au regard de la législation locale, comme l'est la résiliation du contrat d'une employée enceinte. Puis, un mois et demi après l'expiration de son ancien contrat, l'entreprise a annoncé à Megumi qu'elle procédait à une restructuration et que son contrat ne serait pas renouvelé. Son directeur est brusquement passé de la politesse à l'agressivité. Certains aspects de la situation juridique transfrontalière restent difficiles à démêler. Megumi et l'entreprise continuent de négocier. Megumi possède des courriels et d'autres documents attestant de l'engagement de ses supérieurs à maintenir son emploi, mais elle craint d'être mise à l'index de la petite industrie si elle exerce trop de pression. Elle se sent vulnérable en tant qu'employée internationale dépendant de son employeur pour obtenir un permis de travail. Et sa famille a du mal à supporter le passage de deux salaires à un seul. ""Je me sens trahie par le fait que l'entreprise a profité de ma situation"", déclare Megumi. Il est clair que subir un traitement injuste en raison d'une grossesse peut être très épuisant. Mais il peut également être épuisant d'essayer de prouver cette discrimination, que ce soit auprès d'un employeur, d'une commission du travail ou de ses proches. Dans le cas d'Annika, elle a eu la chance de pouvoir payer son avocat avec son indemnité de licenciement. Pourtant, bien qu'il s'agisse d'une professionnelle ayant des moyens et connaissant ses droits, vivant dans un pays où la protection parentale est plus forte que dans la plupart des pays, elle a quand même dû endurer une année de lutte juridique pour obtenir un traitement équitable. Et même si elle est de retour dans l'entreprise où elle travaillait auparavant, où elle reçoit des augmentations de salaire et des primes, l'impact mental est resté. ""Il m'a fallu du temps pour vraiment croire que j'étais victime d'une discrimination liée à la grossesse et que je n'étais pas simplement mauvaise dans mon travail."" Megumi, qui n'est pas sûre de ses prochaines étapes alors qu'elle continue à négocier avec l'entreprise qui l'a licenciée, ne peut pas se permettre de penser trop loin. En entendant son histoire, des amis et des membres de sa famille lui ont raconté des histoires similaires d'éviction d'emplois et d'entreprises en raison de leur maternité. Ils lui disent qu'elle devrait simplement laisser tomber. D'un autre côté, le fait que, dans le monde entier, on parle davantage du phénomène de la discrimination liée à la grossesse peut inciter à un optimisme prudent. Megumi pense qu'au Japon, le harcèlement sexiste au travail, y compris la discrimination liée à la grossesse, a considérablement diminué au cours de la dernière décennie. ""Je suis en plein milieu du changement"", estime-t-elle. Pour les millions de travailleuses qui s'apprêtent à mettre au monde une nouvelle vie en cette période d'incertitude, le changement n'arrivera jamais assez tôt." https://www.bbc.com/afrique/monde-60024026 +health Plongée dans l'univers d'un sexothérapeute "Avertissement : Contenuréservé aux adultes Comme tous les sexothérapeutes, les discussions de Peter Saddington avec ses clients sont confidentielles et il ne briserait pour rien aux monde leur confiance en parlant d'eux. Les histoires de ses clients sont simplement inspirées par le travail qu'il a effectué auprès des jeunes au cours de ses années de thérapie. ""Je parle aux gens de leurs secrets les plus intimes, mais ils ne savent presque rien de moi - et c'est ainsi que cela doit se passer.Je suis sexothérapeute, donc les gens viennent me demander de l'aide pour tout, du dysfonctionnement érectile aux relations sexuelles douloureuses en passant par le vaginisme, une condition qui fait que le vagin se resserre lorsqu'on tente de le pénétrer. Si un client me demande ""Êtes-vous marié ?"", je lui réponds que oui, parce que ce serait étrange de le cacher, mais au-delà de cela, je reste professionnel. Je parle à ces personnes en tant que thérapeute, pas en tant qu'ami. Il est évident que vous créez un lien avec certains clients, mais cela fait partie du processus qui consiste à les aider à surmonter leurs problèmes. Lire aussi : Dans la clinique où je travaille, les salles de thérapie sont un peu comme les salons d'une maison où personne n'habite vraiment. Il y a trois chaises confortables - une pour moi et deux pour les clients. Je n'ai pas de photos de famille ni de bibelots personnels à exposer, ce qui m'aide à garder mes distances.Je vois des couples et des individus - qui peuvent être soit des célibataires, soit quelqu'un avec un partenaire mais qui veut être conseillé seul. Il y a quelques années, un homme de 29 ans, Rob, est venu me voir seul parce qu'il était anxieux à propos de ses performances avec sa nouvelle petite amie, plus expérimentée. Il ne voulait pas l'impliquer dans une thérapie parce qu'il était gêné de se sentir ainsi. Au cours d'une séance, j'ai demandé à Rob si un manque d'expérience lui permettrait de voir Kelly différemment, si les rôles étaient inversés. Bien sûr, il a vite compris que c'était sans importance, et il lui a demandé de le rejoindre. Dès que Kelly a commencé à participer, Rob a repris confiance en lui. Ce qui a fait la différence, c'est qu'il a été honnête au sujet de ses angoisses plutôt que d'essayer de prétendre qu'il en savait plus que ce qu'il savait vraiment.Mes clients ont généralement entre 20 et 40 ans, mais les jeunes n'ont pas aussi peur de suivre une thérapie sexuelle qu'on pourrait le penser. En fait, j'ai remarqué une augmentation du nombre de jeunes clients qui viennent me voir au cours des 15 années où j'ai fait ce travail, ainsi que du nombre de personnes beaucoup plus âgées qui entament maintenant de nouvelles relations plus tard dans la vie.Les problèmes sexuels sont beaucoup moins tabous aujourd'hui et, en raison des effets du porno et de l'évolution des attentes en matière de sexe, je pense que les gens rencontrent différents types de problèmes et les rencontrent plus jeunes. J'ai des clients qui viennent me voir dès l'âge de seize ans avec des problèmes allant de la crainte de perdre leur érection à la confusion sur leur sexualité. Et d'après Relate, l'organisation pour laquelle je travaille, plus de 42 % des personnes qui ont suivi une thérapie sexuelle dans l'un de leurs centres en 2018 avaient moins de 35 ans. Lire aussi : À l'autre bout de l'échelle, mon plus vieux visiteur a eu 89 ans. C'était un homme qui était dans une nouvelle relation depuis quelques années. Mais malheureusement, lui et sa nouvelle partenaire avaient du mal à avoir des relations sexuelles. Ils étaient allés chez le médecin généraliste ensemble, mais le médecin était choqué qu'ils aient encore des relations sexuelles à leur âge. Ce qui, bien sûr, ne les aidait pas du tout - alors ils sont venus me voir.De nombreuses personnes qui suivent une thérapie sexuelle ont déjà essayé d'aller chez un médecin. Souvent, ils veulent juste avoir la possibilité de parler du problème en détail avec quelqu'un. La plupart des gens sont nerveux - certains couples pensent même qu'ils doivent faire une démonstration de leurs problèmes sexuels dans la pièce devant moi. Ce n'est évidemment pas le cas ! L'un de mes plus jeunes clients était un garçon de 17 ans qui avait des problèmes d'érection. Lui et sa petite amie avaient essayé de faire l'amour et il avait perdu la tête. Ils ont fini par se séparer et il cru que son problème était de sa propre faute. Il avait essayé des liaisons occasionnelles et de calmer ses nerfs avec de l'alcool, mais rien n'avait marché et il ne savait pas quoi faire. Il y avait une fille qui lui plaisait dans sa classe, qui semblait l'aimer aussi, mais il avait peur de la draguer après ce qui s'était passé.Il était allé voir son médecin pour lui demander conseil et on lui a dit qu'il était jeune et que le problème se réglerait de lui-même. Pendant qu'il était là-bas, il a repéré un dépliant sur la thérapie sexuelle et a décidé d'essayer. Lorsqu'il est venu me voir pour son évaluation initiale, j'ai pu constater qu'il était nerveux - son visage était rouge vif pendant toute la séance !Chaque séance de thérapie sexuelle est différente et, dans ce cas, le travail que nous avons fait était principalement de l'éducation sexuelle. Nous avons regardé des dessins anatomiques et parlé de la façon dont on obtient et maintient une érection. Je l'ai aidé à comprendre que, pour lui, c'était l'anxiété qui créait le problème. Lire aussi : Je lui ai donné des exercices pour avoir une érection et la perdre trois fois de suite pour l'aider à croire qu'il pouvait la récupérer. Peu à peu, il a commencé à se sentir plus confiant, et il n'a fallu que sept séances pour que son problème soit résolu. Environ un mois après avoir terminé sa thérapie, il a appelé le centre et a laissé un petit mot disant qu'il sortait maintenant avec la fille de sa classe et qu'il pensait qu'ils pourraient bientôt avoir des relations sexuelles.Avant de devenir thérapeute, j'ai travaillé dans un pensionnat pour enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux. Je pouvais voir à quel point la pression de trouver la bonne école et de bien faire pour leur enfant mettait la pression sur les relations de certains couples, et je souhaitais pouvoir faire plus pour les soutenir. J'ai suivi une formation de deux ans en tant que conseiller de couple parallèlement à mon travail de jour, avant de m'y consacrer à plein temps. Lorsque j'aidais des couples à résoudre leurs problèmes relationnels, il devenait parfois évident que leurs problèmes étaient à la fois sexuels et émotionnels. J'ai donc décidé de suivre une formation en thérapie sexuelle afin de pouvoir les aider à tous les niveaux. Un couple que j'ai vu peu après avoir obtenu mon diplôme de sexothérapeute, qui avait un lien fort sur le plan émotionnel mais qui avait besoin d'aide pour sa vie sexuelle, était celui de Matt et d'Alex, qui avaient respectivement une vingtaine et une trentaine d'années. Lors de notre première séance, ils semblaient tous deux très timides, bougeant sur leur fauteuil et évitant de répondre à mes questions. Ils hésitaient à parler de choses sexuelles explicites avec moi, comme le sexe anal, et semblaient inquiets que je ne les accepte pas parce qu'ils étaient gays. J'avais le pressentiment que le problème pouvait être lié à l'érection, alors je l'ai évoqué en passant - je voulais leur faire savoir qu'il était normal de parler de sexe de manière ouverte et honnête. Les problèmes d'érection et d'éjaculation précoce sont les raisons les plus fréquentes pour lesquelles les hommes viennent me voir. Dans les relations homosexuelles, où l'on peut s'attendre à ce que les deux partenaires aient des érections, la pression peut être encore plus forte. Alors qu'avec un couple hétérosexuel, l'homme n'a rien à quoi se comparer directement, du moins sur le moment. Lire aussi : J'ai proposé à Matt et Alex un exercice pour enlever la pression de l'intimité. Chaque partenaire devait toucher l'autre pendant une demi-heure - explorer son corps et trouver ce qui lui procurait du plaisir. Ils étaient nus mais n'avaient pas le droit de se toucher les parties génitales de l'autre - il ne s'agissait pas de préliminaires, mais plutôt de se concentrer sur les sensations. Finalement, ils ont commencé à se toucher partout et à comprendre comment s'exciter mutuellement, avant de passer à la pénétration. Ils ont fait beaucoup d'efforts et ont traité ces séances comme une soirée de rencontre, avec des bougies et de la musique romantique. Heureusement, la confiance de Matt a vite augmenté. Après environ 15 semaines de thérapie, Matt et Alex ont eu des rapports sexuels avec pénétration. Quelques semaines plus tard, ils m'ont dit que le sexe marchait à chaque fois. Ils sont revenus me voir trois mois après la fin de la thérapie pour une séance de suivi, et ils étaient très affectueux l'un envers l'autre. Ils m'ont aussi dit qu'ils allaient se marier ! C'était un sentiment tellement agréable d'entendre qu'ils étaient heureux et qu'ils allaient bien. Mes amis trouvent mon travail fascinant. Les gens sont intéressés lorsque vous leur dites que vous êtes conseiller - mais il y a un tout autre genre d'intrigue lorsque vous dites que vous êtes sexothérapeute ! Certains amis ne parlent pas de tout ce qui a trait au sexe et sont même un peu mal à l'aise à ce sujet. D'autres, en revanche, me parlent volontiers de leurs problèmes sexuels. Certains amis m'ont demandé s'ils pouvaient me voir professionnellement, car ils se sentiraient plus à l'aise de parler à quelqu'un qu'ils connaissent, mais j'ai dû refuser. Il est important que je n'emporte pas mon travail à la maison et qu'on ne puisse pas avoir de relation thérapeutique avec un ami ou un membre de la famille. Souvent, les problèmes sexuels sont liés à un traumatisme passé, comme une agression ou un abus sexuel. Une cliente, qui se débattait avec un vaginisme, avait entendu sa mère frôler la mort en donnant naissance à son jeune frère. Lors de notre deuxième session, nous avons fait ce que j'appelle une ""prise d'histoire"", où je demande à un client de me parler de son enfance, de son milieu familial et de ses premières expériences sexuelles. Mary m'a parlé de ce traumatisme et du fait que, petite fille, elle avait entendu sa mère crier et ses autres proches lui dire qu'elle risquait de ne pas s'en sortir. Lire aussi : Pour aider Mary à surmonter ses problèmes liés à la pénétration, nous avons fait beaucoup de thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui explore nos réactions automatiques aux choses. Je lui ai appris à détendre les muscles de son plancher pelvien et l'ai encouragée à s'entraîner à la pénétration en utilisant ce que l'on appelle des entraîneurs. Il s'agit d'objets lisses en forme de tampon, de différentes tailles, qui aident une personne à s'habituer à mettre quelque chose dans son vagin. Si je n'avais pas appris à compartimenter assez tôt, je n'aurais pas survécu dans ce métier. J'entends des histoires difficiles et angoissantes. Je dois être capable de mettre ces choses de côté parce que sinon je serais inefficace - se sentir triste ou désolé pour la cliente n'est pas utile. Mais pour chaque moment de tristesse, il y a aussi des moments heureux. Parfois, après la fin de la thérapie, je reçois des messages et des cartes de couples qui me disent : ""Merci pour votre aide - nous sommes enceintes ! En fait, il y a un couple dont je reçois chaque année une carte postale, même après 12 ans, qui me dit comment ils vont. Ils ont donné mon nom à l'un de leurs enfants, ce qui était un honneur ! D'une certaine manière, comme vous ne gagnez pas beaucoup d'argent en faisant ce travail, il doit y avoir une autre raison pour laquelle vous le faites. C'est un sentiment incroyable que de voir des gens se servir de vos conseils et commencer à changer leur vie. Récit fait à Natasha Preskey de BBC Three" https://www.bbc.com/afrique/monde-52834719 +health Coronavirus : inhaler de la vapeur ne guérit pas la maladie Non, inhaler de la vapeur à haute température ne vous guérira pas du Coronavirus, selon les professionnels du secteur de la santé. Dans ce numéro, nous vous donnons plus de détails sur le sujet. Et le conseil du jour concerne les femmes atteintes du coronavirus; elle peuvent allaiter leurs nourrissons sans pour autant les contaminer, à condition de prendre certaines précautions. Une vidéo d'Awa Cheick Faye et Alassane Dia. Autres vidéos: Boire de l'alcool ne vous protège pas du coronavirus Coronavirus : les chaussures nous exposent-elles ? La peau noire vous protège-t-elle contre la maladie? https://www.bbc.com/afrique/media-52532840 +health "Omicron : ""iI n'est ni abordable, ni durable, ni nécessaire de vacciner la planète entière tous les 6 mois""" "Vacciner régulièrement tous les habitants de la planète contre le Covid-19 n'est ni durable, ni abordable, ni nécessaire, selon le professeur Andrew Pollard, le scientifique qui a participé au développement du vaccin d'Oxford-AstraZeneca contre le coronavirus. ""Il n'est vraiment ni abordable, ni durable, ni même nécessaire de vacciner tous les habitants de la planète tous les quatre à six mois"", confie M. Pollard à l'émission Today de la BBC Radio 4 mardi. A surtout lire sur BBC Afrique : Il s'agit plutôt d'identifier les personnes les plus exposées et de leur donner la priorité, ajoute-t-il. ""Nous n'avons pas réussi à vacciner tout le monde en Afrique avec une seule dose, alors nous n'arriverons sûrement pas à un point où nous pourrons administrer une quatrième dose à tout le monde"", dit-il. De nombreux pays d'Europe et des États-Unis battent des records de cas de coronavirus en raison de l'effet du variant omicron, qui s'avère très contagieux.En conséquence, plusieurs pays envisagent déjà une quatrième dose, mais il y en a beaucoup d'autres où le pourcentage de la population vaccinée avec les deux doses initiales requises est très faible. Les scientifiques s'accordent à dire que tant qu'il y a des personnes non vaccinées, la possibilité d'apparition de variants est plus grande, sans compter que ces personnes sont plus à risque en cas de contagion. ""Il y aura de nouveaux variants après Omicron"", prédit Pollard. ""Nous ne savons pas encore comment ils vont se comporter, et cela peut changer complètement notre vision de la bonne décision à prendre"", explique-t-il. Le fait que le variant Omicron soit moins grave que les variants précédents est une ""bonne nouvelle"", dit-il. Les vaccins ""résistent aux versions graves de la maladie et aux conséquences graves également"", précise-t-il." https://www.bbc.com/afrique/monde-59894093 +health Sexualité : le mystère de l'orgasme féminin "Sur ma machine à laver, il y a un verrou. Pour l'activer, vous devez appuyer sur le bouton de démarrage pendant un certain temps et à la bonne intensité ; trop doucement et il ne se passe rien, trop fort et la machine vous fait un bip furieux. Une fois que vous avez maîtrisé la technique, c'est facile ; les lumières s'allument, les choses commencent à bouger et le cycle finit par atteindre son apogée dans un crescendo de bruit tourbillonnant et frissonnant. Enfin, un tas de vêtements humides mais rafraîchis s'enchevêtrent à l'autre bout. Mais pour les non-initiés, c'est un mystère qui laisse perplexe. Lire aussi: Considérons maintenant l'orgasme féminin. JD Salinger a écrit un jour que ""le corps d'une femme est comme un violon ; il faut un musicien formidable pour en jouer correctement"". Si elle est pressée ou caressée de la bonne manière, une femme peut être transportée dans une telle extase que, pendant quelques secondes, le reste du monde cesse d'exister. Mais si l'on se trompe, la douleur, la frustration ou le néant peuvent s'ensuivre. Le contraste est saisissant avec l'expérience des hommes : tant qu'ils peuvent avoir une érection, quelques minutes de stimulation vigoureuse entraînent généralement une éjaculation. Pourquoi les orgasmes sont-ils si intensément agréables ? Comment se fait-il que les femmes puissent connaître des orgasmes multiples ? Et le légendaire point G existe-t-il vraiment ? Ce sont là quelques-uns des mystères les plus persistants de la médecine. ""Nous sommes capables d'aller sur la lune, mais nous ne comprenons pas suffisamment notre propre corps"", déclare Emmanuele Jannini, de l'université de Rome Tor Vergata, l'un de ceux qui ont passé leur carrière à tenter de le percer. Ces dernières années, ces maîtres du sexe ont multiplié les études, et ils obtiennent enfin des réponses. Le plus grand talent des scientifiques consiste peut-être à persuader les femmes de balayer leurs inhibitions et de se masturber - voire de copuler - sous le feu des projecteurs de la recherche scientifique, y compris dans l'environnement inconfortable du scanner IRM. L'un des chefs de file de cette recherche est Barry Komisaruk, de l'université Rutgers, dans le New Jersey, qui voulait savoir si des différences cérébrales pouvaient expliquer pourquoi les femmes et les hommes vivent le sexe de manière si différente. Il s'avère que malgré leurs expériences variées, les hommes et les femmes présentent à peu près la même activité neuronale pendant l'orgasme. ""Les similitudes entre les hommes et les femmes au moment de l'orgasme sont bien plus importantes que les différences"", explique Komisaruk. ""Ce que nous observons, c'est une activation globale du cerveau ; en gros, c'est comme si tous les systèmes fonctionnaient"". Cela pourrait expliquer pourquoi les orgasmes sont si dévorants - si toute la forêt s'embrase, il est difficile de discriminer les différents feux de camp qui étaient là au départ. ""Au moment de l'orgasme, si tout est activé simultanément, la discrimination fine entre les activités peut s'estomper"", ajoute M. Komisaruk. C'est peut-être la raison pour laquelle vous ne pouvez penser à rien d'autre. Il existe cependant des points chauds dans cette fournaise. L'un d'eux est le noyau accumbens, une région du cerveau qui s'occupe du plaisir et de la récompense par la libération d'un neurotransmetteur appelé dopamine. S'ils ont le choix, les rats préfèrent la stimulation électrique de cette région du cerveau à la nourriture, au point de se laisser mourir de faim. Outre le sexe, cette région est également activée par la cocaïne, les amphétamines, la caféine, la nicotine et le chocolat. Pas étonnant que l'orgasme donne envie d'en redemander. Après l'orgasme, cependant, certaines différences importantes apparaissent, ce qui pourrait commencer à expliquer pourquoi les hommes et les femmes réagissent si différemment après l'apogée. Komisaruk, en collaboration avec Kachina Allen, a trouvé des preuves préliminaires que des régions spécifiques du cerveau masculin ne répondent plus aux stimulations sensorielles des organes génitaux immédiatement après l'orgasme, alors que le cerveau des femmes continue d'être activé : cela pourrait expliquer pourquoi certaines femmes ont des orgasmes multiples et pas les hommes. Si ces scanners cérébraux suscitent quelques controverses, ce n'est rien comparé aux tentatives de cerner l'anatomie de l'orgasme. Le pénis n'a qu'une seule voie pour transporter les sensations vers le cerveau, les voies génitales féminines en ont trois ou quatre. Au cœur de la sexualité féminine se trouve le clitoris : la plupart des gens le connaissent comme un petit bouton en forme de galet, placé dans une position délicate, à environ un centimètre de l'ouverture du vagin. La question de savoir qui a découvert l'importance de cette structure est sujette à débat. Les modèles d'argile de l'ère glaciaire, connus sous le nom de ""figurines de Vénus"", représentent une femme sans visage avec de gros seins, un ventre arrondi, un vagin et des lèvres proéminents - et sur un modèle, un clitoris. Ce n'est qu'au XVIe siècle que le clitoris a commencé à être décrit comme une structure physique distincte, commune à toutes les femmes, dont la fonction est de provoquer le plaisir. Dans son livre De re anatomica, publié en 1559, Realdo Columbo décrit le clitoris comme ""le siège du plaisir de la femme"". Pourtant, au cours des siècles suivants, le plaisir féminin est passé au second plan et le clitoris a été largement oublié, du moins par les anatomistes et les médecins. Il a refait surface au 20e siècle, mais était toujours considéré comme inférieur par beaucoup. Bien que Sigmund Freud ait au moins reconnu que les femmes pouvaient avoir un orgasme, il pensait que la réactivité du clitoris était supplantée par l'orgasme vaginal chez les femmes adultes. L'incapacité à éprouver des orgasmes vaginaux est associée à l'immaturité psychosexuelle, écrivait-il. Si c'était vrai, alors il y aurait énormément de femmes qui ne réalisent pas leur potentiel sexuel. Entre trente et quarante pour cent des femmes affirment n'avoir jamais connu d'orgasme par la seule pénétration vaginale - bien que beaucoup plus nombreuses soient celles qui peuvent jouir par stimulation clitoridienne. L'idée que l'orgasme vaginal est en quelque sorte supérieur a irrité de nombreuses féministes. On dirait que les femmes qui ne connaissent pas d'orgasme vaginal ne font pas assez d'efforts. L'orgasme vaginal doit-il être un rite de passage pour toutes les femmes, ou seulement pour quelques privilégiées ? Est-il même possible d'avoir un orgasme en l'absence de clitoris ? Barry Komisaruk a fait les premiers pas pour répondre à ces questions par hasard, alors qu'il étudiait les comportements d'accouplement chez les rats. Un jour, alors qu'il insérait une tige dans le vagin d'un rat femelle, il a déclenché une réaction bizarre : ""Dès que je touchais le col de l'utérus, les rats devenaient rigidement immobiles"", raconte-t-il. De plus, pendant ce type de stimulation, les rats sont apparemment devenus insensibles à la douleur. Peu après, il a remplacé ses rats par des femmes et a constaté la même chose : la stimulation vaginale bloquait la transmission de la douleur. Mais comment ? Pour le savoir, Komisaruk a mené une étude avec Beverly Whipple sur des femmes présentant des lésions de la moelle épinière à des degrés divers. Ils ont constaté que, même si leurs lésions bloquaient les voies nerveuses connues de la moelle épinière reliant les organes génitaux au cerveau, ces femmes pouvaient encore ressentir le toucher de leur vagin et de leur col de l'utérus. Certaines en ont même ressenti un orgasme, malgré la coupure du nerf pudendal, qui transmet les sensations du clitoris au cerveau. ""Des femmes atteintes de lésions de la moelle épinière qui ne pouvaient pas sentir leur clitoris, ont néanmoins eu des orgasmes à la suite d'une stimulation vaginale"", explique Komisaruk. ""C'est probablement la meilleure preuve que les orgasmes vaginaux existent"". La raison en est que depuis les nerfs vagues, qui sont situés à l'extérieur de la moelle épinière, transportent les sensations du vagin jusqu'au cerveau. ""Les femmes décrivent les orgasmes clitoridiens comme étant plus localisés et externes, et les orgasmes vaginaux comme étant internes et impliquant tout le corps ; c'est probablement parce que les nerfs qui transportent les sensations du clitoris sont différents des nerfs du vagin"", ajoute Komisaruk. Quant au fait étonnant que les orgasmes vaginaux puissent bloquer la douleur, les nerfs reliés à la moelle épinière pourraient inhiber la libération du neurotransmetteur impliqué dans la perception de la douleur. Une fois que les signaux atteignent le cerveau, ils pourraient également déclencher la libération de neurotransmetteurs comme les endorphines qui soulagent également la douleur. Donc, si différents nerfs peuvent transmettre des sensations provenant de différentes régions de l'appareil génital féminin - et que les deux peuvent déclencher un orgasme - certaines régions du vagin sont-elles plus sensibles que d'autres ? Où les couples doivent-ils aller à la recherche de l'insaisissable orgasme vaginal ? Le célèbre ""point G"" a longtemps été la cible privilégiée. Le terme a été inventé au début des années 80, en l'honneur de l'obstétricien et gynécologue allemand Ernst Gräfenberg. En 1950, il a décrit une zone érogène sur la paroi antérieure ou frontale du vagin, en corrélation avec la position de l'urètre de l'autre côté de cette paroi. Des études ultérieures ont révélé la présence d'un complexe de vaisseaux sanguins, de terminaisons nerveuses et de vestiges de la prostate féminine dans la même zone. Elles ont suggéré que chez une minorité de femmes - en particulier celles dont les muscles du plancher pelvien sont puissants - la stimulation de cette zone pouvait déclencher de puissants orgasmes et la libération par l'urètre d'une petite quantité de liquide qui n'était pas de l'urine. La rumeur s'est vite répandue au sujet de ce bouton magique situé sur la paroi avant du vagin. Les couples ont investi du temps et des efforts - souvent vains - pour le trouver. Certaines féministes, quant à elles, ont affirmé que la publicité faite autour du point G était une tentative des hommes de redonner de l'importance à la pénétration vaginale, après que les projecteurs se soient déplacés vers le clitoris pendant la révolution sexuelle des années 60 et 70. Les preuves qui confirment ou réfutent l'existence du point G sont inégales et souvent exagérées. Une étude "" réfutant "" l'existence d'un point G était basée sur l'IRM d'une seule femme. Le débat est encore obscurci par un différend sur la terminologie correcte des différentes régions intérieures des parties intimes des femmes, et aussi sur la question de savoir où commence une structure et où finit une autre. Il semble toutefois exister des différences physiques entre les femmes qui affirment connaître l'orgasme vaginal et celles qui ne le connaissent pas. En 2008, Jannini a publié une étude portant sur neuf répondantes de ce type, et 11 qui ont déclaré n'avoir jamais atteint l'orgasme lors de rapports sexuels avec pénétration uniquement. Des échographies ont révélé la présence d'une zone de tissu plus épaisse dans l'espace situé entre le vagin et l'urètre chez celles qui pouvaient jouir. À l'époque, Jannini avait conclu que cela pourrait bien être la preuve de l'existence du légendaire point G. Mais des études ultérieures ont conduit à une remise en question de cette hypothèse. Mais d'autres études l'ont poussé à revoir sa position. Le mot ""point"" évoque un bouton, quelque chose sur lequel on peut appuyer pour obtenir un orgasme ou du plaisir"", explique-t-il. ""Il implique une structure concrète qui est là ou qui ne l'est pas. Personne n'a été capable de décrire clairement une telle structure comme un spot."" Le clitoris pourrait également être décrit comme un pénis à deux têtes ; les deux sont issus du même tissu embryonnaire Alors, si ce n'est pas un bouton, qu'est-ce que cela pourrait être d'autre ? Pour un nombre croissant de chercheurs, la réponse est simple : le clitoris. Bien que, pour la plupart des gens, le clitoris ne soit qu'une petite boule en forme de pois sous la surface de la peau, de récentes études par IRM suggèrent que le clitoris est loin d'être petit. Elles révèlent une grande structure bulbeuse d'environ 9 cm de long, qui ressemble un peu à un bréchet. Il serpente autour de l'extérieur du vagin et remonte à l'intérieur du bassin, le long de l'urètre. À la tête de ce bréchet se trouve le gland - la partie externe que la plupart des gens ressentent comme le clitoris, et la partie la plus sensible. Mais les jambes chevauchent l'ouverture vaginale et se prolongent dans les lèvres. On pourrait aussi le décrire comme un pénis à deux têtes. Le clitoris et le pénis sont tous deux dérivés du même tissu embryonnaire ; un renflement appelé tubercule qui émerge au cours des premiers stades de l'embryogenèse et se ramifie ensuite pour former soit le clitoris et le tissu vulvaire chez les filles, soit le pénis et le scrotum chez les garçons. Mais il existe des différences importantes : d'une part, le pénis ne se développe pas en réponse à des hormones comme la testostérone une fois la puberté terminée, alors que le clitoris le fait. ""Il ne s'agit pas simplement d'un petit pénis"", précise Mme Jannini. Le vagin réagit également aux hormones, notamment aux œstrogènes, ce qui explique en partie pourquoi la réponse sexuelle des femmes varie tout au long de leur vie. Cette complexité peut expliquer pourquoi il a été si difficile de prouver - ou de réfuter - l'existence du point G ; il n'est pas facile de stimuler la paroi frontale du vagin de manière isolée. Il est également probable que vous vous frottiez aux parties internes du clitoris et de l'urètre. C'est en effet ce qu'ont démontré des recherches complémentaires menées par Jannini et Odile Buisson au Centre d'échographie de Saint Germain en Laye, en France. Elles ont persuadé trois femmes de stimuler soit la paroi frontale de leur vagin à l'aide d'un tampon lubrifié, soit les parties externes de leur clitoris à l'aide de leurs doigts, tout en utilisant des ultrasons pour visualiser ce qui se passe sous la peau. La pénétration vaginale a provoqué le déplacement et l'engorgement des parties internes du clitoris et du tissu entourant l'urètre, alors que lors de la masturbation manuelle, seules les parties externes du clitoris étaient stimulées. Les choses se compliquent encore davantage : chez d'autres femmes, la pénétration vaginale peut stimuler simultanément les parties externes et internes du clitoris. La femme était née sans vessie et avait subi une importante chirurgie reconstructive. Le bon côté des choses ? Elle a des orgasmes incroyables En 2009, une femme de 42 ans s'est présentée à la clinique de Rachel Pauls, une urogynécologue basée à Cincinnati, dans l'Ohio. Cette femme était née sans vessie et avait subi une importante chirurgie reconstructive pour corriger certains de ses problèmes. Il y a cependant une lueur d'espoir dans cette histoire : ""Elle a des orgasmes incroyables"", dit Pauls. En effet, elle a confié à Pauls qu'elle a en moyenne deux orgasmes à chaque fois qu'elle fait l'amour - l'un par la stimulation manuelle de son clitoris, l'autre par la seule pénétration vaginale. Le Dr Pauls a été particulièrement fasciné par cette histoire, car l'urètre de la femme - et donc le faisceau de nerfs et de structures qui lui est associé et que l'on appelle habituellement le point G - ne se trouvait pas à l'endroit habituel. De plus, le clitoris de la femme était positionné sur le bord même de son ouverture vaginale. ""Il semblait probable que cela expliquait en partie pourquoi elle avait de si bons orgasmes"", explique Pauls. Le pénis le frôlait à chaque poussée. Cela a fait germer une idée. Pauls s'est demandé si la taille et l'emplacement du clitoris chez les femmes en bonne santé pouvaient influencer la facilité avec laquelle elles atteignent l'orgasme lors de rapports sexuels avec pénétration. Avec ses collègues, elle a donc recruté dix femmes qui déclaraient n'atteindre que rarement ou jamais l'orgasme lors d'un rapport sexuel, et vingt femmes qui disaient jouir presque à chaque fois, et a utilisé un scanner IRM pour examiner en détail leurs clitoris. Ils ont constaté que plus la taille du gland en forme de pois était petite et plus le clitoris était éloigné du vagin, plus il était difficile d'atteindre l'orgasme. Prises dans leur ensemble, ces études indiquent que les femmes peuvent connaître un orgasme par de multiples voies, que ce soit par stimulation vaginale, clitoridienne ou les deux à la fois. D'autres études menées par Komisaruk ont révélé que les projections des différentes régions des organes génitaux féminins - et même des mamelons - convergent toutes vers la même région générale du cerveau, bien que dans des zones légèrement différentes. ""Il existe une bonne base neuro-anatomique pour différents types d'orgasmes et différents types de sensations"", déclare Komisaruk. ""Cela pourrait expliquer pourquoi la combinaison de la stimulation clitoridienne, vaginale et cervicale semble produire ces orgasmes plus intenses, complexes et agréables que les femmes décrivent."" Quant aux femmes qui ont du mal à atteindre l'orgasme pendant les rapports sexuels avec pénétration - ou en fait pendant n'importe quel rapport sexuel - le message de Paul est simple : expérimentez. Les femmes viennent me voir en tant que patientes et me disent : ""Je ne peux pas avoir d'orgasme vaginal, je dois donc avoir un problème"". Il n'y a rien qui cloche chez elles. Tout le monde est un peu différent. Ainsi, certaines femmes auront beaucoup de stimulation clitoridienne pendant les rapports sexuels, tandis que pour d'autres, c'est un peu plus difficile - leur partenaire devra peut-être utiliser ses mains ou un jouet. Mais les femmes doivent savoir que si elles n'ont pas d'orgasme avec une pénétration vaginale directe, c'est normal."" Jannini a un message supplémentaire pour les femmes : ""Ne vous contentez pas d'apprécier le sexe, mais appréciez aussi de vous connaître et de comprendre qui vous êtes aujourd'hui, car demain vous serez probablement différente."" Et ne sous-estimez pas l'infinie variété qui s'offre à vous. ""Ne pensez pas que le corps féminin est une machine qui peut toujours délivrer la même chose"", dit-il." https://www.bbc.com/afrique/monde-58548588 +health Les dons de sperme d'hommes morts devraient être autorisés (étude) "Les dons de sperme prélevés sur des hommes après leur mort devraient être autorisés, selon une étude. L'analyse, qui est publiée dans le Journal of Medical Ethics, affirme que les dons après la mort pourraient être un moyen ""moralement acceptable"" d'augmenter les stocks disponibles. En 2017, au Royaume-Uni, 2 345 bébés sont nés après un don de sperme. Cependant, il y a une pénurie croissante de dons dans tout le pays en raison des réglementations strictes. Le sperme peut être prélevé après le décès, soit par stimulation électrique de la prostate, soit par chirurgie, et peut ensuite être congelé. Il est prouvé que le sperme prélevé sur des hommes décédés peut encore donner lieu à des grossesses viables et à des enfants en bonne santé, même s'il est prélevé jusqu'à 48 heures après le décès. Dans l'analyse, le Dr Nathan Hodson, de l'université de Leicester, et le Dr Joshua Parker, de l'hôpital Wythenshawe de Manchester, affirment qu'une telle méthode se situe dans le même domaine que le don d'organes. ""S'il est moralement acceptable que des individus puissent donner leurs tissus pour soulager la souffrance d'autres personnes dans le cadre de ""transplantations vitales"" pour des maladies, nous ne voyons aucune raison pour que cela ne puisse pas être étendu à d'autres formes de souffrance comme l'infertilité"", ont-ils déclaré. Cependant, cela pourrait soulever des questions sur le consentement et le veto familial, et il y a des inquiétudes sur l'intégrité entourant l'anonymat du donneur, ont-ils ajouté. Depuis 2005, la loi stipule que les donneurs de sperme au Royaume-Uni doivent accepter que tout enfant né de leurs dons puisse les contacter lorsqu'il aura 18 ans. A lire aussi Pilule pour hommes - pourquoi attendons-nous toujours ? Un Néerlandais ""père biologique de 19 enfants"" Les hommes sont-ils prêts à prendre la pilule? L'ancien donneur Jeffrey Ingold, de Londres, a déclaré à la BBC qu'il pensait que le fait d'autoriser les dons après la mort pourrait persuader davantage d'hommes d'envisager de devenir donateurs. ""Je ne vois pas comment l'introduction d'un système qui rendrait le don de sperme similaire au don d'organes pourrait être autre chose qu'une bonne chose"", a-t-il déclaré. ""Pour moi, le don de sperme n'a jamais été une question de gènes ou autre, mais il s'agissait d'aider des amis dans le besoin. ""Je pense aussi que ce type de processus pourrait contribuer à combattre la stigmatisation ou les idées préconçues que la société a sur le don de sperme"". Toutefois, le professeur Allan Pacey, professeur d'andrologie à l'université de Sheffield, a fait valoir que cela constituerait un ""pas en arrière"" dans le processus de donation. ""Je préférerais de loin que nous investissions notre énergie à essayer de recruter des donneurs plus jeunes, en bonne santé et volontaires, qui ont de bonnes chances d'être en vie lorsque la personne conçue par le donneur commence à s'intéresser à eux, et qui auraient la possibilité d'entrer en contact avec eux sans l'aide d'un spiritualiste"". ""Si les gens en savaient plus sur le processus et étaient en mesure de prendre des décisions plus éclairées sur le fait de devenir donneur de sperme, je pense que nous verrions beaucoup plus de gens choisir de le faire"" a-t-il ajouté. En 1997, une femme a obtenu le droit d'utiliser le sperme de son mari décédé. Stephen Blood a attrapé la méningite en février 1995, deux mois après avoir essayé de fonder une famille avec sa femme Diane. Il est tombé dans le coma et est décédé avant d'avoir accepté par écrit que son sperme soit utilisé, bien que deux échantillons aient été prélevés à la demande de Mme Blood. La loi de 1990 sur la fécondation et l'embryologie humaine interdisait à Mme Blood d'utiliser le sperme de son mari sans son consentement écrit. Cependant, la Cour d'appel a décidé par la suite que Mme Blood devait être autorisée à suivre un traitement de fertilité dans la Communauté européenne, mais pas au Royaume-Uni. Mme Blood a donné naissance à son fils Joel - en utilisant le sperme congelé de son mari - en 2002, et l'année suivante, elle a gagné une bataille juridique pour que son défunt partenaire soit légalement reconnu comme le père." https://www.bbc.com/afrique/sports-45045236 +health "Coronavirus: ""je suis confinée avec mon agresseur""" "Avec une grande partie du monde en confinement à cause du coronavirus, ceux qui vivent la violence domestique pourraient devenir des victimes cachées de la pandémie, selon des avertissements. L'ONU a averti que les femmes des pays pauvres et celles qui vivent dans de petites maisons ont probablement moins de moyens pour signaler les abus. La BBC s'est entretenu avec deux femmes qui sont actuellement en confinement avec des hommes qui, selon elles, les ont maltraitées. Cette interview a été réalisée la veille de l'annonce par l'Inde d'un confinement complet de 21 jours afin de freiner la propagation du coronavirus. Geeta se réveille à 5h du matin, son mari est allongé à côté d'elle à même le sol. Il ronfle bruyamment. La nuit précédente, il était rentré ivre et bouleversé. La pandémie du coronavirus entraîne la réduction du nombre de personnes utilisant les transports en commun, donc en tant que chauffeur d'autowallah ou de pousse-pousse, le revenu de Vijay était passé de 1500 roupies par jour (un peu plus de 16 £) à 700 roupies par jour. Combien de temps cela va-t-il durer ? "", avait-il crié en jetant contre le mur une bouteille d'alcool qu'il venait de vider. Les enfants de Geeta se précipitèrent derrière elle pour se mettre à l'abri. Heureusement, Vijay est monté sur le petit matelas que toute la famille partage et s'est endormi peu de temps après son explosion de colère. ""Il a fallu un certain temps pour calmer les enfants"", explique Geeta. ""Ils ont vu leur père plusieurs fois en colère, mais ces dernières semaines, cela a empiré. Ils l'ont vu jeter des choses contre le mur et me tirer par les cheveux."" Le mari de Geeta l'a frappée plus de fois qu'elle ne s'en souvient, la première fois le soir de leur mariage. Elle a essayé de le quitter une fois, mais il ne l'a pas laissée prendre les enfants. Ils vivent dans un quartier à faible revenu, appelé Mohalla, dans une zone rurale. D'ordinaire, elle fait un kilomètre à pied, tous les jours, jusqu'au puits le plus proche pour chercher de l'eau pour la consommation journalière. Une fois l'eau ramenée à la maison, elle discute avec ses voisins en attendant l'arrivée de l'épicier avec sa charrette de légumes. Après avoir fait la provision quotidienne de nourriture du ménage, Geeta commence à préparer le petit-déjeuner. Son mari part vers 7 heures du matin, revient pour le déjeuner et une sieste et repart après le retour des deux enfants plus âgés. ""Mais les choses ont changé lorsque l'école a fermé le 14"", dit-elle. ""Les enfants étaient donc constamment à la maison et ils ont commencé à irriter mon mari""; témoigne-t-elle. ""Habituellement, il me réserve sa colère, mais il a commencé à leur crier dessus pour des choses mineures comme laisser une tasse par terre. J'interviens alors pour détourner son attention afin qu'il puisse diriger sa colère vers moi, mais plus le confinement dure, moins j'arrive à le distraire. "" Geeta avait un plan. Pendant que son mari était au travail et après avoir nettoyé la maison, elle se rendait à pied dans un immeuble à proximité du quartier. Là, elle avait l'habitude d'assister à un cours secret organisé par des organisateurs communautaires où les femmes apprennent à coudre, à lire et à écrire. Geeta veut acquérir suffisamment de compétences pour être financièrement indépendante et déménager avec ses enfants. En classe, elle a également rencontré des conseillers formés pour aider les victimes de violence domestique. Mais le confinement de 21 jours qui a débuté le 24 mars en Inde, a mis un terme à cela. Les cours sont terminés et impossible pour les conseillers communautaires de rendre visite aux femmes vulnérables. Vimlesh Solanki, volontaire pour Sambhali Trust, une organisation qui soutient les femmes à Jodhpur, la deuxième plus grande ville du Rajasthan, affirme que le coronavirus a mis les femmes en danger. ""Un confinement total signifie que chaque jour est complètement perturbé. Il n'y a plus de vendeur de légumes avec des charrettes, elles doivent donc se rendre plus loin au supermarché pour se nourrir tous les jours. ""Des situations stressantes comme celle-ci signifient qu'il y a plus de raisons pour attiser la colère de leurs partenaires déjà violents."" Kai sort son téléphone et pianote lentement sur le clavier. ""Maman veut que je reste avec toi."" Elle appuie sur 'envoyer'. La réponse arrive rapidement: ""C'est bien."" La semaine dernière, l'adolescente est revenue dans la maison dans laquelle elle avait juré de ne plus jamais entrer. ""La seconde où j'y suis retournée, dans ma mémoire, tout s'est fermé"", dit-elle doucement. ""Tout s'est éteint, chaque sentiment."" Elle était retournée vivre avec son père, l'homme qui, selon elle, l'avait agressée physiquement et sexuellement pendant des années. Il y a deux semaines, Kai pensait que le coronavirus allait exploser avec une avalanche d'informations. Puis les choses ont changé. Le personnel du magasin où travaillait sa mère était sur les nerfs. La nouvelle que le virus s'était propagé dans plus de 170 pays et avait maintenant atteint New York, rendait les gens nerveux. Travailler dans un magasin signifiait interagir avec les clients au quotidien. La maman de Kai et ses collègues s'inquiétaient du contact avec les clients, mais ils n'avaient pas à s'inquiéter longtemps. Le magasin a annoncé qu'il fermerait indéfiniment et que le personnel serait licencié. La mère de Kai a perdu son emploi de 15 $ l'heure (12 £) et on lui a dit qu'elle ne bénéficierait d'une assurance maladie que pendant cinq jours. Cela a commencé à faire des ravages sur la mère de Kai, qui avait souffert de problèmes de santé mentale pendant la majeure partie de sa vie. ""Elle a disjoncté"", explique Kai. ""Elle a crié 'les choses s'aggravent ici, tu devrais aller chez ton père'"". Les mots envoyèrent une sensation de détresse froide dans les veines de Kai. Elle se retira dans sa chambre, espérant que si elle donnait du temps à sa mère, les choses pourraient changer. Mais lorsqu'elle est revenue en bas, sa mère a simplement dit: ""Pourquoi es-tu toujours là?"" Cela faisait seulement quelques mois que Kai avait commencé une thérapie pour les années de violence physique et sexuelle qu'elle avait subies avec son père. Elle dit qu'il l'avait maltraitée depuis qu'elle était toute petite. Elle n'avait toujours pas confié à sa mère et à sa sœur la gravité des actes subis. C'était les premiers jours, mais Kai affirme que la thérapie l'aidait et qu'elle se sentait plus en contrôle. Elle se sentait plus optimiste pour l'avenir. Puis le centre d'accueil où elle voyait son thérapeute a annoncé sa fermeture à cause de l'épidémie du coronavirus. Et la semaine dernière, elle est revenue chez son père. ""Il est ici tout le temps"", murmure-t-elle, ""pendant la journée, il regarde la télévision sur son ordinateur dans le salon. La nuit, je l'entends regarder du porno."" Elle sait qu'il est réveillé lorsqu'elle l'entend préparer son smoothie pour le petit-déjeuner. ""Je déteste tellement, c'est tellement fort, le son du mixeur me pétrifie. C'est le début de ma journée, quand je dois être vigilante."" Kai n'a pas beaucoup dormi depuis qu'elle est revenue, sa porte n'a pas de serrure. Il y avait une routine à la violence physique, ce n'est arrivé que lorsque Kai fait quelque chose pour le contrarier. Elle prévoit donc de rester hors de son chemin et ne quitte plus sa chambre que pour courir aux toilettes et se faire quelque chose à manger dans la cuisine. La dernière fois qu'ils ont été confinés ensemble, il n'y avait pas d'électricité et les abus ont été particulièrement graves. ""Il agit comme si nous vivions une période étrange de l'histoire, mais ne mentionne rien des abus"", dit-elle. ""Cela me donne l'impression de devenir fou. Il n'a encore rien fait mais l'anticipation me tue."" Kai passe toute la journée en ligne. Récemment, elle a regardé des bandes annonce de films YouTube. Elle aime regarder des commentaires sur des films qu'elle n'a jamais vus. Elle espère que sa mère la laissera revenir bientôt ou que l'épidémie de coronavirus se termine et qu'elle pourra trouver un autre endroit où vivre. Nicole Jacobs, commissaire à la violence domestique pour l'Angleterre et le pays de Galles, a déclaré que la police était prête à faire face à un pic d'appels de violence domestique. ""Nous essayons de nous assurer que les gens se rendent compte que la police prévoit que la violence domestique augmentera, qu'ils prévoient cela"", a-t-elle déclaré à la BBC. ""Et il est très clair que ce sont des appels prioritaires. Vous pouvez donc passer des appels 999 silencieux en attendant que le gestionnaire d'appels décroche en faisant une sorte de toux ou de n'importe quel son, et en appuyant sur 5,5"". Elle a ajouté que les femmes dont le statut d'immigration n'était pas sûr devraient avoir «tous les obstacles supprimés, sans crainte d'être expulsées, lorsqu'elles signalent des violences en ce moment», avec plus de fonds pour les travailleurs des refuges. Elle a également appelé les travailleurs des services sociaux et des services spécialisés à recevoir un équipement de protection pendant l'épidémie de virus. C'est un sentiment partagé par Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d'ONU Femmes, qui a déclaré à la BBC qu'il était urgent que les personnes travaillant avec des femmes vulnérables reçoivent des combinaisons de protection. ""Ce dont nous avons besoin, c'est d'un financement pour que les travailleurs sur le terrain avec des EPI atteignent les communautés et enregistrent les femmes vulnérables. Cela doit être une priorité et il faut un financement."" Elle a déclaré que contrairement aux États-Unis et au Royaume-Uni, où les lignes d'assistance téléphonique nationales contre les abus ont vu leur nombre d'appels augmenter, ce sera probablement l'inverse dans les pays en développement. ""Il est impossible pour les femmes issues de milieux socio-économiques défavorisés, dans plusieurs pays, de signaler des cas de violence domestique car elles vivent dans des maisons d'une ou deux pièces avec leurs agresseurs. Ce n'est que dans les mois qui ont suivi la pire épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest que nous avons appris une augmentation de la violence sexiste à la maison"", ajoute-t-elle. Les noms des deux femmes ont été modifiés." https://www.bbc.com/afrique/monde-52120612 +health "Drépanocytose : ""le traitement révolutionnaire par modification génétique qui m'a donné une nouvelle vie""" "Jimi Olaghere pensait qu'il devrait attendre des décennies avant d'être libéré de sa drépanocytose - mais aujourd'hui, des scientifiques ont modifié son sang pour vaincre la maladie qui le faisait souffrir en permanence. ""C'est comme une nouvelle naissance"", déclare Jimi, l'un des sept premiers patients atteints de drépanocytose à avoir bénéficié d'un nouveau traitement révolutionnaire de modification génétique testé aux États-Unis. Il affirme que cela a changé sa vie. ""Quand je regarde en arrière, je me dis : ""wow, je n'arrive pas à croire que j'ai vécu avec ça"". A surtout lire sur BBC Afrique : Jimi, 36 ans, vit avec la drépanocytose depuis son enfance. ""Vous devez toujours être dans un état d'esprit de guerre, en sachant que vos journées vont être remplies de défis"". La maladie est héréditaire. Elle est causée par une mutation génétique qui conduit l'organisme à fabriquer une hémoglobine anormale. Il s'agit de la protéine qui est contenue dans les globules rouges et qui transporte l'oxygène dans le corps. Les globules rouges sont normalement ronds et spongieux, mais une hémoglobine mutée peut les rendre rigides et leur faire prendre leur forme caractéristique de faucille. Ces cellules drépanocytaires ont du mal à naviguer dans les vaisseaux sanguins de l'organisme et restent coincées, ce qui entraîne des blocages qui bloquent la circulation du sang. Les risques de crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral et de lésions organiques sont tous plus élevés chez les personnes atteintes de drépanocytose. Jimi pourrait avoir besoin d'une prothèse de hanche parce qu'une partie de son tissu osseux est morte après avoir été privée de sang - une condition irréversible appelée nécrose avasculaire. La douleur a été le compagnon de toute une vie pour Jimi. C'est comme ""des éclats de verre qui coulent dans vos veines ou quelqu'un qui frappe vos articulations avec un marteau"", dit-il. ""Vous vous réveillez le matin avec la douleur et vous vous couchez avec la douleur"". Mais ce qui caractérise la drépanocytose, ce sont les épisodes de douleur intense appelés crises, qui nécessitent des soins hospitaliers et de la morphine pour faire disparaître la douleur. Pendant des années, Jimi a fait des allers-retours à l'hôpital presque tous les mois. Les hivers étaient les pires, car le froid rétrécit les vaisseaux sanguins près de la peau et augmente le risque d'obstruction. C'est pourquoi Jimi a déménagé sa famille à travers les États-Unis - du New Jersey au climat plus chaud d'Atlanta, en Géorgie. La maladie a affecté tous les aspects de sa vie. Il est entrepreneur dans le domaine de la technologie parce qu'il ne pouvait pas imaginer qu'un employeur soit compréhensif face à ses fréquentes visites à l'hôpital. Pour échapper à la douleur constante, Jimi a trouvé des ""poches de bonheur"" dans les jeux vidéo et en regardant Liverpool jouer au football. Sa famille l'a incité à participer à d'autres essais cliniques ou à subir une greffe de moelle osseuse - une option pour certaines personnes atteintes de drépanocytose. Mais il pensait que cela impliquerait trop de temps passé à l'hôpital pour l'amélioration de sa qualité de vie. Au lieu de cela, il a placé ses espoirs dans un traitement qui restait à inventer. Il a dit à sa famille : ""un jour dans le futur, probablement dans 20 à 50 ans, on modifiera mon ADN et cela guérira ma drépanocytose"". Le futur est arrivé bien plus tôt qu'il ne l'avait imaginé. Fin 2019, Jimi a lu un article sur un nouvel essai clinique utilisant l'édition de gènes et il a immédiatement envoyé un courriel à l'équipe médicale. Un mois plus tard, Jimi et sa femme Amanda, qui était enceinte de huit mois, se sont rendus à l'Institut de recherche Sarah Cannon à Nashville pour voir s'il était admissible. Lorsqu'il a appris qu'il avait été accepté dans l'essai, Jimi a déclaré que c'était ""le plus beau cadeau de Noël de tous les temps"". Et puis, il a eu de la chance. La pandémie a menacé de perturber l'essai, car un nombre croissant de vols intérieurs ont été annulés en raison du faible nombre de passagers, mais il a pu s'engager à faire un voyage de quatre heures en voiture pour chaque session... Au cours de l'essai, les scientifiques vont modifier génétiquement son corps pour qu'il ne produise plus l'hémoglobine contaminée. Ils devaient d'abord atteindre la partie du corps qui fabrique les globules rouges, à savoir les cellules souches qui vivent dans la moelle osseuse spongieuse au centre de nos os. Puis, en janvier 2020, Jimi a reçu des médicaments qui ont fait sortir les cellules souches de sa moelle osseuse pour les faire passer dans le sang. Il a ensuite été branché à un appareil d'aphérèse pour recueillir les cellules souches de son sang. ""Vous êtes assis là pendant huit heures et cette machine aspire littéralement tout le sang que vous avez en vous"", dit-il. À la fin, il était physiquement, mentalement et littéralement épuisé et devait recevoir une transfusion pour remplacer le sang prélevé. C'était la partie la plus difficile de tout le processus pour Jimi et il l'a subie quatre fois. Jimi est rentré chez lui pour récupérer après le dernier don, mais les cellules souches prélevées ne faisaient que commencer leur voyage. Les scientifiques étaient sur le point d'accomplir un impressionnant tour de passe-passe génétique qui allait faire remonter le temps dans le sang de Jimi. Lorsque nous sommes encore dans l'utérus, notre corps utilise un type d'hémoglobine différent appelé hémoglobine fœtale. Celle-ci s'accroche à l'oxygène de façon plus serrée que l'hémoglobine adulte et est essentielle pour qu'un bébé en développement puisse extraire l'oxygène du sang de sa mère. Après la naissance, un commutateur génétique s'inverse et nous commençons à fabriquer de l'hémoglobine adulte. Il est important de noter que seule la forme adulte de l'hémoglobine est affectée par la drépanocytose. Ce commutateur génétique - nommé BCL11A - a été identifié au milieu des années 2000. Grâce aux progrès réalisés dans le domaine de l'édition de gènes, les scientifiques disposent désormais des outils nécessaires pour l'actionner. ""Notre approche consiste à désactiver cet interrupteur et à augmenter à nouveau la production d'hémoglobine fœtale, ce qui revient à revenir en arrière"", explique le Dr Haydar Frangoul, qui a traité Jimi au Sarah Cannon Research Institute. Les cellules souches de Jimi ont été envoyées aux laboratoires de Vertex Pharmaceuticals, où la modification génétique devait avoir lieu. En septembre 2020, il était temps de mettre les cellules modifiées dans le corps de Jimi. ""C'était la semaine de mon anniversaire, en fait. C'était presque comme si j'avais une nouvelle vie"", dit-il. Jimi a d'abord reçu une chimiothérapie pour détruire les cellules souches de son corps qui fabriquaient les cellules falciformes. Ensuite, ceux génétiquement modifiés ont été infusés dans son corps pour lui donner du sang neuf et, espérons-le, sans faucille. La procédure était épuisante, mais environ deux semaines plus tard, Jimi est apparu comme une personne complètement nouvelle. ""Je me souviens m'être réveillé sans aucune douleur et je me sentais perdu"", dit-il. ""Parce que ma vie est tellement associée à la douleur, c'est juste une partie de qui je suis. C'est bizarre maintenant que je ne la ressens plus"", poursuit-il. Selon le Dr Frangoul, les données concernant les sept premiers patients sont ""tout à fait étonnantes"" et représentent une ""guérison fonctionnelle"" de leur maladie. ""Nous constatons que les patients reprennent une vie normale, qu'aucun d'entre eux n'a dû être hospitalisé ou consulté en raison de complications liées à la drépanocytose"", explique le Dr Frangoul. La même procédure génétique a été appliquée à un total de 45 patients atteints soit de drépanocytose, soit d'un autre trouble sanguin appelé bêta-thalassémie, qui est causé par une hémoglobine malformée. Mais les données complètes sont encore en cours de compilation. Enfin libéré de la douleur, Jimi estime qu'il peut enfin être la personne qu'il a ""toujours sentie à l'intérieur"". Il dit que la maladie l'a rendu plus introverti car elle l'a obligé à rester à la maison et à faire attention. ""J'ai cette analogie que j'utilise. Lorsque mon fils est né, je l'ai vu regarder par la fenêtre de la voiture et le voir découvrir le monde pour la première fois en tant que nouvel être humain. Je ressens presque la même chose. Je vis la vie comme une nouvelle personne""." https://www.bbc.com/afrique/region-60462163 +health Coronavirus : Hong Kong met en œuvre des mesures strictes face à de nouveaux cas "Hong Kong introduit certaines des mesures les plus strictes qu'elle n'ait jamais prises pour lutter contre le coronavirus, après un pic soutenu de nouveaux cas. À partir de ce mercredi, il sera interdit de manger dans les restaurants et seules deux personnes de ménages différents pourront se rencontrer. Le port du masque facial est également obligatoire dans tous les lieux publics. A lire aussi sur BBC Afrique: Hong Kong, qui avait connu un succès précoce contre la Covid-19, signale désormais régulièrement plus de 100 nouveaux cas quotidiens. Les restrictions ont encore été progressivement renforcées ce mois-ci, les bars, les salles de sport et les salons de beauté étant déjà fermés. Hong Kong a confirmé 106 autres cas de coronavirus mardi et a signalé son 23e décès global. Un nombre record de 145 cas a été enregistré lundi. ""Il n'y a pas de place pour la complaisance pour le moment. Nous devons encore observer la tendance"", a déclaré le Dr Chuang Shuk-kwan, chef de la branche des maladies transmissibles au Centre de protection de la santé, selon le South China Morning Post. ""Nous n'avons pas encore vu de croissance exponentielle [des infections], mais les chiffres sont toujours inquiétants"". La dernière personne à être décédée du virus était un résident d'une maison de soins où au moins 45 infections ont été enregistrées. Les scientifiques locaux ont exprimé la crainte qu'une souche du virus circulant à Hong Kong ne cause des dommages plus importants. On dit qu'elle n'a pas muté depuis au moins 22 jours, ce qui signifie qu'elle aurait pu bien s'adapter aux humains, devenant ainsi plus facile à transmettre. A regarder sur BBC Afrique: Ces nouvelles mesures interviennent alors que les médias locaux rapportent que les élections au parlement de Hong Kong - le Conseil législatif - pourraient être reportées d'un an. Les agences de presse HK01, Hong Kong Economic Times et TVB ont déclaré que le gouvernement avait pris cette décision, qui n'a pas encore été officiellement annoncée, en raison des inquiétudes liées aux coronavirus." https://www.bbc.com/afrique/monde-53576118 +health Elle s'arrache les cheveux par plaisir "Mamadou Faye et Lilaafa Amouzou, avec BBC Santé Depuis sa tendre jeunesse, la chanteuse marocaine Abir el-Abed souffre de la trichotillomanie. Elle raconte à BBC Santé comment elle a souffert de cette pathologie qui lui a fait perdre la grande partie de ses cheveux. Malgré sa popularité dûe à sa musique arabo-judéo-andalouse, la chanteuse marocaine Abir el-Abed a beaucoup souffert dans sa vie. Derrière son visage rayonnant, dans les rues de Tanger où elle aime croiser ses nombreux fans, se cache un parcours douloureux. ""Il y a un proverbe en Arabe qui dit que 'la moitié de la beauté de la femme réside dans ses cheveux'. Imaginez quelqu’un qui n’a pas de cheveux, qui a 20 kilos de plus dans une société qui croit vraiment à la beauté. (Rires). C’était une vraie souffrance"", raconte la chanteuse. La jeune femme souffre depuis presque deux décennies d’une maladie peu connue : la trichotillomanie. Cette pathologie se traduit par l’arrachage compulsive de ses propres cheveux, poils des cils, des sourcils ou encore d’autres parties du corps. el-Abed dit avoir commencé à présenter les signes de la maladie dès l’âge de 8 ans. Mais elle avait d'abord pris pour cibles ses pauvres poupées. ""J’arrachais les cheveux des poupées avant que je ne commence à m’arracher les cheveux"", raconte-t-elle, montrant une de ses poupées qu'elle a gardée. ""C’était la dernière victime que j’ai gardée"", confesse-t-elle dans un éclat de rire. Ce qui était au départ un geste anodin est très vite devenu un véritable cercle vicieux. ""Je me souviens qu’au début, je me mettais devant le miroir et je trouvais des poils. Je commençais à les arracher. Je n’acceptais pas de voir les poils qui sortaient des autres qui étaient lisses et tout ça."" ""Quand j’ai des problèmes ou bien j’ai une soirée et je pense à quoi faire, qu’est-ce qu’il faut préparer, qu’est-ce qu’il faut faire ; au moment que je réfléchis, je m’arrache les cheveux. Cela fait plaisir"", dit-elle, les yeux pétillant de souvenirs douloureux. ""C’est ça le problème. C’est que c’est un cercle de plaisir et je n’arrive pas à m’arrêter. Si j’enlève un poil, je peux rester comme ça pendant des heures"", poursuit la jeune musicienne. Les principaux symptômes de la maladie sont caractérisés par un arrachage compulsif des cheveux dont la perte entraine des plaques chauves sur le cuir chevelu. Ce qui peut avoir des conséquences sociales et psychologiques. Les recherches suggèrent que 0,5% à 2% de la population mondiale est atteinte de trichotillomanie. La psychothérapeute Dikra Raissouni explique les causes réels de la maladie. ""Les causes précises sont méconnues, mais il peut s’agir de multiples causes. C’est souvent des origines héréditaires, génétiques ou bien psychologiques, et aussi en lien avec les traumatismes et les espérances de vie de la personne"", explique Mme Raissouni. Selon elle, ""ça n’a rien à voir avec la mauvaise habitude, mais c’est une vraie pathologie qui cause une souffrance importante à la personne."" ""Cette maladie peut paraitre anodine, mais malheureusement on peut trouver des conséquences importantes, tant esthétiques que psychologiques."" Pour preuve, lorsqu’en 2020, Abir décide d’apparaitre, le crâne rasé, dans un post Instagram, ses fans sont choqués. Elle voulait par là se défaire du lourd tribu des rumeurs qui lui attribuaient déjà un mauvais cancer. En se montrant ainsi, l’artiste de 30 ans voulait simplement révéler qu'elle souffrait maladie chronique. Le traitement de la trichotillomanie se traduit généralement par une thérapie comportementale et cognitive. ""La psychothérapie surtout la plus recommandée, c’est la thérapie cognitivo-comportementale et qui va aider le patient à mieux comprendre son processus de pensée mais aussi à rééduquer son anxiété"", souligne la psychothérapeute Dikra Raissouni. Au-delà de ce traitement psychothérapeutique, il est également recommandé de prendre des médicaments. ""Il y a aussi le traitement médicamenteux qui est recommandé. En tout cas pour les cas sévères, c’est recommandé de faire une association de traitement psychothérapeutique et médicamenteux"", précise la spécialiste. Si l’aide d’un professionnel est indispensable pour les personnes atteintes de trichotillomanie, le soutien des proches est tout aussi important. Ils peuvent jouer un rôle dans la guérison du patient. Abir el-Abed a pu compter sur le soutien de son petit ami qui l’a convaincue de ne plus cacher sa maladie. ""Au départ, témoigne celui-ci, quand j’ai commencé à enlever sa perruque, elle a commencé à pleurer vraiment à chaudes larmes. J’ai commencé à la consoler en lui disant : ce n’est rien, tu seras magnifique, fais moi confiance."" ""Et après, quand tout était fini, elle s’était regardée dans le miroir et elle était stupéfaite. En fait, elle se plait comme ça. Elle a commencé à avoir ce sourire qu’elle a tout le temps sur le visage. Ce sourire innocent"", raconte son petit-ami." https://www.bbc.com/afrique/articles/cyjvr8r08x9o +health Coronavirus : L'impact de la pandémie sur les musiciens La Covid-19 a durement frappé l'industrie de la musique. Alain Rodrigue Oyono, saxophoniste attitré de la star internationale de la musique, Youssou Ndour, parle de l'impact qu'a eu la maladie sur les musiciens. Ces huit derniers mois, ils n'ont pu livrer aucun concert, pourtant, les années précédentes, Alain Oyono se rappelle qu'il jouait jusqu'à 200 concerts par an au Sénégal comme à l'étranger. Le nouveau coronavirus a aussi frappé son frère, et emporté son mentor, le Camerounais Manu Dibango avec qui il entretenait des relations étroites. https://www.bbc.com/afrique/region-54199525 +health Cas de coronavirus : l'Inde devance le Brésil et suit les Etats-Unis L'Inde a enregistré plus de 90 000 nouveaux cas de Covid-19 au cours des dernières 24 heures, ce qui porte son total au-dessus de celui du Brésil. Le pays a maintenant le deuxième plus grand nombre de cas confirmés dans le monde, soit 4 204 613. Quelque 71 642 décès y ont été enregistrés. Ce qui le place au troisième rang mondial. L'augmentation des infections signalées provient principalement de cinq États. Cette hausse survient alors que le gouvernement continue à lever les restrictions pour tenter de relancer une économie qui a perdu des millions d'emplois lorsque le virus a été découvert dans le pays en mars. Au cours des sept derniers jours, le nombre de cas en Inde a augmenté, ajoutant plus de 75 000 infections par jour. Plus de 60 % de cas actifs proviennent des États de l'Andhra Pradesh, du Tamil Nadu, du Karnataka, du Maharashtra et de l'Uttar Pradesh, l'État le plus peuplé de l'Inde. Les cas ont également commencé à augmenter dans la capitale, Delhi, avec plus de 3 200 infections enregistrées dimanche, le plus grand nombre de cas enregistrés dans la ville depuis plus de deux mois. Une recrudescence du Covid-19 dans de nombreuses zones rurales a également entraîné une hausse des chiffres. Le virus a frappé une tribu isolée dans les îles Andamans, en Inde, et dix membres de la Grande Andamanese ont été testés positifs au cours du mois dernier. L'augmentation du nombre de cas est aussi en partie le reflet d'une augmentation des tests - le nombre de tests quotidiens effectués dans tout le pays est passé à plus d'un million. https://www.bbc.com/afrique/region-54056135 +health Handicap et violence domestique : 'Personne ne sait ce qui se passe derrière ces murs' "Alors que les cas de violence domestique augmentent pendant le confinement, les gens sont obligés de passer plus de temps avec leurs bourreaux. Comme l'explique Sara Cincurova, les victimes handicapées peuvent être confrontées à des difficultés particulières. ""Lorsque vous êtes handicapé et que vous vivez avec votre agresseur, vous avez peur de parler"", explique Ebere, une survivante handicapée qui a été maltraitée pendant des années. ""Surtout si vous êtes piégée avec lui à la maison, ou dépendante de son argent ou de ses soins"". Ebere, dont le nom a été modifié, a été confrontée aux maltraitances tout au long de sa vie. Née au Nigéria, elle a contracté la polio lorsqu'elle était bébé et se déplace en fauteuil roulant. Ses parents considéraient son handicap comme une ""malédiction"" et la maltraitaient physiquement et mentalement. ""J'étais traitée comme une moins que rien. J'étais battue et menacée, contrairement à mes frères et sœurs, sans handicap, qui étaient traités avec respect."" À l'âge de sept ans, Ebere a été agressée sexuellement par un membre de sa famille. Mais lorsqu'elle a essayé de le signaler, ""mes parents m'ont dit qu'ils me tueraient si j'en parlais"". Elle s'est sentie ""sans défense"". Selon l'UNICEF, les enfants handicapés sont quatre fois plus susceptibles de subir des abus et trois fois plus susceptibles de subir des violences sexuelles que leurs pairs non handicapés. Ebere a fini par s'enfuir au Royaume-Uni avec un visa d'étudiant pour étudier la prise en charge sociale. ""J'ai cru que j'avais échappé à tout jamais à la maltraitance parce que j'avais fui ma famille"", dit-elle, mais il n'en a rien été. Elle a rapidement rencontré un homme et a entamé une relation. ""Je pensais que c'était un gentleman, un prince charmant. Mais il s'est avéré être un agresseur et un joueur. Il est devenu autoritaire et a commencé à me violer. ""Le fait de subir des violences pour la deuxième fois m'a beaucoup affectée"", dit-elle. ""Personne ne sait ce qui se passe derrière ces murs. Je n'avais plus envie de vivre."" Ebere ne savait pas comment s'échapper jusqu'à ce qu'une amie mette un petit téléphone dans sa protection contre l'incontinence pour que son ex-partenaire ne le trouve pas. Il lui a permis d'appeler la police, et son partenaire a été arrêté. Mais une fois libre, elle a eu du mal à trouver un logement accessible en fauteuil roulant. Dans de nombreux refuges, il y avait des marches pour entrer dans le bâtiment ou dans les chambres, et les portes étaient parfois trop étroites pour son fauteuil roulant. Elle a également eu du mal à trouver des endroits qui disposaient des ressources nécessaires pour répondre à ses besoins en matière de santé mentale. ""Je suis restée dans des auberges, des hôtels et des refuges, mais je n'étais pas heureuse. Je n'avais pas l'impression qu'il y avait de l'inclusion"", dit-elle. Lentement, pendant cinq ans, Ebere a reconstruit sa vie et a maintenant sa propre maison. ""Je raconte mon histoire parce que j'ai vécu l'enfer et je ne veux pas que quelqu'un vive ce que j'ai dû vivre"". Lauren Avery, du Minority Rights Group International, qui protège les droits des minorités, affirme que les femmes handicapées qui ont une autre identité croisée, comme celle de réfugié, peuvent être confrontées à une double discrimination. ""Premièrement, elles sont plus susceptibles de subir des violences. Deuxièmement, elles rencontrent des obstacles pour dénoncer ces violences et accéder aux services."" Selon Avery, les informations en provenance de partout dans le monde montrent que la violence à l'égard des femmes handicapées s'est intensifiée pendant le confinement. Bien qu'aucun chiffre n'ait encore été compilé, Women's Aid a déclaré qu'avant la pandémie, les femmes handicapées étaient trois fois plus susceptibles de subir des violences domestiques et plus susceptibles de subir de multiples formes de violence au cours de leur vie, par rapport aux femmes non handicapées. Selon Mme Avery, ces chiffres doivent se refléter dans l'aide disponible. ""Une approche unique ne fonctionne manifestement pas"", dit-elle. ""Tous les clients devraient avoir la possibilité de dire quels sont leurs besoins dès qu'ils s'engagent auprès des services de lutte contre la violence domestique. On peut alors s'efforcer de procéder à des ajustements pour répondre à ces besoins."" Emma Dalmayne, une femme autiste originaire de Londres, avait 17 ans lorsqu'elle a fui les violences domestiques avec son bébé de huit mois. ""J'avais été soumise à de graves violences physiques, mais aussi à des violences mentales. Je n'avais pas le droit de regarder par la fenêtre ou d'utiliser un téléphone. Mais je ne réalisais pas qu'il s'agissait de violence"", dit-elle. ""Beaucoup d'autistes ne réalisent peut-être pas qu'il n'est pas nécessaire d'être frappé pour être maltraité"". Emma aussi a dû réfléchir soigneusement à la manière de s'échapper. ""La nuit précédant mon départ, j'ai subi l'un des pires coups. J'avais fait 'trop de bruit' en préparant un biberon à mon fils dans la cuisine et j'ai reçu des coups de pied sur le sol comme un ballon de football."" Le lendemain matin, Emma s'est rendue à la Poste pour toucher ses allocations - le seul endroit où elle était autorisée à aller seule. ""J'ai caché un biberon de rechange et deux couches dans la poussette, et je suis partie avec mon fils"". En chemin, elle a appelé un ami, qui a appelé à son tour la police. Des officiers les ont rencontrés dans la rue principale. ""Je leur ai montré mes blessures, les bleus sur mon dos et ma poitrine, et ils nous ont emmenés au service local du logement"", raconte Emma. Lorsqu'elle est arrivée au refuge, elle a sangloté de soulagement et de peur. Mais elle dit que son autisme a rendu la situation confuse et qu'elle aurait aimé plus de soutien et des ""instructions claires"" sur ce qu'il fallait faire ensuite. ""La police devrait vous accompagner jusqu'au refuge, surtout si vous avez des difficultés à vous déplacer dans les transports publics"", dit-elle. ""Les choses devraient également être rendues plus claires par le personnel du refuge, comme les indications pour se rendre aux commodités de votre nouveau domicile."" Emma est d'accord avec Avery pour dire que l'aide ne peut pas être une approche unique, surtout en présence d'un handicap. Pendant sa relation violente, elle était affamée et son estomac avait rétréci, si bien qu'elle ne pouvait pas manger au refuge. ""Mais personne ne m'a posé de questions à ce sujet, et j'étais incapable de communiquer"", dit-elle. Pour Emma, donner des informations sans qu'on le lui demande au préalable est quelque chose qui lui pose problème. Par conséquent, elle n'a reçu aucune thérapie ni aucun traitement. ""Il ne faut pas croire que si une personne est capable de parler, elle peut communiquer. Quand les gens me regardent, ils pensent 'elle ira bien, elle peut parler, elle peut expliquer ce qui s'est passé'. Mais je ne pouvais pas."" Elle affirme que les auxiliaires de vie devraient être formés pour soutenir les personnes handicapées. ""Nous pouvons avoir besoin d'aide pour établir un budget et nous devrions également voir un diététicien et un médecin lorsque nous sommes amenés pour la première fois. ""Nous avons besoin d'être placés dans une pièce sûre et calme, et d'être protégés de tout autre traumatisme, du bruit et de l'accablement"", ajoute-t-elle. La surstimulation peut conduire certaines personnes autistes à faire des crises ou à s'éteindre. Lorsqu'elle a quitté le refuge, Emma a commencé à défendre les femmes victimes de violences domestiques. Elle est également devenue PDG d'Autistic Inclusive Meets, une organisation axée sur la création d'une communauté pour les personnes autistes. ""C'est un sujet qui me tient à cœur. En tant qu'autiste, il est si facile de se laisser entraîner dans une situation où l'on se rend responsable des agressions dont on est victime. Apporter de l'aide aux personnes handicapées est tellement important. L'amour ne devrait pas faire de mal."" Illustrations par Katie Horwich" https://www.bbc.com/afrique/monde-57038640 +health "Pr Hulda Swai : ""les femmes sont aussi douées que les hommes""" "Pr Hulda Swai, professeure tanzanienne de sciences de la vie et de bio-ingénierie, a été désignée lauréate 2020 du prix continental Kwame Nkrumah de l'Union africaine (UA) pour l'excellence scientifique. Dans un entretien avec Esau Williams de BBC Focus on Africa, elle parle de ce qui l'a motivée à entreprendre une carrière scientifique et de la façon dont elle espère inspirer d'autres femmes dans ce domaine. ""La science n'est pas si difficile, c'est juste un mythe. Les femmes sont aussi douées que les hommes"", dit-elle. Pr Swai explique qu'elle ne croit pas à l'impossible. Elle révèle également que sa force de concentration l'aide à atteindre ses objectifs. A ne pas manquer sur BBC Afrique : ""Je suis une personne très concentrée et je ne crois pas à l'impossible. Ce que les gens considèrent comme impossible est pour moi un défi. Personne ne peut me décourager et je crois toujours qu'il faut se concentrer sur tout ce que je fais pour réaliser que c'est faisable"", soutient-elle. La professeure Swai a reçu cette prestigieuse récompense continentale ainsi qu'un prix en espèces de 20 000 dollars (10 865 903 FCFA). ""J'étais très heureuse. J'étais extrêmement enthousiaste car ce prix était très compétitif. Des centaines de femmes avaient posé leur candidature"", explique-t-elle. ""J'utilise la nanotechnologie, qui est ma formation et mon expertise, pour améliorer la disponibilité des extraits de plantes existants qui sont très puissants mais manquent par exemple de solubilité"", explique-t-elle à la BBC. Son travail dans le domaine des nanotechnologies a permis d'étudier des médicaments antipaludiques plus efficaces et, par l'intermédiaire de la Banque mondiale, elle a contribué à obtenir des millions de dollars pour financer les chercheurs africains. ""J'ai réussi à réunir 7,5 millions de dollars américains (+de 4 milliards FCFA), ce qui fait que je reçois une centaine d'étudiants qui ont été parrainés grâce à mes efforts"", révèle la chercheuse. Ecouter :" https://www.bbc.com/afrique/region-56222105 +health Ménopause : qu'est-ce que c'est et quels sont les signes ? "Chaque femme passe par la ménopause et les symptômes commencent normalement au milieu de la quarantaine. À l'occasion de la Journée mondiale de la ménopause, qui vise à sensibiliser le public à cette étape de la vie, voici notre guide sur ce qui se passe à l'approche de l'arrêt des règles. Articles recommandés : La ménopause est le moment où les femmes cessent d'avoir leurs règles, ce qui se produit normalement vers l'âge de 51 ans. Cela marque la fin des années de reproduction et le début d'une nouvelle phase de la vie. La période qui précède cet événement, pendant laquelle les règles deviennent irrégulières, est connue sous le nom de péri-ménopause. Elle commence, en moyenne, à 46 ans. C'est à ce moment-là que de nombreuses femmes remarquent que leurs règles deviennent imprévisibles ou abondantes, et qu'elles éprouvent des sentiments ou des problèmes physiques qu'elles n'avaient pas connus auparavant. Lorsque les règles n'ont pas eu lieu pendant 12 mois, on peut dire que l'on a vécu la ménopause (les dernières règles). Pour certaines, cela peut arriver plus tôt, soit naturellement, soit après un traitement pour une autre maladie. Les niveaux d'hormones changent, en particulier les œstrogènes, qui contrôlent le cycle menstruel. Avec l'âge, les ovaires produisent moins d'ovules, les niveaux d'œstrogènes fluctuent puis diminuent progressivement, ce qui entraîne les symptômes de la ménopause. Mais cela ne se produit pas du jour au lendemain. Il peut s'écouler plusieurs années avant que cette hormone cruciale n'atteigne de faibles niveaux - et qu'elle reste dans cette situation - entraînant des changements dans l'organisme au fil du temps. Lorsque les ovaires cessent complètement de produire des ovules, la grossesse n'est plus possible et la ménopause survient. La ménopause - et les années qui la précèdent - affectent les femmes de différentes manières. Le cerveau, les règles, la peau, les muscles et les émotions sont tous affectés par la baisse du taux d'œstrogènes. Il existe de nombreux symptômes possibles et vous pouvez en avoir certains, tous ou aucun - et pendant des durées variables. Les symptômes les plus courants sont les suivants : Les troubles de la mémoire et de la concentration, généralement appelés ""brouillard cérébral"", sont également souvent mentionnés, tout comme les articulations douloureuses et la peau sèche. Toutes les femmes ne présentent pas de symptômes - mais la plupart d'entre elles en ont, environ 75 %. Et un quart des femmes qui traversent la ménopause décrivent des symptômes graves. Ils peuvent durer en moyenne sept ans, une femme sur trois les ressentant même plus longtemps. Si vous prenez une pilule contraceptive, il peut être plus difficile de savoir quand vous avez atteint la ménopause, car elles peuvent affecter vos règles de différentes manières. Un manque d'œstrogène. Il est impliqué dans le fonctionnement du thermostat du corps dans le cerveau. Normalement, le corps s'adapte bien aux changements de température, mais lorsque l'œstrogène fait défaut, le thermostat se dérègle et le cerveau pense que le corps surchauffe alors que ce n'est pas le cas. Les œstrogènes peuvent également affecter l'humeur. L'hormone interagit avec des substances chimiques dans les récepteurs du cerveau qui contrôlent l'humeur, et à des niveaux faibles, elle peut provoquer de l'anxiété et une mauvaise humeur. Oui, la progestérone et la testostérone, mais elles n'ont pas le même impact qu'un faible taux d'œstrogènes. La progestérone aide à préparer le corps à la grossesse chaque mois, et elle diminue lorsque l'ovulation cesse et que les règles s'arrêtent. La testostérone, que les femmes produisent en grande quantité, est liée à la libido et aux niveaux d'énergie. Elle diminue à partir de la vingtaine, et certaines femmes ont besoin d'un complément de testostérone. Des tests sont vendus et commercialisés pour diagnostiquer la ménopause, mais les experts s'accordent à dire qu'ils ne sont pas utiles après l'âge de 45 ans. Il est préférable de parler à un médecin généraliste ou à une infirmière de la fréquence de vos règles et des symptômes que vous ressentez. Les tests mesurent les niveaux d'une hormone appelée FSH (hormone folliculo-stimulante). Cependant, les niveaux d'hormones augmentent et diminuent tout le temps, même au cours d'une journée, de sorte que le test ne peut pas vraiment déterminer ce qui se passe. Les femmes peuvent toujours tomber enceintes si leurs règles sont irrégulières - les experts conseillent d'utiliser une méthode de contraception jusqu'à 55 ans. Le traitement hormonal substitutif (THS) (Insérez un lien vers des informations dans votre langue) permet de reconstituer les hormones comme les œstrogènes qui commencent à diminuer au moment de la ménopause, et de soulager les symptômes. Mais il peut ne pas convenir aux personnes ayant des antécédents de certains cancers, de caillots sanguins et d'hypertension artérielle. Les femmes peuvent améliorer leur état de santé en : Des recherches suggèrent même que la consommation d'œstrogènes végétaux - contenus dans le soja et le trèfle rouge - pourrait soulager les symptômes, et que des suppléments de vitamine D pourraient améliorer la santé des os. Un an après vos dernières règles, vous êtes en phase de post-ménopause. La production d'œstrogènes ayant complètement cessé, les os et le cœur sont affectés à long terme. Une grande partie de ce phénomène fait partie intégrante du vieillissement. Avec l'augmentation de l'espérance de vie, les femmes vivent désormais plus d'un tiers de leur vie après la ménopause." https://www.bbc.com/afrique/monde-63299944 +health Paludisme: un essai suggère que la maladie pourrait être réduite de 70 % "Une nouvelle approche de la protection des jeunes enfants africains contre le paludisme pourrait réduire de 70 % les décès et les maladies dus à cette maladie, selon une étude. Selon des chercheurs londoniens, le fait de leur administrer des vaccins avant la pire saison, en plus des médicaments préventifs, a donné des résultats ""très frappants"". L'essai a suivi 6 000 enfants âgés de moins de 17 mois au Burkina Faso et au Mali. La plupart des 400 000 décès dus au paludisme chaque année concernent les moins de cinq ans. Et cette maladie transmise par les moustiques reste un problème de santé majeur dans de nombreuses régions d'Afrique subsaharienne. Cet essai, publié dans le New England Journal of Medicine, visait à administrer aux très jeunes enfants un vaccin déjà utilisé et des médicaments antipaludéens au moment de l'année où ils sont le plus vulnérables - souvent la saison des pluies (à partir de juin au Burkina Faso), lorsque les moustiques se multiplient. ""Cela a mieux fonctionné que ce que nous pensions"", indique le professeur Brian Greenwood, membre de l'équipe de recherche, de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM), qui a dirigé l'essai. ""Les admissions à l'hôpital étaient moins nombreuses, les décès étaient moins nombreux dans les deux pays - et nous ne nous attendions vraiment pas à voir cela"". Sur trois ans, l'essai a montré que trois doses de vaccin et de médicaments avant la pire saison de paludisme, suivies d'une dose de rappel avant les saisons des pluies suivantes, permettaient de contrôler les infections bien mieux que les vaccins ou les médicaments seuls - et, selon les chercheurs, pourraient sauver des millions de jeunes vies dans le Sahel. Parmi les enfants qui ont reçu des doses de vaccin et des médicaments, on comptait : 624 cas de paludisme 11 enfants traités à l'hôpital pour un paludisme grave trois décès dus au paludisme Parmi le même nombre d'enfants qui ont reçu uniquement des médicaments préventifs - l'approche actuelle dans ces pays - il y a eu : 1 661 cas de paludisme 37 admissions à l'hôpital 11 décès dus au paludisme Selon les scientifiques, les effets combinés du vaccin et des médicaments utilisés dans l'essai semblent être étonnamment puissants. Le vaccin - appelé RTS,S et créé par GlaxoSmithKline il y a plus de 20 ans - tue les parasites qui se multiplient très rapidement dans le foie, tandis que les médicaments antipaludiques ciblent les parasites dans les globules rouges de l'organisme. Depuis de nombreuses années, les vaccins contre la grippe sont utilisés de manière saisonnière, pour protéger les gens avant l'hiver, mais ils ont rarement été essayés contre le paludisme. Le Dr Pedro Alonso, directeur du programme mondial de lutte contre le paludisme de l'Organisation mondiale de la santé s'en réjouit. Lire aussi ""Nous nous félicitons de cette utilisation innovante d'un vaccin contre le paludisme : ""Nous saluons cette utilisation innovante d'un vaccin contre le paludisme pour prévenir la maladie et la mort dans des zones hautement saisonnières en Afrique"", dit-il. Le vaccin a déjà atteint plus de 740 000 enfants au Ghana, au Kenya et au Malawi, dans le cadre du programme de vaccination systématique des enfants. Et les chercheurs du Mali disent attendre avec impatience ""une décision politique rapide"" de l'OMS pour cette nouvelle approche. Aucun effet secondaire inquiétant n'a été constaté chez les enfants participant à l'essai. Les enfants concernés continueront à recevoir des vaccins, des médicaments ou les deux jusqu'à l'âge de cinq ans, et les résultats de l'étude seront disponibles l'année prochaine. L'organisation caritative Malaria No More a déclaré que la fin définitive du paludisme ""dépend du développement et de la fourniture de nouveaux produits et interventions"". Et le gouvernement doit continuer à investir dans des projets de recherche tels que celui-ci." https://www.bbc.com/afrique/monde-55333389 +health Lutte contre le coronavirus : le chef du CDC Afrique salue le leadership africain "Le directeur des Centres africains de contrôle des maladies (CDC) félicite les dirigeants africains pour leur soutien à une stratégie continentale commune pour faire face à la pandémie de coronavirus. John Nkengasong déclare dans l'émission Newsday de la BBC que les initiatives de santé publique sur le continent, notamment l'augmentation des tests, la recherche des contacts et le port des masques faciaux, ont entraîné une baisse des nouveaux cas de coronavirus. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait précédemment déclaré que l'épidémie de Covid-19 en Afrique pourrait avoir dépassé son pic. Lundi, elle a publié de nouvelles données indiquant que l'Afrique avait enregistré une baisse de 12 % des nouveaux cas de virus. ""Nos chiffres reflètent les efforts et le leadership en matière de santé publique alors que le continent s'est rallié à un effort continental commun pour intensifier les tests et le suivi de la recherche des contacts et, ce qui est très important, le port du masque"", déclare le Dr Nkengasong. ""Ce virus est dans la communauté et sans une réponse et un engagement forts de la communauté, il n'y a aucune chance que nous puissions lutter et c'est ce que nous faisons"", poursuit-il Il ajoute que l'expérience du continent avec des maladies comme le virus Ebola avait aidé les pays à développer des mesures de recherche des contacts qui ont permis de faire face à la pandémie de coronavirus. A ses yeux, les interventions précoces mises en place par différents pays ont également contribué à contenir le virus." https://www.bbc.com/afrique/region-54265684 +health "Zamalek ne jouera pas ""avant la fin du coronavirus""" "Les joueurs du Zamalek, club de la Premier League égyptienne, ont refusé de reprendre l'entraînement ou de revenir pour terminer la saison en cours, à moins qu'un ""remède contre le coronavirus ne soit trouvé"". Les compétitions de football en Égypte doivent reprendre le 25 juillet après que le gouvernement a autorisé les équipes à reprendre l'entraînement ce mois-ci. La propagation croissante du virus en Égypte a pourtant engendré plus de 66 000 cas confirmés. Le refus de Zamalek de reprendre la compétition actuelle intervient après que le gardien de but de l'équipe, Mohamed Awad, a révélé qu'il avait été testé positif au coronavirus le 26 juin. Les capitaines des équipes du club, Hazem Emam et Shikabala, ont publié une déclaration annonçant qu'ils ne poursuivront pas le championnat. ""Nous n'irons pas sur le terrain avant que le coronavirus ait disparu et qu'un remède soit trouvé"", a écrit Emam sur son compte Instagram. ""Personne ne peut nous forcer à risquer notre vie, surtout depuis que notre coéquipier Mohamed Awad a été testé positif. ""Je tiens à vous informer qu'en tant que capitaine de l'équipe, mes coéquipiers et moi ne sacrifierons pas notre vie et celle des membres de notre famille juste pour reprendre la ligue et faire plaisir à Al Ahly et aux personnes qui les soutiennent"". Jusqu'à présent, il y a plus de 22 cas dans la ligue après que des tests ont été effectués sur les joueurs. Emam a ajouté dans son post Instagram qu'il chercherait à soulever la question avec le président du pays, Abdel Fattah Al-Sisi, si la ligue devait être reprise. ""Les joueurs sont prêts à faire tout ce qu'il faut, même si cela implique de rencontrer son excellence le président pour lui expliquer que la fédération égyptienne sacrifie la vie de son peuple, juste pour faire plaisir à un certain club"", a-t-il déclaré. Le président du Zamalek, Mortada Mansour, a également annoncé le retrait de son club de la Premier League égyptienne après avoir consulté l'entraîneur de la première équipe, Patrice Cateron. Les conséquences de la décision du Zamalek sur la représentation du club en Ligue des champions de la CAF restent floues. Le quintuple champion d'Afrique est en effet sur le point d'affronter le Raja Casablanca du Maroc en demi-finale de la compétition. Zamalek ne se sent pas obligé de continuer la compétition, car son rival historique, Al Ahly, semble destiné à être couronné champion. Le Zamalek n'a pas la chance de remporter le championnat cette saison. Alors qu'il reste 18 matchs à jouer dans le championnat, les chances de Zamalek de remporter le titre sont très faibles. Le club préférerait que la compétition soit annulée et qu'une nouvelle saison reprenne à une date ultérieure. D'autres clubs en Égypte, dont Ismaily et Al Masry, ont également refusé publiquement de reprendre les compétitions de football en raison de la situation du coronavirus. Al Ahly, en revanche, est tout à fait favorable à une reprise. La Ligue des champions africains est importante pour les fans du Zamalek. Je pense que les joueurs vont reprendre l'entraînement. Personne ne veut être responsable de la sous-préparation du club pour une étape aussi importante que la demi-finale." https://www.bbc.com/afrique/sports-53265162 +health Un bébé nait sans visage au Portugal "Au Portugal, un bébé est né sans nez, sans yeux et avec une partie du crâne qui manque. L'obstétricien qui assurait le suivi médical de la maman a été suspendu. Les parents du bébé Rodrigo n'étaient pas au courant des graves anomalies physiques de leur fils avant sa naissance au début du mois. Les responsables du conseil médical ont voté la suspension du Dr Artur Carvalho en raison d'allégations de négligence. D'autres plaintes, remontant à plus d'une décennie, ont été déposées pour le cas d'autres bébés. Ces cas, détaillés par les médias portugais, ont provoqué une indignation généralisée. Le Dr Carvalho n'a commenté publiquement aucune des allégations et la BBC n'a pas été en mesure de le contacter directement. Rodrigo est né le 7 octobre à l'hôpital São Bernardo de Setúbal, à environ 40 km au sud de Lisbonne. Sa mère avait été suivie par le Dr Carvalho. Elle a fait trois échographies tout au long de sa grossesse dans une clinique privée et les parents disent que le médecin n'a soulevé aucune préoccupation concernant la santé du fœtus. La mère aurait ensuite subi une quatrième échographie 5D plus détaillée dans une autre clinique alors qu'elle était enceinte de six mois. Au cours de cette analyse, la possibilité d'anomalies a été évoquée, mais le Dr Carvalho n'a prétendument pas tenu compte de ces préoccupations. ""Il a expliqué que parfois certaines parties du visage ne sont pas visibles aux ultrasons quand le visage du bébé est collé au ventre de la mère"", a déclaré la tante de Rodrigo à l'AFP. Après la naissance de Rodrigo et la découverte de ses anomalies, on aurait dit à ses parents qu'il ne survivrait que pendant des heures. Cependant, plus de deux semaines plus tard, le garçon est toujours en vie et en surveillance à l'hôpital. Ses parents auraient déposé une plainte contre le Dr Carvalho auprès du parquet portugais. Avec l'indignation suscitée par le cas du bébé Rodrigo, d'autres plaintes contre le Dr Carvalho ont été mises au jour. Au moins six plaintes médicales datant de 2013 sont actuellement en cours contre lui, selon les autorités sanitaires. D'autres parents se sont manifestés pour partager leurs histoires personnelles avec les médias portugais sur l'échec présumé du Dr Carvalho à détecter les problèmes de santé dans leurs propres grossesses. Dans un cas, un bébé est né en 2011 avec un visage défiguré, des jambes déformées et de graves lésions cérébrales. La mère, nommée Laura Afonso, a déclaré au journal Publico qu'elle avait déposé une plainte pénale contre le médecin mais un procureur l'a rejetée. Aujourd'hui âgée de huit ans, son enfant a subi de multiples opérations mais ne peut toujours pas parler ou marcher, dit-elle. Une autre affaire pénale dans laquelle l'enfant est décédé des mois après sa naissance en 2007 aurait également été rejetée sans avoir été jugée, rapporte Publico. Le scandale grandissant a suscité l'indignation au Portugal. Elle a soulevé des questions sur le fonctionnement du système de santé du pays, ainsi que sur les procédures de plaintes. Miguel Guimarães, président de l'association médicale portugaise (Ordem dos Médicos), a donné la semaine dernière une conférence de presse au cours de laquelle il a déclaré avoir contacté directement le Dr Carvalho, étant donné l'""alarme sociale"" causée par cette affaire. Le médecin, a-t-il dit, avait accepté de cesser d'effectuer les interventions pendant que les investigations se poursuivaient. Le conseil de discipline de l'organe s'est ensuite réuni en début de semaine et a décidé à l'unanimité que le Dr Carvalho devrait être suspendu pour six mois pendant que les enquêtes se poursuivaient. ""Il y a de fortes preuves"" de la négligence du médecin, qui ""peut conduire à une sanction disciplinaire"", a déclaré Alexandre Valentim Lourenco, chef du conseil médical pour la région sud, à un média local après l'annonce de la décision. M. Lourenco a dit qu'il espérait que la suspension contribuerait à ""rassurer"" les femmes enceintes sur ce scandale." https://www.bbc.com/afrique/monde-50168566 +health Grossesse extra-utérine : une femme raconte son expérience """Je me suis réveillée avec une douleur atroce. Je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais même pas me tourner, je devais rester immobile pour contrôler la douleur"", Kris Asimonye Ugboma, épouse du comédien nigérian Bovi, raconte comment elle a été opérée après une grossesse extra-utérine survenue dans une de ses trompes de Fallope. Dans un long post qu'elle a mis sur sa page instagram, Kris a partagé une vidéo et une photo d'elle alors qu'elle se rendait à l'hôpital. Elle dit avoir commencé à ressentir des maux d'estomac chroniques le 14 janvier 2022. ""Je n'arrive pas à supporter la douleur, mais cette fois-ci, c'est une douleur d'accouchement."" A surtout lire sur BBC Afrique : ""Je n'arrive pas à me contrôler, j'appelle mon mari à contrecœur. Il m'a demandé d'aller à l'hôpital plusieurs fois dans la journée avant ce moment."" ""30 minutes plus tard, la douleur n'a même pas disparu. Mon mari m'a encore demandé d'aller à l'hôpital, mais j'ai refusé"". Elle raconte avoir dit à son mari qu'elle allait bien. Kris dit qu'elle a utilisé des analgésiques et que la douleur n'a pas diminué jusqu'à ce qu'une heure plus tard, elle commence à se sentir comme si elle voulait s'évanouir. ""J'ai appelé les urgences mais je ne pouvais pas parler, puis je me suis évanouie. D'une manière ou d'une autre, je me suis miraculeusement réveillée avec de nombreux appels manqués du service d'urgence."" Elle explique encore comment elle a ensuite mis sa perruque, et commencé à se rendre à l'école de son enfant. ""Je pense que la douleur a diminué"", dit-elle. ""J'ai promis que j'irais voir mon fils à 10 heures du matin et que je ne le décevrais pas, alors j'ai mis ma douleur de côté, j'ai appelé un taxi et je me suis retrouvée à boiter jusqu'à son école"". ""Dès que l'infirmière de l'école m'a vue, elle m'a dit que je n'allais pas bien. Dieu a utilisé cette femme pour me faire monter de force dans une voiture et elle a demandé au chauffeur de m'emmener directement à l'hôpital."" ""Deux heures plus tard, je me suis évanouie à nouveau alors que nous attendons de voir le médecin et les infirmières ne sont même pas conscientes de ce qui se passe."" Kris explique que tous les tests qu'elle a faits pour voir si elle avait une infection sont revenus négatifs. ""Je leur dis que je ne peux pas rentrer chez moi sans avoir vu le docteur. Je me suis évanouie deux fois aujourd'hui"", ajoute-t-elle. Plus tard, elles appellent le gynécologue et la phrase qu'elle entend, c'est ""prenez une chaise roulante et emmenez-la dans le service de gynécologie et de maternité"", explique Kris dans son long post Instagram. Après le scanner, on lui explique qu'elle a une grossesse extra-utérine et qu'une rupture s'est produite dans l'une de ses trompes. Le docteur lui dit qu'elle a une hémorragie interne. Kris dit qu'ils l'ont emmenée immédiatement en chirurgie. ""Je n'ai pas pu suivre le déroulement de l'opération. J'ai besoin de force à ce moment-là, je ne peux même pas prier. Je ne peux pas appeler quelqu'un parce que la dernière chose que je ressens, c'est la panique "". ""Pour la première fois de ma vie, j'ai vraiment eu besoin de force. Et c'était bien plus que de force physique"". ""Je suis physiquement, émotionnellement et mentalement épuisée"", elle dit que son mari, Bovi, est déjà en train de paniquer. ""Avant de me conduire au bloc opératoire, j'ai fait tout ce que je pouvais pour sortir de là vivante et plus forte."" Pour la fin de son post, Kris dit qu'elle est reconnaissante d'être en vie et remercie également tous les gens qui l'entouraient à ce moment-là. D'après les explications du National Health Service du Royaume-Uni, la grossesse ectopique est celle où un ovule fécondé se plante en dehors de l'utérus, le plus souvent dans l'une des trompes de Fallope. Les trompes de Fallope sont les tubes qui relient les ovaires à l'utérus. Si l'ovule s'y accroche, il ne se développera pas en un bébé et la santé de la femme sera menacée si la grossesse se poursuit. Malheureusement, il n'est pas possible de sauver la grossesse. Elle est enlevée avec des médicaments ou une opération. La grossesse extra-utérine ne présente pas toujours de symptômes et ne peut être détectée que lors d'un examen de routine. Si vous avez des symptômes, ils se développent toujours entre la 4e et la 12e semaine de grossesse. Les symptômes peuvent être une combinaison de : Selon les conseils du NHS, il est important que les femmes qui présentent l'un de ces symptômes pendant leur grossesse consultent immédiatement leur médecin." https://www.bbc.com/afrique/region-60162688 +health Coronavirus : l'OMS critique l'UE sur le contrôle des exportations de vaccins "L'Organisation mondiale de la santé (OMS) critique l'annonce par l'UE de contrôler l'exportation des vaccins produits au sein du bloc européen. Elle affirme que de telles mesures risqueraient de prolonger la pandémie. L'UE a introduit cette mesure dans le cadre d'une dispute avec les fabricants de vaccins sur les insuffisances de livraison. Mais Mariangela Simao, vice-présidente de l'OMS, soutient qu'il s'agit d'une ""tendance très inquiétante"". A ne pas manquer sur BBC Afrique : Auparavant, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, chef de l'OMS, a indiqué que le ""nationalisme en matière de vaccins"" pourrait conduire à une ""guérison prolongée "". S'exprimant lors de l'Agenda de Davos - une version virtuelle du sommet mondial - il estime que la thésaurisation des vaccins ""maintiendrait la pandémie en activité et ... ralentirait la reprise économique mondiale"" en plus d'être un ""échec moral catastrophique"" qui pourrait encore accroître l'inégalité mondiale. L'Union européenne met en place des contrôles à l'exportation des vaccins contre les coronavirus fabriqués sur le terrtoire européen, au milieu d'une querelle sur les insuffisances de livraison. Le mécanisme dit de transparence donne aux pays de l'UE le pouvoir de refuser l'autorisation d'exporter des vaccins si l'entreprise qui les fabrique n'a pas honoré les contrats existants avec l'UE. ""La protection et la sécurité de nos citoyens est une priorité et les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui ne nous laissent pas d'autre choix que d'agir"", soutient la Commission européenne. Ces contrôles concerneront une centaine de pays dans le monde, dont le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada et l'Australie; mais de nombreux autres, y compris des pays plus pauvres, en sont exemptés. Toutefois, l'UE a été contrainte de revenir sur son projet d'imposer des restrictions à l'exportation de vaccins à travers la frontière de l'île d'Irlande, après les protestations de Dublin et de Londres. L'UE insiste sur le fait que ses contrôles sont temporaires et ne constituent pas une interdiction d'exportation. La nouvelle arrive au moment où l'Union européenne se trouve dans un conflit très public avec le fabricant de médicaments AstraZeneca au sujet de l'approvisionnement, et sous la pression croissante de la lenteur de la distribution des vaccins. Plus tôt dans la journée de vendredi, la Commission a rendu public un contrat confidentiel avec AstraZeneca, la société suédo-britannique à l'origine du vaccin d'Oxford, afin d'étayer son argument selon lequel la firme n'a pas tenu ses promesses de livraison au bloc européen. Selon la nouvelle règle, les fabricants de vaccins devront demander une autorisation avant de fournir des doses en dehors de l'UE. Les 27 États membres de l'UE pourront examiner ces demandes d'exportation. Les vaccins produits par Pfizer en Belgique sont actuellement exportés vers le Royaume-Uni, et l'UE insiste sur le fait qu'une partie du vaccin d'AstraZeneca produit en Angleterre est destiné sous contrat à des citoyens de l'UE. L'UE est également en conflit d'approvisionnement avec Pfizer, qui ne devrait pas fournir le volume de vaccins prévu par le contrat pour l'UE d'ici la fin mars. Selon Pfizer, cela s'explique par l'expansion urgente de son usine de Puurs, en Belgique. Le manque à gagner d'AstraZeneca pour l'UE devrait être d'environ 60 % au premier trimestre 2021. À l'annonce des contrôles à l'exportation, l'autorité européenne de réglementation des médicaments, l'EMA, a autorisé l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca chez les plus de 18 ans. L'UE autorise quelque 92 dérogations au régime de contrôle des exportations, notamment pour les dons de vaccins au Covax, le programme mondial d'aide aux pays pauvres, et pour les exportations vers la Suisse, les pays des Balkans occidentaux, la Norvège et l'Afrique du Nord. D'autres pays méditerranéens, comme le Liban et Israël, sont également exemptés. Expliquant les mesures à l'exportation, la commissaire européenne à la santé, Stella Kyriakides, explique lors d'une conférence de presse qu'elles garantiront l'accès aux vaccins à tous les citoyens de l'UE et que toutes les parties respecteront les règles du jeu. ""Cette approche est fondée sur la confiance, la transparence et la responsabilité"", dit-elle. Toutefois, le directeur des urgences de l'OMS, Michael Ryan, a déclaré que les différends entre les pays riches au sujet des vaccins étaient préoccupants, étant donné que les travailleurs de la santé et les populations à haut risque dans d'autres parties du monde devaient attendre longtemps avant de pouvoir se faire vacciner. ""Cela ressemble à une lutte pour le gâteau, alors qu'ils n'ont même pas accès aux miettes"", explique-t-il. L'UE est tenue par contrat de recevoir les doses de vaccin suivantes : Selon Katya Adler, rédactrice en chef de la BBC pour l'Europe, certains gouvernements de l'UE commencent à montrer de l'impatience à l'égard de Bruxelles, qui espérait que son programme d'achat de vaccins serait un phare de la solidarité et de la force européennes. Le processus de négociation laborieux de la Commission, l'approbation tardive des vaccins par le régulateur médical de l'UE et les retards actuels dans les livraisons de vaccins ont fait que les citoyens de l'UE exigent des réponses et des actions, déclare Katya Adler. Markus Söder, premier ministre bavarois et éventuel futur chancelier allemand, a confié vendredi à la télévision ZDF qu'il avait l'impression que la Commission ""a commandé trop tard, et n'a parié que sur quelques entreprises, elles se sont mises d'accord sur un prix dans le cadre d'une procédure européenne typiquement bureaucratique et ont complètement sous-estimé l'importance fondamentale de la situation"". L'ancien premier ministre suédois Carl Bildt écrit sur Twitter qu'il ""espère ne pas voir [l'Union européenne] mener le monde sur la voie destructrice du nationalisme vaccinal"". ""Toute l'histoire de succès de notre continent a été celle de chaînes de valeur mondiales ouvertes"", ajoute-t-il. Analyse Par Gavin Lee, Correspondant en Europe Au début de la semaine, l'UE indique que cette proposition est sur la bonne voie. Il s'agirait d'un ""système de notification"", selon les fonctionnaires. Rien de plus qu'un moyen de faire preuve de transparence. Cela s'est maintenant transformé en une politique de contrôle des exportations, en partie à cause de l'insistance de l'Allemagne pour que les gouvernements de l'UE soient ceux qui décident si les entreprises basées dans l'UE peuvent exporter des vaccins ailleurs. Les fonctionnaires de l'UE me disent que cette politique a également été déclenchée en partie par la profonde suspicion de la ""vague justification"" donnée par AstraZeneca cette semaine, lorsque leur directeur général a insisté sur le fait que le problème de production était dû à une ""baisse de productivité"" dans son usine belge. Ce nouveau système de contrôle des exportations pourrait bien affecter les livraisons de vaccins britanniques. Pfizer expédie actuellement des doses du site de Puurs ici vers le Royaume-Uni. À l'avenir, Pfizer devra remplir un formulaire d'exportation et attendre jusqu'à 48 heures pour que sa demande d'exportation soit acceptée ou rejetée par le gouvernement belge. Cette décision serait basée sur la question de savoir si l'entreprise peut prouver que le transport de ce lot de vaccins vers le Royaume-Uni n'affecterait pas l'accord européen existant." https://www.bbc.com/afrique/monde-55871607 +health 'Huttes à règles' : des femmes obtiennent de meilleures cases de séjour pendant leurs menstrues "Les ""huttes à règles"" où des milliers de femmes et de jeunes filles tribales sont bannies pendant leurs menstruations dans l'État du Maharashtra, dans l'ouest de l'Inde, sont en train de faire peau neuve. Une association caritative basée à Mumbai, la Kherwadi Social Welfare Association, remplace les huttes, pour la plupart délabrées, connues sous le nom de kurma ghar ou gaokor, par des maisons de repos modernes équipées de lits, de toilettes intérieures, d'eau courante et de panneaux solaires pour l'électricité. Mais l'opération a mis en lumière la nécessité de lutter contre la stigmatisation de ce qui est une fonction corporelle naturelle. Les critiques disent qu'une meilleure stratégie serait de se débarrasser complètement de ces cabanes d'époque. Mais les militants affirment qu'elles offrent aux femmes un endroit sûr où aller, même si la stigmatisation des règles se poursuit. A ne pas manquer sur BBC Afrique : En Inde, les menstruations ont longtemps été un tabou, les femmes qui ont leurs règles étant considérées comme impures et contraintes de vivre sous de sévères restrictions. Elles sont exclues des fonctions sociales et religieuses et se voient refuser l'accès aux temples, aux sanctuaires et même aux cuisines. Mais l'exclusion à laquelle sont confrontées les femmes des tribus Gond et Madia de Gadchiroli, l'un des districts les plus pauvres et les plus sous-développés de l'Inde, est extrême. Leurs croyances traditionnelles les obligent à passer cinq jours par mois dans une hutte, située la plupart du temps à la périphérie du village, à la lisière de la forêt. Elles ne sont pas autorisées à cuisiner ou à puiser de l'eau dans le puits du village et doivent dépendre de la nourriture et de l'eau que leur apportent les femmes de leur famille. Si un homme les touche, il doit immédiatement se laver car il devient lui aussi ""impur par association"". Les femmes du village de Tukum - où la première case moderne pour les règles a été construite l'année dernière - affirment que pour les 90 femmes menstruées de leur village, la vie est beaucoup plus facile maintenant. Auparavant, elles disent qu'à l'approche de la date de leurs règles, l'idée de se rendre dans la cabane en ruine les remplissait d'effroi. La structure de boue et de bambou avec un toit de chaume n'avait ni porte ni fenêtre et ne disposait même pas des installations les plus élémentaires. Pour se baigner ou laver leurs vêtements, elles devaient marcher jusqu'à une rivière située à un kilomètre. Surekha Halami, 35 ans, raconte que pendant l'été, il faisait une chaleur insupportable et était infesté de moustiques ; en hiver, il faisait un froid glacial ; et pendant les pluies, le toit présentait des fuites et des flaques d'eau se formaient sur le sol. Parfois, des chiens errants et des cochons entraient aussi. Sheetal Narote, 21 ans, raconte que lorsqu'elle devait rester seule dans la hutte, elle ne pouvait pas dormir la nuit à cause de la peur. ""Il faisait sombre à l'intérieur comme à l'extérieur et je voulais rentrer chez moi mais je n'avais pas le choix"". Sa voisine, Durpata Usendi, 45 ans, raconte qu'il y a 10 ans, une femme de 21 ans qui logeait dans la hutte est morte d'une morsure de serpent. ""Nous avons été réveillés juste après minuit quand elle a couru hors de la hutte, en pleurant et en criant. Les femmes de sa famille ont essayé de l'aider, elles lui ont donné des herbes et des médicaments locaux. ""Les hommes, même ceux de sa famille, regardaient de loin. Ils ne pouvaient pas la toucher car les femmes en période de menstruation sont impures. Le poison s'est répandu dans son corps, elle s'est allongée sur le sol en se tordant de douleur et est morte quelques heures plus tard."" Lors d'un appel vidéo, les femmes me font visiter leur nouvelle cabane - faite de bouteilles d'eau en plastique recyclées remplies de sable, elle est peinte d'un rouge joyeux avec des centaines de bouchons de bouteilles bleus et jaunes incrustés dans les murs. Elle est équipée de huit lits et ""surtout"" - soulignent les femmes - de toilettes intérieures et d'une porte qu'elles peuvent verrouiller. Nicola Monterio de KSWA affirme qu'elle a coûté 650 000 roupies (4 798 608 FCFA) et que sa construction a duré deux mois et demi. L'ONG a construit quatre huttes d'époque et six autres doivent ouvrir à la mi-juin dans des villages voisins. Dilip Barsagade, président de Sparsh, une organisation caritative locale qui travaille dans la région depuis 15 ans, explique qu'il y a quelques années, il a visité 223 huttes d'époque et a constaté que 98 % d'entre elles étaient ""insalubres et dangereuses"". À partir des anecdotes fournies par les villageois, il a dressé une liste d'""au moins 21 femmes qui sont mortes pendant leur séjour dans les huttes kurma pour des raisons totalement évitables"". ""Une femme est morte d'une morsure de serpent, une autre a été emportée par un ours, une troisième avait une forte fièvre"", explique-t-il. Son rapport a incité la Commission nationale des droits de l'homme de l'Inde (NHRC) à demander au gouvernement de l'État d'""éradiquer la coutume"", car elle constituait ""une violation grave des droits fondamentaux des femmes... de leur sécurité, de leur hygiène et de leur dignité"", mais des années plus tard, la tradition reste profondément ancrée. Toutes les femmes de Tukum - et des villages voisins - à qui j'ai parlé m'ont dit qu'elles ne voulaient pas aller dans la hutte d'époque, que le manque d'installations les mettait parfois en colère, mais elles ont ajouté qu'elles se sentaient impuissantes à changer une pratique ancrée dans des siècles de tradition. Surekha Halami a dit qu'elle craignait que si elles défiaient la tradition, elles s'exposeraient à la colère des dieux et inviteraient la maladie et la mort dans la famille. ""Ma grand-mère et ma mère allaient au kurma ghar, j'y vais tous les mois, et un jour j'enverrai ma fille aussi"", m'a-t-elle dit. Chendu Usendi, un ancien du village, a confié à la BBC que la tradition ne pouvait être modifiée car ""elle a été décrétée par nos dieux"". Il a précisé que la défiance était punie et que ceux qui enfreignaient la tradition devaient organiser un festin pour tout le village avec du porc ou du mouton et de l'alcool ou payer une amende. La religion et la tradition sont souvent citées comme les principales raisons justifiant les restrictions, mais de plus en plus, les femmes urbaines et éduquées remettent en question ces idées rétrogrades. Des groupes de femmes ont saisi les tribunaux pour demander l'accès aux temples hindous et aux sanctuaires musulmans, et des campagnes sur les médias sociaux telles que #HappyToBleed ont été organisées pour déstigmatiser les règles. ""Mais il s'agit d'une région très arriérée et le changement y est toujours progressif. L'expérience montre que nous ne pouvons pas lutter contre ce phénomène de manière frontale"", déclare Mme Monterio. Les nouvelles huttes, dit-elle, offriront aux femmes un espace sûr pour le moment, tandis que nous poursuivons l'objectif futur d'éradiquer cette pratique en éduquant la communauté. Et cela est plus facile à dire qu'à faire, selon M. Barsagade. ""Nous savons que de meilleures huttes ne sont pas la solution. Les femmes ont besoin d'un soutien physique et émotionnel pendant la menstruation, qui n'est disponible qu'à la maison. Mais nous avons vu que la résistance n'est pas facile. Nous n'avons pas de baguette magique pour changer la situation"". Le plus gros problème jusqu'à présent, dit-il, est que même les femmes ne comprennent pas qu'il s'agit d'une violation de leurs droits. ""Mais maintenant, je vois que les attitudes changent et que beaucoup de femmes plus jeunes et éduquées commencent à remettre en question la coutume. Cela prendra du temps, mais nous verrons un jour le changement dans le futur"", dit-il." https://www.bbc.com/afrique/monde-57369434 +health "Coronavirus : Sommes-nous ""suffisamment en sécurité"" ?" "Un agent pathogène mortel que nous ne pouvons pas repérer, et quand il frappe, nous ne pouvons pas le soigner. Il n'est donc pas surprenant que de nombreuses personnes aient peur de sortir, de retrouver une vie normale ou même de laisser leurs enfants retourner à l'école. Les gens veulent se savoir en sécurité. Mais le problème est que nous ne sommes plus aussi sereins qu'avant. Après tout, ce nouveau virus qui se propage peut avoir des conséquences catastrophiques. La nécessité d'équilibrer les risques Que devrions-nous donc faire ? Certains ont fait valoir que les restrictions doivent être maintenues jusqu'à ce que la sécurité puisse être garantie. Mais ces arguments ne tiennent généralement pas compte du fait que continuer à le faire comporte un risque en soi. Le professeur Chris Whitty, conseiller médical en chef du Royaume-Uni, évoque les ""coûts indirects"" de la pandémie. Du mauvais accès aux soins de santé pour d'autres maladies à l'augmentation des maladies mentales, aux difficultés financières et aux dommages causés à l'éducation, la liste est longue. Ainsi, à mesure que les restrictions s'atténuent, la société et les individus eux-mêmes vont devoir prendre des décisions basées sur l'équilibre entre des ensembles de risques concurrents. Pourquoi ne pas attendre d'être sûr à 100 % ? Selon le professeur Devi Sridhar, titulaire de la chaire de santé publique mondiale à l'université d'Édimbourg, la question que nous devrions nous poser est de savoir si nous sommes ""suffisamment en sécurité"". ""Il n'y aura jamais de risque zéro. Dans un monde où le Covid-19 reste présent au sein de la population, il s'agit de savoir comment réduire ce risque, tout comme nous le faisons pour d'autres types de dangers quotidiens, comme la conduite automobile et le vélo"", explique-t-elle. Elle faisait référence à la controverse sur la réouverture ldes écoles, mais le concept peut également être appliqué à de nombreux autres scénarios. Selon elle, une partie de cette équation dépend des mesures prises par les pouvoirs publics, notamment en ce qui concerne la distanciation sociale, l'approvisionnement en équipements de protection, la disponibilité des tests et la localisation des cas contacts pour contenir la transmission communautaire. Elle a critiqué la façon dont le gouvernement a géré tous ces éléments. Quel est le degré de risque auquel les individus sont confrontés ? Mais au fur et à mesure que de nouvelles libertés seront rétablies, le rôle de la prise de décision individuelle sera de plus en plus mis en avant. Il ne s'agit peut-être pas de trouver la bonne option, mais plutôt de trouver la moins mauvaise option. Le statisticien Sir David Spiegelhalter, expert en risques de l'université de Cambridge et conseiller du gouvernement, affirme que la gestion des risques est devenue un enjeu, et que c'est pourquoi nous devons prendre conscience de l'ampleur des risques auxquels nous sommes confrontés. Deux facteurs influencent le risque que nous courons face au coronavirus : notre risque d'être infecté et, une fois infecté, notre risque de mourir ou de tomber gravement malade. Pour les personnes qui ne sont pas à l'hôpital ou dans une maison de soins, au Royaume-Uni, le meilleur guide sur le risque d'infection provient du programme de surveillance du gouvernement géré par l'Office des statistiques nationales. Les données publiées cette semaine indiquent qu'environ une personne sur 400 est actuellement infectée dans ce pays. Les chances d'entrer en contact étroit avec l'une de ces personnes - d'autant plus que la distanciation sociale est en vigueur même lorsque les gens sont en déplacement - sont considérées comme assez minces. Bien qu'il soit clair que certaines personnes, en fonction de leur emploi, sont plus à risque que d'autres. L'espoir est que le niveau d'infection diminuera encore avec le temps si le programme de test, de suivi et de traçage des cas contacts initié par le gouvernement continue à réduire les cas d'infection au virus. Si nous sommes infectés, il n'en reste pas moins que pour la plupart des gens, le coronavirus est une maladie bénigne à modérée : seule une personne sur vingt présentant des symptômes devrait être hospitalisée. Comment quantifier votre risque ? Les personnes ayant des problèmes de santé préexistants sont les plus à risque. Les décès chez les moins de 65 ans sans maladie sont ""remarquablement rares"", comme le montrent les recherches. Le plus simple est peut-être de vous demander dans quelle mesure vous êtes inquiet à l'idée de mourir dans les 12 prochains mois. Ce qui est remarquable avec le coronavirus, c'est que si nous sommes infectés, nos chances de mourir semblent refléter nos chances de mourir de toute façon au cours de l'année suivante, certainement une fois que nous aurons dépassé l'âge de 20 ans. Par exemple, une personne moyenne de 40 ans a environ un risque sur mille de ne pas arriver à son prochain anniversaire et un risque presque identique de ne pas survivre à une infection par un coronavirus. Cela signifie que votre risque de mourir est effectivement doublé par rapport à ce qu'il était si vous étiez infecté. Et c'est là le risque moyen - pour la plupart des individus, le risque est en fait plus faible que cela, car l'essentiel du risque repose sur ceux qui sont en mauvaise santé dans chaque tranche d'âge. Ainsi, le coronavirus prend en fait toutes les fragilités et les amplifie. C'est comme si l'on mettait une année de risque supplémentaire dans une courte période de temps. Si votre risque de mourir était très faible au départ, il reste très faible. Quant aux enfants, le risque de mourir d'autres choses - le cancer et les accidents sont la principale cause de décès - est plus élevé que leur risque de mourir s'ils sont infectés par un coronavirus. Jusqu'à présent, trois enfants de moins de 15 ans sont morts au cours de la pandémie. En comparaison, une cinquantaine de personnes sont tuées dans des accidents de la route chaque année. Identifier les personnes à risque Il semble donc crucial, alors que nous essayons tous d'équilibrer les risques, d'identifier les personnes qui courent un risque important de contracter une maladie grave due à un coronavirus - que nous appartenions à l'un de ces groupes ou que nous ayons des contacts étroits avec une personne qui en est atteinte. Actuellement, le gouvernement demande à 2,5 millions de personnes de s'isoler complètement. Cela inclut les personnes ayant subi une transplantation d'organe, celles qui suivent un traitement contre le cancer et celles qui souffrent d'une maladie respiratoire grave. En outre, plus de 10 millions de personnes appartiennent à des groupes à haut risque. Il s'agit notamment des plus de 70 ans et des personnes souffrant de problèmes de santé allant du diabète aux maladies cardiaques. Le professeur Sarah Harper, spécialiste du vieillissement à l'université d'Oxford, a fait valoir qu'il fallait se pencher sur ""l'utilisation généralisée et arbitraire de l'âge"", car le niveau de risque réel au sein de ce groupe à haut risque varie énormément. Un outil développé par l'University College London a tenté de démêler certaines des différences de risque. Il sera essentiel d'en savoir plus à mesure que la recherche avancera." https://www.bbc.com/afrique/monde-52828581 +health Recherche et médecine : les histoires curieuses derrière les progrès des procédures modernes "La médecine innove constamment. Qu'il s'agisse d'utiliser l'analyse de l'ADN pour en savoir plus sur certaines maladies ou de rajeunir les cellules de la peau humaine, il y a toujours des nouvelles informations sur les plus récentes découvertes. Cela signifie que vous n'entendrez peut-être pas grand-chose sur les procédures qui sont maintenant considérées comme routinières, telles que les transfusions sanguines ou l'anesthésie. Mais il fut un temps où les deux étaient une nouveauté aussi importante que la recherche qui a donné naissance aux vaccins contre le Covid-19. Ci-dessous, BBC Bitesize examine les origines de quatre percées médicales qui étaient étonnantes à l'époque mais qui sont maintenant réalisées au quotidien. Transférer du sang d'une personne ou d'un animal à une autre à des fins médicales n'est pas un concept nouveau. Il est même mentionné dans l'Odyssée d'Homère, écrite il y a environ 2 700 ans. La possibilité que cela se produise dans le monde réel a été soulevée pour la première fois en 1628 par la description du médecin William Harvey de la façon dont le sang circule dans notre corps. La seringue, qui permet d'administrer des traitements directement dans la circulation sanguine d'une personne, a été une autre étape importante. Dans les années 1650, différents types de seringues ont été créés par le scientifique Blaise Pascal (dans le cadre de ses recherches sur la pression) et l'architecte Christopher Wren. La première transfusion sanguine réussie a été réalisée entre animaux par le médecin Richard Lower en 1666. L'année suivante, Jean-Baptiste Denis (alias Denys) tente une transfusion sanguine d'un agneau à un homme fiévreux. Cela a fonctionné, bien que l'on pense que cela s'est produit parce que la quantité de sang d'agneau utilisée était si petite qu'elle n'avait aucun effet négatif (il est dangereux de mélanger du sang animal et humain, et c'est à des lieues des techniques de transfusion utilisées aujourd'hui). Denis a continué à effectuer des transfusions jusqu'à ce que la mort d'un patient entraîne un procès. Enfin, les transfusions ont été interdites par plusieurs institutions, dont le parlement français. Les transfusions sont devenues plus sûres au cours du XXe siècle, grâce à la découverte du prix Nobel Karl Landsteiner qu'il existe différents types de sang. Cela peut être fatal pour un patient si deux groupes sanguins incompatibles sont mélangés. Mais avec une compréhension des différents groupes sanguins et un dépistage minutieux, les transfusions sanguines font désormais partie du quotidien de la chirurgie moderne. La Première Guerre mondiale a été menée à l'aide d'une grande variété d'armes modernes. Cela signifie que de nombreux soldats sont rentrés chez eux avec de terribles blessures au visage et au corps. Un homme qui voulait aider autant que possible à réparer ces blessures était Harold Gillies, un chirurgien néo-zélandais. Il était basé en Angleterre et s'est arrangé pour que tous les combattants admis dans les hôpitaux de campagne avec des blessures au visage lui soient envoyés à l'hôpital militaire de Cambridge à Aldershot. Alors que la guerre se poursuivait, Gillies a travaillé dur pour obtenir un hôpital dédié au traitement des blessures au visage. Cela a conduit à l'ouverture du Queen's Hospital à Sidcup en 1917. C'était la première unité de ce type au monde, et son objectif était de reconstruire au mieux le visage des patients, en utilisant si nécessaire des tissus provenant d'autres parties du corps. Ils ont travaillé avec des greffes de peau, dans lesquelles des tissus provenant d'autres parties du corps du patient étaient utilisés pour couvrir les plaies. Le travail de pionnier de Gillies et de son équipe au Queen's Hospital a ouvert la voie à la chirurgie plastique qui a toujours lieu aujourd'hui. Vous vous demandez peut-être d'où vient la partie ""plastique"" de la chirurgie plastique. Il ne fait pas référence à la substance utilisée dans la fabrication de jouets, de cartons de lait et d'emballages de bonbons. Le nom dérive du mot grec plastikos , qui signifie mouler quelque chose en une forme, quelque chose que les premiers chirurgiens plasticiens s'efforçaient de faire lors de la reconstruction de leurs patients. L'anesthésie de tout notre corps (ou d'une partie de celui-ci) avant la chirurgie est une pratique courante en médecine aujourd'hui. Mais l'anesthésie, comme on l'appelle, a mis du temps pour devenir une réalité. L'histoire derrière ce processus remonte à 4 000 avant JC, lorsque l'opium - de la fleur de pavot - était utilisé comme anesthésique. Une étape importante a eu lieu le 16 octobre 1846 au Massachusetts General Hospital aux États-Unis. William TG Morton a démontré avec succès l'application d'un anesthésique utilisant de l'éther chimique sur le patient Edward Gilbert Abbott. La nouvelle de la procédure se répandit rapidement. En décembre de la même année, un médecin nommé James Robinson a utilisé l'anesthésie pour extraire la dent d'un patient. À peu près à la même époque, deux chirurgiens britanniques, William Scott et Robert Liston, ont également pu retirer des membres de patients anesthésiés, la première opération de ce type en Grande-Bretagne. Ludwig Rehn et Henry Souttar ont joué un rôle important dans la façon dont les chirurgies cardiaques sont effectuées. En 1896, Ludwig Rehn a pu recoudre (suturer) une blessure au cœur d'un patient. Il s'est complètement rétabli et l'opération peut être considérée comme le début de ce qu'on appelle la chirurgie cardiaque. Près de 30 ans plus tard, Henry Souttar a ouvert de nouvelles possibilités pour la chirurgie cardiaque lorsqu'il a opéré la valve cardiaque d'un patient à l'hôpital Middlesex. C'était la première fois qu'une telle opération était tentée. Une autre percée a eu lieu en 1938, lorsque Robert Gross a pratiqué une intervention chirurgicale pour fermer un trou (connu sous le nom de persistance du canal artériel, ou PDA) dans le cœur d'un patient de sept ans au Boston Children's Hospital aux États-Unis." https://www.bbc.com/afrique/monde-62457832 +health Covid 19: Comment des patients résistants à la maladie exposent les points faibles du virus "Jeune homme, Stephen Crohn ne pouvait que regarder impuissant ses amis mourir, un à un, d'une maladie qui n'avait pas de nom. Lorsque son partenaire, un gymnaste appelé Jerry Green, est tombé désespérément malade en 1978 avec ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de sida, Crohn a simplement supposé qu'il était le suivant. Mais au lieu de cela, alors que Green devenait aveugle et émacié par le virus du VIH qui ravageait son corps, Crohn est resté en parfaite santé. Au cours de la décennie suivante, des dizaines d'amis et d'autres partenaires ont connu le même sort. En 1996, un immunologiste du nom de Bill Paxton, qui travaillait au Aaron Diamond Aids Research Center à New York et qui cherchait des hommes homosexuels apparemment résistants à l'infection, en a découvert la raison. Lorsque Paxton a essayé d'infecter les globules blancs de Crohn avec le virus du VIH dans un tube à essai, cela s'est avéré impossible. A ne pas manquer sur BBC Afrique : Il s'est avéré que Crohn présentait une mutation génétique - présente chez environ 1 % de la population - qui empêche le VIH de se fixer à la surface de ses globules blancs. Au cours de la décennie suivante, les scientifiques ont développé un médicament antirétroviral appelé maraviroc, qui allait transformer le traitement du VIH en imitant l'effet de cette mutation. Ce médicament s'est avéré crucial pour aider à contrôler le virus chez les personnes infectées. Bien que Crohn soit mort en 2013 à l'âge de 66 ans, son histoire a laissé un héritage qui va bien au-delà du VIH. Au cours des deux dernières décennies, elle a inspiré un tout nouveau domaine de la science médicale, où les scientifiques cherchent à identifier les ""aberrations"" comme Crohn, qui sont soit exceptionnellement résistantes, soit sensibles à la maladie, et les utilisent comme base pour découvrir de nouveaux traitements. En tant que généticien à la Icahn School of Medicine de New York, Jason Bobe a passé une grande partie de la dernière décennie à étudier des personnes présentant des caractéristiques inhabituelles de résilience à des maladies allant des maladies cardiaques à la maladie de Lyme. Ainsi, lorsque la première vague de Covid-19 a frappé, son premier réflexe a été de se demander s'il y avait des gens que le virus ne pouvait pas infecter. ""Cela m'a fait penser à Stephen Crohn, et que quelqu'un devrait chercher ces cas extrêmes dans Covid"", dit-il. L'idée de Bobe était d'essayer de trouver des familles entières où plusieurs générations avaient souffert de cas graves de Covid-19, mais où un individu était asymptomatique. ""Le fait de réunir une famille entière permet de mieux comprendre les facteurs génétiques en jeu et d'identifier les facteurs génétiques de la résilience"", dit-il. Vous pourriez également être intéressé par : Dans le passé, l'identification de ces familles aurait pu prendre des années, voire des décennies, mais le monde numérique moderne offre des moyens d'atteindre des personnes qui étaient inconcevables au plus fort de la pandémie de VIH. Depuis juin 2020, Bobe travaille avec les coordinateurs des groupes Facebook pour les patients atteints de Covid-19 et leurs proches, comme Survivor Corps, pour tenter d'identifier les familles candidates. Il a également créé une plateforme en ligne, où toute personne ayant eu un cas asymptomatique de Covid-19 peut répondre à une enquête pour évaluer si elle peut être incluse dans une étude sur la résilience de Covid-19. Au cours des prochains mois, M. Bobe espère séquencer les génomes des personnes qui présentent des signes de résilience au Covid-19, afin de voir s'il existe des mutations communes qui semblent les aider à échapper au virus. Si c'est le cas, cela pourrait inspirer des antiviraux qui pourraient protéger à la fois contre le Covid-19, mais aussi contre de futures épidémies de coronavirus. Il y a déjà quelques indices. Les chercheurs ont identifié une association entre les groupes sanguins de type O et rhésus négatif, et un risque plus faible de maladie grave. Mais si les scientifiques ont émis l'hypothèse que les personnes ayant certains groupes sanguins pourraient naturellement avoir des anticorps capables de reconnaître certains aspects du virus, la nature précise de ce lien reste floue. Mais Bobe est loin d'être le seul scientifique à tenter de démêler ce qui rend les valeurs aberrantes de Covid-19 uniques. Mayana Zatz, directrice du Centre de recherche sur le génome humain de l'université de São Paulo, a identifié 100 couples, dont l'un a reçu le Covid-19 mais dont le partenaire n'a pas été infecté. Son équipe les étudie actuellement dans l'espoir d'identifier des marqueurs génétiques de la résilience. ""L'idée est d'essayer de trouver pourquoi certaines personnes fortement exposées au virus ne développent pas de Covid-19 et restent séronégatives sans anticorps"", dit-elle. ""Nous avons découvert que cela est apparemment relativement courant. Nous avons reçu environ 1 000 courriels de personnes disant qu'elles se trouvaient dans cette situation"". Zatz analyse également les génomes de 12 centenaires qui n'ont été que légèrement affectés par le coronavirus, dont une femme de 114 ans à Recife qui, selon elle, est la plus vieille personne au monde à s'être remise de Covid-19. Si le Covid-19 a été particulièrement mortel pour les générations plus âgées, les personnes âgées qui sont remarquablement résistantes pourraient offrir des indices pour de nouvelles façons d'aider les personnes vulnérables à survivre aux futures pandémies. Mais si les cas de résistance remarquable attirent particulièrement l'attention de certains généticiens, d'autres s'intéressent beaucoup plus aux cas aberrants à l'autre bout du spectre. Au cours des deux derniers mois, des études menées sur ces patients ont déjà permis de comprendre pourquoi le virus Sars-CoV-2 peut être si mortel. L'été dernier, Qian Zhang était arrivée pour un rendez-vous dentaire lorsque son dentiste s'est tourné vers elle et lui a demandé : ""Comment se fait-il que certaines personnes se retrouvent en soins intensifs avec Covid-19, alors que ma sœur l'a reçu et ne savait même pas qu'elle était séropositive ? En tant que généticienne travaillant à l'université Rockefeller de New York, Zhang était particulièrement bien équipée pour répondre à cette question. Au cours des 20 dernières années, les scientifiques de Rockefeller ont sondé le génome humain à la recherche d'indices permettant de comprendre pourquoi certaines personnes tombent soudainement et gravement malades lorsqu'elles sont infectées par des virus courants allant de l'herpès à la grippe. ""Dans toutes les maladies infectieuses que nous avons étudiées, il est toujours possible de trouver des cas aberrants qui deviennent gravement malades, car ils présentent des mutations génétiques qui les rendent sensibles"", explique Zhang. Lorsque la pandémie de Covid-19 a commencé, il est vite devenu évident que les personnes âgées, en particulier celles qui souffrent de problèmes de santé sous-jacents, étaient touchées de manière disproportionnée. Mais les scientifiques de Rockefeller s'intéressaient davantage aux cas inhabituels, comme les trentenaires apparemment en bonne santé qui se retrouvaient sous ventilateur. En avril, ils ont lancé une collaboration internationale appelée ""Covid Human Genetic Effort"", en partenariat avec des universités et des centres médicaux de Belgique à Taïwan, dans le but d'identifier la cause. Au début du projet, Zhang avait déjà un coupable en tête. Dans les années 1960, les scientifiques ont découvert que nos cellules sont dotées d'un système d'alarme intégré qui alerte le reste du corps lorsqu'il est attaqué par un nouveau virus. Lorsqu'un virus pénètre dans une cellule, la cellule infectée fabrique des protéines appelées ""interférons de type 1"", qu'elle libère à l'extérieur de la cellule"", explique Zhang. ""Toutes les cellules environnantes reçoivent ce signal, et elles consacrent tout à la préparation de la lutte contre ce virus. Si l'infection est grave, les cellules fabriquent suffisamment d'interféron de type 1 pour qu'il soit libéré dans le sang et que tout le corps sache qu'il est attaqué"". Mais il arrive que des défauts génétiques entraînent un dysfonctionnement de ce système. En 2015, les scientifiques de Rockefeller ont identifié des mutations chez des personnes jeunes, par ailleurs en bonne santé, qui leur ont fait développer une grave pneumonie due à la grippe. Ces mutations ont fait que la réponse à l'interféron était inexistante. ""Si l'alarme est coupée, alors le virus peut se propager et proliférer beaucoup plus rapidement dans le corps"", explique Zhang. Il semble que cela joue également un rôle en rendant certaines personnes inopinément vulnérables au Covid-19. Une série d'articles scientifiques publiés en septembre 2020 a comparé 987 cas aberrants - des patients atteints d'une pneumonie grave à Covid-19 qui avaient soit moins de 50 ans, soit plus de 50 ans et sans aucune comorbidité - à des patients asymptomatiques. Environ 3,5 % d'entre eux présentaient une mutation génétique majeure qui les empêchait de générer une réponse à l'interféron. On a découvert que 10 % des personnes interrogées avaient des anticorps autoguidés dans le sang, appelés auto-anticorps, qui se lient à toute protéine d'interféron libérée par les cellules et les éliminent du flux sanguin avant que le signal d'alerte ne puisse être capté par le reste de l'organisme. Selon Ignacio Sanz, expert en immunologie à l'université Emory, cela confirme d'autres conclusions qui suggèrent que les auto-anticorps jouent un rôle clé dans les cas graves de Covid-19 en arrêtant la capacité de l'organisme à se défendre contre les virus. ""Il y a de plus en plus de preuves qu'une fraction importante des patients atteints de maladies graves produisent des quantités et des types d'auto-anticorps inhabituels"", dit-il. Les scientifiques de Rockefeller veulent maintenant utiliser ces informations pour détecter les personnes qui pourraient avoir une vulnérabilité invisible au Covid-19, ainsi qu'à d'autres virus respiratoires tels que la grippe saisonnière ou une nouvelle pandémie de coronavirus. Zhang explique que toute personne connue pour avoir une mutation génétique altérant sa réponse aux interférons peut être traitée avec des interférons de type 1, soit à titre préventif, soit dans les premiers stades de l'infection. ""Depuis que nous avons fait l'étude, nous avons eu trois patients à Paris, qui savaient déjà qu'ils avaient ces mutations génétiques"", dit-elle. ""Après avoir été testés positifs pour Covid-19, ils ont reçu une injection d'interféron, et les trois résultats ont été très bons. Aucune maladie grave"". Ils collaborent également avec les banques de sang du monde entier pour tenter d'identifier la véritable prévalence des auto-anticorps qui agissent contre l'interféron de type 1 dans la population générale. S'il y a un pourcentage significatif, des tests pourraient être mis au point pour dépister les personnes qui, sans le savoir, courent un risque beaucoup plus grand de contracter une infection virale. ""Nous devons découvrir combien de personnes se promènent avec ces auto-anticorps"", déclare Zhang. ""Parce que beaucoup des personnes de notre étude avaient l'air tout à fait normal, et n'avaient pas d'autres problèmes, jusqu'à ce qu'elles aient contracté le Covid"". Mais les auto-anticorps et les mutations qui bloquent directement l'interféron ne semblent représenter qu'environ 14% des patients exceptionnellement sensibles. Pour les 86 % restants, les généticiens pensent que leur vulnérabilité résulte d'un réseau d'interactions génétiques, qui les affectent directement lorsqu'un virus frappe. ""Seul un petit nombre de personnes sont gravement infectées parce qu'elles présentent une mutation dans un gène principal"", explique Alessandra Renieri, professeur de génétique médicale à l'université de Sienne. ""La majorité des patients suivent un modèle plus complexe dans lequel de nombreux gènes coopèrent entre eux, ce qui les rend sensibles à une grave Covid-19"". Pour tenter de démêler tout cela, des scientifiques de l'université d'Édimbourg ont étudié les génomes de 2 700 patients dans les unités de soins intensifs du Royaume-Uni et les ont comparés à ceux de volontaires en bonne santé. Ils ont découvert que les personnes vulnérables au Covid-19 possèdent cinq gènes - liés à la réponse à l'interféron et à la sensibilité à l'inflammation pulmonaire - qui sont soit plus ou moins actifs que ceux de la population générale. ""Cette combinaison signifie que le virus peut se propager plus facilement dans leur corps, et qu'ils sont plus susceptibles de subir des dommages pulmonaires en conséquence"", explique Erola Pairo-Castineira, l'une des généticiens qui a dirigé l'étude. Mme Pairo-Castineira prévoit que ces connaissances modifieront le type de traitements de première ligne proposés aux patients lors des futures pandémies. En particulier, le baricitinib - un anti-inflammatoire généralement utilisé pour traiter la polyarthrite rhumatoïde - a été prédit comme un traitement efficace de Covid-19 par les algorithmes d'IA en février 2020. On sait qu'il est efficace pour supprimer l'activité d'au moins un des gènes responsables de l'inflammation pulmonaire. En décembre, un essai clinique a montré qu'une combinaison de baricitinib et de l'antiviral remdesivir réduit le temps de récupération chez les patients atteints de Covid-19. Les scientifiques de Rockefeller et d'Edimbourg cherchent maintenant à mener des études encore plus importantes sur des patients qui se sont révélés étonnamment sensibles au Covid-19, pour essayer d'identifier d'autres indices génétiques concernant les raisons pour lesquelles le virus peut frapper des personnes par ailleurs en bonne santé. Cela pourrait permettre d'expliquer pourquoi les personnes de groupe sanguin A semblent présenter un facteur de risque plus élevé de maladie grave. L'étude des valeurs aberrantes du Covid-19 permet également de comprendre d'autres grands mystères de la pandémie, comme les raisons pour lesquelles les hommes sont nettement plus sensibles que les femmes. ""Ces études nous ont donné un certain nombre d'idées à ce sujet"", déclare M. Renieri. ""Elles nous ont montré l'importance de la réponse à l'interféron. C'est intéressant car après la puberté, les hommes connaissent une augmentation de la testostérone, et la testostérone est capable de réguler à la baisse tous les gènes de l'interféron. Donc, pour les hommes qui ont déjà un défaut dans ces gènes, cela va les rendre beaucoup plus vulnérables à un virus"". Bien que nombre de ces réponses arrivent trop tard pour faire une grande différence pendant la pandémie actuelle, comprendre ce qui rend les gens exceptionnellement résistants ou vulnérables permettra presque certainement de sauver des vies lors de futures épidémies. Comme nous l'ont montré les épidémies de Sars, de H1N1, d'Ebola et de Mers de ces 20 dernières années, il est inévitable que de nouveaux virus continuent à se répandre dans la nature, ce qui rend d'autant plus vital la mise au point de nouveaux moyens d'identifier les personnes les plus exposées et de les traiter. Dans cette optique, l'étude de Zatz sur les centenaires résistants au Covid-19 n'est pas seulement axée sur le Sars-CoV-2, mais aussi sur d'autres infections respiratoires. Son équipe utilise des cellules souches pour convertir des échantillons de sang de ces centenaires en tissu pulmonaire, qu'ils vont ensuite infecter en laboratoire avec de multiples autres virus pour voir si leurs mutations génétiques offrent également une protection contre ces infections. Si c'est le cas, cela pourrait donner lieu à de tout nouveaux médicaments antiviraux, tout comme l'étude des globules blancs de Stephen Crohn, il y a de cela plusieurs années. ""Notre objectif est d'identifier les variantes génétiques qui confèrent une résilience, non seulement au Covid-19 mais aussi à d'autres virus ou à des conditions défavorables"", explique M. Zatz. ""Nous espérons que si nous identifions des variantes protectrices et découvrons leur rôle, cela pourrait ouvrir de nouvelles voies de traitement"". Regarder :" https://www.bbc.com/afrique/monde-56181388 +health La cause mystérieuse du bégaiement dans le cerveau "Gerald Maguire bégaie depuis son enfance, mais vous ne le devinerez peut-être pas en lui parlant. Depuis 25 ans, Maguire - psychiatre à l'université de Californie, Riverside - traite son trouble avec des médicaments antipsychotiques non officiellement approuvés pour cette affection. Ce n'est qu'avec une attention particulière que vous pourrez discerner ses rares faux pas sur des mots multisyllabiques comme ""statistiquement"" et ""pharmaceutique"". A ne pas manquer sur BBC Afrique : Maguire a beaucoup de compagnie - plus de 70 millions de personnes dans le monde, dont environ trois millions d'Américains, bégaient. C'est-à-dire qu'ils ont des difficultés à démarrer et à chronométrer leur discours, ce qui entraîne des arrêts et des répétitions. Ce chiffre comprend environ 5 % des enfants, dont beaucoup dépassent cette condition, et 1 % des adultes. Parmi eux figurent le président Joe Biden, l'acteur James Earl Jones et l'actrice Emily Blunt. Bien que ces personnes et beaucoup d'autres, dont Maguire, aient réussi leur carrière, le bégaiement peut contribuer à l'anxiété sociale et susciter le ridicule ou la discrimination de la part des autres. Maguire traite les personnes qui bégaient et recherche des traitements potentiels depuis des décennies. Il reçoit quotidiennement des courriels de personnes qui veulent essayer des médicaments, participer à ses essais, ou même faire don de leur cerveau à son université lorsqu'elles meurent. Il se lance actuellement dans l'essai clinique d'un nouveau médicament, l'ecopipam, qui a permis de rationaliser la parole et d'améliorer la qualité de vie dans le cadre d'une petite étude pilote en 2019. Vous pourriez aussi aimer : D'autres, en revanche, se penchent sur les causes profondes du bégaiement, ce qui pourrait également indiquer de nouveaux traitements. Dans le passé, de nombreux thérapeutes attribuaient à tort le bégaiement à un certain nombre de causes, telles que des défauts de la langue et du larynx, l'anxiété, un traumatisme ou même une mauvaise éducation - et certains le font encore. Pourtant, selon J. Scott Yaruss, orthophoniste à l'Université d'État du Michigan à East Lansing, d'autres soupçonnent depuis longtemps que des problèmes neurologiques pourraient être à l'origine du bégaiement. Les premières données qui confirment cette hypothèse remontent à 1991, dit-il, lorsque des chercheurs ont signalé une altération du flux sanguin dans le cerveau des personnes qui bégayaient. Au cours des deux dernières décennies, la poursuite des recherches a permis de mettre en évidence que le bégaiement se trouve entièrement dans le cerveau. ""Nous sommes en pleine explosion de connaissances sur le bégaiement"", déclare Yaruss. Mais il y a encore beaucoup de choses à découvrir. Les neuroscientifiques ont observé de subtiles différences dans le cerveau des personnes qui bégaient, mais ils ne peuvent pas être certains que ces différences sont la cause ou le résultat de la maladie. Les généticiens identifient des variations dans certains gènes qui prédisposent une personne à bégayer, mais les gènes eux-mêmes sont déroutants : ce n'est que récemment que leurs liens avec l'anatomie du cerveau sont apparus. Maguire, quant à lui, poursuit des traitements basés sur la dopamine, un messager chimique dans le cerveau qui aide à réguler les émotions et les mouvements (des mouvements musculaires précis sont bien sûr nécessaires pour un discours intelligible). Les scientifiques commencent tout juste à relier ces fils disparates entre eux, alors même qu'ils vont de l'avant en testant les premiers traitements basés sur leurs découvertes. En regardant un scanner cérébral standard d'une personne qui bégaie, un radiologue ne remarquera rien d'anormal. Ce n'est que lorsque les experts regardent de près, avec une technologie spécialisée qui montre la structure et l'activité profonde du cerveau pendant la parole, que de subtiles différences entre les groupes qui bégaient et ceux qui ne bégaient pas deviennent apparentes. Le problème ne se limite pas à une partie du cerveau. Il s'agit plutôt de connexions entre différentes parties, selon l'orthophoniste et neuroscientifique Soo-Eun Chang de l'université du Michigan à Ann Arbor. Par exemple, dans l'hémisphère gauche du cerveau, les personnes qui bégaient semblent souvent avoir des connexions légèrement plus faibles entre les zones responsables de l'audition et des mouvements qui génèrent la parole. Chang a également observé des différences structurelles dans le corps calleux, le grand faisceau de fibres nerveuses qui relie les hémisphères gauche et droit du cerveau. Ces résultats laissent entendre que le bégaiement pourrait résulter de légers retards de communication entre les parties du cerveau. La parole, selon M. Chang, serait particulièrement sensible à de tels retards car elle doit être coordonnée à la vitesse de l'éclair. M. Chang a essayé de comprendre pourquoi environ 80 % des enfants qui bégaient grandissent en ayant des schémas de parole normaux, tandis que les 20 % restants continuent de bégayer à l'âge adulte. Le bégaiement commence généralement lorsque les enfants commencent à enchaîner des mots pour former des phrases simples, vers l'âge de deux ans. M. Chang étudie les enfants jusqu'à quatre ans, en commençant le plus tôt possible, à la recherche de schémas changeants dans les scanners cérébraux. Il n'est pas facile de convaincre des enfants aussi jeunes de rester immobiles dans une gigantesque machine à imagerie cérébrale. L'équipe a embelli le scanner avec des décorations qui cachent toutes les parties effrayantes. ""Cela ressemble à une aventure dans l'océan"", dit Chang. Chez les enfants qui perdent leur bégaiement, l'équipe de M. Chang a observé que les liens entre les zones impliquées dans l'audition et celles impliquées dans les mouvements de la parole se renforcent avec le temps. Mais cela ne se produit pas chez les enfants qui continuent à bégayer. Dans une autre étude, le groupe de Chang a examiné comment les différentes parties du cerveau fonctionnent simultanément, ou non, en utilisant le flux sanguin comme indicateur de l'activité. Ils ont trouvé un lien entre le bégaiement et un circuit cérébral appelé réseau de mode par défaut, qui joue un rôle dans la rumination sur ses activités passées ou futures, ainsi que dans la rêverie. Chez les enfants qui bégaient, le réseau en mode par défaut semble s'insérer - comme une troisième personne qui s'immisce dans un rendez-vous romantique - dans la conversation entre les réseaux responsables de la concentration de l'attention et de la création de mouvements. Cela pourrait également ralentir la production de la parole, dit-elle. Ces changements dans le développement ou la structure du cerveau peuvent être ancrés dans les gènes d'une personne, mais la compréhension de cette partie du problème a également pris du temps à mûrir. Début 2001, le généticien Dennis Drayna a reçu un courriel surprenant dans lequel il est écrit : ""Je viens du Cameroun, en Afrique de l'Ouest. Mon père était un chef. Il avait trois épouses et j'ai 21 frères et sœurs. Nous bégayons presque tous"", se souvient Drayna. ""Pensez-vous qu'il pourrait y avoir quelque chose de génétique dans ma famille ?"" Drayna, qui travaillait à l'Institut national sur la surdité et autres troubles de la communication, s'intéressait déjà depuis longtemps à l'héritage du bégaiement. Son oncle et son frère aîné bégayaient et ses fils jumeaux le faisaient lorsqu'ils étaient enfants. Mais il était réticent à faire un voyage transatlantique sur la base d'un courriel et se méfiait du fait que ses compétences cliniques n'étaient pas à la hauteur de l'analyse des symptômes de la famille. Il a mentionné ce courriel à Francis Collins, l'actuel directeur du National Institutes of Health (qui était à l'époque directeur de l'Institut national de recherche sur le génome humain), qui l'a encouragé à le consulter, ce qui lui a permis de réserver un billet pour l'Afrique. Il s'est également rendu au Pakistan, où les mariages entre cousins peuvent révéler des variantes de gènes liées à des maladies génétiques chez les enfants qui en résultent. Même dans ces familles, la découverte des gènes a été lente. Le bégaiement n'est pas hérité de schémas simples comme le sont les groupes sanguins ou les taches de rousseur. Mais finalement, l'équipe de Drayna a identifié des mutations dans quatre gènes - GNPTAB, GNPTG et NAGPA dans les études pakistanaises, et AP4E1 dans le clan camerounais - qui, selon lui, pourraient être à l'origine d'un cas de bégaiement sur cinq. Bizarrement, aucun des gènes que Drayna a identifiés n'a de lien évident avec la parole. Au contraire, ils sont tous impliqués dans l'envoi de matériel cellulaire au compartiment de recyclage des déchets appelé lysosome. Il a fallu plus de travail avant que l'équipe de Drayna ne relie les gènes à l'activité cérébrale. Ils ont commencé par concevoir des souris pour que leur version du GNPTAB présente la même mutation que celle observée chez les humains, afin de voir si elle affecte leurs vocalisations. Les souris peuvent être très bavardes, mais une grande partie de leur conversation se déroule dans une gamme d'ultrasons que les gens ne peuvent pas entendre. En enregistrant les appels ultrasoniques des chiots, l'équipe a observé des schémas similaires au bégaiement humain. ""Ils ont tous ces trous et ces pauses dans leur train de vocalisations"", explique Drayna, qui a co-écrit un aperçu de cette recherche en génétique. L'équipe s'est tout de même efforcée de repérer tout défaut manifeste dans le cerveau des animaux - jusqu'à ce qu'un chercheur déterminé découvre qu'il y avait moins de cellules appelées astrocytes dans le corps calleux. Les astrocytes accomplissent des tâches importantes qui sont essentielles à l'activité nerveuse : ils fournissent aux nerfs du carburant, par exemple, et collectent les déchets. Peut-être, dit Drayna, que la population limitée d'astrocytes ralentit un peu la communication entre les hémisphères cérébraux, et cela ne se remarque que dans la parole. Les chercheurs ont créé des souris avec une mutation dans un gène qui, chez l'homme, est lié au bégaiement. Les souris mutantes vocalisaient de manière hésitante, avec des pauses plus longues entre les syllabes, comme on le voit dans le bégaiement humain. Les recherches de Drayna ont reçu des critiques mitigées. ""C'est vraiment un travail de pionnier dans ce domaine"", déclare Angela Morgan, orthophoniste à l'Université de Melbourne et à l'Institut de recherche Murdoch sur les enfants en Australie. D'autre part, M. Maguire doute depuis longtemps que les mutations de gènes aussi importants, utilisés dans presque toutes les cellules, puissent causer des défauts uniquement dans le corps calleux, et seulement dans la parole. Il trouve également difficile de comparer les grincements de souris à la parole humaine. ""C'est un peu exagéré"", dit-il. Les scientifiques sont sûrs qu'il y a d'autres gènes de bégaiement à trouver. Drayna a pris sa retraite, mais Morgan et ses collaborateurs lancent une étude à grande échelle dans l'espoir d'identifier d'autres contributeurs génétiques chez plus de 10 000 personnes. Le lien avec la dopamine Maguire s'est attaqué au bégaiement sous un angle très différent : il étudie le rôle de la dopamine, une molécule de signalisation clé dans le cerveau. La dopamine peut augmenter ou diminuer l'activité des neurones, selon l'emplacement du cerveau et les récepteurs nerveux auxquels elle se fixe. Il existe cinq récepteurs de dopamine différents (appelés D1, D2, etc.) qui captent le signal et y répondent. Dans les années 1990, Maguire et ses collègues ont été parmi les premiers à utiliser un certain type de scanner cérébral, la tomographie par émission de positrons, sur les personnes qui bégaient. Ils ont trouvé une activité dopaminergique trop importante dans le cerveau de ces personnes. Ce surplus de dopamine semble étouffer l'activité de certaines des régions cérébrales que Chang et d'autres ont liées au bégaiement. En 2009, d'autres chercheurs ont rapporté que les personnes possédant une certaine version du gène du récepteur D2, qui augmente indirectement l'activité de la dopamine, sont plus susceptibles de bégayer. M. Maguire s'est donc demandé si le blocage de la dopamine pouvait être la solution. C'est ce que font de nombreux médicaments antipsychotiques. Au fil des ans, M. Maguire a mené avec succès de petites études cliniques sur ces médicaments, dont la rispéridone, l'olanzapine et la lurasidone. Le résultat : ""Votre bégaiement ne disparaîtra pas complètement, mais nous pouvons le traiter"", dit-il. Administration américaine, et ils peuvent provoquer des effets secondaires désagréables, tels que la prise de poids, la raideur musculaire et les troubles du mouvement. Cela est dû en partie au fait qu'ils agissent sur la version D2 du récepteur de la dopamine. Le nouveau médicament de M. Maguire, l'ecopipam, agit sur la version D1, ce qui devrait, selon lui, diminuer certains effets secondaires - mais il devra surveiller d'autres effets, comme la perte de poids et la dépression. Dans une petite étude portant sur dix adultes volontaires, Maguire, Yaruss et leurs collègues ont constaté que les personnes qui prenaient de l'ecopipam bégayaient moins qu'avant le traitement. Les scores de qualité de vie, liés à des sentiments tels que l'impuissance ou l'acceptation de leur bégaiement, se sont également améliorés pour certains participants. L'écopipam n'est pas le seul traitement envisagé. De retour au Michigan, M. Chang espère que la stimulation de certaines parties du cerveau pendant le discours pourrait améliorer la fluidité. L'équipe utilise des électrodes sur le cuir chevelu pour stimuler doucement un segment de la zone auditive, dans le but de renforcer les connexions entre ce point et celui qui gère les mouvements de la parole. Les chercheurs stimulent le cerveau pendant que la personne suit une orthophonie traditionnelle, dans l'espoir d'améliorer les effets de la thérapie. En raison de la pandémie de Covid-19, l'équipe a dû interrompre l'étude avec 24 sujets sur les 50 prévus. Ils analysent actuellement les données. Dopamine, élimination des déchets cellulaires, connectivité neurale : comment s'articulent-ils ? M. Chang note que l'un des circuits du cerveau impliqués dans le bégaiement comprend deux zones qui fabriquent et utilisent la dopamine, ce qui pourrait aider à expliquer pourquoi la dopamine est importante dans ce trouble. lle espère que la neuroimagerie pourra unir les différentes idées. Dans un premier temps, elle et ses collaborateurs ont comparé les zones à problèmes identifiées par ses scanners cérébraux à des cartes indiquant où différents gènes sont actifs dans le cerveau. Deux des gènes de Drayna, le GNPTG et le NAGPA, étaient actifs à des niveaux élevés dans le réseau de la parole et de l'audition dans le cerveau des personnes qui ne bégaient pas, a-t-elle vu. Cela suggère que ces gènes sont vraiment nécessaires dans ces domaines, ce qui renforce l'hypothèse de Drayna selon laquelle des défauts dans les gènes interféreraient avec la parole. L'équipe a également observé quelque chose de nouveau : les gènes impliqués dans le traitement de l'énergie étaient actifs dans les domaines de la parole et de l'audition. On observe une forte augmentation de l'activité cérébrale pendant les années préscolaires, lorsque le bégaiement a tendance à se manifester, explique M. Chang. Peut-être, suggère-t-elle, que ces régions de traitement de la parole ne reçoivent pas toute l'énergie dont elles ont besoin à un moment où elles ont vraiment besoin de tourner à plein régime. Dans cette optique, elle prévoit de rechercher des mutations dans ces gènes de contrôle de l'énergie chez les enfants qui bégaient. ""Il y a évidemment beaucoup de points qui doivent être connectés"", dit-elle. Maguire relie également des points. Il dit qu'il travaille sur une théorie pour unir son travail avec les découvertes génétiques de Drayna. En attendant, après avoir eu du mal à passer des entretiens à la faculté de médecine et avoir choisi une carrière dans la thérapie par la parole malgré ses difficultés d'élocution, il a bon espoir pour l'ecopipam. Avec ses collègues, il a lancé une nouvelle étude qui comparera 34 personnes sous ecopipam à 34 personnes sous placebo. Si ce traitement fait un jour partie de la panoplie standard des outils de bégaiement, il aura réalisé le rêve de toute une vie. Regarder :" https://www.bbc.com/afrique/monde-55779824 +health Anencéphalie : quelle est cette maladie qui affecte le crâne des bébés ? "Attention ! Propos et images sensibles. Depuis un an, Emeriane Pemba maintient la même version lorsqu'elle évoque la naissance de sa fille Emmanuelle ; une enfant née avec une forme d'anencéphalie. La famille vit au quartier Ciciba dans la banlieue nord de Libreville la capitale du Gabon. La petite fille est née avec une protubérance de la peau en plein milieu du visage ce qui lui empêche entre autre de bien respirer. C'est une malformation congénitale qui se traduit par l'absence de certaines parties du cerveau et du crâne à la naissance. Lire aussi sur BBC Afrique : ''Au bloc opératoire, quand ils ont fini, ils ont sorti l'enfant, j'ai dit montrez-moi l'enfant. Ils ont dit non, j'étais encore sous l'effet de l'anesthésie, j'écoutais des voix qui disaient ''oh c'est un monstre'', affirme Mme Pemba. Selon la revue scientifique Futura santé, cette maladie touche une naissance vivante sur 5 000. La famille d'Emmanuelle, 13 mois, doit mener une bataille difficile pour obtenir le traitement urgent dont elle a besoin. Elle fait également face à une stigmatisation constante qui a commencé avec les sage-femmes lors de sa naissance. ''J'ai pris les vêtements de l'enfant et les ai donnés à la sage-femme. Tout à coup, elle est revenue avec le berceau, le linge et un sac, elle a dit : 'Prenez vos affaires. Ce n'est pas un enfant, c'est un monstre, prenez l'enfant, mais nous ne voulons pas que vous gardiez cet enfant' "", confirme avec plus de détails Eulalie Ngouma, la grand-mère du bébé. Emeriane et sa famille sont formelles, les propos tenus par le personnel médical quelques instants après son accouchement ont toujours du mal à passer. Et pour cette famille la stigmatisation et le rejet auxquels ils ont été confrontés à la naissance d'Emmanuelle continuent de jouer un rôle important dans leur vie notamment à travers le regard et les murmures autour d'eux. A en croire la mère et la grand-mère du bébé , il arrive que des personnes dans la rue les dévisagent, ou les regardent avec insistance pendant que d'autres manifestent leur surprise par des onomatopées. L'encéphale est une partie du système nerveux qui se loge au niveau du crâne. Il contrôle avec la moelle épinière des fonctions telles que le rythme cardiaque et la motricité. L'anencéphalie est une malformation qui est présente à la naissance. Elle se produit lorsque le crâne, le cuir chevelu et le cerveau ne se développent pas correctement dans l'utérus. Des parties du cerveau et du crâne du bébé sont manquantes. Le tissu cérébral qui se forme est généralement exposé car il n'y a pas assez de peau et d'os pour le recouvrir. La plupart des bébés nés avec cette maladie ne survivent que quelques jours, semaines ou mois après la naissance, avec un taux de mortalité de 100 % la première année. La petite Emmanuelle déjoue jusqu'ici toutes les statistiques ce qui renforce de fait les espoirs des siens qui prient pour qu'une solution chirurgicale soit trouvée et apporter à la fillette. Il n'y a pas de cause ou de facteur permanent connus ,à part un malheureux concours de circonstances qui serait favorisé par le manque de vitamine B. A défaut de pouvoir justement apporter catégoriquement des réponses de ce type ,médecins et autres spécialistes invitent tous à agir avant ,pendant et après la phase de grossesse afin de ne pas connaître cette situation. Le Dr Florence Kamayonza Baingana Spécialiste de la santé publique à l'Organisation Mondiale de la Santé, recommande une prise, durant la période de grossesse, de l'acide folique. Il s'agit d'une vitamine hydrosoluble riche en vitamines B. Cet acide permet selon le Dr Florence Kamayonza Baingana d'aider à prévenir les anomalies du tube neural, comme l'anencéphalie. La famille désespérée tient à faire soigner la petite Emmanuelle à l'étranger, bien que la recherche médicale et les experts affirment qu'il n'existe aucun traitement ou remède connus. La grand-mère du bébé se plie depuis à ce qui fait désormais partie de son programme hebdomadaire. Quand elle le peut, elle va toquer aux portes des services sanitaires au sociaux du pays en quête d'aide et d'assistance. La réponse qu'elle reçoit le plus souvent est ''qu'elle n'a pas assez d'argent pour une prise en charge de son bébé.'' ''C'est beaucoup d'allers et retours sans résultats. Tous les jours, je pars de chez moi parfois à 5h du matin, sans résultats, ça me fait pleurer mais quand je viens je ne peux pas montrer à ma fille que ça me touche beaucoup....Parce que je ne veux pas qu'elle soit traumatisée'', explique la sexagénaire qui tient dans ses bras sa petite fille. Emeriane pour sa part a pour nouvelle routine quand les moyens le lui permettent, d'aller sur internet visionner des cas d'ç_:mlcf